Bonjour. J'espère que vous n'avez pas abusé du chocolat de Pâques et que votre crise de foie ne vous empêchera pas de profiter de la lecture de ce chapitre, parce qu'il s'en passe des choses !
Point de vue Lindsey
Aujourd'hui nous décidons d'aller nous laver chacune notre tour. Un peu d'intimité ne fera effectivement de mal à personne. J'avais bien envie moi aussi de me retrouver un peu seule pour décompresser. Je plonge mon corps et mes pensées sous l'eau chaude. J'ai l'impression cette fois d'encore mieux nettoyer tous les malheurs qui nous tombent dessus en ce moment. Le bain d'hier était pour laver la crasse, celui de ce matin pour tenter d'accepter l'endroit où nous avons atterri. Si nous racontions notre histoire personne ne nous croirait, et pourtant nous étions avec Lexa et Clarke dans l'univers de The 100. Il me tarde de rencontrer mon alter-égo. Mais si je me souviens bien et si le scénario n'a pas changé dans cet aspect-ci, Raven a pris la Clef pour oublier les douleurs à sa hanche et doit être actuellement en train de planer dans la Cité des Lumières et de se faire manipuler par A.L.I.E. Nous voulions nous servir du sauvetage de Lexa pour nous échapper d'ici, mais est-ce que nous pouvions vraiment partir sans essayer de sauver aussi Raven et tous les autres ? Oui Clarke et Bellamy arrivent normalement à tous les sauver, mais avec la mort d'Octavia et la survie de Lexa, j'ai peur que tout ceci n'arrive jamais. Sans la mort de Lexa, Clarke n'apprend pas la présence de la Puce dans sa nuque. Mais je ne pense pas que nous pouvons lui en parler pour le moment. Eliza a raison, nous devons nous concentrer sur Lexa et la confiance qu'elle doit finir par nous accorder. Après je leur parlerai de mes doutes.
J'essaye maintenant d'effacer la scène entre Eliza et Alycia qu'elles nous avaient donné à voir. Et d'effacer ma main dans celle de Marie. Cet univers doit me taper sur le crâne comme le soleil en plein mois d'août. Il va falloir que je reprenne la maîtrise de mes esprits.
Une fois séchée je regarde la pile de vêtements qui m'est réservée. Pas de doutes, ils ressemblent à des vêtements de Natifs. Je n'en ai jamais porté contrairement à mes trois autres amies. Cela me fait bizarre mais j'aime plutôt le style. Et puis ils sentent le propre et ça ce n'est pas négligeable. Je me sens revivre. Logées, nourries, blanchies, pour le moment nous sommes des prisonnières plutôt bien traitées.
Je reviens dans la chambre les cheveux encore mouillés et mes amies me dévisagent.
— Bah quoi ?
— La tenue de terrien, ça te va bien, répond Marie.
— Ah, merci !
Alycia approuve en levant son pouce en l'air et prend ma place dans la salle de bain. Nous restons Marie, Eliza et moi en silence sans vraiment savoir que dire. Nous sommes encore fatiguées. Nous profitons du calme et du silence.
— Il n'y a pas le fond sonore permanent de la circulation automobile ici, fait remarquer Eliza.
— C'est vrai, je dis, ça fait du bien le silence.
— C'était ce qu'on était censé apprécier aussi sur le paquebot, dit Marie en baissant la tête.
— Qu'est-ce qu'il y a Marie ? je demande.
— Moi aussi je me sens coupable, elle répond. Si je n'avais pas choisi cette croisière...
— Alors là je t'arrête tout de suite, j'interviens. C'était la meilleure idée du monde ce bateau. Ce n'est pas de ta faute si les éléments se sont déchaînés contre nous.
— Et puis si on va par là, me soutient Eliza, tout le monde est coupable. Nous pour ne pas avoir eu envie de nous creuser la tête pour une destination de voyage, la production pour avoir décidé de cet emploi du temps, la météo. Pas besoin de chercher un coupable, ce n'est ni ta faute, ni celle de Lindsey, ni celle de personne d'autre. Maintenant qu'on est ici il faut juste faire le maximum pour essayer de rentrer en un seul morceau.
