Ce chapitre… Que dire de ce chapitre, vous verrez bien, mes aïeux, c'est quelque chose xD


Point de vue Lindsey

Je viens de faire une bourde immense… Avec ses pouces, Lincoln sur Marie, lui efface le maquillage. C'est foutu…

— Octavia ?! s'étonne le jeune homme.

Et merde… J'entends un cheval hennir et sans vraiment comprendre je vois Lincoln se ramasser sur lui même puis tomber dans les pommes après un bruit sourd. A sa place se tient le garde monté jadis sur les chevaux de trait.

— Je me suis dit que c'était la meilleure chose à faire, il dit pour se justifier.

— Tu as bien fait, dit Indra, ça nous laissera le temps de réfléchir à ce qu'on va lui raconter. Mettons-le dans le chariot. Il ne nous reste plus beaucoup de route. Attachons-le.

Les quatre gardes se mettent à la tâche pour transporter Lincoln et l'attacher. Je m'approche de ma monture avec une petite appréhension quand Anya m'interpelle.

— Tu ne devrais pas remonter, elle me dit, tu as fait une chute vraiment vilaine.

— Je peux prendre ta place si tu veux, propose Marie.

— Mais tu es censée être une prisonnière.

— On n'est plus très loin ça devrait aller.

Elle cherche le regard d'Indra qui acquiesce. Je remercie Marie en prenant place dans la carriole. Alycia, Anya et les gardes reprennent leur place et nous repartons. J'observe Lincoln. Il a l'air de dormir paisiblement. Le natif l'a vraiment frappé très fort, j'espère qu'il ne va pas avoir de séquelles… Je me demande aussi combien de temps cela fera effet.

Les quelques minutes qui nous restent me paraissent interminable. Je n'ai plus mal aux fesses à cause de ma monture, j'ai maintenant mal au dos. Il fait nuit et cette forêt dense me rappelle notre arrivée ici. Je me rends compte que nous ne savons toujours pas s'il s'agit d'une île ou si nous sommes raccroché à un continent. Je porte ma montre à mon oreille, elle ne fonctionne toujours pas.

Les chevaux ralentissent et notre convoie s'arrête. Un garde nous informe que nous sommes arrivés. Nous allumons des lanternes pour y voir plus clair. Quelques arbres forment comme un cercle. Ils sont immenses et en levant la tête je distingue les Trihous. Des planches de bois tout autour des troncs semblent former des pièces habitable. Les arbres sont reliés par des passerelles. Des planches clouées sur les troncs permettent de grimper jusqu'aux habitats. Mais dans la pénombre je n'arrive pas à bien voir. J'ai hâte d'être au lendemain matin pour mieux apprécier cette architecture primitive.

— Vous dormirez ici, pointe du doigt un des gardes, nous dormirons là.

Alors que j'avais pensé avoir trois ou quatre Trihous sous les yeux, ce n'en était qu'une. Chaque tronc abritait une pièce. Le logement que venait de me désigner le garde était reparti sur quatre arbres. Il m'avait ensuite montré deux arbres plus éloignés qui constitueraient leur demeure.

— On va tous s'y mettre pour décharger le chariot, intervient Anya, les blessées, évitez de trop forcer.

— Et pour Lincoln on fait quoi ? demande Marie.

— On le garde avec nous, répond Indra.

Elle demande aux gardes de le monter dans la cabane où Marie Alycia et moi allions resté pour un temps indéterminé. Alors que je me demandais comment ils pourraient le porter jusqu'en haut, un des gardes escalade un des arbres et une fois arrivé en haut, fait descendre jusqu'à nous comme une sorte de plate-forme. Un monte charge en somme. Deux gardes posent Lincoln dessus et par un système de poulie ils font remonter le tout. C'est ainsi que nous commençons à tout monter.

— Où est le talkie ? demande Alycia. Je vais essayer de contacter Eliza et Lexa pour leur dire qu'on est bien arrivé.

— Je vais en haut pour aider à intercepter et à rentrer les biens, dis-je en m'approchant de l'échelle clouée.

