Chapitre 22 : Rien n'est éternel

L'annonce de la victoire d'Oscar de Péhant avait précédé son retour. La guerre était enfin finie, pour beaucoup de gens ce fut le soulagement, personne n'ignorait le terrible sort d'Amos, d'Aqua et de plus d'une dizaine d'autres planètes. Le temps de la reconstruction était venu mais auparavant, c'était le temps des réjouissances. Aristote Zone s'employa à préparer la cérémonie de couronnement, la capitale de Mars se couvrit de fleurs et de décors prestigieux. La nef royale ornée de fleurs de Lys d'or chargée de remonter le fleuve puis l'avenue qui menait à la cathédrale était prête, des troupes en tenue d'apparat se tiendraient tout le long du chemin pour parer à toutes éventualités. Oscar devait avoir essayé sa tenue d'apparat. Aristote s'éloigna de la baie vitrée de son bureau, regarda sa montre, puis n'y tenant plus, il décida de contacter son jeune prodige, il ne pouvait résister à l'envie de le voir en tenue avant le couronnement. Il avait l'impression d'être un futur marié qui n'avait qu'une hâte voir sa belle dans sa tenue de mariage. La communication fut établie rapidement. Aristote fut ébloui par ce qu'il avait sous les yeux. Oscar portait une veste inspirée des tenues militaires française du dix-huitième siècle bleue qui faisait ressortir ses magnifiques yeux de la même couleur, ses longs cheveux blonds légèrement ondulés étaient lâchées. Il portait d'élégante bottes blanches qui remontaient jusqu'à ses genoux. Derrière lui, il pouvait voir le manteau du souverain en fourrure bleu royal sur le dessus avec des fleurs de lys d'or doublé de fourrure blanche. Le premier ministre du Consortium dégluti difficilement. La tenue tout entière sublimait le jeune homme qui sourit en voyant le regard gourmand de son ministre.

- Je te plais Aristote ? Attends mon retour et je te ferai connaitre une nuit inoubliable, plaisanta Oscar en souriant.

-Je dois dire que je suis à deux doigts de virer de bord ! Avoua Aristote en riant. Tu es magnifique Oscar, irrésistible, sublime !

-Merci Aristote. Quand je pense que je vais devoir trimballer ce lourd manteau une bonne partie de la journée, une chance que la cérémonie ait lieu au printemps, si cela avait été en été, tu m'aurais trouvé beaucoup moins glamour. Est-ce que tu as remonté les pistes énergétiques des bases secrètes de la Résistance ?

-Oui, et cela ne mène nulle part. J'ai remonté aussi loin que nous le pouvions, les bases sont parties dans des zones désertes, y ont stationné pendant des mois avant de repartir et bien sûr le délai étant trop long pour arriver dans les zones en question, les traces auront disparues bien longtemps avant notre arrivée.

-Ils ont tout prévu ! Je me demande où ils se terrent, s'inquiéta Oscar.

-Oscar, c'est ton couronnement ! Ta victoire ! Tu deviens le roi indestructible de cette galaxie ! Affirma Aristote.

-C'est là où tu te trompes…Annonça Oscar d'une voix douce empreinte d'inquiétude.

-Tu t'inquiètes pour Sylvidra ? S'étonna Aristote

-Celle-là, c'est le cadet de mes soucis ! Quoiqu'elle ait contribué au problème qui nous attend ! Affirma Oscar

-Quel problème ? S'angoissa Aristote.

-Harlock est vivant et il prépare une armée pour nous abattre !

-Quoi ! S'exclama le ministre d'une voix blanche. Comment ?

-Sylvidra justement, elle l'a récupéré, l'a armé et les sexaroïdes qui nous ont été volé sont destinés à commander ses vaisseaux

-Ceux qui connaissent nos tactiques de combat, comprit Aristote catastrophé.

-Exactement et je ne sais pas à quel moment Harlock va venir nous affronter. Indiqua Oscar.

-Sylvidra a dû apprendre que tu voulais exterminer toutes les Mazones, supposa le ministre.

-Qu'est-ce que tu veux, j'ai horreur de partager et je connais cette reine, elle ne renoncera jamais ! Se défendit Oscar.

-C'est là où tu te trompes, je t'avais dit qu'étant donné son âge nous n'avions plus rien à craindre d'elle ! Qu'il était temps de faire la paix avec les Mazones ! Reprocha Aristote. Est-ce que tu arriveras à le vaincre ?

-Je ne sais pas, avoua Oscar. Juste au cas où, fait préparer des vaisseaux chargés de t'emmener en sécurité avec une partie de notre armée et des civils pour la reproduction.

-Tu envisages la fuite ? Paniqua Aristote.

-N'oublie pas que l'on parle d'Harlock. Lorsque je l'ai massacré la première fois il s'est sacrifié pour protéger les convois de civils, là ce ne sera plus le cas ! Il vaut mieux prévenir que guérir. Conseilla Oscar.

-Tu nous rejoindras ? Espéra Aristote.

-Si ça tourne au vinaigre, j'espère y arriver mais si j'échoue tu devras partir seul ! Intima Oscar.

-Harlock te fera abattre, s'angoissa Aristote. Tu dois fuir si tu sens que c'est perdu ! Ne reste pas !

-Ne t'inquiètes pas tout ira bien ! Et je vais montrer à ce vieux pirate que j'ai plus d'un tour dans ma manche ! Rien à signaler ? Aucune activité suspecte pour le moment ?

-Rien, tout est très calme, indiqua Aristote résigné.

-Le calme avant la tempête. Harlock doit penser que je ne sais rien, j'espère avoir tout découvert à temps ! Souhaita Oscar.

-Qui t'as rencardé ? S'inquiéta Aristote.

-Un vieil ami, Notre maître à tous les deux, affirma Oscar. Tout ira bien ! Mon convoi sera là dans deux jours. J'espère que tout est prêt ?

-Tout est réglé au millimètre y compris le couronnement ! S'enorgueillit le ministre.

-Je savais que je pouvais compter sur toi ! Se réjouit Oscar. A plus tard mon ami.

-A plus tard Oscar, le salua Aristote.

La communication fut coupée. Aristote serra les poings, il sentit l'angoisse l'envahir. Harlock ferait tout pour avoir sa peau et il commença dès le jour même à préparer le plan de secours conseillé par Oscar. Celui-ci une fois la communication coupée se tourna vers son amant. Celui-ci le dévorait du regard et rosissait comme une jeune fille face aux œillades coquines du jeune homme. Oscar s'approcha, baissa les yeux et remarqua que l'intimité de Friedrich se manifestait farouchement. Il posa sa main dessus, la caressant amoureusement.

- Tu as envie d'un petit coup rapide ? Proposa Oscar.

