Chapitre 19 : Prélude à la guerre

Oscar une fois le virus envoyé retourna à sa cabine en compagnie de sa jeune épouse qui avançait assez difficilement. Pour Isabelle, il était plus que temps de retourner dans la zone du Consortium. Elle sentait ses forces s'amenuiser et elle devait à tout prix rencontrer le concepteur de sexaroïdes au plus vite pour que son plan soit parfait. Celui-ci était un allié de Von Kiel et depuis que le prétendant au trône avait fui, il se trouvait en pleine disgrâce et son entreprise était à deux doigts de la faillite. Il était désespéré et avait grandement besoin d'un allié ce que la future reine n'ignorait pas. Elle allait lui offrir une aide que cet homme ne serait pas en mesure de refuser. En revanche, elle ne savait pas si son état lui permettrait de mettre son plan à exécution. Bien que le vaisseau ait poussé ses puissants moteurs à leur maximum pour le voyage de retour, Isabelle trouvait que celui-ci prenait beaucoup de temps. Dû au fait que le vaisseau des chevaliers atteignaient péniblement la vitesse de la lumière le premier voyage avait pris deux mois. Le Vénus devait pouvoir retourner dans la zone du Consortium dans les deux semaines. Oscar était resté en contact permanent avec Aristote Zone et son état-major. Von Kiel se tenait tranquille, l'armée du Consortium n'avait subie aucune attaque et aucune planète n'avait été rasée. Oscar se doutait que l'offensive ne tarderait pas c'était pourquoi il avait ordonné un voyage à vitesse maximale, désireux de ne pas laisser Aristote seul pour gérer un conflit avec Von Kiel.

Lorsque l'appareil arriva enfin à destination, Harlock dans la salle de surveillance du vaisseau de la reine des Mazones le regarda passer à quelques centaines de mètres du bâtiment royal puis se diriger lentement vers Amos où il se posa quelques heures plus tard. La reine au vu de l'évolution de la situation avait laissé le capitaine de l'Arcadia libre de prendre les décisions qui les mènerait à la victoire. Il était sévèrement surveillé et la totalité de ses actes étaient rapportés à la reine. Celle-ci, que la grossesse épuisait, restait de plus en plus souvent allongée. Le médecin avait augmenté le traitement hormonal car la praticienne craignait fortement que la reine ne finisse par faire une fausse couche. Sylvidra était à un âge très avancé et ce malgré le fait qu'elle restait jeune et belle. Son corps avait du mal à supporter les besoins de l'embryon qui grandissait en elle devenant de plus en plus exigeant en matière de nutriments nécessaires à sa croissance. Harlock bien qu'il avait essayé de se détacher de l'enfant à naitre était très inquiet. Malgré la situation il s'y était attaché et il réalisa qu'Ellie avait eu raison concernant Mark. Si Harlock avait été là au moment de la gestation de la reine il l'aurait malgré tout aimé et probablement élevé. Il se rendait régulièrement auprès de la reine des Mazones pour s'assurer que celle-ci allait bien. Il se montrait particulièrement doux avec elle, l'aidant à se lever ainsi qu'à se coucher, veillant à ce qu'elle s'alimente correctement. Cette attitude troublait la reine. Elle ne voulait pas que son cœur la trahisse. Elle refusait de s'attacher à cet homme, et, pourtant, plus le temps passait plus le laisser à Isabelle après la naissance de la future reine la rendait de plus en plus malheureuse. Elle sentait par moment, son cœur battre lourdement dans sa poitrine en imaginant cet homme dans les bras d'Isabelle Von Kiel. Elle avait fini par abandonner, détournant le regard lorsqu'il entrait pour qu'il ne puisse voir son trouble. Elle ne pouvait que se maudire d'avoir tout gâcher avec cet homme, le seul qu'elle ait aimé avec une telle force et qu'elle continuait d'aimer bien qu'elle avait laissé exploser sa colère plus d'une fois.

Harlock les bras croisés face à l'écran principal observait l'atterrissage du Vénus grâce aux sondes envoyées en toute discrétion. Amos était étroitement surveillée, un nombre considérable de vaisseaux croisaient au-dessus de celui du duc pour empêcher toute tentative d'attentat. Il regarda Oscar descendre accompagné de son épouse

- Zoomer sur Isabelle ! Ordonna-t-il à la Mazone chargé des communications.

-A vos ordres monsieur, obtempéra l'officier en pianotant sur son clavier.

La caméra dédaigna le reste des personnes pour se concentrer sur la jeune Isabelle. Elle était très pâle et avançait difficilement, Oscar était obligé de la soutenir. Harlock se mordit la lèvre inférieure d'inquiétude.

Le duc a tapé dans le mille et à un très mauvais moment, pensa-t-il en colère.

Le capitaine serra les poings de rage, il devenait urgent qu'Isabelle termine ce qu'elle avait commencé mais étant donné son état cela semblait pratiquement impossible qu'elle puisse mener sa mission à terme. La reine avait tenu sa part de contrat, les Mazones avaient préparé un nombre conséquent de vaisseaux mais elle refusait de fournir l'équipage, c'étaient à Harlock et à la future reine de le trouver. Le capitaine de l'Arcadia bloqué à bord du vaisseau royal ne pouvait intervenir, il ne restait qu'Isabelle. Pour Harlock toute l'affaire semblait fortement compromise. Il ne voyait pas comment elle pourrait trouver des soldats pour former les équipages. La totalité des forces armées étaient fidèles à Oscar et la Résistance était loin d'ici à présent. Harlock poussa un profond soupir puis quitta la salle des communications pour retourner auprès de la reine. Celle-ci était confortablement allongée sur un imposant canapé moelleux. Les suivantes de la souveraine en voyant le capitaine entrer s'éclipsèrent. Harlock s'approcha, la reine comme à son habitude détourna le regard comme si le voir lui était insupportable. Décidément pour le capitaine cette femme serait à jamais une énigme, elle le voulait comme père de ses enfants mais elle le méprisait chose qui n'était en théorie pas compatible. La reine tenta vainement de s'emparer de son verre d'eau. Harlock voyant qu'elle avait du mal le lui apporta. Sylvidra se garda de le remercier, l'observant à la dérobée. Harlock semblait soucieux.

- Que t'arrive-t-il ? S'inquiéta-t-elle après avoir bu une longue gorgée.

-Oscar a mis Isabelle enceinte et elle est très mal en point, lâcha-t-il.

