Salut tout le monde. Encore des trucs à dire sur un chapitre à cause des caractères. J'explique brièvement. Italique: langues de la Terre du Milieu que je ne sais pas dire (elfique et autres). Italique+gras, Galadriel qui parle dans l'esprit des personnages. Si vous voyez des paroles elfiques, c'est seulement pour les moments cultes juste pour vous faire plaisir. Je m'excuse car c'est tout ce que je sais faire.
Bonne lecture:)
Chapitre 7:Lothlòrien
Après leur sortie de la Moria, la marche de la Communauté était devenue horriblement silencieuse. Ils faisaient ce qu'Aragorn avait conseillé mais avançaient tels des zombies. Être passés de neuf à huit compagnons avait fait bien plus que laisser un vide dans leurs cœurs. Cela leur avait fait prendre conscience que n'importe lequel de leurs êtres chers pouvait ne pas revenir de ce voyage. Bien qu'ils ne l'exprimaient pas à voix haute, leurs gestes semblaient révélateurs. Aragorn et Arwen restaient côte à côte tout comme Merryl et Pippin et Frodon et Sam. Pourtant, ils firent tout pour rester calmes. Ils savaient qu'ils ne pouvaient pas se permettre de montrer leurs peurs s'ils voulaient mener leur mission jusqu'au bout. Sinon, les sacrifices seraient vains.
Ils finirent par arriver aux bois de Lothlòrien. Le lieu était une nature prospère, pleine de verdure, de fleurs et plantes en tous genres, d'arbres de couleurs diverses. Comme si les saisons s'y entremêlaient. Il y avait même un beau ruisseau illuminé par les rayons du soleil scintillant à travers les feuilles des arbres. Pourtant, une atmosphère étrange y régnait. Rien ne s'y faisait entendre. Pas de bruit d'insecte, ni de chant d'oiseau. Cela contrastait totalement avec l'atmosphère colorée autour du groupe. C'était pesant voire peu rassurant.
«-Prenez gardes jeunes messieurs, chuchota Gimli en se tournant vers Frodon et Pippin, Une ensorceleuse vit dans ces bois. Une Sorcière-Elfe. Elle a de terribles pouvoirs. Tous ceux qui l'ont croisé sous sont tombés sous son emprise...
-Frodon.
-...et ont disparu pour toujours.
-...vous venez vers nous. Vous amenez un fardeau maléfique ici, Porteur de l'Anneau.
-Frodon?»
Frodon avait-t-il rêvé? Quelqu'un lui avait-t-il parlé dans son esprit? Ou alors le murmure qu'il avait entendu n'était-t-il qu'un tour que lui jouait sa tête depuis qu'il n'arrivait plus à réfléchir à cause de ce qui s'était passé peu de temps auparavant? Il ne savait pas. Il préféra ne pas y penser. Il préféra seulement songer à la voix de Sam qui l'avait ramené à la réalité. Il continua à avancer comme si de rien n'était et écouta de nouveau Gimli.
«-En tout cas, voilà un Nain qu'elle n'ensorcellera pas aussi facilement. J'ai les yeux d'un faucon et les oreilles d'un renard.»
Alors que Gimli venait de finir sa phrase, des Elfes surgirent et tinrent le groupe en joue. Arwen tenta de protester en levant son propre arc mais ils étaient bien trop nombreux.
«-L'Elfe respire si bruyamment que nous aurions pu l'atteindre dans l'obscurité, dit Haldir qui semblait être le Chef de cette troupe d'Elfes tenant en joue la Communauté»
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Bien qu'ils avaient été emmenés de manière peu aimable près de Galadrhim, les Elfes ne s'étaient pas montrés trop austères. En effet, l'un d'entre eux avait reconnu celle de leur race qui l'accompagnait. Et Haldir semblait apprécier l'Elfe de Fondcombe. L'atmosphère était donc redevenue plus calme.
«-Bienvenue, chère Arwen, fille d'Elrond. Cela faisait longtemps.
-Notre Communauté a une dette envers vous.
-Oh! Aragorn du Dunedain. Vous êtes connu chez nous.
-Haldir.
-Ca suffit avec cette langue que seulement vous comprenez, dit Gimli impatient, Dites quelque chose que nous pouvons tous comprendre!
-Nous n'avons pas conclu d'arrangements avec les Nains depuis les jours sombres.
-Et vous savez ce que le Nain répond à ça? Je crache sur votre tombe!
-Ce n'était pas très courtois, dit Aragorn agacé par l'attitude de Gimli et légèrement angoissé par ce que cela pouvait provoquer»
Haldir regarda le groupe de plus près. Son regard était empli, non pas de mépris, mais de réticence. Il se rapprocha d'eux et devint sérieux.
