Chapitre 44 : L'amant
Patrick Coste après l'étude du dernier dossier, s'était installé sur le canapé afin de déguster un savoureux café qu'il sirotait doucement en respirant profondément, les yeux fermés. Il entendit la porte s'ouvrir puis il soupira en reconnaissant le pas de l'homme qui venait d'entrer. Ernst Cutler regarda un long moment son amant, en gardant le silence le temps que celui-ci finassât son café. Patrick ouvrit les yeux, attendant qu'Ernst se décidât à mettre sur le tapis la raison de sa présence au bureau plutôt que de l'attendre à leur domicile comme il le faisait chaque jour depuis que Patrick était entré en politique. Sur cette planète contrairement à celles dépendant du Consortium, leur relation n'avait pas été cachée et n'avait en aucune façon gêné la carrière politique du jeune homme. La population trouvant rassurant qu'à son âge Patrick ait une vie de couple stable lui avait confié la destinée de la planète en toute confiance et ne l'avait jamais regretté. Seulement depuis quelques temps certains tabloïds affirmaient que le couple du jeune homme battait de l'aile et que contrairement aux apparences il était déjà très fragilisé avant qu'il ne soit élu. Certains journalistes avaient même débusqué son attirance pour le capitaine de l'Arcadia lorsque celui-ci était son professeur pendant son bref séjour à l'académie militaire. L'attachée de presse lui avait fortement conseillé de démentir ce genre de rumeur mais le jeune homme refusait de mentir arguant qu'il n'avait pas à avoir honte d'un sentiment aussi noble que celui qu'il avait ressenti pour Harlock tout comme il ne pouvait nier que son couple connaissait des problèmes. Cependant il ne tenait pas à ce que la raison de ses soucis personnels ne s'ébruite. Le temps avait passé depuis son installation avec Ernst sur Destiny et celui-ci se montrait de plus en plus exigeant dans des domaines que Patrick ne se sentait pas encore prêt à affronter. Son amant se montrait de plus en plus pressant, lassé d'attendre que Patrick se décidât à accepter certaines choses dans leurs relations intimes que le jeune homme ne se sentait plus capable de faire depuis que Von Stadt l'avait grièvement blessé. Il regarda vers Ernst en soupirant.
- Il est prêt de minuit Patrick, tu comptais encore rentrer à plus d'heures ? Grinça Ernst les dents serrées par la colère.
-J'avais beaucoup de travail, se justifia Patrick en posant sa tasse sur la table. De toute manière tu as toi aussi en ce moment beaucoup de travail au laboratoire. Je ne pensais pas être si en retard.
Il se leva afin de retourner à son bureau mais Ernst l'enlaça avant qu'il ne l'atteigne.
-Le boulot n'est qu'une excuse, tu m'évites carrément ! Ragea Ernst. J'en ai assez Patrick ! Tu crois que je ne vois pas comment tu dévores du regard le capitaine de l'Arcadia !
Patrick scandalisé plaqua sa main sur la bouche du jeune homme.
-Tu vas arrêter cette crise de jalousie tout de suite tu entends ! Ordonna-t-il sèchement. Un journaliste pourrait t'entendre et la presse en fait déjà ses choux gras je n'ai pas envie que tu en rajoutes une couche !
Ernst en colère dégagea la main de ses lèvres puis plaquèrent celles-ci sur la bouche de Patrick pour l'embrasser fougueusement pendant de longues minutes.
-Tu peux me dire ce que ce mec défiguré a plus que moi ? Ricana Ernst. Certes il a du charisme et du charme mais il a l'âge d'être ton père !
Patrick en colère se détacha de son compagnon afin d'aller fermer les rideaux de la baie vitrée en se servant de la commande murale puis il alla vérifier les couloirs. Heureusement à cette heure-ci, ils étaient déserts et Patrick retourna auprès de son petit ami en pensant qu'ils étaient tous les deux seuls. Il n'avait pas vu un homme se cacher fugitivement dans l'ombre puis s'approcher du bureau afin d'écouter ce qu'il s'y disait. Patrick en colère s'approcha de son amant
-Ca suffit Ernst ce n'est pas un endroit ni le moment pour discuter de ce genre de choses ! Explosa Patrick.
-Ce n'est jamais le moment ! Tu t'arranges pour rentrer très tard tous les soirs et nous n'avons plus de relations sexuelles depuis que la Résistance a pointé le bout de son nez sur notre planète ! Tu n'en as que pour eux et moi, tu me négliges !
-Pour ce qui est de nos relations sexuelles, je serai peut-être plus motivé si tu ne me demandais pas des trucs que je ne peux plus faire ! Cria Patrick.
-Tu as été soigné, ton corps s'est parfaitement remis, les médecins t'ont assuré qu'il n'y aurait aucun problème ! Je crois plutôt que tu n'as pas envie de moi surtout ! Affirma Ernst jaloux. Si c'était Harlock qui te proposait de coucher avec lui tu ne le repousserais pas !
-Cela n'a rien à voir avec Harlock ! Soutint Patrick en colère.
-Dans ce cas c'est qui ? Soupçonna Ernst. Tu as suivi une thérapie, tout semblait enfin pouvoir revenir à la normale entre nous et puis une fois l'Arcadia revenu c'était terminé !
-Je te signale que quand l'Arcadia est parvenu jusqu'à nous c'était sans son capitaine alors ne le mêle pas à nos problèmes de couple ! Exigea Patrick.
-Ouais, alors c'est qui ? Ryo Kimura ? Ricana Ernst. Il est mignon mais ce n'est pas vraiment ton type…Il reste le fameux commandant du Pearl, Elliot Grant. Tu me trompes avec lui ?
-Je n'ai pas de liaison, gronda Patrick. Maintenant rentre chez nous !
-Et si je refuse ? Menaça Ernst. J'en ai assez d'attendre que tu viennes passer la nuit avec moi, assez que sans arrêt tu refuses de faire l'amour parce que tu es trop fatigué pour cela. Cette fois-ci, tu vois, je suis venu directement vers toi, cela t'éviteras la fatigue du trajet en plus tu m'as l'air en pleine forme. Ton bureau est insonorisé, on pourrait le faire ici !
-Tu veux m'imposer un rapport sexuel ? S'exclama Patrick en colère. Je crois que cette fois-ci c'est bel et bien fini entre nous !