— Moui, j'espère que je vais arriver à être aussi positive que vous deux…
— Viens là.
Eliza ouvre grand les bras pour accueillir Marie dans une étreinte à laquelle je me joins. Nous nous réconfortons un petit temps avant de nous séparer.
— Je vais aux toilettes mesdames, s'excuse Eliza.
— J'ai tendance à oublier que tu es une pisseuse, plaisante Marie.
— Chut ! Ne te moque pas de ma souffrance !
Nous rions et elle titube en mimant d'être blessée vers le fond de la chambre. Aussitôt seules que Marie s'approche de moi.
— Il faut qu'on parle Lindsey.
Je comprends tout de suite ce à quoi elle fait allusion et je hoche la tête.
— Je suis désolée si ça t'a gêné que je prenne ta main dans la mienne Marie…
— Non ne t'excuses pas, je ne t'ai pas repoussée non plus.
— Et pourquoi ?
— Je ne sais pas trop, sûrement que sentir tes doigts contre les miens m'a rassuré. Puis avec les deux autres qui se draguent sans s'en rendre compte sous notre nez, il y a vite de quoi se sentir seule. Et ça m'a réconfortée dans tout ce merdier.
— Moi aussi ça m'a fait du bien.
— On est cool alors ?
— On est cool !
Je lève la main pour avoir un high five auquel elle répond avec plaisir. Mais quelque chose sonne creux dans mon cœur et me dit que nous sommes loin d'être cool sur le sujet...
Point de vue Alycia
Après avoir enfilé les vêtements propres je retourne dans la chambre avec les autres. Chacune est maintenant changée. Cela me paraît étrange de nous voir dans ces tenues. D'ordinaire nous les portons pour jouer… Bizarrement celles-là sont beaucoup plus confortables que nos costumes.
La porte s'ouvre et Anya entre les bras chargés de nourriture. Je sens mon estomac gronder et je salive déjà. Le repas d'hier ne m'avait pas pleinement rassasiée. Et j'avais encore soif. On se rend compte de la nécessité de l'eau potable coulant en ouvrant un robinet que lorsque on n'y a plus accès.
Lindsey se précipite vers Anya pour la décharger un peu. Leurs mains se touchent et je jurerai voir Anya rougir. Mais je dois me faire des idées. Toutes les deux posent les mets sur la table.
— Merci, dit Marie.
— C'est normal.
— Et on est censé rester enfermé toute la journée ? demande Lindsey.
— Je suis désolée, pour le moment c'est la seule contrainte. Mais je suis sûre que Lexa saura prendre les bonnes décisions.
— Mouais, répond Lindsey. Merci pour le repas en tous cas Anya !
Encore une fois l'intéressée semble gênée. Elle finit par se retirer et la porte est de nouveau fermée à clef. Nous nous installons, un peu désemparées, pour commencer à manger.
— Eliza, Alycia ?
— Oui Lindsey ? demande Eliza innocemment.
— C'était quoi ce que vous nous avez fait plus tôt là ?
— Comment ça ? je demande à mon tour.
— Oh, arrêtez de nier ! C'était super tendu entre vous deux quand Eliza t'a refait ton bandage.
Je ne sais plus où me mettre. Évidemment qu'elle et Marie avait assisté à cela. Oui j'aimerais dire à mes amies ce que je ressens, j'aimerais me confier et en parler librement, mais tant que je ne suis pas sûre et certaine des sentiments d'Eliza à mon égard je ne peux rien dire, rien faire.
— C'est pas ce que t'imagines, répond Eliza. Forcément j'étais proche d'Alycia pour lui refaire son bandage. En plus j'étais pas très à l'aise vu que j'avais jamais vu ce genre de blessure de près. Sans compter qu'il s'avère que je suis moins habile que Clarke avec mes mains.
Sa réponse me déçoit. Elle ment ou elle dit la vérité ? J'aurais rêvé tout ce qui s'était passé avant et pendant cet instant ? Ma poitrine me fait mal, mon appétit s'envole aussi vite qu'il est apparu.
