Chapitre 38 : l'amour et la tendresse peuvent tout guérir
Ellie, tout le temps du trajet de retour, resta blottie dans les bras de Thomas, celui-ci tentait de lui témoigner tout le réconfort dont elle avait besoin. Ses larmes n'avaient cessées de couler depuis sa séparation d'avec le capitaine de l'Arcadia. Pour Thomas aussi, cette séparation était dure, lui qui espérait depuis des mois de pouvoir enfin serrer cet homme dans ses bras, il s'était effacé pour aider les deux amoureux à passer un peu de temps ensemble. Rien que d'imaginer Isabelle Von Kiel abusant encore de son grand-père lui donnait des hauts le cœur. Il n'arrivait plus à supporter cette situation, Hans Ludwig Von Harlock avait droit à une vie heureuse et tranquille, cette torture de tous les instants était une horreur. La limousine entra dans l'ambassade lentement, les lourdes portes d'acier se refermèrent derrière elle. Thomas descendit, suivit par Ellie qui monta sans mot dire les escaliers du perron. Sandy les attendait dans le salon. En voyant le regard de Thomas, elle comprit ce qu'il s'était passé pendant la soirée. Elle lui fit un doux sourire puis ses yeux se portèrent sur Ellie qui était vraiment très pâle. La jeune femme alla s'asseoir sans dire un mot, ses larmes avaient cessé mais son moral restait au plus bas. Thomas s'installa à côté d'elle, un domestique Mazone apporta un verre d'alcool fort au jeune homme qu'il dégusta lentement.
-Ryo et Nynna ? Finit-il par demander.
-Les deux tourtereaux ne m'ont toujours pas recontacté ! Ryo doit probablement terminer d'analyser les enregistrements, indiqua-t-elle. Bien que je doute que les échanges que tu as eus avec Isabelle Von Kiel ne soient très intéressants.
-Il y avait un micro sur moi ? S'étonna Thomas.
-Bien sûr, ainsi qu'une caméra sourit Sandy. C'est moi même qui les ai installés au cas où vous auriez été obligé de vous séparer.
-Ce qui veut dire qu'ils ont tout entendu et tout vu, se désola Thomas.
-Pourquoi ? S'enquit Sandy avec un sourire canaille. Ta prestation n'a pas été bonne ?
-Non, je pense que c'était plus qu'honorable mais tringler cette nympho jusqu'à l'épuisement quel calvaire ! Ragea Thomas.
-Pardon ? S'étonna Ellie horrifiée. Tu n'as quand même pas… Avec Isabelle…Thomas, tu venais juste de découvrir l'amour avec Sandy…Elle a déjà abusé de ton grand père !... Le fait qu'elle ait pu te toucher…Mon Dieu quelle horreur !
Ellie, révoltée, sentit une violente envie de vomir lui monter à la gorge. Elle fila dans la salle de bain où elle vida le contenu de son estomac dans les toilettes. Sandy la rejoignit. Elle prit une serviette qu'elle imprégna d'eau fraiche puis elle épongea le visage d'Ellie qui était à deux doigts de s'évanouir.
-Ca va aller Ellie, ce n'est pas grave, la consola la jeune Mazone.
-Tu étais la seule à qui il s'était donné ! S'exclama Ellie en pleurs. Il était pur et cette garce a couché avec lui !
-L'un comme l'autre nous avions envisagé cette possibilité Ellie, affirma Sandy en la ramenant dans le salon.
-Qu'est-ce que tu veux dire ? S'étonna la jeune femme qui craignait de comprendre.
-Thomas est un magnifique appât auquel cette femme ne pouvait résister, c'est un Harlock, rappela Sandy calmement.
-Ne me dis pas que tu envisages de devenir l'amant de cette femme pour qu'elle ne touche plus à ton grand-père ? S'indigna Ellie. C'est hors de question ! Hans ne supportera jamais cela ! Sans compter Mark !
-Ellie ce n'est pas à toi de décider, je suis un adulte ! Affirma Thomas. Qui plus est avec ce que je lui ai mis ce soir, elle en a pour quelques jours à s'en remettre ! Elle risque même d'avoir du mal à s'asseoir.
-Elle a gouté aux contrées exotiques, réalisa Sandy en éclatant de rire.
-Et elle aime ça ! Je le lui ai tellement travaillé que pour la grosse commission cela risque d'être difficile ! Ou plus facile car il s'est considérablement élargi ! Se moqua le jeune homme .Tu vas avoir du mal à le croire ma chérie mais j'ai été le premier à passer par là !
-Il y avait donc une zone encore intacte chez elle ? S'exclama Sandy en riant. En tout cas hors de question de faire un câlin ce soir tant que son odeur est encore sur toi !
-Ne t'inquiètes pas, je vais aller me savonner à fond ! Affirma le jeune homme en souriant. Et puis je ne suis pas certain qu'il me reste encore de l'énergie.
-En tout cas hors de question que ce soit elle qui en profite un maximum, je veux ma part moi aussi mon amour, roucoula Sandy.
-Je n'arrive pas à croire que tu prennes la chose aussi bien, se désola Ellie.
-Ne t'inquiètes pas on s'y était préparé tous les deux et ce n'est pas le cul de cette nympho qui va briser notre couple ! Je sais que tu n'approuves pas mais c'est de loin la meilleure façon d'endormir sa vigilance et celle de Sylvidra. Officiellement, notre roi est ici en voyage diplomatique en vue de mettre en place des relations interstellaires et connaissant les mœurs Mazones, rien de tel que des négociations approfondies pour renforcer les alliances. Chez nous, cela se fait tout le temps et puis c'est juste le temps de récupérer Harlock ! Ensuite on le leur fera payer, ne t'inquiètes pas !
-Avec les intérêts ! Affirma Thomas en colère. De toute manière, il faut qu'elle lâche la grappe à mon grand-père, il ne tiendra plus longtemps ! Et tant que je m'occupe d'elle, elle ne risque pas de faire un enfant avec lui ! Déjà qu'il y a ma nouvelle tante qui n'est plus très loin de la sortie ! Cela va déjà être très dur pour mon grand-père alors pas la peine de rajouter un deuxième enfant issu de cette captivité.
