Hey hey ! Finalement j'ai eu le temps de boucler ce chapitre ! Par contre je ne garantis vraiment pas le fait qu'il y en aura un mardi suivant… Bref, bref, je vous laisse le découvrir !


Point de vue Eliza :

Je me réveille tôt le lendemain, surprise par une angoisse inconnue. Il fait déjà jour, aucun moyen ici de savoir l'heure qu'il est. Je suppose que je vais m'y habituer. Je me rafraîchis avant de m'habiller et de sortir prudemment de la chambre. J'espère que par un heureux hasard je vais croiser Lexa. Sinon je ne vois pas trop où je pourrais aller. Je ne sais même pas comment me nourrir seule ici, jusque là la nourriture venait de la part de Heda… Finalement je me retrouve devant la porte de la chambre de Lexa. J'hésite longuement à frapper. Et si je la réveille ? Mais sera-t-elle énervée d'être réveillé par mon visage ? Allez, je toque. Au moment où mon poing va pour frapper, la porte s'éloigne. Mon cerveau qui met un temps à comprendre l'information me fait avoir un léger vertige avant de constater que Lexa ouvre et se retrouve nez à nez avec moi.

— Eliza ? elle me demande avec un grand sourire.

— Euh, je, j'étais réveillée, et je ne savais pas trop où aller alors…

— Je vais m'entraîner, tu veux te joindre à moi ?

La demande me surprend, Clarke assistait-elle à ces entraînements ? J'accepte l'invitation.

C'est la première fois que je déambule dans les rues de Polis depuis notre arrivée. L'odeur qui s'en dégage est un mélange plus corsé que celle que l'on sent de la chambre et complètement différente de celle des plateaux de tournage. Les fumés proviennent principalement des stands devant lesquels nous passons : épices, fruits, viandes et poissons séchés font gargouiller mon ventre. Cuirs, cuivres et produits de beautés, un vrai marché regorgeant de trésors éclot sous mes yeux. D'un coup la vie ici me paraît plus belle que celle chez moi. Mais je sors bien vite de ma rêverie en constatant les regards méfiants qui se posent sur moi. Lorsqu'ils croisent le regard de leur Heda ils s'adoucissent un peu mais je sais que leur cœur restent aigres. Je m'approche de Lexa pour tenter de me dissimuler le pus possible.

— Ne t'inquiète pas ils ne te feront rien. Ils savent ce qu'ils risquent.

— J'espère…

Nous nous éloignons du centre pour arriver en périphérie où la végétation se fait plus présente et enfin nous aboutissons dans une sorte de clairière que je n'ai jamais vue mais qui je sais est connue d'Alycia. Aden est là, en train de manier son épée sûrement mieux que son interprète de la série. Ils nous aperçoit et s'arrête pour nous saluer d'une courbette.

— Heda, Wanheda…

— Bonjour Aden, je réponds timidement.

— Tu es venue assisté à notre entraînement ?

— Lexa m'a invitée, on ne peut rien refuser à Heda tu sais bien !

— Hé ! répond Lexa faussement vexée.

Aden se marre doucement avant de reprendre son sérieux. Lexa l'imite et s'approche de lui pour dégainer son arme. Sans échauffement, sans préliminaires, ils commencent à combattre comme si cela est aussi simple que de respirer. Je suis impressionnée. Alycia ne se bat pas aussi bien, c'est certain. On lui a seulement appris quelques gestes basiques et ceux utiles au tournage. Puis elle a une doublure pour la plupart des combats. Voir Lexa se battre avec autant de justesse me fascine. Le jeune garçon a beaucoup de mérite aussi. Cette image me fait imaginer Lexa plus jeune combattant avec autant d'ardeur et de précision. Elle n'avait pas dû avoir une enfance facile… La cheffe native prend le dessus et plaque Aden contre le tronc d'un arbre. Immobilisé et il est obligé de déclarer forfait.

— Tiens, dit Lexa en se détachant du garçon, on va s'amuser un peu.

Aden est intrigué, moi aussi.

— Je peux ? demande Lexa en désignant l'épée de son adversaire.

Il la lui tend sans question. Lexa s'approche de moi et me donne l'arme, je l'attrape sans comprendre.

— On va se battre toi et moi, elle me dit, voyons voir ce que tu as appris.