«-Vous portez un fardeau maléfique avec vous. Vous ne pouvez pas aller plus loin.»
Arwen et Aragorn tentaient de négocier avec Haldir. Les autres restaient en retrait. Frodon baissa les yeux avec honte. Il infligeait aux autres un tel poids. Et il se sentait si inutile dans ce monde qu'il ne connaissait pas. A ne pouvoir jamais agir pour faire en sorte que les chose s'arrangèrent. Et pire, il n'avait rien fait pour empêcher la mort de Gamlad. Il était pathétique. Il ne méritait pas tout ce que cette Communauté faisait pour lui.
«-La mort de Gamlad n'est pas vaine, dit Boromir qui semblait avoir lu son regard, Elle n'aurait pas voulu que vous perdiez espoir. Vous portez un lourd fardeau, Frodon. Vous avez le droit de pleurer les morts. Mais vous devez aussi vous soucier des vivants.»
Boromir remarqua que deux yeux noisettes les regardait lui et le Porteur de l'Anneau. Sam semblait mélancolique. La chose était normale. Elle et Frodon étaient amis. Et le voir ainsi lui faisait mal. Du moins, c'était ce que l'homme du Gondor pensait. Il espéra que son impression était la bonne.
Alors que le groupe attendait encore, Haldir finit par se tourner vers eux.
«-Suivez-moi.»
Haldir guida la Communauté jusqu'à un lieu plus enfoui dans Lothlòrien. Bien plus feuillu et touffu que le reste de la forêt. Au bout d'un long chemin, ils arrivèrent devant ce qui ressemblait à une forteresse des arbres.
«-Caras Calladhon, dit fièrement Haldir, cœur du monde elfique et demeure de Celeborn et Galadriel, Dame de Lorien.»
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Caras Calladhon ressemblait à une forêt d'argent et de cristal. Chaque arbre baignait dans une ravissante lumière immense. La blancheur lumineuse des lieux donnait l'impression que la voie lactée elle-même s'était répandue sur la Terre tant la verdure de la végétation s'y mêlait presque avec harmonie. La nuit étant tombée, ses étoiles renforçaient davantage ce sentiment de ravissement.
Haldir avait mené la Communauté devant les habitants et époux de Caras Calladhon. Galadriel était une Elfe magnifique. Des yeux bleus azur, de longs cheveux d'or lisses, un visage fin, un nez pointu, une silhouette mince. Sa beauté impressionna Boromir, Pippin et Gimli qui ne purent rester de marbre. Aragorn se cacha les yeux de l'Elfe blonde qui s'approchait comme s'il semblait s'interdir de la regarder. Malgré lui, Frodon ne put s'empêcher d'être fasciné par ce visage. C'était donc elle la Sorcière-Elfe? Elle n'avait pas l'air dangereuse. Elle était magnifique et ses yeux étaient tels la mer à l'horizon infini. Ni hobbit, homme ou Nain n'avait quoi que ce fût à craindre. Sam remarqua le trouble de l'être qui comptait plus que tout au monde pour elle. Bien qu'elle sût qu'il était difficile de ne pas être impressionné par la beauté d'un Elfe-après tout, le cœur d'Aragorn avait succombé à l'une d'entre elles-et que celle-ci était visiblement mariée, elle fut jalouse. Ces Elfes et leurs perfections face aux autres filles des peuples de la Terre du Milieu dont les corps étaient pleins d'imperfection; un corps comme le sien. Ses cheveux roux bouclés emmêlés, ses joues très rondes, son menton un peu épais, son ventre légèrement gras faisaient semblaient bien minables face à la beauté qui se trouvait sous leurs yeux. Ses beaux yeux noisettes et sa belle poitrine ni ne compenseraient les tares de son corps, ni ne feraient le poids face à des beautés parfaites comme celle-ci.
«-L'ennemi sait que vous êtes ici, dit Celeborn interrompant ainsi les pensées de Sam, Désormais, vous n'avez plus aucun espoir de voyager en secret.
Je vois huit compagnons. Ils étaient pourtant neuf en quittant Fondcombe. Dites-nous où est Gamlad. C'est une amie proche de mon épouse. Elle désire grandement lui parler.»
Galadriel se mit à fixer Aragorn dans les yeux. Il le fixait avec certitude comme si elle pouvait comprendre la peine qu'il ressentait à cet instant.
«-Gamlad la Grise n'a pas franchi la frontière de ces terres.»
Galadriel fixa la Communauté pour constater avec son mari ce qui était arrivé à la magicienne. Elle n'utilisait pas son esprit mais s'adressait à eux avec étonnement et tristesse.
«-Elle a basculé dans l'ombre.
-Elle a été englouti par l'ombre et le feu, dit Arwen, Un Balrog de Morgoth nous l'a prit. Cela parce que nous sommes passé de façon inutile dans les mines de la Moria.
