Chapitre 45 : Scandale
Ellie retourna chez elle. Arrivée à son domicile, elle gara sa voiture dans l'allée qui menait au garage. La jeune maman descendit mais au lieu de rentrer directement à la maison, elle se rendit chez Elliot. En voyant son regard triste, le jeune homme comprit quelle était la décision de son amant. Il lui sourit en espérant la rassurer tout en la prenant dans ses bras pour un long câlin sous l'auvent qui se trouvait au niveau de l'entrée. Ellie l'embrassa sur la joue puis retourna auprès de sa petite famille. Harlock qui avait tout vu de la fenêtre de la cuisine sourit tristement en voyant Ellie revenir avec un air si peiné sur le visage. Il avait préparé le repas qui terminait de mijoter. Les triplés avaient pris leur biberon et les jumeaux attendaient patiemment le retour de leur maman pour que leur papa se décidât enfin à servir à remplir leur estomac. Ellie annonça son arrivée joyeusement puis elle alla embrasser ses enfants avant d'aller enlacer leur père. Le repas sentait très bon. Elle avait très surprise en découvrant les talents de cuisinier d'Harlock, qui, soucieux de gâter sa petite famille, faisait même des progrès constants en cherchant de nouvelles recettes et en s'entraînant à les réaliser. Pour Ellie c'était le bonheur. Elle avait ses enfants et auprès d'elle l'homme qu'elle aimait. Elle trouvait tellement injuste qu'Elliot Grant n'ait pas le droit à la même chose.
Elle passa ensuite l'après-midi avec ses enfants dans le vaste jardin à travailler sur son ordinateur portable, Harlock auprès d'elle lisait en surveillant les enfants. Le soir une fois leurs cinq bouts de choux couchés, les parents allèrent dans leur chambre. Après la douche, prise séparément l'un de l'autre, Ellie évitant même d'entrer dans la salle de bain lorsqu' Harlock était sous le jet brûlant, ils se préparèrent pour le coucher. En voyant la chemise de nuit trop sage, Harlock soupira
- Pitié pas cette horreur Ellie ! S'exclama-t-il avec lassitude.
Ellie le regarda interdite. Harlock alla lui-même chercher dans la penderie une chemise de nuit qu'il trouvait plus à son goût. Il la posa ensuite sur le lit.
-De loin je préfère celle-là ! Je ne supporte plus cette tenue de grand-mère ! Avoua-t-il.
-Comme tu veux, céda Ellie surprise en prenant la chemise de nuit très transparente.
Elle se dirigeait vers la salle de bain lorsqu'Harlock l'arrêta.
-Change toi devant moi Ellie, s'il te plaît, souhaita Harlock gêné. Je sais que tu fais cela pour ne pas me mettre dans l'embarras mais j'ai vraiment besoin que tu sois un peu plus libre face à moi.
Etrangement ce fut Ellie qui rougit en faisant glisser la chemise de nuit au sol. Harlock ne perdant pas une miette du spectacle, regardant cette peau si claire, ses formes rondes tel qu'il les aimait, juste ce qu'il fallait de rondeurs féminines et ce malgré les deux grossesses. Il le sentait, le désir était bel et bien là mais il n'arrivait plus à l'exprimer. La chemise de nuit très vaporeuse mettait la jeune femme en valeur, faisant battre un peu plus vite le cœur d'Harlock. Elle se tourna vers lui, les joues un peu rosies, en le regardant pas en face, un peu honteuse. A sa grande surprise, Harlock se déshabilla devant elle, se mettant nu, ne mettant pas son pyjama habituel. Ellie déglutit difficilement en voyant ce corps parfait qu'elle n'avait plus vue depuis plus d'un an. Les cicatrices qui zébraient cette peau si douce avaient disparues. Une larme roula sur sa joue lorsqu'elle se remémora que même si les cicatrices physiques avaient disparues, celles qui étaient psychologiques étaient toujours là.
- Tu me trouves toujours à ton goût ? La taquina Harlock en souriant.
-Mais quelle idée ! Tu es magnifique ! Je ne voie pas pourquoi tu peux penser que tu ne plairais plus ! S'insurgea Ellie un peu rouge.
Elle rougit un peu plus en voyant le sourire moqueur de son amour.
-Je ne sais pas mais vu comment tu câlinais le bel Elliot, j'ai quelques doutes ! Se moqua Harlock en se glissant dans le lit, nu comme un vers.
-Mais qu'est-ce que tu racontes ! S'insurgea Ellie en se mettant de la crème hydratante pour la nuit. Je suis allée le voir à cause de sa déception amoureuse.
-Patrick Coste, je suis au courant, indiqua Harlock calmement.
-Il t'en a parlé alors ? Réalisa Ellie tristement. Je ne comprends pas qu'il puisse choisir Ernst par rapport à Elliot.
-Tu dis cela parce qu'Elliot est ton préféré et que tu le trouves très mignon, soupçonna Harlock en riant.
-Que tu es bête ! Se défendit Ellie en riant à son tour. Tu es mon seul amour Hans. Je ne pourrai jamais allé voir ailleurs. Sans compter qu'Elliot n'est vraiment pas intéressé par les femmes.
Elle se glissa à son tour dans le lit, Harlock l'entourant de ses bras, se collant à elle ce qui la combla de bonheur. Elle caressa le bras de son amour savourant cette peau qu'elle n'avait plus touchée depuis si longtemps.
-Pas intéressé par les femmes, faut voir, douta Harlock en souriant. En théorie, Von Stadt non plus n'aimait pas les femmes et il a suffi qu'Isabelle le câline pour qu'il finisse dans son lit à en redemander. Depuis je me méfie.
-Je n'ai rien d'Isabelle Von Kiel Hans, affirma Ellie en souriant tristement
-Non, c'est vrai, tu es mille fois mieux qu'elle et c'est pour cela que je m'inquiète ! Affirma Harlock en éteignant la lumière. Je t'aime ma chérie, bonne nuit.
Il se blottit un peu plus contre elle, Ellie sentant le souffle doux de son amour dans son cou
-Je t'aime aussi mon ange, bonne nuit mon cœur, le salua-t-elle en souriant.
Elle passa une bonne partie de la nuit à caresser ce bras qui l'étreignait avec douceur, la rassurant. Elle pouvait sentir la peau d'Harlock contre la sienne ce qui la perturbait, la rendant heureuse mais en même temps ivre de désir qui ne serait peut-être jamais plus assouvi.