-Trouver l'équipage dans ses conditions risque d'être dur, commenta la reine calmement.

-Si Oscar reste roi, il traquera toutes les Mazones, menaça-t-il. A ta place je m'inquièterai un peu plus de la situation.

-Raison de plus pour ne pas gaspiller mes équipages, j'aurai besoin de toutes mes forces pour l'affronter, ricana-t-elle.

-Sylvidra ! S'exaspéra Harlock.

-Du calme ! Intima-t-elle en s'emparant de la télécommande.

Elle fit défiler les images de la vidéo

-C'est encore pire que ce que je ne pensais, en étant dans un tel état alors qu'elle n'est qu'au début de sa grossesse, il est évident qu'elle va faire une fausse couche, affirma-t-elle.

-Le plus tôt sera le mieux ! Ragea Harlock.

-Patience, cela viendra.

Isabelle à l'arrivée du vaisseau sur Amos avait eu du mal à se lever. Elle s'était préparée péniblement, habillée grâce à l'aide de son époux, elle s'était ensuite légèrement maquillée pour cacher son teint plus que blafard. Elle remerciât Oscar de son soutien en souriant mais celui-ci était de plus en plus inquiet. Il se demandait si l'état d'Isabelle était seulement lié à la difficulté de mettre au monde un enfant hybride ou si son corps n'aurait pas eu de difficulté avec une grossesse provenant d'un homme normal. Isabelle tenait plus que tout à rester dans les bonnes grâces de son mari. Elle se colla à lui amoureusement. Elle était fermement décidée à l'accompagner à la réunion qui l'attendait pour pouvoir parachever son plan. Elle était prête à prendre tous les traitements nécessaires pour tenir bon. Oscar l'amena jusqu' à la limousine. Elle se glissa difficilement à l'intérieur suivie par son époux.

- Je te fais déposer au château et je vais ensuite à la réunion, proposa Oscar

-Non, laissez-moi vous accompagner, je peux vous aider, insista Isabelle. Je sais que vous avez des difficultés avec mon père et je tiens à être là !

-Isabelle, tu es épuisée, la raisonna Oscar.

-Je vais bien et avec vous à mes côtés je me sens bien, roucoula-t-elle en déposant un baiser sur la joue de son époux.

Von Stadt, installé sur la banquette qui se trouvait en face du couple ne put s'empêcher de sourire. Pour Oscar cette situation lui plaisait, il avait l'impression de s'entendre de mieux en mieux avec Isabelle et il espérait vraiment que c'était le cas. Jusqu'à présent, il n'avait rien découvert de suspect dans les activités de son épouse et il espérait vraiment que celle-ci avait décidé d'abandonner ses rêves de pouvoir. Il le lui offrait de toute manière une partie de celui-ci puisqu'elle serrait couronnée avec lui. Il céda donc en rendant à son épouse son baiser. Isabelle eut un petit pincement au cœur, elle le sentait ses sentiments vis-à-vis d'Oscar était en train de changer. Elle ne voulait pas l'aimer. Elle avait choisi le capitaine de l'Arcadia et à ses yeux il était de loin le meilleur choix possible

De toute manière, même si après la victoire, je venais à le garder comme amant royal en utilisant les nanos sur lui, il ne pourrait me donner d'enfant, pensa-t-elle tristement. Je le sens, celui-là même en faisant attention je n'arriverai pas à le mener à terme, il faut que je le voie que comme un ennemi à abattre tout comme mon père. Et pourtant je ne peux m'empêcher d'éprouver des regrets à l'idée de le perdre.

Aristote Zone fut ravi du retour de son « enfant prodige » comme il se plaisait à le l'appeler. Il avait réuni les chefs d'état-major et il attendait que son futur roi arrive enfin accompagné de sa très charmante épouse, une vraie vipère, ce qui aux yeux du politicien était une qualité. Le jeune couple arriva enfin. Il fut désolé de voir le triste état de la jeune femme, elle était très faible. Tout le monde se plaça autour de la table et les généraux ainsi que le politicien s'assirent qu'une fois que le couple royal ce fut installé.

- Avez-vous des nouvelles de Von Kiel ? Les interrogea Oscar d'entrée de jeu.

-Non, il se cache et depuis sa dernière attaque il n'a pas tenté de nouveaux assauts, indiqua le général.

-Il doit fabriquer plus de vaisseaux, assura le second officier. Nous avons poursuivi la construction des appareils mais nous manquons de soldats. Les chercheurs à l'heure actuelle ont du mal à modifier l'ADN de nouvelles personnes pour créer des soldats parfaits. Les défauts corrigés par les Mazones les ont poussé à changer complètement le processus ce qui nous retarde beaucoup.

-Bien entendu nous ne pouvons prendre des civils, ils seraient incapables de se battre ils ne peuvent servir que comme boucliers humains pour retarder les assauts de Von Kiel, poursuivit le premier. Il nous faut plus d'hommes votre altesse sans quoi tous nos nouveaux appareils vont devoir rester à quai.

-Le problème c'est que je n'ai pas de solution, avoua Oscar.

-Il y en a peut-être une, avança Isabelle ravie de cette opportunité. Pourquoi ne pas utiliser des sexaroïdes ? Il suffirait de les programmer pour le combat. Vous devez connaitre toutes sortes de tactiques ce qui devrait nous permettre de vaincre.

-Vous voulez qu'on fasse appel à ce fourbe de Gresham ? S'indigna Aristote. Il a toujours travaillé pour Von Kiel

-Peut-être mais mon père est parti en le laissant en arrière, sourit Isabelle. Je pense qu'il serait ravi de se trouver un nouveau maître.

-Il n'acceptera jamais, douta Aristote.

-Laissez-moi lui parler et je suis certaine de le ramener à la raison, avança Isabelle. Il nous faut des hommes pour vaincre mon père et si nous n'avons pas assez de troupes nous risquons d'être submergés. De plus, même si mon père la déteste, il pourrait bien s'allier à Sylvidra, après tout celle-ci a disparu dès que les traitements ont été terminés. Elle n'a certainement pas confiance en nous et risquerait fortement de favoriser mon père.

-C'est absurde ! S'exclama le général.

-Pas tant que cela, les troupes qui ont été soignées sont nettement moins efficaces qu'avant et je crains qu'elles refusent certains sacrifices, avança Oscar inquiet. Leur conscience s'est réveillée et elle commence à les travailler, des troupes parfaitement dociles seraient un avantage. Il suffirait juste de placer des officiers supérieurs destinés à donner les ordres lors de la bataille à venir. Est-ce que tu penses vraiment pouvoir le convaincre ?