-Elle ne le respecte pas, elle le voit comme un simple reproducteur, se remémora Ellie d'une voix sourde. Elle ne les voit lui et Oscar que comme des jouets, qu'elle peut détruire et jeter aux ordures si elle le souhaite. Je veux qu'elle paye !
Ellie planta son regard en colère dans celui de Thomas.
-Je vais lui reprendre Hans et si je peux je lui reprendrai le duc aussi ! Il ne lui restera rien ! Explosa Ellie. Et pour ce qui est de ces lois à la con instaurées par ma mère, elles voleront en éclats lorsqu'Isabelle perdra son trône et que je me serai débarrassé de Sylvidra !
-Chaque chose en son temps, nous ne devons pas nous laisser emporter par la colère ! Conseilla Thomas. Je vais me rendre au palais dès demain et je vais demander le droit d'emprunter mon grand-père pour la journée !
-Tu penses vraiment qu'elle va accepter ? Douta Ellie.
-Oh que oui ! Sourit Thomas. Malgré le fait qu'elle a tout fait en espérant me déconcentrer pendant les négociations, sa petite pipe improvisée ne m'a pas fait perdre de vue l'essentiel, mon grand-père fait partie intégrante de nos relations diplomatiques.
Il bondit joyeusement du divan puis se planta devant Ellie.
-Je vais enfin avoir le droit d'être avec mon papy ! J'ai hâte ! Se réjouit le jeune homme. Je sens que je vais avoir toute la journée de demain avec lui !
-Je te le souhaite mon chéri ! Approuva Ellie, heureuse pour lui en le serrant dans ses bras.
Le jeune homme embrassa son ancienne nourrice, fit un discret baiser sur la joue de Sandy puis il fila à toutes jambes à travers les escaliers afin de se rendre dans la salle de bain. Il souhaitait plus que tout retirer l'odeur de cette femme de sur son corps puis de prendre une bonne nuit de sommeil afin de bien profiter de la journée du lendemain.
-Il est mignon avec son enthousiasme mais en théorie demain on doit comparer nos productions et regarder pour des éventuels échanges commerciaux, rappela Sandy en faisant un clin d'œil à Ellie.
-Je peux m'en charger, proposa Ellie en le lui rendant. Cela lui ferait tellement de bien de pouvoir être avec lui. En revanche je ne sais pas si le terme de papy ne risque pas de faire un peu grincer des dents mon amour.
-C'est vrai que le pauvre à quarante-six ans, se faire appeler papy par un gaillard qui en parait vingt, la pilule va être dure à avaler ! S'esclaffa Sandy.
-Mais c'est pourtant ce qu'il est, son papy, approuva Ellie en riant.
Thomas fut le premier debout, il se chargea de réveiller Sandy puis son ancienne nourrice qui grogna un peu étant donné l'heure plus que matinale. Elle se leva finalement en trainant des pieds et rejoignit les deux amoureux dans le salon pour prendre le petit déjeuner. Une heure plus tard, ils quittaient l'ambassade pour le palais royal où Isabelle et Sylvidra les attendaient de pied ferme. Ils furent emmenés dans une salle de réunion très grande. En son centre se trouvait une imposante table en bois, massive, recouverte d'une nappe moirée d'un vert profond. Il y avait plusieurs secrétaires et après des salutations polies, l'ensemble des personnes s'assit. Ellie remarqua que la jeune reine était plus lente que Sylvidra à s'asseoir qui pourtant aurait dû être à sa place beaucoup plus lente à s'installer étant donné son ventre devenu très imposant. Thomas regarda amusé, Isabelle se dandiner sur sa chaise, elle ne semblait pas vraiment savoir comment s'installer. Il sourit, il avait pris garde de ne pas l'abimer mais les sensations au niveau de son popotin devaient être plus qu'étranges pour qu'elle bougeât sans arrêt.
-Nous pouvons passer aux relations commerciales, proposa Isabelle.
-En fait je ne compte pas prendre en charge ce dossier, Ellie et Sandy s'en chargeront, décida Thomas.
-Dans ce cas, pour quelle raison t'es-tu déplacé ? S'étonna Isabelle.
-Pour mon grand-père, révéla Thomas en souriant.
-Encore ! S'impatienta Isabelle. C'est une manie chez toi !
-Je t'en prie, d'après le traité que j'ai négocié hier soir et qui est entré en vigueur ce matin à huit heures, étant un proche parent de Hans Ludwig Von Harlock, j'ai le droit de passer une journée avec lui par semaine ! Rappela Thomas.
-Pardon ? Explosa Isabelle. Qu'est-ce que c'est que cette histoire Sylvidra ? Il me semblait que vous étiez la reine des négociatrices !
-J'ai dû céder sur ce point il refusait de lâcher le morceau ! Se défendit Sylvidra.
-J'en connais une autre qui incapable de lâcher le morceau, ricana Thomas. Elle fait tout pour l'avoir en bouche et elle ne lâche qu'une fois qu'elle est rassasiée ! Eh oui ma belle, même votre délicieuse pipe faite sous la table à la sauvette ne m'a pas empêché de garder en tête l'essentiel ! Je veux mon grand-père !
Ellie en entendant cela rougit comme une tomate tandis que Sandy ne put s'empêcher d'éclater de rire.
- Je suis désolée mais il va falloir que tu acceptes une garde partagée de ton précieux jouet ! Insista la reine des Mazones.
-Comme tu voudras ! Je n'ai pas le choix ! Céda Isabelle.
Elle alluma l'appareil de communication.
-Faites venir Harlock immédiatement ainsi que le duc de Péhant ! Ordonna-t-elle sèchement.
Quelques minutes plus tard, les deux hommes entrèrent. En voyant son grand-père, Thomas se rua hors de son fauteuil et se jeta sur lui en le serrant contre son cœur.
-Mon papy, enfin ! Se réjouit-il en déposant des bisous sur sa joue gauche.
-Bonjour mon grand, le salua Hans quelque peu surpris.
Il regarda vers Ellie qui lui fit un grand sourire qui agaça Isabelle. Harlock rendit son étreinte à son petit-fils, ému. Il ne s'attendait pas à une telle visite.
-Je rêve là ! Il lui fait des bisous ? S'indigna Isabelle.