Elliot le lundi matin retourna au siège du gouvernement assurer sa fonction. Son visage ne montrait rien, il était toujours aussi serein. Patrick l'observa plus d'une fois à la dérobée, il était soufflé par l'élégance de cet homme qui bien que le cœur brisé restait droit, assurait son travail, cachant ses sentiments se gardant de faire le moindre esclandre. Pour éviter le moindre problème et le moindre risque de céder à nouveau à la tentation, le chef du gouvernement s'assura de ne plus jamais être seul avec Elliot Grant. Celui-ci à chaque entrevue évitait de croiser le regard du jeune Patrick de crainte que le politicien ne puisse lire dans son âme grâce à lui comme dans un livre ouvert. Les choses reprenant leur cours, tout semblait rentrer dans l'ordre. Patrick s'arrangeait pour rentrer plus tôt chez lui afin de passer du temps avec son compagnon. Deux semaines plus tard, alors que pour une fois il n'allait pas se retrouver à devoir finir tard, il décida de faire une surprise à son fiancé en se rendant à son laboratoire de recherches sans le prévenir. Il prit son véhicule puis fila à travers la ville jusqu'à la zone universitaire où se trouvaient tous les grands pôles de recherches. Il se gara devant l'immeuble, entra, salua le gardien puis se rendit directement au laboratoire de son compagnon. Ernst l'avait prévenu qu'il allait finir tard. Patrick en traversant les différentes sections les trouva désertes ce qui le surprit. Depuis des mois, Ernst affirmait que ses collaborateurs restaient avec lui tard le soir pour terminer un très important projet aussi cet absence de personnel inquiéta le jeune homme. Alors qu'il s'approchait du bureau, il entendit des gémissements, des gloussements et des respirations profondes caractéristiques d'une activité intense. Il ouvrit la porte sans faire de bruit et trouva Ernst le pantalon sur les chevilles en train de pilonner farouchement son assistant qui hurlait de plaisir. Patrick ne manifesta pas sa présence, attendant glacé qu'ils aient finis leur affaire. Ernst atteignit finalement l'extase et se laissa tomber sur son assistant. Après quelques secondes passées à reprendre son souffle, il s'éloigna en riant.
- Il n'y a pas à dire tu es très démonstratif, bien plus que Patrick qui me donne l'impression parfois d'avoir un balai dans le cul tant il ne semble pas aimer le sexe en ce moment, le félicita Ernst en riant.
-C'est normal après ce qu'il lui est arrivé, sourit l'assistant. Il me semblait que cela allait mieux entre vous…
-Au point même que j'ai cru que j'étais cocu ! S'exclama Ernst en riant.
-Et avec qui est-ce qu'il irait ? Se moqua l'assistant. Tu m'as dit toi-même qu'il ne pouvait plus être pénétré.
-Oh il le peut, sauf qu'il ne le veut pas c'est tout ! Elliot Grant lui tourne autour depuis un moment ! Hors de question que ce type se mette entre nous !
-J'espère au moins que par égard pour moi, tu as mis une capote avant de tringlé ton petit assistant ? S'enquit Patrick d'une voix glaciale en s'avançant dans la pièce.
Les deux amants regardèrent vers la porte. La capote en question, oubliée, glissa du membre puis tomba sur le sol carrelé, Patrick suivant du regard sa chute avec un rictus de dégoût. Ernst se rhabilla ainsi que l'assistant qui, gêné, s'éloigna rapidement, se réfugiant derrière un plan de travail par crainte d'une crise de colère du chef du gouvernement.
-Ça dure depuis quand ? S'enquit Patrick d'une voix dure.
Les deux amants gardaient le silence.
- Toutes ces simagrées que tu as eu avec moi, ces crises de jalousie, ce soi-disant amour passionné, ce n'était que du vent. A peine des mots tendres prononcés au téléphone lorsque je finissais tard que tu retournais sauter ton assistant. J'aurai du me poser des questions, se reprocha Patrick avec un rire triste. Sans compter que normalement il ne devrait plus assurer cette fonction depuis longtemps. Du temps de tes études il était déjà celui de l'ancien responsable de ce labo et comme par hasard il est resté ton assistant lorsque tu l'as repris alors qu'avec sa thèse de faite il aurait dû devenir chercheur…
-Tu n'avais qu'à pas me refuser ton cul ! Ça fait deux ans et demi que je poireaute en espérant que notre relation pourrait redevenir normale. J'avais des besoins je les ai comblé ! Affirma Ernst sans honte.
-Je suis cocu depuis combien de temps Ernst ? L'interrogea Patrick. En tout cas je te félicite. C'était finement joué je n'ai rien vu venir. Cette fois-ci c'est fini Ernst.
Le jeune politicien se dirigeait vers la porte lorsque son ex-amant l'arrêta dans sa course en le saisissant par le bras.
-Je te conseille de réfléchir Patrick, le nargua Ernst. N'oublie pas ta carrière politique. Si tu me quitte cela fera un beau scandale et n'oublie pas que tu es le seul rempart qui empêche la population de virer les anciens Résistants de cette planète. Les élections sont pour bientôt et si tu n'es pas réélu, tu te doutes de ce qui leur arrivera. Il y a beaucoup de gens qui pense qu'il suffit de donner au Consortium ce qu'il demande pour avoir la paix tout comme Amos l'a fait pendant cent dix années
-Sauf que ce n'est pas Sylvidra qui est aux commandes et qui manipule Aristote Zone mais Oscar de Péhant, rappela Patrick. Ils ne sont pas bêtes à ce point-là.
-Que tu crois, il suffirait que je donne à tes adversaires toutes sortes de détails, menaça Ernst.
-Je vois, en conclut Patrick. Tu t'es servi de moi depuis le début. Déjà du temps du Consortium ton père se servait de notre relation pour obtenir du mien d'avoir plus d'influence, il menaçait sans arrêt de faire diffuser des enregistrements de nos ébats. Dire que je pensais qu'il avait embauché un détective privé alors qu'en fait c'est certainement toi qui les lui avait fournis. Et une fois que nous sommes arrivés ici tu t'es servi de moi, me poussant à entrer en politique, soi-disant pour protéger l'humanité de de Péhant et de son pote Aristote Zone. Que j'ai été bête. C'est certain qu'avoir le chef du gouvernement dans ton lit te permettait d'obtenir toutes sortes de contrats juteux. Mais c'est terminé, ça s'arrête là. Je protègerai mes amis contre la population s'il le faut et si nous devons partir en exil on le fera. Adieu Ernst.
