Chapitre premier qui place les personnages et l'action. En espérant qu'il attise votre attention, enjoy !
Point de vue Eliza
— Et couper !
Voilà, le dernier plan avant de reprendre le tournage dans quelques mois dans l'attente d'une météo un peu plus hivernale. Chacun va pouvoir profiter d'un repos bien mérité. Bien que la première partie du tournage n'aie pas duré très longtemps, tout le monde est épuisé. Des pages de dialogues ingurgitées, l'apprentissage difficile du Trigedasleng, les prises multiples, les heures d'attente et le manque de sommeil ont éreinté toute l'équipe. Heureusement, les avantages au métier d'acteur sont multiples : l'impression de jouer à longueur de journée, nos bafouilles sur le langage terrien inventé de toute pièce provoquant de nombreux fou-rires qui, nous le savons, finirons probablement dans les bêtisiers, les moments forts créés par l'ambiance spécifique de travail et le fait que nous sommes tous hébergés sur place. Et surtout, il y a le lien qui nous unis tous aujourd'hui, nous sommes devenus une grande famille. Je me suis particulièrement liée d'amitié avec Alycia, Lindsey et Marie. Nous sommes tellement inséparables que nous avons décidé de prendre quelques jours de vacances toutes ensemble pendant cette pause. Marie avait eu la brillante idée de nous proposer une croisière, et bien qu'au début Lindsey avait rechigné par pur esprit de contradiction, nous avions fini par la convaincre à force d'insister. Elle ne pouvait pas refuser cette escapade maritime et luxueuse en notre compagnie !
Histoire de marquer le coup, la production a prévu un dîner avec toute l'équipe dans un restaurant spécialement réservé pour nous. Ça allait nous changer de la cantine habituelle, qui n'était pas si mauvaise que cela en fin de compte. Les filles et moi avions déjà prévu de nous asseoir non loin l'une de l'autre pour planifier nos vacances. Nous n'avions guère eu le temps plus tôt. Mais bon, les connaissant, elles allaient surtout parler tenues de soirée, tenues de bain, serviettes et chiffons… Enfin, c'était plutôt une bonne chose, j'avais juste envie de me détendre sans prise de tête. Partir à l'aventure ! Ça se sont de vraies vacances !
Il était prévu que Lindsey, sur les conseils des deux autres, passe me chercher dans ma chambre à 19h30 tapante, histoire de prévenir ma sale manie d'être systématiquement en retard. Nous devions passer prendre Marie et Alycia pour nous rendre au restaurant ensemble.
— Bon aller ! je me dis à moi-même, Je file sous la douche sinon je ne serais même pas propre quand Lindsey viendra… Hors de question de donner raison à ces trois là !
Je file sous la douche en souriant, pressée de démarrer enfin ces vacances.
A 19h on frappe à ma porte. J'ouvre, encore enroulée dans ma serviette, pour découvrir Lindsey tout sourire.
— Entre, entre.
— Je rêve ! On a quitté le plateau y a plus de 2h et t'es encore en peignoir !
— Allez, j'en étais sûre… Je te signale que tu as 30 minutes d'avance ! Et puis c'est juste une serviette… Je ne suis pas encore en retard !
— Tu n'as pas tord… Mais dépêche-toi quand même sinon les filles ne vont pas te louper !
Je fais oui de la tête et m'enferme dans la salle de bain pour finir de me préparer. 15 minutes plus tard Lindsey m'observe.
— C'est bon il ne te manque rien Eliza ?
— Non c'est bon, on peut y aller, et on ne sera pas en retard !
— Mouais, on sera pile à l'heure quoi…
En arrivant près de la chambre d'Alycia se fait entendre le rire de cette dernière couplé à celui de Marie. Soudain je me rends compte de ma bêtise, je prends un aire penaud et regarde mon amie.
— Lindsey ?
— Oh non, je connais ce regard Eliza, qu'est-ce que tu as oublié ?
— Mon portable…
— Évidemment ! J'en étais sûre, une handicapée de l'horaire. Allez file, je vais essayer de calmer les deux furies.
Je la remercie en silence et cours vers ma chambre.