— Mais euh…

Lexa tire sur ma manche pour m'approcher d'elle et me chuchoter à l'oreille :

— Je sais que tu as seulement faussement appris à te battre, mais tu as forcément vu le combat de Lexa contre Roan, et tu viens juste de nous observer, alors je suis curieuse de voir ce que tu en as retiré.

Elle se décolle et me lance un air de défi. Face à Aden qui nous observe je ne peux reculer et je me prends au jeu. Nous nous mettons en garde mais déjà je sens que ma technique est mauvaise. Heureusement que le ridicule ne tue pas et qu'Aden a encore trop de respect pour Clarke…

Sans prévenir Lexa attaque et me surprend. J'essaie de ne pas me laisser avoir car je vois bien qu'elle ne donne pas toute sa puissance ou toute sa ruse. Miraculeusement j'arrive à parer le coup suivant. Le bruit des métaux qui s'entrechoquent me fait vibrer les tympans. Mon bras en est également tout engourdit. Et puis l'épée est lourde. Pourtant elle appartient à un adolescent…

J'essaie de m'en sortir du mieux que je peux, n'attaquant pas beaucoup et fuyant plus qu'autre chose. Je recule, recule et Lexa prend évidemment le dessus. J'arrive parfois à l'effleurer mais ce n'est pas grand-chose. Heureusement qu'Anya ne nous avait pas attaquées lorsqu'elle était tombée sur nous, auquel cas nous serions toutes mortes en moins de cinq minutes.

Un coup un peu plus puissant de mon adversaire me fait perdre l'équilibre et je me retrouve au sol sans m'en rendre vraiment compte. Allongée de tout mon long sur le dos, Lexa se penche vers moi et pose la pointe de son arme à l'emplacement exacte de mon cœur.

— Il y a encore un peu de travail à fournir Clarke.

C'est la première fois qu'elle m'appelle ainsi, directement. Cela me paraît étrange. Pendant un court instant nos yeux se croisent. Ce vert me transperce et mes pieds me piquent. Son sourire est si beau. Ses lèvres me rappellent le baiser partagé avec Alycia… Elle range son épée et me tend une main pour m'aider à me remettre sur pieds. Je l'attrape et bien vite je suis redressée. Je me frotte les fesses pour en retirer l'herbe. Je ramasse mon épée pour venir la rendre à Aden.

— Ce n'était pas si mal Clarke, me dit le garçon.

— Oh, merci, je devrais venir m'entraîner plus souvent alors.

— Je peux t'enseigner deux ou trois trucs si tu le souhaites !

— Je vais réfléchir à la proposition, merci Aden, mais pour aujourd'hui j'ai eu ma dose, je crois que je vais me contenter de vous observer.

Lexa me sourit et je vais m'asseoir sur un muret non loin de là. Ils reprennent le combat.

— Ces entraînements me manquent...

C'est Anya qui me sort de ma contemplation en venant s'asseoir à mes côtés.

— C'est vrai, je réponds, c'est toi qui a entraîné Lexa à devenir une future Commandante.

— Hé oui, il y a quelques temps c'est elle qui était à la place d'Aden.

Elle sourit avec un emprunt de nostalgie.

— Pourquoi ce n'est pas son prédécesseur qui l'entraînait ?

— Il avait un autre chouchou. Mais c'est ma chouchoute qui a gagné !

Elle rit doucement toujours en les observant se battre. Anya fait allusion au Conclave, donc à la mort de tous les concurrents de Lexa par la main de cette dernière, en riant. Quelques minutes plus tôt j'avais pensé pouvoir être plus heureuse ici, ce ne serait peut-être pas le cas. Ces gens acceptent sans broncher de répondre à un leader meurtrier… Me reviennent en mémoire les jeunes Natblida, Aden compris, qu'Ontari massacre dans la série. Sans sourciller. J'essaie de ne pas trop y penser, Alycia m'a dit hier qu'elles étaient sur des pistes pour retourner chez nous. Il faut que je me focalise là dessus et sur faire en sorte que Titus ne soit réellement plus un danger. Ah, mais il y a cette histoire de Cité des Lumières à régler aussi…

Lexa semble donner un coup final et les deux adversaires se saluent.