Le jeune homme qui pensait pouvoir tenir la dragée haute à Patrick Coste en fut soufflé. Son amant semblait avoir pris cela bien trop calmement. Ernst serra les poings de colère, il venait de comprendre que celui qui auparavant lui mangeait dans la main car vulnérable et fragilisé depuis le viol craignant de le perdre, allait beaucoup mieux et il soupçonnait fortement Elliot Grant d'y être pour quelque chose. Il attrapa sa veste, sortit en trombe de son laboratoire puis descendit dans le parking. Il aperçut la voiture de son ex compagnon quitter les lieux. Il prit son téléphone portable, contacta un journaliste à scandale en lui donnant l'adresse d'Elliot Grant en lui promettant un scoop sur le chef du gouvernement puis il prit son véhicule, programma son GPS pour se rendre chez le bel officier qu'il soupçonnait d'avoir ravi le cœur de son compagnon. Patrick traversa la ville puis arriva dans la rue où habitait Elliot Grant. Il traversa le quartier coquet où s'était installé bon nombre de Résistants puis il s'arrêta devant la maison qu'il cherchait. Il descendit de la voiture sans savoir qu'un photographe était aux aguets qui avait commencé à mitrailler la scène. Patrick monta les marches du perron. Arrivé près de la porte, il sonna, attendant patiemment une réponse. La porte s'ouvrit au bout de quelques secondes. Elliot surpris regarda ce visiteur nocturne qui lui souriait avec douceur.
- Qu'est-ce que tu fais là ? S'enquit Elliot le cœur battant.
-C'est fini avec Ernst, révéla Patrick en souriant. Ellie avait raison, c'est un pourri.
-Tu n'aurais pas dû venir comme ça, un journaliste a pu te suivre, s'inquiéta Elliot.
Sans prendre en compte cette possibilité, Patrick embrassa fougueusement Elliot alors que le photographe n'en perdait pas une miette. Elliot répondit à ce baiser, enlaçant passionnément le chef du gouvernement qu'il entraîna chez lui. Une fois qu'ils furent rentrés le photographe s'approcha se glissant près d'une fenêtre reprenant le mitraillage alors que les deux amants se déshabillaient mutuellement sans cesser de s'embrasser. Il rit en se disant que le scoop était vraiment énorme et le scandale promettait d'être planétaire. Non seulement, le chef du gouvernement trompait son compagnon mais en plus il le faisait avec un des Résistants ce qui expliquait sa volonté de vouloir tous les garder sur Destiny en mettant la population en danger.
Le lendemain matin, Ellie prépara joyeusement le petit déjeuner pour sa petite famille. Elle s'était levée plus tôt pour préparer un excellent pain d'épices. Alors qu'il terminait de cuire, elle rangea les ingrédients. Lorsqu'elle tomba sur la fiole de gingembre son sang ne fit qu'un tour. Elle en avait mis dans le pain d'épices ainsi que de la cannelle. Catastrophée, elle réalisa que l'amour de sa vie ne pourrait en manger à cause de son hypersensibilité à ces deux épices. Elle sortit précipitamment un autre pot de miel, de la farine puis des arômes artificiels pour en faire un second qui pourrait être mangé par le père de ses enfants. Une fois le premier pain d'épices cuits, elle mit le second au four. Elle prépara ensuite le petit déjeuner, coupant des tranches de pain d'épices pour ses jumeaux et pour elle qu'elle déposa sur une assiette.
Dans la chambre, Harlock se réveilla cherchant la femme qu'il aimait en tâtonnant le matelas. La place était vide et froide. Il regarda l'heure et constata surpris qu'il était vraiment très tôt. Il se leva après avoir allumé la lumière puis il passa une robe de chambre avant de descendre. Il trouva Ellie affairée dans la cuisine, elle portait toujours la chemise de nuit affriolante que recouvrait la robe de chambre assortie ce qui le fit déglutir difficilement. L'espace d'un instant il avait été tenté de la prendre sur le plan de travail mais le visage de Sylvidra c'était imprimé dans son esprit et il dû réprimer une envie de vomir qui lui montait à la gorge. Il respira profondément puis réalisa qu'une délicieuse odeur avait envahi la pièce. Ce parfum qu'il aurait reconnu entre mille, le ramena en quelques inspirations à l'époque où il n'était qu'un petit garçon qui courait aux cuisines dès que Martha préparait ce met dont il raffolait. En voyant l'assiette il ne put résister et prit une tranche qu'il prévoyait d'engloutir lorsqu'Ellie l'arrêta en catastrophe en s'emparant de la tranche qu'elle lui enleva. En voyant la surprise de son amour elle lui sourit tristement
-J'en ai refait un autre exprès pour toi…Celui-ci il ne faut pas que tu y touches, avoua-t-elle gênée.
-Pourquoi ? S'étonna Harlock. S'il est bon pour les jumeaux il est bon pour moi !
-Il y a du gingembre dedans, avoua Ellie en rougissant tout en détournant le regard. J'ai tellement pris l'habitude de mettre que des ingrédients naturels dans les repas de nos petits que je l'ai fait en oubliant ta sensibilité à cette épice. Il est presque prêt le tien mon chéri.
Harlock soupira. Il en avait assez d'être bloqué, de ne pouvoir reprendre une vie normale. Il en était presque à souhaiter se faire violence pour pouvoir à nouveau honorer librement celle qu'il aimait. Il regarda tristement vers les tranches de pain d'épices en se disant que si le gingembre lui permettait ne serait-ce que de faire l'amour avec Ellie une seule fois ce serait déjà une victoire. Il n'en pouvait plus, sa main s'empara d'une nouvelle tranche mais Ellie l'arrêta une seconde fois. Harlock comprenant qu'il ne pourrait user de ce stratagème pour s'unir à elle porta à ses lèvres cette main qui tenait plus que tout à le protéger de son désespoir. Il l'embrassa avec passion, une larme roulant sur sa joue. Il enlaça ensuite tendrement Ellie, sa tête blottie sur son épaule qu'il couvrait de baisers tout en remontant vers la gorge. Ils restèrent ainsi plusieurs minutes jusqu'à ce qu'ils entendent la voix de Franck au niveau de l'entrée de la cuisine
-Il y a plein de gens dehors maman et ils font plein de bruit, indiqua Franck en s'essuyant les yeux encore emplis de sommeil.