-Sans problème Oscar mais comme nous ne serons pas à l'abri pour autant d'une trahison, il faudra que vous le fassiez surveiller ainsi que la fabrique elle-même, conseilla Isabelle.

-Ne t'inquiètes pas pour cela, la rassura Oscar en souriant. Tout sera sous contrôle. Où en est le deuxième projet génétique ?

-Il avance très bien votre altesse, affirma Aristote en souriant. Je pense que vous devriez aller le voir, nos généticiens sont de vrais génies !

-Et les nanos ? S'inquiéta Oscar. Est-ce que le professeur Baudouin en a créé des infaillibles ?

-Elle a progressé mais de là à espérer des nanos parfaits, douta Aristote.

-Pourtant, il faut y arriver ! Insista Oscar. Je dois tout avoir sous contrôle et en particulier ses créatures !

-Elle fait au mieux Oscar, affirma Zone en souriant. Rassure-toi, tout se passera bien.

Isabelle intriguée regarda du côté de son époux. Celui-ci lui sourit pour la rassurer.

-Je vais me rendre au laboratoire, décida Oscar. Viens Isabelle, j'ai une surprise pour toi.

La jeune femme ravie se leva avec l'aide de son royal époux qui l'amena jusqu'à la sortie du palais. Ils reprirent la limousine et traversèrent la ville. Harlock revenu dans la salle des communications de la reine suivait toujours le jeune couple grâce aux sondes. La réunion avait été courte, ce qui n'avait rien d'étonnant, Von Kiel restait sagement caché depuis un bon moment. Il suivit inquiet la limousine à travers la ville puis celle-ci quitta la cité pour s'enfoncer dans la campagne. A l'intérieur du véhicule, Oscar souriait, si le projet était bien avancé alors sa victoire serait certaine. Après plus d'une demi-heure de route à travers la forêt ils arrivèrent dans une zone militaire très bien gardée. Les portes s'ouvrirent lorsque le chauffeur entra les codes de sécurité. La voiture accompagnée de son imposante escorte traversa la base pour se rendre dans un vaste hangar. Une fois garée dans celui-ci, un cortège de soldats hybrides se mit en place faisant un magnifique couloir pour le couple royal l'emmenant directement à l'ascenseur. Isabelle observait tout ceci, inquiète. Elle qui pensait tout savoir des plans de son époux commençait à s'angoisser. Elle craignait fortement que la victoire ne lui échappe. Les portes de la cabine s'ouvrirent et son mari la mena à l'intérieur. L'officier de l'escorte les suivit puis appuya sur le bouton du cinquantième sous-sol et la cabine commença à descendre. Isabelle se serra un peu plus contre son époux. La descente fut longue ce qui angoissa un peu plus la jeune femme. La zone devait se trouver à plus d'une centaine de mettre de profondeurs. Lorsque les portes s'ouvrirent enfin elle ne put s'empêcher de pousser un soupir de soulagement ce qui fit sourire son époux. L'ascenseur débouchait dans une vaste salle carrelée de blanc où en son centre se trouvait deux rangées de tubes géants où semblaient dormir des hommes. Isabelle s'approcha. Ils étaient tous alimentés via un cordon ombilical géant relié lui-même à un placenta artificiel accroché au tube. Isabelle observait cela le sang glacé d'effroi. Tous les hommes à l'intérieur étaient adultes et ne devraient plus en théorie se trouver dans cette matrice artificielle. Elle posa ses mains tremblantes sur un tube où se trouvait un homme très grand blond au corps parfait, musclé mais élégant.

- Qu'est-ce que cela veut dire, balbutia-t-elle. Comment est-ce possible ?

-Le miracle de la science très chère, se réjouit Oscar en murmurant ses propos dans son oreille.

-C'est illégal ce genre de chose, même le Consortium n'aurait pu permettre ce genre de pratique, elles sont interdites dans sa première Constitution

-Sauf que comme pour beaucoup de chose, ce n'est plus Aristote qui décide mais moi, martela Oscar. Et j'ai besoin de ces hommes !

-Rhadamanthe du Wyvern, lut-elle. Cet homme à un nom.

-Normal puisqu'il s'agit d'un clone de l'original, se moqua Oscar.

Isabelle paniquée poursuivit sa pénible traversée du laboratoire, énumérant chaque nom inscrit

-Eaque du Garuda, Minos du Griffon, Rune du Balrog, poursuivit-elle. Pharaon du Sphinx. Hypnos, Thanatos…

Elle s'arrêta face à un homme très grand dont les longs cheveux noirs en bataille descendaient en dessous des fesses, sa peau d'albâtre luisant étrangement dans le liquide amniotique

-Hadès, Dieu des enfers ! Paniqua-t-elle.

Elle se recula en tremblant, son mari l'enlaçant pour la calmer.

-Ne t'inquiètes pas ma chérie, il est de notre côté, soutint Oscar.

-Je ne comprends pas…Hésita Isabelle en tremblant. Qui sont tous ses hommes ?

-Hadès et ses spectres, révéla Oscar. J'ai envoyé mes chercheurs récupérés l'ADN nécessaire à leur renaissance dès l'effondrement du Consortium par Harlock. Je ne voulais pas en venir à une telle extrémité mais je me dois de mettre tous mes atouts dans ma manche.

-C'est absurde ! S'exclama-t-elle. Tous ce que vous avez là, c'est une coquille vide !

-C'est exact, son âme réintégrera ce corps dès le moment venu, révéla Oscar. Pour le moment ils ne sont pas encore prêts.

-Pourquoi ? S'indigna Isabelle. Si vous éliminez tous les chevaliers vous n'aurez pas besoin d'eux ! Le virus devrait tous les tuer !

-Normalement mais si j'échoue je serai ravi qu'Hadès se charge d'eux, il a une revanche à prendre ! Affirma Oscar en souriant cruellement.

-Mais c'est très dangereux Oscar ! Paniqua Isabelle. C'est le Dieu des Enfers, il pourrait tous nous massacrer.

-Exactement, c'est pourquoi je compte sur mes chercheurs pour mettre au point des nanos parfaites Isabelle, indiqua Oscar. Une fois Hadès et son armée sous mon contrôle, je règnerai sans problème et puis avoues qu'il est vraiment magnifique !

