Bonjour lecteurs assidus ! Pour ceux qui l'auraient manqué, on a posté le chapitre 3 samedi, donc à lire avant celui-ci forcément. Aujourd'hui est le jour de publication habituelle, on verra s'il y aura de temps en temps d'autres samedis. En attendant, bonne lecture !


Point de vue Lexa

Alors que la jeune fille blonde ressemblant traits pour traits à Clarke explique d'où elles viennent, j'ai de plus en plus de mal à suivre. Je jette de temps en temps des coups d'œil à ma Clarke qui, elle, semble comprendre bien plus que moi.

— Alors si je résume, dit Clarke en tournant en rond l'air soucieux, vous seriez des êtres venus d'un autre monde et nous serions des personnages de fiction. Et si vous nous ressemblez à ce point c'est parce que vous êtes les personnes interprétant nos rôles.

— Je crois que c'est ça, répond mon sosie.

— Mais alors, reprend Clarke, ça voudrait dire que nous ne sommes pas des personnes réelles ?

A ces mots je pose ma main sur mon poignard en geste de défense.

— Moi je vous trouve très réelles, répond le double de Clarke, honnêtement je n'ai aucune idée de ce qui est en train d'arriver, mais je ne pense pas qu'on puisse dire que vous n'existez pas.

— En tous cas la lame de Lexa était très réelle, dit la jeune femme miroir de Raven.

— Lindsey ! gronde la blonde.

— Quoi ?! Elle nous enferme, ensuite elle nous attaque et toi tu lui dis toute la vérité !

— Peut-être que si tu n'avais pas attaqué Lexa elle ne t'aurait pas tailladé le poignet !

— C'était pour protéger Marie…

La brune se tourne vers moi, la main posée sur son poignet opposé pour empêcher le sang rouge de couler, et me foudroie du regard. Je serre ma prise sur ma dague.

— C'est gentil Lindsey, mais elle n'avait pas l'air de m'attaquer tu sais…

— Non, on n'en sait rien justement ! Si elles étaient intelligentes elles nous auraient questionné avant de nous enfermer ! Alors qui sait ce que cette… Clarke… voulait faire avec Marie !

— Mais réfléchi cinq minutes Lindsey ! s'emporte la blonde. Pense aux Lexa et Clarke qu'on connaît ! Bien sûr que la seule chose à faire était de nous enfermer !

— Ah parce que tu es de leur côté en plus !

— Mais c'est pas une question de prendre partie mais…

— Allons, allons, les interrompt Clarke, essayons de rester calme, je pense que la situation actuelle est déjà assez compliquée pour nous toutes.

Elle est au milieu de la cellule, tentant de calmer le jeu. Les quatre intruses se détendent et arrêtent de se chamailler.

— Mais dites-moi, reprend Clarke, si vous êtes nous, vous vous appelez comme nous ?

Mon double s'avance pour prendre la parole.

— Je m'appelle Alycia.

— Eliza.

— Marie.

— Lindsey, elle dit en ronchonnant.

A ce moment Clarke a un geste qui me surprend. Elle s'avance face à cette Alycia et lui tend le bras. Alycia un peu perdue mais semblant connaître parfaitement nos coutumes, lui saisit le poignet comme pour sceller un accord.

— Clarke ! je m'énerve. Tu ne peux pas sympathiser si vite avec ces étrangères !

— Regarde-les Lexa, comment ne peux-tu pas leur faire confiance ? Elles sont nous, nous sommes elles. Si tu ne fais pas confiance à Alycia, essaye au moins d'accorder le bénéfice du tout à Eliza.

L'intéressée semble gênée en me regardant. La voir rougir me fait un drôle d'effet. Elle a exactement les mêmes réactions que Clarke.

— Je peux te parler en privé ? je demande.

Clarke fait oui de la tête.

— Excusez-nous pour cette cage un peu rustique, elle dit, nous serrons bientôt de retour.