Ellie se détacha du capitaine pour aller prendre son fils dans ses bras qu'elle souleva de terre puis elle alla à la fenêtre de la cuisine. Elle ouvrit un peu les rideaux et aperçut dans la rue des dizaines de véhicules de télévisions, des journalistes avec leur caméraman et des photographes qui mitraillaient la maison d'Elliot Grant. Harlock l'ayant rejointe, il observait lui aussi cette étrange scène. Les deux amants regardaient cela avec une inquiétude grandissante. Ils aperçurent Ryo traverser la rue en repoussant les journalistes et en mettant sa main devant les caméras pour qu'elles ne le filment pas. Il accéléra le pas afin d'arriver le plus vite possible à la maison d'Ellie et de Hans. Le couple lui ayant confié une clef, il entra directement puis verrouilla derrière lui. La petite Marie, elle aussi, éveillée à cause de tout ce tapage s'était réfugiée dans les bras de son père qui la berçait pour qu'elle puisse s'endormir et finir sa nuit.
- Vous avez vu tout ce bordel ! Ragea Ryo.
-Qu'est-ce qu'il se passe ? S'étonna Harlock
-Vous n'avez pas vu les actualités de la matinée si je comprends bien ! S'exclama-t-il énervé. Patrick Coste a eu la brillante idée hier soir de venir tirer son coup avec Elliot au domicile de notre ami, résultat comme il a été filé par un journaliste tout le monde sait que Ernst Cutler est cocu !
-Patrick n'aurait jamais fait cela ! Soutint Ellie. Il a dû se passer quelque chose !
-Il n'empêche qu'ils auraient dû se montrer discrets ! Grinça Ryo.
-Je vais aller les voir, décida Ellie en confiant Franck à Ryo.
Elle prit la clef de la maison de son ami qui se trouvait dans le panier de l'entrée puis elle sortit de la maison, Ryo verrouillant derrière elle. Elle traversa rapidement la rue sans se soucier des journalistes qui la filmaient.
Ce matin-là, Patrick se réveilla doucement, blotti dans les bras d'Elliot Grant. Il ouvrit les yeux au bout de quelques minutes en s'étirant quelque peu. Le jour se levant, la pièce était faiblement éclairée mais il pouvait voir le profil du jeune officier qui semblait dormir encore. Patrick se redressa un peu afin de déposer des baisers amoureux sur la gorge de son amant.
- Tu en redemandes, le taquina Elliot en riant.
-Je ne dirai pas non mais je vais devoir aller au bureau, avoua Patrick en allumant la lampe de chevet. Il s'empara de son téléphone portable posé sur la table de nuit afin de consulter les appels. Il y avait un nombre impressionnant venant de son attachée de presse. Alors qu'il le reposait, un nouvel appel fit vibrer l'appareil qu'il jeta négligemment sur la table. Elliot caressait le dos de l'homme qu'il aimait s'étonnant encore de sa présence dans son lit.
- Tu ne veux pas me dire ce qu'il s'est passé avec Ernst ? L'interrogea-t-il d'une voix douce.
-Je ne veux pas y penser, affirma Patrick en déposant des baisers gourmands sur le torse de son amant.
Elliot s'empara des lèvres du jeune homme et ils échangèrent un baiser passionné alors qu'Ellie franchissait la porte de l'entrée.
-Vous êtes présentables les garçons ? Héla Ellie en regardant les vêtements éparpillés un peu partout dans l'entrée.
Elle monta les escaliers puis appela de nouveau. Les deux amants sourirent sans répondre, Patrick faisant un clin d'œil complice à Elliot puis il l'embrassa de nouveau. Ellie en voyant la porte entrebâillée frappa puis la poussa. Elle fut un peu surprise en trouvant Patrick au-dessus d'Elliot qui la regardait avec un sourire moqueur.
-Bonjour les amoureux, les salua-t-elle en souriant remise de sa surprise.
-Salut Ellie, la salua Elliot en déposant des baisers sur le torse du chef du gouvernement.
Le téléphone sur la table de nuit s'illumina de nouveau en vibrant alors qu'un nouvel appel arrivait. Ellie s'approcha puis s'empara du téléphone en soupirant.
-Je pense que tu devrais la rappeler Patrick, conseilla Ellie.
-Pourquoi ? Grinça Patrick. Ernst a mis ses menaces à exécution ?
-Il t'a menacé ? S'énerva Elliot. Pourquoi ?
-Je l'ai largué après que j'ai découvert qu'il me cocufiait depuis des mois avec son assistant, révéla Patrick avec dégoût. Il semblerait que monsieur n'ait pas apprécié.
-Il y a une flopée de journalistes en bas, Patrick. Je crois qu'ils attendent ta sortie en espérant te cueillir, indiqua Ellie calmement. Contact ton attachée de presse, qu'elle fasse venir ton service de sécurité pour qu'il évacue tous ces importuns et qu'elle envoie une limousine pour t'emmener au siège du gouvernement.
-Ernst n'a pas perdu de temps ! Se moqua Patrick en riant. S'il croit que je vais revenir vers lui, il rêve !
Agacé il éloigna le drap, se levant nu comme un vers face à Ellie qui rougit quelque peu sans pour autant cesser de regarder, admirant la plastique superbe du jeune homme ainsi que celle d'Elliot.
-Tu n'es pas gêné de te montrer nu comme ça face à une femme ? Se moqua Ellie
-Pourquoi Ellie tu es tentée ? Plaisanta Elliot en se levant à son tour.
-Je suis casée mais je peux toujours regarder le menu sans y goûter, sourit Ellie.
-Tu es certaine de ne pas vouloir y goûter ? Je crois qu'aucun de nous deux n'a essayé avec une femme, on a le temps avant que tout le monde soit parti ? On peut employer ce temps à faire quelques expérimentations, proposa Patrick en riant. Et je dois dire que tu es très jolie, je pourrai bien me laisser tenter si je n'avais pas peur qu'Harlock me trucide pour avoir osé toucher sa chérie.
Ellie en réponse à cela sourit tristement.
