Hey ho ! Au chapitre aujourd'hui, Eliza révèle des détails du scénario, et les filles et Lincoln tentent d'élaborer des théories. Bonne lecture !


Point de vue Lexa :

— Je m'inquiètes pour Raven… annonce Anya un peu gênée. Et j'aimerais que tu nous dises, dans ton histoire à toi, si Raven va bien…

Un petit silence s'en suit pendant lequel Eliza semble réfléchir longuement. Je me doute qu'elle doit peser les pour et les contres, séparer ce qu'elle peut nous dire de ce qu'elle ne peut pas nous révéler.

— Il va falloir que je vous raconte des détails que Clarke m'aurait interdit de vous dévoiler. Mais si tu veux sauver Raven, et même si vous voulez sauver Skaikru et peut-être aussi les vôtres, il faut que je vous explique certaines choses. Car la survie de Lexa pourrait bien tout changer.

Anya et moi nous concentrons sur son récit. Je sens qu'Eliza fait de son mieux pour avoir un ton posé et pour nous donner tous les détails de façon à ce que nous comprenions.

— Cette drogue dont Lincoln vous a parlée, elle est liée à la Flamme que tu as dans le cou Heda.

Anya est surprise, de mon côté j'essaie de ne rien faire transparaître.

— Je ne sais pas si vous connaissez l'origine de votre religion, mais elle est liée à la destruction de la Planète. Pramheda était une scientifique qui avait trouvé un moyen de permettre aux humains restés sur Terre de survivre malgré les explosions nucléaires. Bekka Pramheda… c'est elle qui a inventé le Sang d'Ébène. En amont elle a inventé une intelligence artificielle, A.L.I.E, qui devait veiller sur la Terre et les humains. Je vous passe les détails, mais cette intelligence s'est retournée contre elle et contre notre planète. A cause de son invention, Becca s'est presque faite bannir de l'Arche qu'elle devait rejoindre avec ses compagnons scientifiques. Elle travaillait déjà sur une deuxième version d'A.L.I.E. Cette version, c'est votre Flamme. Becca ne pouvant se résoudre à la détruire se l'ait implantée dans la nuque après s'être injecté le Sang d'Ébène. Elle est devenue votre première Commandante.

Je lève la main pour arrêter Clarke dans son récit. C'est déjà énorme à encaisser. Les textes sacrés ne mentionnent pas tous ces détails. Nous savions juste que Bekka Pramheda avait survécu à Praimfaya et qu'elle avait instauré le règne des Commandants. Mais savoir qu'en fait tout ceci était une création des Skaikrus finalement… Je me frotte les tempes et propose à Eliza de continuer.

— La drogue que Jaha distribue porte le symbole sacré, le même que celui qui figure sur la Flamme. Si une personne, Nightblood ou non, l'avale, son esprit est transporté à la Cité des Lumières, qui est la palais mentale où tu te rends Lexa lorsque tu fais appels aux esprits des Anciens. La Cité des Lumières est directement liée à la première version défectueuse et manipulatrice de A.L.I.E.

— Mais pourtant, je l'interromps encore, je n'ai jamais vu cette Ali, ni croisé de Skaikrus. Il n'y a que les anciens Commandants.

— A.L.I.E a le visage de Bekka Pramheda. Mais je ne pense pas que vos deux mondes soient liés. Ce n'est pas la même version. Ce qui explique pourquoi tu n'es pas au courant Lexa.

— Donc, intervient Anya, si je comprends bien, en avalant cette drogue, Raven et les autres ont l'esprit qui se retrouve manipulé par cette Ali ?

— C'est ça, et A.L.I.E est à la recherche de sa version améliorée, donc de la Flamme. Elle manipule tout le monde pour arriver à ses fins et n'hésitera pas à pousser ses protégés à s'entre-tuer. Mais Clarke arrive a sauver tout le monde. Le seul problème c'est qu'elle y parvient grâce à ta mort. Lorsque tu meurs Lexa, elle assiste au rituel sacré. Elle voit Titus te retirer la Flamme. Plus tard, elle arrive à intégrer la Cité en s'implantant la Flamme dans la nuque, elle t'y retrouve, il faut croire que tu as trouvé un passage entre les deux versions, et tu l'aides à éteindre définitivement la Cité des Lumières.