On me laisse faire et je commence à monter. Indra va chercher le talkie-walkie en demandant à Alycia de ne pas prévenir Heda pour Lincoln. Puis je n'entends pas la suite. La sensation de m'élever de la sorte dans un arbre me paraît étrange. J'avais déjà fait des parcours dans les arbres, mais toujours harnachée. Ici, le moindre faux mouvement et c'était la chute mortelle assurée. J'essaie de ne pas y penser et grimpe jusqu'au sommet. La nuit m'empêche de réellement voir le sol. Tant mieux. Je pénètre dans la première pièce à l'aide d'une lanterne que je trouve à l'entrée et que j'allume avec une sorte de briquet natif qu'Indra m'a donné avant que je ne monte.

La faible flamme éclaire la pièce qui sent un peu l'humidité. Mais de ce que j'en vois le lieu semble avoir été quand même entretenu. Sûrement que Lexa gardait cet endroit en cas de besoin urgent. Nous étions visiblement ce besoin. Je découvre ce qui s'apparente être une cuisine. Mais je ne m'y attarde pas. Je rejoins le garde pour l'aider à intercepter les affaires qui montent. Il les décharge et je vais les porter à l'intérieur. Lincoln est toujours inconscient à côté du monte charge.

Je range un peu les vivres par soucis de bien faire. En posant un paquet sur une sorte d'étagère, je trouve une boîte en bois qui m'intrigue. Elle est intacte. Lisse et polie comme si elle venait d'être fabriqué. Curieuse je pose ma lanterne et tourne l'objet à la lueur pour mieux l'étudier. Une petite trappe est présente sur le côté. Je l'ouvre. Quelques boules violettes roules et tombent dans le creux de ma main. Une odeur sucrée s'en échappe. Mon ventre se met à gargouiller. Nous avions prévu de nous restaurer une fois installés mais je me rends compte que je meurs de faim. L'envie et la curiosité sont trop grandes. Tant pis si j'en meure. Enfin non, mais des êtres vivants n'auraient pas mis du poison dans une pièce semblable à une cuisine, n'est-ce pas ? Je prends une des petites boules et la porte à ma bouche. Le contact réveille mes papilles et me pique le fond de la mâchoire. Je croque. Un liquide inattendu se repend sur ma langue, acidulé et sucré. C'est plutôt bon. Je mâche un peu et ce que j'apparente à un bonbon disparaît tout à fait. Contente de ma trouvaille, je mets les boules dans ma poche et retourne aider le garde.

Une fois les derniers paquets montés, tout le monde grimpe, sauf deux gardes qui restent au sol. Nous nous rassemblons autour de Lincoln.

— On ne va pas le laisser dehors, non ? s'inquiète Marie.

— Mettons le dans la pièce principale, dit Indra.

Les deux gardes le soulèvent et nous les suivons. En pénétrant dans cette nouvelle pièce, Indra et Anya allument des torches disposées un peu partout sur les murs. Elles ont l'air d'être déjà venues ici. D'un coup je les imagine enfants en visite « scolaire » pour marcher dans les pas de leurs ancêtres. L'idée me fait sourire.

— C'est beau, chuchote Alycia.

— L'homme peut faire de si belles choses, ajoute Marie.

— Ou les détruire, dit Indra en nous regardant.

Nous ne savons plus trop où nous mettre. La génération de Clarke avait mis fin au monde. A leur monde. Le notre n'en était pas encore à ce stade, mais étions nous de la même espèce que Clarke ? Je me sens coupable d'un coup.

Ne trouvant pas de place, les gardes amènent Lincoln dans une autre pièce plus petite, curieuse je les suis. Il s'agit sûrement une ancienne chambre d'enfants ? Ils l'assoient au sol en le menottant contre une épaisse branche qui passe dans le mur. Nous revenons dans la pièce principal, comme un salon-salle à manger.

— Si vous avez un problème vous pouvez vous adresser aux deux gardes à terre, dit un de nos protecteurs. Nous nous relayerons jours et nuits.

Nous le remercions et il hoche la tête avant que lui et son compagnon rejoignent leurs quartiers pour nous laisser entre filles.

— Comment ça se fait que ces maisons soient en si bon état ? demande Alycia.

— Nous essayons d'en entretenir quelques unes en cas d'urgence, répond Anya.

— C'est vraiment sûr du coup ? demande Marie.

— Oui, dit Indra, personne ne vient jamais par ici. Et les équipes chargés de les entretenir sont envoyées par Lexa, donc il n'y a aucun soucis. Néanmoins évitez de faire du feu et d'attirer l'attention. Pour vous éclairer les lanterne suffisent et vous avez des couvertures. Bon, essayons de manger un peu avant d'aller nous coucher.