-Ta tenue, hasarda Friedrich. Elle va se salir si…

-Mais elle te fait tellement d'effet que ce serait dommage que je l'enlève, se moqua Oscar en plaquant son amant contre le mur, le mettant de dos par rapport à lui. Sans autre forme de préliminaire, il ouvrit le pantalon de son amant, le baissant avec le slip dégageant le fessier musclé du jeune homme. Etant lui-même très excité, il dégagea son membre et empala Friedrich tout en lui caressant l'intimité voluptueusement. Friedrich gémit sous les coups de rein d'Oscar qui lui-même retenait son plaisir pour faire durer ce moment le plus longtemps possible. Friedrich connu de nombreuses extases avant que son orgasme ne tache le mur de son liquide épais. Oscar finit par jouir lui aussi en embrassant son amant fougueusement, leur langue se titillant avec délectation. Une fois leur relation terminée les deux hommes se rhabillèrent. A peine eurent-ils remis leurs vêtements qu'Isabelle entra. Son regard se posa immédiatement sur Oscar, son regard était brillant et il était absolument resplendissant ce qui attisa les désirs d'Isabelle qui se lova contre lui.

-On dirait que tu t'es un peu amusé avec Friedrich, cela expliquerait ce regard et cet odeur d'amour, le taquina Isabelle. J'arrive trop tard, c'est dommage, j'aurai aimé y participer.

-Je te promets une nuit inoubliable pour le couronnement, jura-t-il en souriant avec gourmandise.

-Avec Friedrich ou je t'ai pour moi toute seule, roucoula Isabelle.

-Je ne serai rien qu'à toi, accepta Oscar. Comment me trouves-tu ?

-Tu vas en affoler plus d'une et plus d'un Oscar, tu es irrésistible.

-Autant qu'Harlock ou plus que lui ? La taquina Oscar.

-Harlock, c'est Harlock, personne ne peut lui résister et tu es bien placé pour le savoir, répliqua Isabelle doucement.

-Tu n'arrives toujours pas à choisir.

-Mais j'espère ne pas avoir à le faire ! Rétorqua Isabelle en souriant, ses yeux brillants de désir

-Je ne te suis pas, hésita Oscar perdu.

-Si Hans te bats, qu'il te capture, tu seras à moi, rien qu'à moi tout comme Hans ! Vous serez tous les deux, rien qu'à moi, avoua Isabelle les yeux brillants de désirs.

-Pardon ? S'étonna Oscar en rougissant un peu face à ce regard qui le déshabillait ouvertement, le dévorant littéralement comme si il était la plus doux des fruits, le plus défendu surtout.

-Hans obéit grâce aux nanos mais sa personnalité est intacte, je pourrai en faire de même pour toi, Oscar. Révéla Isabelle. Je suis tombée amoureuse de toi, ce n'est pas l'amour d'adolescente que tu m'as fait connaitre la première fois c'est bien plus fort, pas plus fort que ce que je ressens pour Hans mais tu en es proche bien que contrairement à lui tes réactions me fassent peur.

Il sentit les mains d'Isabelle s'égarer sur son corps, il avait l'étrange impression que c'était lui qui se retrouvait à être désiré d'une manière intense. Il repoussa Isabelle, s'éloigna gêné.

-Au moins je sais à quoi m'en tenir, reconnut Oscar. Je suppose que ce n'était pas ton plan depuis le début

-Je voulais ta tête mais tu as changé, avoua Isabelle tristement en baissant les yeux. J'ai l'impression que l'homme que tu aurais dû être n'est pas très loin sous cette carcasse sûre d'elle, ivre de pouvoir. Je peux te sauver Oscar, il n'est pas trop tard !

Friedrich était très embarrassé, il s'efforçait de ne pas entendre mais il rougissait malgré lui.

-Tu fais erreur Isabelle, j'ai toujours été ainsi, tenta Oscar

-Non, c'est Hadès qui a perverti ton âme, j'en suis certaine à présent. Soutint Isabelle en plantant son regard dans le sien .Certes, tu es porté sur le sexe, ce qui n'est pas pour me déplaire, tu fais les deux, d'accord, cela ne me dérange pas outre mesure, mais je sais que si tu n'avais pas croisé Hadès tu ne serais pas devenu un monstre sans cœur. Tu aurais pu faire un grand souverain et surtout tu n'aurais jamais choisi l'hybridation. Je suis certaine que c'est lui qui t'as conseillé de subir une telle opération.

Oscar restait interdit, surpris par une telle réaction à son encontre. Elle pointa son doigt vers lui.

-Tu seras à moi Oscar de Péhant, rien qu'à moi ! Le défia Isabelle. Maintenant que je sais toute la vérité, je vais tout faire pour te vaincre !

-Bonne chance, souhaita Oscar en souriant. Ta tenue est prête pour le couronnement ?

-Tu veux vraiment que je sois à tes côtés pour ce grand jour ? Douta Isabelle.

-Nous sommes mariés non ? Répliqua Oscar

-Tu n'aurais pas préféré Hans ? Se moqua Isabelle qui ne s'illusionnait guère sur le choix que ferait son époux.

-J'aurai adoré qu'il soit là, à mes côtés mais il s'est servi de moi, il a joué avec mes sentiments et il m'a trahi, rappela Oscar d'une voix grave.

-Tu l'as aimé et tu l'aimes encore, comprit Isabelle. C'est vrai qu'il est unique. La première fois que je l'ai vu dans sa tenue en cuir de pirate il m'a fait un drôle d'effet, il m'a troublé alors qu'il aurait dû m'effrayer. Avoua Isabelle. A l'heure actuelle c'est moi qui ai la mainmise sur lui grâce à Sylvidra et bientôt sur toi aussi sauf si tu choisi de me tuer.

-Jamais Isabelle. Tu te montres enfin sous ton vrai jour et cela me plait ! Tu n'as même pas idée à quel point ! Révéla Oscar en riant doucement.

-Je vais essayer ma tenue, annonça Isabelle en sortant.

Elle lui sourit puis ferma la porte derrière elle. Pour Oscar, c'était la première conversation franche qu'il avait avec son épouse depuis le début de leur mariage. Il regarda vers Friedrich qui lui souriait tristement. Le jeune homme s'approcha de son amant.

-Tu as des regrets ? S'enquit-il d'une voix douce

-Oui, surtout vis-à-vis d'Isabelle. Si j'avais pu me douter de ce qu'il se cachait derrière l'oie blanche, j'aurai agi en conséquence et j'en aurait fait une alliée, une précieuse alliée, reconnut le jeune homme en retirant la veste.

Il alla s'affaler dans le canapé, posa ses pieds sur la table basse puis poussa un profond soupir en basculant sa tête en arrière afin d'admirer la blancheur immaculée du plafond

-Est-ce que tu en as toi aussi ? S'enquit-il.