Toujours très diplomate, Clarke leur sourit avant que nous quittions la prison pour nous retrouver dans une salle isolée non loin de là.

— Clarke, tu sais que je… tiens à toi, mais ça ne te permet pas de prendre les décisions à ma place. Je suis toujours Heda.

Elle s'approche docilement de moi et pose sa main sur mon épaule.

— Lexa, explique-moi ce que tu veux faire d'elles ?

Sa question me prend de court. J'ai compris la moitié de leurs explications alors forcément je n'y ai pas encore réfléchi.

— Je ne sais pas, mais de la à leur donner notre confiance… Et si c'était une ruse ?

— Une ruse ?

— De Azgeda ! Tu sais qu'ils ne sont pas d'accord avec le fait que Skaikru soit devenu le 13ème clan.

— Ils étaient là lors de l'Unification, ils ont donné leur aval pour faire de notre peuple un des vôtres. Ils ne peuvent rien faire.

— Je ne sais pas, ils pourraient très bien chercher à nous attaquer de l'intérieur avec ces… avec ces filles !

— Et ils les auraient trouvées où, hein ?

— Vous êtes tombés du Ciel ! Azgeda a très bien pu trouver comment déguiser un Homme !

— Justement Lexa ! Si tu crois au fait que je sois tombée du Ciel, tu ne peux pas croire que ces filles viennent de la Mer ? Le Monde est vaste, bien plus que ces Terres que tu connais par cœur, et d'après ce qu'elles nous disent, la réalité va bien au-delà de ce qu'on s'imagine. Alors si tu as réussi à faire de nous, Peuple du Ciel, des membres de ton Alliance, tu peux essayer de leur faire confiance, tu ne crois pas ?

Son explication est logique. Sa façon de me le dire facilite l'acceptation. Les mots de Titus résonnent en moi « Clake te distrait ». J'essaie de les effacer.

— Je veux bien essayer Clarke. Mais c'est trop dangereux de les garder ici. Tu imagines si Azgeda, ou quelqu'un d'autre, tombent sur elles ?! Et puis, celle qui ressemble à Octavia…

Je ne veux pas aller plus loin, je sais que repenser à la mort de son amie lui est douloureux.

— Tu as raison Heda, mais on ne peut pas les laisser dans cette prison. Tu me laisserais dormir là dedans toi ?

Un sourire en coin habille son visage. Elle s'approche encore plus de moi, je ne recule pas. Délicatement ses lèvres se posent sur les miennes. Je veux amplifier le baiser mais elle se retire aussitôt.

— Tu sais toujours me parler Clarke… Mais il va falloir mettre quelques personnes au courant si on veut les garder ici sans peur qu'elle s'échappent.

— Tu crois vraiment qu'elles vont chercher à s'enfuir ?

— Quand on va leur annoncer qu'on les garde ici pour notre sécurité, j'en ai bien peur.

— Tu m'as gardée prisonnière ici, je n'ai pas fui…

Son air malicieux renaît, encore une fois elle s'approche de moi. Cette fois je ne la laisse pas filer et l'embrasse chaleureusement. Elle se décolle et frotte son nez contre le mien.

— Plus tard Lexa…

Je ne réponds pas et prends la direction du couloir.

— Va chercher Anya et les deux gardes qui nous les ont amenées, annoncez leur qu'on les garde, dans de meilleures conditions. Je vais trouver où les loger. Et il faut que je prévienne Titus…

A l'entente de ce nom Clarke fait la grimace. Mais elle suit mes ordres.

Une fois seule je repense à ces propos. Ils ne sont pas totalement dénués de sens mais je ne peux m'empêcher d'être méfiante. Comment peut-elle faire confiance aussi facilement après toutes les trahisons qu'elle a essuyées ? Après ma propre trahison… Et puis, cette ressemblance est si troublante… La façon dont mon double regardait Clarke ne me plaît pas beaucoup, si elles sont comme nous… Sont-elles ? Il va falloir être vigilantes ! Il faudrait que j'aille en parler avec Titus, en tant que Fleimkepa et mon maître il devrait savoir quoi faire d'elles. Mais je ne dois pas venir à lui dans cet état. Je dois me calmer.