-Que veux-tu ? Tous les mâles de cette famille ont tendance aux câlins ! Affirma Sylvidra. Il ne fait pas exception à la règle !
-C'est étrange, ça me donne l'illusion de serrer mon papa dans mes bras, avoua Thomas en souriant.
Cette remarque attrista Ellie qui baissa les yeux. Le petit ne pouvait avoir de vrais contacts avec son père, il était donc normal que le capitaine joue ce rôle. Sylvidra se racla la gorge, embarrassée tandis que Hans resserrait son étreinte.
-Vous m'écœurez tous les deux ! S'exclama Isabelle avec un rictus de dégoût. Allez vous câliner ailleurs ! Tu es libre pour la journée Hans. En revanche il faut que tu sois rentré pour sept heures !
Thomas, une fois la permission donnée, ne réfléchit plus avant, pris la main du capitaine de l'Arcadia dans la sienne puis se rua à l'extérieur avec son grand-père. Celui-ci entrainé par le jeune roi ne comprenait pas trop la situation. Il n'arrivait pas à croire qu'il était autorisé à passer une journée entière avec son petit-fils. Cela le comblait de joie mais en même temps cela l'effrayait un peu, il craignait un nouveau piège de sa geôlière ou de sa complice. Thomas s'engouffra dans la limousine, entrainant son grand-père qui s'installa à côté de lui.
-Où est-ce qu'on va ? S'enquit Harlock en riant d'incrédulité.
-Au parc d'attractions ! Décida le jeune homme.
Il se tourna vers lui puis lui fit un franc sourire.
-On va avoir la journée pour nous en totale tranquillité ! J'espère que tu as bien dormi la nuit dernière et que l'on va pouvoir s'amuser à fond ! Souhaita Thomas.
-Etrangement j'ai eu une paix royale ! Révéla Hans. Elle a filé dormir sans même faire un arrêt dans son harem.
-On va enfin apprendre à se connaitre tous les deux ! Se réjouit Thomas. En prime on va pouvoir discuter tranquillement pour un plan de sauvetage te concernant.
-Thomas…Hésita Hans.
Il réfléchit quelques instants puis en voyant un bloc note accompagné d'un stylo, il s'en empara et griffonna rapidement un message :
« On m'a installé un micro et un traceur juste avant de m'amener »
Il tendit le mot au jeune homme en lui faisant un triste sourire.
-Ne t'inquiète pas pour ça ! Affirma Thomas en riant. Je m'attendais à un coup de ce genre. Cette limousine est équipée d'un neutralisateur mis au point par Ryo. Le traceur fonctionne mais plus le micro !
-Tu m'en voies soulagé, soupira Harlock.
Il posa l'arrière de son crâne sur l'appui-tête puis il ferma l'œil, savourant l'instant présent.
-Je ne te poserai pas de questions pour savoir comment cela se passe avec cette nympho mais tu as vraiment l'air d'être à bout, s'inquiéta Thomas.
Hans sourit, il prit la main de son petit-fils dans la sienne.
-Ne t'en fais pas pour cela, je tiendrai ! Affirma-t-il. Je suis tellement content que tu sois là en ce moment et en même temps un peu en colère, j'avais interdit à quiconque de tenter d'intervenir pour me sauver !
-On a un plan et il va marcher ! Soutint Thomas. Fais-nous confiance, on va te sortir de là ! Mais pour l'instant à nous le grand-huit !
La limousine venait d'entrer dans la zone de stationnement du parc d'attractions. Hans descendit accompagné par son petit fils qui l'entraina à l'entrée où il acheta les tickets. Hans sourit, même si Thomas avait la taille d'un adulte et son comportement, il avait encore un côté enfantin ce qui rassurait un peu le capitaine. Le petit avait grandi trop vite et il espérait bien qu'il prenait la peine de s'amuser de temps en temps. Les deux hommes entrèrent dans le parc. Il y avait beaucoup de monde. Thomas mena son grand-père jusqu'à la file d'attente du grand huit où le préposé à la sécurité chargé d'autoriser les personnes à monter les regarda interloqué, se demandant si il ne devait pas envisager de laisser l'amant royal et son petit-fils passer en priorité. Thomas lui fit un signe négatif de la main alors qu'ils prenaient place dans la file.
-Cela risque de ne pas être très discret pour discuter, douta Hans. Une file où tout le monde peut entendre.
-Ca dépend si les oreilles sont amies ou pas, entendit-il murmurer à son oreille.
Il se tourna vers l'opportun et sourit en voyant qu'il s'agissait de Camus accompagné par Milo.
-Bon sang ! Cela faisait longtemps Camus ! Salua-t-il son ancêtre en le serrant dans ses bras.
-On est là pour faire tampon ! Indiqua Milo. Dis-toi que l'on va pouvoir parler en toute sécurité ! Regarde devant toi !
Le capitaine obéit et rit en reconnaissant le général Martin et Elliot Grant.
-Apparemment vous aviez tout prévu ! Et mon Ryo ? S'enquit-il inquiet. Comment va-t-il ? Est-ce qu'il a des séquelles ?
-Il boîte encore un peu et il se fatigue un peu vite mais cela va passer, le rassura Elliot.
-J'ai réussi à freiner ces saletés de nanos, juste à temps, encore un peu…S'angoissa Harlock.
Le capitaine soulagé tout en étant rongé par la culpabilité vacilla un peu et fut rattrapé par Camus qui le serra contre lui.
-Tout va bien Hans, affirma le chevalier d'or du verseau. Ryo est vivant et d'ici quelques temps il cavalera comme un lapin ! Cesse de t'inquiéter !
-Je suppose que l'idée du parc d'attraction vient de Nynna, avança Hans en rouvrant l'œil.
-Oui, ici dans un tel raffut les micros ne servent plus à rien ! D'où le choix du grand-huit pour discuter !
Hans regarda avec quelques inquiétudes les wagonnets qui filaient à toute allure.
-Ne me dis pas que cela te fait peur ? S'exclama Thomas estomaqué.
-Je ne suis jamais monté dans ce genre de truc et l'idée de ne rien contrôler en faisant confiance à la gravité ne me rassure guère, avoua-t-il.
