Chapitre 37 : retrouvailles
Ellie s'était apprêtée, elle portait une robe longue de soie verte, légèrement ouverte avec une très légère traine, le bustier drapé mettait sa poitrine en valeur. Elle s'était maquillée, élégamment, ses yeux allaient captiver l'attention. Elle tenait plus que tout à montrer à Isabelle et sa chère alliée qu'elle était tout aussi capable qu'elles d'être séduisante, elle ne souhaitait qu'une seule chose, que Hans la dévore des yeux pendant ce fameux dîner où le jeune souverain des Mazones venu en visite avait accepter de se rendre avec sa secrétaire officielle. Ses cheveux châtains tombaient en cascades ondulées élégantes dans son dos en grande partie nu, descendant jusqu'aux fesses. Ellie avait décidé de les faire pousser le plus long possible. Elle se regarda une dernière fois dans la glace puis elle quitta sa chambre. Thomas lui aussi s'était préparé, il attendait sa cavalière dans le grand salon de la suite où le jeune roi et sa cour avaient été installés. Ellie s'approcha du jeune homme avec le sourire. Sandy sourit à son tour en la prenant dans ses bras. Elle la fit ensuite tourner pour la regarder dans tous les angles.
-Tu es magnifique ! S'exclama-t-elle. Harlock ne va avoir d'yeux que pour toi, tu vas le rendre fou !
-Mais j'espère bien ! Avoua Ellie joyeusement. Je tiens à ce que ces deux dingues sachent à qui elles ont à faire.
-A mon avis elles s'en doutent déjà ! Affirma Thomas en souriant. Tu es magnifique Ellie !
-Toi aussi tu es superbe ! L'admira Ellie dans l'élégant costume de souverain qu'il portait.
Le pantalon noir, la veste d'officier rehaussée d'or soulignait sa taille élégante et fine. Thomas avait vraiment tout hérité de son grand-père, la grandeur, l'élégance, la prestance, le charme, le charisme. Même Nynna en le voyant la première fois lors de l'arrivée de la caravane de vaisseaux sur Destiny avait été soufflée par sa grande beauté et son sourire irrésistible n'arrivant pas à croire que son Mister Freeze avait pu être comme ça avant que la vie ne lui en fasse voir de belles.
-Prête ? S'inquiéta Thomas.
-Non, j'ai le cœur qui bat la chamade et je risque d'avoir du mal à me contrôler, avoua-t-elle en tremblant. Je vais enfin pouvoir revoir ton grand-père !
-Ne t'emballe pas connaissant cette garce de Sylvidra et cette salope d'Isabelle Von Kiel, elles seraient bien capables d'encore changer d'avis, conseilla Sandy inquiète.
-Qu'est-ce qu'elles ont bien pu lui faire subir ? S'angoissa Ellie les larmes aux yeux, tremblante de peur, terrorisée à l'idée que l'homme qu'elle aimait ait été tué par vengeance. Cela fait des jours qu'elles le cachent ! Avant Isabelle n'arrêtait pas de l'exposer devant tout le monde en se pavanant.
-Sandy ! Gronda Thomas en colère en serrant Ellie contre lui. Il est vivant Ellie, j'en suis certain, sans quoi mon père me l'aurait dit !
-J'ai vraiment peur que notre arrivée n'ait coûtée cher à ton grand-père ! Paniqua-t-elle.
-Calme-toi, tout ira bien, soutint Thomas. Surtout ne pleure pas ! Accroche-toi, c'est promis ?
-Promis ! soutint Ellie en opinant du chef.
-Parfait ! Se réjouit Thomas en tendant à Ellie une boîte enrubannée. Voilà la broche avec la micro caméra préparée par Ryo. Grâce à ce dispositif, il verra et entendra tout ! Le repérage sera ainsi simplifié, il verra ce qui nous échappe ! Mets-là !
Ellie s'éloigna du jeune roi, défit le paquet puis elle épingla la jolie broche sur sa robe, elle plaça l'oreillette dans le lobe de son oreille. Elle appuya ensuite sur la pierre de la broche pour que le jeune informaticien resté dans l'ilot puisse entendre et voir tout ce qu'il se passait comme s'il était présent à la soirée. Ryo installé dans la salle des communications regardait son fils dormir dans son berceau, il n'arrivait plus à se séparer de Kenjiro, même pour la nuit, il adorait l'entendre gazouiller et il s'assurait toujours que le bébé dormait bien, caressant doucement ses joues rebondies en pleine nuit. Nynna le regardait en riant, caresser une énième fois les joues roses de son fils.
-Qu'est-ce qu'il est beau ! Se réjouit Ryo avec un sourire béat sur les lèvres. Il grandit si vite en plus !
-Papa-poule ! Se moqua Nynna assise dans un fauteuil à côté de lui.
-Ce n'est pas moi le papa-poule, c'est Hans, soutint Ryo en riant. Je ne suis pas comme lui !
-Non, c'est vrai, tu es pire ! Le taquina Nynna en riant. Mon pauvre Ryo…
-Je l'ai attendu longtemps ce joli poussin et j'espère qu'on pourra bientôt lui donner une petite sœur ou un petit frère !
-Je viens à peine de le mettre au monde ! S'épouvanta Nynna.
-Je comprends bien mais tu ne rajeunies pas et tu approches gentiment de la quarantaine, il ne faudrait pas trop perdre de temps ! Se moqua Ryo en lui faisant un clin d'œil !
-Sale mufle ! S'exclama Nynna en s'esclaffant. N'oublie pas qu'on a le même âge, toi aussi ta petite machine à graines va fatiguer !
-C'est bien ce que je dis, il faut qu'on se dépêche ! Soutint Ryo en riant.
-Grand nigaud ! Se moqua Nynna en l'embrassant avec fougue. Ça te dit que l'on commence tout de suite ?
-J'en serai ravi ! Accepta Ryo.
-Avec toi tout est bon pour faire des gros câlins, obsédé ! Roucoula Nynna en déposant des baisers dans le cou de son époux.
-Ryo est-ce que tu m'entends ? S'enquit Ellie à travers les haut-parleurs tandis que l'image du salon de la suite apparaissait à l'écran.
Ellie entendit des gloussements et des petits bruits très caractéristiques qui la firent rougir.
-Qu'est-ce qu'il se passe ? S'enquit Thomas étonné.
-Je crois qu'ils sont en train de faire un autre bébé, indiqua Ellie gênée.
-Bon sang, ils sont incroyables les deux-là ! Depuis qu'ils se sont retrouvés ils sont tout le temps collés l'un à l'autre ! Se moqua Thomas.
-Je crois qu'il va falloir mettre cela à plus tard ma Nynna, se désola Ryo. Je dois travailler.
-On ne peut faire les deux en même temps ? Proposa Nynna avec un sourire gourmand.
-Je retire l'oreillette, s'empressa de répondre Ellie. Je vous laisse terminer vos câlineries de toute manière on n'a pas encore quitté la suite ! Je la remettrai une fois que l'on sera arrivé. Par contre essayez d'être discret, c'est la nuit et Kenjiro a le droit de dormir !
Elle glissa l'oreillette dans la boîte. Ellie était rouge de confusion.
-Elle l'a vraiment enlevée ? S'étonna Nynna.
-On dirait bien, réalisa Ryo abasourdi.
-Il faut combien de temps pour arriver au palais ? S'enquit Nynna.
-Avec les bouchons ? Au moins une bonne demi-heure, indiqua Ryo.
-Ca nous laisse un peu de temps alors ! S'exclama Nynna en déboutonnant la chemise de son époux.
Ellie fit un petit sourire contrit à Thomas qui riait d'incrédulité.
-Ils ont bien le droit de s'amuser, les excusa Ellie en souriant. J'aimerai tant pouvoir faire pareil avec Hans.
En disant ses mots, son visage s'assombrit et l'inquiétude reprit le dessus. Sandy la prit dans ses bras pour la réconforter.
-Il ne faut pas que tu penses à ça, il faut que tu tiennes ! Intima Sandy .Dis-toi que cet affreux cauchemar va finir et que tu vas enfin pouvoir le serrer dans tes bras.
-On y va Ellie ? Proposa Thomas à la jeune femme qui tremblait.
