Bonjour tout le monde ! Comme on a pas mal d'avance sur les chapitres on voulait vous poster le suivant aujourd'hui histoire de mettre fin à votre calvaire et que vous passiez un bon weekend ! Alors bonne lecture ;)


Point de vue Alycia

Je suis la première à me réveiller. J'ouvre les yeux sans me souvenir de rien. Je sens ma gorge me brûler, j'essaie de déglutir mais c'est pire. Je constate que je suis trempée. Il ne pleut plus. En bougeant les doigts je sens du sable. Je tourne la tête à droite et à gauche. Mes amies sont allongées, inconscientes. J'essaie de me redresser lentement. Doucement. Le mouvement me fait tousser, c'est comme des couteaux qui me tailladent de l'intérieur. J'ai soif. En me mettant debout une vive douleur m'assaille en partant de la cuisse et irradie toute ma jambe gauche. Je retombe aussi sec au sol. J'observe pour constater une entaille assez profonde dans l'intérieur de ma cuisse. Le sang ne coule plus, il a l'air d'avoir coagulé avec le sel et le sable. La blessure me dégoûte mais je dois avancer. Je me traîne par terre pour m'approcher de Lindsey qui est la plus proche de moi. Elle respire, je suis rassurée. Sans trop savoir quoi faire je lui caresse la joue pour avoir une réaction. Elle ouvre doucement les yeux et paraît tout autant désorientée que moi. Je la laisse se redresser, tousser et reprendre ses esprits.

— Ma tête… elle gémit.

— Moi c'est la gorge…

Je ne veux pas parler de ma cuisse pour ne pas l'inquiéter.

— Qu'est-ce qui s'est passé ? elle demande.

— Je ne suis pas sûre, on a coulé ?

— Je me souviens juste de la grande vague… Les autres ?

Je hausse les épaules en lui montrant Marie et Eliza toujours allongées.

— Je m'occupe de Marie, prend Eliza, m'ordonne mon amie.

Je m'approche de la blonde. Elle est face contre terre, un air paisiblement endormi. J'ai quelques scrupules à la secouer pour la faire émerger. J'ai un instant de peur avant d'être rassurée lorsqu'elle ouvre les yeux. J'ai envie de la serrer dans mes bras.

— Alycia ?

Elle se relève brusquement et ravale une nausée violente.

— Doucement. je lui dis en chuchotant et en posant ma main dans son dos, On a dû faire naufrage.

Je jette un œil sur la gauche, Marie aussi semble aller bien. Puis je regarde vers la mer. Le ciel est de nouveau bleu, impossible de savoir l'heure qu'il est mais je pense que nous n'avons pas changé de journée. La mer s'étend à perte de vue. Je regarde derrière moi, la plage finit dans une forêt luxuriante et touffue, impossible de savoir ce qui s'y cache.

Lindsey et Marie, qui se tiennent pour s'aider à tenir debout, nous rejoignent.

— Qu'est-ce qu'on fait ? demande Marie.

— Quelqu'un a vu le bateau ? On pourrait tester la radio, propose Eliza.

— Cherchons le, peut-être qu'il est juste un peu plus loin sur la plage, répond Lindsey la voix un peu coincée.

Eliza et moi respirons un bon coup avant de nous lever sans trop tituber. Nous préférons rester groupé pour fouiller les bords de l'île. Aucun bateau à l'horizon.

— Comment on a fait pour se retrouver toutes les 4 ici sans le bateau ? s'étonne Marie.

— Aucune idée, je lui dis, mais je crois bien qu'il va falloir qu'on s'enfonce dans cette forêt.

Je cache mon visage du soleil avec ma main comme visière pour observer en direction des arbres. C'est sûrement dangereux mais c'est la seule chose qu'il nous reste à faire.

Apeurées et épuisées nous nous approchons des fourrés. J'ai du mal à marcher et Eliza le remarque.

— Ça va Alycia ?

Pour toute réponse je lui montre ma blessure. Elle fait la grimace.

— Il faudrait qu'on trouve un point d'eau ou un abris pour la nuit. elle dit, Avec de l'eau on pourra améliorer ta plaie.

— De l'eau ou un être humain, répond Lindsey.

— Oui, bien sûr, dans l'idéal ce serait mieux…

La forêt est un peu moins dense vue de l'intérieur, le soleil filtre entre les feuilles et nous permet d'y voir clair. Ma gorge s'est un peu calmée. Nous marchons deux par deux, Eliza et moi devant, Lindsey et Marie derrière. Toutes préféraient que je marche devant pour éviter que ma blessure ne me fasse les perdre de vue.