-On sera tous les six à bord, cela devrait te réconforter, se moqua Camus en souriant.
Le capitaine de l'Arcadia lui lança un regard noir ce qui fit rire les deux chevaliers d'or.
-Je n'ai peur de rien ! Affirma Hans alors que le préposé leur faisait signe pour monter.
Le petit groupe s'installa gardant le même emplacement afin d'éviter toute oreilles indiscrètes. Hans regarda inquiet le paysage défiler alors que le wagonnet montait la pente qui allait les mener au sommet qui leur permettrait de prendre un maximum de vitesse. Il était hors de question pour lui de se mettre à hurler. Le grand capitaine de l'Arcadia, le terrible Harlock, ne pouvait être pris de panique comme le commun des mortels. Il avait volé dans des petits appareils de chasse qui étaient beaucoup plus rapides que ce tout petit train mais en même temps, il pouvait s'éjecter et avait un parachute alors que là, en cas de problème il ne pourrait même pas dégager ses jambes de la barre de sécurité qui s'était rabattue. Et puis, de toute manière, ce genre de manège était très fiable si l'on évite de penser au terrible accident qui avait eu lieu trois semaines auparavant sur le même type d'installation et qui avait tué tous ses occupants. Proche du sommet, il était de moins en moins rassuré tentant malgré tout de garder une certaine contenance.
Peut être que si je fermais mon œil…Supposa-t-il en pensée. Mais si je fais cela, Thomas va le voir et il va se payer ma pomme ! Mon Dieu que faire on est presque en haut ? Et si je descendais ? Après tout c'est débile de balancer un wagonnet emplie de gens comme ça à une vitesse vertigineuse sans frein ! Je lui garde un chien de ma chienne à Nynna ! Je suis sûr que le grand huit c'était son idée ! Dès qu'elle peut m'asticoter elle le fait ! Elle est sans pitié cette femme !
L'appréhension du capitaine était presque palpable et ses amis avaient du mal à s'empêcher de rire. Le grand capitaine de l'Arcadia avait donc une petite faiblesse, il avait horreur de ne pas contrôler la situation. Et, bien qu'il soit un combattant aguerri, l'idée d'être balancé comme ça dans une descente infernale l'inquiétait un peu.
-C'est quoi ce fameux plan ? S'enquit-il alors qu'ils n'étaient plus qu'à quelques mètres.
Son petit-fils éclata de rire.
-Tu es bien pressé, savoure ce manège, tu vas voir c'est très amusant ! Proposa Thomas.
-Il me semblait que l'on devait discuter d'un plan, s'impatienta Hans. Ne me dis pas que tu m'as fait monter dans ce truc juste pour me tester ? Je te préviens Thomas, je vais me fâch…
La descente lui coupa le sifflet et il serra malgré lui la barre de sécurité. La vitesse était vraiment vertigineuse. Il entendait des gens hurler de peur, crier de joie, des enfants pleuraient et lui, le grand capitaine de l'Arcadia ne pouvait s'empêcher de serrer un peu les fesses. Il regardait, hypnotisé les rails défiler à toute vitesse.
Mais c'est une horreur ce truc, pensa-t-il. Qu'est-ce que c'est que ce plan à la con ?
Il commençait à trouver le temps long, ce tour de manège semblait sans fin et il se demandait quel pouvait bien être l'idiot qui avait conçu cette attraction. Lorsqu'ils arrivèrent enfin près du quai, le wagonnet s'arrêta et le capitaine ne put réprimer un soupir de soulagement. Les barres se levèrent libérant les occupants qui purent ainsi descendre. Hans se leva et regarda interloqué son petit-fils et ses quatre amis qui ne semblaient pas vouloir descendre.
-Qu'est-ce que ?...S'inquiéta-t-il tandis qu'il sentait Thomas tirer sur sa veste.
-Encore un tour s'il te plait, souhaita le jeune homme en lui faisant un grand sourire enjôleur.
-Pas de problème, accepta le capitaine. Fais le ton tour, je t'attendrai sur le quai.
-Mais je veux le faire avec toi, insista Thomas en tapotant le siège à côté de lui pour que le capitaine se rassit.
Harlock, coincé, posa ses fesses en marmonnant.
-Je commence à me dire que tu te payes ma fiole, toi, murmura-t-il.
D'autres personnes s'installèrent et la montée repris.
-Je suppose qu'Ellie t'a dit pour la fleur des anges ? Avança Thomas. On l'a retrouvé sur la planète des chevaliers d'or ! Cela n'a pas été facile pour la trouver, on a été obligé de faire des fouilles archéologiques sur plusieurs planètes avant de trouver sur Terre la réponse à nos questions.
Hans regarda intrigué vers son petit-fils.
-Qui plus est, Ellie a fait des recherches approfondies sur les reines Mazones. Sylvidra est très âgée.
-Ca je le sais, répliqua Hans. Seulement cela ne change rien à ma situation ni à celle de ma fille.
-Que du contraire ! Sylvidra est tombée enceinte bien trop tard. La naissance de mon père n'a pas eu de conséquences sur son corps, en revanche la naissance de Sylvia va abréger sa vie à point que tu ne l'imagines même pas !
-Combien ? L'interrogea Hans surpris.
-Il lui restera que quelques mois, deux ans tout au plus ! Révéla Thomas. Ce qui veut dire que le peuple Mazone n'aura pas de reine pendant dix-huit ou seize ans !
-Tu peux régner non ? Proposa Hans.
-Hors de question ! J'ai mon peuple déjà ! Les Mazones sont le peuple de ma future tante mais tu peux changer la donne ! Tu es son père, tu peux en faire une reine bonne et généreuse qui héritera tout de ton cœur et de ton âme ce qui mènera nos deux civilisations à la paix et je pense que ma grand-mère l'a compris !
-Je ne comprends pas, sans reine comment est-ce que les Mazones vont fonctionner ? S'étonna Hans
-Il faut un régent et je pense que ce sera toi ! Affirma Thomas.
-Je suis à Isabelle…Lorsque j'ai avancé cela à Sylvidra c'était sur le ton de la plaisanterie ! Avoua Hans d'une voix blanche.
