Bonjour ! Plein de points de vues différents au programme du jour. J'espère que l'histoire reste limpide pour vous. Il commence à se tramer des choses...


Point de vue Eliza :

Finalement, Lexa perdant de plus en plus confiance en son bras droits et ne désirant pas qu'il tue le prisonnier au lieu de nous l'amener, nous suivons Titus dans des dédales de couloirs. Encore des endroits qui me sont inconnus. Sûrement quelques passages secrets dont peu sont au courant. Enfin nous arrivons devant une porte que je connais. Normalement, Murphy s'y trouve attaché. Titus sort une lourde clef sous le regard neutre de Lexa et déverrouille la porte en se raclant la gorge. En nous entendant, Murphy tourne la tête, ses yeux grossissent lorsqu'il me voit. Il doit se dire que pour une fois Clarke est venue le sauver. En apercevant Lexa sa joie s'évanouit à demi. Titus est le seul à s'approcher, il lui retire le bâillon qui l'empêchait jusque là de parler.

— C'est pas trop tôt Clarke !

— Détache-le Titus.

Le Fleimkepa s'exécute et Murphy se frotte les poignets en se mettant debout. Je m'avance doucement vers lui et regarde sa figure où du sang a séché. Pour le moment je suppose que nous devons le laisser croire que je suis Clarke. Alors je lui demande de me laisser l'examiner.

— Que me vaut l'honneur de cette libération ? demande le jeune homme en grimaçant de douleur.

— On a découvert le but et l'utilité des pastilles portant le symbole sacré que tu portes avec toi, lui répond Lexa très calmement.

— C'était bien la peine de me torturer, dit Murphy en lançant un regard incendiaire à Titus.

Je regarde aux alentours, l'ancien prisonnier n'a pas pu découvrir que le symbole était lié aux ascendants des Skaikrus. Il n'a pas encore vu le symbole de l'infini sur les vestiges du vaisseaux présents dans la pièce, qui me semblent cachés derrière un rideau. Bien, moins il en sait, mieux ce sera. Je ne pourrais sûrement pas prévoir ses accès de colère ou de quelconque héroïsme.

— Et donc, je suis libre ? il demande en regardant Lexa.

— J'ai bien peur que tu doives rester avec nous.

— Comment ça ?

Lexa lui explique le blocus, ses causes et se qui en découle. Il semble s'énerver, à mon avis il pense déjà à retrouver Emori.

— Et pourquoi Clarke est ici alors ?

— Je lui ai offert ma protection, répond Lexa sans visiblement elle non plus vouloir lui révéler la vérité. Ce que je t'accorde aussi. Même si tu n'as pas d'autre choix.

— En sommes, je suis toujours prisonnier.

— Tu pourras aller et venir comme bon te sembles tant que tu restes dans l'enceinte de la ville.

— Heda ! s'exclame Titus.

Lexa le fait taire d'un signe de la main.

— Si tu tentes de t'échapper, ce sera à tes risques et périls. Plus d'une centaine de mes hommes entourent la villes et quadrillent les alentours à la recherche de Skaikrus. Ils ont pour ordre de faire prisonnier n'importe quel intrus et de me l'amener, mais je ne suis pas maîtresse de leur fureur.

— D'accord, d'accord, grogne Murphy entre ses dents, je peux y aller maintenant ?

— Tu es libre, répond Titus avec ironie.

— Si tu as besoin de boire ou de manger, ajoute Lexa, fait-moi signe, je te ferais préparer une chambre également.

Le jeune homme hoche la tête et fuit vers la sortie. Titus s'assure de son départ avant de fermer la porte pour que nous puissions parler seuls tous les trois.

— Donc on ne lui dit pas que tu n'es pas Clarke ? demande le Fleimkepa.

— Pour l'instant il n'a pas besoin de le savoir, je réponds, et nous n'aurons pas besoin de son aide dans l'immédiat.

— Puis s'il parvient tout de même à s'enfuir, me complète Lexa, c'est plus sûr pour nous qu'il ne sache rien.

— Maintenant que c'est fait, comment on détruit cette Cité ?