Je m'assois en tailleur contre le mur de la pièce où je suis restée. Je ferme les yeux et commence à méditer, petit à petit mon esprit vient rejoindre ceux des anciens Commandants…

Point de vue Clarke

Je laisse Lexa et me précipite dans les couloirs à la recherche d'Anya. Mais avant cela je décide de faire un détour par la prison.

En me voyant pénétrer seule dans leur cellule, Eliza me dévisage. Lindsey semble méfiante.

— En attendant de savoir quoi faire de vous, je leur dis, Lexa veut vous garder près d'elle.

— Comment ça ? demande le sosie de Heda.

— Ce serait trop dangereux de vous libérer. On a besoin de temps pour trouver une solution.

— Vous allez nous garder ici ?

— A Polis oui, mais dans un meilleur endroit que cette cage.

Lindsey donne un coup de coude amicale à Marie et je l'entends lui dire tout bas « moi je veux bien voir la chambre de Lexa ! ». Marie lui tape dans le dos pour la gronder. Lindsey se reprend et s'approche de moi.

— D'accord, mais plus personne ne touche à Marie…

Son regard me défi. Je sais qu'elle ne connaît pas ma réalité mais son ton m'agace. Je lui fais face et la regarde dans les yeux.

— C'est toi qui m'a attaquée la première.

Nous nous toisons. Lindsey semble furieuse.

— Et tu vois où ça nous mène ? dit Lindsey en me montrant sa blessure ensanglantée.

— Lindsey arrête, intervient Marie, elle ne voulait pas me faire de mal…

Je regarde le double d'Octavia avec un pincement au cœur. Lindsey se relâche.

— Fais-moi voir ta blessure, je lui dis.

Sous les encouragements de Marie, la jeune blessée me tend son poignet en grimaçant. J'examine la plaie.

— Je peux ?

En posant ma question je désigne le t-shirt de Lindsey.

— Euh quoi ?

— J'ai besoin de faire un bandage, et vu l'état dans lequel sont vos vêtements, on va vous en fournir d'autres de toute façon.

— D'accord…

J'attrape un bout du tissu et en arrache une lanière dont je me serre pour bander la plaie.

— Je suis désolée, je dis en m'attelant à ma tâche, c'est que… le combat de la fille à laquelle Marie ressemble est aujourd'hui terminé alors… J'ai été troublé et prise par l'émotion. Pardon.

— Pardon de t'avoir sauté dessus, finit par s'excuser la blessée.

— Voilà, ça fera l'affaire pour le moment, je te soignerai plus convenablement quand on vous aura amené dans vos quartiers. Je soignerai ça aussi.

Je montre du doigt la blessure d'Alycia. Elle rougit et me remercie à demi mot.

— Je dois vous laisser.

— On va pourrir là dedans encore longtemps ? demande Lindsey toujours aussi nerveuse.

— Arrête Lindsey ! s'étonne Alycia.

L'intéressée grogne et je les laisse toutes les quatre.