-Oui, avoua Friedrich. J'ai fait un truc dont je ne suis pas très fier à l'académie et Harlock a tout tenté pour me le faire payer, et il a réussi, en partie. En fait d'une certain côté je pense même qu'il essayait de m'aider pour que je me fasse soigner de toute urgence.

-Patrick Coste, se souvint Oscar. Harlock avait peur que tu fasses du mal aux autres élèves. J'ai pris la décision qui s'imposait.

-Et je t'en ai voulu, énormément. Finalement c'est Eliza Zone qui a rendue justice pour Patrick Coste.

-Celle-là, si je la tenais, gronda Oscar. Même à Harlock je dois dire que je serai prêt à lui pardonner ce qui dans un sens est un grand pas, mais elle, c'est différent. Je ne rêve que de la broyer !

-Parce qu'elle t'a affaibli, normal que tu tiennes à lui faire payer ! Admis Friedrich en s'asseyant près de lui. Elle t'a atteint dans ton orgueil de combattant et de mâle si l'on considère le testicule broyé. Mais es-tu vraiment certain de la haïr pour ce qu'elle t'a fait ?

-Que veux –tu dire ? S'étonna Oscar.

-Etant donné ce que tu avais fait à Harlock, au père de ses enfants et tout ce que tu prévoyais de faire pour être couronné, tu ne penses pas que ce qu'elle a fait était justifié dans un sens.

-Je ne sais pas, avoua le duc gêné.

-Je suis certain qu'au plus profond de toi, tu le sais. Affirma Friedrich

-Peut être que si je l'avais en face de moi…Avoua Oscar.

-Tu reconnaitrais tes torts ? Hasarda Von Stadt.

-Peut-être, admis Oscar embarrassé.

-Elle était désespérée Oscar, rappela Friedrich. Et même moi je ne lui en veux plus pour l'humiliation publique que j'ai subi.

-Isabelle avait raison, j'ai finalement changé, avoua Oscar. Je n'ai aucune raison de vouloir me venger. Eliza Zone n'avait pas le choix. Elle était du côté de la Résistance, j'avais fait du mal à Harlock et elle devait m'arrêter. Alors elle l'a fait, en s'accordant le droit de venger le père de ses enfants.

-Est-ce que tu penses qu'Harlock pourrait passer à l'offensive le jour de ton couronnement ?

-Non, il y aura des civils, il ne voudra jamais mettre leur vie en danger, affirma Oscar d'une voix douce.

Il ferma les yeux quelques minutes et l'image troublante d'Harlock s'imposa à lui.

-Ma merveille, murmura-t-il. Pourquoi ce type arrive à me troubler plus qu'Hadès. Hadès est d'une beauté parfaite mais Hans, c'est différent, il est intense, son regard passionné, sa force de caractère et son sourire angélique. En fait je crois que c'est ça, un ange déchu qui a atterri dans le monde des hommes.

-Et Isabelle l'a en sa possession et elle te veut avec lui, ricana Friedrich. Elle n'a peur de rien !

-Elle a du goût en matière d'homme c'est tout, plaisanta Oscar.

Oscar poussa un profond soupir angoissé.

-Je vais devoir l'affronter Friedrich et contrairement à la première fois je ne ressens aucune haine aucune colère. A cause de ce que je ressens je risque même d'être incapable de l'achever si je l'ai à ma portée ! Avoua-t-il très inquiet.

-Que ce soit mes bras ou ceux d'Isabelle, aucun de nous deux n'a réussi à éteindre l'incendie que cet homme avait allumé en toi, se désola Friedrich qui aurait aimé pouvoir remplacer le capitaine dans le cœur d'Oscar.

-Est-ce qu'on peut vraiment aimer deux personnes en même temps et être incapable de choisir ? S'inquiéta Oscar. J'ai toujours été guidé par mon propre intérêt mais je n'y arrive plus !

-Tu oublies l'influence des modifications génétiques, tu vois bien comment j'ai changé, comment tes soldats ont changé, rappela sagement Friedrich. Nous ne sommes pas devenus des moutons mais notre capacité à massacrer sans que l'on ne ressente rien a disparu. Il en va de même pour toi !

-Alors je risque de perdre, réalisa Oscar. Harlock n'hésitera pas lui !

-Je n'en suis pas si sûr, douta Friedrich. Malgré ce que tu lui as fait subir, je n'ai pas eu l'impression qu'il te haïssait. Je crois qu'il savait, pour la génétique, depuis bien longtemps. Quand exactement je n'en sais rien, mais je pense qu'il nous voyait plus comme des gens malades qu'autre chose !

Oscar regarda vers son jeune amant. Leur regard se croisa. Il avait raison, l'un comme l'autre ils avaient changé. Ils n'auraient pas dû faire muter leur ADN. Si ils étaient restés tels qu'ils étaient alors peut être qu'Hadès n'aurait pas si facilement obtenu ce qu'il voulait de lui. Avant d'être soigné, il avait peur du Dieu des enfers mais après il avait eu le courage de tenter de le mettre sous son contrôle, influencé par ses désirs personnels de conquête. A l'époque de leur première rencontre, Oscar connaissait déjà Aristote Zone, il était très influent en politique, beaucoup d'aristocrates avaient embrassé ces idées. Oscar était un jeune homme troublé qui avait des fantasmes coupables dont il n'osait parler à personne. Etrangement, une nuit, il avait eu la visite de l'âme d'Hadès, puis la suivante et ainsi de suite. Ils avaient discuté longtemps, c'était Hadès qui l'avait poussé à participer aux partouzes d'Aristote dès ces dix-huit ans, il avait fait la connaissance d'Héléna Svlotiania avec laquelle il s'entendait à merveille côté sexe, il avait accepté de subir la mutation génétique sous les conseils d'Hadès, qui lui avait assuré que ce serait sans risque, que cela le rendrait plus fort, qu'il garderait sa jeunesse éternellement.

Friedrich voyait son amant pâlir de seconde en seconde au fur et à mesure qu'il réalisait dans quel traquenard il était tombé. Oscar comprenait enfin, le stratagème du Dieu des enfers. En favorisant, cette mutation il aurait pu stériliser l'ensemble de la population, la rendre folle et la pousser à s'entretuer mais son plan avait échoué car dès ses dix-huit ans un certain Ryo Kimura rejoint plus tard par son amie d'enfance Nynna Summer avait commencé à lutter contre Gaia, puis le retour miraculeux de l'Arcadia avait réduit le pouvoir d'Aristote à zéro. Oscar était resté en place avec des centaines d'autres taupes prêtes à agir dès le bon moment. Il avait vaincu Kimura, il avait forcé la Résistance à fuir et maintenant il avait le pouvoir mais Hadès ne savait pas que Sylvidra épargnée par le visionnaire Kimura, désireuse de rester en vie avait soigné l'ADN des hybrides et leur avait indiqué juste à temps avant que toute la population ne soit polluée génétiquement les terribles conséquences de cette mutation. Oscar, catastrophé se leva, se servit un verre d'Alcool fort dans le mini bar qu'il vida d'un trait. Maintenant il comprenait, la monstruosité qu'il avait faite. A cause de lui Hadès risquait de gagner. Le Dieu des enfers l'avaient poussé à se débarrasser de la démocratie, à massacrer chacun des membres de la Résistance, à tuer Harlock. Et Oscar l'avait fait, il avait massacré l'Arcadia, le pilonnant sans relâche alors que celui-ci tentait de protéger des convois civils. Il sentit un violent haut-le-cœur et alla vider son estomac dans les toilettes de la salle-de-bain.