Point de vue Lindsey
Elle est irrattrapable… Une fois Eliza sortie de mon champ de vision je frappe à la porte. C'est Alycia qui m'ouvre. Elle penche la tête pour regarder dans le couloir. Lorsqu'elle comprend que je suis seule un énorme sourire s'affiche sur son visage. Je rentre, elle ferme la porte et tend la main à Marie en bougeant les doigts.
— Par ici la monnaie.
— Je rêve ! dis-je en m'exclamant, Vous avez parié qu'elle ne serait pas à l'heure ?!
— Bah oui ! Mais j'ai cru que comme tu passais la prendre, j'avais mes chances…
— Marie sérieusement ! Tu mises sur la seule fille qui a réussi à être en retard à sa propre naissance !
Marie me regarde en haussant les épaules et nous nous mettons toutes à rire en évoquant l'anecdote que la mère d'Eliza nous avait racontée. Nous nous voyions souvent en dehors des tournages et les familles de chacune commençaient doucement à devenir les notre.
On frappe de nouveau à la porte. Alycia se lève pour ouvrir à Eliza qui se fait fusiller du regard par son hôte.
— J'étais à l'heure de base mais…
— Mais rien du tout ! lui répond Alycia, Enfin, on va pas t'en vouloir, on sait que c'est pas de ta faute, c'est de naissance, hein !
Alycia lui fait un clin d'œil moqueur et Eliza lui donne une bourrade dans l'épaule. Cette fois elle se joint à nos rires.
Point de vue Eliza
Je suis rassurée car nous ne sommes pas les dernières à arriver au restaurant. Les tables se remplissent petit à petit. J'essaie de prouver à mes amies qu'elles se sont moquées de moi sans raison, mais rien à faire, elles persistent. Nous choisissons une table de 4 pour organiser notre voyage tranquillement.
Avant que le premier plat n'arrive, Jason fait tinter sa cuillère contre son verre pour obtenir notre attention. Une fois le silence fait il prend la parole en se levant :
— Je sais que vous êtes tous affamés et que vos papilles ont hâte de goûter autre chose que les mets approximatifs de l'équipe Cantine, mais je voudrais porter un toast ce soir.
En plaisantant il fait un clin d'œil aux cuisiniers qui lui répondent avec quelques gestes grossiers bon enfant.
— Je tenais à tous vous remercier pour le travail acharné que vous fournissez. J'ai été très content de retrouver tout le monde, et de voir des nouvelles têtes, pour le tournage de cette troisième saison. J'ai confiance en vous et je sais que nous allons tous fournir du bon travail pour donner un résultat qui plaira au public. Mention spéciale à Alycia et Ricky qui vont nous quitter quelques semaines à peine après la reprise.
Jason lève son verre en regardant les deux intéressés.
— Reprise du tournage mi novembre. Bon appétit à tous !
Le Showrunner général se rassoit et un brouhaha renaît dans la salle. Mon excitation quant à cette croisière m'en avait presque fait oublier le départ prochain d'Alycia… Elle aurait dû quitter la série avant la pause mais CW et AMC avaient réussi à trouver des accords. The 100 avait encore besoin des services de Lexa pour quelques jours avant qu'elle ne tire définitivement sa révérence. Nous n'avions pas encore tourné la scène de la mort de son personnage et je la redoutais énormément. Surtout que je savais qu'elle était précédé d'une scène d'amour… Lindsey me sort de mes pensées en s'excitant d'un coup :
— Bon Marie, étant donné qu'on embarque demain, tu peux nous dire notre destination maintenant, non ?
— Tu rêves ma vieille ! Vous n'avez rien voulu organiser je te rappelle ! Soit disant parce qu'il vaut mieux ne rien prévoir et vivre au jour le jour. Mon cul ! Ces billets ne se sont pas acheté tout seul !
— Et à moi, tu pourrais me le dire à moi ? Puisque c'est un peu aussi pour fêter mon départ… intervint Alycia en lui faisant les yeux doux pour tenter de l'amadouer.
— Non, non, non et non ! Vous connaîtrez les détails demain à 13h !
— A l'heure de l'embarquement quoi, je dis déçue, super…
— Et je vous vois venir, pas la peine de penser à fouiller dans ma chambre, vous ne trouverez rien. Je n'ai laissé aucune trace vous pouvez me croire.
— Alors là ! s'offusque Lindsey, Loin de nous cette idée ! N'est-ce pas les filles ?
Alycia et moi secouons la tête vivement pour montrer notre bonne foi.