— Mais comment nous arrivons à vaincre une si grosse puissance ?

— Grâce à l'aide de Raven. Clarke trouve un moyen de la libérer de l'emprise de A.L.I.E. Il faut court-circuiter la Clef grâce à un courant électrique puis lui entailler la nuque pour faire sortir les résidus. Clarke apprend ce fait en regardant Titus te retirer la Flamme après sa mort.

— Ma mort est donc utile à la survie de l'humanité, je marmonne.

— Dans leur réalité oui, dit Anya, mais ici, on sait comment sauver Raven. Alors, il suffit d'en informer Clarke.

— Oui mais, sans ma mort, Clarke ne peut s'introduire la Flamme dans le cou et intégrer la Cité…

— Vous vouliez savoir s'il y avait un moyen de sauver Raven, je vous ai donné la réponse, ajoute Eliza. Pour tout le reste, pour sauver tous les autres, je n'ai pas vraiment encore d'idées… On pourra court-circuiter la pastille que chacun a avalé, mais ça ne réglera jamais définitivement le problème. Puisque quiconque avale cette drogue se retrouve sous l'emprise de A.L.I.E, il faut une solution plus radicale.

— Alors il va falloir que je trouve un moyen de me rendre de l'autre côté. Je demanderais conseils aux Commandants. Peut-être qu'ils sauront me guider. Mais en attendant, Anya, si tu le souhaites, nous avons le moyen de sauver Raven. Et tous les autres.

— Le problème c'est qu'ils ne vous laisseront pas faire. A.L.I.E, par l'intermédiaire des drogués, voit et entend tout. Elle saura tout de suite déjouer vos plans.

— Il va falloir qu'on réfléchisse à tout ça alors, j'annonce. On aura aussi besoin de l'aide de Clarke.

— Il faudra faire attention en la contactant.

— Et pour celles qui sont aux Trihous, demande Anya, elles pourraient nous aider ?

— Je ne sais pas trop, pour le moment ça me paraît trop risqué de les impliquer. Et puis avant tout ça, il faut toujours qu'on s'assure que Titus ne te tueras pas… L'autre jour il a un peu baissé sa garde quand il a vu que j'étais de son côté contrairement à Clarke, mais il nous faut encore nous méfier.

Anya se met à bailler et se frotte vigoureusement le crâne. C'est cette discussion qui lui a donné mal à la tête ?

— Merci de nous avoir tout raconté Eliza, elle répond. Maintenant que je suis rassurée à propos de Raven et que je sais qu'il y a un moyen de l'aider, je vais me retirer. Le voyage m'a épuisé.

— Bien sûr Anya, je réponds avec douceur, prends le repos dont tu as besoin, on reparlera de tout ça.

Anya hoche la tête en signe de remerciement et se lève. Nous nous saluons et elle sort. Mon regard retombe sur Eliza.

— Il y a un détail en plus, elle me dit, et je pense que ça pourra nous aider dans nos deux situations, plus tard pour la Cité des Lumières et maintenant avec Titus.

— Explique-toi.

— La chose qu'il te cache en ce moment. C'est lié. Normalement, si les évènements n'ont pas changé, Titus a réussi à capturer Murphy et en ce moment même il le torture pour savoir pourquoi ce dernier se promène avec des objets portant le symbole sacré. Mais Murphy ne sait rien. Il ne comprendra que plus tard d'où vient le symbole. Je pense que si Titus ne t'en parle pas c'est parce qu'il veut d'abord comprendre avant de t'alarmer.