-Comment vos chercheurs ont-ils fait ? S'étonna Isabelle. Depuis mille neuf cent quatre-vingt-onze, il ne devrait pas rester la moindre trace d'ADN !

- Sauf que tout comme dans le Walhalla, le temps aux enfers est figé et j'ai localisé les corps sans problème !

-Vous vous êtes alliés à Hadès, comprit Isabelle d'une voix blanche. Il doit tout savoir de vos moindres projets !

-En fait il ne peut pas car sa capacité d'intervention dans ce monde est plus que limitée. Pour y parvenir il a besoin d'un corps physique et il tenait plus que tout à récupérer celui-là. Cela dit je le comprends, il est splendide ! S'enthousiasma Oscar en caressant le tube s'attardant dans la zone intime du Dieu des enfers.

-Vous avez couché avec lui, comprit Isabelle avec horreur.

-Seulement avec son âme, durant quelques nuits torrides, avoua Oscar avec gourmandise. Je suis insatiable Isabelle et j'ai des plaisirs très variés.

-Avec un être pareil je doute que ce soit vous qui meniez la danse, le nargua Isabelle en reprenant un peu de contenance.

-C'est exact, reconnu Oscar en lui faisant un clin d'œil.

-Qu'est-ce qu'il vous a confié sur les chevaliers ? S'enquit-elle

-Au début, rien. Il m'offrait juste le pouvoir en me faisant de judicieux conseils, avoua Oscar. Ensuite lorsque je lui en ai parlé, il a déballé tout ce qu'il savait et m'a conforté dans ma décision de les éliminer au plus vite. Il m'a dit qu'il se chargerait ensuite de détruire les autres « gardiens ».

-Je crains que la situation ne vous échappe Oscar ! L'avertit Isabelle. Soyez très prudent !

-Ne t'inquiète pas pour ça, sourit Oscar. Je saurai le maintenir en laisse !

Le regard d'Isabelle s'égara sur le corps du d'Hadès. Il était d'une beauté troublante et Oscar lui fit un sourire canaille en voyant que le Dieu des enfers lui plaisait. Isabelle, gênée, rougit un peu en s'éloignant. Elle devait avertir de toute urgence Sylvidra des agissements de son époux mais pour l'instant elle était bloquée. Il lui fallait pourtant battre le fer tant qu'il était encore chaud.

-Est-ce vous pensez que nous pouvons aller voir Gresham aujourd'hui ? L'interrogea-t-elle. Nous ne devons pas perdre le moindre temps.

-Tu n'es pas trop fatiguée pour cela ? S'inquiéta Oscar

-Vous avez raison, je ne suis pas en grande forme, mais vous pouvez le convoquer au palais, je le recevrai dans mes appartements, proposa Isabelle.

-Comme tu voudras mais je tiens à ce que tu te ménages, ta pâleur m'inquiète, conseilla Oscar.

-Pas étonnant que je sois dans un tel état après m'avoir montré tout cela Oscar, rougit Isabelle. Ne vous inquiétez pas. Pouvons-nous partir à présent ?

-Juste le temps de voir le rapport des généticiens, décida Oscar en se dirigeant vers le responsable des chercheurs qui étaient restés en retrait.

Il donna au futur roi un dossier complet. Oscar en le lisant sourit de contentement.

-Ils seront prêts dans quatre mois votre altesse, affirma le chercheur fièrement

-C'est du très bon travail, le félicitât Oscar. Cela faisait longtemps que je n'avais pas eu une si bonne nouvelle !

-Je vous remercie votre altesse, s'inclina le scientifique ravi.

Isabelle prit note mentalement du délai en jetant un regard inquiet aux tubes, le cœur battant à tout rompre. Cela ne leur laissait pas beaucoup de temps. Il devenait urgent que son père attaque pour qu'Oscar devienne roi et il serait préférable que pendant cette guerre ces fameux tubes soient détruits, ils représentaient une menace terrible pour l'humanité. Oscar, rassuré sur l'avancement du projet offrit son bras à Isabelle pour quitter les lieux. Celle-ci ne se fit pas prier. Les deux jeunes gens remontèrent à la surface sous bonne escorte. Isabelle fut soulagée en voyant le soleil à travers les grandes baies vitrées lorsqu'ils furent de retour dans le hangar. Ils reprirent la limousine afin de se rendre au palais de toute urgence, Isabelle devait prendre son traitement, elle donnait des signes de faiblesse. Tout le temps où les futurs souverains de la galaxie étaient restés sous terre, Harlock avait ordonné aux Mazones de trouver des renseignements sur cette fameuse base. Elle ne faisait pas partie des structures officielles de l'armée d'Oscar ni du Consortium ce qui ne pouvait signifier qu'une seule chose, quelque chose de grave se préparait en ce lieu et il espérait qu'Isabelle le tiendrait informé de ce qu'il s'y passait. Il suivit à nouveau le long trajet de la limousine qui ramena le couple royal au palais. Harlock réduit à l'attente était profondément agacé par la situation. Isabelle de retour à ses appartements pris le traitement et subie les soins nécessaires pour sa grossesse. Le médecin était de plus en plus inquiet et elle espérait bien que celui-ci saurait tenir sa langue. Isabelle était faible, elle allait devoir orchestrer toute cette affaire depuis le château et cela ne l'enchantait guère. Une fois le médecin parti, elle vérifia l'absence de mouchard grâce à son détecteur qu'elle gardait constamment sur elle puis elle attendit la venue de Gresham. Celui-ci à au siège social de son entreprise fut très surpris de voir des soldats lui intimer de les suivre car la future reine souhaitait le voir. Pour l'ancien chercheur en robotique qui était le principal concepteur des sexaroïdes, c'était une opportunité inespérée. Quoi que la jeune souveraine lui demanderait, il le ferait afin de bénéficier à nouveau du pouvoir en place. Il n'arrivait toujours pas à croire au mauvais tour que lui avait joué son ami d'enfance et il se jura de pouvoir le faire payer un jour à Von Kiel. Il suivit docilement les soldats. Ceux-ci lui ordonnèrent aussi de prendre son ordinateur portable car la souveraine voulait que son entreprise travaille sur un grand projet. Gresham après cela fut emmené en véhicule blindé jusqu'au palais puis introduit dans les appartements de la future reine. Il s'inclina humblement pendant de longues minutes, attendant l'autorisation de faire face à son interlocuteur. Isabelle fit durer le plaisir afin de faire comprendre à son futur employé qui était le maître. Gresham n'était pas dupe mais à ses yeux tout ce manège était bien inutile, son entreprise était au bord de la faillite et il avait grand besoin de protection.