Tout le monde est d'accord et nous commençons à faire des allers retours entre le salon et la cuisine pour trouver de quoi manger convenablement. Il y a assez de chaises pour nous cinq. Nous formons un cercle autour de la table. J'ai un léger mal de tête qui me gagne. Le rond autour de cette table me semble tourner légèrement. Pensant que c'est due à ma faim, je me jette sur la nourriture.

— Je vais voir si Lincoln s'est réveillé, dit Marie en se levant.

— Tu es sûre que tu es la meilleure personne pour cette tâche ? je demande.

— Tu préfères y aller ? me dit elle presque en colère. C'est de ta faute si on en est là.

Avant que quelqu'un n'ait pu la retenir, elle sort. Je regarde les autres et me décide à me lever pour la suivre. J'attrape une lanterne et passe un petit pont de bois. J'ai l'impression d'être gagné par le vertige alors que je ne vois toujours pas le sol. Étrange. J'arrives où se trouve Lincoln et maintenant Marie. Elle s'est accroupie devant lui dans le noir.

— Tu t'inquiètes pour lui Marie ?

— Un peu… Il a voulu s'échapper d'Arkadia pour revenir avec les siens mais il a fallu qu'il croise notre route…

— Je suis désolée, je ne voulais pas gaffer comme ça…

Je pose ma main sur son épaule, elle se redresse et me regarde.

— Non, je ne voulais pas m'énerver contre toi. Tu voulais essayer de régler les choses. Je pense qu'il aurait comprit quand même. Le regard qu'il a eu quand il a vu qui j'étais… Il devait aimer Octavia si fort… Il m'aurait reconnu, ça s'est joué à quelques secondes…

Son air triste me donne envie de l'embrasser… Quoi ?! Ou de la prendre dans mes bras…

— Il est beau quand il dort, elle chuchote.

— Il te fait penser à Ricky, hein ?

— Comment pourrait-il en être autrement ? C'est lui. Enfin…

— Oui, je comprends… Et comme Ricky ne ressent rien pour toi, mais que Lincoln est amoureux d'une personne qui te ressemble…

— Mais je ne peux pas profiter de mon visage ou de ma situation pour tenter quelque chose ! Et puis si on lui dit la vérité… Il peut être amoureux d'Octavia mais pas de moi…

Cette discussion me brise sans que je ne comprenne vraiment pourquoi. Ces caresses sur les mains qui nous avions échangées elle et moi n'avaient pas réussi à lui effacer le souvenir de Ricky ? La scène me revient en tête comme si elle se déroule sous mes yeux en ce moment même. L'effet est troublant. J'ai l'impression de sentir les doigts de Marie contre les miens. Mon cœur bat de plus en plus vite. Je secoue la tête pour reprendre mes esprits et me souviens des bonbons. Je fouille ma poche et en sors un.

— Tiens, une petite douceur pour te remonter le moral.

Marie regarde la petite boule violette avec étonnement. Mais elle accepte le présent sans se poser de question et le fourre dans sa bouche.

— C'est bon, t'as trouvé ça où ?

— Dans les rations qu'on a amené ici.

Je mens parce que j'ai peur de me faire gronder. Sans presque me contrôler je la prends dans mes bras, je fais attention à ce que la lanterne ne brûle pas ses vêtements. Elle me serre contre elle aussi.

— Pourquoi ce câlin Lindsey ?

— J'en avais envie… Il se passe beaucoup trop de choses étranges dans nos vies dernièrement, un peu de tendresse ne fait de mal à personne.

— Tu as bien raison…

Nous nous décollons pour nous regarder dans les yeux. Cette fois ce n'est plus les chaises autour de la table qui me semblent tourner mais sa bouche. Et plus que tourner, elle semble m'appeler. Je me penche tout doucement vers Marie. Je sens ma bouche brûler de désir pour la sienne. J'ai l'impression qu'elle ne recule pas alors je continue.

— Reum reum.

Marie semble reprendre conscience et je me retourne lentement en clignant des yeux. C'est Anya qui vient de se racler la gorge.

— Je venais vous voir, comme vous ne reveniez pas, je me disais que vous aviez besoin d'aide.

— C'est gentil Anya, répond Marie, mais il dort toujours. Je vais rejoindre les autres, j'ai encore faim…

Marie s'échappe avant que je n'ai pu la retenir. Je suis triste. Mais quelque part, le visage d'Anya souriant qui s'approche de moi me réchauffe.