Ellie accepta cette invitation avec plaisir, ravie de pouvoir s'appuyer sur Thomas tant elle craignait que ses jambes ne lui fassent défaut. Les soldats Mazones se mirent au garde à vous face à leur roi, puis une partie de l'escorte se plaça devant son roi, une autre derrière puis deux derniers groupes terminaient de les encadrer. Ils prirent l'ascenseur jusqu'au parking souterrain où attendait la limousine blindée et les véhicules de sécurité. Ellie resta blottie contre Thomas tout le temps du trajet tel un animal craintif. Thomas avait de la peine pour elle, il ne l'avait jamais vu avoir une telle angoisse dans le regard. Une demi-heure plus tard, le véhicule s'arrêtait face aux marches qui menaient au palais. Ellie remit l'oreillette. La porte s'ouvrit, on pouvait déjà voir les flashs liés au mitraillage de la presse. Thomas descendit en premier puis offrit sa main à sa cavalière pour qu'elle sorte à son tour. Ellie posa timidement sa main dans celle du jeune homme qui lui souriait avec douceur pour l'encourager. Son regard rivé dans celui de Thomas, oubliant tout ce qu'il y avait autour, Ellie descendit à son tour en lui rendant son sourire. Bras dessus, bras dessous, le couple monta les marches avec élégance, Thomas se montrant des plus galants. La salle était emplie de monde, Ellie observa la totalité des personnes présentes pendant qu'ils étaient annoncés par un majordome en livrée. Il y avait beaucoup d'aristocrates fidèles à Von Kiel, des membres de la finance mais aussi des fidèles d'Oscar de Péhant ce qui à ses yeux étaient très surprenants. Isabelle resserrait les rangs, elle ne savait pas si c'était bon ou mauvais signe. Les nouvelles lois étaient des plus draconiennes, les libertés étaient toutes abolies et elle n'avait guère changé les mesures établies par son époux et le Consortium avant elle, bien au contraire, elle les faisait réappliquer surtout pour ce qui était de l'homosexualité masculine qui était à nouveau interdite ce qui aux yeux d'Ellie était le comble de l'hypocrisie, Isabelle avait gardé son époux près d'elle et elle n'ignorait pas que le duc ne se gênait pas que ce soit avant ou après leur mariage pour coucher avec des hommes ou des femmes. Le couple s'avança dans la salle en saluant poliment les personnes qu'il croisait. Ellie cherchait du regard les deux reines mais elle souhaitait plus que tout voir le père de ses enfants. Alors qu'ils approchaient du centre de la salle, elle vit les deux reines installées sur leurs trônes respectifs. La main d'Ellie serra le bras de Thomas avec force, son cœur battait la chamade. Le jeune homme posa sa main sur la sienne pour l'apaiser. Dans la salle des communications, Nynna et Ryo regardèrent émus eux aussi l'homme qui se trouvait à gauche d'Isabelle. Ellie était au bord du malaise, son Hans était là, elle pouvait sentir Thomas passer son bras autour de sa taille et sa main enserrer la sienne la gardant captive afin d'éviter qu'Ellie ne résistant plus ne se jette dans les bras du capitaine de l'Arcadia. Elle déglutit difficilement. Thomas se dirigea vers les deux souveraines, il avait l'impression de porter Ellie, sous le coup de l'émotion, la jeune femme semblait incapable d'avancer. Ellie détacha ses yeux de cet homme qu'elle aimait à la folie afin de reprendre son rôle de conseillère royale. Arrivée devant les deux reines, elle leur fit une magnifique révérence, ce qui surprit Hans, il ne pensait pas que la jeune femme connaissait les coutumes en rigueur dans la haute société. Son cœur en la voyant s'était complètement emballé, la robe qu'elle portait la mettait particulièrement en valeur et il ne put s'empêcher de la dévorer de son œil valide ce qui fit sourire discrètement son petit-fils. Oscar placé près de lui se racla doucement la gorge pour que le capitaine reprenne de la contenance. Hans se ressaisit immédiatement mais il poursuivit malgré tout son observation, Ellie semblait plus mince que la dernière fois qu'il s'était vu et cela l'inquiétait. Son état avant le départ des exilés étaient évident et lors de sa première grossesse Ellie avait pris un peu de poids qu'elle avait perdu ensuite. Etant donné la situation, Ellie aurait dû encore avoir quelques rondeurs de sa seconde grossesse or, il n'y avait rien ce qui attrista Harlock. Le médecin l'avait prévenu qu'il ne devait pas trop espérer étant donné la situation, Ellie avait probablement perdu l'enfant ce qui l'attrista encore plus. La jeune femme se redressa faisant face aux deux reines sans regarder du côté de l'amour de sa vie de peur de rougir comme une jeune fille. Sylvidra planta son regard dans le sien, Ellie lui sourit avec douceur ce qui la stupéfia.
- Je suis ravie de vous voir en bonne santé votre altesse, la salua-t-elle très poliment. Permettez-moi de vous féliciter pour l'heureux événement à venir, une petit fille ma-t-on dit ?
-C'est exact, confirma Isabelle tout aussi surprise du flegme de la jeune femme réalisant soudainement à quel point cette femme pouvait être dangereuse.
Elle ne devait avoir qu'une seule envie, les massacrer mais elle était capable de passer outre et de faire preuve de la plus parfaite des hypocrisies au point que l'on pourrait la croire sincère. Décidément Eliza Zone était prête à tout pour récupérer Harlock, mais elle ne savait pas ce qui l'attendait, privé de nanos, Harlock serait incapable de lui faire l'amour, les traumatismes psychologiques étaient bien trop sévères et elle comptait même les aggraver si elle sentait que sa proie allait lui échapper. Le capitaine de l'Arcadia serra inconsciemment le sommet du dossier du trône, il souffrait à l'idée qu'Ellie puisse s'imposer cela.
Ryo orienta la caméra pour pouvoir observer tout à loisir Harlock. Sa mâchoire se contracta sous le coup de la colère en voyant Oscar se trouver trop près de lui, il regarda l'œil de son ami, son regard triste, perdu n'indiquait rien de bon, Hans face à lui avait toujours trouvé le moyen de cacher ses émotions mais face à Ellie il n'arrivait plus à les dissimuler et Ryo constata avec horreur dans quel état psychologique se trouvait le capitaine de l'Arcadia, son cœur se serra et ses larmes se mirent à couler sous le regard étonné de son épouse. Nynna commençait à s'inquiéter, Ellie avait peut-être raison de s'angoisser pour cette fameuse nuit que les deux hommes avaient passé ensemble, ils étaient peut être finalement bien trop proches. Elle se mordit la lèvre inférieure inquiète elle aussi mais pas pour les mêmes raisons, leurs relations intimes avaient été longues à se remettre en place lorsqu'ils s'étaient enfin retrouvés après cette longue séparation, Ryo semblait par moment se forcer, certes à présent tout était parfait mais est-ce qu'il n'aurait pas malgré tout quelques sentiments pour le capitaine de l'Arcadia ? Elle se résonna, elle ne devait pas céder à la jalousie, Ryo était juste inquiet car Hans était son meilleur ami.
Ellie face à Isabelle continuait à sourire avec douceur.
-J'en suis très heureuse pour son altesse Sylvidra, se réjouit-elle.
-Permettez-moi de vous féliciter aussi votre altesse, confirma Thomas avec douceur tout en souriant même si l'on pouvait y voir dans ce sourire une pointe de malice, il ne disait rien de désobligeant ce qui embêtait les deux femmes, elles avaient cru à tort que la vision d'Harlock en tant que gentil toutou allait les pousser à l'esclandre mais tout se passait avec le plus profond respect.
-Puis-je vous emprunter mon grand-père ? Proposa Thomas.
-Pas pour le moment, nous allons tous dîner, annonça Isabelle mais je vous ai installé face à lui, vous aurez tout le loisir de discuter.
Un majordome en livrée vint annoncer que le repas était servi. Les reines se levèrent et passèrent en premier dans la vaste salle à manger, Hans et Oscar sur leur talon. Thomas se saisit de la taille d'Ellie lorsque son grand-père passa devant eux. Ellie en sentant le parfum de son amour lui chatouiller le nez se mit à trembler. Thomas commençait à craindre qu'elle ne soit plus capable de se retenir longtemps. Les courtisans les suivirent, Thomas et Ellie entrèrent en dernier. Un majordome les invita à les suivre. Thomas fut placé face à son grand-père et Isabelle, Oscar se trouvait à la droite de la jeune reine, Ellie fut installée face à Sylvidra qui ne comptait pas la perdre des yeux. L'entrée fut servie et les hostilités commencèrent.
-Vous ne trouvez pas que cela a un air de déjà vu ? Ricana Sylvidra.
-Quoi donc votre altesse ? Sourit Ellie.
-Vous, à ma table, l'homme que vous aimez si proche et en même temps si loin, sautant allègrement une autre femme que vous ? L'asticota la reine.
-Vous pensez vraiment que je peux être jalouse ? Il est sous nano, il n'a pas vraiment le choix et je ne suis pas votre prisonnière seulement la conseillère de votre petit-fils, répliqua Ellie.
-Est-ce que vous voulez savoir à quel point nous nous sommes amusées avec lui ? Insista la reine.
-Pas la peine, je me doute que pour pouvoir tomber enceinte à votre âge vous avez dû y aller à cœur joie sans même lui laisser le temps de débander ! Se moqua Ellie.
Harlock en entendant de tels propos se mit à rougir, horriblement embarrassé.
-Je n'ai pas non plus besoin que vous me disiez à quel point il est doué, j'y ai goûté tant de fois, savourer sa peau si souvent que je sais à quel point il est merveilleux, appuya Ellie en souriant.
La reine eut un rictus de colère. Elle comptait pouvoir jouer sur ses nerfs et c'était cette petite effrontée qui menait le jeu la mettant en colère.
-Comment va Kimura ? S'enquit la reine brusquement se décidant à changer d'angle d'attaque.
-En quoi cela vous intéresse-t-il ? S'étonna Ellie.
-Moi ? Ricana la reine. En rien ! C'est Isabelle qui s'intéresse à lui.