-Pour combien de temps ? Dis-moi est-ce que tu as remarqué quelque chose d'étrange au niveau de ma grand-mère ? Insista Thomas. Je sais que tu ne veux pas parler de ta captivité mais je sais que cela n'a pas été sans problème, surtout avec le duc…Si il a bien tenté de te toucher comme il l'a avoué, comment ont réagi les nanos ?
Hans ne répondit pas, se demandant s'il devait dire la vérité à Thomas. De toute évidence, le jeune roi savait beaucoup de choses. Thomas grinça des dents en voyant qu'ils arrivaient au niveau de la descente.
-Plus le temps de parler ce sera pour le prochain tour ! Annonça-t-il. Ferme ton œil si cela peut te rassurer !
-Tu me prends pour qui ? Ragea Hans, vexé.
Le jeune homme éclata de rire alors que la descente commençait. Le deuxième passage fut moins éprouvant pour le capitaine, il commença même à s'amuser. En tout cas, Thomas semblait apprécier ce manège ce qui amena Hans à se détendre car il était vraiment très désireux de passer une agréable journée avec son petit-fils. Au troisième passage, il ne chercha même pas à descendre, attendant simplement le départ.
-Les nanos ont commencé leur phase d'auto destruction, annonça Hans une fois qu'ils furent à nouveau dans la montée. Sylvidra a dépêché ses deux meilleures scientifiques qui ont vertement tancé Isabelle pour avoir laissé mon….Violeur, me toucher à nouveau. Comment es-tu au courant de ce qu'Oscar m'a fait, j'ai fait comprendre à Ryo et Toshiro que je ne voulais pas que qui que ce soit l'apprenne, ni mon équipage, et encore moins toi !
-Ellie, révéla Thomas .Ne sois pas fâché après elle, je l'ai questionné en voyant son inquiétude lorsqu'elle te voyait avec le duc sur les enregistrements vidéos et elle a fini par tout me dire. Alors, la réaction des scientifiques ?
- D'après ce que m'a dit Oscar, elles ont affirmé que j'étais vital pour leur civilisation.
-Alors c'est bien cela, Sylvidra te laissera son royaume à sa mort ! Affirma Thomas.
-Je ne peux pas faire ça ! Refusa Hans glacé. La seule chose que je voudrai…
-C'est être auprès de ta petite famille, termina Thomas en souriant.
-Je ne comprends pas, pourquoi a-t-elle eu un enfant si tard ? Elle aurait pu la faire porter par une autre non ?
-En fait il est impossible de prélever d'ovocytes sur les Mazones, les ovaires sont très fragiles et le moindre prélèvement entraine leur destruction. De plus, je pense qu'elle ne savait pas les risques qu'elle courait ou elle dû le savoir très tard et pour pouvoir conforter son alliée, et ainsi gagner du temps et se ménager pour mener la grossesse à terme, elle a joué le jeu jusqu'au bout prête à la doubler dès que possible ! Avança Thomas. Personne ne peut lire dans le jeu de ma grand-mère. Elle s'adapte à chaque fois et change son fusil d'épaule dès que cela est nécessaire ! Qui plus est si cela se trouve, son état a été découvert que très récemment.
-Mais il y a les archives royales ? Douta Hans. Si Ellie a découvert ça alors d'autres…
-Bien trop tard, mon papy, affirma Thomas. Les reines Mazones vivent mille ans. Lorsque ma grand-mère t'as connu, elle approchait des huit cent ans et sa gestation l'a vidé de son énergie et ce, même si elle se sent en forme. Sylvia et toi, êtes le meilleur espoir pour le peuple Mazone !
-Je veux bien élever Sylvia, l'aimer, lui donner tout ce qu'il faut mais que l'on ne me demande pas de régner ! Espéra Hans. Je ne peux pas faire ça.
-J'ai fait surveiller le vaisseau de ma grand-mère, j'ai réussi à y faire entrer des caméras espions et il y a deux de ses chercheurs qui pourraient se charger, sous tes directives de s'occuper de la régence, mais il leur faudrait un contact journalier avec toi, cela pourrait se faire de chez Ellie. Une fois libéré des nanos, tu retourneras auprès d'elle non ? Proposa Thomas.
-Je ne pense pas, souillé comme je le suis, avoua Hans en baissant le regard. Je pense que je repartirais à bord de l'Arcadia.
-Ne prends pas de décision trop hâtive, conseilla Thomas. Elle a besoin de toi ! Et tu as besoin d'elle !
-Sauf que sans nanos, je ne serai plus que l'ombre de moi-même, affirma Hans embarrassé.
-Ellie t'aidera à te reconstruire ! Crois-moi, soutint Thomas. L'amour et la tendresse peuvent tout guérir !
-Tu es d'une touchante naïveté ! Se moqua Hans.
-Très bien, faisons un pari, retourne auprès d'Ellie et laisse-là s'occuper de toi, si j'ai tort, tu partiras mais si j'ai raison, tu seras forcé de le reconnaitre ! Proposa Thomas en souriant.
-Très bien, accepta le capitaine. Quel est ton plan avant que cette descente infernale ne recommence et nous contraigne au silence ?
-Nous allons attaquer ! Tu es aux ordres d'Isabelle, elle t'enverra combattre et ma grand-mère ne pourra pas l'en empêcher, révéla Thomas. On a ce qu'il faut pour t'affronter. Le chevalier d'or des poissons, s'est chargé de préparer autant de remède qu'il en faudra ! Milo et Camus s'infiltreront sur ton vaisseau amiral ou peu importe dans lequel tu seras, une fois à bord, l'auto destruction s'enclenchera car face à eux tu seras incapable de te défendre, Milo se chargera de la première injection, puis tu seras piqués autant de fois qu'il le faudra pour neutraliser chaque propagation du poison que ces saletés de nanos lâcheront dans ton organisme. Ensuite nous avons ordre de te ramener auprès d'Athéna ! Tu te doutes pourquoi n'est-ce pas ?
-Oui même si en théorie j'aurai dû l'ignorer, reconnut Hans.
-Tu es en train de dire que tu sais exactement ce que tu es ? S'étonna Camus.
-Disons que je le soupçonnais, je savais que je descendais d'un chevalier d'or et que donc j'avais toutes les chances d'hériter de cet étrange pouvoir mais je ne suis pas le seul à l'avoir, Ryo aussi.