— Ça part plutôt d'un bon geste, mais il sait que j'ai horreur qu'il me tienne à l'écart des décisions. Il est peut-être mon Fleimkepa, mais c'est dans ma nuque qu'elle repose. Il faut qu'on fasse quelque chose pour Murphy. Si Titus fini par obtenir de lui ce qu'il veut, il pourrait le tuer sous prétexte d'avoir enfreint le blocus. Tu sais où il est enfermé ?

— Dans la salle où vous gardez tout ce qui est relié à la Flamme et au symbole.

— Il faut qu'on aille le libérer, je dis en me levant précipitamment, avant que-

— Attends.

Eliza attrape ma main pour m'empêcher de partir, le contact me donne une impression étrange. C'est la même force emprunte de douceur que Clarke…

— On devrait d'abord en parler avec Titus. Si on commence à agir dans son dos, il ne va jamais se ranger de notre côté. Je ne sais pas s'il a déjà appris la vérité, mais il risque de ne pas aimer. Mieux vaut qu'il ait regagné ta confiance lorsqu'il sera énervé.

— Tu es sage Eliza. Tu as raison. Allons lui rendre visite.

Point de vue Eliza :

Lexa et moi sortons de la chambre de Clarke. Je la suis sans réellement connaître les lieux. Nous empruntons certains couloirs que je n'ai jamais vu. J'espère que Clarke ne m'en voudra pas trop d'avoir révélé la vérité à Lexa. Mais cette histoire avec Murphy me trottait dans l'esprit depuis trop longtemps. C'était l'occasion. En plus, je suis sûre qu'ainsi nous arriverons à calmer Titus. D'ailleurs je ne leur avais pas dit que Titus devait mourir. Mais il meurt car il a tué Lexa, en quelque sorte, alors peut-être qu'il ne se suicidera pas. Une vie pour vie, qui devra mourir à sa place ?

Dans les couloirs de la Tour il y a beaucoup de gardes. Quelques uns me regardent de travers mais la présence de Heda à mes côtés me protège. Et je suppose que même sans Lexa, personne n'oserais s'attaquer à Clarke. Nous descendons d'un étage, empruntons un autre couloir avant d'arriver devant une porte qui ressemble à toutes les autres. Je me demande comment ce bâtiment a pu résister à l'apocalypse nucléaire et comment il peut encore tenir debout. Les Natifs l'ont bien entretenu aux fil des années. Ah, je me mets à penser comme Clarke… Lexa toque et Titus vient nous ouvrir. Il semble un peu perturbé de nous voir à cette heure.

— On peut entrer Titus ?

— Bien sûr Heda.

Il nous laisse passer en me jetant un regard mauvais. J'ai pourtant du mal à détester cet homme. Peut-être parce que dans mon monde nous n'avions pas encore tourné sa mort, peut-être parce que je m'entends plutôt bien avec Neil Sandilands qui joue son rôle. Nous restons debout. Je me mets un peu en retrait pour laisser Lexa s'exprimer.

— Titus, j'ai appris des choses que tu me caches et que j'aimerais que tu m'apprennes de toi même.

— Euh, Heda, je…

— Donne moi la vérité et nous pourrons discuter calmement.

Lexa est déjà énervée. Il ne faut pas, il ne faut pas énerver Titus. Mais pour le moment je ne peux rien faire.

— Pardonne-moi Heda. Je pensais agir pour ton bien et le bien de notre peuple. Il y a quelques jours j'ai capturé un Skaikru. Je voulais qu'il me donne des informations sur Clarke, j'avais peur qu'elle soit un danger pour nous. Mais j'ai trouvé sur lui des petits morceaux de plastique portant le symbole sacré alors j'ai continué à le questionner.

— Et est-ce qu'il t'a parlé ?

— Il m'a dit qu'elles lui venaient de Jaha qui les avaient trouvé et qu'il voulait les ramener à Arkadia. Qu'en en avalant une on accède à une sorte de paradis mental. Il ne m'a rien dit de plus.

— Parce qu'il ne sait rien de plus, je dis.

Titus se tourne vers moi. D'abord il fronce les sourcils, puis il comprend.