— C'est ça, prenez-moi pour un poulpe sans cervelle. De toute façon, j'ai pris mes dispositions pour éviter que des fouines viennent saccager ma chambre et qu'elles évitent de faire irruption dans ma vie privée !
Un fou-rire nous gagne. L'année dernière Alycia, Lindsey et moi étions entrée en douce dans la chambre de Marie espérant trouver des informations sur le cadeau d'anniversaire apparemment si phénoménal qu'elle comptait offrir à Lindsey. Cette dernière avait trifouillé l'ordinateur de Marie jusque dans ses parties les plus sombres pour en sortir une série de photos dont nous nous souviendrons encore longtemps.
— Oh ça va Marie ! Tu ne vas pas me le rapprocher à vie, c'est pas non plus comme si on avait trouvé des photos de toi en compagnie de bébés raton laveurs décapités ! Ok peut-être bien qu'il y avait de la fausse fourrure sur un de tes sout- …
— Chuuuuuut Lindsey ! Non mais c'est ça, crie-le sur tous les toits !
Bob et Ricky assis derrière nous se retournent pour nous regarder d'un air intrigué.
— C'est toi qui fait le plus de bruit ! rigole Lindsey, C'est rien les garçons, retournez à votre homard, elle est juste un peu susceptible !
Ils se lancent un regard mi désespéré mi amusé et se remettent face à leurs assiettes. Lindsey se racle la gorge avant de rependre un peu plus bas :
— En tous cas, ce n'était pas désagréable à voir.
Marie devient rouge tomate et s'enfonce dans son siège. Je la regarde intriguée.
— Tu aimes les filles Lindsey ? demande Alycia comme après avoir lu dans mes pensées.
— Oh tout de suite les grands mots ! On n'a pas besoin d'être attiré par quelqu'un pour le trouver mignon !
— Ah ! s'exclame Marie, Pour une fois que je suis d'accord avec toi !
J'ose enfin prendre la parole :
— Vous êtes graves les filles… Mais j'avoue que je me posais la question Lindsey.
— Ah Eliza, on t'entend enfin parler. Mais bon, si c'est pour dire des bêtises je préférais encore quand tu faisais la plante verte !
— Ouais ouais ! Bon mais, revenons-en au sujet principal. Marie, ça fait quand même 2 semaines que tu nous en parles de cette croisière, et même quelques heures avant le départ tu ne veux pas au moins nous donner un petit indice ?
— Eliza à raison, me soutient Alycia, qu'on sache au moins quel genre de tenue mettre dans nos valises…
— Vous voulez un indice, hein ? Mmmh, nous allons…. Dans… Un pays exotique !
Sans prévenir, Richard installé à une autre table se retourne pour prendre part à la discussion :
— Laissez tomber les filles, je la connais, elle ne lâchera rien, muette comme un corbeau !
— Ahah on dit muet comme une carpe ! Mais il n'a pas tord, la dernière fois qu'il a voulu me faire parler je me suis transformée en tombe. Rien du tout.
— Je confirme. Je voulais savoir si elle n'avait pas deux ou trois infos croustillantes à propos de couples sur le tournage mais elle ne m'a jamais rien dit.
— Ah voilà ! Pas la peine de me cuisiner !
La soirée continue sur un ton joviale. Nous essayons toujours de faire cracher le morceau à Marie, parfois les garçons volent à notre secours, un serveur même essaiera de lui faire du chantage, mais rien à faire. Tout ce que nous avons obtenus de Marie fut de savoir qu'il nous fallait prendre maillots de bains et vêtements légers. Au moins, ça nous changerait du climat de Vancouver.
Après avoir pris le temps de discuter un peu avec les autres acteurs et membres de l'équipe, nous finissons par prendre le chemin de nos chambres pour boucler nos valises. Je savais bien qu'on aurait dû partir un jour plus tard histoire de mieux préparer tout ça, je ne serais jamais à l'heure demain, impossible… Alors que nous pénétrons dans la voiture de Lindsey, j'aperçois Marie qui s'éloigne.
— Tu ne montes pas avec nous Marie ?
— Je montes avec Ricky, Bob et Jason, on se retrouve dans le hall et sinon on se voit demain !
— Ok, à demain !
— Et pense à mettre un réveil demain matin, hein Eliza ?!