— Chaque chose en son temps Titus, répond Lexa en lui tenant le bras avec douceur, d'abord nous allons dormir, demain on réfléchira, avec Eliza, à des solutions.

— Oui Heda.

L'homme sort et alors que je pensais que nous allions le suivre, Lexa se retourne pour admirer la pièce.

— J'aime bien venir ici, elle chuchote presque avec de l'émotion dans la voix, Anya m'y emmenait souvent quand elle était en charge de mon apprentissage.

— Pourquoi vous n'y venez plus aujourd'hui ?

— Je n'en ai plus vraiment le temps, et puis, maintenant ce sont les jeunes Natblidas qui y viennent.

— Clarke n'est jamais venue ici ?

— Non…

— Tu lui monteras quand elle reviendra.

En lui disant cela je lui souris et m'approche tout près d'elle. Elle se retourne pour me sourire à son tour. L'ambiance chaude et orangée de la pièce me fait la trouver extrêmement belle. Mon visage s'avance tout doucement vers le sien. Mais avant qu'il ne soit trop tard je me rends compte de ce que je suis en train de faire et je m'éloigne comme s'il ne s'était rien passé.

— On devrait aller nous coucher nous aussi, me dit Lexa sans relever non plus.

Je la suis et nous remontons.

Point de vue Lexa :

J'accompagne Eliza jusqu'à la chambre de Clarke, sa chambre maintenant. Lorsque nous arrivons devant la pièce, le grésillement du talkie-walkie, qui ne quitte pas sa ceinture, nous fait sursauter.

— C'est Alycia ! s'exclame mon invitée. On te reçoit Alycia !

Eliza ouvre la porte de la chambre et m'invite d'un geste à y pénétrer.

Salut Eliza. Euh, tu vas bien ?

La blonde s'assoit sur le lit, je reste debout devant elle.

— Oui, ça va, Lexa est avec moi.

Je me souviens que pour l'instant elle ne veut pas parler du problème de la Cité des Lumières à ses amies.

Oh, répond ma voix dans l'appareil radio, Anya et Indra sont bien rentrées ?

— Oui, il y a quelques temps déjà, leur voyage s'est bien passé. Elles nous ont dit que vous aviez croisé Lincoln sur la route et qu'il allait rester avec vous. Je suis rassurée…

Oui, moi aussi… Même si j'ai un peu peur de ce qu'il peut se passer avec Marie et Lindsey...

— Lindsey ?

C'est un peu compliqué entre elle et Marie en ce moment, alors avec la rencontre entre un sosie de Ricky et un sosie d'Octavia…

Alors il se passe quelque chose entre le sosie de Raven et le sosie d'Octavia ?L'idée me fait sourire intérieurement. J'écoute la suite attentivement.

— Ça peut faire des étincelles c'est sûr…

Et toi, enfin vous, ça va à Polis ?

En répondant Eliza redresse le menton et me regarde.

— Oui, maintenant qu'Anya et Indra sont rentrées on va pouvoir sortir Lexa et moi. Enfin je t'avoue que j'ai un peu peur de mettre les pieds dehors, ça ne m'a pas l'air de ressembler vraiment aux décors que l'on connaît.

— Je veillerais sur toi, je lui dis alors que son doigt est toujours appuyé sur le bouton.

Merci Lexa, répond Alycia à l'autre bout.

— C'est normal. Bon je vais vous laisser un peu d'intimité. Maintenant que je sais qu'aux Trihous tout se passe bien. Reshop Eliza, Alycia.

— Reshop.

Reshop.

Les deux me répondent en même temps dans ma langue maternelle. Cela me fait sourire et je peux quitter la chambre sereine.

Je regagne la mienne et me pose en tailleur sur le lit pour méditer avant de me coucher. Parfois j'ai l'impression que Titus a raison. Que nos problèmes se sont aggravés depuis que Clarke et les siens sont tombés du ciel. Mais d'un autre côté c'était aussi grâce à eux que nous avions réglé tous les problèmes créés par les Hommes de Mont Weather.