-La gourmande ! S'exclama Ellie avec un rire léger. Il lui en faut combien ? Hans aurait-il des faiblesses ?
-Qui sait, il commence à s'user, affirma la reine sur le ton de la confidence. Isabelle s'amuse si souvent avec lui, en prime elle adore les trios, si vous voyez ce que je veux dire. Ce n'est pas pour rien si elle a gardé Oscar et Von Stadt en vie… Elle s'offre des soirées inoubliables où Harlock est le festin de choix que l'ensemble des participants hommes ou femmes savourent, et, que ce soit le duc ou son amant, aucun ne se fait prier.
Ellie pâlit brusquement, horrifiée par ce qu'elle venait d'entendre. Dans la salle des communications, Ryo aussi blêmit, il était à deux doigts du malaise, n'arrivant pas à croire que l'on puisse faire preuve d'une telle cruauté, elles livraient Hans à son violeur et le duc en profitait sans vergogne pour se satisfaire, il l'avait pourtant prévenu. Ses poings se serrèrent, une colère sourde envahissait son cœur, la haine commençait à l'empoisonner. Isabelle le trouvait donc à son goût, alors il allait se livrer et il protègerait Hans de ces monstres.
Thomas, lui aussi, était à deux doigts de se trouver mal. Harlock, horrifié, jeta un regard à son petit-fils en faisant un signe négatif avec l'index de sa main droite, discrètement sans bouger celle-ci de la table, tenant plus que tout à le rassurer ainsi que la mère de ses enfants. Sylvidra en voyant Ellie pâlir lui sourit cruellement, ravie d'avoir réussi à la blesser.
-Sans nanos, Hans ne serait plus qu'une coquille vide, sans âme, incapable de se défendre, se moqua la reine. Pour un homme tel que lui la mort serait préférable à une telle situation.
-Hans, reste Hans, se ressaisit Ellie. Je me doute qu'il a dû souffrir énormément mais s'il était entouré d'amour il reprendrait goût à la vie. Pourquoi êtes-vous donc incapables toutes les deux de comprendre cela ? A la rigueur que vous, la reine des Mazones, soyez incapable de faire preuve de la moindre tendresse, j'y suis habituée, mais Isabelle est totalement humaine et elle m'avait affirmé l'aimer sincèrement…
Ellie baissa les yeux pour masquer la tristesse de son regard. La jeune reine resta interdite.
-Pour cela il aurait fallu qu'Harlock l'aime à son tour et qu'il ne la repousse pas constamment arguant que vous étiez la seule femme qui lui fallait, ricana la reine.
Oscar sentit son cœur se serrer, ce qui le stupéfia. Il pensait ressentir de la colère pour cette femme mais celle-ci s'était envolée grâce à la thérapie génique ainsi que la triste réalité à laquelle il s'était retrouvé confronté. Lui qui avait auparavant un cœur de pierre, ressentait brusquement le besoin de prendre cette femme dans ses bras pour la consoler. C'était étrange, avant, il ignorait totalement la compassion, jamais il ne serait soucié de la souffrance de qui que ce soit, prenant même du plaisir à voir souffrir les autres.
-Ne vous inquiétez pas Eliza, tout ceci n'est que du bluff, trahit-il brusquement.
Elle releva la tête, plantant son regard dans le sien.
-Oscar ! Tempêta Isabelle vainement.
-Désolé ma chérie mais je ne compte pas vous laisser toutes les deux, torturer une innocente, décida le duc. Entre Harlock et moi il ne s'est rien passé et ce même, si Isabelle a tenté l'expérience, se servant des nanos pour parvenir à ses fins. Rien que mon contact révulse Hans ce qui fait que les nanos ont été totalement inefficaces.
Il termina sa phrase par un doux sourire qui laissa la jeune femme sans voix, elle ne reconnaissait plus le souverain déchu, il avait quelque chose en lui de gentil, qui certes était très agréable, mais tout autant déroutant. La gifle claqua brutalement, laissant une marque rouge sur la joue du duc qui ne répliqua pas. Isabelle enrageait, tremblait de colère, son époux osait la défier, la trahir pour réconforter une femme qui serait prête à tout pour lui reprendre son jouet préféré.
-Comment oses-tu me trahir ainsi ? S'emporta Isabelle. Décidément cette thérapie génique n'a pas eu que du bon ! Voilà que monsieur est capable de faire preuve de pitié.
Le duc se contenta de sourire tristement sans même répliquer, s'attendant à en recevoir une deuxième pour son insubordination. Pour Ellie ce fut la goutte d'eau qui fit déborder le vase. Elle ne savait pas ce qui lui prenait mais elle ne supportait pas que la jeune femme fasse preuve d'une telle brutalité vis-à-vis du duc de Péhant.
-Je vous interdis de le frapper ! Hurla Ellie en bondissant de son siège alors que la jeune souveraine s'apprêtait à recommencer.
La colère d'Isabelle avait atteint des sommets, elle n'arrivait pas à croire que cette femme envisageait de la contrarier, Oscar était à elle, qu'est-ce que cela pouvait bien lui faire qu'elle le frappe après ce qu'il avait fait à Harlock et à l'humanité ? Décidément, Eliza Zone n'était qu'une idéaliste au grand cœur, incapable de savoir où était sa place. Sans hésiter, Isabelle s'empara de son couteau qu'elle approcha de la gorge d'Oscar. Ellie n'arrivait pas à croire à ce qu'elle voyait, Isabelle était devenue folle pour agir ainsi. La lame commença à entailler la peau du duc qui se mit à saigner. Ellie, horrifiée se jeta sur la lame mais elle fut coupée dans son élan par Thomas qui la serra fermement contre lui, lui bloquant les bras.
-C'est bon ! On a compris Isabelle ! Intima-t-il en colère.
Sa main le démangeait, il n'avait qu'une envie faire ravaler à cette femme son impudence. Elle prenait les gens pour des jouets qu'elle pouvait casser sans état d'âme. Oscar n'avait même pas tenté de se protéger, il se laissait entailler sans broncher, attendant juste de savoir si Isabelle choisirait ou non de lui ouvrir la carotide. Ellie écœurée, regarda autour d'elle, personne ne semblait réagir, pire cela les faisait rire, aucun d'eux n'étant désireux d'arrêter sa conversation en cours pour venir arrêter cette folle d'Isabelle.
-Ellie ressaisis-toi, intima Thomas. Ne lui offre pas ce spectacle !
La jeune femme entendit la souveraine ricaner ainsi que sa complice qui lui souriait avec mépris. Pour Ellie tout ceci était insupportable, elle commençait à craindre de ne pas réussir à sauver Hans de cette femme. Isabelle jeta le couteau sur la table sans cesser de sourire en regardant Ellie qui était à deux doigts de fondre en larmes, sérieusement éprouvée.
-Je ne comprends pas votre inquiétude vis-à-vis d'Oscar ! Ironisa-t-elle. Vous l'avez fait torturer puis vous avez tenté de l'achever en lui collant une balle dans la tête ! Alors cette pitié…
-A l'époque c'était une bête sauvage, avoua Ellie faiblement. La thérapie génique l'a sauvé, et tout ceci ne serait pas arrivé si Hadès ne l'avait pas manipulé.
-Et alors ? Ricana Sylvidra, cela voudrait-il dire que vous lui avez pardonné ?
-Peut-être, reconnut Ellie qui se laissa tombée sans force sur sa chaise.
-Je n'en suis pas digne pourtant, affirma Oscar en baissant les yeux.
Harlock s'empara de sa serviette qu'il plaqua sur la gorge du duc.
-Viens avec moi, on va désinfecter ça, tu saignes beaucoup, tu risques d'avoir besoin de points de suture, décida Harlock en faisant signe au jeune homme de se lever.
Oscar le regarda timidement, en voyant son regard préoccupé il se leva sans protester puis le suivit docilement. Thomas attendit que son grand-père et le duc eurent quitté la pièce avant de faire signe à Ellie de se lever. Celle-ci obéit docilement incapable de penser à autre chose qu'au père de ses enfants qui venaient de s'éclipser avec le duc.
-Veuillez m'excuser une minute, votre altesse, salua-t-il la jeune femme en entrainant Ellie loin des oreilles indiscrètes.
-C'est trop dur pour toi, sors prendre l'air ! ordonna-t-il à voix basse une fois qu'ils furent près des portes vitrées.
-Je vais bien, je vais supporter les tortures psychologiques d'Isabelle, protesta timidement Ellie.
-Avant, peut-être, mais plus maintenant ! Soutint Thomas. Tu en as trop vu, tu es à bout et tu as peur pour mon grand-père !
-C'est normal que je m'angoisse pour lui ! Ragea Ellie en larmes. On risque d'échouer ! Elle pourrait bien le tuer avant que l'on ne puisse le sauver.
-Non, crois-moi, elle ne le tuera pas comme ça ! Rétorqua Thomas. Elle l'enverra nous affronter pour que ce soit nous qui le tuions, histoire de nous détruire avec lui !
-Ce n'est pas normal, paniqua Ellie en pleurant. Elle n'était pas comme ça avant.