— Bien sûr, c'est toi qui a informé Heda…

— Et elle a bien fait Titus. Pendant encore combien de temps tu comptais me cacher que cet homme portait le symbole sacré avec lui ?

— Je… J'essaie de te protéger Heda. Tu le sais bien. Ces humains tombés du ciel sont une menace. Et peut-être que ces quatre sosies aussi…

— Shof op !* dit Lexa en levant la main. *Tais-toi

— Heda…

— Je ne suis pas venue pour une nouvelle fois parler de la menace Skaikru ou des sosies. Le blocus est monté, c'était ce que tu voulais. Et les sosies justement, Eliza m'a révélé ce que tu cherches. Si tu te montrais plus coopératif et moins méfiant tu aurais pu éviter de torturer un homme.

— Comment ? Mais…

Il me regarde encore et grogne. Lexa lui intime de s'asseoir. Nous prenons place dans un coin de la pièce et elle lui raconte, parfois sous mes interventions, ce que je lui ai expliqué.

— Encore une fois ces Skaikrus sont dans le blasphème et tu ne vois rien Lexa ! Ils ont trouvé un moyen d'entrer dans l'esprit des Commandants. Ils veulent bafouer nos traditions sacrées !

— Titus, je dis en lui coupant la parole alors qu'il me fusille du regard, tu veux détruire cette Cité des Lumières ?

— Évidemment ! C'est une insulte à notre peuple et à nos croyances !

— Alors nous avons le même but.

— Comment ça ?

Cette fois c'est Lexa qui répond :

— Cette Cité est dangereuse pour tout le monde. Nous voulons le plus possible empêcher les gens d'avaler cette pastille qui tu as trouvé sur ton prisonnier, Murphy. Et maintenant que nous savons ce que c'est, nous pouvons agir en conséquence. Mais il faudra faire preuve d'une grande prudence et d'une grande subtilité. Ce dont tu sembles manquer depuis quelques temps Titus.

— Skaikru et vous, je continues très sérieuse, avez un ennemi commun, c'est le moment d'unir vos forces.

— Et avec l'aide d'Eliza qui connaît le futur nous pouvons y arriver.

— Et si le futur change ? demande Titus. J'ai bien compris que la non mort de Lexa allait modifier le cours du temps selon votre version.

— En effet, je réponds, mais ça ne change pas le fait que je sais comment détruire la Cité et comment sauver ceux qui ont avalé ces bouts de plastique, la Clef.

— Et peut-être qu'ainsi, dit Lexa, tu arrêteras de te méfier des Skaikrus et de chaque nouvel arrivant. On est d'accord Titus ?

— Je n'ai plus le choix. Maintenant que je connais la vérité je ne peux me plier qu'à tes ordres Heda.

— Bien. Alors commence par libérer Murphy et par me l'amener.

— Tout de suite ?

— Allons Titus, on ne va pas lui laisser passer une nuit de plus en sous-sol.

— Oui Heda…

Point de vue Lindsey :

Le soleil se couche en même temps que mon mal de crâne. J'ai toujours mal au dos mais j'ai au moins l'impression de pouvoir penser correctement. Ça ne me plaît pas forcément. Je n'arrête pas de repenser à ma nuit de la veille avec Anya et presque Marie… Au cours de la journée nous avons discuté longuement avec Lincoln, nous le tenant au courant des détails de la situation, lui nous parlant de ces bois et plus en détails de ceux que nous connaissions à Arkadia. A quelques moments Marie et moi avions échangés des regards gênés. Parfois je m'étais même demandé si j'avais un peu de désir pour elle, je mettais bien volonté cette idée sur le compte du petit bonbon violet mais je n'en étais pas si sûre. Il va falloir que nous en parlions, c'est certain. Avec Alycia et Lincoln dans les parages, ce n'est pas évident.

— Vous pensez que Indra et Anya sont arrivées ? je demande en revenant dans la conversation.