J'entre dans mon Palais mental à la recherche des Commandants. J'en questionne quelques-uns sur la possibilité d'un passage pour aller vers cette fameuse Cité des Lumières. Aucun ne semble savoir de quoi je veux parler. Aucun n'a pas non plus l'ombre d'une idée qui me guiderait pour savoir où chercher. Je m'apprête à retourner dans le monde réel quand une lumière aveuglante me surprend. Je sens mon souffle doubler de vitesse. Mon cœur palpite. Je cligne des yeux et la lumière diminue. Je vois une silhouette mince s'avancer vers moi. Plus elle avance plus la lumière s'efface. Mais mon souffle continue à accélérer et je me sens transpirer dans la réalité. La silhouette prend la forme d'une femme, ses cheveux sont d'un noir d'encre. Elle a un petit sourire. Elle ne porte pas la tenue des Commandants. Ses vêtements ressemblent à ceux des Skaikrus. Je n'ai vu que des dessins la représentant et pourtant je la reconnais immédiatement.

— Pramheda ? je réussi à balbutier.

Au moment où je prononce ce mot, mon esprit est comme grillé et je sors instantanément de ma méditation. Le retour brusque à la réalité me fait mal. Je sens mes paumes moites, mon souffle toujours aussi rapide, mon cœur qui fait vibrer le tissu de mes vêtements. Jamais je n'avais rencontré Pramheda. Aucun des anciens ne l'a jamais aperçu. Trop secouée pour réfléchir, je reprends petit à petit mon souffle en me concentrant sur ma respiration les yeux fermés. Mon rythme cardiaque redevient à peu près normal, j'essuie mes mains sur mes cuisses. Je rouvre les yeux, apaisée.

— La prochaine fois, je viendrai à ta rencontre Bekka Pramheda.

Point de vue Alycia :

A l'autre bout des ondes j'entends une porte se refermer. Je sais que je suis seule avec Eliza. Je me suis assise sur une passerelle entre deux arbres, mes pieds pendent dans le vide. Il fait nuit alors je n'ai pas le vertige.

— Tu es sûre que ça va aller demain Eliza ?

Si Lexa reste avec moi ça ira… Peut-être que je pourrais la voir s'entraîner !

— Hahah on dirait une fan…

Hé, j'ai toujours été fan de Lexa ! Je le serais encore plus après sa mort… Enfin, tu as compris, ton départ dans notre réalité à nous…

— Si on y retourne…

Un silence se fait, seules les ondes radios crépitent dans la nuit.

Alycia ?

— Oui ?

Tu crois que quelqu'un a remarqué notre absence ?

— Je ne sais pas Eliza… Je me demande même si le temps n'est pas différent ici.

Comment ça ?

— On a eu une discussion plus tôt, sur une théorie à propos de plusieurs univers. Tu sais que la montre de Lindsey ne fonctionne plus ?

Oui.

— Peut-être que la tempête, ou autre chose, nous aurait transporté ici. Avec Lincoln, et les filles, on aimerait tenter de trouver la cause. Peut-être qu'ainsi on trouvera comment retourner chez nous.

Ça me paraît une bonne idée !

— Puis on n'a pas grand-chose d'autre à faire ici…

Je l'entends rire à l'autre bout. Un nouveau silence.

— Tu me manques, je dis presque en chuchotant.

Toi aussi Alycia…

— Oui mais toi tu as Lexa…

Justement, c'est encore pire. Elle me rappelle à toi, sauf que ce n'est pas toi. Et c'est toi que j'ai envie de serrer dans mes bras et d'embrasser…

— Oh…

Je me sens rougir.

— Moi aussi j'aimerais beaucoup Eliza… Ce baiser…

Était trop peu…

Un feu naît en moi. J'essaye de le calmer.

J'ai l'impression qu'on a perdu du temps inutilement, reprend Eliza, sur le bateau on aurait pu en profiter !

— Ahah oui c'est vrai ! Mais ne t'en fais pas, on en profitera quand on rentrera !

J'espère qu'on se retrouvera avant quand même !

Nous rions toutes les deux.

— Je vais aller rejoindre les autres, j'annonce après un temps. Pour leur dire qu'Anya et Indra sont bien rentrées et que tu vas bien.