-Qu'est-ce que tu veux ? Le pouvoir peut rendre folle certaine personne. Sans compter que le pouvoir monarchique offre au souverain la possibilité de faire tout et n'importe quoi sans qu'il n'ait à rendre compte à personne !
-Il faut la tuer, décida Ellie en plantant son regard dans le sien. Il n'y a que comme ça qu'on pourra l'arrêter et ta grand-mère avec !
-Et l'enfant ? Rappela Thomas.
-Contrairement à elles, je ne suis pas un monstre, répliqua Ellie en riant tristement. On attend qu'elle vienne au monde, ensuite on se débarrasse de sa folle de mère !
-Je suis entièrement d'accord avec toi mais pour le moment nous sommes bloqués ! Soutint Thomas. N'oublie pas pourquoi nous sommes là ! On doit gagner du temps, faire croire à une relation diplomatique et il faut que l'on arrive à parler à mon grand-père de notre plan ! Alors je t'en prie, va prendre l'air ! Je m'occupe d'Isabelle !
-Ne lui fait aucune confiance, Thomas, je t'en supplie, pria Ellie à bout de force en étreignant le bras de l'enfant qu'elle avait vu grandir, qu'elle aimait comme s'il était son propre fils.
Elle quitta ensuite la pièce, prenant la direction de la terrasse qui surplombait les vastes jardins. Thomas retourna à la table en souriant, s'excusant auprès de ses hôtesses.
-Ellie est quelque peu bouleversée, il vaut mieux qu'elle aille se détendre, affirma-t-il en souriant à la femme qui s'était installée à la place d'Oscar. Madame ?
-Erin Banner, je suis la mère d'Ellie, annonça celle-ci glaciale.
-Je suis ravi de vous rencontrer, la salua-t-il poliment.
-Vous ressemblez trait pour trait à votre père, il faut espérer que vous n'êtes pas aussi faible que lui, grinça la ministre d'Isabelle.
-Je ne suis ici que pour établir des relations diplomatiques entre ma planète et le royaume de son altesse Von Kiel, prétexta Thomas. Pourquoi êtes-vous autant sur la défensive ?
-Car je doute que cela soit la seule raison, ricana Erin. Vous êtes là pour votre grand-père tout comme votre père avant vous, vous avez le besoin de vous réfugier dans ses bras pour qu'il vous câline, après tout vous êtes un Harlock, vous avez besoin de tendresse.
-En quoi le fait que je veuille être en contact avec mon grand-père est un problème ? S'enquit Thomas sur la défensive.
-Tant que c'est pour vous faire cajoler, ça va, ricana Erin. Mais si c'est dans l'espoir de le kidnapper pour le rendre à mon idiote de fille, je vous conseille d'oublier immédiatement ce plan à la noix !
-Ce serait franchement idiot, sachant qu'il est sous nanos, les mêmes que celles qui ont tué mon père ! Répliqua Thomas en colère.
-Pauvre chéri, il est malheureux parce que son faiblard de père a fini par payer sa nullité ironisa Erin en riant. C'est bien ce qu'il me semblait, faute de pouvoir courir après les pantalons paternels vous vous ruez vers ceux de votre grand-père ! Harlock est à Isabelle et il doit assurer sa fonction de reproducteur !
-Voyons Erin, ne soyez pas si dure, c'est un Harlock et il a vraiment hérité de toute la beauté de son père et de son grand-père, minauda Isabelle. Pour ce qui est des câlins je serai volontaire Thomas, j'aurai même l'assentiment de votre grand-mère pour ça !
-Et comment Isabelle ! Je vous avais bien dit qu'il serait magnifique ! Rit Sylvidra.
-Si vous croyez que je vais vous obéir comme un toutou Isabelle vous vous leurrez ! Répliqua Thomas les dents serrées. Je peux vous assurer que si vous poursuivez dans cette voie, les relations diplomatiques cesseront avant même d'avoir commencé !
-Vous n'en n'avez pas la possibilité Thomas ! Se moqua Isabelle. Certes votre peuple est nombreux et votre armée conséquente mais vous savez très bien comment cela tournerait.
-Seulement ce ne serait pas sans dégâts pour votre flotte, ça je peux vous le garantir ! Et ne croyez pas que la flotte de ma grand-mère serrait épargnée ! Je sais exactement où elle se terre ! Répliqua Thomas sèchement. J'ai déjà des unités en place pour intervenir en cas de besoin. Elles ont passé pas mal de temps à les espionner et même si ma grand-mère choisissait de les déplacer mes troupes les suivraient sans problème !
- C'est absurde ! S'exclama Sylvidra indignée.
-Voici l'endroit où elles se terrent, annonça Thomas en lançant un papier à sa grand-mère où il avait inscrit le nom des planètes concernées. Je ne bluffe pas ! Ne me poussez pas à bout ! Je ne suis pas mon père et encore moins mon grand-père, si je dois me livrer à un massacre je le ferai sans sourciller ! Je pense qu'il vaut mieux que nous nous entendions !
Sylvidra pâlit et opina du chef face aux regards interrogateurs d'Erin et d'Isabelle. La jeune souveraine regarda troublée vers Thomas. Il lui plaisait de plus en plus, beau comme un Dieu, fin stratège, avec une force de caractère que n'avait plus son grand-père, il devenait un parti des plus intéressants. Sans compter que étant donnée son ascendance il devait être bien pourvu et en tant que Mazone il ne devait pas manquer d'entrainement dans ce domaine. Elle savait exactement quoi faire pour compliquer la tâche du jeune roi, elle allait pouvoir s'assurer si celui-ci était solide ou pas en s'arrangeant pour pimenter les négociations.
-Je dispose d'une armée forte de plusieurs centaines de milliers d'hommes, rappela Isabelle.
-Sexaroïdes est le vrai terme Isabelle et cela se pirate très bien, menaça-t-il en souriant. Qui plus est j'ai la personne qu'il faut pour cela !
-Kimura est vivant ? Sourit Isabelle en se mordant la lèvre inférieure de désir.
Ryo et Nynna dans l'ilot avaient transféré les images venant de la broche de Thomas dès qu'Ellie avait été contrainte à sortir et ce que Nynna voyait lui glaçait le sang. Son époux plaisait à la jeune reine qui en ferait bien son quotidien. Un frisson parcouru son échine, elle avait peur, si Ryo finissait pas tomber dans ces filets elle ne se gênerait pas pour en profiter un maximum.
-Oh mon Dieu c'est pour ça que tu l'intéresses cette folle, réalisa-t-elle d'une voix blanche en regardant son époux.
-Pour le piratage ? Supposa Ryo loin des pensées de sa femme. C'est vrai que je pourrai probablement pirater tous nos systèmes mais avec Toshiro on a prévu une sécurité, il arriverait sans problème à me déloger si je tentais, sous l'influence des nanos, de saboter nos vaisseaux.
-Peut-être pour ça aussi mais c'était à autre chose que je pensais ! Se récria Nynna glacée. Je suis certaine qu'elle t'a vu t'envoyer en l'air avec Hans et qu'elle se dit que ce que le duc n'avait pu lui donner avec notre pirate préféré tu serais plus à même de le lui fournir.
-Une partouze, comprit Ryo calmement.
-Et ça ne t'inquiètes pas ? S'énerva Nynna.
-Ma chérie, je suis avec toi, à bord de l'ilot je ne risque rien ! Se défendit Ryo.
Dans la vaste salle de réception, Isabelle et Thomas se regardaient sans dire un mot. Celui-ci ne confirmait ni n'infirmait les suppositions de la jeune femme.
-Ellie connait parfaitement les sexaroïdes, elle sait les saboter, révéla Thomas.
-Je ne pense pas que tu prendrais le risque de te présenter devant nous avec une de tes cartes maitresses, il est évident qu'il s'agit de Kimura, ricana Sylvidra. Celui-là même qui a tenté de contrer les nanos ! Il a réchappé de la correction que lui a fait subir Harlock ? Il est coriace !
-C'est bien ce que je craignais, supposa Erin. Vous avez quelqu'un susceptible de pirater les nanos pour pouvoir récupérer Harlock !
-La seule tentative s'est soldée par un cuisant échec ! rappela Thomas. J'ai interdit à quiconque de refaire le moindre essai dans ce sens ! Je sais que mon grand-père ne recouvrera jamais sa liberté, la seule chose que je souhaite c'est avoir le droit de le connaitre ! Je vous en prie !
Isabelle fit une moue boudeuse sans répondre. Thomas attendit une réaction de sa part.
-Toute cette affaire me fatigue, affirma-t-elle d'un ton las. Vous êtes d'un ennui ! Mon grand-père par ci, mon grand-père par-là ! Vous n'avez que lui en tête ou quoi ? Je vous laisse avec Sylvidra ! Elle prendra la décision ! Je vais voir comment va mon imbécile d'époux !
Thomas par politesse se leva tandis qu'Isabelle quittait la table, un sourire en coin soigneusement dissimulé. Sylvidra sourit à son petit-fils. Il était vraiment devenu magnifique, aussi beau que son grand-père. Elle caressa son ventre arrondi par la maternité avec tendresse pour la première fois. Thomas regarda cela surpris tout comme Nynna et Ryo. Tous se demandaient si finalement la reine des Mazones n'avaient pas elle aussi changée.