-Qu'est-ce qu'il t'arrive ? S'angoissa Friedrich.

-Ce n'est rien, le rassura Oscar après s'être rincé la bouche.

Il retourna dans le salon calmement, se rassit continuant ses réflexions.

Le plan d'Hadès était parfait, mettre un pantin à la tête de la galaxie en pensant que celui-ci contaminerait toute la population pour l'avoir sous contrôle…Cette fameuse mutation génétique…Aristote est lui aussi influencé par Hadès…Pensa Oscar. Je n'ai pas le choix, je vais jouer le jeu jusqu'au bout….

Il pâlit à nouveau, son cœur marquant un temps d'arrêt.

J'ai peut-être massacré les seules personnes capables de l'affronter en pensant que cela servait mon intérêt, se remémora-t-il alors que le visage d'Athéna en compagnie de ses chevaliers lui revenait en mémoire. Il ne reste qu'Harlock...Est-ce qu'il peut vaincre seul ? Est-ce que mon armée tout comme moi sommes influencés par Hadès ? Si c'est le cas, Harlock doit nous massacrer jusqu'au dernier !

Il regarda vers Friedrich et lui sourit avec douceur, c'était la première fois que celui-ci agissait ainsi ce qui troubla le jeune Von Stadt

-Tu la rejoints ce soir ? L'interrogea son amant.

-Non, pas de sexe jusqu'au couronnement. Je tiens vraiment à lui offrir une nuit qu'elle ne sera pas prête d'oublier, j'espère arriver à battre Harlock un jour dans ce domaine ! Décida Oscar en riant.

-Tu es certain que ça va ? Insista Friedrich.

-Je vois enfin vraiment clair depuis le début de toute cette histoire, sourit Oscar. Je vais me battre jusqu'au bout et on verra ce que ce vieux pirate a dans le ventre.

-Il a des tripes et des couilles en acier trempé, s'affola Von Stadt.

-Et j'espère bien qu'il m'en mettra plein la vue ! Souhaita Oscar en souriant. Je veux qu'il donne tout ce qu'il a !

Les deux hommes se sourirent puis Oscar rejoignit la salle de commandement après s'être changé. Le Vénus accompagné de son imposante escorte arriva sans encombre. Harlock, dans la salle des communications Mazones observa son retour. Il regarda attentivement la vaste cité composée de plateaux qui la suivait. Il siffla d'admiration en admirant sa structure et son élégance

-C'est le genre d'appareil qui n'aurait pas déplu à Toshiro remarqua-t-il en souriant.

Le Vénus se posa sur Mars, sur les quais militaires de la capitale, la cité étant très vaste elle dû resté sur ses freins anti-gravité contrôlés en permanence. Il était hors de question de perdre un tel joyau. Le corps d'Enora fut transféré au cimetière aristocratique où il fut inhumé dans la plus stricte intimité. L'annonce du remariage de Von Kiel et le décès prématuré de sa jeune épouse ne fut même pas mentionné dans la presse. Harlock observa l'important convoi de véhicules se diriger vers le lieu de l'inhumation ainsi que l'enterrement. Il y avait Oscar, son amant, son épouse ainsi que ses sœurs dont la jolie Gwendoline qui avait poussé comme un champignon, elle était devenue une superbe jeune femme. Elle qui auparavant était une grande fille très maigre était devenue une splendide demoiselle aux formes voluptueuses. Harlock se demanda qui pouvait bien se trouver dans le cercueil, la mort de Von Kiel n'avait pas été annoncée, le gouvernement en place se contentant d'indiquer que le futur roi l'avait battu. Le capitaine de plus en plus intrigué observa l'attitude du couple royal. Il fit zoomer les caméras sur Isabelle et son cher époux et ce qu'il vit le stupéfia. Il y avait des œillades amoureuses entre les deux jeunes gens. Oscar offrait son soutien à Isabelle qui l'acceptait avec plaisir et aucun d'eux ne simulait ce qui dans un sens inquiéta grandement Harlock. Une fois la cérémonie terminée, le couple royal retourna au palais. Harlock inquiet plus que jamais retourna auprès de Sylvidra qui profitait des jardins intérieurs au bord de la piscine. Elle dégustait un savoureux cocktail à base de jus de fruits frais lorsqu'Harlock s'installa à côté d'elle.

-Qu'est-ce que tu as ? S'étonna la reine en voyant son air inquiet.

-L'attitude d'Isabelle me tracasse un peu, avoua le capitaine. Et celle d'Oscar m'intrigue.

-Pourquoi ? S'enquit-elle en riant. Ces deux-là essayent de se rouler dans la farine l'un l'autre.

-Je sais et je commence à croire que cela les a entrainé sur une pente des plus savonneuses, grinça Harlock.

-Tu as peur de perdre Isabelle ? Tu es jaloux ? L'interrogea la reine perdant son sourire en posant son verre.

Harlock planta son regard dans celui de la reine puis il regarda le ventre rebondi.

-Elle pousse bien, remarqua-t-il. Je ne t'ai jamais demandé combien de temps durait la gestation chez les Mazones.

-Tu ne réponds pas à ma question, Hans, insista la reine.

Harlock sourit, ce qu'il sentait surtout c'était la jalousie de la reine.

-Je ne suis pas amoureux d'Isabelle, je ne suis pas jaloux. Je m'inquiète juste qu'elle fléchisse au dernier moment et que celui-ci reste au pouvoir ! Affirma Harlock.

-Même si elle l'aime elle prendra la couronne, soutint la reine.

-Comment peux-tu en être aussi sûre ? Douta Harlock.

-Parce qu'elle pourrait le mettre sous nanos tout comme toi et il serait tout à elle, martela la reine.

Elle eut un petit rire méprisant

-En fait tu t'inquiètes du fait qu'elle pourrait te larguer et te laisser avec moi, ricana-t-elle. Tu es un vieux à côté d'elle !

Harlock eut un léger rire ce qui ravit la reine, c'était la première fois depuis qu'il était entre ses mains qu'elle l'entendait, un rire doux apaisant, irrésistible.