D'accord, bien sûr.

— Oh, avant que j'oublie, vous avez eu des nouvelles de Clarke ?

Lexa oui, apparemment elle est bien rentrée. Mais je n'en sais pas plus.

— D'accord, merci. Bonne nuit Eliza.

Bonne nuit Alycia.

Je lâche le bouton puis j'embrasse le talkie du bout des lèvres. Je m'imagine Eliza faire la même chose puis je me redresse pour retrouver mes amies.

Lorsque j'arrive dans la cuisine il n'y a personne. Bon. Tout le monde a dû aller se coucher, sûrement pour éviter des tentions inutiles. Ça commence bien…

Je prends la direction de la chambre où j'ai dormi la veille avec Indra. Je suppose que Lindsey est retournée dans celle qu'elle a partagé avec Anya et que Marie est dans la chambre d'enfant. Mais Lincoln… Enfin, je suis sûre qu'il peut s'endormir n'importe où.

Je me change en prenant soin de ne pas tirer sur ma cicatrice et je m'allonge sous les draps. Je laisse la flamme de ma torche allumée. Je ne suis pas habituée au noir complet et ça me terrifie. Avec Indra j'étais rassurée, mais maintenant que je me retrouve seule sur cet arbre, c'est une autre histoire. J'aimerais tant qu'Eliza soit avec nous pour partager ces moments si étranges. Et qu'elle soit à mes côtés pour me rassurer et me dorloter.

Je tourne et retourne dans le lit mais impossible de m'endormir. En râlant je me redresse et attrape ma lanterne. Je sors de la chambre. Dommage, je n'ai pas de téléphone portable pour demander à mes amies si elles dorment. J'hésite un instant pour finalement y aller. J'emprunte l'échelle cloutée au plus gros des troncs et j'atteins le sol. A peine le pied à terre qu'un des deux gardes s'approche de moi.

— Un problème ?

Je sursaute mais il a l'air amical.

— Euh, non, j'ai juste du mal à dormir…

— D'accord.

Nous nous regardons tous les deux sans savoir que dire ni que faire. Ses yeux bruns me fixent.

— Moi aussi j'aurais du mal à dormir en haut de ces arbres, finit par dire le guerrier en levant sa torche pour éclairer le tronc. J'ai du mal à concevoir que nos ancêtres y vivaient…

— C'était pourtant une bonne idée, il doit y avoir beaucoup de bêtes sauvages dans ces bois.

Je dis cela en repensant au gorille géant.

— Oui, c'est comme ça que j'ai fini par bien vouloir y croire. Si nous n'étions pas montés aux arbres nous serions morts. Mourir mangé par un léopard, après avoir survécu à Praimfaya, ça aurait été dommage !

En me disant cela le garde sourit. Moi qui l'avais pris, lui est ses compagnons, pour une brute, c'est en fait un être doué de sensibilité et d'humour. Je lui souris à mon tour.

— Et puis si je crois à votre histoire, il reprend, je peux croire mes ancêtres. Ah, ça me paraît étrange de pouvoir parler ainsi avec une personne qui porte le visage de Heda.

— Je te rassure, ça me semble étrange aussi la façon dont on me regarde…

— Tu penses que votre arrivée ici est un signe des Commandants ?

— Comment ça ?

— Hé bien, peut-être qu'ils t'ont envoyée ici dans un but précis.

— C'est un peu ce qu'on se demandait avec mes amis. Enfin on n'avait pas pensé à un vœux des Commandants, mais que peut-être il y avait une raison précise de notre venue dans ce monde. Du coup on veut essayer de comprendre.

— Ainsi si vous achevez la tâche qui vous a été assigné, vous pourrez retourner d'où vous venez.

— C'est un peu ça l'idée !

— Je suis sûre que vous allez trouver. Et puis si vous avez besoin d'aide, n'hésitez pas.

— Merci beaucoup.

Avant qu'un silence gênant ne s'installe je lui fais savoir que je vais remonter pour essayer de me reposer un peu. Nous nous saluons et finalement cette discussion m'a rassurée et m'aide à avoir l'esprit plus libre pour m'endormir.