-Je suis assez surpris que vous ayez accepté de me voir, s'étonna Thomas. Je pensais que je ne serai pour vous qu'un mauvais souvenir.
-Détrompes-toi, affirma la reine en souriant. Depuis que j'ai fini par m'avouer mes sentiments vis-à-vis d'Harlock, je me sens beaucoup mieux !
-Vos sentiments ? S'enquit Thomas surpris.
-Je l'aime, avoua la reine en souriant. Et cet amour contrairement aux croyances Mazones n'a pas provoqué notre chute, ce sont juste mes choix qu'ils l'ont provoqué mais j'ai su limiter les dégâts et mes forces ne sont peut-être plus un secret pour toi mais elles restent redoutables.
-Votre altesse…Commença Thomas.
-Reprenons les négociations ! Intima Sylvidra. Tu veux voir ton grand-père ? C'est d'accord mais nous allons d'abord mettre au point les relations diplomatiques entre nos deux peuples avec bien entendu certaines contraintes.
Nynna et Ryo poussèrent un soupir de lassitude, que ce soit Thomas ou eux deux, ils allaient passer une très longue nuit.
Isabelle avant de mettre en place son plan s'était rendu dans la zone de soins du palais. Le médecin terminait de recoudre le duc. Harlock attendait adossé au mur. Les deux hommes regardèrent vers elle avec une pointe d'appréhension se demandant ce qu'elle leur préparait encore.
-Je vous libère pour la soirée tous les deux, décida-t-elle. Vous ne me servirez à rien pour ce soir, sans compter que vous êtes incapables de tenir votre langue !
-Je suis désolé, s'excusa Oscar. Mais cela te ressemble si peu une telle attitude ! Tu étais si douce avant et je pensais que je retrouvais depuis quelques temps la jeune femme que j'avais épousée.
-Quand vas-tu comprendre que je me suis endurcie Oscar ? S'étonna Isabelle. Je t'aime mais cet amour ne me freinera pas dans mes plans, tout comme mes sentiments pour Harlock !
-Tu tiens à devenir une nouvelle Sylvidra ? Ricana Hans. Si c'est vraiment ton but jusqu'à présent tu lui tiens la dragée haute pour ce qui est de la perfidie et de la cruauté !
-Ne viens pas me reprocher mon attitude face à ta douce Ellie, grinça Isabelle. Tu es à moi Hans ! Elle peut te tourner autour, elle ne te récupèrera jamais !
Après ces mots elle les quitta en claquant la porte. Hans poussa un soupir de lassitude. Il appuya sa tête contre le mur, son regard perdu dans la blancheur immaculée du plafond.
-Je n'ai aucune envie de retourner au harem royal, révéla-t-il. La nuit est douce…Ça te dit un tour dans les jardins ?
-Pourquoi pas, accepta Oscar en souriant. Est-ce que tu crois que Sylvidra te laissera voir ton petit-fils.
-Je n'en sais rien, reconnut Harlock tristement. Ce gamin a commis une folie en venant tout comme Ellie ! Et je me doute que mon Ryo ne doit pas être loin ! Pourvu qu'Isabelle ne lui mette pas la main dessus !
-Sans quoi, elle risque de s'offrir une nuit inoubliable avec vous deux ! Sourit Oscar.
-Ha, Ha, Ha ! Ricana Harlock. Retire-toi cette vision du crane Oscar, cette fameuse nuit ne se refera jamais !
-Je me doute ! Affirma-t-il en riant. Si vraiment cela te tentait tu aurais remis ça encore et encore !
-Jusqu'à plus soif ! Avoua Harlock en souriant. C'est qu'il est très doué pour les câlins mon Ryo ! On y va Oscar ?
-Avec plaisir ! Accepta le duc. Moi aussi j'ai besoin de prendre l'air !
Les deux hommes saluèrent le médecin puis ils sortirent. Une fois sur la terrasse des jardins, Oscar prit une grande bouffée d'air frais qu'il expira lentement en savourant ce bref instant de liberté. Harlock le rejoignit, son pas tranquille raisonnant sous l'auvent parée de lierre. Dans la pénombre les deux hommes distinguèrent une silhouette fine, pas très grande. Un rayon de lumière venant de la salle de bal l'éclaira un bref instant permettant de distinguer l'élégante robe verte, la peau diaphane et le visage inquiet d'Ellie. La jeune femme angoissée faisait les cent pas, incapable de se calmer.
-Mon Ellie, murmura Harlock d'une voix blanche.
-Va la voir, l'invita Oscar en murmurant à son tour.
-Je ne peux pas, protesta Harlock faiblement.
-Isabelle est en train de négocier avec Thomas, tu as la soirée pour toi alors va la voir ! Offre-toi ce plaisir ! Insista-t-il.
-Et toi ? S'inquiéta Harlock.
-Je vais aller me promener, l'informa Oscar en lui faisant un clin d'œil. File vieux pirate !
Le duc s'éloigna en souriant. Hans ne se fit pas prier il avança lentement vers Ellie désireux de ne pas se faire surprendre, se glissant dans la pénombre. Arrivé près d'elle il s'arrêta, l'observant, attendant que la jeune femme le voie. Ellie était préoccupée, ses réactions l'inquiétaient, Thomas avait raison, elle n'arrivait plus à se contrôler. Elle avait bien cru qu'Isabelle allait tuer Oscar et au lieu de faire preuve de calme et de prudence elle avait paniqué. Prise d'une crise d'angoisse, prête à prendre tous les risques pour le sauver alors qu'étant donné les crimes qu'il avait commis elle n'aurait pas dû lever le petit doigt pour lui, elle s'était jetée sur Isabelle. La jeune femme n'était pas dupe, Oscar était si triste, si faible et son air était si doux qu'elle avait écouté son âme au lieu de sa raison et volé à son secours. Le véritable Oscar e Péhant lui faisait plus penser à une victime qu'autre chose, une victime d'Hadès, d'Aristote Zone et elle commençait à se dire qu'il serait préférable de pouvoir le sauver en même temps qu'Harlock. Ellie qui avait l'impression d'être espionnée se retourna brusquement et se retrouvât face au père de ses enfants qui lui souriait avec douceur.
-Hans ! S'exclama-t-elle en larmes en se ruant dans ses bras.
Elle s'accrocha de toutes ses forces, plongeant son visage au creux de son épaule, respirant son parfum, écoutant les battements de son cœur.
-Mon Ellie, la salua-t-il alors qu'une larme roulait sur sa joue.
Il plongea son visage dans les cheveux de la jeune femme l'étreignant contre lui, souhaitant que cette nuit ne se finisse jamais. Harlock prit le visage d'Ellie entre ses mains en lui souriant joyeusement.
-Je n'arrive pas à croire que tu es en face de moi, se réjouit-il. Je suis vraiment désolé, tu as dû t'angoisser…
-Ce n'est pas grave, te voir m'emplie de joie mon amour ! Avoua-t-elle en riant tout en essuyant ses larmes.
-Dis-moi, je ne savais pas que tu connaissais certain rituel aristocratique ? C'est Thomas qui te les a montrés ? S'étonna-t-il.
-Non, mon ange. C'est juste que j'ai grandi dans le milieu de la politique et comme tu le sais les aristos et les politiciens du Consortium étaient étroitement liés, c'est pour ça que je connais certains trucs…
Au loin, Hans entendit provenant de la salle de bal une ancienne danse qui n'était plus pratiquée que dans la haute société.
-Est-ce que tu connais la valse ? S'enquit-il en souriant.
-Oui, pourquoi ? S'étonna Ellie.
-Je compte m'offrir une soirée inoubliable, avoua-t-il en riant.
-Tu veux que nous allions danser tous les deux ? Le questionna Ellie abasourdie.
- Pourquoi pas ? Proposa-t-il.
-Mon amour, si Isabelle l'apprend, elle te le fera payer très cher, s'angoissa Ellie. Il vaut mieux rester ici !
-Très bien, je veux bien patienter quelques instants pour que tu te détendes un peu, accepta-t-il en lui caressant la joue. Je t'aime tant mon Ellie.
Il se mordit la lèvre inférieure hésitant à lui poser la question qui le travaillait depuis qu'il l'avait revu.
-Comment vont Franck et Marie ? L'interrogea-t-il.
-Ils grandissent vite et leur papa leur manque ! Révéla Ellie. Et je ferai tout ce qu'il faut pour le leur ramener ! On a ce qu'il faut pour te sauver Hans ! J'ai trouvé la plante qui neutralise le poison des nanos et je ne suis pas revenue seule, il y a des membres de la Résistance mais aussi des chevaliers d'Or, Camus et Milo ! Garde espoir mon amour ! Hors de question que tu me laisses me dépatouiller seule avec cinq enfants !
-Cinq ? S'étonna Harlock stupéfait.
-Oui, monsieur est super efficace ! Tu m'as fait des triplés grand nigaud et ils ne grandiront pas sans leur père ! Affirma Ellie en riant.
Harlock ivre de joie, oubliant tout prudence l'embrassa à perdre haleine puis il la serra à nouveau contre son cœur.
-Je suis le plus heureux des hommes mon amour ! Avoua-t-il en riant.