-Il ne va pas mieux ? S'inquiéta Elliot.
- Si mais il est encore très fragile, avoua Ellie d'une voix douce.
-Je ne comprends pas qu'il ne t'ait toujours pas sauté dessus, sourit Patrick en regardant sans vergogne dans le décolleté d'Ellie.
Celle-ci en suivant son regard s'aperçut que sa robe de chambre s'était ouverte laissant apercevoir ces courbes très féminines. Elliot aussi semblait admirer le spectacle.
-Ben dîtes donc pour des gays vous avez tendance à regarder vers des endroits qui ne sont pas censés vous intéresser, se moqua Ellie embarrassée.
-Je dois bien avouer que tu es vraiment très jolie dans cette tenue, glissa Elliot. Ça te dirait une petite séance à trois ?
-Assez plaisanté, conseilla Ellie. Habillez-vous.
-Tu es vraiment très mignonne, affirma Patrick en se collant à elle tout en égarant ses mains sur sa peau. En prime tu as la peau si douce plus que celle d'Elliot qui est pourtant irrésistible.
-Ça suffit ! Intima Ellie en rougissant.
Elle éloigna les mains importunes puis prit un peu ses distances en refermant la robe de chambre.
-Harlock est un hétéro pur et dur, même traumatisé il aurait normalement déjà dû te sauter dessus ! S'exclama Elliot. Ce que lui a fait Sylvidra doit vraiment être immonde pour qu'il soit bloqué à ce point-là ! Ce n'est pas trop dur pour toi ?
-Si mais je l'aime et je suis heureuse qu'il soit avec moi ! Soutint Ellie. Je me moque si il ne peut plus me toucher, je veux juste qu'il aille bien et qu'il soit heureux !
-Tu vois, ça c'est la grosse différence entre toi et Ernst Cutler et je viens juste de la réaliser, avoua Patrick. Tu aimes sans condition et tu ne profites pas de la fragilité de la personne qui partage ta vie. C'est sûrement pour cela que tu ne l'aimes pas.
Après cette conclusion, Patrick s'empara de son téléphone, contacta son attaché de presse qui fit venir les personnes nécessaires pour redonner à ce quartier tranquille sa vie paisible. Celle-ci arriva dix minutes plus tard, catastrophée de voir ce grand politicien dans une situation aussi délicate. Ernst Cutler avait déjà donné des interviews qui avaient grandement inquiétés le monde politique ainsi que les habitants de Destiny et de Paradizia. Elliot fut invité à rester chez lui ou tout du moins dans le quartier. Le service d'ordre arriva sur les lieux faisant partir les journalistes et verrouillant la zone. Une fois tout le monde évacué, Harlock prépara ses jumeaux pour l'école. Il les avait fait manger. Les deux pains d'épices d'Ellie avaient eu beaucoup de succès. Franck et Marie en avait mangé plusieurs tranches quant à lui, il avait englouti le second confectionné avec les arômes artificiels. Ellie revint juste au moment où Franck et Marie étaient installés dans le break familial par leur père. Elle embrassa ses jumeaux, salua leur papa puis fila se préparer pour la journée de travail à venir. Nynna vint la chercher à l'heure habituelle et les deux femmes partirent pour le centre de recherches où tous ceux qui y travaillaient étaient très agités à la suite du journal de la matinée. Pour Ellie, il était heureux que Kei et Yattaran se soient offert un petit séjour à la montagne en amoureux au moins il ne serait pas mêlés à toute cette affaire. Kei après avoir appris par la télévision ce qu'il se passait contacta Ellie qui la rassura du mieux qu'elle le pouvait, lui conseillant de rester au calme avec son futur mari. Elliot condamné à l'oisiveté pour la journée, décida d'aller rendre visite au capitaine de l'Arcadia vers la moitié de la matinée. Celui-ci se trouvait en cuisine en train de préparer un pot-au-feu pour le soir en suivant scrupuleusement une recette trouvée sur le web. Pour Elliot c'était la première fois qu'il voyait le capitaine aux fourneaux et à ces yeux cela avait un côté surréaliste. Le plus grand et le plus terrifiant des pirates de l'espace qui faisait trembler tout le monde se trouvait dans la cuisine à préparer un repas succulent pour sa petite famille et il rayonnait de bonheur. En le voyant il réalisa à quel point, la rencontre avec Ellie l'avait changé. Il avait devant lui le vrai Harlock, terrifiant à la base mais d'une douceur et d'une tendresse infinie. Un homme empli d'amour et en aucun cas une bête sauvage comme les journalistes pouvaient encore le montrer à cause des photos prises lors des escales de l'Arcadia par la police qui n'étaient guère flatteuses. Il se dit que c'était trop bête qu'Harlock n'aille pas mieux, à ses yeux il devait sûrement y avoir un moyen de le faire avancer et il sourit en pensant au tour qu'il allait jouer à son ancien professeur qui l'accueillit gentiment avec le sourire.
-Je suis heureux pour toi et Patrick, l'accueillit Harlock en souriant. Vous êtes fait l'un pour l'autre, ça crève les yeux.
-Merci capitaine, heureusement qu'Ellie est venu nous avertir sans quoi les journalistes auraient eu une belle photo de Patrick quittant ma maison au petit matin. Désolé pour la gêne occasionnée, s'excusa-t-il.
-Ce n'est rien, j'ai quand même pû emmener les jumeaux à l'école. Ils ont juste eu un peu de retard.
-Dîtes moi, c'est souvent qu'Ellie met des tenue aussi affriolantes ? S'enquit Elliot en souriant d'un air canaille.
-De quoi tu parles ? S'étonna Harlock
-Je parle de la chemise de nuit qu'elle avait ce matin sous sa robe de chambre…Elle était vraiment très sexy, affirma Elliot avec un rire coquin. Sur le coup j'ai cru que j'étais bi.
-Je ne te comprends pas, sa robe de chambre ce matin était fermée, j'ai vérifié avant qu'elle ne sorte pour venir vous voir, affirma Harlock en déglutissant difficilement.
-Peut-être, mais chez moi elle s'est rouverte, avoua Elliot avec un sourire gourmand.
Harlock garda le silence, en se disant qu'Elliot devait certainement plaisanter. Il était gay, il n'avait aucune raison de se rincer l'œil en regardant son Ellie. Il reprit la découpe des différents ingrédients en espérant cacher le fait que son cœur battait un peu plus vite. Cependant Elliot observait son mentor et ses gestes étaient plus nerveux, le doute faisait son chemin.