— Bon ça va Lindsey, tu vas te rincer les yeux encore longtemps ?

Eliza et moi nous stoppons net aux mots de Marie. Nous regardons Lindsey se tourner vers elle avec un air fautif.

— Quoi ?! répond la jeune fille prise visiblement la main dans le sac.

— Je t'ai vu mater le derrière des filles !

— Mais, mais, mais n'importe quoi ! Je… je regardais la blessure d'Alycia ! C'est pas joli joli…

Eliza éclate d'un coup de rire.

— Allez arrêtez vos bêtises on continue.

Avant que nous repartions Lindsey fou un claque légère derrière le crâne de Marie qui lui tire la langue.

Après quelques minutes de marche c'est au tour de Lindsey de rompre le silence pesant de la verdure.

— Je suis désolée les filles.

— Oh tu peux nous mater les fesses tu sais, on s'en fiche ! je dis en plaisantant.

— Non, non, pas pour ça, je veux dire… C'est de ma faute si on a atterri sur cette île…

— Déjà, répondit tout de suite Marie, on n'est pas sûre que ce soit une île, on est peut-être juste sur le continent, ensuite je ne vois pas en quoi ce serait de ta faute. Parce que tu as conduit trop loin ? Non, le GPS nous aurait averti sinon, on n'était pas hors limite. S'il faut blâmer quelque chose c'est la météo et rien d'autre. Ce qui compte c'est qu'on soit en vie toutes les 4. On va bien finir par s'en sortir. Tu te souviens de ce livre qu'on avait lu sur l'enfant et le tigre dans un bateau ?

L'Histoire de Pi ?

— Oui, hé bien on est beaucoup plus chanceuse que lui ! On est 4 et on est sur la terre ferme. Alors ça va aller. Tu verras, demain soir on pourra dîner dans un des restaurants de ma liste ! L'équipage doit probablement déjà être en train de nous chercher.

— Marie a raison, je dis en me retournant, ce n'est pas de ta faute Lindsey.

— Moui…

Elle baisse le visage et nous continuons à avancer. Plus nous nous enfonçons dans la forêt plus il fait sombre plus la soif me taraude. La jour touche à sa fin. Je me rends compte que j'ai aussi faim.

— Je crois que j'ai vu un truc. dit Lindsey après un moment de marche, Je crois que le soleil se reflète dans quelque chose…

Elle passe devant et nous la suivons pour aboutir dans une clairière donnant sur un grand espace vert garni d'un lac. Le rêve ! Mon corps revis à l'idée de boire. Presque sans m'en rendre compte je me précipite vers l'étendue d'eau.

— Attend, me retient Eliza en tirant sur le bas de mon t-shirt maintenant sec.

— Quoi ?

— On n'est pas dans une série, cette eau pourrait nous tuer…

— Mais on n'a pas de quoi la filtrer non plus, répond Marie.

— Eliza a raison, je dis, ce serait bête de mourir empoisonner…

— Je sais ! s'exclame Lindsey, Si on arrive à faire un feu et qu'on trouve un récipient on pourra la faire bouillir.

— Depuis quand t'es MacGyver toi ? s'amuse Marie.

— Je vous ai mis dans la merde, je trouve des solutions !

Marie roule des yeux et nous commençons à chercher ce qui pourrait nous servir de récipient. Eliza tombe sur un bout d'écorce assez creux qui nous convainc.

— Et quelqu'un ici sait faire un feu ? je m'inquiète.

— Y a pas un épisode où des Skaikru font du feu ? demande très sérieusement Lindsey.

— Là comme ça je ne me souviens pas, répond Eliza, mais euh, si on tourne très vite un bâton sec sur un autre morceau de bois ça marche, non ? Il nous faut de l'herbe sèche ou de la paille aussi…

— C'est pas une croisière de luxe que j'aurais dû vous offrir, plaisante Marie.

Lindsey part chercher de l'herbe sèche, je me charge du bâton, Marie du bois et Eliza essaye plusieurs fois de faire de la fumée avec ce qu'on lui apporte. Il nous faut au moins 1h avant d'obtenir une flamme qui nous fait hurler de joie.

— Chut, dit Marie, vous allez attirer des choses pas nets à force de faire du bruit…

— Ça fait 1h qu'on retourne les alentours, crois moi que si un animal était caché là dedans, ou un humain, il nous aurait déjà attaqué.

— Alycia a raison, me soutient Eliza.