-Ne dis pas cela mon cœur ! Il faut que je te sorte de là ! Tu ne peux être heureux dans un endroit pareil ! Reprocha Ellie en riant.
-Tout ceci n'a pas la moindre importance par rapport à la nouvelle que tu m'as annoncée ! Cinq bébés mon Ellie ! Je suis fou de joie ! S'exclama-t-il en lui souriant comblé.
Tandis que les deux amoureux pouvaient enfin passer un peu de temps ensemble, Isabelle était revenue dans la salle du dîner. Elle se plaça discrètement sous une tenture, observant le jeune roi. Elle sourit en songeant au tour de coquin qu'elle allait lui faire. Elle regarda la table, elle était très longue, la nappe blanche retombait jusqu'au sol ce qui lui permettrait de faire ce qu'elle voulait loin des regards indiscrets. Thomas ne pourrait pas l'empêcher d'agir à sa guise, il avait une négociation à mener. Certes une reine ne devait pas se comporter ainsi mais après tout, elle avait bien le droit de s'amuser. Discrètement, elle s'agenouilla, se glissa sous la table en rabattant soigneusement derrière elle la nappe destinée à dissimuler son forfait. La table était suffisamment large pour qu'elle puisse circuler en son centre sans que personne ne se doutât de rien. Le tout était de ne pas se tromper d'homme. Ce serait le comble, si elle venait à faire une gâterie à l'époux de l'une de ses ministres. Thomas était très grand et sa tenue caractéristique ce qui devait lui permettre d'éviter cet écueil. Rien qu'en y pensant elle pouffa de rire. Elle repéra la robe de Sylvidra, celle d'Erin et elle regarda avec gourmandise les longues jambes de Thomas, revêtue d'un pantalon noire. Elles n'étaient pas croisées ce qui allait lui faciliter la tâche. Subrepticement elle se glissa jusque à lui. Les jambes du jeune roi étaient légèrement écartées et elle put glisser sa main jusqu'à l'entrejambe qu'elle entreprit de caresser jusqu'à ce que les jambes se resserrent d'un coup sec. Elle eut juste le temps de retirer sa main en étouffant son rire. Thomas en sentant cette main baladeuse avait réagi par réflexe en espérant que l'opportun serait raisonnable et s'en irait mais il n'en fut rien, deux mains se placèrent sur ses genoux, commençant à tirer pour les faire s'écarter l'un de l'autre pour le jeune souverain, cette situation était une première, quelqu'un s'était glissé sous la table et envisageait de lui câliner son intimité en toute discrétion. Il regretta s'être placé si près de la table, jamais cette nymphomane n'aurait pu envisager de le faire si sa tête avait dépassée de la nappe. Tout du moins, il pensait que c'était une femme, étant donné le parfum cela ne pouvait être que ça. Malgré cet inconvénient il poursuivait les négociations. Brusquement il sentit que l'opportune envisageait de passer outre ses réticences en profitant de l'espace existant entre ses cuisses et la table en passant au-dessus pour arriver jusqu'à son intimité. En sentant la poitrine, il en était certain à présent, il s'agissait bien d'une femme, culottée qui plus est. Le parfum se faisait plus fort au fur et à mesure de la progression. Il réfléchit cherchant à se rappeler quelle femme portait cette flagrance qui lui semblait si familière. Elle venait d'atteindre la zone intime, Isabelle était à deux doigts de crier victoire coincée entre le plateau de la table et les cuisses de Thomas. Sa main se posa sur les crochets du pantalon, elle se souleva un peu tenant seulement sur ses genoux lorsque brusquement, les cuisses de Thomas s'écartèrent pour la faire descendre d'un étage. La reine chut bruyamment sur le sol et étouffa un juron.
-Qu'est-ce que c'est que ça ? S'étonna Sylvidra.
-Je ne sais pas, sûrement rien de bien important, sourit Thomas espérant que la chute avec calmé cette femelle en chaleur.
Soudain il pâlit, il venait de se rappeler à qui appartenait ce parfum. Il l'avait senti une bonne partie de la soirée.
Isabelle, réalisa-t-il en pensée.
Ainsi donc, voilà qu'elles étaient les mœurs de cette nymphomane qui abusait de son grand-père. Après avoir couchée avec celui-ci, elle voulait goûter à son petit-fils pour pouvoir comparer. Il sera le poing de colère sans cesser de sourire, à deux doigts de faire un scandale. Il se ressaisit, il fallait éviter tout esclandre. Il espérait vraiment que le choc avait calmé la reine. Isabelle sous la table se releva quelque peu fâchée. Elle regarda vers l'entrejambe de Thomas. Il était à sa portée. Le tout était d'être rapide, très rapide. Elle fondit sur sa proie à pleine vitesse, ouvrit la braguette, plongea sa main à l'intérieur puis s'empara de la verge royale en un rien de temps. Thomas avait encaissé le choc, La reine s'était vraiment jetée sur son intimité avec voracité et il se retrouvait bloqué, le torse d'Isabelle était entre ses jambes et il ne pouvait plus refermer ses cuisses. Il avait senti, la jeune femme explorer son intimé comme une professionnelle, celle-ci s'était retrouvée mise à nue en quelques secondes.
Tant pis, régale toi ! Regretta-t-il en pensée. Mais je te garantis que tu vas le payer ! Je me chargerai de toi dès la fin de ses négociations et tu te feras tellement tringler que tu ne pourras plus t'asseoir !
Isabelle en dessous se délectait en observant l'intimité du jeune homme.
Tu n'es pas un Harlock pour rien, songea-t-elle en tenant fermement l'objet de sa convoitise qu'elle avait entièrement dégagé le caressant amoureusement d'une main tandis que de l'autre elle cajolait les bourses, les tâtant sans vergogne.
Elle poursuivit ses tortures, l'organe commençait à durcir. Elle se mordit la lèvre inférieure de désir puis n'y tenant plus elle l'engouffra, la caressant avec sa langue, l'excitant de plus en plus. Thomas se retrouva rapidement en érection et très embarrassé. Isabelle était très douée, il avait du mal à se retenir de gémir de plaisir. Il n'avait plus le choix que de se laisser faire tout en négociant avec sa grand-mère. Les pulsions d'Isabelle allaient drôlement lui compliquer la tâche et il soupçonna la jeune femme de le faire dans ce but. Malgré les caresses voluptueuses et les mouvements de va-et-vient délicieux, il réussit à tenir bon face à sa grand-mère. Seuls Nynna et Ryo remarquèrent que quelque chose clochait, le souverain semblait hésiter par moment. De plus l'hyper sensibilité du micro fit que Ryo remarqua un bruit étrange qu'il s'efforça d'isoler à part puis il passa l'enregistrement.
-C'est un bruit de succion, réalisa Nynna interloquée.
-Et pas n'importe lequel en plus ! S'exclama Ryo en essayant de réprimer vainement son rire. Je ne le crois pas ! Sylvidra a envoyé quelqu'un sous la table faire une gâterie à Thomas pour l'affaiblir pendant les négociations !
-Elle a trouvé cette idée dans un film de cul ? C'est révoltant ! S'indigna Nynna.
-Thomas semble tenir bon ! Il est coriace ! S'exclama-t-il en riant. Une chance qu'il ait franchi le pas avec Sandy ! D'après toi qui est sous la table ? Une servante ?
Nynna eut un rire méprisant.
-D'après toi ? Cette chienne d'Isabelle n'a certainement pas pu résister en voyant un morceau de choix tel que Thomas ! S'agaça Nynna en colère.
-Tu parles de négociations ! S'exclama Ryo en riant.
Thomas finit par atteindre le point de non-retour, son liquide se répandit dans la bouche d'Isabelle qui l'avala avec gourmandise. Heureusement les négociations arrivaient à leur terme et il allait pouvoir signer le traité qui ne serait que provisoire. Une fois qu'Isabelle eut finit son affaire, il rangea rapidement son outil et referma son pantalon. Il se leva ensuite en compagnie de sa grand-mère pour se rendre dans la salle suivante où le traité serait signé. Le bal n'allait pas tarder à commencer, les musiciens terminaient d'accorder leurs instruments. Les secrétaires et le chancelier d'Isabelle les attendait.
-Où est Isabelle ? Interrogea Sylvidra le chambellan, intriguée.
Laisse-lui temps de sortir de dessous la table à cette perverse ! Elle ne tardera pas ! Ragea Thomas en silence.
Quelques minutes plus tard, la jeune reine apparut en jetant un regard lubrique au jeune roi qui lui sourit gentiment, préparant sa revanche. Une fois le traité signé Isabelle quitta la salle afin de se rendre dans les jardins. Thomas salua sa grand-mère puis la suivit. Isabelle sur la terrasse observa un long moment le ciel étoilé sans savoir que Thomas était sur ses talons. Celui-ci vérifia les alentours avant d'aller régler ses comptes avec la jeune reine, ce fut là qu'il vit au loin à l'autre bout, Ellie dans les bras du capitaine de l'Arcadia. Son sang ne fit qu'un tour, si Isabelle les voyait cela tournerait au drame, il devait à tout prix l'éloigner et il savait exactement comment faire pour cela. Sans hésiter il s'approcha d'elle souhaitant plus que tout capter son attention avant qu'elle n'observa ce qui l'entoure et qu'elle voit le couple d'amoureux.