-Ellie est vraiment une très belle femme, il faut l'avouer, affirma Elliot d'une voix sensuelle. Elle a des formes superbes une peau diaphane, délicate aussi douce que de la soie, de magnifiques yeux verts et une poitrine généreuse.
Tout en tenant ces propos, Elliot observait le capitaine qui avait de plus en plus de mal à garder son calme. Harlock commençait à s'inquiéter, Ellie était vraiment restée très longtemps auprès des deux hommes jusqu'à ce que les services de sécurité libèrent la rue. Il aurait très bien pu se passer n'importe quoi entre ces trois-là.
Non, Ellie ne ferait pas cela, ils sont trop jeunes par rapport à elle, il y a plus de dix ans d'écart mais en même temps j'ai l'impression qu'il s'est bien rincé l'œil, pensa-t-il en terminant la préparation du plat.
-Bizarre qu'Ellie te plaise autant, se moqua Harlock avec un sourire quelque peu crispé.
-C'est vrai que normalement les femmes ne font pas vraiment parti de mes goûts mais Ellie m'a fait un drôle d'effet dans cette tenue à la fois élégante et aguicheuse. De plus on n'aurait jamais dit qu'elle venait de passer huit heures dedans, elle semblait si fraiche et si pimpante. Une femme qui est aussi belle au saut du lit est un régal. Ce serait une expérience intéressante et puis le faire avec une femme comme Ellie ça doit être inoubliable, je me trompe ? Le taquina Elliot.
-Je n'ai pas l'intention de te dire quoi que ce soit sur notre vie sexuelle Elliot, grinça Harlock.
-C'est une si jolie femme que je me laisserai bien tenter mais elle ne me cèdera pas, elle vous aime beaucoup trop pour ça et puis par rapport à vous en tant qu'amant je ne ferai probablement pas le poids. Vous allez déjeuner avec monsieur Kimura ? S'enquit Elliot sans manifester la moindre gêne par rapport aux propos qu'il venait de tenir sur la femme dont le capitaine était amoureux fou.
-Oui, répondit Harlock d'une voix blanche.
-Vous lui passerez le bonjour, le salua Elliot avant de partir certain d'avoir semé le doute dans le cerveau du capitaine.
-Au revoir Elliot, le salua le capitaine en pâlissant brusquement
Son cœur s'emballait complètement. Ellie était une très jolie femme qui plaisait beaucoup surtout depuis qu'elle mettait des tenues beaucoup plus féminines. Il était vrai qu'Ellie depuis le début de leur relation était devenue beaucoup plus coquette, mettant des tenues qui la mettaient en valeur. Harlock adorait la voir toujours de plus en plus belle mais il commençait à s'inquiéter. Il n'arrivait plus à honorer Ellie et il avait peur que celle-ci lassée de ne pouvoir s'unir à lui ne finisse par aller voir ailleurs. Lorsqu'il avait été libéré des nanos, il ne pensait pas venir habiter avec elle comme si de rien n'était, il pensait qu'il valait mieux qu'ils se séparent et qu'il parte afin de s'éviter de souffrir en la voyant avec un autre homme que lui. Mais Ellie avait insisté, elle voulait le garder auprès d'elle et des enfants et si en restant près de la femme qu'il aimait, celle-ci finissait par avoir un amant, Harlock savait qu'il ne le supporterait pas, l'idée même de la perdre le rendait fou de douleurs. Ellie était vraiment restée très longtemps auprès d'Elliot et de Patrick ce matin-là, trop longtemps à ses yeux à présent. Pour lui Patrick et Elliot ne représentaient aucune menace auparavant mais à présent il les voyait d'un autre œil, capables de lui ravir son Ellie, rien que pour le plaisir, pour s'amuser un peu et Ellie avait elle aussi des besoins qu'Hans n'arrivait plus à combler. Pâle comme un linge, il prépara son repas de midi à emporter ainsi qu'un pour Ryo puis il quitta la maison sous le regard inquiet d'un Elliot qui espérait bien qu'Harlock finirait par réagir un peu.
Harlock rejoignit Ryo dans le parc qui se trouvait près de l'académie militaire. Celui-ci l'attendait sur l'aire de pique-nique. Les triplés dans leur landau babillaient gentiment. Ellie plus d'une fois lui avait proposé de les prendre avec elle au travail afin qu'il ait une journée de libre mais le capitaine avait refusé, tenant à passer le plus de temps possible avec ses enfants. En le voyant sans arrêt avec eux, Ryo pensait qu'il y avait pire que lui comme papa-gâteau contrairement à ce que pensait Nynna. Le capitaine de l'Arcadia le battait à plate couture dans ce domaine. Il regarda son ami approcher, poussant doucement le landau, un lourd sac accroché à son épaule. Les élèves qui déjeunaient à l'extérieur suffisamment éloignés pour ne pas gêner les deux hommes étaient toujours surpris de voir Harlock se comporter ainsi. Ryo accueillit son ami avec le sourire. Hans s'assit en face de lui, sortant tout ce qu'il fallait du sac, trois biberons de lait, le repas préparé par lui ainsi que des bouteilles d'eau et de jus de fruit. Ryo pour ne pas être en reste préparait la table. Il adorait ce moment privilégié où il déjeunait avec son ami. Harlock testait toujours sur lui ses nouvelles recettes avant de les faire goûter à Ellie. Il tenait à tout soit parfait pour cette femme qu'il aimait à la folie. Il servit le repas et les deux hommes commencèrent à manger, Harlock ayant souvent la main dans le landau à caresser la bouille de ses triplés en souriant. Décidément la paternité le comblait. Ryo se dit qu'Harlock était chanceux dans ce domaine, il avait déjà cinq enfants et lui pour l'instant qu'un seul, en prime comme Nynna était toujours plongée dans ses recherches, elle n'était pas désireuse de faire immédiatement un petit frère ou une petite sœur à Kenjiro. Le repas confectionné par Harlock était excellent. Les deux hommes eurent juste le temps de finir qu'Emerick réclamait son biberon qu'Harlock lui donna en souriant, Eloïse et Frédérick ne tarderaient pas à demander le leur. Harlock était étrangement silencieux et bien qu'il affichait un sourire radieux en nourrissant son fils il semblait un peu préoccupé.