— C'était un bon entraînement Aden. Avant de retourner vaquer à tes occupations, tu veux bien demander à Indra de me rejoindre ici ?

— Oui Heda.

— Merci.

Elle sourit abondamment au petit blond qui part en courant vers la ville. Presque comme s'il était au courant, Titus le croise, se retourne aussi en souriant en regardant le garçon partir, et s'approche de nous.

— Heya Heda.

— Heya.

Puis il se tourne vers Anya et moi pour nous saluer, il me semble moins hostile que d'habitude. Le Fleimkepa et sa protégée nous rejoignent.

— Nous allons attendre Indra, annonce Lexa, mais je voulais réunir toutes les personnes au courant pour que nous avancions à propos de la Cité des Lumières.

Mon ventre se met à gargouiller. Tout le monde s'en rend compte, je tente de me faire toute petite.

— Vous mangez peut-être plus que nous chez vous Eliza, rit Lexa, attends…

Elle se retourne et se dirige vers un arbre que je n'avais pas encore remarqué. Il est rempli de poires oranges foncées. Les mêmes que nous avions mangées lorsque nous étions arrivées ici… Lexa m'en cueille une et me la rapporte. J'en salive rien que d'y penser. Je les savais bonnes et elles me ramènent à un souvenir d'étanchement d'une soif passée. Je suis un peu gênée d'être la seule à manger, mais personne, pas même Titus, ne semble me juger. Je croque dans le fruit presque défendu dont le liquide sucré coule dans ma gorge, et aussi un peu sur mon menton. Je retrouve cette sensation de fraîcheur et de bien-être. Rien à voir avec les fruits insipides que j'ai eu l'habitude de manger toute ma vie.

Le temps de finir mon festin qu'Indra arrive. Timing toujours parfait, un peu comme dans les séries… Je n'ai pas le temps de me lancer dans cette réflexion que Lexa commence déjà. Je m'essuies maladroitement le menton et mes mains sur mon pantalon.

— Hier soir j'ai aperçu Bekka Pramheda dans ma méditation, elle nous dit sous le regard choqué de Titus, c'est la première fois que ça arrive. Mais je n'ai pas pu lui parler. Je vais ré essayer jusqu'à y parvenir. Peut-être qu'elle saura m'indiquer le chemin vers la Cité des Lumières où les Skaikrus se retrouvent prisonniers.

— Une fois que ce sera possible, je me risque à prendre la parole, il faudra que l'on contacte Clarke. Il n'y a qu'avec l'aide de Raven qu'on pourra éteindre la Cité.

— Mais avant il faut sauver Raven, dit Anya.

— On ne peut pas perdre une seule seconde, intervient Titus, pendant que Heda tente de joindre Bekka Pramheda, il faut que vous contactiez Clarke pour lui expliquer la situation. On ne sait pas si ce sera facile d'atteindre Raven. Eliza ?

— Oui ?

— Tu nous as bien expliqué qu'elle était sous l'emprise d'une sorte d'intelligence personnifiée ?

— Oui c'est bien cela.

— Elle pourrait nous poser problème donc ?

— Tout à fait.

— Alors pendant que Clarke atteint Raven, Lexa atteint Pramheda.

— Et nous, qu'est-ce qu'on fait ? demande Anya.

— Il faudrait qu'Eliza soit sur place avec Clarke puisqu'elle sait comment agir avec Raven, mais avec son visage ce n'est pas possible…

Il ferme les yeux pour réfléchir.

— J'ai peut-être une idée, dit Anya.

— Je t'écoute.

— Eliza peut me raconter en détails tous les évènements probables importants, tous les détails que je ne connais pas encore. Avec les informations nécessaires en mains, je pourrais me rendre à Arkadia pour aider Clarke. Et puis de toute façon nous pouvons toujours communiquer via radio.

— Ils ne t'accepteront jamais avec le blocus, interrompt Indra.

— Je peux m'arrange pour dire que je l'envoie en surveillance, répond Lexa, mais ça te mettra en danger Anya.

— Je suis sûre que Clarke saura me protéger et trouver des alliés.

— J'en suis sûre aussi, je réponds.