— T'inquiète je boucle ma valise en vitesse, je mets trois réveils et je me couche tôt ! Hors de question de rater mes vacances avec vous !
Alors qu'elle était assise derrière le volant, Lindsey quitte sa place pour aller prendre Marie dans ses bras.
— Qu'est-ce qui t'arrive toi ? s'étonne Marie qui ne sait pas quoi faire de ses bras alors que Lindsey l'enlace.
— Câlin du soir !
Lindsey s'en retourne sans plus d'explications, grimpe dans la voiture et une fois assurée que nous y sommes bien nous aussi, démarre en trombe.
— Câlin du soir ? demande Alycia assise devant, T'es pas bien toi !
— Fouille dans ma poche, lui ordonne Lindsey.
— Quoi ?
— Fouille dans ma poche je te dis !
Alycia s'exécute. Elle en sort une clef à laquelle pendouille un petit chien en plastique.
— C'est pas à Marie ça ? je demande en me penchant entre les deux sièges devant moi.
Je vois le regard de Lindsey s'illuminer dans le retro intérieur :
— Ça vous dit une mission commando ?
— T'es folle ! je réagis, Elle va nous tuer si elle arrive avant nous !
— Pourquoi je suis partie en vitesse à ton avis ?! T'inquiète les garçons ne sont pas encore parti du resto.
— Mais elle a dit qu'elle n'avait laissé aucune trace, intervint Alycia.
— On laisse toujours une trace. Allez faite pas vos froussardes, ça va être drôle ! Elle n'en saura rien, je vous jure.
— Mission commando, hein ? Mission suicide tu veux dire ! je dis en me renfonçant dans mon siège, Bon, ok, j'espère que je n'aurais pas besoin de vous dire que je vous avais prévenu…
— Hé, ce n'est pas mon idée !
Alycia croise les bras en râlant, Lindsey se frotte les mains et accélère. Elle se gare n'importe comment et nous nous ruons hors de la voiture direction la chambre de Marie.
Point de vue Alycia
— Vous deux vous cherchez dans ses affaires, nous ordonne Lindsey, moi je m'occupe de l'ordinateur.
— A vos ordres chef ! je réponds finalement amusée.
Je ricane et nous commençons à fouiller. Mais il n'y a aucun indice.
— Bingo !
Je sursaute et me retourne vers Lindsey en l'engueulant :
— T'es malade ou quoi de hurler comme ça !
— Moba, ai laik Heda kom hacking.
Eliza et moi dévisageons Lindsey sans comprendre.
— Traduction : Désolée, je suis la commandante du hacking.
— Y a que toi pour parler Trigedasleng en dehors du plateau, je me lamente.
— Tu as conscience que c'est un dialecte inventé ? lui demande Eliza.
— Sha Wanheda !
— Abrège Skaikru, tu vas nous dire pourquoi tu as hurlé oui ?
— Oh si on ne peut plus s'amuser ! Je n'ai pas de réplique dans cette langue je te rappelle, ça prouve à quel point je m'intéresse aux autres rôles !
— Oui, oui, on sait que tu es une nana très attentive Reyes, mais là c'est de pire en pire !
— Alycia tu dis ça alors que tu viens de m'appeler par mon nom de famille dans la série ?!
— Bon on n'a pas toute la nuit là ! s'énerve Eliza, Marie va finir par revenir.
— Hé bien, hé bien, d'après ce que j'ai trouvé, la croisière devrait aboutir… En France !
— Trop bien ! s'enthousiasme Eliza.
— Mais c'est loin ! je réponds.
— Plus c'est loin, plus la croisière sera longue, moi ça me va !
— Bon, vous n'avez laissé aucune trace ?
— Non, non, Lindsey, mais maintenant on fait comment pour lui rendre sa clef ? je demande angoissée.
Elles se mettent à réfléchir intensément.
— Je sais ! s'exclame Eliza, En espérant qu'elle soit toujours dans le hall à discuter avec les garçons, je vais aller à sa rencontre et lui demander de m'appeler sur mon portable demain matin pour être sûre que je me réveille bien.
— Mais elle va te demander pourquoi tu ne lui a pas envoyé un SMS, je fais remarquer peu certaine de son plan.
— Je lui dirais que je voulais être sûre qu'elle ait le message.