— C'est pas possible ça, reprend Lindsey, pourquoi vous vous voilez la face comme ça ? Ça se voit que vous êtes faites pour être ensemble ! Regardez Lexa et Clarke !
— Arrête Lindsey !
C'est Marie qui intervient en lui posant une main sur l'épaule pour la faire redescendre.
— Quoi ?
— Laisse-les tranquille un peu. Si elles te disent qu'il n'y a rien, c'est qu'il n'y a rien. Et puis s'il y a quand même quelque chose entre elles, laisse-les gérer ça.
— Pff, t'as perdu ton humour Marie ou quoi ?
— Non, mais j'essaye d'être sérieuse de temps en temps.
Marie a un petit sourire bienveillant. Lindsey râle encore mais finit par lâcher l'affaire. Merci Marie !
— Bon, et qu'est-ce qu'on va faire de notre journée du coup ? je demande pour changer de sujet.
— A part attendre que Clarke parle à Lexa, me répond Marie, je ne vois pas… Il n'y a pas grand-chose à faire ici.
— Et comme Clarke nous a dit qu'il lui fallait du temps... lance Eliza.
— En somme, dit Lindsey en s'étirant, on va s'ennuyer à mourir pendant un certain temps ! Super les vacances détentes… En plus je n'ai aucune idée de l'heure qu'il est, ça m'énerve.
— Et ta montre ? fait remarquer Marie en pointant le poignet sain de la brune.
— Ah, elle ne marche plus.
— Une sportive comme toi n'a pas de montre waterproof ? se moque Eliza.
— Si justement ! Mais elle a dû subir un choc, elle ne fonctionne plus…
Lindsey tape dessus mais en vain. Je trouve cet incident étrange. Comme si nous étions entrées dans un autre espace-temps. Je me lève pour aller regarder dehors. Le soleil est déjà haut.
— A mon avis il doit être un peu avant midi, je dis.
— Ah, ça explique pourquoi j'avais si faim, répond Lindsey.
— Ouais mais ça n'explique pas pourquoi alors qu'on a dormi visiblement si longtemps, enchaîne Marie, je suis toujours autant fatiguée.
— On a subit un réel choc, répond Eliza, c'est normal.
— Ouais bah moi je vais faire une sieste ! s'exclame Marie en s'étirant et se levant pour aller vers son lit.
— Moi aussi ! je dis d'un coup en me dirigeant vers Marie.
— Tu dors avec moi ?
— Oui.
Je réponds sur un ton sec pour éviter tout commentaire et Marie et moi nous allongeons sur les draps. Lindsey et Eliza nous imitent sur le lit jumeau. Puisque Eliza n'assume rien, je préfère éviter tout contact pour l'instant. Je préfère souffrir de mon côté.
Point de vue Clarke
Je déjeune en compagnie de Lexa, Anya et Titus. Sorte de petite réunion de crise. Le débat est animé. Titus veut exterminer les quatre intruses. Lexa est un peu plus clémente mais toujours aussi méfiante. Anya tend à se ranger du côté de Lexa mais est un peu plus nuancée. Quant à moi, j'essaie de sauver la mise sauf que je ne me sens pas à ma place sous les regards inquisiteurs de Titus.
— Titus tu n'as pas tort sur tout mais on ne peut pas les tuer, dit Lexa. On ne fait plus ça, que tu approuves ou non. Le règne du sang est terminé. Et puis, tu arriverais toi, à trancher la gorge d'une femme qui me ressemble ?
L'idée semble déplaire au Fleimkepa. L'image me rappelle les propos des ces quatre filles. Elles ont raison. La seule façon de convaincre totalement Lexa est de lui parler de sa possible mort par Titus. Je peux sentir dans cet échange qu'elle le défi de plus en plus, c'est le bon moment. Mais il faudra lui dire en privé. Hors de question que Titus l'apprenne. Sinon il pourrait bien faire une bourde…
— Le temps de trouver réellement quoi faire d'elles, intervient Anya, on pourrait peut-être les déplacer ?