Nous sommes tous les quatre assis autour de la table de la cuisine.

— Je pense, répond Lincoln qui connaît mieux les lieux.

— Vous croyez qu'elles ont tout de suite prévenu Lexa pour la Clef et la Cité des Lumières ?

— Pourquoi tu demandes ça Lindsey ?

C'est Alycia qui me pose la question un peu confuse.

— Je me disais qu'une fois au courant, Eliza leur apprendrait toute la vérité sur la Cité et que peut-être elles voudraient notre aide…

— Décidément, intervient Marie, tu ne tiens pas en place !

— Je n'ai pas envie de rester dans ces arbres, j'ai envie d'agir. Maintenant qu'on est sur cette île étrange, autant participer à l'action !

— Cette île ? questionne Lincoln étonné.

— Euh oui, répond Alycia, comme on a échoué ici alors qu'on était en plein milieu de l'Océan, on s'est dit que c'était une île…

— Non, je peux vous garantir que nous sommes bien accroché au continent.

— Alors ça voudrait dire que nous sommes au même endroit que dans la série ? dit Marie en se levant pour faire le tour de la table. Nous sommes sur le continent américain après la troisième guerre mondiale… On aurait fait un saut dans le temps ?

— Dans le temps, je réponds, et dans un monde parallèle. Enfin, ça expliquerait pourquoi ma montre ne fonctionne plus.

— Comment ça ? demande encore Alycia.

— Si la théorie des univers multiples est vraie, je suppose qu'ils ne fonctionnent pas sur les mêmes, comment dire… les mêmes fréquences. Donc ma montre ne peut pas avancer ici.

— Moui, dit Marie, en tous cas, je ne sais pas si cela arrange nos histoires. Si nous étions sur une île, il nous aurait fallut reprendre un bateau pour retrouver notre propre pays, mais si nous sommes dans un autre univers, ça va être beaucoup plus compliqué de renter chez nous…

— J'ai un peu de mal à saisir ce que vous racontez, nous interrompt Lincoln, mais je suis sûr qu'en temps voulu on arrivera à vous ramener chez vous. Il faudrait juste trouver pourquoi vous êtes arrivées ici dans un premier temps.

Marie est debout derrière Lincoln. Je ne sais pourquoi mais cette vision me pince le cœur. Je me lève à mon tour et vais me poster derrière Alycia assise en face du jeune homme. Ainsi, j'ai Marie bien dans mon champ de vision. Nous nous toisons et je prends la parole :

— Hé bien, nous étions en vacances sur un bateau, nous avons pris un plus petit bateau et nous avons été prises dans une tempête qui nous a amené ici.

— Il s'est passé quoi entre le début de la tempête et votre réveil sur la plage ? demande le natif.

— Aucune idée, lui répond Marie toujours en me regardant, on a dû s'évanouir à cause de la pression ou de l'eau dans nos poumons.

— Et si ce n'était pas la tempête qui nous avait amené ici ? propose Alycia en se retournant pour me regarder.

Je détache mon regard de Marie pour aller à Alycia.

— Comment ça ? je lui demande avant qu'elle ne reprenne une position normale.

— Hé bien, peut-être que la tempête n'est pas la cause mais juste le moyen. Peut-être qu'un évènement s'est produit soit chez nous, soit ici, et qu'il a engendré cette tempête pour nous transporter entre les deux mondes.

— Je crois que tu lis un peu trop de science-fiction Alycia, répond Marie presque énervée.

Je replonge mes yeux dans ceux de Marie pour la contrer :

— Parce que ce qu'on vit n'est pas de la science-fiction ? La théorie d'Alycia tient debout.

— Alors il faudrait trouver l'évènement déclencheur, propose Lincoln, peut-être qu'ainsi nous pourrions le résoudre, ou aller au bout.

— Ce qui provoquerait notre retour chez nous ! s'enthousiasme Alycia.

— Mmh, grogne encore Marie, je ne sais pas si je suis bien convaincue. Enfin, je suppose qu'on a que ça a faire, chercher la cause. Des idées ?