-Inutile n'ont jamais été les actions de Gamlad, dit Galadriel, Mais nous ne connaissons pas encore son but.
Ne laissez pas le vide de Khazam-Dhûm emplir votre cœur de chagrin Gimli, fils de Gloïn. Désormais, le monde est empli de périls. Et dans chaque pays, l'amour est entremêlé à la douleur.»
A ces mots, elle sembla regarder Boromir. Celui-ci le constata et fit tout pour retenir un sanglot. Néanmoins, il ne put s'empêcher de baisser la tête et pousser un grand souffle bien audible. Tout le monde prit ça pour du chagrin et du contrôle du soi et ne dit rien ne sachant comment réagir.
«-Sans Gamlad, cette Communauté ainsi que tout espoir est perdu, dit Celeborn
-Votre quête ne tient qu'à un fil, dit Galadriel, Glissez à peine et elle échouera. Et le monde sera condamné. Cependant, il y a toujours de l'espoir tant que vous croyez en vous. Ne laissez pas vos cœurs être tourmentés Reposez-vous et ne pensez plus à votre labeur cette nuit. Vous dormirez ici à Caras Calladhon.
Bienvenue Frodon de la Comté. Vous qui avez vu l'Oeil!»
Frodon n'avait pas rêvé. Quelqu'un lui avait bien parlé dans son esprit. Le murmure qu'il avait entendu dans sa tête provenait des pouvoirs de cette Sorcière-Elfe. Pourquoi s'adressait-t-elle à lui? Etait-ce simplement parce qu'il était le Porteur de l'Anneau ou voulait-t-elle lui dire autre chose? Quelque chose d'important?
«-Une complainte pour Gamlad.
-Qu'est-ce qu'ils disent sur elle? demanda Merryl à Arwen
-Je n'ai pas le cœur de vous le dire. Ma peine est encore trop présente en moi.
-Ils ne disent rien sur ses feux d'artifice, n'est-ce pas? demanda Sam»
Arwen hocha la tête pour confirmer tristement les paroles de son amie.
«-Pourtant, ils devraient le faire. Je vais essayer.
Les plus belles flammes colorées de l'univers S'illuminaient telles des étoiles rouges, oranges ou vertes Dans chacunes d'elles, on pouvait trouver en un rien de temps Bien plus de variétés de tons que dans les couleurs du printemps Oh! Je laisse tomber! Je ne suis bonne qu'à chanter les chansons des autres, pas pour faire des poèmes moi-même.» Gimli mit une main sur l'épaule de Sam afin de lui donner un peu d'assurance et de réconfort. Elle sourit faiblement mais elle eût du mal à croire que ses mots eurent pu toucher quelqu'un vu qu'elle ne s'était pas convaincu elle-même. .«-Je vous dit qu'elle ne reviendra pas.
-Anson, tu connais ta sœur. Elle n'est peut-être pas très...stable mais elle n'a jamais été malhonnête. elle avait sûrement une bonne raison de partir sans rien dire.
-Maya, disparaître comme ça avec ce Sacquet. Je sais pas ce qu'ils avaient en tête mais si c'était genre une aventure folle comme le vieux Bilbon l'a fait y a soixante ans, c'est clair qu'on la reverra pas.
-Anson, ne tiens pas des propos pareils. Tu ne vois donc pas que tu fais pleurer ta sœur?»
Tandis que Bell Gamegie Bonenfant réprimandait doucement son fils, la petite Mag sanglotait bel et bien en serrant son petit cheval en métal, dernier cadeau que sa mère lui avait donné de la part de sa sœur avant la disparition de cette dernière. Sa mère la prit dans ses bras et la berça.
«-Elle va revenir. Elle a dit qu'elle rentrerait. Alors elle va revenir.
-Je sais ma chérie, je sais, dit Bell»
L'Ancien arriva près de sa famille. Il mit une main sur l'épaule de sa femme sans savoir comment réagir. Néanmoins, il décida de dire quelque chose.
«-Notre petite est peut-être partie sans rien dire mais elle est attachée à la Comté. Elle reviendra même si ce sera dans très longtemps.»
Dans le jardin, on pouvait voir une silhouette. Cette dernière observait les Gamegie attristés sur la disparition de leur fille et sœur. Alors qu'ils continuaient à parter, elle se faufila par une fenêtre que ces derniers avaient imprudemment laissé ouverte. Elle se rapprocha doucement de la petite famille. Doucement. Doucement. Ce ne fut que lorsque qu'elle fut tout proche d'eux que la petite Mag poussa un hurlement suivie de sa sœur qui se réveilla.
Ce rêve. Qui était entré chez elle? Qui avait fait peur à sa famille alors qu'ils s'attristaient de sa disparition? Et pire, est-ce qu'il leur était arrivé quelque chose de grave?