- C'est moi ou il y a un truc qui te tracasse ? S'inquiéta Ryo.
Harlock releva la tête, plantant son regard dans celui de son ami
-Est-ce que tu crois qu'Ellie pourrait avoir un amant ? L'interrogea Harlock en palissant.
-Ton Ellie, avoir un amant ? Se moqua Ryo. Vu comment elle t'a dans la peau, c'est impossible !
-Pourtant je ne peux plus la combler totalement et malgré les progrès je n'arrive toujours pas à agir comme avant avec elle, avoua Harlock d'une voix sourde.
-Elle en est consciente et elle ne te forcera jamais tout comme elle n'ira pas voir ailleurs, soutint Ryo.
-Je n'en suis pas si sûr, elle est très belle Ryo et beaucoup d'hommes s'intéressent à elle.
-Tu ne vas recommencer avec Paléande, il est reparti sur la nouvelle Gaia avec Thomas, de plus Ellie l'a repoussé, rappela sagement Ryo. Cela dit, c'est vrai qu'elle est très jolie mais je ne connais aucun homme qui serait assez fou pour essayer de te la voler.
-Je ne suis plus l'homme que j'étais Ryo, reconnut Harlock. Que ce soit en tant que pirate ou en tant qu'homme j'ai perdu, beaucoup perdu.
-Pour ce qui est de tes compétences de combattant je suis sûr que tes réflexes ne sont pas très loin, soupçonna Ryo. Maintenant pour ce qui est de l'ordre du privé, je comprends ta situation. Tu aimes Ellie et tu n'arrives plus à le montrer comme tu le voudrais.
Ryo baissa la tête pour que son ami ne voie pas son regard triste. Il replongeait dans ses propres souvenirs personnels douloureux. Il n'en avait jamais parlé à Harlock et il était peut-être temps de le faire afin de l'aider. Il serra ses mains jointes sur la table, respira profondément puis se lança en plantant son regard dans celui de son ami.
-Je sais ce que tu ressens Hans, je suis déjà passé par là, avoua Ryo. Je ne sais pas si ma propre expérience va pouvoir t'aider mais je suis prêt à tout te dire.
-Pourtant avec Nynna vous semblez nager dans le bonheur ! S'étonna Harlock
-Ellie aussi est très heureuse, tout comme tu l'es toi aussi. Ellie a enfin son petit paradis, une charmante maison, plein d'enfants, l'homme qu'elle aime à ses côtés mais il y a un nuage et pas des moindres, affirma Ryo.
-Mais sur le plan personnel avec Nynna, ça marche bien, tu me l'as confirmé toi-même ! S'exclama Harlock en faisant faire son rôt à Emerick.
-Tu sembles oublier ce par quoi je suis passé, indiqua Ryo en pâlissant.
L'aveu allait lui faire revivre tout ce qu'il avait enduré, Il ferma les yeux quelques secondes puis il prit de longues inspirations. Harlock pâlit à son tour, il s'en voulait. En effet Ryo aussi avait souffert et il était plus que probable que cela avait eu des conséquences sur sa vie personnelle.
-Même si de Péhant n'a pas pu me violer totalement car tu es arrivé à temps, se remémora Ryo d'une voix blanche. Il a eu le temps de me faire pas mal de dégâts, tout du moins son contact m'a fait beaucoup de mal. Quand je pense à la nuit que l'on a passé tous les deux ensemble par accident, toute cette douceur, cette tendresse ce sont des choses qui étaient totalement étrangères au duc de Péhant, il était brutal, immonde c'est pourquoi je comprends tout à fait les problèmes que tu as eu après que ce monstre t'ait violé. Je faisais des cauchemars, sans arrêt tout comme tu en as fait une fois que tu as été libéré des nanos et que tu as continué à en faire alors que tu étais en sécurité auprès d'Ellie. Pendant des mois ça a été l'horreur. Lorsque je suis retourné auprès de Nynna, que j'ai vu mon fils, mon père j'ai pensé, soulagé, que j'allais me remettre de tout cela mais cela n'a pas vraiment été le cas. Le soir, au lit avec Nynna, il ne s'est rien passé. Les jours suivants non plus j'en étais incapable. Les cauchemars avaient cessé car je passais mes nuits auprès d'elle, dans ses bras mais pour le reste cela ne fonctionnait plus.
-C'est pour cela que tu m'as dit que pour les cauchemars cessent, il fallait que je dorme auprès de celle que j'aime, que je sente sa chaleur et sa douceur, comprit Harlock d'une voix blanche.
-Ca a eu un effet miraculeux non ? Plaisanta Ryo tristement. Ellie était heureuse, tu faisais enfin des nuits complètes, tu remontais la pente, tu redevenais souriant. Tu n'as pas idée comme elle était aux anges en annonçant cela à Nynna. Elle retrouvait de plus en plus l'amour de sa vie.
-Comment as-tu fais pour te remettre ? Est-ce que tu en as parlé à ton père ? L'interrogea Harlock
-Non ! S'exclama Ryo paniqué. Et il ne doit jamais savoir !
-En cas de procès cela va être dur, douta Harlock tristement comprenant l'angoisse de Ryo. Et puis, tu sais, il est psy et tu es son fils, il doit déjà savoir ou se douter de certaines choses d'autant plus que Nynna a dû lui parler de tes problèmes.
-C'est ce qui m'inquiète le plus. Lorsque j'ai commencé à former la Résistance à l'âge dix-huit ans, je ne pensais pas que la lutte serait aussi longue et les dégâts au niveau de ma famille si importants, reconnut Ryo. J'adore mon père et je ne veux pas qu'il souffre.
-Lui aussi il t'adore et il est très fier de toi, affirma Harlock en souriant.
-Tu sais il te voit comme son propre fils. Etrangement en tant que psy il n'avait jamais ressenti cela pour aucun de ses patients mais toi il t'a adopté sans se poser de question.
-Je sais, moi aussi je le voie un peu comme un père malgré le fait qu'il n'y ait que dix-sept ans d'écart. C'est un homme admirable, soutint Harlock en donnant son biberon à Eloïse qui agitait ses petits bras tout en jouant avec un des boutons de la veste de son père.