— Ouais, vraiment pas une croisière de luxe.

Le feu commence à prendre. Eliza va remplir le bout d'écorce. La quantité me semble si petite que j'ai envie de pleurer. J'ai l'impression qu'il va se passer des années avant que je puisse étancher ma soif. L'eau met un temps interminable à chauffer et quand enfin des bulles commencent à se former nous décidons de qui devrait boire la première.

— Une gorgée chacune ? propose Lindsey.

Nous sommes d'accord. Pendant encore un quart d'heure nous vérifions la température de l'eau pour ne pas nous ébouillanter. Lorsqu'elle est un peu plus tiède mais pas encore tout à fait buvable, Eliza retire son t-shirt sous nos regards intrigués.

— Quoi ? Vous n'avez jamais vu une femme sans t-shirt ? Surtout qu'on est en maillot de bain là dessous, ça va franchement.

— Mais c'est pas ça le problème, dit Marie, mais pourquoi tu enlèves ton t-shirt voyons ?

— Pas soigner la blessure d'Alycia !

Toujours sans comprendre, nous regardons Eliza tremper un bout de son haut dans l'eau tiède. Elle s'approche ensuite de moi et applique le tissu humide sur ma plaie. Le contact me surprend. La sensation de propre me fait un bien fou. Elle pose sa main derrière ma cuisse pour la maintenir et être plus efficace. Sa paume froide sur ma peau me fait crépiter l'entre jambe. Ce ressenti me met mal à l'aise dans la situation actuelle. Je me racle la gorge, difficilement tant elle est sèche, pour me ressaisir. Eliza ne semble pas s'en rendre compte.

Après quelques frottements le sable et le sel ont disparu. La blessure saigne un peu néanmoins. On ne peut malheureusement rien faire d'autre. Je rougis en remerciant Eliza qui remet son t-shirt maintenant tâché de crasse et de sang. Elle le regarde un peu dégoûtée mais me sourit chaleureusement. Mon cœur se réchauffe à l'idée qu'elle prenne soin de moi dans cette situation.

L'eau finit par refroidir et enfin, enfin c'est à mon tour de porter le récipient à mes lèvres. C'est la première fois de ma vie que j'ai l'eau à la bouche pour… de l'eau. Le liquide tiède a l'effet d'un remède sur ma gorge. Le feu est comme directement apaisé. Mais déjà je dois passer l'écorce à Eliza. J'ai envie de fondre en larmes. La nuit est presque là.

— Et pour la nourriture ? demande Marie.

— Je crois que j'ai aperçu un arbre avec des fruits un peu plus loin, nous informe Eliza, je n'ai pas osé y aller seule toute à l'heure.

— Des fruits qu'on connaît ?

— Ah ça Alycia je ne saurais te dire.

— Allons-y, je dis, Lindsey et Marie vous restez ici.

— C'est pas comme si on allait s'enfuir…

Lindsey lance encore une petite tape sur le crâne de Marie qui s'étonne. Je suis Eliza.

— T'es incroyablement calme je trouve Alycia.

— Ah oui ? Je crois que j'avais juste tellement soif que j'étais guidée par mon instinct. Et là j'ai faim alors…

— Tu me fais penser à Lexa dans cet environnement.

— Je vais éviter de me prendre une balle perdue alors !

— Techniquement ça ne t'es pas encore arrivée haha !

Je ris à nos bêtises et nous arrivons au pied de l'arbre.

— On dirait un poirier, je constate.

— Sauf que je n'ai jamais vu des poires oranges foncées…

— On tente ?

— Si on ne mange pas on ne pourra jamais continuer à chercher de l'aide demain…

— Allez !

Eliza et moi secouons l'arbre pour en faire tomber les fruits. Quelques une des ses poires étranges s'écrasent sur le sol. L'odeur du jus qui en coule me fait tourner la tête d'envie. Nous revenons près du lac les bras remplis de mets.

Lindsey et Marie nous accueillent avec le sourire. Nous croquons dans les fruits savoureux sans plus attendre. Le jus qui coule en moi est un paradis terrestre. Elles ont le goûts des poires que nous connaissons, alors je suis un peu rassurée. Cette fois la nuit est bien là, seul le feu nous éclaire.

— On devrait se reposer un peu, je leur dis.

— Vous allez arriver à dormir tranquille dans cette forêt sombre ?!

Marie tremble.

— On a qu'à monter la garde, dit Eliza, deux qui dorment deux qui montent la garde et on se relaie.