Je suis toujours aussi troublée. Autant par ma ressemblance avec Eliza que par les traits d'Alycia similaires à ceux de Lexa. J'avais l'impression de m'être adresser à la femme que j'aime, ou plutôt à un reflet. Elles ne semblent pas identiques. Le tempérament de cette Alycia doit être moins bestial, moins primaire et moins guerrier. Si elles disent la vérité et qu'elles viennent d'un monde qui ressemble à celui que mes ancêtres ont connu avant que nous quittions la Terre pour l'Arche, alors elles sont sûrement plus proches des Skaikru que des Natifs. Je ne peux pas suivre Lexa dans son idée d'une ruse d'Azgeda. Ces filles sont ce qu'elles disent être. Je ne comprends pas encore moi-même comment je les crois, mais j'ai envie de leur faire confiance. Bien qu'Eliza ne soit pas moi, je sais, je sens qu'elle veut tout faire pour protéger ses amies. Et puis elles doivent nous connaître, Lexa, Raven, Octavia et moi, et peut-être même tous les autres. Je suis sûre qu'elles pourraient nous aider. Il va falloir que je raisonne Lexa, même si je dois hausser le ton pour y arriver. Il n'y a parfois que comme cela qu'elle m'écoute. Peut-être que je pourrais retrouver Lincoln, il serait de mon côté… Avec cette femme ressemblant à Octavia… Le souvenir de sa disparition m'assaille. Un sanglot me gagne mais j'essaie de le retenir alors que je me retrouve à l'air libre, à l'entrée de la prison.

Je suis étonnée de voir qu'Anya est devant la porte. Elle est surprise de me voir là.

— Clarke ?

— Lexa a besoin de toi et des deux gardes avec lesquels tu as ramené les quatre prisonnières.

Elle ne me pose pas de question et va les chercher. Depuis que je lui ai sauvé la vie elle me fait étrangement confiance. Peut-être qu'elle pourra m'aider à convaincre Lexa.

Lorsqu'elle revient nous nous dirigeons tous les quatre dans la cellule.

Point de vue Lexa

— Laisse-toi guider par ton instinct…

Ces mots résonnent en moi et j'ouvre les yeux. Ainsi est le vœu des Anciens Commandants. Je m'étire le cou en faisant légèrement tourner ma tête et me lève. Je prends le chemin de la sortie à la recherche de Titus. La lumière faiblit déjà. Mon choix pour ce soir est pris. Elles dormiront dans de meilleures conditions. Mais pour le reste j'ai besoin de ses conseils avisés. Je pénètre dans la grande Tour de Polis et me rends dans la salle du conseil. Il est là, où je pensais le trouver.

— Heda, il me dit solennellement.

J'ai l'impression soudain de me défiler. Comment lui expliquer ?

— J'ai besoin de ton avis à propos de…

— De Wanheda ?

Je suis étonnée, il lit mon incompréhension et m'explique.

— Elle fausse ton jugement depuis qu'elle est ici. Nous sommes en guerre contre Azgeda, nous sommes en guerre contre Skaikru et elle te monte la tête.

— Titus, nous ne sommes en guerre contre personne. Les 13 clans sont unis. Il y a certes quelques problèmes qui restent à régler avec Azgeda et les actes commis par Pike et Bellamy, mais pour le moment j'ai plus important à voir avec toi.

— Je t'écoute Heda.

— Anya nous a amené quatre prisonnières, comment dire, un peu spéciales…

— Tu as besoin de moi pour savoir s'il faut les exécuter ou les relâcher ?

— Mmmh pas vraiment…

— On peut les torturer avant de les exécuter aussi.

— Titus ! Tu sais quoi, viens.

— Comment ça ?

— Il faut que tu les vois de tes propres yeux.

Il hoche la tête et me suit. En passant j'attrape un de mes sujets pour lui demander de préparer des draps propres et de les mettre dans une des grandes chambres de la Tour. Titus le regarde partir en courant sans comprendre.

Nous déambulons dans les rues de Polis, saluant quelques habitants au passage, avant de revenir à la prison. Au loin je vois Anya revenir avec ses gardes et pénétrer dans le bâtiment avec Clarke. Nous arrivons au bon moment. J'emmène Titus jusqu'à nos quatre phénomènes. Clarke me regarde durement en me voyant arriver avec lui. Mais la réaction des quatre étrangères me trouble encore plus. Elles ont un rictus et un mouvement de recule lorsqu'elles voient Titus entrer dans la cellule à ma suite. Sa réaction à lui est bien pire.

— Sorcellerie ! il cri. Qu'est-ce que cette ruse ? Encore un coup des Skaikru ! Tu n'aurais jamais dû les accepter dans l'Alliance Lexa !