Point de vue Marie :

Je suis étendue sur le lit pour enfant sur lequel j'avais peu dormi la veille quand on frappe à la porte.

— Oui ? je dis en me redressant.

Sans s'annoncer, Lincoln entre.

— Pardon, il dit visiblement confus de me trouver là, je ne savais pas trop où dormir et comme c'est dans cette pièce que vous m'aviez mis la nuit dernière j'ai pensé que…

— Oh il n'y a pas d'autre chambre…

— Je peux aller demander aux gardes.

— Je peux te laisser le lit si tu veux.

Nous avions lancé nos propositions en même temps, nous faisant rire mutuellement.

— Non c'est bon, je dis, tu peux dormir là, je vais aller dormir avec une de mes amies, ça ira.

— Tu es sûre ?

— Enfin, si tu tiens dans ce lit ?

Je me lève pour le lui désigner. Joueur il s'approche et s'allonge.

— Ce n'était peut-être pas une chambre d'enfant finalement, dit Lincoln en constant que ses pieds ne dépassent pas du sommier.

Je ris. Nous nous calmons. Un silence gênant débute.

— Bon, je vais te laisser dormir alors, tu dois encore avoir mal au crâne en plus…

Et moi aussi par la même occasion, à cause de cette drogue que Lindsey m'a fait prendre.

— Oh ça va mieux, il dit en s'essayant sur le lit, mais tu as raison, il vaut mieux être raisonnable. Juste, avant de partir, tu veux bien venir t'asseoir à mes côtés quelques instants ?

Pendant un quart de secondes je pense à lui demander pourquoi. Mais je ne le fais pas et vais m'asseoir avec lui. Sans m'approcher trop, nos corps ne se touchent pas. Je sens son regard sur moi alors je tourne mon visage. Ses yeux chocolats me pénètrent. Il est beau. Dans sa tenue de guerrier il me plaît beaucoup. Il ressemble plus à Ricky que je ne dois ressembler à Octavia et je me demande ce qu'il a dans la tête en me dévisageant. Sans que je n'oppose aucune résistance, il lève sa main pour venir caresser ma joue. Son geste me rappelle celui qu'il avait fait lorsque nous avions discuté au sol un peu plus tôt dans la journée. Mais quand cet après-midi j'avais senti un rapprochement de nos corps, ici il laisse tomber sa main et marque un léger éloignement.

— Tu n'es pas elle je le sais, mais tu es aussi belle… Et tu m'as l'air d'avoir une partie de sa forte personnalité…

Je ne sais quoi lui répondre. Comment ? Comment agir dans ce genre de situation que personne n'a vécu avant nous ? Un silence inévitable s'installe. Je pose ma main sur le matelas et je regarde devant moi. Nos respirations se mettent à se suivre. Je sens sa paume chaude se poser par dessus mes doigts. Je profite de la sensation un instant avant de me lever.

— Je vais te laisser dormir Lincoln…

— Oui…

— Bonne nuit.

— Toi aussi. Merci pour la chambre.

— Merci de veiller sur nous.

Il me sourit et je sors.

Maintenant je dois choisir. A quelle porte vais-je frapper ? La chambre où dort Lindsey ou la chambre où dort Alycia ? Alycia, c'est plus sûr. Je me dirige vers l'arbre sur lequel est construit sa cabane et je frappe à la porte. J'attends. Aucune réponse. Je retente et m'annonce mais toujours rien. Bon, elle doit dormir à poings fermés. Ne me reste qu'une solution…

— Oui ? dit une petite voix alors que je viens de finir de frapper.

— C'est Marie…

— Entre, entre.

Je bouge la poignée et ouvre la porte. Lindsey est sous les draps, dans le fin pyjama, semblable au mien que j'ai actuellement sous le bras, que Lexa nous avait fourni. Elle s'est assise, le draps coincé sous les bras. Ses épaules son presque nues, seule une brettelle de tissu les recouvre. Un frisson me traverse l'échine.