Forcément que Monty, Harper, Abby et quelques autres vont les aider à sauver Raven et à protéger Anya. S'ils n'ont pas pris la Clef…

— Ça me semble bien, répond Lexa. Eliza tu vas passer le plus de temps possible avec Anya pour tout lui raconter. Ensuite Anya tu pars rejoindre Clarke, je lui expliquerais notre plan avant ton départ. Pendant ce temps je trouve un moyen de pénétrer dans la Cité sans moi-même avaler cette pastille. Indra tu es encore en convalescence, tu restes ici pour veiller sur Eliza. Titus, tu veux bien garder un œil sur Murphy ?

— Pourquoi ?

— Il est au courant pour la pastille, mieux vaut éviter qu'il s'échappe et qu'il fasse n'importe quoi.

— Il faudrait trouver Emori alors.

Tout le monde me regarde sans comprendre.

— C'est… la femme qu'il aime. Quand Titus a capturé Murphy ils venaient d'être séparés, il va forcément cherché à la retrouver.

— Je me charge d'Emori, dit Titus, si tu me la décrits.

— Euh… C'est une nomade…

Titus paraît outré.

— Tu veux dire qu'elle a une mutation ?

— Oui… A la main, elle la dissimule.

— Elle aurait dû rester dans le désert…

— Titus ! s'énerve Lexa.

— Il faut la retrouver avant qu'elle avale la Clef, je réponds me souvenant soudain qu'elle l'avale dans la série pour oublier ses peines.

— Bien, donc, Titus, tu surveilles Murphy et tu fais chercher cette fille. Tout le monde a bien saisi sa mission ?

Nous hochons tous la tête. Lexa semble satisfaite.

Point de vue Marie :

Je me sens émerger petit à petit. Mes yeux sont toujours fermés. Les secondes arrivent à ma conscience et défilent. Elles s'accumulent et je me souviens. Je suis allée frapper à la chambre de Lindsey. Je me suis couchée sous les draps avec elle. Je me suis endormie. Je me suis réveillée. Elle a passé son bras sur ma taille. Je me suis retournée. Je l'ai embrassée. Je me suis rendormie. Maintenant je me réveille et je me souviens. Si je l'ai embrassée dans un demi sommeil c'est que mon subconscient le voulait. Et je ne sais pas si elle s'en souvient, elle. Je n'ose plus ouvrir les yeux. J'essaye de deviner sa position. Ah, je sens son souffle, elle est toute proche. Si elle s'est rendormie, elle n'a probablement pas bougé. Donc nous sommes toujours face à face dans le lit, ma tête posée non loin de sa poitrine ? Non, je respire correctement, j'ai dû me redresser. Alors si j'ouvre le yeux il y a une chance sur deux pour que je tombe dans son regard. Je me lance. 1… 2… 3.

Ses yeux chocolats, les mêmes que ceux de Ricky, de Lincoln, me fixent, grands ouverts. Nous nous toisons un instant sans bouger, sans oser faire le moindre mouvement. C'est à peine si je remarque ces cils et les miens battre. Pour ne pas penser je me concentre sur les sons. D'abord les oiseaux qui sifflent au loin, des mélodies que je ne connais pas. Puis le bruissement du vent dans les feuilles. Plus proche de moi il y a des grincements de bois. Enfin nos respirations et mon cœur qui s'agitent. Je suis toujours fixée dans ses yeux mais j'aperçois ses lèvres se dessouder. Le geste, infime, me rend dingue. L'envie de posséder cette bouche qui s'offre maintenant à moi. C'est un déclic, son ouverture et ma réalisation nous font avancer l'une vers l'autre. Ma bouche imite celle en face de moi et je ferme mes canaux nasal pour profiter d'un petit filet d'air qui caresse le fond de mon palet lorsque j'inspire.

Je sens le bout de ma lèvre supérieure entrer en contact avec celle de Lindsey. Je ferme les yeux. Nos lèvres inférieures se soudent à leur tour. Nos filets d'air se mélangent. Nous restons un instant sans plus oser aller plus loin. Il est encore temps de reculer, nous le savons. Une force venue des tréfonds de mes entrailles s'empare de moi pour m'aider à pousser ma langue afin qu'elle caresse doucement la parcelle de lèvre inférieure étrangère qui n'est pas en contact avec la mienne. Sa réaction est immédiate. Sa langue rencontre la mienne à mi parcours et elles se découvrent lentement, doucement, encore un peu pâteuses du sommeil. Mais la sensation n'est pas désagréable. Elles se font saliver toutes les deux et bientôt je ne distingue plus ses papilles en reliefs, ni les marques de ses dents provoquées par une bouche fermée trop longtemps. Un doux filet entour nos langues qui s'enlacent et s'apprécient. Parfois elles se détachent pour laisser de nouveau à nos lèvres le loisir de se rencontrer. Quelques pressions des incisives se font sentir, des sucions de morceaux de bouche.