— Ça va mieux ton dos Lindsey ?

— Oui je crois, maintenant que tu es là…

Quoi ?! Qu'est-ce qui se passe avec moi ? Anya se met à rougir et pour éviter mon regard elle vérifie le pouls de Lincoln.

— Au moins il est toujours vivant !

Je m'accroupis avec elle pour le regarder dormir.

— C'est vrai qu'il est beau quand même, je dis.

— Oui, il y a pire c'est sûr. Chez vous il y a aussi un double de lui ?

— Oui bien sûr.

Nous nous relevons et je reprends :

— Il y a un double de toute le monde. De toi aussi. Mais comme ton personnage est mort, ça fait longtemps qu'on ne l'a pas vu.

— Oh… Et elle s'appelle comment ?

— Dichen.

— C'est joli…

— Mmmh, comme vous deux…

En disant cela je m'approche d'Anya qui recule sans comprendre. Un éclair de génie me traverse. Le bonbon violet. C'est lui qui me rend toute bizarre, il n'y a pas d'autres explications. Le tournis, les hallucinations, l'envie d'embrasser Marie, Lincoln et Anya. Ma folie récente mon ronge et je fouille dans ma poche. Tout en avançant toujours je prends un des bonbons et je l'approche des lèvres d'Anya qui bute contre le mur. Elle n'a pas le temps de se débattre que je lui fourre la petite boule dans la bouche. Elle a un sorte de hoquet et l'avale sans pouvoir faire marche arrière. Elle tousse un peu et me regarde.

— Qu'est-ce que tu viens de me faire avaler Lindsey ?

— Aucune idée ! Mais si ça peut te permettre de m'embrasser je ne suis pas contre !

Je me penche sur sa bouche mais elle m'esquive avec sa grâce de combattante et je me retrouve à embrasser le mur. Quand je me retourne je vois Indra arriver.

— Qu'est-ce que vous faites toutes les deux, un problème avec Lincoln ?

— Non, non, bredouille Anya, on allait revenir vers vous.

— Bien, il faut qu'on parle de ce qu'on va dire à notre prisonnier. Puis il sera tant d'aller dormir, Anya, toi et moi on doit partir au plus tôt demain.

Anya fonce vers Indra comme pour s'enfuir et je les suis toujours chancelante.

C'est avec plaisir que je retrouve une chaise sur laquelle m'asseoir pour arrêter de faire tourner la pièce.

— Avec Marie, commence Alycia, on se disait que ce serait peut-être mieux de dire la vérité à Lincoln.

— On sait que Lexa veut que le moins de personnes possible soient au courant, mais il pourrait nous être utile, c'est un bon guerrier.

— Et puis, continue Alycia, il en a déjà trop vu. Marie, Lindsey. Et il ne va pas comprendre pourquoi on l'a assommé.

— On ne trouvera jamais meilleure mensonge que notre étrange vérité.

— Vous n'avez pas tort, dit Indra, mais vous pensez qu'il va vous croire ? Alycia il va voir Lexa en toi. Je ne sais pas si vous arriverez à le convaincre que tu n'es pas elle.

— Avec la présence de Marie, intervient Anya, je pense qu'on peut lui faire tout comprendre.

— Oui, il va voir tout de suite que je ne suis pas Octavia. Ça va peut-être le détruire mais c'est un risque à prendre.

Pendant encore une vingtaine de minutes je les écoute parler de la situation actuelle sans jamais prendre part à la discussion. J'ai la bouche pâteuse. Mais étrangement mon tournis disparaît petit à petit.

— Ça va Lindsey ? s'inquiète Alycia.

— Euh, oui, oui, j'ai juste soif…

— Si vous n'avez plus d'eau, vous pourrez vous réapprovisionner à la rivière, dit Indra en me servant un verre. Normalement il doit y avoir un système de filtration d'eau toujours fonctionnel dans la cuisine.

Je bois d'une traite comme si ma vie en dépendait. Je me sens revigorée. Mon entre jambe me pique. Je me sens trop près de Marie et d'Anya.

— Hé bien, continue Indra, il est temps d'aller dormir. Il y a deux chambres d'adultes ici, plus celle où nous avons attaché Lincoln.

— Je dors avec Anya !