- Venez-vous asseoir M Gresham, l'invita Isabelle en souriant tout en lui désignant un fauteuil en face du moelleux canapé où elle était installée.

Le chercheur obtempéra. Il s'assit, ouvrit sa mallette afin de sortir son ordinateur portable qu'il alluma. Isabelle était ravie du zèle du chercheur. Il était aux abois et c'était exactement ce dont elle avait besoin.

-Que puis-je faire pour vous votre altesse ? S'enquit le chercheur inquiet

-J'ai suggéré à mon époux de faire appel à vos services pour servir un très important projet qui nécessite rigueur et secret défense, révéla Isabelle.

Elle tenait à faire comprendre à son interlocuteur à qui il allait devoir rendre des comptes en priorité.

-Je sais que mon père vous a lâchement abandonné derrière lui et je trouve cela horriblement injuste. Dommage qu'il n'ait pas su reconnaitre en vous l'homme de valeur que vous êtes comme je m'en suis aperçu moi-même, le flatta insidieusement la future reine. Mon époux et tous ses amis se méfient de vous, ce qui est normal, il n'appartient qu'à vous de faire vos preuves et je suis certaine que tout ira bien.

-Je ferai tout ce qui est en mon pouvoir pour vous satisfaire votre altesse, remerciât le chercheur son inespérée bienfaitrice.

-Avez-vous réussi à garder la plupart de vos scientifiques et programmeurs en intelligence artificielle ? L'interrogea-t-elle.

-Oui, même si je risque de perdre la plupart d'ici la fin de ce mois si je ne trouve pas plus de travail, révéla gêné le PDG

-Ne vous inquiétez plus pour cela, vous allez travailler pour l'armée du futur souverain de la galaxie, vous n'aurez plus aucun soucis d'argent, affirma Isabelle en souriant. En revanche je veux en échange une totale collaboration de votre part. Je ne tiens pas à ce que mon époux soit déçu parce que j'aurai placé ma confiance et la sienne dans un homme qui n'en est pas digne, appuya Isabelle. J'espère que vous n'avez aucun idéaliste démocrate dans vos équipes ?

-Ce sont des scientifiques votre altesse, la politique n'est vraiment pas leur domaine, tout ce qui les intéresse c'est le progrès, soutint Gresham. Je réponds de mes équipes, elles vous seront fidèles.

-J'y compte bien, vous serez sous surveillance constante, l'armée se chargera de la sécurité. A partir de maintenant, vous travaillez pour nous, ce que je vais donc vous révélez à partir de maintenant est secret défense, imposa-t-elle. Nous avons besoin de sexaroïdes soldats.

-Des sexaroïdes soldats ? S'étonna Gresham abasourdi. Mes laboratoires ont réussi à créer des sexaroïdes garde du corps mais en aucun cas soldat !

-Mais c'est faisable, tout ce qu'il vous faut ce sont les tactiques de combats et comment se pilote un vaisseau de guerre en général, affirma Isabelle. Comme vos sexaroïdes ont la faculté d'apprendre ils sauront très vite comment combattre.

-Mais c'est interdit, bafouilla Gresham. La démocratie et le Consortium avant cela ont toujours interdit de créer ce genre de robots de peur qu'ils se retournent contre nous.

-C'est pourquoi vous allez mettre en place des garde-fous. Ordonna Isabelle. Je tiens à être claire, il nous les faut rapidement c'est pourquoi je vous conseille de vous mettre au travail dès maintenant et de faire tourner les unités de production à plein régime. Vous ne pouvez plus assurer les commandes personnelles, vous ne devez-vous concentrez que sur ce dont a besoin le roi, est-ce bien compris ?

-A vos ordres votre altesse, se réjouit le PDG.

-Vous pouvez disposer, le congédia-t-elle.

L'homme ne se fit pas prier, il n'avait pas de temps à perdre au vue de la tâche qu'il avait à accomplir. Isabelle poussa un profond soupir, elle était épuisée, ses yeux se fermaient d'eux-mêmes et sans qu'elle ne s'en aperçoive, elle s'endormit sur le canapé. Elle se réveilla plusieurs heures plus tard. En ouvrant les yeux elle vit Oscar qui la regardait avec douceur ce qui la troubla profondément. Elle détourna le regard gêné. Oscar semblait avoir changé. Au début elle pensait que la personnalité de son époux n'avait pas subi l'influence de l'hybridation car une fois son ADN soigné, il n'avait guère changé, il restait froid avec elle et elle ressentait le même mépris de sa part qu'auparavant mais à présent il agissait différemment. Au début elle avait cru que c'était lié à la grossesse mais elle en était moins sûre. Peut-être qu'Oscar changeait enfin, que l'homme froid, manipulateur, destructeur et dominateur qu'elle avait toujours connu n'était pas le véritable Oscar de Péhant. Elle espérait vraiment que c'était bel et bien le cas car cela pourrait changer beaucoup de choses entre eux et surtout elle pourrait bien revenir sur sa décision d'éliminer son époux. Elle chassa très vite ces pensées, elle les avait bien trop souvent et elle commençait à avoir l'horrible sensation de se perdre. Elle le sentait, cet homme gagnait de la place dans son cœur et elle ne pouvait l'accepter, qui sait peut être que dans des circonstances et une époque différente elle aurait pu l'aimer mais c'était un luxe qu'elle ne pouvait se permettre. Elle se demanda si Oscar ressentait la même chose puis chassa cette possibilité qui risquait de la faire flancher au dernier moment.

-Qu'à donner l'entretien ? S'enquit Oscar d'une voix douce.

-Il travaillera pour nous, ne vous inquiétez pas, affirma-t-elle sur le même ton. Avez-vous pu débusquer les Résistants ?

-Non mais cela n'a aucune importance, soutint Oscar. Von Kiel est un lâche, il faut juste que je le laisse exprimer cette partie de sa personnalité.

-Que voulez-vous dire ? S'inquiéta Isabelle.

-Nous allons quitter Amos pour laisser le champ libre à Von Kiel, je vais donner des ordres à mes troupes pour que l'usine de sexaroïdes soit démantelée et emmenée dans une zone plus sûre, décida le futur roi. Je vais offrir la possibilité à Von Kiel de raser Amos, d'après l'étude des communications entre les différents groupes de Résistants, ceux qui sont chargés de décider sont ici, William Johnson et Arthur Stone. Si Von Kiel détruit Amos, il me débarrassera du plus gros du problème.