-C'est vrai que j'ai l'âge d'être son père, reconnut Harlock. Et ses appétits je ne t'en parle même pas, tu sais ce que cela a donné la dernière fois que je suis resté avec elle. Et tu as été claire, tu es tentée de me garder près de toi et je ne comprends pas pourquoi. Certes contrairement à Mark, tu veux que je sois là pour notre fille mais tu as toujours fait preuve d'un tel mépris que je suis perdu.

La reine serra les poings, elle se mit à trembler malgré elle ce qui inquiéta Harlock qui posa ses mains sur les siennes pour l'apaiser

-Calmes-toi, je ne voulais pas t'agacer, s'excusa Harlock.

Les larmes de la reine se mirent à couler ce qui laissa le capitaine interdit. Elle dégagea ses mains, les essuya d'un geste rapide puis baissa les yeux.

-Maudites hormones de grossesse ! Ragea-t-elle.

Elle poussa un profond soupir.

-Je t'aime avoua-t-elle.

Harlock devint livide sous ses yeux.

-Pardon ? S'étonna-t-il d'une voix blanche.

-Je sais, je ne sais pas aimer ! C'est ce que m'a fait comprendre ce maudit psy que tu m'as envoyé !

-Ken ? Se rappela Harlock d'une voix blanche.

-Oui, le fameux Kenjiro Kimura, ragea-t-elle alors que ses larmes se remettaient à couler. D'après lui je ne sais que me servir, qu'exiger ! Ce qui n'est peut-être pas faux ! J'ai exigé de toi ta reddition, ensuite j'ai exigé que tu te donnes à moi mais comme pour la première chose je ne l'ai pas obtenu, alors je t'ai pris de force, en te mettant sous nanos.

-Et tu as tué mon fils, rappela Harlock durement.

-Un enfant fait sans ton consentement que tu as été capable d'aimer ! Explosa la reine. Tu ne m'as laissé aucune chance Harlock, j'aurai pu te rendre heureux si tu avais su me guider ! Me montrer comment…

Sa colère retomba et elle baissa les yeux

-Comment aimer, comprit Harlock gêné. Je suis désolé mais tu me demandes l'impossible, pas après ce que tu as fait à Mark et j'aime Ellie, je ne peux pas trahir les sentiments que j'ai pour elle, elle fait partie de mes plus chers souvenirs, tous les moments que j'ai passé avec elle et nos enfants sont ancrés dans ma mémoire et j'ai besoin d'eux pour continuer à avancer…. Il vaudrait mieux pour nous deux qu'on se sépare dès la naissance de la petite.

-Tu crois peut être que je ne le sais pas que tu as besoin de cette femme et de la charmante vie de famille qu'elle t'a offerte ! S'exclama Sylvidra en colère. Mais cela aurait pu être moi à sa place !

-Non, aucune femme dans cet univers ne peut égaler mon Ellie, affirma Harlock calmement. Je suis désolé Sylvidra mais entre toi et moi cela n'aurait jamais collé, nous sommes deux combattants, deux adversaires et tu es aussi dure que moi !

-Et tu as besoin de douceur, ricana la reine

-Pourquoi, pas toi ? Répliqua Harlock. Ce n'est pas ce que tu as trouvé dans les bras de Peter Wilson et que tu l'as tellement apprécié que lui as même donné un enfant.

-Oui, avoua la reine tristement, Kurt, aussi pur que son père ! Tu aurais vu Peter quand il était tout jeune professeur. C'était un jeune métis dont les origines remontaient à l'ancienne île de la Réunion sur Terre avant qu'elle ne disparaisse engloutie par les flots à cause du réchauffement climatique. Il était beau, il était doux, intelligent, brillant, absolument unique et ça a été le coup de foudre. Je me suis séparée de lui car la grande prêtresse commençait à avoir des doutes, c'était la première fois que je restais si longtemps avec un mâle humain. Je l'ai installé avec notre fils, dans un immeuble réservé aux anciens amants royaux.

-Là où j'aurai dû atterrir je suppose avec notre fils, grinça Harlock. Enfin, si tu n'avais pas choisi de m'éliminer en m'envoyant dans les Limbes.

-Mais tu es un coriace, tu es revenu, ton vaisseau en état de créer des problèmes, ragea la reine.

-Ce voyage dans les Limbes a tué Mimée, reprocha Harlock au bord de l'explosion. Je l'ai perdu et sa famille aussi à cause de ta cruauté ! Ensuite tu as tué Mark pour m'atteindre. Je ne veux pas rester avec toi Sylvidra !

-Je sais, reconnut la reine d'une voix sourde. Oscar ne pourra pas donner d'enfant à Isabelle, tout du moins pas d'enfant sain, parfaitement humain. Elle te réclamera c'est certain et je l'accepterai, si tu t'engages vraiment vis-à-vis de notre fille !

-Je veillerai sur elle, accepta Harlock. Mais dis-toi qu'elle risque de te créer des problèmes comme Kurt Wilson.

-Kurt était un gentil garçon, trop pur trop innocent. Tout comme Mark qui, de plus, plus il avançait en âge plus il te ressemblait ! Mais une fille Mazone est très différente d'un garçon, tu peux me croire ! Chez les Mazones les femmes sont fortes, les hommes sont de simples reproducteurs.

-Si tu le dis, douta Harlock en regardant le ventre rebondi de la reine. Dans combien de temps la surprise ?

-Je n'en sais rien, révéla la reine.

-Pardon ? S'étonna Harlock. Chez les humains, c'est neuf mois, il y a forcément une durée de gestation chez les Mazones.

-Cela varie, selon l'âge de la Mazone qui met au monde, avoua la reine embarrassée.

-Entre combien et combien ? S'inquiéta Harlock.

-De six à seize mois ! Révéla la reine.

-Seize mois ! S'exclama Harlock éberlué.

-Seulement pour les plus âgées se défendit la reine en colère.

-Ben, tu as quel âge ? Se moqua Harlock en riant. Et la date limite de péremption des Mazones pour ce genre de chose est de combien ?

-Tu es un mufle ! Explosa la reine en se levant.

Harlock se préparait à l'accompagner mais il s'arrêta en voyant son regard courroucé.

-Restes à l'écart de mes appartements ! Je te ferai mander quand je voudrai te voir ! Ordonna la reine sèchement.

Elle se retira, Harlock ne pouvant retenir son rire, celui-ci éclata bruyamment dans le dos de la reine.

-Tu sais, c'est stupide de refuser de répondre, je saurai ton âge lorsque la petite viendra au monde ! Cria Harlock sans se retourner. Si elle arrive au bout de seize mois, je saurai que tu n'es pas loin de la combustion spontanée ! En prime si je suis veuf avant que la petite ne soit en âge de régner, cela fera de moi le Régent des Mazones, non ? Et dans ce cas, je pourrai inculquer à la petite que ce n'est pas bien de violer des hommes pour la reproduction et que les humains et les Mazones doivent vivre pacifiquement ! Qu'est-ce que tu en penses, cela ne t'inquiète pas que je fasse toute l'éducation de la petite à ma sauce ?