Sam ne trouvait plus le sommeil. Elle se contentait de marcher au hasard dans Caras Calladhon. Une marche silencieuse et solitaire permettait parfois d'apaiser ses pensées.
«-Vous semblez bien triste Samelia.
-Boromir.»
Il ne dormait pas non plus? Oh! Sam aurait préféré être seule à cet instant. De plus, sachant que Boromir semblait aimer les conversations et nouer le contact avec les autres comme il l'avait fait si facilement avec Merryl, Pippin et même Gamlad quand elle était encore parmi eux, il allait sûrement vouloir parler avec elle alors qu'elle n'en avait aucune envie.
«-J'ai écouté vos vers. Je trouve que vous vous sous-estimez. Ils étaient très beaux.
-...
-La mort de Gamlad nous a tous bouleversé.»
La dernière chose dont Sam souhaitait parler était de ses vers désastreux qui n'avaient pas fait honneur à cette pauvre magicienne grandiose. De plus, son esprit était trop préoccupé à autre chose pour parler de ça. Néanmoins, elle savait que Boromir ne cesserait de parler dans le vide si elle ne continuait pas la conversation. Elle décida de parler.
«-Je l'ai connue depuis mon enfance. Elle me faisait toujours sourire avec ses feux d'artifice et elle nous donnait de bons conseils. Elle pouvait nous faire un peu peur quand on la contrariait mais c'était quelqu'un de si tendre.
Oh! Je n'arrive toujours pas à y croire, Boromir.
-Je sais Samelia. Je sais que vous êtes bouleversée. Et moi, ce sont vos larmes qui me bouleverse.
-Boromir.
-Je ne supporte pas de vous voir triste. Je voudrais vous voir enjouée et heureuse. Comme lors de notre première rencontre à Fondcombe.
-Boromir.
-J'aimerais pouvoir être là pour vous. Vous consoler quand vous êtes malheureuse. Voir vos sourires, vos magnifiques mains mijotant une cuisine savoureuse. M'émouvoir en entendant vos sublimes vers, m'émouvoir devant votre extase face aux lames les plus belles et les plus menaçantes que vous voyez. Si c'était possible, je vous regarderais même en forger et vous battre avec telle une fougueuse combattante.
-Boromir!
-Quand j'ai vu le troll des cavernes vous attaquer dans la Moria, mon sang n'a fait qu'un tour. Je voulais vous protéger. Même ça devait me coûter ma vie.»
«-Je ne peux plus me passer de votre présence. Je vous aime Samelia.
-Boromir...»
«-Boromir arrêtez!»
Tout à coup, Boromir arrêta de parler. Il mit ses mains sur les épaules de Sam, la saisit et l'embrassa fougueusement sur les lèvres. Sam, à la fois surprise et dépassée par la force de l'homme, n'arriva pas à réagir. Boromir semblait comme possédé par une puissance le poussant à commettre un acte de mauvaise folie. Sam commença à avoir peur.
«-Lâchez-moi!
Lâchez-moi!»
Mais Boromir fit la sourde oreille. Il était toujours perdu dans la folie malgré le fait que Sam ait tenté de lui parler, ou plutôt de crier, entre deux baisers. Elle n'avait pas le choix. Elle tenta d'atteindre son épée. Elle eût du mal car sa main droite n'était proche de son fourreau. Elle n'eut pas d'autre choix que d'utiliser sa main gauche plus proche de ce dernier. Après plusieurs difficultés, elle parvint à lui infliger une cicatrice sur l'épaule. Ressentant la douleur, Boromir relâcha sa main gauche. Sam commença à glisser de la main droite de l'homme du Gondor. Il voulut la rattraper mais ne parvint qu'à lui arracher involontairement trois mèches de cheveux alors qu'elle tombait sur le sol.
«-Samelia, je...je suis désolé.
-Ne m'approchez pas!
-C'est à cause de Frodon, n'est-ce pas?
Samelia, il ne fait même pas attention à vous. Il ne vous mérite pas.
-Vous avez perdu la tête!»
Boromir regretta amèrement ses paroles tout comme ses actes. Il pouvait lire la haine de Samelia dans ses yeux. Ce moment qu'il avait préparé. Tout s'était mal passé. Et pire, la hobbit ne voudrait plus lui parler et le haïssait.
«-Ecoutez-moi bien, Boromir. Si vous osez encore vous approcher de moi, je ne me contenterai pas de vous infliger qu'une égratignure. Vous comprenez ce que je vous dis?»