-Ne déforme pas mes propos ! Insista Ernst en se collant à lui. J'ai vraiment envie de toi et je deviens fou à attendre que tu te décides à m'accorder un peu de ton temps. Il me semblait qu'on s'était mis ensemble parce qu'on s'aimait tous les deux alors pourquoi ai-je l'impression que mes sentiments ne sont pas réciproques ? L'interrogea-t-il en déposant des baisers gourmands sur sa gorge. Je ne te demande pas grand-chose, juste une petite demi-heure de ton temps. Je t'aime tant Patrick, je ne supporte plus le fait que tu me repousses sans arrêt.
-Une demi-heure cela ne te suffira jamais, plaisanta Patrick en souriant avec douceur.
Ce doux sourire fit fondre le cœur de l'homme qui observait toute la scène tristement, jalousant l'homme qui tenait le dirigeant politique de la planète dans ses bras. Patrick embrassa Ernst avec fougue tandis que celui-ci défaisait les boutons de la chemise du jeune homme afin de glisser ses mains en dessous. Il commença à caresser cette peau veloutée en remontant de la taille puis tout le long du dos. L'homme comprenant que les deux amants allaient passer aux choses sérieuses s'éclipsa pour ne pas assister à une chose qui allait lui crever le cœur. Les deux hommes se déshabillèrent mutuellement, Ernst entrainant l'homme qu'il aimait vers le canapé sans cesser de l'embrasser. Ivre de caresses, Patrick se laissa faire, lorsqu'Ernst glissa sa main dans son pantalon pour s'emparer de son intimité qu'il caressa voluptueusement. Patrick gémissait d'excitation, les câlineries de son compagnon le rendaient fou de désir. Ernst embrassait avec délicatesse se torse finement musclé, descendant vers les abdominaux puis vers la verge que sa main avait sorti de sa cache. Ses lèvres s'en emparèrent, sa langue l'effleurant avec amour, la titillant, entourant le gland le noyant de plaisirs sensuels qui faisaient gémir Patrick. Celui-ci sentait qu'il allait perdre le contrôle, aussi, éloigna-t-il Ernst puis l'invita à s'installer à côté de lui. Il l'allongea sur le divan en l'embrassant fougueusement tout en caressant de sa main l'intimité du jeune Ernst qui était durcit par le désir. Il était vrai que de revoir l'Arcadia avait perturbé Patrick et le magnifique regard d'Elliot Grant le troublait énormément mais il n'avait jamais cédé à la tentation, d'ailleurs celui-ci ne lui avait jamais fait d'avances. Sa main sortit l'organe du jeune homme qui palpitait entre ses doigts. Il le caressa de haut en bas de manière régulière en accélérant progressivement pendant que sa langue s'attardait sur un mamelon qu'il torturait avec délice. Il sentit Ernst lui baisser le pantalon puis s'emparer de ses fesses qu'il étreignait avec désir.
Nous y voilà, pensa Coste tristement
Il était vrai qu'avant ce que lui avait fait subir Von Stadt, Patrick se faisait pénétrer par Ernst sans hésiter, en y prenant beaucoup de plaisir, son amant se délectant tout autant de ce genre de rapports intimes. Le problème de leur relation venait en grande partie de cela, Patrick ne supportait pas l'idée de pratiquer à nouveau ce genre de rapports intimes. Lorsqu'ils avaient recommencé à faire l'amour, des mois après sa totale guérison, c'était lui qui pénétrait Ernst et il avait refusé que celui-ci en fasse autant avec lui. Il avait espéré que son amant se ferait une raison mais il n'en n'était rien. Ernst gémissait de plaisir, il s'empara de la verge de son amant pour la caresser avec délice pendant de longues minutes puis deux de ses doigts se glissèrent entre les fesses du jeune homme dans le but de le pénétrer un peu afin de le préparer à la suite Mais Patrick, aux aguets, l'arrêta, son regard terrifié se plantant dans celui de son amant.
- Je ne peux pas Ernst et tu le sais, reprocha-t-il en s'éloignant.
Il vit de la déception dans le regard du jeune homme mais celui-ci ne répliqua pas se contentant de l'embrasser avec fougue.
-Ce n'est pas grave, accepta Ernst en murmurant. Je t'aime, je ne renoncerai jamais à toi.
Pour prouver ses dires il couvrit la gorge et le torse de son amant de baisers passionnés. Patrick se laissa faire, quelque peu rassuré, tant qu'Ernst n'exigeait pas de lui ce genre de chose, il pouvait s'unir à lui sans crainte. Il allongea Ernst, se plaça au-dessus de lui puis l'embrassa, sa langue titillant avec passion celle de son amant. Il rompit le baiser, aida son amant à retirer son slip et son pantalon puis ses doigts se glissèrent dans l'intimité du jeune homme, le câlinant en douceur. Patrick lubrifia son membre puis délicatement il pénétra son amant. Ses coups de rein faisait gémir Ernst de plaisir qui haletait sous les coups de butoir qui accéléraient lui procurant un plaisir inégalé. Tout en bougeant, Patrick caressait la verge de son amant. Leur relation fut intense, longue, Patrick contrôlant sa respiration, baissant le rythme lorsqu'il se sentait sur le point de partir puis accélérant à nouveau lorsque les choses se calmaient quelque peu. Ils finirent par jouir ensemble. Patrick trouva refuge dans les bras de son compagnon qui l'enlaça tendrement caressant la chevelure brune qui reposait sur son torse. Ernst craignait plus que tout de perdre cet homme et plus d'une fois en le voyant soit auprès d'Harlock soit auprès d'Elliot Grant, il avait remarqué son trouble et il angoissait de constater que Patrick semblait de plus en plus attiré par le jeune gradé bien qu'il soutenait le contraire. Ernst le sentait, il ne faudrait pas grand-chose pour que son amant ne succombe aux charmes du très blond capitaine du Pearl dont le regard d'un bleu profond troublait pratiquement tous ceux qui le regardait dans les yeux. Au bout de plusieurs minutes, Patrick se releva en souriant à son compagnon.
- Il faudrait que tu nettoies tout cela sans en mettre sur le canapé, remarqua-t-il en souriant tout en désignant le liquide séminal qui maculait encore le torse de son amant.
