H comme...
Kageyama Tobio cherchait de tous ses neurones un mot commençant par H qui pourrait convenir à l'autre moitié du duo bizarre de Karasuno. La fatigue n'aidant pas, cela faisait maintenant un bon quart d'heure qu'il réfléchissait pour en trouver un alors que bizarrement, il avait tout de suite trouvé le A de Abruti... Le brun observa sa feuille où il avait aligné les lettres de l'alphabet et se frotta le front. Il était tard et il n'était pas prêt de finir.
Lorsque le Pr. Takeda leur avait donné cette punition, le passeur avait retenu un sourire de peur que leur prof ne change d'avis et ne leur donne quelque chose de plus ardu, mais à présent, il commençait à comprendre. Le rouquin de première année comme lui, avait le don de le faire réagir peu importe ce qu'il disait ou faisait, or la rédaction de cet abécédaire l'obligeait à essayer de considérer son camarades sous plusieurs autres angles et ça ne lui plaisait pas du tout...
En parlant de celui-ci, le brun fronçât les sourcils lorsque son portable se mit à sonner, en affichant fatalement la photo d'Hinata Shôyô. Avec lassitude, il décrocha.
— KAGEYAMA ! hurla le rouquin dans ses oreilles sans lui laisser le temps d'en placer une.
Même au téléphone ce mec ne savait pas parler normalement...
— T'as mis quoi pour la lettre C ? Je sèche là... continuait l'autre au bout du fil et le brun soupira encore une fois.
— Pourquoi tu me demandes ça à moi ? Je te signale que t'es censé écrire sur moi, imbécile !
— Oui, mais tu te connais mieux que je ne te connais, donc tu devrais connaître un mot en C qui te caractériserait, non ? Allez, steuplait ! J'en ai encore vingt-cinq à faire après...
— Me dis pas que tu sèches dès le début ? s'écria le brun effaré par le manque d'imagination du roux. D'ailleurs... Pourquoi tu commences avec le C ?
— Parce que les autres lettres me disent rien pour l'instant!
— Manifestement, le C non plus ne te dit rien...
— Hé c'est pas ma faute si tu me fout tellement la flemme que j'ai mal partout ! Je veux juste aller me coucher moi !
— C'est à moi de dire ça, abruti ! s'énerva le brun qui commençait à trouver l'idée de lui raccrocher au nez, très séduisante.
— Allez steuplait, réfléchis... le supplia Shôyô pendant que Tobio soupirait ostensiblement au téléphone. Un mot qui commence par C... chantonnait-il. Qui caractériserait à merveille le génie du volley-ball de Karasuno...
Kageyama décolla le téléphone de son oreille pour vérifier que c'était bien le numéro d'Hinata qui s'affichait et pas celui d'un quelconque random qui se serait trompé de numéro genre... Oikawa. Un cri perçant, néanmoins étouffé parce qu'au téléphone, se fit entendre.
— J'ai trouvé ! C'est un mot parfait pour toi !
Cela ne disait rien qui vaille à Kageyama, tout ça...
— Hé... Va pas mettre un truc bizarre sur mon C, je te préviens...
— CANON ! affirma son ailier, d'un air très satisfait de lui.
— Hein ?
— Canon. C, a, n, n, o, n. épela Hinata.
— Y a qu'un N à canon, abruti.
— M'en fout, tu es tellement canon que ça mérite deux N, voilà !
— Hein ?
— Merci, tu me sauve ! A demain.
Et Hinata Shôyô raccrocha, abandonnant un passeur complètement ahuri.
Machinalement, il reposa les yeux sur sa propre feuille et écrivit dans un état second.
H comme HEIN ?!