Les deux chevaliers d'or se regardèrent, de toute évidence le capitaine ne savait qu'une partie de la vérité, il risquait d'avoir du mal à l'accepter si Athéna choisissait de tout lui dire.
-Oui, on a su dès qu'on l'a vu, révéla Milo. C'était visible comme le nez au milieu de la figure que ce Kimura descendait de Shiriyu.
-Où est Ryo d'ailleurs ? S'inquiéta Hans.
-Dans l'ilot, annonça Thomas. Tu veux le voir ? Je peux t'arranger une communication à partir de la limousine si tu veux.
-J'en serai ravi, reconnut Hans en lui souriant.
-Et c'est reparti ! Indiqua Thomas alors que l'attache du wagonnet qui le reliait au treuil était enlevée.
Ce fut là pour Hans, le dernier tour de grand-huit de la journée. Après cela Thomas lui fit faire toutes les attractions, de la chenille en passant par les autos tamponneuses, les descentes en mini galion pirate le long d'une rivière artificielle à grande vitesse où il se retrouva trempé, les enfants qui se trouvaient dans le galion ennemi étant ravis de pouvoir arrosé un vrai pirate, donnaient généreusement de la lance à basse pression contre le galion où se trouvait les deux hommes sans pour autant que le capitaine de l'Arcadia y prenne ombrage, rendant jet d'eau pour jet d'eau en riant, veillant à ne pas battre ces petits jeunes qui osaient le défier. Ils allèrent ensuite essayer une nouvelle attraction, les manèges qui tournaient à une vitesse folle où tous les participants se retrouvaient la tête en bas. A la fin de la matinée, Hans était épuisé et mourrait de faim. Ils allèrent donc au restaurant où leur fut servi un steak qui débordait de l'assiette avec une portion de frites géante et une chopine de bière d'un litre par convive. Lorsque le tout fut sur la table, il regarda interloqué son petit-fils mordre à pleines dents dans son steak, n'en faisant qu'une bouchée.
-Tu as pourtant fini ta croissance, rassure moi ? L'interrogea son grand-père incrédule.
-Ce n'est pas sûr, révéla Thomas en avalant la moitié de sa pinte.
-On dirait que tu as aussi hérité de la levée de coude des Harlock, sourit il en buvant à son tour.
-J'ai de qui tenir ! Se réjouit Thomas. Cette bière est délicieuse, bien fraiche, juste comme j'aime.
-Evite d'en abuser, cela fait enfler le ventre et ton physique en prendrait un coup, conseilla Hans qui était heureux pour la première fois depuis bien longtemps.
Hans vit alors son petit-fils faire un sourire canaille en regard à la tablée qui se trouvait non loin de la leur ou deux jeunes femmes d'une vingtaine d'années lui faisaient des clins d'œil.
-Méfies-toi aussi de ce genre d'embrouilles, conseilla son grand-père en riant.
-La petite blonde reluque drôlement vers toi, remarqua Thomas en souriant. Je crois que tu lui plais !
-Sans façon, refusa Hans. Va les voir si tu veux !
-Non, j'en ai bien assez comme ça et la nuit dernière m'a vidée ! Avoua-t-il.
-Tu as trop tiré sur la corde avec Sandy ? Rit son grand-père.
-C'est exactement cela, mentit Thomas après une demi-seconde d'hésitation. En tout cas je suis ravi d'être avec toi ! J'espérai cet instant depuis si longtemps ! En tout cas je ne pensais pas que tu prendrais au jeu.
-Avant que Franck et Marie ne viennent au monde, tu ne m'aurais jamais vu m'amuser dans ce genre de lieu mais je crois que la paternité m'a pas mal changé ! Avoua-t-il en souriant.
-Et cela n'en est que mieux ! Tu parais bien plus vivant et bien plus épanoui ! Affirma Thomas.
-Je le parais pas je le suis ! S'exclama Hans en riant. Mes bébés me manquent sans compter les trois petits nouveaux que je n'ai encore jamais vus !
-Cela viendra, je te le promets ! Jura Thomas alors qu'une étincelle illuminait son regard.
Les deux hommes passaient au dessert, une part de tarte aux pommes faites maison lorsque Thomas remarqua la présence d'un homme qui ne devrait pas être là étant de loin l'être le plus recherché de l'univers après le capitaine de l'Arcadia.
Alors que le capitaine s'amusait avec le jeune Thomas, Sandy et Ellie se chargeaient de comparer les productions de la planète des Mazones défaillants à celles de l'ancien Consortium et se chargeaient de négocier le prix de vente de certaines d'entre elles afin de fournir à la nouvelle planète de quoi améliorer le quotidien de son peuple. Sans se vexer, les deux amies regardèrent les deux reines partir arguant que leurs royales personnes étaient d'un rang bien trop élevé pour négocier avec elles, laissant le duc de Péhant le soin de se charger de cette tâche. Celui-ci se montrait étrangement honnête ce qui les intriguait toutes les deux, décidément elles avaient du mal à se faire à un tel changement de caractère, sans compter qu'il leur faisait de grands sourires en espérant les mettre à l'aise. Il semblait même se concentrer sur Ellie et vouloir tout faire pour lui être agréable. Von Stadt arriva à son tour et il eut la même attitude que son amant, s'excusant même auprès de son ancienne professeure d'avoir été « un épouvantable et méprisable petit con ». Les négociations se déroulaient à merveille et le bilan à la fin de la journée serait des plus positifs. A un saut spatio-temporel de là, Ryo à bord de l'ilot avait pris sa décision, même si le duc n'avait pu toucher à son ami, il préférait être dans la place afin de s'assurer que tout se passerait bien pour le sauvetage de Hans. Après tout, ils avaient le contrepoison, une balise indétectable avait été greffée près de son foie, il pouvait donc envisager de prendre le risque de finir dans le harem royal. Tout ce qu'il devait faire, c'était de faire croire qu'il avait été capturé en allant chercher une pièce. Si jamais Nynna apprenait qu'il se laissait prendre volontairement, même si c'était pour protéger son meilleur ami, elle ne le lui pardonnerait jamais de l'avoir cocufié avec une chienne pareille. Il se rendit directement auprès de Toshiro, histoire de bénéficier de sa complicité bien qu'il se doutait que l'ordinateur aurait quelques réticences vis-à-vis de son plan.