Je ne réalise pas que je viens de lancer cette phrase le plus naturellement du monde. Toutes me dévisagent. Anya rougie mais ne dit rien.

— Bah puisque c'est comme ça, s'énerve Marie en se levant brusquement et en chancelant, je vais dormir avec Lincoln pour le surveiller !

Le bonbon fait effet sur elle aussi ? Ne me dîtes pas qu'elle va se taper Lincoln attaché… L'idée m'émoustille encore plus.

— Indra, dit Alycia, je crois alors que nous allons partager une chambre.

— A vrai dire je suis rassurée de dormir avec toi, tu me sembles beaucoup plus saine d'esprit que ces deux-là… Et Anya, elles ont dû t'ensorceler toi aussi.. Enfin… A demain.

J'éclate de rire sans retenu et laisse Indra et Alycia aller se coucher. Marie fait la moue et sort en boudant et en titubant. Je ris encore.

— Aloooors Anya, elle est où cette chaaaambre ?

— Euh, je peux dormir dans le salon aussi, ça fera l'affaire…

— Allons, allons, ne dis pas de bêtises, pourquoi tu penses que je t'ai fait avaler cette drogue ?

— Drogue ? Tu veux bien me montrer.

Désireuse de jouer avec elle, je sors les deux boules qui restent dans ma poche et les lui montre.

— C'est pas vrai… T'en a mangé ?!

— Oui et Marie aussi !

— Et moi aussi ! C'est pas vrai, c'est pas vrai…

— Bah quoi ?

— Je… Rien, de toute façon c'est trop tard. Allez viens, je te montre la chambre.

Alors que je la suis je remarque que sa démarche devient elle aussi chancelante. Yes, ça fait effet ! A nous deux Anya ! Je salive.

Nous passons une nouvelle passerelle plus longue que les précédentes et je suis Anya dans une pièce dont elle allume toutes les torches. Un lit double au centre est recouvert d'une peau de bête qui semble très douce. La pièce intacte ressemble à un musée. Je n'ai pas le temps d'en voir plus qu'Anya va s'asseoir sur le lit. Je la rejoins.

— J'ai la tête qui tourne, elle dit en se tenant les tempes.

— Ça veut dire que ça fait effet ! Moi aussi j'ai eu le tournis tout à l'heure, mais ça passe après et du coup…

— Oui, je sais ce qui se passe après le tournis Lindsey…

— Ah ? je souris intéressée. Et il se passe quoi ?

— Un désir sexuel incontrôlable. Ce que tu nous a fait avaler Lindsey, ce sont des produits anciens que nous utilisions pour aider à la procréation. Aujourd'hui on a évolué, on ne s'en sert plus. Il y a bien encore quelques personnes qui en produisent et les vendent sous le manteau comme drogue illégale, mais c'est tout. Je ne pensais pas que tu en trouverais ici.

— Elles n'étaient pas franchement cachées ! Mais c'est génial que vous ayez inventé ça ! Je suppose que c'est le Viagra natif, ah, sauf que ça marche aussi pour les femmes…

— Le Viagra ?

— Laisse tomber et embrasse-moi, je n'en peux plus !

Je me jette sur elle et pose enfin mes lèvres contre les siennes. Sous ma puissance nous tombons à la renverse. Avec une force énorme elle arrive à me pousser. Je roule au sol. La chute réveille ma douleur dans le dos.

— Aïe aïe aïe aïe aïe.

— Pardon Lindsey !

Anya se précipite sur moi pour me relever. Elle m'aide à m'allonger sur le lit.

— Ne bouge pas, pardon…

Mais en quelques secondes la douleur a disparue. Effet secondaire ? Je me fiche pas mal de savoir ce que mon dos détruit ressentira le lendemain. Anya penchée sur moi, inquiète, me fait du charme. Je passe ma main dans son cou et la regarde.

— Viens… je chuchote.

Cette fois je n'exerce aucune pression, elle se penche d'elle-même pour retrouver ma bouche. Anya prend le temps de se mettre au dessus de moi. Je caresses ses épaules et son dos pour arriver bien vite au bas de son haut que je m'empresse de vouloir retirer. Comme je ne comprends pas son vêtement, elle se redresse pour se mettre torse nu d'elle-même. Mon esprit confus ne se rend pas même compte que c'est la premier fois qu'il voit un corps de femme emprunt au désir de si proche. Mes doigts et ma bouche veulent parcourir chaque partie de cette peau. Je retire moi aussi mon haut et me redresse pour venir croquer sa bouche. Elle gémit fortement en pénétrant sa langue dans ma bouche. Je la fais basculer en arrière pour nous retrouver à l'envers allongées sur le lit. Ma langue quitte sa bouche pour descendre dans son cou et atterrir sur ses seins. C'est comme si je ne suis plus totalement maîtresse de mon désir. J'avance sans réfléchir, recherchant le plaisir et le don du plaisir.