Boromir se contenta de hocher la tête. Sam, comprenant qu'il avait saisi le message, s'en alla. Une fois qu'elle fût partie en courant, Boromir s'assit dégoûté de lui-même. Mais qu'est-ce qui lui avait prit de l'embrasser de force sans attendre sa réaction après sa déclaration? Comment avait-t-il pu se montrer aussi égoïste? Il était tellement centré sur ses propres sentiments qu'il ne s'était pas soucié de ceux de Samelia. Elle ne ferait plus que le fuir, ne lui parlerait plus et ne le regarderait plus. Il ne restait plus d'elle que trois mèches de cheveux. Quand il réalisa pleinement les conséquences de ses actes, il fondit en larmes.
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Sam était partie plus loin en respirant de grandes goulées d'air. Elle se sentait un peu mieux mais elle était toujours en était toujours en état de choc. Sans qu'elle ne s'en rendit compte, ses yeux s'emplirent d'une infinie tristesse. N'importe qui aurait pu lire le malheur dans son visage mais elle se moquait pas mal de ce que son visage pouvait refléter. Elle voulait juste être tranquille quitte à se laisser aller.
«-Tu as l'air essoufflée.»
Galadriel se trouvait non loin d'elle. Sam n'avait aucune envie de lui parler de ce qui venait d'arriver. Elle ne voulait pas qu'on ait pitié d'elle alors elle resta silencieuse.
«-L'eau de nos cascades a le goût le plus doux qui soit. Bois-en un peu, cela te fera du bien, dit Galadriel en tendant une coupe à la jeune hobbit»
Sam était déstabilisée par la voix de Galadriel. A la fois douce et mystérieuse. Mais bien qu'elle se disaît qu'elle n'avait rien à craindre face à la Sorcière-Elfe car elle ne charmait que les êtres masculins, elle ne pouvait s'empêcher d'avoir peur d'elle car elle semblait pouvoir lire les pensées et les sentiments des autres. Le fait qu'elle eût comprit que Gamlad n'était plus en vie sans que personne n'aît eu à le prononcer en était la preuve. La hobbit décida donc d'obéir de peur de mettre en colère la Sorcière-Elfe. Elle avait raison. Le goût de cette eau n'était pas ordinaire. Elle semblait provenir d'un lieu qui n'avait traversé aucun autre cours d'eau au monde et semblait à la fois rafraîchissante et nourissante; tant qu'elle eût la sensation que son corps était plus léger.
«-J'ai vu que Gimli s'entendait bien avec toi, Samelia. J'avoue que ça me rend curieuse. As-tu rencontré d'autres Nains avant lui?
-...
-Ou un autre de tes proches l'a-t-il fait avant toi?
-...
Mon grand-père. On l'appelait le Vieux Bonenfant. Il aimait voyager. Un jour, il s'est perdu dans des mines habitées pardes Nains. Ils lui ont apprit à survivre. L'un d'entre eux était de la famille Gimli. Il a su que la sienne et la mienne s'étaient connues car j'ai les mêmes yeux que mon grand-père.
-Votre passage dans les Mines de la Moria a dû être terrible pour toi. Tu devais sûrement rêver de voir d'autres Nains. Et tout ce que tu as vu étaient les squelettes de malheureux tués injustement à cause de la soif de pouvoir qui règne dans ce monde.
-...
J'ai eu du chagrin pour eux. Ils n'avaient rien fait pour mériter ça. Tout ce qu'ils avaient au monde a été détruit par d'horribles monstres qui méritent d'être punis.
Mon grand-père. S'il avait été vivant et vu ça, il ne l'aurait pas supporté Il aimait tant les Nains. Et Gimli. Balin. Il aurait dû être là pour nous accueillir. Mais nous n'avons trouvé qu'une tombe. Et après...D'abord Balin et maintenant Gamlad.
-Que ce soit les Elfes, les Nains, les Magiciens, les Hommes ou les peuples de la Terre du Milieu, bien peu ont des moments de paix durables. Ca a aussi été de la Compagnie des Nains il y a soixante ans.
-La Compagnie des Nains? Les treize Nains avec qui Bilbon Sacquet a voyagé?
-Je vois que tu as entendu parler de cette histoire.
-Elle est connue à la Comté. Bilbon nous l'a souvent raconté.
-Excepté sa trouvaille de l'Anneau dans les Grottes de Gollum bien sûr.
-Oui.
-Ne le blâme pas Sam. Il ignorait ce qu'était vraiment cette horrible chose. Et même pendant le triste désastre arrivant aux Nains, Sauron commençait déjà à se manifester. Les choses auraient donc été les mêmes que l'Anneau vienne à Bilbon ou pas.
-Que voulez-vous dire?
-Nous pensions que tant que l'Anneau Unique n'était pas trouvé, Sauron n'avait aucune chance de revenir. Seule Gamlad a eu des doutes. Elle a voulu se rendre à Dol Guldur pour les éclaircir en laissant la Compagnie des Nains sous le commandement de Thorin et la bienveillance de Radagast. Ca m'a inquiété alors je l'ai suivi de loin. Et j'ai bien fait. Je l'ai trouvé couverte de blessures et évanouie. Les forces de Sauron étaient bel et bien présentes. Faibles mais présentes.