-Salut Toshiro, le salua-t-il. Alors comment se passe la journée de détente de Hans avec son petit-fils ? S'enquit-il en souriant.
-Je crois qu'il se régale ! Annonça tout heureux l'ordinateur. Regarde-moi ça comme il sourit !
L'ordinateur qui suivait grâce à la caméra implantée dans la boutonnière de Thomas les pérégrinations des deux hommes matérialisa l'image en trois dimensions face à Ryo qui éclata de rire. Certes Hans souriait, mais cela semblait être un peu forcé.
-Il fait une de ces têtes ! S'esclaffa-t-il. Je n'ai pas l'impression qu'il aime tant que cela le grand-huit !
-J'adorai ce genre d'attraction, révéla Toshiro. Mais comme nous étions recherchés par les Illumidas je n'ai pas eu l'occasion d'y retourner lorsque nous avons définitivement quitté la Terre avec l'Arcadia.
-Tu es donc adepte des sensations fortes ! Sourit Ryo.
-J'aime vivre dangereusement, ce n'est pas pour rien sui je suis tombé amoureux de la plus recherchée des femmes pirates ! Soutint fièrement l'ordinateur. Qu'est-ce qui t'amène mon ami ?
-J'ai besoin de ton aide ! Il faut que tu gardes un lourd secret pour moi, révéla Ryo contrit.
-Qu'est-ce que tu as fait ? S'inquiéta Toshiro.
-C'est plutôt ce que je m'apprête à faire qui est dangereux, révéla le jeune informaticien. Je vais me rendre sur Mars, pour rechercher une pièce et je vais faire en sorte de me faire prendre par les troupes royales.
-Tu as pété un plomb, ça ne peut être que ça, bafouilla Toshiro. Je veux dire qu'une idée pareille, c'est une folie !
-Il le faut ! Affirma Ryo. Il nous faut quelqu'un dans la place ! Affirma Ryo.
-On a Hans ! S'exclama Toshiro incrédule.
-Qui est aux ordres d'Isabelle qui se sert de lui pour le sexe et ses compétences guerrières ! Cette nympho me veut ! Et tout ce qui l'intéresse à mon niveau c'est le cul ! Je vais lui donner ce qu'elle demande !
-Enfin, Ryo, tu vas coucher avec elle et cela ne te gêne pas ? S'angoissa l'ordinateur.
-Il n'y en aura pas pour longtemps et comme ça je lui donnerai ce qu'elle demande avant qu'elle prenne le premier mec venu qu'elle trouvera à son goût pour s'offrir une partouze avec Hans ! Crois-moi, étant donné son état psychologique il vaut mieux que ce soit moi ce partenaire !
-Ryo tous les deux vous avez un lourd passif, commença Toshiro embarrassé.
-Ne sois pas ridicule je ne lui tiens pas rigueur pour le fait qu'il m'ait massacré car toi et moi nous savons très bien qu'il n'était pas maitre de ses actes ! Ce sont ses saletés de nanos qui l'ont poussé à faire ça ! Se défendit Ryo.
-Ce n'est pas à ça que je pensais…Ryo tu as étudié la programmation de ces machines, elles utilisent la notion de plaisir charnel pour obtenir une obéissance sexuelle…Hans et toi, vous avez couché ensemble…Cela ne pourra que recommencer…Surtout si il a besoin d'affection et que tu es là…Il craquera et se laissera tenté et tu ne pourras pas mettre ça sur le dos de la crazy sex…C'est volontairement, en connaissant les conséquences que tu envisages d'y aller…Vous coucherez ensemble c'est certain.
-Oui, je l'aime assez pour ça, je tiens assez à lui pour ça ! Affirma Ryo. Tout ce que je veux c'est le protéger et si je dois lui donner mon cul en échange eh bien ce ne sera pas grave car à mon avis étant donné ce que j'ai ressenti la première fois et comme j'aurai le même type de nanos, ce sera pareil pour moi…Ecoute la micro-puce que je me suis faite implanté peut nous permettre de rester en contact. Tu peux m'envoyer des messages en te servant de signaux électriques envoyés en morse que je pourrai décoder ! Je me suis même injecté une nano-caméra qui atteindra ma rétine dès que tu en donneras le signal comme cela tu pourras voir tout ce que je verrai ! Tu pourras même grâce à elle m'envoyer des messages écrits ! C'est une chance unique ! Isabelle me veut alors qu'elle me prenne !
-Hans ne va pas être content…S'attrista Toshiro. Il aura peur qu'il t'arrive du mal…A cause de moi Mimée…Il ne doit plus perdre de personnes qu'il aime sans quoi…
-Il ne me perdra pas, je serai avec lui ! Toshiro tu sais que j'ai raison ! Je t'en prie, aide moi, couvre-moi le temps de cette mission ! Supplia Ryo.
-Ryo…Je sais que toi et moi nous n'en n'avons pas parlé mais ce que t'as fait le duc…J'ai tout vu, avoua-t-il. Et je pense qu'il doit te rester pas mal de traumatismes.
-Je vais bien ! Affirma Ryo. Et ce ne sera pas dans les bras du duc que je me trouverai mais dans ceux de Hans !
-Tu ne peux pas en être certain…Si Isabelle te met avec le duc…Le dissuada Toshiro.
-Tout ce qu'elle obtiendra c'est l'autodestruction des nanos et par conséquent ma mort, et oui, je suis prêt à prendre le risque ! Soutint Ryo. Ecoute, Toshiro, je…
- Touche-moi ! Ordonna celui-ci brutalement.
-Pardon ? S'étonna Ryo.
-Touche la paroi de l'ordinateur au niveau de mon cœur artificiel…Je veux lire en toi et que tu me laisses regarder, ce ne sera qu'à ce prix que je te laisserai partir ! Décida Toshiro.
Ryo hésita quelques secondes puis il obéit, il posa sa main gauche sur le cœur artificiel de Toshiro et il sentit des ondes électriques le parcourir puis atteindre le cerveau. Ses tempes se mirent à bourdonner, il sentait une présence en lui qui se retira au bout de quelques minutes.