— L'amour naissant entre Alycia et Eliza ? je lance sans réfléchir.

— Hey ! s'exclame l'intéressée présente.

— Bah oui, je continue, il vous fallait des évènements forts pour que vous vous avouiez votre amour. Alors la tempête nous a amené ici.

— Mais, on s'est embrassé avant de venir ici, alors on aurait dû retourner chez nous depuis, non ?

— Peut-être pas avant que vous ayez sauvé Heda…

— Ou alors, je reprends toujours le regard dans celui de Marie, peut-être que c'était pour vous rapprocher Eliza et toi, mais aussi Marie et moi…

Je sens un sourire en coin me gagner sans que je ne puisse rien y faire. Je vois les paupières de Marie vibrer. Elle comprend mon rentre dedans. Un silence se créé. Alycia est au courant de la situation entre mon amie et moi. Marie ne dira rien car elle ne veut pas se l'avouer. Et Lincoln doit être complètement déboussolé. Je ne détache pas mon regard. C'est elle qui fini par craquer. Elle laisse son poste derrière le sosie de Ricky et s'avance vers Alycia, vers moi. Arrivée à notre hauteur elle pose sa main sur l'épaule d'Alycia.

— Lindsey, je peux te parler en privé ?

Enfin !

— Viens.

Je prends son poignet entre mes doigts et je la fais sortir de la cuisine. Nous empruntons une passerelle et nous arrêtons sur la plateforme suivante, restant à l'extérieur, entourées par les branches qui s'assombrissent à mesure que le soleil se couche.

Point de vue Marie :

Nous nous accoudons toutes les deux sur la rambarde qui protège de faire une chute de quelques mètres.

— A quoi tu jours Lindsey, je croyais qu'on avait mis les choses au clair.

— Hier on a failli coucher ensemble, tu appelles ça mettre les choses au clair toi ?

— C'était à cause des bonbons qu'on a avalé, tu le sais bien.

— Oui, en revanche, ce que toi tu ne sais pas, et qu'Anya m'a expliqué, c'est que ces bonbons agissent sur les désirs déjà présents.

Je ne peux pas lui dire qu'avant de pénétrer dans la chambre je m'étais touchée en les écoutant jouir… Moi même je ne sais pas si tout ça était dû au bonbon ou à des pensées secrètement enfouies en moi. Pourtant j'avais aussi désiré Lincoln, et pour lui c'était évident. Ricky m'a toujours fait de l'effet, alors c'est normal. Mais Lindsey… Mon amie…

— Tu penses sérieusement que c'est pour cette raison que nous avons atterri dans cet univers ? je demande pour tenter d'éviter la profondeur du sujet.

— Ce ne sont que des hypothèses.

Je me tourne pour regarder Lindsey. Elle reste le regard penché par dessus bord.

— Écoute Lindsey, je ne comprends pas trop ce qui se passe ici, puis avec ce bonbon en plus. Laisse-moi un peu de temps pour mettre mes idées au clair, tu veux bien ? On reparlera de tout ça quand on sera rentré chez nous.

Comme elle reste à observer le vide et qu'elle ne me répond pas, je me redresse pour m'éloigner.

— Si le problème viens de nous deux Marie, on ne rentrera jamais à la maison…

Elle a raison. Mais je ne veux pas me l'avouer. Je m'éloigne avant qu'elle n'ajoute quelque chose et que nous devions encore en discuter. Je refuse de me prendre la tête. Surtout que mon mal de crâne n'a pas totalement disparu. Si je désire ma meilleure amie, y a-t-il un problème à la chose ? Et si je désire en même temps ce sosie de Ricky, qui est amoureux de mon sosie décédé, est-ce aussi un problème ? Bon, formulé de la sorte, peut-être. Mais le fait que nous soyons dans ce monde est déjà une énorme prise de tête, ce n'est pas le moment d'en rajouter avec les sentiments et les désirs.