— Les déplacer ? j'interroge.
— La chambre actuelle n'est pas si mal mais bon, rester 24h sur 24h enfermé à plusieurs, ça peut devenir compliqué.
— Je ne peux pas leur donner une chambre chacune, répond Lexa, cela me demanderait plus de gardes, et moins de gens sont au courant mieux c'est.
Anya ferme les yeux pour réfléchir. Je me demande bien pourquoi elle prend cette histoire à cœur. C'est vrai que c'est la première à les avoir vu…
— Trihous ! s'exclame soudain Anya.
Les maisons dans les arbres ? Jamais entendu parler de ça…
— C'est trop risqué de les déplacer pour le moment, répond Lexa, néanmoins je garde l'idée en tête. Mais à l'heure actuelle je n'ai pas envie de leur accorder plus de confort. On les a sortie de la prison, c'est déjà une bonne chose. On verra si elles arrivent à gagner ma confiance et à mériter meilleur logis.
Sa réponse met un terme à la conversation. Titus et Anya s'en vont, je me tourne vers Lexa.
— Lexa je…
Son regard intense m'empêche de parler. Comment pourrais-je lui annoncer sa propre mort ? Même si elle n'a pas peur de mourir, moi j'en ai peur. C'est beaucoup trop difficile…
— Qu'est-ce qu'il y a Clarke ?
— Trihous ?
Autant changer de sujet.
— Oh, je ne t'en ai jamais parlé ?
Je fais non de la tête.
— Pour survivre Trikru a dû commencer à grimper aux arbres. La nuit devenait trop dangereuse pour dormir au sol. Ils ont construit d'abord de quoi y dormir, puis petit à petit des cabanes qui sont devenues des maisons. Il y a toute une partie de cette forêt qui abrite d'immenses arbres qui leur ont permis de créer une véritable ville suspendue. Puis les années ont passé et mon peuple a appris à se battre de mieux en mieux, à se débrouiller. Ils ont décidé de remettre sur pied les ruines de Polis pour en faire leur Cité. Petit à petit ils ont descendu leurs maisons pour vivre de nouveau à terre. C'est comme ça que Polis est devenue la Capitale. Aujourd'hui il reste encore quelques maisons qui n'ont pas été touchées ou pillées par l'ennemi. Anya n'a pas tort, ce serait l'endroit idéal. Isolé du monde, désert depuis des décennies. Avec seulement deux ou trois gardes au sol en roulement je pourrais facilement les faire surveiller. Mais tu comprends, je ne suis pas prête. Et puis c'est à quelques heures de cheval d'ici, ce serait très dangereux de traverser des plaines non loin d'habitations avec ces quatre visages là.
— Oui, chacune d'entre elles représente soit une menace soit une proie…
J'aime lorsque Lexa me raconte les histoires de son peuple. Elle y met toute sa passion et son amour pour les siens. Je comprends qu'elle n'a pas vécu cette époque, et pourtant une lueur brille dans son regard. Peut-être qu'elle même aimerait vivre dans une Trihou. L'idée d'Anya lui plaît je le sens. Il ne manque presque rien pour la faire céder.
— Lexa !
Nous nous retournons pour voir Indra qui accoure.
— Qu'est-ce qui se passe Indra ?
— Il y a un incident avec un garde à l'entrée de Polis.
— J'arrive.
Lexa et Indra partent en vitesse et je me retrouve seule devant les reste de notre repas.
Je passe l'après-midi à chercher la meilleure façon de dire à Lexa qu'un des hommes en qui elle a le plus confiance va probablement la tuer.
La nuit commence à tomber et je n'ai pas revu Lexa depuis le déjeuner. J'ai préféré ne pas aller aux informations. Mon visage a encore du mal à être accepté ici. Au moins ces quelques heures seules m'ont permis de prendre une décision. Si je veux aider ces filles au plus vite, il faut que je parle à Lexa. Devant le fait accompli je trouverai sûrement les mots.
Je quitte ma chambre pour prendre la direction de celle de Lexa. Je frappe doucement à la porte pour qu'elle reconnaisse ma présence. Elle m'invite à entrer.