— Ça me paraît bien moi ! Mais il faudrait que tu te mettes en pyjama, si t'es encore habillée alors qu'on est rentré depuis un petit moment elle va se douter de quelque chose.
— T'as raison Lindsey...
— Viens je te prête un truc. je propose, Ta chambre est trop loin, on risque de perdre trop de temps.
Lindsey va pour ouvrir la porte avant de se retourner vers nous :
— Bon courage, je vais me coucher moi !
— C'est ça, laisse nous réparer tes erreurs nous mêmes ! s'énerve faussement Eliza.
— Bonneeeee nuiiiiit, à demaiiiiin !
Lindsey fuit vers sa chambre avant que nous ayons le temps de lui répondre. Eliza ferme soigneusement la porte à clef de Marie et elle me suit dans mes quartiers. Je trouve un jogging qui fera l'affaire, un t-shirt et je les lui tends avant de lui indiquer la salle de bain.
— Pas le temps, je peux me changer devant toi Alycia tu sais, je m'en fiche.
— Mais c'est juste que comme je…
— Que comme tu quoi ? Comme tu aimes les filles ? J'ai confiance en toi hein, et puis je me changerais devant les mecs sans problème aussi alors tu vois.
— Bon, si tu le dis…
Eliza retire ses vêtements à la va vite, je n'arrive pas à détourner mon regard. Je ne peux m'empêcher d'observer ses jambes pulpeuses pénétrer dans les manches du jogging. Je ne peux me détourner du spectacle de son buste recouvert par le fin tissu de mon t-shirt.
— Fait gaffe tu baves Alycia, dit Eliza me sortant de ma contemplation.
— Je, euh, pardon…
— Je plaisante ! Allez j'y vais avant de la rater, merci !
— Bonne chance !
Elle me fait un clin d'œil et sort en courant.
Point de vue Eliza
Alycia me matait non ? Enfin, pas le temps d'y penser…
J'arrive dans la hall et par une chance inouïe, Marie, Ricky et Bob y sont toujours en train de discuter. Marie m'aperçoit.
— Qu'est-ce que tu fais là Eliza ?
— Je voulais te demander si tu pouvais m'appeler sur mon portable demain matin ? Histoire d'être sûre d'être bien à l'heure.
— Tu pouvais m'envoyer un message tu sais.
— Oui oui mais j'avais peur que tu sois déjà au lit… Je suis venue ici en me disant que tu serais peut-être toujours là, sinon je serais allée frapper à ta porte.
— Ok, ok, pas de problème, quand je me lève je t'appelle !
— Merci !
Avec un peu trop d'enthousiasme je m'approche de mon amie pour la prendre dans mes bras. J'en profite pour glisser sa clef dans la poche arrière de son pantalon. Dans son dos je vois Bob qui ricane en comprenant la situation.
— Vous en avez pas marre de me toucher les fesses ce soir ? plaisante Marie quand je me décolle.
— Quoi ?
— Lindsey aussi m'a mis une main aux fesses toute à l'heure… Enfin bref, tu ferais mieux de retourner te coucher !
— Oui, oui, et ne tarde pas trop non plus toi ! Je compte sur vous les gars pour la mettre au lit de bonheur.
— Oui madame ! répond Ricky amusé.
Je roule les yeux en souriant et leur souhaite bonne nuit avant de retrouver ma chambre.
Seule dans la pénombre je prends soudain compte de l'odeur d'Alycia sur les vêtements qu'elle m'a prêtés. Mon cœur s'emballe. Je m'assoies sur mon lit, envoie un message à Alycia pour lui dire que j'attends que Marie retourne dans sa chambre avant revenir lui rendre son jogging et son haut.
Quelques minutes s'écoulent pendant lesquelles je me laisse complètement bercer par l'odeur de ma partenaire de jeu. Puis j'entends les voix étouffées de Marie, Ricky et Bob qui finissent par aller se coucher. J'attends un peu avant de sortir à pas de loup.
Alycia m'ouvre prudemment et me laisse entrer.
— Ça a été ?
— Elle n'y a vu que du feu ! Contrairement à Bob… J'espère qu'il n'a pas cafté…
— Tu sais tu peux garder mes vêtements si tu veux, enfin, tu n'étais pas obligée de revenir pour…
— De toute façon il fallait que je repasse pour prendre ma tenue de ce soir.