Tout le monde est d'accord. Lindsey et Marie sont les premières à dormir. Eliza et moi nous asseyons sur un tronc non loin du feu.

— Il fait froid putain… dit Eliza d'un coup.

— Vu comment on est habillé…

Nous étions parties en mer en short et débardeur, sans rien pour nous couvrir. Autant dire que la nuit qui s'annonçait glaciale allait être compliquée. Moi aussi j'ai froid. Alors je me colle tout contre Eliza pour essayer de nous réchauffer. Elle comprend mon intention et passe son bras derrière ma taille, je l'imite. Une sensation de chaleur m'entoure, mais pas provoqué par sa propre chaleur humaine…

Quelques temps plus tard nous allons réveiller les filles pour échanger. Nous les trouvons enlacées l'une à l'autre probablement dans l'espoir de se réchauffer elles aussi. Nous faisons de même. Eliza m'accueille pour que je plonge ma tête dans son buste. Elle entoure mon dos de ses bras et enfouit son visage dans mes cheveux. J'entoure sa taille de moi aussi. Ainsi j'arrive petit à petit à trouver le sommeil, bercée par les battements de cœur d'Eliza.

La nuit fut courte et compliquée à cause du froid mais le soleil finit par se lever et après avoir refait chauffer de l'eau nous décidons de continuer notre chemin. Nous avions gardé l'écorce par précaution et nous étions passé manger quelques poires avant de partir.

Nous marchons en silence pour économiser nos forces. Cette fois Lindsey mène la marche. La journée il fait plutôt chaud, on en regretterait presque le froid de la nuit. Mais les arbres fournissent une ombre suffisante.

La soif me gagne de nouveau mais j'essaie de ne pas y faire attention. Quand soudain quelque chose attire mon regard. Un point bleu dans l'air. Je m'arrête sans que les autres ne s'en aperçoivent. Je repère le point bleu. C'est un papillon. Mais il est étrange, comme les poires, je n'en ai jamais vu un de cette couleur. Non, ce n'est pas la couleur qui me choque, mais sa puissance. Il brille, comme une luciole… Je ne peux m'empêcher de détacher mon regard et je me mets à le suivre. Je marche quelques instants sans regarder où je mets les pieds. Forcément au bout d'un moment je m'emmêle dans les herbes et j'y finis la tête la première. Faisant s'éloigner définitivement mon papillon.

Alors que je me redresse et époussette mon arrière train, je me retrouve nez à nez avec une femme. La surprise me fait crier mais la femme en face de moi ne réagit pas. Je ne comprends pas comment elle a fait pour arriver si vite devant moi. Elle m'avait repérée ? Elle nous suivait depuis le début ? Son allure me paraît étrange. Ses yeux sont cernés de noirs, ses cheveux châtains ébouriffés. Elle porte un manteau qui ressemble à du cuir mais pas vraiment. Et puis surtout, elle me regarde comme si j'étais tombée du ciel. Sans que je ne comprenne comment, elle sort un poignard et me le fou sous la gorge.

— Chon yu bilaik ?* (*Qui es-tu?)

Sa langue me frappe. Je ne la comprend pas et pourtant j'ai l'impression de la connaître.

— Je ne parle pas…

— Qui es-tu ?

Elle parle ma langue !

— Euh, je…

— Alycia !

C'est la voix d'Eliza. J'arrive à tourner la tête et je vois que Lindsey et Marie la suivent. Mais elles se stoppent brusquement toutes les 3 en voyant la femme qui me menace. Cette dernière elle-même baisse son couteau, visiblement autant étonnée qu'elles. Je profite du moment pour tenter de m'échapper mais elle m'agrippe fortement par le bras et arrive à me coller dos contre son ventre. Elle me remet son couteau sous la gorge.

— Un pas et je la tue, dit ma future bourreau à l'intention de mes amies, Qui êtes vous ?

— Anya, calme-toi, répond Eliza.

Anya ? Soudain un vertige immense me prend. Je sais pourquoi j'ai reconnu cette langue, c'est du Trigedasleng. Et je comprends aussi pourquoi les traits de cette femme me semblaient familiers. Anya. Mais, c'est impossible…

— Comment connaissez-vous mon nom ?

Les filles hésitent alors je me lance :

— Si tu es vraiment Anya, toi et moi on sait que tu ne vas pas me faire de mal, alors retire ce couteau veux-tu ? Et laisse nous nous expliquer calmement.

Je sens Anya hésiter puis elle lâche la pression et mes amies me rejoignent, vérifiant si je vais bien. Je touche ma gorge, il n'y a rien.