Ses mains caresses mes cheveux et elle continue à gémir. Je m'en sors mieux avec son bas et arrive à la dénuder entièrement sans avoir besoin de son aide. Sans plus attendre je retire moi aussi mon pantalon et ma culotte et nous nous retrouvons allongées sur le côtés face à face, à nous embrasser goulûment. Sa bouche est un gouffre dans lequel je me perds sans rien comprendre. Parfois j'ai l'impression d'embrasser Marie, parfois Ricky, l'histoire est étrange.

D'un coup Anya prend le dessus. Elle fait pression et nous fait tourner, elle se retrouve encore sur moi. Cette fois c'est elle qui descend dans mon cou et sur mes seins pour les croquer. Je sens qu'elle a déjà fait ça. Je me laisse envahir par ses sensations nouvelles. Je ne sais si c'est la drogue ou mon esprit mais j'ai comme l'impression qu'on n'a jamais autant pris soin de mon corps. Jamais autant de sensualité, jamais autant de douceur, jamais autant de passion. Je me mords les lèvres tant j'apprécie. Mon corps est en feu. Anya continue sa descente. Un baiser près de mon nombril me fait gémir. Ses doigts qui parcourent mes cuisses me font frissonner. Le bout de sa langue qui se pose sur mon clitoris me fait perdre pied. Je halète fortement et mes doigts agrippent la fourrure du lit.

Mon corps se cambre si fort qu'Anya est forcée de plaquer ses paumes sur mon bassin pour me retenir un peu. Je m'entends gémir de plus en plus fort et j'ai l'impression d'assister à la scène plus que de la vivre. Je n'ai même pas en tête le fait que quelqu'un pourrait m'entendre. J'ai juste envie de prendre mon pied. Un coup de langue plus fort que les autres me fait atteindre une jouissance que j'ai peux connu. Je comprends pourquoi ce bonbon violet est considéré comme une drogue. Il me semble très facile de devenir dépendant de cette façon de jouir. Je me relâche pendant qu'elle remonte en m'embrassant partout. Quand sa langue trouve la mienne, le goût de mon sexe me fait vibrer.

C'est mon tour. Le bonbon faisant toujours effet, j'ai une très forte envie d'elle encore présente. Sans avoir besoin de reprendre mon souffle, je pose Anya sur le dos et je me m'allonge à ses côtés. Au début je l'embrasse doucement, mais sa fureur nous ravive et le baiser n'est que pure passion sexuelle. Tout en l'embrassant, je descends mes doigts sur ses tétons durcis et les pince légèrement. Elle semble apprécier le geste que je continue. Après un moment, je descends sur son corps et fais le même trajet avec mes doigts qu'elle avait fait avec sa bouche. Arrivée près de son sexe je tourne autour pour la faire languir. Furieuse, elle lâche ma bouche et vient croquer mon lobe. Un souffle s'engouffre dans mon oreille et fait gronder la pieuvre dans mon estomac.

— Raven… susurre Anya.

Qu'elle m'appelle de la sorte me revigore et me fait arrêter mon manège. Ma main atterrit directement entre ses cuises trempées. Elle a un hoquet qu'elle engouffre dans ma bouche. Mes doigts glissent contre son sexe sans aucune difficulté. Sans demande et sans résistance, je pénètre en elle comme si j'avais fait ce geste tout ma vie. Mes va-et-vient la font devenir dingue. Sa salive se répand sur mon visage mais cela ne me gêne pas. J'accélère, je continue. Au bout d'un temps qui me semble pourtant court, elle jouit en posant sa main contre la mienne en bas. Elle me force à appuyer sur son clitoris. Ses spasmes se font nombreux, ses couinements plus forts. Puis tout s'arrête. Elle prend une grande bouffée d'air et retire mon doigt en elle. Elle entrelace ses doigts avec ma main poisseuse et pose sa tête sur mon torse.