— Ah oui !
Elle se retourne pour chercher du regard, attrape mes vêtements roulés en boule et me les tends.
— Garde le jogging, il te va mieux qu'à moi, je flotte dedans.
— T'es sûre ?
— Oui oui, et le t-shirt tu me le rendras un autre jour.
— Bon, d'accord, merci en tous cas. Allez je file, bonne nuit Alycia !
— Bonne nuit Eliza !
Une fois dans ma chambre je m'accorde une petite demie-heure pour préparer ma valise et me mets vite au lit.
A 7h32 mon portable sonne me sortant de mes doux rêves.
— Allô…
— Allez debouuuuut ! L'océan nous attend ! hurle Marie à l'autre bout du file.
— Comment tu peux être aussi dynamique de bon matin…
— De bon matin, de bon matin, hier encore on se levait à 6h arrête de dire des bêtises, allez hop !
— Oui, oui, je me lève.
Aussitôt raccroché que je me force à me mettre debout. La tête ne me tourne pas, c'est que je peux le faire. Je passe sous la douche histoire de me réveiller vraiment et je vérifie une dernière fois ma valise quand on toque à ma porte. C'est Alycia.
— T'es prête ?
— Oui ! Je prends ma valise ?
— Non, on repasse se brosser les dents, tout ça, avant de prendre le taxi.
— Parfait !
Pendant le trajet dans le taxi, nous essayons d'enlever tout soupçon sur nous en bassinant Marie pour qu'elle nous donne la destination de notre croisière. Mais rien à faire. Elle refuse toujours de parler.
Le taxi nous dépose non loin de l'embarcadère et nous suivons Marie jusqu'au bon quai d'embarquement. Le paquebot est plus grand que ce que j'avais imaginé.
— C'est la première fois que je pars en croisière… je révèle à mes amies.
— Sérieux ?! s'étonne Alycia, Tu viens d'Australie, donc une île, et tu n'as jamais fait de croisière ?!
— Qu'est-ce que tu veux, on n'a pas tous le temps ou les moyens de s'en offrir une !
— Allez arrête ton char, même enfant, tu n'as jamais fait le tour de la baie ?
— Ah si peut-être, mais t'appelles ça une croisière toi ? En tous cas le bateau n'étais pas si gros…
— Allez on s'en fiche de ça ! nous coupe Lindsey, Moi je veux savoir où on va !
— Écoutez, répond Marie, je pense qu'il est enfin le temps de vous le dire… Destination Hawaï !
— Hawaï ?! s'étouffe presque Lindsey, Mais je croyais qu'on devait aller en France !
Marie ne comprend pas puis soudain tout s'illumine.
— Alors c'est pour ça que toi et Eliza m'avait touché les fesses hier soir ! Vous avez fouillé dans ma chambre ! Hé bah ça vous apprendra tien !
— Mais pourquoi on a trouvé que le bateau nous menait en France, tu nous as piégé ? je demande.
— J'ai cherché vers la France métropolitaine mais c'était trop loin, trop long, trop cher, même Tahiti qui est plus proche, alors je me suis dit que ça ferait l'affaire...
— Elle nous a bien eut je dois l'avouer... dit Alycia.
— L'affaire ? Tu rigoles ! Hawaï c'est parfait ! Je t'aime toi !
Lindsey amène Marie contre elle et la soulève du sol. Nous nous mettons à rire et Alycia et moi ne pouvons nous empêcher de prendre Marie à notre tour dans nos bras et de la remercier chaleureusement.
— Vous me remercierez quand vous aurez vu vos cabines, je pense que sur ce point je ne me suis pas foutue de vos gueules !
— On ne dort pas ensemble ? je demande.
— Pardon mais on va être collé ensemble au milieu de l'océan pendant deux semaines, je préfère être seule la nuit ! Et puis bon, vu le nombre de salles de cinéma, de spectacles et de boîtes de nuit, faites-moi confiance, on ne va pas dormir bien longtemps !
Un matelot nous interrompt soudain en appelant les passagers à se mettre correctement en ligne afin d'embarquer. Mes amies et moi trépignons d'impatience. Enfin, les vacances peuvent commencer !
N'hésitez pas à me donner vos retours, que je transmettrai à ma co-autrice. Chapitre suivant : la découverte du bateau et le début des ennuis !