Peu désireuse de retrouver le visage de Ricky et Alycia, je prends la direction de la chambre d'enfant pour me reposer.

Point de vue Lincoln :

Lorsque les deux jeunes femmes quittent la pièce, je me retrouve seul avec le sosie de Heda. C'est étrange, je ne me suis jamais retrouvé seul avec Lexa…

— La ressemblance est troublante, elle dit, je sais…

— Oh pardon, je ne voulais pas te dévisager.

— Ce n'est rien, c'est un peu ce qui se passe avec tout le monde depuis que nous sommes ici…

— Je n'arrive pas à comprendre pourquoi Octavia est morte dans mon monde mais pas dans le votre… Enfin, vous m'avez expliqué, c'est sûrement parce qu'Anya vit, mais…

— Tu n'as pas envie de l'accepter. C'est normal. Surtout avec l'arrivée de cette fille qui ressemble à la femme que tu as aimé.

— Que j'aime encore…

— Je suis désolée Lincoln.

— Vous n'y pouvez pas grand-chose…

Un silence se fait durant lequel nous baissons tous les deux les yeux. Puis elle se lève doucement avant de prendre la parole :

— Je vais aller essayer de joindre Eliza. Je vous tiendrais au courant s'il se passe des choses de leur côté.

— D'accord.

Elle sort et au même moment la sosie de Raven pénètre dans la cuisine.

— Je vais appeler Eliza, l'informe Alycia quand elles se croisent.

— D'accord.

— Ça va ?

— Oui, oui, c'est rien, ne t'en fais pas.

Alycia sourit et je me retrouve seul avec cette Lindsey. Elle ne sait pas où se mettre.

— Euh je, je pensais retrouver Alycia en fait… Je ne veux pas te déranger Lincoln…

— Tu sais, on va être amené à cohabiter et nous sommes dans une pièce commune, alors tu ne me déranges pas.

Je lui souris, elle se détend et prend place sur la même chaise qu'elle avait quittée quelques minutes plus tôt.

— Lincoln ?

— Oui ?

— Ça ne va pas être trop dur pour toi d'être proche de Marie ?

— Je n'ai jamais été confronté à ce genre de situation alors je peux difficilement te répondre. Mais il est vrai que sa ressemble avec Octavia provoque en moi comme un petit agacement à côté du cœur.

— Je ne te savais pas si poète… Je vois ce que tu veux dire. Clarke a eu le même regard que toi lorsqu'elle a vu Marie.

— Je n'imagine pas la réaction qu'aurait Bellamy, il est détruit depuis que…

Je ne peux prononcer la sentence d'Octavia une seconde fois.

— Je l'avais presque oublié dans l'équation… Comment il s'en sort ?

— A cause de son chagrin il suit Pike aveuglément et il ne se demande plus si ses actions sont bonnes ou pas. J'ai peur qu'il finisse par prendre la drogue de Jaha. Pour le moment Pike est contre, mais Raven était contre aussi et ça ne l'a pas empêché de sombrer…

— J'espère vraiment qu'on pourra faire quelque chose… Mais avec les visages que l'on a ça me paraît compliqué.

— Surtout avec Marie… Parce que encore, vous deux pouvez vous faire passer pour vos doubles, mais Marie…

— Ah, je ne préfère pas y penser. Puisque Alycia est allée parler à Eliza, on verra bien les nouvelles qu'elle nous rapporte, d'ici là… Attendons !

— C'est exactement ce que j'aurais pu te répondre à ta première question. J'attends de voir ce que votre amie qui ressemble à mon amour envolé va me provoquer.

— Faites attention tout de même tous les deux, notre place n'est pas ici et nous devrons un jour retourner chez nous…


Chapitre un peu prise de tête avec plein de détails haha. Des pistes de pourquoi les filles ont atterri ici ont été lancées, peut-être que finalement elles pourront rentrer chez elles ! Et pour Murphy prisonnier, que va-t-il se passer ?

A mardi et bonne canicule !