— Euh, je dis en me raclant la gorge, j'ai laissé la petite chambre à Lincoln parce qu'il ne savait pas où dormir et Alycia ne répond pas. Enfin, je ne veux pas que tu le prennes mal parce que je suis allée voir Alycia avant mais…

Elle me coupe en secouant la tête :

— Non, non, ne t'en fais pas. Viens te coucher, il est déjà tard.

— Merci…

Je décoince mon pyjama de sous mon bras et d'un coup je ne sais plus trop quoi faire. Lindsey le remarque et m'indique qu'elle va retourner sous la couette, qu'ainsi je peux me changer tranquillement. Je mets quand même un peu de temps et un peu de gêne dans mes mouvements. Alors que nous avons déjà dormi en petites tenues ensemble, alors que nous avons déjà partagé un lit. Mais depuis ce qu'il avait failli se passer… Je réfléchis trop et je me suis promis d'arrêter de me prendre la tête ! Surtout que Lindsey est déjà paisiblement en train de s'endormir. Je la rejoins sous les draps. Nous ne cherchons même pas à communiquer. Je sens qu'elle est déjà partie. Je me tourne de façon à lui montrer mon dos et j'essaie de trouver le sommeil.

Point de vue Lindsey :

Je me réveille en même temps que le levé du jour. Mais je suis encore fatiguée. Je grogne doucement encore dans les vapes et me retourne pour enlacer la personne qui se trouve à mes côtés. J'enfouis mon nez dans sa nuque et je me sens repartir dans le sommeil. Sauf qu'un coup de stress évacue toute possibilité de me rendormir. Qu'est-ce que je viens de faire putain ? Je viens de me rendre compte que je suis en train d'enlacer Marie qui est venue se coucher avec moi la veille au soir. Maintenant je n'ose plus bouger. Si je me retire et qu'elle m'a sentie elle va comprendre que je n'ai pas fait exprès. Et je ne veux pas qu'elle croit que je fais ce geste machinalement. Et puis… je suis bien dans cette position. Et il y a quand même une chance sur deux pour qu'elle dorme. Et… Et ça me rappelle Alycia et Eliza lorsque nous dormions encore à Polis…

Je n'ai plus le temps de penser car voilà que Marie se met à bouger. Je panique. Est-ce que je retire mon bras, ou au moins est-ce que je me recule ? Encore une fois je n'ai pas le temps, Marie se retourne en baillant et son nez se colle au mien. Elle garde les yeux fermés pendant un quart de seconde avant de les ouvrir. Nos pupilles se rencontrent, les siennes ne sont pas du tout surprises. Je ne saurais dire si elles traduisent une présence réelle de son esprit. Marie semble ailleurs. Ses yeux se referment et sans que je ne comprenne comment, sa bouche se colle à la mienne. Puis elle se décolle et descend pour embrasser son menton. Enfin, Marie arrête ses baisers et enfouit son visage contre mon torse. J'ai toujours un bras autour de son corps et je suis paralysée. Elle vient de m'embrasser ?! La rythme de sa respiration ralentit, son souffle devient plus fort, je comprends qu'elle vient de se rendormir. S'en souviendra-t-elle seulement quand elle se réveillera réellement ? J'espère bien, mais j'ai peur qu'encore une fois elle fuit toute discussion…

— Marie… je ne peux m'empêcher de chuchoter, Marie…

Je dépose un baiser sur ses cheveux et j'enfouis mon nez dedans. Sans m'en apercevoir, je retombe moi aussi dans le sommeil.


Alors alors ? Lindsey, Marie, Lincoln ? Quel bordel ça va encore créer tout ça ? Et une ambiguïté entre Eliza et Lexa peut-elle naître ?

Je ne sais pas si vous aurez ses réponses tout de suite. En effet, je (Cinevorous) pars en vacances samedi et je ne sais donc pas si j'aurais le temps d'écrire et de poster. Nous n'avons plus de chapitres d'avance… Donc je ne sais pas quand on se revoit (enfin déjà on se retrouve vendredi pour ceux qui lisent Les Filles de Sappho), sinon, je vous souhaite un bel été ! Et promis cette fiction ne s'arrêtera pas là, la suite arrive avec plein de belles idées !