-Et tu vas trouver cela bizarre mais je crois que tu es ce qui se rapproche le plus d'un frère pour moi, avoua Ryo en rougissant. Je n'ai pas de lien très fort avec les autres membres de ma fratrie. C'est pour ça que j'étais vraiment en colère après le duc et que j'y suis encore. Il a touché à un de mes proches, il n'aurait pas dû !
Ryo serra ses mains si fort que les jointures devinrent blanches.
-Pour en revenir au problème qui te préoccupe, repris Ryo d'une voix douce. Je sais que cela va te paraitre dingue mais tu peux tenter d'utiliser la même méthode que moi. A chaque fois que je voulais faire l'amour à Nynna mon cerveau repartait dans le souvenir de ce que m'avait fait subir le duc, je pouvais entendre sa respiration, sentir son odeur, sa peau sur moi ce qui fait que je ne pouvais pas l'aimer alors je me suis dit qu'il fallait que je me concentre, que je redécouvre ma Nynna, que je devais me dire que c'était elle qui était près de moi, que je respirai son parfum et non celui de ce monstre. Ça a été long mais au fur et à mesure, progressivement, j'ai fini par y arriver. N'espère pas aller jusqu'au bout dès la première tentative mais, les caresses, les baisers devraient finir par te faire franchir le cap. Le problème étant que, contrairement à Nynna, Ellie sait ce qu'il t'ait arrivé ce qui fait qu'elle ne voudra pas te toucher par peur que cela fasse ressortir les traumatismes donc il faut que tu le fasses de toi-même quitte à la guider comme lorsque tu l'as dépucelé.
Harlock baissa le regard, gêné. Le souvenir de cette nuit était ancré en lui à jamais.
-Confie les enfants à mon père pour la soirée et organise toi un petit dîner romantique avec Ellie, proposa Ryo.
-Et si elle espère trop, elle sera déçue, s'inquiéta Harlock.
Ryo ne put s'empêcher de rire.
-Hans, Ellie est tout sauf une idiote, elle comprendra vite ce que tu essayes de faire et elle ne te pressera pas, savourant chaque instant de cette soirée. Et ne t'inquiète pas pour mon père vu que tu lui as confié Eliasis il n'y aura aucun problème pour tes cinq enfants, il arrivera à gérer. Soutint Ryo en souriant.
Harlock lui sourit tristement.
-Pour le coup je te prendrai bien dans mes bras, petit frère mais tes élèves trouveraient cela bizarre et se diraient que toi et moi nous avons virés de bord ! Plaisanta Harlock.
-Dommage, je vais devoir me passer du câlin réconfortant, sourit à son tour Ryo. En tout cas ton repas était excellent. Tu comptes lui mitonner cela pour ce soir ?
-Non, pour le coup je vais lui sortir le grand jeu, affirma Harlock en souriant. Avec les chandelles et la porcelaine !
-Je préviens mon père pour ce soir, indiqua Ryo en sortant son portable.
Il attendit quelques sonneries puis la voix douce de son père répondit.
-Bonjour papa, dis-moi est ce que tu pourrais t'occuper des petits de Hans pour ce soir ? S'enquit Ryo en souriant. Oui, il va organiser un dîner romantique pour leur maman…Je trouve aussi que c'est une excellente idée…Non…Juste une fois par semaine je pense car si cela arrivait plus souvent Ellie pètera un boulon de ne pas pouvoir passer la soirée avec ses enfants…Non…Franchement je lui conseillerai bien de se présenter à poil sous le tablier de cuisinier face à Ellie mais je crois que cela ferait trop directe…En prime elle pourrait sauter le repas pour passer directement au dessert…Oui…Ne t'inquiète pas, il ira progressivement sans forcer…Je t'embrasse papa…Il t'embrasse Hans…Ne t'inquiète pas je veille bien sur lui.
Harlock hésitant entre éclater de rire et rougir de honte tenait sa tête entre ses mains, baissée et regardait avec insistance le bois de la table de pique-nique.
-Au boulot mon grand, tu n'as pas de temps à perdre si tu veux faire un dîner extra, conseilla Ryo en riant tout en se levant de table. Moi, il faut que je retourne en cours.
Harlock ne put s'empêcher de rire fasse au sourire complice de l'informaticien. Les deux hommes se saluèrent en se séparant. Harlock repris les affaires des triplés puis reparti tranquillement sans savoir que plusieurs personnes avaient assisté à cet entretien.
Yattaran en colère fracassa les écouteurs au sol sous le regard attristé de Kei. Les deux jeunes fiancés s'étaient installés sous les arbres suffisamment loin pour entendre l'entretien grâce au micro télescopique mais aussi pour éviter d'être repérer.
- Je vais lui éclater la gueule à ce duc de Péhant ! Ragea Yattaran. Tu rends compte de ce qu'il leur a fait ! En plus de Sylvidra il faudra vraiment se charger de ce pourri ! Sans compter cette peste d'Isabelle Von Kiel !
-Je suis d'accord avec toi, vu l'étendue des blessures subies par notre capitaine, il ne pourra jamais témoigner devant un tribunal militaire, cela lui ferait encore plus de mal, affirma Kei. Mais si il choisit de le faire il faudra qu'on l'accepte Yattaran.
-Je sais mais notre capitaine est notre pilier depuis toujours et de le voir dans cet état me met dans une telle rage ! S'exclama Yattaran en colère.
Ses larmes se mirent à couler tandis que Kei le prenait dans ses bras pour le réconforter.
-L'amour d'Ellie l'aidera, soutint Kei et nous aussi tout comme Ryo et Toshiro. On est tous là pour lui, il s'en remettra tu verras.
Harlock une fois le déjeuner terminé, s'était rendu dans les différents commerces de la ville afin de trouver ce qu'il fallait pour réaliser son repas. Il avait mis les plats dans les grands, une décoration très romantique avait été faite sur la table du salon et une odeur succulente s'échappait du four où terminait de cuire le canard à l'orange. Le soir il confia les enfants et tout ce qui leur était nécessaire à Ken Kimura qui les accueillit avec le sourire, heureux de s'occuper d'eux. Un peu angoissé, Harlock au fourneau, attendait le retour d'Ellie. Alors qu'il remettait le tablier de cuisinier il ne put s'empêcher de rire en pensant à l'idée de Ryo puis il reprit ses préparatifs.
Après une longue journée de travail, Ellie et Nynna quittèrent les laboratoires sans se douter de la surprise qu'Harlock avait préparée pour Ellie.