— Du calme Titus, intervient Clarke avant moi. Je ne pense pas qu'elles soient nos ennemies.

— Heda ?!

J'ai du mal à l'admettre mais il faut que je suive Clarke sur ce coup. Je n'ai pas encore totalement confiance en elles mais j'ai besoin que mon Fleimkepa soit rassuré un minimum si je veux qu'il me donne de bons conseils.

— Écoute Clarke pour une fois, elles n'ont pas essayé de nous attaquer. Ni Anya qui les a trouvé.

Anya fait oui de la tête.

— Elles vont passer la nuit dans la Tour.

— Dans la Tour ? s'étonne Titus. Pas ici ?

— Regarde-les Titus, tu veux vraiment les laisser dans cette crasse ?

Je le vois fixer Alycia. Il grogne, il abdique.

— Le temps de trouver quoi faire d'elles, j'ajoute.

— Je peux te parler seul à seule Heda ? demande Titus.

— Clarke, Anya, vous voulez bien accompagner ces demoiselles jusqu'à la Tour ? J'ai fait préparer une chambre pour elles. (je me tourne vers le deux gardes) Amenez leur de quoi prendre un bain, à boire et à manger.

A l'entente de ma dernière phrase je vois Alycia souffler de soulagement. Oui, c'est vrai, si elles disent la vérité, elles ont fait naufrage la veille et ne doivent pas avoir grand-chose dans l'estomac. Mais cela peut aussi faire partie de leur ruse… De toute façon, pour le moment, avec ces deux gardes, Anya et Clarke, elles ne pourraient pas agir. Les 8 individus quittent le lieu. Je me retourne vers Titus.

— Clarke t'a encore retourné la tête ! Pourquoi tu ne les as pas tuées sur le champ ?!

— Tu sais bien que je ne fais plus ça maintenant.

— C'est bien ce que je te reproche Heda.

— Ça suffit ! J'avais besoin de tes conseils mais visiblement tu n'arrives pas à mettre ta rancœur de côté. On reparlera de tout ça demain. La nuit porte conseil.

Point de vue Alycia

Nous suivons nos geôliers à travers les rues de cette ville dans laquelle nous mettons les pieds pour la première fois. Et pourtant nous connaissons ces rues, ces échoppes et ces bâtiments. Mais mon esprit n'a pas trop le temps d'y penser. L'idée de boire et manger accapare tous mes sens. Prendre un bain aussi. J'ai l'impression que tout mon corps respire le sel et la transpiration. Ma blessure ne demande qu'à être nettoyée.

Lexa nous rejoint, Titus a visiblement disparu. Elle passe devant, de telle sorte que ce soit elle qui nous introduise dans la Tour puis nous mène jusque dans la chambre qui nous est visiblement réservée. Bien mieux que la prison c'est sûr. Mais toujours un peu rustique comparé à ce que nous connaissons. Cette pièce n'éveille aucun souvenir, elle n'existe pas dans la série. Cette idée me donne le vertige. Je reviens à moi lorsque Lexa prend la parole.

— Installez-vous, je ne sais pas combien de temps tout cela va durer. Je vous fais apporter à manger, en attendant prenez un bain, je pense que vous en avez toutes besoin…

Elle fait la grimace en regardant le t-shirt sale d'Eliza.

— Je vais laisser les deux gardes devant votre porte toute la nuit, si vous avez besoin de quelque chose, faites leur savoir. Mais n'en abusez pas non plus, vous n'êtes pas nos invitées, vous restez nos prisonnières. Bien.

Sur ces mots elle referme la porte derrière nous, me laissant entrapercevoir le regard désolé de Clarke. Pendant un petit laps de temps nous nous toisons toutes les quatre sans trop savoir que faire ni que dire. La pièce est assez grande et comporte deux grands lits qui se font face. Des fenêtres creusées en arabesques à même la pierre, semblables à celles dans le décors de la chambre de Lexa, laissent entrer la lumière du soleil couchant. Un couloir semble donner sur une autre pièce.