-Et vous n'avez même pas cherché à les affronter alors que Sauron était faible?
-Viens avec moi. Je vais te montrer quelque chose.»
Sam avait suivi Galadriel jusqu'à une salle boisée close. La Dame de Lorien ne disait rien. La jeune hobbit voulut comprendre pourquoi elle agissait ainsi mais à peine eut-t-elle le temps d'ouvrir la bouche que Galadriel lui prit le bras et ferma les yeux.
Sam eut l'impression d'avoir voyagé sans faire le moindre pas. Comme si elle avait bougé sans faire aucun mouvement. Alors qu'elle regardait autour d'elle, elle réalisa qu'elle était au sommet d'une tour lugubre. Il n'y avait ni lumière, ni rayon de soleil ou de lune. Seulement un paysage désolé et un ciel empli de nuages sombres. Sam aperçut la Dame du Lorien avec Gamlad allongée auprès d'elle. Elle voulut dire quelque chose. Mais à peine eut-t-elle le temps de lever la main que Gamlad ouvrit les yeux.
«-Dieu merci, vous êtes réveillée. Je craignais vous avoir trouvé trop tard.
-Galadriel.
-Oui, c'est moi qui suis venue vous chercher. Nous sommes au sommet de Dol Guldur.»
Sam comprit. Elle voyait le passé. Galadriel avait sûrement utilisé ses pouvoirs pour lui montrer ce qui s'était passé après ce qu'elle avait évoqué. Cela l'impressionna. Gimli avait raison quand il disait que Galadriel avait des pouvoirs. Terribles, elle ne savait pas mais en tout cas des pouvoirs, oui. Et si elle les avait utilisé, c'est qu'elle voulait lui montrer quelque chose d' ne lui restait donc plus qu'à voir afin de comprendre.
«-Oh!»
Des formes spectrales approchèrent alors que Galadriel et Gamlad parlaient. Le son? Il était familier aux oreilles de Sam. Elles étaient bien neuf. Certes, elles ne portaient pas de capuches mais de solides armures. Cependant, leurs mains étaient équipés de la même que celles des cavaliers noirs qui les avaient poursuivis avec ses amis depuis la Comté mais de plus, ils dégageaient la même malveillance que dans la tour d'Amon Sûl.
«-Trois Anneaux pour les Elfes, sept pour les Nains...
-...neuf pour les Hommes. Eux condamnés à mourir.
-Vous ne pouvez pas combattre l' commencez déjà à disparaître telle une lumière seule errant dans les ténèbres.
-Je ne suis pas seule»
Sam vit Elrond et Saroumane se joindre à Galadriel. Tous deux étaient armés. L'une d'une épée, l'autre d'un bâton. Tous deux étaient sur le pied de guerre.
«-Avez-vous besoin d'aide, madame? Demanda Saroumane
-Vous auriez dû rester morts!»
Alors qu'Elrond et Saroumane commencèrent à se battre, Gamlad baissa les yeux. Son impression était donc la bonne. Hélas.
«-Sauron...
-Oui. Il est de retour.»
Tout à coup, un traîneau tiré par des lapins apparut. Celui-ci était conduit par un Nain. Bien qu'elle ne connut pas son nom, Sam comprit qu'il s'agissait de Radagast. Il n'avait pas la noble stature que Bilbon avait décrit de Thorin mais bel et bien le moyen de transport que Bilbon avait décrit de lui.
«-Gamlad! Dit Radagast
Gamlad, venez!
-Partez avec lui.
-Mais et vous tous?
-Nous avons la puissance suffisante. Mais eux ont besoin de vous.
-Galadriel!
-Ne vous inquiétez pas pour nous. Partez vite!
Partez!»
Gamlad baissa les yeux avec regret. Elle semblait avoir encore besoin de se reposer après son réveil et de plus, les Nains devaient avoir plus que besoin d'elle si Galadriel lui disait de partir dans une situation si désespérée. Il lui fallut de la force pour partir car ses yeux tristes montraient bien que ce n'était pas de gaieté de cœur.
Le combat n'avait pas cessé. Elrond et Saroumane n'avaient pas cessé de donner du leur mais ils ne savaient plus quoi faire et les neuf se montraient toujours aussi puissants eux ne craignant pas la mort. Si les Elfes ne vieillissaient pas, une blessure trop grave et ils mourraient tout comme les mortels.