Il prit un mouchoir dans la boîte qui se trouvait sur la table en bout de canapé et s'essuya le liquide blanchâtre qui se trouvait sur sa joue. Il tendit la réserve à son compagnon pour que celui-ci prélevât ce qui était nécessaire pour effacer toutes traces de leurs ébats. Ernst lui sourit en tirant deux trois mouchoirs. Il ramassa sur son torse le liquide puis se leva à son tour. Les deux amants se rhabillèrent sans dire un mot. Une fois apprêté, Ernst enlaça son compagnon puis l'embrassa passionnément. Il lui sourit avec amour.
- Je t'attends dans la voiture, proposa-t-il en relâchant enfin son étreinte.
Il sortit de la pièce laissant son amant réunir ses affaires. Patrick le regarda s'éloigner tristement. Décidément il le sentait, son couple était au bord de l'explosion. Il regarda tristement le mouchoir maculé de liquide puis le jeta dans la corbeille avec amertume. C'est vrai que leurs rapports étaient toujours aussi agréables mais il le sentait Elliot Grant gagnait de plus en plus de terrain dans son cœur et il ne tenait vraiment pas à faire souffrir Ernst. Dépité il éteignit la lumière puis ouvrit les rideaux. Il regarda pendant de longues minutes la cité illuminée puis il quitta son bureau. Il rejoignit Ernst dans le parking. Celui-ci se chargea de les ramener à la maison qui se trouvait dans une banlieue très chic de la capitale où l'on ne pouvait pénétrer qu'en entrant un code connu des seuls résidents et des domestiques. Les deux hommes prirent une douche puis se couchèrent, Ernst enlaçant tendrement son amant sans se douter que celui-ci allait passer une nuit blanche par crainte qu'Elliot Grant ne vienne encore hanter ses rêves de sa sensualité sauvage, la même que celle du capitaine de L'Arcadia.
Les jours suivants, la vie repris son cours. Elliot Grant étant chargé par le général Martin de gérer les troupes et le matériel, celui-ci se trouvait très souvent au siège du gouvernement à commander du matériel de guerre, et à gérer le budget de l'armée ce qui le mettait en contact direct avec Patrick Coste qui avait de plus en plus de mal à cacher son attirance pour cet homme. Alors qu'il devait montrer les plans des nouveaux vaisseaux et les expliquer au chef du gouvernement du mieux qu'il le pouvait, Elliot patienta jusqu'à la fin de la réunion avant d'entrer dans le bureau de Patrick Coste. Celui-ci venait de décider avec son gouvernement du budget à tenir pour le second semestre de l'année. Il appréhendait de se retrouver seul avec le jeune officier mais il n'en montra rien à l'ensemble des femmes et des hommes présents qui appréciaient son calme ainsi que sa grande intelligence politique sans compter sa rigueur dans les affaires. La réunion se termina à onze heures précises. Lorsqu'Elliot entra dans la pièce le cœur de Patrick eut un temps d'arrêt, il tremblait imperceptiblement et son cœur battait plus vite dans sa poitrine. Il salua malgré tout l'ensemble des personnes présentes sans que cela ne se voie. Quelques jeunes femmes bien que connaissant son inclination ne pouvait malgré tout s'empêcher quelques œillades involontaires qui le faisaient sourire avec douceur. Elliot attendait près du bureau en regardant le jeune homme qui saluait ses alliés en ayant pour chacun des propos aimables et de plaisanteries destinées à détendre l'atmosphère après cette longue réunion. Une fois la dernière personne partie, la porte fut refermée et les deux hommes se retrouvèrent seuls. Patrick par crainte que ses sentiments ne se dévoilent faisait tout pour éviter de croiser le regard de cet homme qui le troublait tant. Il retourna à son bureau. Une fois qu'il fut installé, Elliot ouvrit la pochette puis déplia les plans sur le sous-main. Elliot se pencha alors et expliqua longuement au chef du gouvernement la constitution de son vaisseau et son fonctionnement. Pendant ce temps qui parut interminable mais aussi trop court au jeune Patrick celui-ci sentit le souffle doux du jeune officier sur sa joue, lui caresser le visage. Elliot s'était placé derrière la chaise du responsable politique et ses doigts élégants suivaient les courbes du vaisseau en détaillant chaque fonction. Patrick avait de plus en plus de mal à se contenir, il avait une envie folle de dévorer les lèvres de l'officier mais il tint bon et lorsqu'Elliot ayant terminé son exposé s'éloigna il entreprit de le questionner pour calmer le désir qu'il sentait poindre et augmenter de secondes en secondes.
- Est-ce que ce sont les plans définitifs ou est-ce qu'Ellie apportera encore des modifications ? S'enquit-il calmement
-Pour l'instant ce n'est qu'une ébauche, elle m'a confié les plans pour que vous voyez l'avancée des recherches et que je commence à réunir la quantité de minerai nécessaire, indiqua Elliot d'une voix douce.
-Très bien, les chercheurs ont trouvé des astéroïdes disposant de celui-ci, il y en a aussi au niveau d'une des lunes de Paradizia. Je vais ordonner son exploitation dès que possible.
-Il faudrait aussi de gros diamants d'Oxalin pour les nouveaux canons, indiqua Elliot troublé de voir que le chef du gouvernement fuyait son regard.
Celui-ci se leva pour se servir un verre d'eau.
-Vous en voulez un ? Proposa Patrick à l'officier.
-Non, merci déclina celui-ci en s'approchant.
Il se plaça vraiment très prêt du politicien qui, la gorge sèche, troublé par cet homme, but son verre d'un trait et s'en servit un second qui suivit le même chemin que le premier. Il poussa ensuite un soupir de lassitude. La situation devenait intenable pour lui. Heureusement qu'Elliot ne lui faisait pas d'avances sans quoi il aurait déjà succombé et lui aurait sauté dessus au risque de se faire surprendre par une des deux secrétaires qui étaient sous ses ordres. Elliot l'observait avec attention et lorsqu'en voulant retourner à son bureau le regard du jeune Patrick Coste croisa le sien il y vit très nettement du désir mêlé à de la honte. Le cœur de l'officier bondit de joie dans sa poitrine. Lui qui avait succombé aux charmes de cet homme presque dès le premier jour où il l'avait rencontré découvrait avec bonheur que cette attirance était réciproque. Et comme il savait pour avoir entendu Patrick se disputer avec son compagnon la veille au soir, qu'il avait des problèmes dans son couple il pensa avec joie qu'il avait peur être une chance de faire le bonheur de cet homme. Il le regarda retirer sa veste, la poser sur le dossier de son siège puis se rasseoir à son bureau. Elliot devait y aller en douceur sans le brusquer, il craignait plus que tout de le blesser et il savait que depuis qu'il avait été agressé par Von Stadt qu'il était grandement fragilisé. En repensant à ce que Patrick avait enduré il sentit une vague de colère l'envahir qu'il réprima du mieux qu'il put puis il s'approcha. Une fois qu'il fut assis dans le fauteuil face au bureau, Patrick repris
- Pour l'Oxalin, nous sommes toujours à la recherche de mines disposant de pierres dont la taille conviendrait aux canons, affirma Patrick embarrassé. Dès qu'on les aura trouvées on enverra des hommes les récolter mais pour le moment nous sommes bloqués. Commencez dès à présent à récupérer le minerai et à couler les bobines de tôles qui serviront pour la réalisation des vaisseaux, ordonna Patrick.