Il éclata de rire, la reine rouge de colère jeta un regard noir à ses suivantes embarrassées.

-Si avec tout ça elle ne me vire pas à coup de pompes dans le cul de son vaisseau pour me refiler à Isabelle, je ne sais pas ce qu'il lui faut, souhaita le capitaine en finissant le cocktail de la reine.

Non loin de là, sur Mars, les préparatifs allaient bon train.

Sur Amos, Arthur, William et Jerry avait réussi à organiser leur petite colonie clandestine. Ils avaient reçu des rapports de toutes parts, arrivant des différentes cités sous-terraines et le bilan n'était pas fameux, sur les trois cents millions de personnes que les Résistants aidés des deux chevaliers d'Athéna avaient tentés de sauver moins de cent millions avaient pu être emmenées en lieu sûr, l'une des cités étaient d'ailleurs pratiquement vide dû au fait que la ville avait été rasée plus rapidement que les autres car plus petite, les secours avaient eu ainsi très peu de temps pour sauver le plus de monde possible. L'attitude d'Harlock intriguait aussi Arthur, il lui avait fait promettre de ne laisser personne ressortir ce qui empêchait les contacts physiques entre cités, il ne restait plus qu'une option, creuser des tunnels gigantesques qui rejoindrait les différentes caches. Cette situation allait poser pas mal de problèmes au niveau de la structure des tunnels, d'autant plus, qu'ils n'auraient jamais assez de minerai pour la structure. Après une longue concertation entre les différents responsables des cités, une décision avait été prise qui semblait aux yeux d'Arthur la seule raisonnable. Aussi fou que cela puisse paraitre, ils allaient devoir creuser avant tout pour trouver du minerai susceptible de leur servir. Amos avait été très peu explorée dans ce sens, les matériaux de la construction des villes étant venus de l'extérieur lors de sa terra formation. Il leur fallait donc espérer que se cachait sous leurs pieds une « mine d'or » ignorée susceptible de tous les sauver. Une autre chose posait problème à Arthur, le silence radio de Lili Marlene qui ne voulant pas les mettre en danger avait cessé toute transmission. Ils se retournaient donc seuls, livrés à eux-mêmes et un peu perdus. Il faut dire ce qui était, se retrouver privé ainsi du capitaine de l'Arcadia angoissait beaucoup l'avocat. Les recherches avaient commencé dès le départ du duc, dès que la croute avait commencé à se refroidir, les équipes se relayant sans s'arrêter, creusant un peu n'importe où. Pendant près de deux mois ils ne trouvèrent rien, jusqu'à ce qu'une équipe de la cité d'Arthur ne trouve une mystérieuse veine contenant un minerai inconnu. Il fut rapporté, étudié par des architectes et des ouvriers spécialisés dans le traitement du minerai et tous en vinrent aux mêmes conclusions, ce minerai était parfaitement inconnu. Il était moins résistant que celui trouvé par les aristocrates ou celui trouvé par Eliza Zone mais il supporterait largement les contraintes du milieu. Les autres cités reçurent l'information et se concentrèrent à trouver des veines identiques. De nouvelles veines furent découvertes un peu partout dans les entrailles d'Amos mais certaines cités n'en trouvèrent aucune. L'extraction commença dès les veines trouvées, des zones de stockage furent rajoutées aux cités ainsi que des zones où le précieux métal fut traité, fondu, façonné pour donner les nouvelles poutrelles et les tubes. Tout le monde cessa le travail le jour du retour du duc pour assister amer à son arrivée triomphal. Beaucoup grincèrent des dents en voyant qu'à la télévision, dans les actualités, il n'y en avait que pour la gloire du duc tandis que l'on oubliait volontairement les milliards de morts qu'avait causé cette guerre. Ils restèrent en admiration face à la cité qui resplendissait sous le soleil lors de son arrivée sur Mars, le duc avait là une très belle prise, de quoi montrer à tout le monde son invulnérabilité. Arthur ricana, ayant envie de laisser exploser sa rage. Certes ce n'était pas le duc qui avait rasé les planètes, sur ce coup précis, il gardait les mains propres mais il n'avait rien tenté pour l'en empêcher. Le travail repris à la fin de la diffusion, les équipes se remettant au travail sans dire un mot, le cœur lourd. Quelques jours plus tard, les principaux éléments préparés, ils commencèrent leur assemblement. Alors qu'il étudiait les nouveaux plans, Arthur eut la surprise de voir le code de Lili Marlene s'afficher sur l'écran. Il ouvrit automatiquement le canal de communication et vit un capitaine de l'Arcadia toujours aussi calme

-Ah ma Lili ! S'exclama Arthur joyeusement. Ce que vous m'avez manqué capitaine !

-Méfiez-vous Arthur à force les gens pourraient jaser, plaisanta Harlock. Je vais finir par croire que vous avez viré de bord !

-Qu'est ce qui nous vaut ce plaisir capitaine ? Cela faisait si longtemps que j'ai cru que vous nous aviez abandonné ! Avoua l'avocat.

-Ne vous inquiétez pas, jamais je ne vous laisserai ! Affirma Harlock en souriant. Est-ce que vous avez vu la splendide prise du duc ?

-Oui, magnifique cité spatiale, confirma l'avocat.

-Est-ce que vous avez des ingénieurs spatiaux avec vous ? S'enquit Harlock.

-Je ne pense pas capitaine, indiqua l'avocat. J'ai des architectes, mais pas d'ingénieurs.

-Dommage, je ne le suis pas non plus ce qui nous aurait pourtant arrangé. Et je n'ai pas l'aide de Toshiro non plus, regretta le capitaine.

-Pourquoi auriez-vous besoin d'ingénieurs, je ne comprends pas, s'étonna l'avocat.

-Il y a une menace qui plane au-dessus de nos têtes Arthur, une très grave menace et comme la base des cités sous-terraines crées en cachette sur toutes les planètes sont planes j'avais pensé…Révéla Harlock en s'arrêtant brusquement

-Quoi donc ? Insista l'avocat de plus en plus intéressé.

-Les transformer en cité spatiale, lâcha Harlock tristement.

-Le pire c'est que ce serait faisable, admit l'avocat perdu dans ses pensées, évaluant les possibilités de réalisation. Mais il faudrait de sacrés propulseurs pour les extraire des profondeurs où elles sont…

-Pas en faisant sauter ce qui est au-dessus d'elles, avança Harlock.

-On a fait le plus gros du boulot en les construisant, il suffirait de les relier entre elles en faisant peut être à chaque fois trois blocs que l'on relierait par des tunnels comme celle de Von Kiel. Bon sang capitaine, ce serait génial ! S'exclama Arthur joyeusement.

-Mais il nous faut un ingénieur spatial ! Rappela Harlock embêté.