— Alors, vous vous expliquez ?

— Comment dire ça, commence Eliza, je sais pour qui tu nous prend, mais ce n'est pas ce que tu crois, enfin…

— Comment connaissez-vous mon nom ? Pourquoi vous leur ressemblez ? C'est impossible, il ne peut y avoir deux Heda…

Cette Anya a l'air totalement déboussolé. Lindsey s'apprête visiblement à continuer une réponse quand Anya dégaine de nouveau son poignard pour le pointer vers Marie.

— Et toi… Ce n'est pas… possible…

Sûre de moi je pose ma main sur le poignard de Anya et lui fait baisser.

— Écoute, tu ne nous croiras pas si on t'explique, alors, tu veux bien nous mener voir cette Heda ?

— Vous sortez de nul part avec ces visages et vous voulez voir Heda ?

— Anya, dit Eliza, tu sais qu'elle nous écoutera.

La guerrière semble hésiter.

— D'accord, mais pas de ruse, vous me suivez sans rien tenter.

— Si tu promets d'arrêter de nous menacer avec ça, répond Marie en pointant du doigt le poignard.

A ces mots Anya le range à sa ceinture.

— Suivez-moi.

— On la suit vraiment ? chuchote Lindsey.

— Je crois qu'on n'a pas trop le choix, je réponds.

— Non, mais, vous croyez que…

— Chut Lindsey, je ne veux même pas y penser, dit Marie, suivons-là et on verra si on se réveille de ce cauchemar.

Anya marche beaucoup plus vite que nous puisqu'elle connaît les lieux. Bien que son visage ne me sois maintenant plus inconnu, la forêt ne me dit toujours rien.

Après avoir longuement marché les arbres s'espacent de plus en plus pour laisser apparaître un chemin que nous empruntons. Il aboutit sur un espèce de portail improvisé de bric et de broc. Deux hommes lourdement armés semblent la garder. Ils posent leurs mains sur leurs épées en nous voyant arriver. Alors qu'un s'apprête à dégainer, Anya lève la main et prend la parole :

— Sis em up !* *(Capturez-les !)

— Hein quoi ? Mais je croyais que… s'insurge Lindsey qui est visiblement la seule à se souvenir de ce que ces mots veulent dire.

A l'ordre d'Anya les deux gardes se jettent sur nous. Un des deux est assez fort pour attraper en même temps Marie et Lindsey qui essayaient de s'enfuir. Anya emprisonne mes mains de sa poigne de fer et le deuxième se charge de Eliza.

— Anya ! tente de raisonner Eliza, On veut juste discuter, on ne vous veut aucun mal.

Mais elle ne lui répond pas. Nous cessons vite de nous débattre comprenant bien que c'est inutile. Les trois guerriers nous balancent dans ce qui ressemble à une prison et s'en vont s'en plus d'explications.

— Bah putain, s'exclame Lindsey.

— C'est quoi ce merdier ? s'énerve Eliza.

— Vous croyez que Anya c'était Dichen ? demande Marie.

— C'est pas possible, répond Eliza, elle nous aurait reconnu, et là bah, t'as bien vu hein, elle nous a pris pour Lexa, Clarke, Raven et Octavia…

— Mais c'est impossible ! dit Lindsey.

— Je crois que je n'ai jamais autant entendu cette phrase qu'aujourd'hui, je dis en me tenant les tempes, restons calme.

— Et cette putain de cellule qui ressemble à celle dans laquelle Jaha et Kane sont enfermés dans la saison 2, putain !

— Arrête Lindsey ! J'ai dit du calme !

— Pardon Alycia… Mais c'est facile pour toi aussi, tu ressembles à leur cheffe…

— Je pense au contraire que ça va être pire pour moi, mais on ne fait pas la compétition, il faut qu'on réfléchisse. Si Anya ne nous a pas tué il y a une raison.

— Tu crois qu'elle est allée chercher… Lexa ? hésite Eliza.

— C'est la solution la plus logique…

— Ou alors Titus… dit Marie.

— Titus ? je demande.