Point de vue Marie :

Après avoir quitté les filles je me suis retrouvée avec Lincoln endormi. Je me suis assise sur le lit car j'avais la tête qui me tournait. Et depuis que j'ai posé mes fesses sur ce lit je ne peux m'empêcher de détacher mon regard de Lincoln et de l'imaginer torse nu. Petit à petit mes vertiges ont disparus et mon excitation ne fait qu'accroître. Je ne comprends rien. Est-ce dû à ce que Lindsey m'a fait manger ? Mais elle m'avait dit avoir trouvé ces bonbons dans nos paquets, pourquoi Lexa nous aurait donné des mets étranges ?

Bien vite je n'arrive plus à penser logiquement. Je croise les jambes en regardant Lincoln. Sa tête pend dans le vide. On ne dirait pas qu'il a été assommé, juste qu'il fait une petite sieste. Et de ce fait il pourrait se réveiller, retirer son haut et me prendre sauvagement sur ce petit lit… Je m'agrippe aux draps pour éviter de me lever et d'aller faite des bêtises avec notre prisonnier.

Le maquillage blanc que je porte sur le visage me gêne. J'essaie de me focaliser là-dessus et sorts de la pièce pour aller trouver de l'eau. Je reviens dans le salon avec ma lanterne et prends le reste d'eau. Je sors sur une des passerelles, essaye de détecter s'il n'y a pas un garde en dessous, et me rince le visage. Ça fait un bien fou ! Je bois le reste d'eau et reprends le chemin du salon quand une lumière m'intrigue. Une des pièces de la Trihou est allumée de plein feu. Je ne sais pas s'il s'agit de la chambre d'Alycia et Indra ou celle d'Anya et Lindsey. Mon entre jambe en feu voudrait que ce soit celle de Lindsey. Je pose le récipient vide à terre et sans réfléchir je prends la passerelle qui mène aux lumières. En m'approchant j'entends des gémissements. Je n'essaie même pas de comprendre ce qu'ils signifient et je m'accroupis dos à la porte. Mon esprit croit reconnaître la voix de Lindsey, mais puis-je en être totalement sûre ? Aucune idée. J'écoute ces bruits qui ressemblent pour moi à des gémissements de plaisir. Sans m'en rendre compte je glisse ma main sous mon pantalon.

Je m'agite en rythme et je crois jouir en même temps que la personne qui souffle dans la pièce. L'arrêt brutal de mon action me fait un peu reprendre raison. Je me redresse d'un coup et m'approche de la porte. Le silence se fait. J'hésite. Et puis merde. Je prends la poignée dans ma main et ouvre la porte.

Point de vue Anya :

Ma tête, qui a fini de tourner depuis l'orgasme de Lindsey, repose sur son torse. En reprenant mon souffle je me rends compte que je l'ai appelé Raven. Et il est vrai que j'ai eu l'impression de faire l'amour avec Raven. La drogue aidant, j'avais comme réussi à effacer mes peurs. J'ai envie encore de couvrir son corps de baisers mais je sais que les regrets demain vont me ronger. Je me redresse tout de même un peu pour profiter encore de sa bouche. Je l'embrasse et elle se laisse faire. Un bruit de porte nous fait sursauter et nous nous retournons vers l'entrée, notre nudité exposée à la personne qui s'apprête à nous découvrir.

— Lindsey ?

— Marie ?

Les deux amies se toisent. La drogue faisant effet, je n'ai même pas envie de me cacher. J'aurais même plutôt envie d'inviter Octavia, euh non, Marie, à nous rejoindre.

— Ah ça tombe bien Marie, lance Lindsey dont la voix me paraît à présent étrange, tu vas pouvoir te joindre à nous !

Marie, qui s'est visiblement nettoyée le visage, hésite. Elle grogne et s'approche finalement de nous. Elle pose sa lanterne à terre et un genoux sur le lit. Et alors qu'elle allait retirer un de ses vêtements, un cris presque bestial nous fait nous redresser toutes. Des bruits de chaînes et de bois se font entendre. On peut sentir des vibrations sur le sol.

— Lincoln ! je cris en prenant conscience de la véritable situation.

Marie remet son vêtement presque retiré et Lindsey et moi nous rhabillons du mieux que nous pouvons avant de sortir en courant de la chambre.


La drogue c'est mal ! Que va-t-il se passer maintenant que Lincoln est réveillé ?!