-Dommage que votre chérie ne soit pas dans le coin ! Et je suppose que vous ne pouvez prendre le risque de…

Arthur se tu en voyant le regard sévère du capitaine

-Pardon capitaine, s'excusa-t-il.

Il était évident qu'il ne pouvait contacter Kimura, en servant du service des communications de Sylvidra et le leur risquait de ne pas être assez puissant pour atteindre la cache de l'Arcadia, sauf si l'avocat décidait de sacrifier quelques batteries pour y arriver.

-Vous savez on se sert toujours des codes de l'ancienne Résistance et est-ce que vous pensez qu'il serait possible qu'en envoyant un signal plus fort que ce que l'on fait d'habitude on pourrait envoyer des signaux dans l'espace sans passer par les satellites de communication car c'est embêtant, il faut les pirater à chaque fois que l'on veut contacter les autres cités qui sont sur les autres planètes et Jerry n'est pas aussi doué que Ryo Kimura pour ça…Il ne vous manque pas Ryo ?

-Cela va vider plus vite vos batteries, prévint Harlock en souriant se doutant de ce que l'avocat voulait faire, balancer une bouteille contenant un message dans la mer d'étoiles en espérant qu'elle arriverait jusqu'à Ryo et l'Arcadia.

-Oui mais on a de très bonnes génératrices vous savez, insista l'avocat. J'ai été très surpris lors du procès de découvrir le lien qui existait entre Kimura et vous. Je veux dire, il y a surement une part de fantasme mais le reste…

-Cela vous intrigue maître Stone ? Se moqua le capitaine.

Il se doutait que l'avocat voulait des renseignements connus seulement de lui et de Ryo pour que celui-ci ne doutât pas de la provenance du message et qu'il accepte d'entrer en contact avec de parfaits inconnus.

-Vous savez, je suis avocat et j'aime bien avoir le plus de renseignements possible sur mes clients, affirma l'avocat embarrassé. Cela me permet de les défendre plus efficacement car pendant les procès le moindre secret entre l'avocat et son client est préjudiciable.

-Vous voulez un truc croustillant ? Le taquina Harlock. Cela ne va pas vous embarrasser ?

-Oh vous savez il m'en faudrait beaucoup pour que je sois choqué, vous savez pour quel genre de clients je travaillais avant, se justifia l'avocat en souriant.

-Ryochou et moi, on a passé une agréable soirée une fois à boire du red bourbon tout en étudiant les actions détenues par certaines sociétés qui appartenaient aux aristocrates sans savoir que la carafe avait été assaisonnée de crazy sex par le duc et comment dire…Révéla Harlock sur le ton de la confidence avec des œillades coquines qui firent rougir l'avocat. Avec Ryo on a commencé à se caresser un peu et de fil en aiguille on a poursuivi dans ma chambre à se câliner de matière intense notamment un gros câlin devant la cheminée, Ryo a d'ailleurs tout tâché la moquette devant le foyer et je peux vous dire qu'il avait une tâche de naissance sur le testicule droit, juste en dessous ce qui n'est pas visible sur le film qu'a visionné le duc. Je l'ai remarqué au moment où on n'avait opté pour une position des plus acrobatiques. Il faut dire que le soir-là, on était vraiment très très inspirés tous les deux.

Harlock ferma l'œil en essayant se remémorer les ébats ce qui rendit l'avocat rouge pivoine. Il dessina du bout du doigt une forme, signe qu'il se rappelait l'anatomie du jeune homme dans les moindres détails.

-Oui, c'est bien ça, le testicule droit, affirma Harlock en rouvrant son œil valide avec un sourire moqueur. Eh bien cher maître, je croyais que rien ne pouvait vous choquer !

-Vous ne semblez pas traumatisé, s'étonna l'avocat horriblement embarrassé.

-C'était avec Ryo et il faut dire qu'au lit, il assure. De plus il est d'une tendresse infinie, ajouta le capitaine en riant. Et je dois dire que si je devais virer de bord, j'aurai été ravi d'être en couple avec lui, croyez-le ou non mais il est exceptionnel ! Satisfait ?

-Je pense qu'en effet vous avez éclairé ma lanterne sur certains points, reconnut l'avocat en baissant les yeux.

-J'en suis ravi, réfléchissez bien à cette idée de cité spatiale, ce serait vraiment bien si vous trouviez un ingénieur, incita Harlock en lui faisant un clin d'œil avant de couper la communication.

Stone, horriblement gêné coupa l'enregistrement. L'intégralité de la conversation avait été sauvegardée et il réalisa qu'il lui suffisait de la transférer telle quelle dans un fichier et de la lancer dans l'espace environnement en espérant que l'Arcadia finirait par entendre le message qu'il allait y joindre, mais après de telles révélations il se demandait comment Ryo Kimura allait réagir, finalement la fameuse vidéo qu'il avait vu entre Ryo et Harlock en disait long sur les sentiments profonds qui s'étaient tissés entre les deux hommes. Ils étaient sous crazy sex mais il était évident qu'il y avait de l'amour entre eux, beaucoup même, une amitié profonde et intense qui avait de quoi rendre jalouse Nynna Summer ou Eliza Zone. Il enregistra le message puis il prépara le fichier avant de rejoindre Jerry pour qu'il lance le signal en prenant en compte qu'il pouvait sacrifier quelques batteries si cela était nécessaire. L'ancien trafiquant en matériel illégal en tout genre ne se fit pas prier et par chance il ne vérifia pas le contenu. Le signal fut lancé à intervalles réguliers à des latitudes spatiales différentes, vidant complètement plusieurs batteries dont certaines finirent par lâcher car l'opération se fit jusqu'au couronnement du nouveau souverain de Gaia.