-A vos ordres, s'inclina Elliot. Vous terminez à quelle heure ce soir ?
-Je ne sais pas, avoua Patrick. Depuis quelques temps je passe plus de temps à mon bureau que chez moi. Pourquoi ?
-Je devrai vous amener dès ce soir les plans du deuxième projet d'Ellie qui nous fournira des armes supplémentaires contre l'armée de Sylvidra et les Illumidas survivants si ceux-ci tentent quoi que ce soit. A ce soir monsieur, révéla Elliot en souriant.
-A ce soir, le salua Patrick d'une voix blanche.
Il regarda le jeune officier quitter la pièce puis il prit sa tête entre ses mains. Il commençait sérieusement à s'inquiéter, doutant de pouvoir résister longtemps aux charmes de ce jeune homme blond au sourire ravageur et à l'élégance raffinée. Il fallait dire ce qui était Elliot Grant était d'une grande beauté, grand, blond, les traits distingués, un corps harmonieux, très élégant et on pouvait sentir en lui une grande force liée à l'entrainement militaire qu'il avait subi sous les ordres d'Harlock. Patrick défit le nœud de sa cravate puis ouvrit le bouton du col pour se faire un peu d'air. Il craignait fortement ce que la soirée lui réservait. Il passa la journée à travailler sur ses dossiers en prenant soin d'oublier un peu l'officier qui occupait son esprit. Lorsque la nuit tomba sur la capitale, il pensa avec soulagement que Grant l'avait oublié. Il se prépara un café après l'étude du dernier dossier qu'il sirota en admirant la ville illuminée. Alors qu'il terminait sa tasse, la lumière fut coupée dans son bureau. Il se retourna et aperçût une silhouette qui se glissait à l'intérieur de la pièce. Celle-ci ferma la porte pour avoir un peu d'intimité avec l'objet de son désir. Patrick déglutit difficilement, il avait parfaitement reconnu Elliot Grant. Il regarda, fasciné celui-ci s'approcher de lui. Elliot constatant que Patrick ne semblait pas refuser sa présence, l'enlaça puis leurs lèvres s'unirent en un baiser passionné. Le jeune officier goûtait avec délice la langue de l'homme dont il était tombé éperdument amoureux. Il le sentait, Coste était parfaitement réceptif et répondait au baiser avec fougue sa langue titillant celle d'Elliot avec délice. Le jeune officier n'y tenant plus glissa sa main sous la chemise du politicien qu'il caressa avec plaisir savourant cette peau qu'il désirait depuis si longtemps. Patrick réalisa ce qu'il était en train de faire et rompit le baiser, essoufflé, les yeux luisant de passion mais refusant de faire une telle chose à son compagnon
- Je ne peux pas faire ça, murmura-t-il. Je ne suis plus célibataire Elliot. Je ne veux pas faire souffrir Ernst.
-Est-ce que vous l'aimez encore ? L'interrogea le jeune officier sur le même ton.
-Je ne sais pas, on a des difficultés mais je ne veux pas tout jeter aux orties comme ça, il ne mérite pas ça, insista Patrick sans pour autant se détacher de l'étreinte du jeune officier.
-Contrairement à lui, je suis un homme patient, Patrick. Je vous aime et je sais que c'est réciproque
-Non, vous n'avez pas le droit de dire cela, réfuta Patrick. Je ne vous connais pas vraiment, ce que je ressens c'est surtout une attirance sexuelle, rien de plus.
-Alors laissez-la s'exprimer, il est évident que cela ne va plus très bien de ce côté-là avec votre compagnon. Je l'ai vu vous harceler…Je sais que ce que vous avez subi vous bloque et croyez moi ou non mais ce n'est pas avec lui que vous vous en remettrez, sa présence vous rappelle sans cesse ce qui vous est arrivé, affirma Elliot en déposant des baisers gourmands sur sa gorge. Laissez-moi vous aimer Patrick, je saurai vous aider. Je sais que vous ne le désirez plus, si c'est moi que vous voulez, je suis tout à vous.
Patrick se sentait partir, il le désirait tellement. Ses sens enflammés, il céda embrassant avec une fougue sans limite le jeune officier qui répondit à ce baiser avec délice. Ne pouvant plus résister il ouvrit la veste d'officier brutalement puis la chemise en arrachant les boutons qui atterrirent bruyamment sur le sol tandis qu'il poussait Elliot vers le canapé qui allait accueillir leurs ébats passionnés. Elliot ne fut pas en reste pour dévêtir le jeune homme lui enlevant la chemise et ouvrant le pantalon pour y plonger sa main afin de s'emparer de la verge de l'homme qu'il aimait déjà prête à l'amour. Elliot s'assit, Patrick installé à cheval sur ses genoux face à lui. Sans hésiter le jeune politicien plongea à son tour sa main dans le pantalon d'Elliot pour s'emparer de son organe et le caresser avec force. Il perdait toute mesure tant son désir était grand. Les deux hommes se caressèrent pendant de longues minutes en s'embrassant, des gémissements de plaisir s'échappant de leur gorge par intermittence lorsqu'ils cessaient de s'embrasser pour respirer quelques secondes avant de reprendre leur baiser passionné. Contrairement à Ernst, les mains d'Elliot ne s'égaraient pas sur les fesses du jeune homme se doutant que les blessures psychologiques devaient être encore fortes. Patrick le désirait de plus en plus, il voulait que celui-ci le possède tout entier. C'était la première fois depuis que Von Stadt l'avait torturé qu'il avait une telle envie, il ne ressentait aucune peur sentant qu'Elliot serait d'une parfaite délicatesse, qu'il ne le brutaliserait pas sachant contenir sa fougue, contrairement à Ernst qui avait tendance à s'emporter et à avoir du mal à contenir ses pulsions. A la grande surprise d'Elliot ce fut Patrick qui l'incita à le caresser à cet endroit-là. Elliot rompit le baiser, l'interrogeant du regard.