— Apparemment c'est un sacré bâtard alors…

— Franchement, je continue, à ce stade je ne suis pas sûre qu'on puisse se fier à la série… Attendons de voir. De toute façon on ne peut rien faire…

Lindsey soupire et va s'asseoir au fond de la cellule. Nous la rejoignons. J'observe la pièce et je me souviens. La première fois que Lexa apparaît dans la série c'est dans cette geôle. Elle se fait passer pour une moins que rien afin d'obtenir des informations. Impossible que c'est ce qui arrive aujourd'hui vu nos visages… Avec Eliza nous avons peut-être toutes nos chances… Mon esprit est embrouillé. Je n'arrive toujours pas à réaliser ce que nous vivons. Cela va tellement au-delà de la réalité qu'il me faut faire un travail incroyable pour essayer d'y croire. Mais je sais que je ne rêve pas. Ma soif et ma faim me le rappellent sans cesse. Je ferme les yeux un instant, épuisée par cette aventure.

— Ça va Alycia ?

C'est Eliza qui est venue s'asseoir prêt de moi.

— Je ne sais pas trop, je me sens perdue…

— Je pense qu'on l'est toutes.

— Tu crois que c'est possible que…

— Que Lexa débarque dans cette prison ?

— Oui…

— Je crois oui… Et franchement j'ai un peu peur.

— Oh, avec ton visage ça devrait aller.

Elle ne comprend pas.

— Tu es le sosie de la femme qu'elle aime, non ?

— On n'en sait rien…

— En tous cas, si Anya nous a reconnu toutes les 4 donc c'est que Lexa te reconnaîtra aussi.

— A voir si elle veut m'embrasser ou me tuer…

J'arrive à rire malgré mon état. Je suis interrompue par un bruit métallique. On introduit une clef dans une serrure. Nous nous redressons d'un coup, la tête m'en tourne. Je ne sais pas si c'est parce que je me suis relevée trop vite ou si c'est la vision de la femme qui vient de pénétrer dans notre cellule. Elle a les mêmes yeux vert, les mêmes cheveux tressés, la même armure, le même tissu rouge sur l'épaule, le même bijou sur le front, ses yeux ne sont pas entouré de noir mais il n'y a aucun doute. Lexa s'avance vers nous. A ce moment précis je sais que l'équipage du paquebot ne viendra pas nous sauver. Le regard de Lexa est visiblement posé sur Eliza. Elle met énormément de temps à s'en détacher et à se tourner vers moi. Lorsque nos yeux se croisent je pense mourir. Ce n'est pas comme se regarder dans un miroir, c'est bien plus dur, bien plus vrai. En un clignement d'œil Lexa s'abat sur moi et me plaque contre le fond de la cellule.

— Chon yu bilaik ?* *(Qui êtes-vous?)

Elle me pose la même question que Anya. Qui je suis, elle veut savoir qui je suis. Comment lui dire que je suis elle mais pas vraiment ? Qu'elle est moi mais pas tout à fait ? Sa dague s'appuie fortement contre ma glotte.

— Doucement Lexa…

C'est Eliza qui pose prudemment sa main sur le bras de Lexa. Cette dernière en est perturbée et lâche la pression. Je savais que les yeux de la blonde arriveraient à la faire plier.

Sans un mot de plus Lexa s'en va et referme la grille derrière elle.

— Putain, putain, putain… se lamente de nouveau Lindsey en tournant en rond.

— Bon apparemment Lexa t'a reconnu, dit Marie à Eliza, c'est plutôt un bon point.

— J'espère, dit Eliza inquiète.

Nous n'avons pas le temps de réfléchir plus que Lexa revient, accompagnée.

— Impossible…

Encore ce mot, cette fois il est prononcé par une femme blonde qui fait bondir mon cœur. Clarke. L'exacte réplique de la femme que j'aime… Elle porte son regard sur moi comme Lexa sur Eliza auparavant. De la douceur émane de ses yeux. Puis, alors que je pensais qu'elle se tournerait vers Eliza, elle se tourne vers Octavia. Des larmes viennent emplir ses orbites.

— Octavia…

La blonde se jette dans les bras de Marie qui ne comprend rien.

— Octavia tu es en vie…

Lindsey craque. Elle se jette sur Clarke pour la tirer des bras de Marie. C'est sans compter sur Lexa qui se rue sur Lindsey après avoir dégainé son épée. D'un coup d'arme Heda parvient à blesser Lindsey au poignet qui lâche Clarke et tombe à la renverse. Lexa courre dans sa direction et s'apprête à lui enfoncer l'épée dans le cœur.

— Stop Lexa !

Au dernier moment la guerrière retient son coup. Clarke s'approche d'elle et pose une main bienveillante sur son épaule. Lexa range son arme.

— Il va falloir que vous nous expliquiez, nous dit Clarke, tout.


Enfin tout ce petit monde se rencontre ! Le bordel total arrive hahaha !