La journée promettait d'être longue pour le couple royal. Isabelle aidée d'une habilleuse passa la somptueuse robe royale longue bleu clair dont le nombre impressionnant de volants donnait un volume conséquent. Le bustier en forme de cœur au niveau des seins soulignaient sa poitrine. Le lourd manteau de fourrure blanc avec des fleurs de lys dorés étaient doublés de fourrure bleu ciel. Elle était fin prête lorsque les officiers vinrent la chercher pour qu'elle puisse rejoindre son époux au rez-de-chaussée du palais où les attendait les autres membres de l'aristocratie ainsi que ses sœurs. Elle descendit le large escalier de marbre blanc sous le regard de son époux qui lui souriait avec douceur, lui offrant sa main pour descendre les dernières marches. Isabelle était resplendissante et tout le monde put voir les deux jeunes mariés se dévorer du regard. Ils traversèrent devant les militaires en tenue et au garde à vous le long tapis rouge qui les menait au fleuve où ils embarquèrent sur la nef royale qui glissa le long du fleuve sous les hourras de la foule sans jamais toucher l'eau. Les jeunes mariés installés sur leurs trônes respectifs saluèrent la foule tout le temps du trajet. La nef quitta ensuite le fleuve pour remonter l'avenue qui menait à la cathédrale où le sacre allait avoir lieu. La population n'était pas la seule à admirer le spectacle, Harlock, Sylvidra, les Résistants, Ryo, Toshiro, Kei, Yattaran, Thomas ainsi que tous leurs amis, Arthur, Jerry, William et les rescapés cachés dans les cités sous-terraines assistaient aussi à cette vision qui leur donnait la nausée. La nef stationna devant les marches de la cathédrale, une passerelle fut préparée et le couple descendit sous les applaudissements de la foule. La cérémonie religieuse serait elle aussi diffusée en direct. Le couple royal entra sous la musique jouée par un organiste très inspiré qui avait laissé l'emphase le gagner. Oscar s'avança dans l'allée centrale, il s'approcha des membres du clergé devant lequel il s'agenouilla avec son épouse. La cérémonie démarra par un long prêche puis Oscar prêta serment sur les Evangiles. Il fut ensuite adoubé, plusieurs membres du clergé se répartissant la charge, remettant au futur roi les souliers, l'éperon d'or puis l'archevêque lui remis l'épée sous le regard ému de l'aristocratie et du premier ministre. Beaucoup n'arrivait pas à y croire, la monarchie était enfin de retour après plus de mille ans d'éloignement du pouvoir voulue par les démocraties qui avaient perdues face aux Illumidas puis face aux Mazones. L'évêque apporta ensuite la Sainte Ampoule. Harlock agacé, grinçait des dents. Toute cette cérémonie correspondait à celle des rois de France ce qui l'énervait prodigieusement. Avec ce système c'était le retour des privilèges, des lettres de cachets et des arrestations arbitraires. L'humanité se retrouvait à faire un trop important retour en arrière. Oscar dû se dévêtir offrant à la cour ainsi qu'au peuple qu'il allait gouverner, ses formes parfaites. Il fut oint à sept endroits différents le haut de la tête, la poitrine, entre les deux épaules, l'épaule droite, l'épaule gauche, la jointure du bras droit puis du bras gauche. Une fois qu'il fut rhabillé l'huile fut mise sur les paumes de ses mains. Oscar devenait roi par la grâce de Dieu. La cérémonie se poursuivit avec la remise des insignes royales, la tunique, la chape, l'anneau, le sceptre avec à son extrémité une fleur de Lys, la main de la justice puis, Oscar s'agenouilla, pencha la tête pour recevoir la couronne d'or surmontée de fleurs de lys qui vint orné son front puis une seconde fut mise sur le front de son épouse. Le couple se releva et l'orgue se remit à jouer. Oscar était à présent roi de Gaia. Sylvidra observa Harlock tout le temps de la cérémonie, il enrageait et elle comprenait aisément pourquoi non seulement Harlock n'avait aucune envie qu'un système rétrograde soit mis en place mais en plus cet usurpateur s'emparait du trône laissé vacant par son fils. Harlock était pâle, il serrait les poings de colère, il était au bord de l'explosion. Le couple royal, repris la nef et retourna au palais où une grande fête de couronnement eu lieu, Oscar ouvrant le bal avec son épouse. La fête dura toute la soirée jusque tard dans la nuit, puis le couple royal prit congé de ses invités les laissant continuer à s'amuser tandis que les deux amants rejoignaient leur chambre, l'escorte s'arrêtant à l'entrée. Le couple une fois à l'intérieur s'embrassa avec fougue, Isabelle n'y tenant plus, commença à déshabiller Oscar qui se laissa faire tout en dégrafant la robe de la jeune femme. La tenue glissa au sol tandis qu'Oscar s'emparait des seins à pleine main, les enserrant, appréciant leur volume. Isabelle s'empara de la verge du son époux, la caressant, pleine de désir à travers les plis du pantalon. Ils cessèrent de s'embrasser pour se regarder dans les yeux

-Gourmande, la taquina Oscar d'une voix douce.

-Tu n'as même pas idée de ce que j'ai envie de te faire, roucoula-t-elle. J'espère que tu es prêt ?

-Tout ce que tu voudras, je relève le défi, tu seras à terre avant moi ! S'enorgueillit Oscar.

Il la souleva, la prit dans ses bras, la mena jusqu'au lit où il l'allongea. Isabelle portait une guêpière blanche, ses jambes enrobées de bas de soie de la même couleur s'amusaient à lui caresser le flanc, puis, ses pieds s'égarèrent sur son entrejambe avant de remonter jusqu'au torse, où Oscar les stoppa afin de les masser connaissant certains point sensibles qui excitèrent la jeune femme. Il les relâcha, termina de se déshabiller sous le regard gourmand d'Isabelle puis il la rejoignit sur le lit, à genoux son intimité à la hauteur des lèvres d'Isabelle qui s'en emparèrent, avec avidité. Oscar gémissait de plaisir, Isabelle ne s'était jamais montrée si gourmande, ses caresses le faisaient fondre. Les mains du roi glissèrent sur les cuisses de son épouse afin de remonter sur l'entre-jambe, avançant inexorablement vers le mont de Vénus, dont Oscar s'empara, le caressant en connaisseur, faisant l'amour à la femme qu'il aimait avec deux doigts qui menèrent Isabelle à l'extase. Elle se sentit partir, l'extase était intense et à nouveau, son plaisir inonda le dessus de lit tandis que celui de son époux envahissait sa bouche. Elle avala le tout, savourant le nectar d'amour de l'homme qui avait finalement réussi à la rendre amoureuse de lui. Loin d'être calmé, l'organe d'Oscar était encore prêt au combat il se coucha sur Isabelle qui écarta les cuisses, le roi arracha la culotte, sa verge entrant tout de suite après. Oscar montra toute l'étendue de son talent chevauchant avec fougue son épouse la rendant ivre de plaisir la faisant jouir comme jamais, multipliant les positions les plus extravagantes, la faisant hurler, la rendant folle de plaisir. Les deux amants réalisèrent alors que ce qui avait manqué jusqu'à présent à leurs relations intimes c'était l'amour, celui-ci rendait l'acte divin ce qui conforta Isabelle dans ce qu'elle savait déjà, elle était bien amoureuse de ces deux hommes, Oscar et Hans et elle ferait tout pour les avoir, rien qu'à elle, sans partage. Elle se le jura en mordant l'épaule d'Oscar jusqu'au sang alors qu'elle jouissait encore.

Loin de là dans l'îlot de l'Ombre Morte, Toshiro capta un étrange signal qu'il entreprit de décrypter en reconnaissant les anciens codes de la résistance. Il étudia les fichiers et comprit qu'une réunion s'imposait qu'il remit au lendemain car la nuit était tombée sur l'îlot et ses amis avaient bien le droit de se reposer un peu. Il se repassa le message et s'énerva sur son contenu, doutant de sa raison d'être, croyant à un piège.