- Tu es sûr que cela ne te gênes pas ? S'étonna Elliot.
-Je ne supporte pas, les caresses de Ernst mais étrangement avec toi, j'en ai envie bien que je ne sais si je pourrai aller jusqu'au bout, avoua Patrick embarrassé.
-Je m'arrêterai au moindre signe, accepta Elliot en l'embrassant de nouveau.
Au bout de quelques minutes, ils rompirent le baiser, haletant tous les deux de plaisir, à force de caresses ils allaient jouir ensemble leurs mains accélérant pour leur faire atteindre l'extase. Une double série de cris retentit dans la salle alors que le liquide envahissait les paumes qui le recueillirent afin d'éviter qu'il ne finisse sur le meuble ou le sol afin que personne ne sache ce qu'il s'était passé entre eux. Elliot attrapa dans la boîte une dizaine de mouchoirs dont il donna la moitié à son amant pour que celui-ci essuyât sa main maculée de liquide épais. Patrick lui sourit avec douceur ce qui fit chavirer Elliot qui se remit à couvrir sa gorge de baisers en faisant attention de ne laisser aucune marque. Patrick le fit arrêter ses douces caresses pour l'embrasser à nouveau avec fougue. Cette caresse réveilla leur désir qui enfla rapidement leur partie intime prête à s'aimer encore. Elliot fit glisser ses mains au niveau des fesses du jeune homme deux doigts glissant avec douceur puis le pénétrant délicatement ce qui fit gémir Patrick
- Est-ce que je te fais mal ? S'inquiéta Elliot en plantant son regard dans celui de son amant tout en effectuant des mouvements de va-et-vient.
-Ne t'inquiètes pas tout va bien, affirma Patrick rouge de plaisir.
-Cela fait combien de temps ? S'inquiéta Elliot.
-Deux ans et demi, avoua Patrick en gémissant. Je pensais ne plus pouvoir envisager d'avoir ce genre de rapport. Je ne savais même pas si j'y prendrai du plaisir.
Elliot poursuivit de longues minutes ses caresses puis sentant que Coste était prêt, il l'invita à se lever. Il le mena jusqu'au bureau où le jeune homme se pencha prêt à recevoir son amant. Patrick empoigna fermement les coins du bureau. Elliot sortit de la poche de son pantalon une protection qu'il mit puis il la lubrifia avec une mini bouteille doseuse qu'il gardait dans son autre poche. Délicatement, il pénétra le jeune homme qui serra les angles du bureau plus fermement par réflexe. Patrick au moment de la pénétration se détendit au maximum et lorsque les mouvements de va-et-vient commencèrent il sentit le plaisir grandir en lui. Il gémissait doucement, haletant d'extase pendant qu'Elliot l'aimait avec une passion grandissante, l'embrassant sur le dos avec délice. Il s'empara de la verge de Patrick qu'il caressa rendant son amant ivre de plaisir. Les deux amants s'embrassaient avec passion tandis qu'Elliot accélérait le mouvement veillant à ce que sa main suive le même rythme. Les deux hommes jouirent à nouveau. Elliot essoufflé se laissa retomber sur son amant qui haletait de plaisir. Elliot se retira, enleva sa protection qu'il alla directement jeter dans le destructeur de déchets de l'immeuble qui envoya grâce au souffle puissant de ses ventilateurs directement les restes aux poubelles. Patrick quant à lui essuya rapidement le liquide séminal qui maculait la moitié de son bureau en taches plus ou moins grandes. Une fois cela fait il remonta son slip ainsi que son pantalon qu'il referma rapidement. Il ne savait pas combien de temps leurs ébats avaient duré et il craignait fortement que Ernst ne vienne à s'inquiéter de nouveau. Elliot en voyant son amant se rhabiller en fit de même sans mot dire, comprenant que le jeune homme s'angoissait pour son compagnon. Une fois apprêtés les deux hommes s'embrassèrent à nouveau fougueusement pendant de longues minutes.
- Il faut que je rentre, s'excusa Patrick en murmurant.
-Quand pourra-t-on se revoir ? S'inquiéta Elliot.
-Dans deux jours, j'ai une réunion qui se finit tard, attends-moi dans mon bureau pour vingt-trois heures, proposa Patrick. C'est tout ce que je peux t'offrir pour le moment, une relation clandestine.
Ces derniers mots furent prononcés avec une telle tristesse que cela affecta Elliot profondément. Pour toute réponse il embrassa fougueusement l'homme qu'il aimait puis il le laissa partir.
Deux jours plus tard, comme convenu, les deux amants se retrouvèrent pour deux nouvelles heures passionnées. Elliot très amoureux se moquait de sa situation d'amant clandestin, tout ce qu'il voulait c'était être auprès de celui qu'il aimait et pendant des semaines leur relation n'évolua pas, restant fugitive, faîtes d'étreintes pratiquées dans le bureau du chef du gouvernement à des heures indues. Elliot faisant la navette entre les laboratoires de recherche et le siège du gouvernement, Ellie se rendit compte très rapidement du changement d'attitude du jeune officier, il était plus heureux, sifflotait des airs joyeux en venant aux nouvelles ce qui réjouit Ellie, qui se dit qu'il avait enfin trouvé l'âme sœur. Pourtant malgré son réel bonheur, Elliot supportait de moins en moins le fait que son amant partage la vie d'un autre homme. Il se moquait d'être un amant caché mais qu'Ernst Cutler puisse encore poser les mains sur le jeune politicien le rendait malade. Il sentait la jalousie envahir son âme et lorsqu'il voyait Ernst Cutler venir au siège du gouvernement le soir pour récupérer son amant afin de lui offrir un dîner romantique en ville, il enrageait dans son coin, maudissant cet homme qui lui retirait les quelques minutes qu'il aurait pu passer auprès de Patrick Coste. Quelques semaines après le début de leur relation les deux hommes étaient tranquillement installés dans le bureau à s'aimer en cachette, Patrick ayant proposé à son amant de le rejoindre après une réunion. Celui-ci ne s'était pas fait prier, ravi de pouvoir passer un peu de temps avec celui qu'il aimait. A peine avait-il passé le pas de la porte que le jeune politicien s'était jeté sur lui, l'embrassant avec passion. Elliot tout en répondant à ce baiser regarda autour de lui, les lumières étaient tamisées et le rideau tiré. Personne ne saurait ce qu'il se passait dans le bureau et l'ambiance romantique lui fit espérer une nouvelle soirée des plus agréables. Affamé, Elliot défit la chemise du jeune homme puis commençât à le déshabiller.