-Il y a un milliard d'habitants sur Amos, rappela Isabelle horrifiée.

-Cela fera un milliard de bouches en moins à nourrir, rétorqua Oscar d'une manière cruelle.

Elle détourna le regard, Oscar était un monstre et il ne changerait jamais, elle n'arrivait pas à croire qu'elle avait pu laisser son cœur s'égarer quelques instants.

-Je vous ai choqué, comprit-il. Une guerre ne se gagne pas sans sacrifice Isabelle. Et j'en ai plus que mon compte de courir après un homme qui passe son temps à fuir. Gresham a trois semaines pour me fournir des sexaroïdes, s'il échoue, je le fais mettre à mort.

-Ne vous inquiétez pas pour cela, il est conscient des enjeux, sourit Isabelle. Il ne vous fera pas défaut !

Oscar passa le reste de la journée avec son épouse puis le soir, il prit congé après le dîner afin d'aller passer la nuit avec Von Stadt. Isabelle le salua, ravie d'être libre pour la soirée. La longue sieste qu'elle avait fait l'avait bien soulagé de sa fatigue et elle quitta ses appartements par le passage secret afin d'aller dans la salle où elle gardait son émetteur pirate afin de contacter le vaisseau de Sylvidra. Celui-ci bondissait d'adresse IP en adresse IP ne laissant aucune trace de son passage et empêchant le traçage du contact. Elle envoya le mot de passe et sourit en voyant le visage d'Harlock apparaitre à l'écran.

- Tu es bien pâle Isabelle, commenta calmement le capitaine de l'Arcadia.

-Je sais et pourtant je vais beaucoup mieux que ce matin. J'ai de bonnes nouvelles Hans, j'ai trouvé notre équipage, tout ce qu'il faudra faire c'est le subtiliser à Oscar peu de temps avant qu'il n'en prenne livraison, révéla la future reine.

-De quel type d'équipage parlons-nous ? S'inquiéta Harlock.

-De type sexaroïde, indiqua celle-ci.

-Cela me parait très risqué Isabelle. Ce sont des machines et je n'aime pas l'idée de les avoir à bord d'un vaisseau, douta le capitaine.

-Tout ira bien Hans, de plus, ils ne serviront que le temps de se procurer une véritable armée, sourit Isabelle.

-Je t'ai suivi grâce aux sondes, qu'est-ce qu'Oscar mijote dans cette base ? L'interrogea Harlock.

-Tu ne vas pas aimer Hans, commença Isabelle avec inquiétude. Il a créé des clones d'Hadès et de ses cent huit spectres. Il semblerait qu'il ait un accord avec le Dieu des enfers pour pouvoir régner.

-Il est devenu fou ou quoi ! Explosa Harlock. Hadès méprise l'humanité, il la fera massacrer à la première occasion ! Est-ce que les clones sont prêts ?

-Non, il faut encore quatre mois !

-Il faut espérer que d'ici là tu seras sur le trône pour que nous nous débarrassions de cet épineux problème ! Ragea Harlock. Et Von Kiel ?

-Aucune nouvelle mais Oscar a un plan, révéla Isabelle tristement.

-Laisse-moi deviner, se servir d'Amos comme appât et laisser Von Kiel la raser ? Ricana Harlock.

-Comment le sais-tu ? S'étonna la future reine.

-Je connais très bien ton mari, trop bien si tu veux savoir. Il faut espérer que cela va marcher et que cela fera sortir Von Kiel de sa tanière.

-Tu n'es pas plus choqué que cela ? S'étonna Isabelle.

-Non, je m'attendais à une catastrophe de ce genre et on ne peut rien faire pour l'empêcher. Quand sera près le fameux équipage ?

-Oscar n'a accordé qu'à Gresham un délai de trois semaines, à l'heure qu'il est, il doit se trouver en train de plancher à des machines qui connaitront toutes les règles militaires, les manœuvres et les tactiques.

Le regard d'Harlock se durcit, Isabelle comprenait son inquiétude, elle aussi, cela ne l'enchantait guère mais au point où ils en étaient, ils n'avaient plus le choix.

-Sylvidra ne nous fournira pas d'équipage Hans, se justifia la future reine.

-Je sais, la coupa sèchement Harlock. Est-ce que tu as un plan pour les subtiliser à ton cher mari ?

-Oui et c'est Gresham qui portera le chapeau, affirma Isabelle. Une fois cette guerre terminée ils seront désactivés je te le promets.

-Je préfèrerai leur destruction, souhaita Harlock.

-Il sera fait selon tes désirs, céda Isabelle tristement.

Harlock voyait la future reine pâlir de secondes en secondes

-Il faut que tu tiennes Isabelle, reposes toi un maximum, ordonna Harlock. Recontactes moi lorsque les sexaroïdes seront prêts.

Le capitaine de l'Arcadia coupa la communication. Isabelle sentait la fatigue l'envahir. La fausse couche se rapprochait de plus en plus, elle le sentait. Elle retourna à ses appartements. Une bonne nuit de sommeil lui ferait du bien. Gresham, avertit du délai accordé par le futur roi, se mit au travail le jour même, établissant des plans avec des chercheurs pendant que les unités de production étaient démantelées et transférer pour Mars. Les sexaroïdes une fois fabriqués seraient entreposés à bord d'un des astéroïdes miniers qui se trouvait dans sa périphérie dans des conteneurs avant d'être distribués au moment où Oscar ordonnerait le départ des troupes. Il avait concentré autour des planètes se trouvant dans la périphérie du Consortium un nombre suffisant de vaisseaux pour que Von Kiel reste sagement en retrait. De plus l'état d'Isabelle l'inquiétait. Le médecin l'avait averti que la grossesse serait écourtée avant que l'embryon ne soit viable. Après de longues discussions avec ses chercheurs en génétiques il en était venu à la conclusion qu'avant d'envisager de refaire un enfant à la jeune femme il faudrait trouver un traitement adéquat. Les tests médicaux d'Isabelle avant sa grossesse étaient excellents ce qui voulait dire que le problème ne venait pas d'elle mais des gênes d'Oscar. Celui-ci tardait à annoncer la nouvelle à son épouse mais les médecins lui avaient conseillé de faire interrompre la grossesse le plus vite possible avant qu'il ne perde la mère et l'enfant à naître. Le traitement génétique des Mazones bien qu'efficaces n'avaient pu régler tous les problèmes et il fallait impérativement trouver une solution.