-Tu peux y aller, je marche dans la combine, accepta Toshiro.
-Merci, sourit Ryo soulagé.
Il quitta la salle de l'ordinateur, le cœur léger, il allait enfin pouvoir aller protéger son ami.
-Si tu savais mon pauvre Ryo à quel point tu as besoin de lui…C'est à un niveau que tu ne soupçonnes même pas, sanglota Toshiro. J'espère qu'il pourra t'aider à te remettre de ce que le duc t'a fait.
Une fois qu'il fut certain de bénéficier de la complicité de Toshiro, il descendit sur les quais où étaient stationnés l'ensemble des petits vaisseaux. Il choisit le premier qui fut sur sa route puis décolla de l'ilot. Il fit un court saut spatio-temporel puis il fonça vers Mars où il se posa non loin du parc d'attractions. Grâce à Toshiro il sut exactement où les trouver. En le voyant, Thomas faillit avaler son morceau de tarte de travers. Ryo lui fit un signe amical de la main en s'approchant. Hans en voyant son ami venir vers lui en boitant sentit son cœur se serrer. Lorsque le jeune homme fut près de leur table, il se leva afin de le prendre dans ses bras. Il le retint longuement jusqu'à ce que Thomas se raclât la gorge en constatant que les autres convives regardaient très intrigués cette longue étreinte. Hans relâcha son ami qui s'assit à côté de lui.
-Qu'est-ce que tu fais là Ryo ? Tempêta Thomas. Isabelle te recherche et…
-Je sais, le coupa l'informaticien. Mais on a vraiment besoin de ce module de surveillance et je sais où je peux en trouver un !
-C'est très risqué Ryo, s'inquiéta Hans.
-Ne t'en fait pas pour moi ! Tout ira bien ! Le rassura Ryo en souriant. J'allais en ville mais je n'ai pas pu m'empêcher de venir te voir !
-Il faut que tu fasses vite Ryo, que les troupes d'Isabelle n'aient pas le temps de te repérer ! Conseilla Thomas de plus en plus inquiet face aux murmures qui parcouraient la salle. Je te raccompagne.
-D'accord ! Accepta Ryo. A plus tard Hans.
Le capitaine de l'Arcadia regarda les deux hommes s'éloigner. Il était très inquiet et il n'aimait pas l'idée que Ryo soit seul, sans appui en cas de besoin.
-Tout ceci est bidon Ryo, grimaça Thomas lorsqu'ils furent suffisamment éloignés. Je veux bien croire que le fait que notre ancien module soit mort est problématique mais je te vois mal te mettre en danger pour un truc qui n'est pas vital…En revanche, pour mon grand-père tu serais capable de tout. Alors dis-moi quel est ton plan ? Tu comptes te rendre à Isabelle ?
-C'est exact ! Il faut juste que tout le monde croit que je me suis fait prendre pour cette histoire de module.
-Je voie, je me doute de tes raisons. Si tu as vu avec Toshiro cela ne me pose pas de problème ! Accepta Thomas. Maintenant file si tu veux que l'illusion soit parfaite !
L'informaticien lui sourit avant de s'éloigner en boitant de la jambe droite encore très abîmée par la sévère correction qu'il avait reçue du capitaine sans que celui-ci ne soit conscient de ses actes. Ryo pressa le pas, mais alors qu'il approchait de la sortie, il vit de fourgons de police se garer précipitamment, barrant la sortie. Il fit marche arrière, se mit à courir du mieux qu'il le pouvait sans savoir qu'il retournait vers le restaurant. Alors qu'il se trouvait sur une place il regarda s'approcher par toutes les rues qui menaient à celle-ci des policiers armés qui lui interdisaient ainsi toute fuite. Il sourit, attendant de tomber dans leur filet. Hans en voyant son petit-fils revenir se leva.
-Est-ce qu'il y a quelqu'un avec lui ? Interrogea Harlock son petit-fils lorsque celui-ci fut près de lui.
-Non, il est venu seul, annonça Thomas.
-Accompagne le jusqu'à son vaisseau, je ne veux pas qu'il reste tout seul ! Intima Hans angoissé.
-Il n'a pas besoin de moi, il sait se débrouiller, affirma Thomas en souriant.
-Tu te fiches de moi là ? Explosa Hans. Il est en danger ! Si tu ne veux pas l'aider, je vais le faire !
Hans se précipita à l'extérieur, son petit-fils sur les talons. Ryo avait disparu. Il entendit des cris et des gens courir arrivant de la place qui se trouvait derrière le saloon. Il se précipita dans cette direction et vit Ryo, entouré de policiers, les mains sur la tête en train de se faire fouiller.
-Ryo ! Hurla Hans alors que son petit-fils le retenait.
L'informaticien regarda du côté d'où venait le cri et fit un franc sourire à son ami alors qu'on lui passait les menottes.
-Reste-là ! Ordonna Thomas. Tu ne peux rien pour lui !
Isabelle, avertit par la police avait fait route immédiatement pour le parc d'attraction. Elle arriva dans une robe cintrée rouge au décolleté pigeonnant. Les officiers la saluèrent alors qu'elle s'approchait de cette proie si longtemps recherché. Elle tourna autour, l'observant sous toutes les coutures puis en voyant Hans elle se mordit la lèvre inférieure de désir.
-Ryo Kimura, quelle prise délicieuse, se réjouit-elle. Il semblerait que la Résistance ait à présent perdu ses meilleurs atouts, Hans et vous. Même si je me doute que son équipage est dangereux, Hans battra ses deux lieutenants sans problème.
Elle posa sa main sur la joue du jeune homme qui la regardait avec mépris.
-Tu peux jouer les rebelles mais une fois sous nanos, tu m'obéiras gentiment comme ton grand copain ! Emmenez-le au vaisseau de Sylvidra ! Ordonna-t-elle. Qu'on lui implante les nanos, qu'elles soient programmées et qu'il soit ensuite amené au harem royal !
-A vos ordres ! Obéit le lieutenant sexaroïde en poussant Ryo devant lui.
Elle fit un clin d'œil au capitaine de l'Arcadia qui regarda écœuré son ami être emmené dans la même prison que la sienne.