-Vous êtes une petite perverse votre altesse, murmura-t-il à son oreille.
-Je ne vois pas de quoi vous parlez, sourit la jeune femme.
-Je ne savais pas que vous étiez adepte des dessous de table des plus coquins, ironisa-t-il. Mais je peux vous offrir bien mieux qu'une petite pipe sous la table. N'avez-vous pas envie de vous amuser un peu ?
-Vous ne craignez pas que j'en parle à votre grand-père ? Se moqua-t-elle.
-Je suis un adulte, je suis libre de faire ce que je veux avec ma queue ! Se défendit Thomas en souriant. Et vu comme vous m'avez pompé, vous devez avoir de sacrés besoins ! Cela pique ma curiosité ! Connaitriez-vous un endroit, loin des autres invités où nous pourrions nous détendre un peu ?
-Il y a mes appartements, proposa Isabelle.
-Là ou se trouve le harem royal ? Ricana Thomas. Très peu pour moi ! Que diriez-vous des jardins ?
-Le labyrinthe sera parfait pour ça, accepta Isabelle en se tournant vers lui les yeux brûlants de désir.
Mark resté en retrait regarda catastrophé son fils entrainer Isabelle dans les jardins tandis qu'Ellie et Harlock se rendaient dans la salle de bal. Lorsque les deux amoureux arrivèrent sur la piste où attendaient les autres couples, un silence de tombe se fit dans la salle, les gens observant choqués Ellie et Hans prendre place.
-Cela fait longtemps que je n'ai plus dansé Hans, avoua-t-elle contrite en murmurant.
-Sûrement moins longtemps que moi, reconnut Harlock en lui souriant. La dernière fois c'était lors de la remise des diplômes à l'académie militaire lorsque je suis devenu un tout jeune capitaine de vaisseau.
Il lui fit un clin d'œil complice qui fit pouffer la jeune femme.
- An der Schönen blauen Donau, annonça le chef d'orchestre.
-Une valse à trois temps, il faut que je me rappelle comment ça marche, commenta Harlock.
-On va se ridiculiser mon cœur, avança Ellie hilare.
-Tu me suis et tout ira bien ! Affirma Hans en souriant.
L'orchestre commença et Ellie suivit parfaitement son amour qui ne semblait absolument pas rouiller pour ce genre de chose. Même pour elle, cela était revenu presque d'instinct comme la bicyclette. Les gens autour d'eux regardaient le couple virevolter sur la piste avec élégance. Ils semblaient seuls au monde à cet instant, leur regard perdu l'un dans l'autre. Alors que la danse commençait Isabelle et Thomas arrivaient dans le labyrinthe. Un domestique les rejoignit très rapidement appelé discrètement par Isabelle grâce à l'émetteur dissimulé sur sa robe.
-Allez me chercher une boîte de préservatifs pour très grande taille ainsi que du lubrifiant ! Ordonna-t-elle. Prenez celle qui est dans ma table de nuit !
-Une boîte neuve Isabelle, serait le mieux ! Sourit Thomas
-Vantard ! Se moqua-t-elle. Ne présumez pas trop de vos forces.
-Je ne présume rien, je n'ai que vingt ans de maturité Mazone et non quarante-six ans d'humain comme mon grand-père, rappela Thomas en lui faisant un sourire canaille
-Vous avez entendu son altesse ! Insista-t-elle auprès de son domestique très excitée. Une boîte neuve donc !
-A vos ordres vos seigneuries ! Obéit le domestique.
Une fois que le domestique ce fut suffisamment éloigné, il s'approcha de la reine dont il dégrafa la robe d'un geste rapide. Il fit glisser la tenue tout en admirant la poitrine opulente d'Isabelle soutenu par une guêpière rose pâle des plus affriolantes. Il décida de lâcher ses instincts tout en tenant à faire payer à Isabelle son petit jeu pervers sous la table. Il l'embrassa avec fougue. Sa main plongea dans la culotte, trouva son intimité afin de la caresser de manière experte. Isabelle se sentait partir, Thomas était très doué, ces caresses la rendait humide au possible. Ses mains commencèrent à s'égarer sur l'entrejambe de Thomas qui durcit, déformant son pantalon. Le domestique revint, posa discrètement le nécessaire sur la table et partit sans demander son reste. Thomas s'empara brutalement de la jeune femme, la posa sur la table, arracha la culotte afin que sa langue puisse titiller son intimité tout à loisir. Isabelle sentait son cœur s'emballer, elle sentait la vague de plaisir arriver, elle n'allait pas tarder à être submergée. Thomas fut quelque peu surpris lorsque l'orgasme d'Isabelle jaillit avec force. Il s'éloigna rapidement laissant le liquide atterrir sur le parterre de rosiers qui était pourtant assez éloigné.
Faire ça avec une chienne pareille, cela doit être un calvaire de tous les instants pour mon grand-père, obligé de la satisfaire jusqu'à plus soif ! Pensa-t-il. Je vais la calmer et elle lui foutra la paix pendant plusieurs jours après ça !
Il dégagea son instrument auquel il mit une protection puis il pénétra la jeune femme qui gémit de plaisir en sentant l'engin de Thomas commencé à la labourer fougueusement. La réaction ne se fit pas attendre, alors que la première valse s'achevait, Isabelle arrosait les rosiers pour la seconde fois.
Au moins un parterre de fleurs qui ne manquera pas d'eau ! Ironisa Thomas en pensée.
Il mit la reine sur le ventre puis repris sa position, besognant sa partenaire qui multipliait les orgasmes en hurlant. Thomas s'était arrangé pour que les fuchsias profitent à leur tour de cet arrosage inopiné en tournant sa partenaire dans leur direction.
Cela fera du travail en moins pour la cohorte de jardiniers qui travaille dans ce château. Malgré tout ce que j'ai pompé elle en a encore en réserve la garce ! Songea-t-il en riant sous cape. On a beau dire du cul pour du cul ce n'est pas terrible, c'est bon juste pour se défouler, de loin je préfère ce que je partage avec Sandy !
Il jouit à son tour. Il enleva la capote qui atterrit à l'extrémité de la table. Il approcha son instrument des lèvres d'Isabelle afin que celles-ci s'en emparent de nouveau. La jeune reine ne se fit pas prier, caressant avec gourmandise ce membre généreux qui enfla de nouveau à sa grande surprise. Thomas était à nouveau prêt. Il se retira, enfila un préservatif et la pénétra à nouveau la faisant jouir en continu.
-Bon sang ! Tu n'es pas un Harlock pour rien ! S'exclama-t-elle en hurlant son plaisir.
Elle le sentait, il allait la sauter jusqu'à l'épuisement et elle tiendrait beaucoup moins longtemps que lui, Hans étant d'ores et déjà capable de l'épuiser alors qu'il était beaucoup plus âgé. Au bout de trois heures, Isabelle donnait des signes de fatigue et il comptait bien l'achever. Alors qu'il venait de mettre une protection neuve il mit Isabelle sur le ventre sur la table, la jambe droite de la jeune femme en appui sur le banc.
-Si on essayait des contrées plus exotiques, proposa-t-il en souriant.
-De quoi tu parles ? S'étonna-t-elle en se relevant un peu.
Elle senti la verge du jeune homme se glisser entre ses fesses.
-Non, pas par-là ! Hurla-t-elle.
-Si je comprends bien aucun homme n'a eu ce privilège, pas même ton époux ? Se moqua-t-il.
-Non ! Tu vas me déchirer ! Paniqua-t-elle.
-Fais-moi confiance, je vais y aller tout en douceur, il faut juste que tu te détendes, susurra-t-il.
Il lubrifia généreusement deux de ces doigts qu'il glissa à l'intérieur très lentement, tout en douceur. Bien que le contact fût étrange, il n'était pas rebutant et elle ne souffrait pas. Il bougea ses doigts, ce qui la troubla quelque peu, elle se sentit rougir
-Tu voies que tu aimes ça, murmura-t-il à son oreille en retirant ses doigts. Passons aux choses sérieuses à présent.
Elle sentit le membre de Thomas se glisser en elle par cet orifice qu'elle pensait en aucun cas conçu pour ce genre de chose puis il commença à bouger. Isabelle pouvait sentir la zone s'élargir au fur et à mesure de la progression. Thomas glissa sa main au niveau de l'intimité de la jeune femme qu'il caressa tout en bougeant. Isabelle gémit de manière régulière puis une nouvelle vague de plaisir la fit hurler. Thomas insista longtemps, la menant à l'extase si souvent qu'elle en perdait le compte. Dès qu'il jouissait il retournait vers elle pour qu'elle l'excite à nouveau et il remettait cela toujours en se servant de la zone exotique. Thomas le sentait, Isabelle était à bout et il prit plaisir à l'achever. Alors qu'elle jouissait à nouveau, elle s'évanouit. Il se retira, enleva la protection qu'il jeta négligemment sur la table puis se rhabilla. Il s'occupa ensuite de ranimer Isabelle en lui tapotant doucement les joues. La jeune femme finit par ouvrir les yeux, elle haletait, épuisée, faible, elle n'avait plus aucune force.