- Je vais te dévorer, murmura-t-il à l'oreille de son amant avec un rire canaille.
-C'est plutôt toi qui va passer à la casserole, répliqua Patrick en riant.
Patrick se sentait bien, heureux, épanoui, bien plus que dans les bras de son compagnon bien que celui en le voyant aller de mieux en mieux pensait qu'il y était pour quelque chose.
Si il savait il serait déçu, pensa tristement Patrick en couvrant la gorge d'Elliot de baisers.
Désireux de profiter de la soirée qui l'attendait, il décida de chasser cette pensée, se concentrant exclusivement sur l'homme qu'il aimait avec une telle fougue. Leurs lèvres s'unirent à nouveau puis en entendant la porte de l'ascenseur s'ouvrir, Patrick rompit le baiser, inquiet, craignant de savoir qui venait par une heure si tardive.
- Tu es encore en train de travailler mon amour, décidément tu n'es pas raisonnable ! S'exclama Ernst joyeusement en traversant le couloir.
Les deux amants se regardèrent. Elliot vit Patrick pâlir de seconde en seconde en entendant les pas se rapprocher. Ne sachant que faire, comprenant que le jeune homme n'était pas prêt à dire la vérité à son compagnon, il s'inclina et trouva refuge dans la salle de réunion qui jouxtait le bureau du chef du gouvernement. Patrick se rhabilla rapidement, puis alla s'asseoir sur le canapé afin d'avoir une certaine contenance face à son petit ami. Ernst passa la porte puis regarda d'un œil gourmand vers son compagnon qui lui souriait avec douceur.
- Je me reposais un peu avant de partir, je suis un peu fatigué après cette longue journée, mentit le jeune politicien.
- Lumière douce, rien de tel pour se détendre, roucoula Ernst en verrouillant la porte derrière lui.
Il s'assit à côté du jeune homme, se serrant contre lui son regard brûlant planté dans celui de Patrick.
-Je viens de te dire que j'étais fatigué, rappela Patrick gêné ne voulant pas faire l'amour avec son compagnon alors que son amant se trouvait dans la pièce d'à côté.
-Je peux me charger de tout, tu as juste à te détendre et je te promets un moment inoubliable, affirma-t-il en déposant des baisers sur la gorge de son amant.
Patrick comprenant qu'Ernst ne cèderait pas, décida de prendre les devants. Il glissa sa main dans le pantalon de son compagnon, en sortit la verge qu'il caressa de plus en plus rapidement. Des gémissements ne tardèrent pas s'échapper de la gorge de Ernst.
-Juste une gâterie avant de partir, d'accord ? Proposa Patrick en murmurant.
-Avec joie, accepta Ernst.
Sans plus attendre tout en souhaitant que la chose se fasse le plus discrètement possible, les lèvres du jeune homme s'emparèrent goulument de l'intimité d'Ernst, sa langue la caressant voluptueusement mais sans réel désir presque d'une manière machinale, la titillant de manière à faire parvenir à l'extase son compagnon le plus vite possible. Cependant Ernst contrôlait sa respiration, souhaitant plus que tout faire durer ce plaisir, il forçait même Patrick à ralentir lorsqu'il se sentait prêt à partir. Elliot, dans l'autre pièce, le cœur brisé entendait tout. Il souffrait le martyr en entendant les gémissements gutturaux de cet homme alors que Patrick le caressait. Il le trouvait vulgaire, indigne d'être touché par Patrick qui paraissait si délicat. Au bout d'une dizaine de minutes qui parurent interminables à Elliot, Ernst finit par atteindre l'extase, Patrick se contraignant à garder le liquide en lui, l'avala rapidement puis s'essuya les lèvres. Ernst dont le cœur s'était emballé, respirait rapidement. Il regarda vers Patrick, loin d'être rassasié des câlineries de son compagnon. Il voulut remettre cela mais le jeune homme le repoussa
- Je préfèrerai chez nous, s'il te plaît, souhaita Patrick. Une fois à la maison tu me feras tout ce que tu voudras, enfin presque tout.
Cette rectification attrista un peu Ernst mais il n'en montra rien. Ernst sortit le premier, Patrick regarda quelques secondes, inquiet, vers la porte de la salle dans laquelle Elliot s'était réfugié puis il lui emboîta le pas. Elliot sortit de la pièce en larmes, une vingtaine de minutes plus tard. Il s'en voulait, il savait que dans la mesure où Patrick n'avait pas rompu avec Ernst, ils continuaient à avoir des rapports intimes, c'était une chose de le savoir mais bien plus horrible d'y assister. Il était l'amant d'un homme fiancé depuis deux ans, que tous les journaux affirmaient qu'il serait bientôt uni à Ernst à jamais, dès qu'ils auraient fixé une date de mariage ce qui ne saurait tarder. Il n'aurait pas dû espérer et il s'en voulait. Il quitta le bureau puis rentra directement chez lui. Le week-end allait lui donner la possibilité de réfléchir sereinement à tout cela.
Une fois chez lui, il se doucha puis se coucha mais il ne trouva pas le sommeil hanté par le sourire charmeur de Patrick Coste et le souvenir de leurs étreintes tout comme celui de leurs soirées passées à discuter, blottis l'un contre l'autre en savourant un agréable chocolat chaud. Le lendemain matin, plus perdu que jamais, il décida d'aller voir sa voisine pour lui demander conseil.