— Clarke.
La jeune Native est assise dans son lit en tailleur. Les draps couvrent ses jambes, le reste est habillé d'un tissu léger noir qui lui dégage les épaules.
— Tu es belle… je ne peux m'empêcher de lui dire.
Elle baisse les yeux et me sourit timidement.
— Viens, elle dit en tapotant à ses côtés.
Je m'approche doucement et me glisse sous les draps.
— Tu as réussi à gérer la situation de ce midi ?
— Oui, oui, mais tu n'es pas venue me parler de ça, je me trompe ?
— Tu es douée…
— Je commence à te connaître Clarke…
Son visage s'approche doucement du mien pour déposer un baiser sur mes lèvres. J'apprécie l'échange en ayant peur que ce que je m'apprête à lui dire la fasse fuir.
— J'ai parlé avec nos prisonnières ce matin.
— Tu leur parles beaucoup je trouve…
— J'essaie de les comprendre.
— Je sais, tu es comme ça…
— Si elles disent la vérité, tu es consciente qu'elles connaissent notre avenir ?
— Comment ça ?
Maintenant elle est intriguée et j'ai son attention.
— Ce sont des actrices, qui jouent des rôles écrits à l'avance. Par conséquent elles ont un texte sur lequel se baser. Et elles m'ont parlé de ce que ce texte contient.
— Je crois que je te suis. Et qu'est-ce qu'elles t'ont révélé ces oracles ?
— Lexa, tu vas mourir…
Ma voix se coince dans ma gorge.
— Clarke, tout le monde meurt.
— Je veux dire, bientôt d'après ce qu'elles m'ont dit.
— Tu sais bien que je n'ai pas peur de la mort. Les Commandant sauront m'accueillir et le prochain prendra soin de toi.
— Mais je ne veux pas d'un autre Commandant, je te veux toi…
— Clarke…
Elle pose sa main sur ma joue et m'approche d'elle. Nos fronts se reposent l'un sur l'autre.
— Je suis là Clarke, je ne vais pas mourir…
— Elles m'ont dit que Titus allait te tuer avec une balle d'une de nos armes.
— Titus ne ferait jamais ça.
— C'est que, la balle m'est destinée…
Elle se redresse et me fixe.
— Je ne le laisserai jamais attenter à ta vie !
— Et comment tu comptes t'y prendre, hein ? C'est écrit !
— Clarke, je sais contrôler mes hommes. Et puis il me semble que dans leur réalité Octavia est toujours en vie, n'est-ce pas ?
— En effet, et Anya est morte…
— Alors tu vois.
— Anya n'est pas morte mais mon amie oui. Une vie pour une vie. Si tu dois mourir dans leur réalité il faut que quelqu'un d'important meurt dans celle-là. Et si c'était moi ?
— Clarke, arrête. Personne ne te fera de mal, je te le promets.
— Lexa…
Je n'ai plus d'argument. J'ai envie de pleurer. Elle est si bornée… Une larme coule finalement sur ma joue. Lexa passe son pouce pour la sécher.
— Viens là… elle chuchote en me prenant dans ses bras.
Je me blottie contre elle. Après un temps je relève le visage pour chercher sa bouche. Mes lèvres tremblent de tristesse mais sa douceur arrive à me détendre. Lexa m'allonge sur le lit et colle son corps contre le mien. Bien vite ses mains deviennent baladeuses et je me laisse faire avec plaisir. Plus les caresses s'accentuent plus mon désir augmente et ma peine disparaît. Ces quatre sosies s'évaporent de mon esprit et je peux complètement me laisser aller.
Lexa m'aide à retirer mes vêtements et couvre mon corps de baisers. Sa petite robe est beaucoup plus facile à enlever. Nos deux corps sans barrière, nous nous glissons sous les draps. J'en profite pour prendre le dessus. Je m'amuse. J'attrape les bras de Lexa et les emprisonne d'une main pour venir les lui placer au dessus de la tête. Ainsi ma prisonnière, j'en profite pour l'embrasser ardemment. Je descends dans son cou puis entre ses seins. Lorsque j'atteins sa poitrine elle tente de se débattre mais je ne la laisse pas faire. Je resserre ma poigne et croque gentiment dans un téton. Elle soupire d'aise.