Gresham avec ses scientifiques passa des jours entiers enfermés dans le laboratoire à travailler ne prenant que peu d'heures de repos. Une fois le logiciel créé, il le présenta aux différents généraux ainsi qu'au futur roi qui sourit de contentement. Le logiciel et l'intelligence artificielle créés étaient parfaits. Il reçut l'aval d'Oscar pour lancer la fabrication. Les chaînes d'assemblage ayant été augmentée la capacité de production était passée à plus de mille unités à l'heure et en deux semaines, le souverain aurait les troupes nécessaires. Isabelle était tenue informée de l'évolution et en apprenant que la production était enfin lancée, sourit de contentement. Grâce à la totale confiance de Gresham en sa nouvelle maîtresse, elle disposait de la totalité des codes de sécurité ainsi que ceux où serait entreposée la production avant sa distribution. En revanche sa situation physique devenait préoccupante. Elle avait de moins en moins de force et alors que l'échéance approchait pour Amos, son époux se décidât à prendre la terrible décision qui s'imposait. Isabelle vit son mari entrer dans ses appartements accompagné par le praticien chargé de veiller sur l'évolution de sa grossesse. Isabelle était très pâle, son mari s'approchât en lui souriant avec douceur. Il prit place à ses côtés, hésitant à lui parler.

- Isabelle…Commença-t-il difficilement en évitant son regard. Le médecin pense qu'il faut que tu subisses une interruption de grossesse et au vu de ton bilan de santé je pense qu'il a raison.

-Mais je n'en suis qu'à quatre mois ! S'écria-t-elle au bord des larmes. Je vais tenir Oscar, je le sais…

Isabelle ne comprenait pas ce qui lui arrivait, elle ne voulait pas de cet enfant mais à l'idée de le perdre elle en pleurait et en souffrait atrocement. Son cœur battait lourdement dans sa poitrine et la tristesse qu'elle voyait sur le visage du duc au lieu de la réjouir lui fit encore plus de mal.

-On peut encore attendre Oscar, proposa-t-elle en larmes. Un mois ou deux.

-Isabelle si je te laisse poursuivre tu as toutes les chances d'en mourir, insista Oscar. Je suis désolé. On essayera plus tard, lorsque des traitements plus adaptés auront été mis au point.

-Je vous en prie, supplia-t-elle en larmes. Je ne veux pas. Je veux avoir mon bébé !

Elle se jeta au cou de son mari en pleurant de plus en plus fort. Elle devrait se sentir soulagée, cet enfant qui lui sapait toute son énergie allait disparaître mais alors que son cerveau se réjouissait son cœur souffrait atrocement. Oscar l'enlaça avec douceur, compatissant à sa douleur. Cette décision avait été un déchirement pour lui.

-Quand ? L'interrogea-t-elle

-Dès ce soir, annonça Oscar d'une voix sourde.

-Je veux que cela se fasse ici Oscar, souhaita-t-elle. Vous pouvez bien m'accorder cela, je ne veux pas aller en clinique.

Oscar regarda du côté du médecin qui céda en haussant les épaules d'impuissance. Il se doutait du choc psychologique et si pour la patiente rester chez elle la rassurait, l'interruption pouvait se faire à domicile.

-Je resterai avec toi tout le temps de la procédure, proposa Oscar.

-Merci Oscar.

Alors qu'une infirmière entrait escortée par un autre médecin, Isabelle se mit à trembler. Son époux la serra un peu plus fort contre lui en espérant l'aider. Isabelle fut installée sur son lit, son mari auprès d'elle. Une intraveineuse fut placée. Elle caressa son ventre tristement. Les sentiments ambivalents qui l'envahissaient la chamboulaient totalement. Elle eut beau se dire qu'au moment de la guerre entre son père et le duc elle serait en pleine forme elle ne pouvait s'empêcher de regretter la perte de cet enfant. Elle réalisa tout à coup à quel point, inconsciemment elle désirait être mère et que l'idée que l'enfant puisse être d'Oscar lui plaisait. Mais elle devait se faire une raison, l'hybridation qu'avait subi son époux le rendrait à jamais incapable de la rendre mère. Elle appréciait, alors que ses larmes coulaient, la douce chaleur de ses bras, il était devenu si doux avec elle, si attentionné et c'était peut-être là le vrai Oscar de Péhant. Mais elle ne comprenait pas que la gentillesse dont il faisait preuve avec elle, il était incapable de la montrer à qui que soit d'autre, il était prêt à laisser la population d'Amos se faire massacrer si cela lui permettait de vaincre. Il conservait sa cruauté alors que tous les autres hybrides avaient changé.

L'influence d'Hadès, songea-t-elle. Il est en son pouvoir, voilà tout ! Si il pouvait se détacher de lui alors il changerait j'en suis certaine. Et il serait à moi, rien qu'à moi.

Ses larmes se mirent à couler.

Je suis en train de tomber amoureuse de lui et je ne peux pas l'en empêcher, réalisa-t-elle perdue dans ses pensées.

L'attente fut longue. Elle sentie une violente douleur au bas ventre deux heures après que l'intraveineuse fut installée. Le médecin vérifia son état. Elle perdait du sang, le processus était en route. Oscar lui caressait la joue avec douceur en lui souriant avec tendresse ce qui fut encore pire pour Isabelle. Elle n'arrêtait pas de se demander s'il ressentait quelque chose pour elle ou s'il la manipulait comme lors de leurs fiançailles. Elle souhaitait tant que ses sentiments soient sincères. Elle sentait ses entrailles se déchirer alors que son corps commençait à expulser l'embryon qui aurait dû donner un beau bébé cinq mois plus tard. Le médecin pour éviter de rajouter au traumatisme avait placé un drap en hauteur masquant la totalité de ce qu'il se passait sous la taille pour qu'elle ne voie pas le placenta être placé dans une glacière. Il n'était pas nécessaire que la future reine sache que l'embryon allait être étudié par des chercheurs pour trouver des traitements efficaces. La douleur après cela diminua progressivement. La jeune femme finit par s'endormir quelques heures plus tard sans voir les larmes d'Oscar couler. Lui qui se voulait être quelqu'un de fort, d'intraitable avec ses ennemis, de glacial, capable des pires choses pour réussir versait des larmes en regardant cette femme qu'il n'était pas certain d'aimer. Il mettait son trouble sur le traitement de Sylvidra qui avait réajusté son ADN, refusant de reconnaître qu'il était peut être tombé amoureux d'une femme qu'il méprisait lors de leurs fiançailles la prenant pour une sotte.