Ce matin-là, Ellie s'était levée tôt pour confectionner un plantureux petit déjeuner à l'homme de sa vie et à ses petits. Les triplés avaient pris leur biberon du matin et babillaient dans le berceau d'osier à roulettes confectionné sur mesure pour accueillir les petits. Franck et Marie ne tarderaient pas à se réveiller et à se rendre directement dans la chambre de leurs parents pour réveiller leur père. Pour Ellie, chaque matin quitter les bras chaleureux de son amour était une torture. Depuis que Hans était revenu partager son lit, Ellie était aux anges, même si ils ne pouvaient plus s'unir à cause du traumatisme subie par son amour, elle pouvait à nouveau se réfugier dans ses bras et s'endormir la tête posée sur son large torse, bercée par les battements du cœur de cet homme qu'elle aimait éperdument. Elliot, qui était un habitué de la maison, entra directement, rejoignant Ellie à la cuisine. Il s'assit au niveau du plan de travail, de lourdes valises sous les yeux, le regard d'une infinie tristesse ce qui choqua Ellie.
- Qu'est-ce qu'il t'arrive Elliot ? S'angoissa-t-elle en terminant d'installer les tranches de gâteaux dans les assiettes.
Elle termina le menu en préparant de grands bols de céréales pour les jumeaux puis elle mit le café de Hans à couler. Elle plaça le tout sur un plateau qu'elle installa à l'écart avant de se concentrer sur son ami qui semblait anéanti. Voyant qu'il ne semblait pas prêt à répondre, elle se planta devant lui, plongeant son regard dans le sien.
-J'ai une liaison, avoua Elliot après plusieurs minutes.
-Je m'en doutais un peu, tu semblais si heureux. Qu'est-ce qu'il s'est passé ? Se désola Ellie.
-Il est fiancé…Reconnut-il. Jusqu'à présent cela ne me gênait pas mais hier soir…
Elliot s'arrêta, ses larmes se remettant à couler. Ellie lui ramena la boîte de mouchoirs pour que le jeune homme puisse se servir.
-Je les ai vu ensemble…On pensait pouvoir passer la soirée tous les deux mais son fiancé s'est pointé et j'ai dû me cacher…Et là…Ils l'ont fait alors que j'étais juste à côté…J'ai tout entendu…Révéla-t-il difficilement, ses propos entrecoupés de sanglots. Je l'aime Ellie mais j'ai l'impression que je me suis fourvoyé en espérant qu'il le quitterait pour moi…
-Est-ce que lorsque vous avez commencé à vous voir, il voulait le quitter ? S'inquiéta Ellie.
-Non, ils avaient des problèmes mais j'avais espéré que….Admis Elliot abattu.
-Elliot…Qui est-ce ? L'interrogea-t-elle tristement d'une voix douce.
Un silence se fit entre les deux amis.
-Patrick Coste, lâcha difficilement Elliot en baissant les yeux.
- Un personnage public en plus ! S'exclama Ellie catastrophée. Tu imagines le scandale si vous vous étiez fait surprendre par des journalistes en mal de scoop !
-Je ne sais plus ce que je dois faire Ellie ! Affirma Elliot contrit. Je l'aime, je ne supporte plus de le partager avec Ernst Cutler !
Ces derniers mots avaient été prononcés avec dégoût.
-Je ne sais quoi te dire…Je te dirai bien d'abandonner mais si tu l'aimes cela risque d'être dur…Comprit Ellie angoissée. Peut-être que Hans saurait mieux te conseiller que moi.
-Je ne veux pas le déranger avec mes problèmes personnels. Il est en pleine reconstruction et il a besoin de calme pour cela.
-Que ce soit lui ou moi, on aura toujours du temps pour toi et tu le sais, n'hésite pas à lui demander conseil, d'accord ? Proposa Ellie en prenant sa main dans la sienne.
-J'ai besoin de réfléchir au calme, décida Elliot en souriant tristement. Je sais ce que tu penses de tout cela et je te remercie de ne pas me faire de reproches. Je vais aller faire mon jogging, cela devrait m'aider à me vider la tête.
Elliot la salua puis sortit. Ellie entendit des rires joyeux venir de l'étage, Hans et les enfants étaient debout et les jumeaux devaient être en train de s'habiller, aidés par leur papa. Au bout de quelques minutes la joyeuse petite équipe descendit les escaliers en riant. Ellie avait préparé la table puis servit les laits chocolatés chauds et le café de son amour. Harlock alla tendrement enlacer Ellie, déposant un doux et long baiser sur sa joue qu'Ellie lui rendit faute de pouvoir dévorer ces lèvres qu'elle désirait tant. Hans allait de mieux en mieux mais certains contacts restaient difficiles pour lui. Hans avait bien senti qu'Ellie était inquiète. Une fois le petit déjeuner englouti, il fit passer leur manteau aux enfants, il habilla chaudement les triplés qu'il installa doucement dans le landau l'un après l'autre pour leur sortie quotidienne. Ellie embrassa ses enfants avant que leur père ne les emmène au parc pour qu'ils puissent s'amuser sur la grande aire de jeu puis elle enlaça celui-ci, se blottissant un peu dans ses bras. Harlock lui caressa la joue avec douceur puis il sourit avant de partir avec les enfants. Ellie se prépara. Elle avait encore quelques recherches à faire au laboratoire puis elle avait bien l'intention de demander des comptes à Patrick Coste de faire souffrir comme ça un homme aussi adorable qu'Elliot.
Harlock à l'extérieur, installa les enfants sur leur siège auto, le haut du landau fut solidement fixé sur la banquette se trouvant derrière celle des jumeaux puis une fois que Ryo l'eut rejoint avec son petit garçon, le haut du landau de celui-ci enfermé dans le coffre, Kenjiro Junior, installé à côté de Franck et Marie, le break familial quitta la rue pour filer vers le centre-ville et le parc immense de celle-ci. Pour les deux hommes c'était devenu un rituel. Comme les femmes de leur vie se trouvaient à travailler le samedi matin, ils avaient pris l'habitude d'aller oxygéner les enfants au parc. A peine arrivés dans l'air de jeu, Franck et Marie filèrent au petit toboggan pendant que Ryo et leur père s'installaient sur le banc, Ryo berçant doucement son fils dans le landau, Harlock surveillant ses triplés qui venaient de s'endormir.
- Tu sais ce que me dit ma femme ? Se moqua Ryo. Que je suis gaga de mon fils, complètement irrécupérable et qu'on a bien le temps avant de remettre ça.
-Il n'a pas un an Ryo, c'était un sacré morceau à sa naissance, laisse le temps à Nynna de se remettre, conseilla Harlock en riant.
-Elle en est déjà parfaitement remise sans quoi elle ne me sauterait pas si souvent dessus ! S'exclama-t-il en riant.