Pour descendre un peu plus je suis forcée de la lâcher. Une fois libre elle se presse pour venir caresser mes hanches charnues. Je continue et dépose un baiser sur son nombril puis dans l'aine. Je la sais sensible à cet endroit et j'y attarde quelques léchouilles qui la font rire légèrement. Quand ma langue atteint son intimité elle glisse ses doigts dans mes cheveux pour m'ordonner de continuer. Je reste un petit moment mais je me rends compte que je suis allée bien vite aujourd'hui. J'embrasse son sexe et me décide à remonter tout aussi lentement qu'à ma descente. Mais c'est sans compter sur Lexa qui attrape mon visage pour venir m'embrasser à pleine bouche. Nos langues s'emmêlent à en avoir mal.
Dans un mouvement habile propre à sa force, elle me retourne et se retrouve au dessus. Elle me fait presque subir le même sort. Sauf qu'elle prend beaucoup plus son temps. Je deviens dingue. Chaque baiser et chaque morsure me donnent envie de partir. Dans un élan d'excitation je parviens à la pousser et à nous redresser. Nous nous retrouvons assises sur le lit. Elle me regarde gênée et nous rions de ma force soudaine. Puis, naturellement, nous nous rapprochons et croisons nos jambes. Lorsque je sens son intimité fusionner avec la mienne, je défaillis. Le contact est agréable et chaud. Lexa retrouve ma bouche et mes mains parcourent son dos en essayant de n'oublier aucune parcelle de peau.
A force de mouvements je suis forcée d'agripper mes mains à ses omoplates. Je quitte malheureusement ses lèvres pour enfouir mon visage dans son cou et ses cheveux. Ses mains à elle se posent sur mes reins et tentent de nous rapprocher encore plus. Ce qui est assez difficile vu la proximité actuelle de nos corps. Je l'entends soupirer et râler près de mon oreille. Mes pieds et mes doigts sont bientôt parcourus d'un picotement qui précède un léger engourdissement. Je retiens mon souffle un quart de seconde et j'exulte en me retenant de mordre dans la clavicule de Lexa. Je l'entends rire doucement, mais son ton moqueur ne dur pas car elle aussi finit par rejoindre ma jouissance. Encore à bout de souffle, j'attrape son visage pour la regarder dans les yeux. Je ne veux rien rater de ce spectacle. Un air timide la gagne mais il s'en va bien vite lorsque l'étincelle anime ses pupilles. Elle ferme les yeux, ouvre la bouche, et souffle de bonheur. Je ne peux m'empêcher de me jeter sur ses lèvres.
Dans l'effervescence du baiser nous retombons sur le matelas, essoufflées. Lexa se décale pour se retrouver le ventre sur le matelas puis elle enfouit son nez dans mon épaule. Je reste sur le dos et j'embrasse son crâne.
— Je t'aime Clarke… elle chuchote contre ma peau.
C'est la première fois qu'elle me le dit. Mon cœur saute et mes oreilles sifflent. Elle me l'avait presque avoué avant notre première fois mais une peur inconnue l'avait retenue. Est-ce l'arrivée de ces filles qui lui a fait réaliser que je lui suis précieuse ?
— Regarde-moi Lexa… je chuchote en attrapant son menton entre mon pouce et mon index.
Elle s'exécute et pose son regard dans le mien.
— Je t'aime…
Le sentiment sort comme une évidence.
— Je te protégerai toujours… elle répond avant de m'embrasser.
Je le sais Lexa, je le sais, mais j'ai peur de l'augure de ces quatre jeunes femmes… Il va falloir que je m'arme de patience pour te faire prendre conscience du danger, je ne veux pas te perdre…
On termine sur du Clexa parce que ça fait toujours plaisir ! Le prochain chapitre en comporte encore un peu, et surtout, une discussion entre Eliza et Lexa approche…