Quelques jours plus tard, les sexaroïdes étaient installés dans la zone de stockage en attente d'être distribués aux vaisseaux. Isabelle, remise quelque peu, bien qu'encore affectée allait être emmenée à bord du Vénus en vue du grand départ. Le matin même, une fois qu'elle eut les derniers codes en poche, elle contacta le vaisseau de la reine et donna la totalité des données au capitaine. Harlock disposait de douze heures pour lancer les codes d'accès et voler les sexaroïdes au nez et à la barbe des troupes d'Oscar. Il étudia attentivement le plan de la mine puis il demanda à Sylvidra le prêt de matériel de forage. Il prépara ensuite un important vaisseau cargo équipé de boucliers occultant dont il modifia la fréquence de fonctionnement pour le rendre indétectable aux troupes du duc puis il quitta le vaisseau de la reine pour accomplir sa mission. Arrivé près de l'astéroïde il lança les codes qui activèrent les sexaroïdes qui furent ainsi prêts à suivre leur nouveau maître. Harlock posa le vaisseau discrètement dans un des cratères inexploités de la mine, lança le programme du matériel minier qui fora jusqu'à la zone où étaient entreposés les caissons. Les ordres d'Isabelle étaient clairs, il devait voler le plus de troupes possibles et détruire celles qui ne pouvaient être emmenées. Alors que les appareils creusaient il poussa un profond soupir en repensant au visage triste de la jeune femme.

- Est-ce que ça va Isabelle ? L'avait-il interrogé en voyant son état inquiétant.

-Je ne sais pas trop, avoua-t-elle. Voici les codes. N'oublie pas les consignes elles sont importantes.

-Pourquoi ai-je l'impression que tu y mets moins d'entrain qu'avant ? Se moqua Harlock. Qu'est-ce qu'il t'arrive ? Tu as pourtant l'air de te porter beaucoup mieux depuis la dernière fois que nous nous sommes parlé, tu as même repris des couleurs.

La jeune femme restât silencieuse ce qui inquiéta Harlock.

-Isabelle ? Insista-t-il.

-Oscar a fait interrompre ma grossesse sous les conseils des médecins chargés de me suivre, indiqua-t-elle d'une voix sourde

Ses larmes se remirent à couler.

-Pourquoi est-ce que j'ai si mal Hans ? L'interrogea-t-elle en pleurant. Je ne le voulais pas de cet enfant !

-Je suis désolé Isabelle, s'excusa-t-il. Qu'est-ce que tu ressens pour Oscar ?

-Je n'en sais rien ! Ragea-t-elle. Il se montre gentil mais cela me rappelle trop nos fiançailles lorsqu'il se servait de moi ! Je n'ai pas l'impression qu'il soit sincère.

Harlock face à cette situation pensa qu'il était temps de rappeler à Isabelle son objectif, elle ne devait surtout pas s'attendrir. La victoire de la Résistance dépendait de la chute du Consortium et du duc, il fallait donc que la jeune femme se ressaisisse et qu'elle ne succombe pas au charme de son cher époux.

-Isabelle, pour lui tu es juste un moyen d'asseoir sa légitimité, insista-t-il cruellement. Il n'a jamais été capable d'aimer et ce n'est pas maintenant qu'il va commencer. Il s'est servi de toi tout comme ton père. A toi de savoir ce que tu veux. Personnellement je ne pense pas que ce soit une bonne idée que Von Kiel ou le duc viennent à régner. De loin, il vaut mieux pour l'humanité que ce soit toi et je serai là pour t'épauler. Je suppose que ses plans pour Amos n'ont pas changé ?

-Il a toujours prévu de la sacrifier, affirma-t-elle en essuyant ses larmes. Je vais devoir te laisser, mon escorte va bientôt m'amener à bord du Vénus.

-Isabelle, cette perte ne veut pas dire que tu n'auras jamais d'enfants, la rassura Harlock en souriant. La victoire n'est plus très loin, tu règneras et tu auras de beaux enfants en parfaite santé, fais-moi confiance.

Le doux sourire d'Harlock lui mit du baume au cœur, elle comptait sur le capitaine de l'Arcadia pour lui donner les plus beaux enfants de l'univers. La communication fut coupée et Isabelle suivit les soldats, le cœur un peu plus léger jusqu'au Vénus.

Le forage terminé, il passa un scaphandre puis rejoignit grâce à un module d'exploration la zone creusée. Arrivé, à l'extrémité du tunnel, il ordonna à un robot minier de faire un trou de faible taille dans la faible épaisseur de roche qui le séparait encore de la zone de stockage. Il lança grâce à une antenne émettrice les codes de désactivation des caméras alors que sa tablette numérique envoyait des images fantômes au réseau de sécurité. Une fois cette opération terminée, le reste de paroi fût détruit. Harlock pénétra à l'intérieur. Il ouvrit les différents conteneurs. Il ordonna à des milliers de sexaroïdes d'aller s'entasser dans les soutes de son vaisseau cargo puis, il ordonna l'autodestruction de ceux qui ne pouvaient être emmenés. L'avantage du système d'auto destruction créé par Gresham c'était qu'il était d'une grande efficacité, les mémoires se vidaient et un acide surpuissant était lâché détruisant les circuits intégrés et les mémoires ce qui rendaient les robots parfaitement inutilisables. Il referma les conteneurs puis il partit en laissant en place le matériel de piratage. Il décolla rapidement, le vaisseau lourdement chargé s'extrait du cratère puis discrètement, il rejoignit le vaisseau de la reine.

Vingt-quatre heures plus tard, le Vénus entrait dans le cratère minier où des soldats hybrides veillaient jalousement sur l'entrepôt où se trouvaient les précieux sexaroïdes du duc. Celui-ci regarda avec un sourire de victoire sur les lèvres les quais qui s'approchaient sans avoir la moindre idée de la terrible surprise qui l'attendait. Et lorsque le vaisseau eut accosté, il descendit de l'appareil accompagné par Von Stadt afin d'aller contempler avec son amant sa nouvelle armée qui devait lui permettre d'écraser son rival.