En voyant le visage de son ami s'assombrir il s'excusa
-Pardon, c'est vrai qu'avec Ellie tu n'arrives toujours pas…Se désola Ryo. Tu n'as pas fait d'autres progrès ?
-J'ai essayé mais je bloque à chaque fois et Dieu sait que j'en ai envie ! Ellie ne met même plus les chemises de nuit affriolantes de peur que je le prenne mal, elle met cet immonde truc de bonne sœur en coton ! Cela dit je la comprends, je suis incapable de l'aimer comme avant, ragea Harlock écœuré.
-Mon père te l'a dit, ce n'est pas physique mais psychologique, insista Ryo. Il y a sûrement un moyen !
-J'ai envisagé de prendre de la Crazy Sex mais Ellie s'en apercevrait tout de suite et là elle s'en voudrait en pensant que je me force pour la rendre heureuse, avoua Harlock d'une voix sourde.
-Pour un homme comme toi, la situation est atroce d'autant plus que tu restes chez toi pour t'occuper des enfants…Vu que tu as toujours tes deux sexaroïdes pourquoi est-ce que tu n'envisages pas de reprendre une activité…Je veux dire qu'à l'académie militaire d'Amos en tant que prof tu étais bien noté, tenta Ryo.
-Enseigner à des petits cons arrogants très peu pour moi, j'ai déjà donné ! S'insurgea Harlock.
-Les élèves d'ici n'ont rien à voir avec ceux qu'il y avait dans cette académie d'aristos ! Se récria Ryo. Et puis cela te ferait du bien et peut être que la suite viendrait…
Harlock soupira. Les deux pères qui surveillaient les jumeaux virent au loin Elliot Grant qui faisait son jogging. Celui-ci en les apercevant s'arrêta, gêné. Harlock fit signe au jeune homme de s'approcher et celui-ci obtempéra. Une fois à leur hauteur, les deux pères constatèrent son état, il était en sueurs, essoufflé ayant probablement couru jusqu'à l'épuisement et son regard d'une tristesse infinie en disait long.
- Je dois continuer mon jogging, affirma Elliot après les avoir salué
-Jusqu'à la crise cardiaque ? Grinça Harlock. Qu'est-ce que tu cherches à oublier ?
-C'est sans importance, essaya Elliot pour se défiler
-Assieds-toi ! Ordonna le capitaine à son ancien élève.
Il sortit de sous le landau, une petite bouteille d'eau qu'il donna au jeune homme. Celui-ci le remerciât puis la vida d'un trait sous le regard inquiet des deux hommes.
-Crache le morceau Elliot ! Ne pense pas que parce que j'ai plus de vingt ans de plus que toi je ne saurai pas te coller une bonne correction pour avoir refusé de répondre ! Gronda Harlock.
Le jeune homme pale comme un linge regarda vers son ancien professeur qui l'observait inquiet. Il poussa un profond soupir puis révéla tout aux deux hommes qui se retrouvèrent sans voix. Il attendait une réponse, de l'aide ce que le capitaine avait vite comprit.
-Prends tes distances avec lui Elliot, décida Harlock d'une voix grave. Ne lui cours pas après. C'est à lui de choisir de quitter son compagnon pour revenir vers toi ! Tu mérites mieux que de devenir l'amant d'un homme marié !
-Ils ne le sont pas encore, rectifia Elliot timidement.
-C'est tout comme ! Répliqua le capitaine fermement. Si tu continues comme cela tu vas souffrir ! Je suis désolé mais il le faut !
Elliot anéanti baissa la tête. Il le savait, Harlock avait raison, cette relation était vouée à l'échec. Il n'avait plus qu'à s'incliner si Patrick choisissait de rester auprès d'Ernst Cutler.
Une fois sa matinée de travail terminée, Ellie se rendit directement au siège du gouvernement. A l'accueil, elle demanda à voir Patrick Coste. Elle patienta une demi-heure puis fut emmenée jusqu'au bureau de celui-ci. Patrick l'accueillit avec le sourire puis en voyant son air inquiet il fit sortir la secrétaire pour rester seul avec la jeune maman.
- Qu'est ce qui arrive à notre chercheur en matériel de guerre ? S'enquit Patrick en se raclant la gorge.
-Ce n'est pas le chercheur mais l'amie qui vient te voir, révéla Ellie d'une voix douce.
-Très bien. Qu'est-ce qu'il y a ? Insista-t-il
-Elliot, se contenta de répondre Ellie en plantant son regard dans le sien.
Patrick comprit alors que le jeune officier s'était confié à leur amie commune et que celle-ci s'inquiétait pour tous les deux.
-Il faut que tu choisisses Patrick. Il souffre, affirma Ellie. Il mérite mieux qu'une relation clandestine !
-Je sais et je compte mettre un terme à ma liaison avec lui, décida Patrick. J'y ai réfléchis toute la nuit et je ne peux pas quitter Ernst. On est ensemble depuis plus de quatre ans. Je trouverai le moyen de sauver mon couple et tu as raison je ne dois pas me servir d'Elliot pour soulager ma peine ou pour oublier dans ses bras ce que Von Stadt m'a fait.
-C'est une plaisanterie ? S'indigna Ellie. Tu choisis Ernst Cutler ?
-Je l'aime toujours Ellie et ne sois pas méchante en parlant de lui, il s'agit du neveu d'une de tes meilleures amies, conseilla Patrick avec sagesse.
-Ce n'est pas dirigé vers Anne ce reproche ! C'est juste que je ne l'aime pas, je n'ai pas confiance en lui ! Je le trouve fourbe ! Elliot est un garçon adorable qui si il n'était pas gay ferait des ravages dans le cœur des femmes qu'il croise. Comment peux-tu choisir Ernst ?
-Je l'aime Ellie, se justifia Patrick
-Et pas Elliot ? Insista-t-elle tristement.
-Je dois faire un choix.
-Et éviter les scandales qui mettraient à mal ta carrière politique ! Grinça Ellie.
-Je suis désolé Ellie. S'il n'y avait pas eu Ernst, c'est avec Elliot que je serai mais je me suis engagé. Soutint Patrick tristement.
-Dommage que tu ne t'en sois pas rappelé avant de coucher avec Elliot en lui donnant de faux espoirs ! Ça va lui briser le cœur tout ça ! S'exclama Ellie déçue. En prime je suis certaine que vous auriez été très heureux ensemble…
Elle n'insista pas, salua le jeune homme puis partit.