Soudain, un œil géant de flammes apparut. Il n'avait ni cils, ni paupières. Il ressemblait à un gigantesque œil de serpent. Comme si une immense couleuvre toute proche du trio s'apprêtait à les dévorer. Sam comprit. Les neuf et le Seigneur Noir. Sauron. Même sans forme, il pouvait s'étendre n'importe où et manipuler ses sbires comme il le voulait, seulement parce que son esprit était puissant. C'était...Sam ne trouva rien à penser.
Galadriel devait réagir. Elle se leva.
La Sorcière-Elfe ne semblait plus être la même. Tout son corps était devenu mi-sombre, mi-bleuâtre. Comme un cadavre aux cheveux de corbeau. Et ses yeux étaient aussi sombre que la plus noire des nuits. Elle leva la main.
«-Ca a commencé. L'Est va s'effondrer. Le Royaume d'Angmar va se lever. Le temps des Elfes est révolu. L'Age des Orques arrive.
-Lle caela n'uma val sinome. Mool en' Morgoth.(Vous n'avez aucun pouvoir ici servants de Morgoth)
Lle naa n'uma er. Auta n'alaquel a' i' palurin tuulo' man lle tul e(Vous n'avez pas de nom, pas de visage, pas de forme!)
Retournez d'où vous venez!
Retournez au néant!»
Les terribles pouvoirs! Cette fois-là, Sam pouvait confirmer les mots de Gimli. Pas dans le sens où il l'entendait mais elle le pouvait. Sa voix n'avait plus été douce et mystérieuse mais semblait être telle une tempête chaotique et elle semblait être une autre personne. Non plus belle mais terrifiante.
Au bout d'une longue lutte, Sauron fut enfin chassé. Mais cela avait été au prix des forces de Galadriel qui, incapable de tenir debout, tomba dans les bras d'Elrond.
«-Nous avons été dupés, dit Elrond
-L'Esprit de Sauron a survécu, dit Galadriel
-Et a été banni, dit Saroumane
-Il va aller vers l'Est, dit Galadriel»
Saroumane observa au loin l'endroit où Sauron venait de disparaître. Les paroles de Galadriel semblaient l'avoir interpellé. Sam comprit pourquoi. Tout le monde savait que Saroumane les avait tous trahi.
«-Le Gondor doit être averti qu'une guerre se prépare au Mordor.
-Non. Regardez Dame Galadriel. Elle a utilisé trop de ses pouvoirs. Ses forces s'épuisent. Emmenez-la à Lothlòrien.
-Saroumane! Il doit être chassé et détruit une bonne fois pour toute!
-Sans l'Anneau Unique, Sauron est incapable de dominer la Terre du Milieu. Partez. Je me charge de Sauron.»
Elles étaient de retour dans la salle boisée close. Sam regarda Galadriel dans les yeux. Celle-ci était impassible. Sam, elle, n'arrivait pas à croire ce qu'elle venait de voir. Saroumane n'avait pas fait que les trahir, il les avait manipulé jusqu'au bout.
«-Oh!
-Maintenant, tu comprends pourquoi nous avons tardé à agir. Je suis sûre que tu savais déjà que nous avons fait confiance à la mauvaise personne. Je ne sais pas s'il était déjà attiré par le Seigneur Noir mais une chose est sûre, en nous tenant à l'écart, il a aidé Sauron à faire grandir ses forces en nous laissant totalement impuissants.
-...
-Ne nous blâme pas Samelia. Nous n'aurions rien pu faire. Et ça ne sert à rien de se lamenter sur le passé. Il faut vivre dans le présent. La lutte a peut-être été retardée mais elle peut se faire maintenant. Si tu n'y crois pas, Gamlad sera morte en vain.
-Mais c'est si dur de croire que c'est possible à présent.
-Si tu ne crois pas que c'est possible, ça veut dire que tu ne crois pas en toi, Samelia. Et si tu ne crois pas en toi, tu ne seras capable ni d'aider ceux qui te sont chers, ni toi-même. C'est ce que tu veux?
-...
-Ce n'est pas la taille qui fait le courage.
-...
Je ferai ce qu'il faut.»
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Alors qu'il dormait profondément, Frodon eut une étrange sensation. Il se réveilla en sursaut. Il ne savait pas si c'était son imagination mais il avait l'impression qu'un murmure dans le vent lui indiquait un chemin. Il décida de le suivre. Il marcha longtemps. Il finit par arriver devant Galadriel. Elle se trouvait devant une source à côté d'un miroir. Elle aussi devait à peine venir arriver car il voyait encore marcher. Elle prit de l'eau dans une cruche en argent et se tourna vers lui. Elle semblait l'attendre.
«-Allez-vous regarder dans le miroir? Demanda-t-elle
-Qu'y verrais-je? Demanda Frodon sans étonnement mais méfiant
-Même le plus sage ne pourrait pas le dire, dit Galadriel en commençant à verser de l'eau dans le miroir, Le miroir montre beaucoup de choses. Le passé, le présent et parfois même le futur.»