— Je crois que c'est trop pour moi, dit Marie. Je vais aller visiter ces fameux bains si ça ne vous dérange pas trop.

— Je te suis, dit Lindsey.

— On arrive, répond Eliza.

Nous partons à la suite de Marie vers le couloir. Il aboutit sur une pièce semblable à la chambre sans la literie et avec un grand bain en son centre. Il est visiblement rempli d'eau chaude, une légère vapeur s'en échappe. Des serviettes, enfin cela ressemble à des serviettes, sont pliées non loin de là. Trop fatiguées, trop affamées, trop assoiffées pour réfléchir, nous retirons toutes nos vêtements avant de pénétrer dans l'eau fumante. La vapeur recouvre vite nos corps empêchant de faire naître toute pensée pudique.

— Aaaaaah, gémi Marie d'aise, ça va tout de suite un peu mieux.

— Un peu mieux je ne sais pas, répond Lindsey, on est quand même enfermé.

— Ouais bah je préfère être enfermée ici que de dormir dehors…

— Marie marque un point, répond Eliza, et puis Clarke a dit qu'elle viendrait nous soigner…

A cette remarque Lindsey regarde le bandage improvisé qui commence à se dénouer autour de son poignet. Elle lave doucement la plaie avec l'eau qui devient un peu rouge autour d'elle. Elle s'excuse mais nous faisons non de la tête.

— On se laisse nourrir, j'interviens, on se laisse soigner, on récupère nos heures de sommeil cette nuit, et demain, on fait quoi ? On ne peut pas rester ici, il faut qu'on rentre.

— Et comment tu veux rentrer ? demande Lindsey.

— Ils doivent bien avoir des bateaux !

— Mais on ne saurait pas vers où naviguer, me répond Eliza, et tu crois vraiment qu'on va retrouver le continent américain ou l'Explorer of the seas alors qu'on a atterri sur cette île étrange ?

— Elle n'a pas tord, dit Marie, toute cette histoire est étrange, comme si on s'était retrouvé dans une autre réalité.

— Autrement dit, surenchérit Lindsey, on est coincé ici. Et coincé dans cette Tour le temps que Lexa sache quoi faire de nous…

Elle s'enfonce dans l'eau. Lorsque sa bouche atteint le liquide elle souffle pour faire des bulles.

— Mais il n'y a rien qui vous choque ? je m'exclame d'un coup.

— Euh tu veux dire à part le fait qu'on se retrouve dans l'univers de The 100 ? répond Marie sarcastique.

— Une fois qu'on a accepté ça, il faut s'y faire. Non je veux dire, vous n'avez pas remarqué les différences avec la série ? Clarke a rencontré Lexa mais Anya est toujours en vie. Dans la série Anya meurt avant l'arrivée de Lexa.

— Sans compter que Octavia semble être morte également, dit Marie en baissant la tête.

— On est sûr de ça ? demande Lindsey.

— Pourquoi elle m'a sautée dans les bras abruti ?! Et puis elle a dit que son « combat était terminé », on sait ce que ça veut dire chez les Natifs, hein…

Toutes ces réflexions me font cogiter. Si Anya n'est pas morte, si Octavia n'est plus, c'est que la suite des évènements reste encore à écrire. Titus semble être tout aussi méfiant envers Clarke que dans la série, il risque ici aussi de tuer Lexa par accident mais…

— Mais nous on le sait ! je m'exclame d'un coup.

— Qu'est-ce que tu racontes Alycia ? demande Eliza à mes côtés.

— Il faut qu'on sauve Lexa ! C'est le seul moyen pour qu'elle nous fasse confiance !


Ouuuuuh le bordel s'amplifie ! J'espère que vous arrivez à suivre, dites-nous si des choses ne sont pas claires, on ferra en sorte qu'elles le deviennent !