-Je vais te laisser aller te reposer ! Annonça-t-il. C'était pas mal ! Pas aussi bien que ce à quoi je suis habitué mais tu te défends !
Isabelle sentit la rage l'envahir. Elle n'avait même plus la force de hurler de colère. Elle regarda son amant d'une nuit s'éloigner tranquillement. Elle attrapa sa robe, appuya sur le bouton d'appel qui y était dissimulé afin qu'une de ses domestiques vienne l'aider à retourner à sa chambre. Elle était endolorie et n'arriverait pas à marcher sans aide, Thomas s'était déchainé sur elle et elle le soupçonnait de l'avoir fait par vengeance à cause de la gâterie sous la table.
Quelques heures plus tôt alors qu'il se promenait dans les jardins, Oscar entendit des gémissements venant du labyrinthe, il reconnut sans peine ceux de son épouse. Il s'approcha pensant qu'elle avait finalement choisi de s'amuser avec Hans et vit avec stupeur le jeune Thomas monter Isabelle, la labourant sans vergogne. Oscar sentit un pincement au cœur mais ne manifesta pas sa présence. La douleur allait en s'amplifiant, il souffrait encore bien plus qu'en sachant son épouse faisant l'amour avec le capitaine de l'Arcadia. Ses larmes se mirent à couler .Il les essuya rapidement. Il devait tenir, il le fallait .Il devait sauver Isabelle et essayer de rattraper ses erreurs et peu importait toute la souffrance endurée, il devait bien ça à l'humanité. Il s'en alla choisissant d'aller se changer les idées en se rendant au bal .Il y trouva la reine Sylvidra qui observait Ellie et Harlock qui dansaient depuis un bon moment déjà. Il s'installa près de la reine des Mazones qui observaient tout ceci avec un sourire bienveillant.
-Vous me surprenez Sylvidra, commenta-t-il. Vous regardez Hans danser avec la femme qu'il aime à la folie sans même intervenir pour les séparer.
La reine eut un petit rire.
-Tout comme vous, affirma-t-elle en souriant. J'ai du mal à croire que ce que j'ai à côté de moi est le vrai duc de Péhant ! Est-ce que mon petit-fils est toujours avec Isabelle.
-Ah ça pour être avec elle, il y est ! A fond même, indiqua Oscar blessé.
-Quoi ? Thomas et Isabelle sont…S'étonna la reine. Et vous n'avez pas fait d'esclandre ?
-A quoi bon ? Se désola Oscar. Je ne me suis pas gêné pour la tromper elle me rend la pareille en se vengeant au passage ! Je n'arrive plus à la contenir, pas même Hans arrive à la contrôler. Et les conséquences vont être terribles pour l'humanité.
-Toujours ce même refrain ! S'impatienta la reine. Tout ira bien vous verrez !
-Oui, si une vraie conseillère se pointe et pas une lèche botte ! Une qui lui fasse comprendre que l'on va au-devant d'une catastrophe !
-Vous êtes beaucoup trop négatif mon pauvre ami ! S'exclama la reine en riant. Isabelle est encore un peu en colère mais beaucoup moins qu'au début .Que ce soit vous ou que ce soit Harlock vous avez fait un travail remarquable .Bientôt elle entendra raison, je le sais. Elle est déjà consciente des enjeux, elle a juste du mal à renoncer à son rêve voilà tout.
-Vous seriez de notre côté ? S'étonna Oscar surpris. J'ai du mal à le croire.
-Il me semble que chez vous les terriens il existe une expression qui dit que seuls les imbéciles ne changent pas d'avis, s'amusa la reine .Je n'en suis pas une et Isabelle encore moins bien que vous pensiez le contraire.
- Le fou sanguinaire que j'étais avant d'être soigné le croyait, l'homme que je suis redevenu est conscient du bonheur qu'il a laissé filer, avoua Oscar.
-Je compatis Oscar, sincèrement, le consola la reine. Ayez un peu plus confiance en ce que vous avez accomplis en choisissant de devenir ce que vous êtes à présent.
Les deux anciens ennemis se turent observant les deux amoureux qui dansaient sans s'arrêter, sachant pertinemment que dès qu'ils cesseraient ces élégants mouvements ils seraient à nouveau séparés pour très longtemps.
-Ils forment un joli couple, reconnut la reine. Très amoureux, comme au premier jour, voir même plus épris l'un de l'autre qu'avant.
-C'est vrai qu'ils sont mignons tous les deux, avoua Oscar en souriant. Dommage que votre état vous empêche de danser sans quoi je vous aurai invité.
-Et j'aurai accepté avec plaisir, reconnut la reine en lui rendant son sourire.
Dans l'ilot, Nynna et Ryo écoutaient rouges de confusions les ébats de Thomas avec Isabelle Von Kiel. L'informaticien avait bien tenté de couper le son mais le logiciel avait planté et il ne pouvait tout arrêter car la connexion serait automatiquement perdue et il ne pourrait la relancer.
-Quel gourmand ! Il n'en a pas marre ? S'impatienta Nynna. Ça fait combien de temps à présent ?
-Facilement, trois heures, indiqua Ryo en regardant sa montre. Putain, Thomas ! Abrège !
-Qu'est-ce qu'elle est bruyante en plus ! Ragea Nynna. Pourquoi n'as-tu pas installé un contrôle de volume ?
-Parce que le niveau sonore est calculé pour ne rien loupé de ce qu'il se dit ! Expliqua Ryo agacé.
-Ben, franchement ? Je trouve que ce qu'il se dit à l'heure actuelle n'est pas vraiment très intéressant ! Parce que, à part gueuler au point de réveiller un mort, elle n'est pas très loquace cette chère Isabelle ! La seule chose que je sais c'est que Thomas a vraiment hérité tout de son grand-père !
-Ellie t'a fait des confidences ? S'étonna Ryo.
-Non, ce n'est pas son genre ! S'indigna Nynna. En revanche j'ai toujours l'enregistrement de tes ébats avec Hans. Et vu comment il t'a fait grimper aux rideaux, cela en dit long sur ses capacités dans ce domaine !
Elle fit un sourire canaille et un clin d'œil à son époux.
-Perverse ! S'exclama Ryo en riant. Et je te signale que pour le plaisir il n'était pas en reste, j'y ai veillé !
Nynna sourit face à cet aveu imprévu ce qui fit rougir Ryo, il avait beaucoup trop parlé et sa femme n'allait pas se gêner pour se moquer de lui à nouveau.
-Canaille ! Sourit Nynna.
Alors que les câlins s'arrêtèrent ils poussèrent un soupir de soulagement et s'esclaffèrent en entendant le jeune roi snober Isabelle, restée sur le carreau après ces ébats torrides.
Thomas se rendit dans les commodités les plus proches où il se fit une brève toilette puis il alla dans la salle de bal. Il s'arrêta subjugué par la vision de son grand-père avec Ellie qui se regardaient, amoureux comme au premier jour alors que la dernière valse venait de se terminer. Les participants quittaient la salle, Ellie et Hans ne semblaient même pas s'en apercevoir. Le cœur serré, Thomas dû se résoudre à les séparer. Il s'approcha d'eux, sourit tristement à son grand-père qui serra un peu plus fort les mains d'Ellie par réflexe.
-Je suis désolé, grand-père, mais il faut qu'on rentre, s'excusa Thomas. On sera libre de se voir plus souvent dès demain grâce au traité que j'ai signé.
Il passa ses bras autour de la taille d'Ellie qu'il entreprit de tirer vers lui mais Hans résistait.
-Je t'en prie sois raisonnable, supplia Thomas à deux doigts de pleurer.
Ellie aussi résistait, refusant de lâcher son ange qu'on lui arrachait à nouveau. Elle avait l'impression que son cœur allait éclater.
-Soyez raisonnable vous deux, je vous en prie ! Insista Thomas. Ellie, il faut partir !
Les deux amoureux savaient que le jeune homme avait raison mais cela leur était si douloureux qu'ils essayaient de reculer cet instant le plus possible. Hans fit un sourire triste à la jeune femme. Il porta ses mains à ses lèvres, les couvrit de baisers, les posa sur sa joue avant de les lâcher et de s'éloigner.
-Veille bien sur elle, Thomas, souhaita-t-il pâle comme un linge.
-Je te le promets, jura Le jeune roi.
Hans partit à son tour, anéanti par cette séparation sous le regard triste d'Oscar et de la reine qui ressentait pour la première fois de sa vie de la compassion.
-Vous avez des regrets Sylvidra ? L'interrogea Oscar.
-Oui, avoua-t-elle dans un souffle. Et vous ?
-Chaque jour davantage, reconnut-il d'une voix sourde.
Leurs regards se posèrent sur Eliza Zone dont les larmes s'étaient mises à couler en fixant intensément la porte par laquelle son Hans était parti.
-On doit y aller Ellie, sois courageuse, intima Thomas en la serrant contre lui pour la réconforter.
Il la porta plus qu'elle ne marcha vers la sortie. Thomas fit un bref signe de tête de salut à sa grand-mère ainsi qu'au duc puis il quitta les lieux avec Ellie dont le visage était noyé de larmes.