Frodon ne savait pas si Galadriel essayait de l'avertir de quelque chose ou de lui tendre un piège. Après tout, elle lui avait parlé dans son esprit et Gimli avait dit que c'était une ensorceleuse dangereuse. Certes, elle leur avait accordé le gîte et le couvert mais qu'avait-t-elle réellement en tête? Il hésita un instant mais alla finalement vers le miroir et se pencha vers lui. Au début, il n'y vint que son reflet. Puis, celui-ci se dissout. Il vit successivement Arwen, Merryl, Pippin puis Sam. Elle avait si triste. Ce visage qu'il aimait tant. Quelle raison pouvait-t-elle avoir d'être triste? Si seulement elle était vraiment devant lui. Il voulait tant la prendre dans ses bras et la consoler. L'image se dissout à nouveau. Frodon voyait la Comté. C'était Cul-de-Sac, sa maison. Puis, l'image disparut à nouveau. C'était à nouveau la Comté mais tout avait changé. Celle-ci était en flammes. Des Orques attaquaient les habitants et brûlaient aussi bien Hobbitbourg que le reste de la Comté. Les habitants étaient enchaînés, fouettés...Tout n'était plus que désolation. Frodon refusait de croire ce qu'il voyait. Cela le terrifiait. Il savait que la menace de Sauron pouvait s'étendre dans le reste de la Terre du Milieu mais les hobbits étaient totalement étrangers au monde. La Comté n'était rien aux yeux de Sauron. Sauron! L'Oeil finit par apparaître dans l'eau. Celui-ci attira la chaîne autour du cou de Frodon. L'Anneau! Il l'avait senti. Conscient de ce qui était en train de se passer, Frodon s'empara de l'Anneau et voulut reculer. Mais arraché l'Anneau de son cou mêlé à la puissance de L'Oeil avaient été tellement brutal qu'il chuta sur le sol.
«-Je sais ce que vous avez vu, dit Galadriel tandis que Frodon se relevait, Car c'est aussi dans mon esprit.
C'est ce qui arrivera si vous échouez. La Communauté va se dissoudre. Il essaiera de prendre l'Anneau. Vous savez de qui je parle. Un par un, il les détruira tous.
-Si vous le demandez, je vous le donnerai l'Anneau Unique.
-Vous me l'offrez librement? Oh! Je ne nie pas l'avoir grandement désiré.
Au lieu d'un Seigneur Noir, vous auriez UNE REINE!»
Galadriel n'était plus la même. Tout son corps était devenu mi-sombre, mi-bleuâtre. Comme un cadavre aux cheveux de corbeau. Et ses yeux étaient aussi sombre que la plus noire des voix semblait être telle une tempête chaotique et elle semblait être une autre personne.
«-Pas sombre mais belle et aussi terrible que les flammes de l'enfer!Aussi dangereuse que les torrents des tempêtes!Plus forte que toutes les puissances de la Terre! Tous m'aimeront et désespéreront»
Frodon prit conscience de ce qu'il avait fait. Il avait encore naïvement cru que n'importe qui pouvait garder l'Anneau d'une façon sûre. Mais il devait se rendre à l'évidence. C'était impossible. Et si Galadriel le prenait, tout espoir était perdu. A cet instant, il avait peur d'elle et était très tenté de s'enfuir avec l'Anneau laissant les autres en dehors de danger. Par chance, la Dame de Ionien reprit sa forme initiale. Galadriel respirait de grandes goulées d'air. Elle se libérait de la terrible tentation qu'infligeait l'Anneau à tous ceux qui croisaient son chemin. Lorsqu'elle fut calmée, elle s'autorisa à parler:
«-Je n'ai pas cédé à la tentation. Je vais me retirer à l'Ouest et je resterai Galadriel.
-Je ne peux pas faire ça seul, dit Frodon qui avait comprit ce qui se passerait s'il restait au sein de la Communauté
-Vous êtes le Porteur de l'Anneau, Frodon. Porter un Anneau de Pouvoir, c'est être seul.»
Galadriel montra sa main à Frodon. Elle aussi portait un anneau.
«-Ceci est Nenya, l'Anneau d'Adamant. Et je suis son Gardien.
Cette tâche vous a été confiée. Et si vous ne l'accomplissez pas, personne ne le fera.
-Alors, je sais ce que je dois faire. Seulement, j'ai peur de le faire.
-Même la plus petite personne peut changer le futur.»
Ouais, cette fois, je l'ai fait moins long que le chapitre précédent. Après un pavé comme la Moria, j'avais envie de faire quelque chose d'un peu plus bref tout en continant à avancer. J'espère que vous avez trouvé ça trop court. A la prochaine.