Il est temps à nos mains de se désengourdir. Je pose ma paume à la limite entre son cou et sa mâchoire pour apprécier la chaleur de son corps à cet endroit. Lindsey glisse ses doigts dans mes cheveux pour caresser mon cuire chevelu. Deux gestes de possession. Viennent les jambes qui se réveillent et s'entrecroisent sous les draps. Puis nos bassins qui se rapprochent et se réchauffent.

Le baiser dure, nous respirons tantôt par le nez, tantôt par la bouche en avalant au passage le dioxyde de carbone que l'autre rejette. Au bord de l'asphyxie, l'échange nous drogue.

La main de mon amie passe de ma tête à mon épaule, puis de mon épaule au début de ma cage thoracique, elle descend encore… Je reviens à la réalité.

— Stop… je chuchote en attrapant sa main avant que nous allions trop loin.

Lindsey passe sa langue de ma lèvre inférieure à ma lèvre supérieure et se recule. Nos pupilles sont surprises de se revoir si dilatées.

— Pardon, elle s'excuse.

— Non, non, je réponds en enroulant mes doigts avec les siens et en déposant un baiser sur son front. On devrait se lever.

— Oui…

Nous nous séparons, je pense à regret, et descendons du lit un peu groggy. Je ne sais pas du tout quoi penser de la scène qui vient de se jouer. J'ai l'impression d'être dans une autre réalité depuis que nous avons quitté notre monde. Est-ce que ce baiser compte vraiment finalement s'il a été échangé ici ? Et pourtant, j'ai bien constaté que ses sensations étaient réelles et si fortes, mes jambes en tremblent…

Point de vue Lindsey :

J'ai du mal à ma lever du lit. Je ne comprends rien à ce qui vient d'arriver. Ce baiser, puis ce refus. Elle avait eu raison de m'arrêter, mais… Je secoue la tête et nous nous regardons un peu bêtes. Marie jette un œil vers ses vêtements. D'un coup nous devenons pudiques.

— Je vais prendre une douche, je lui dis.

Elle comprend mon intention et je sors avec des vêtements propres. La douche. Un concept compliqué dans ces maisons. Dans un arbre se trouvant entre nos arbres et ceux où résident les gardes, est construit une sorte de cabane en bois, dans le genre toilettes au fond du jardin, équipée pour se doucher et pour faire ses besoins. Deux en un. Peu ragoutant mais extrêmement bien entretenu par note bonne volonté, donc tout à fait acceptable. L'eau utilisée pour se laver est retenue dans un bac qui récupère l'eau de pluie, ou qui est rempli avec de l'eau de source s'il n'a pas plu assez, et par un système de tuyaux et de pression, grâce à une manivelle, elle vous tombe sur la tête. Sans passer par la case chauffage évidemment. Mais on se fait vite à l'eau froide. Et puis au moins ça me permet d'éviter de trop réfléchir. Je rince doucement la plaie sur mon poignet. Elle n'est pas très profonde, elle commence déjà à s'estomper. Je la caresse du bout du pouce. Elle est réelle. Les sensations sont encore sensibles à cet endroit. Tout ceci est la réalité. Je déglutis difficilement.

Je me sèche et m'habille avant de retourner dans la chambre, toujours en évitant de penser. Lorsque j'arrive, Marie est toujours là, elle s'est changée.

— Je prendrais une douche ce soir, elle me dit comme pour répondre à une question silencieuse.

— Pas de soucis. On va déjeuner ?

— Oui…

Elle me suit lorsque je sors. Sur la passerelle menant jusqu'à la salle à manger, elle tire sur le bas de mon t-shirt pour m'arrêter.

— Ce soir, dit Marie, je pourrais dormir avec toi ?

Je reste sans bouger. Qu'est-elle en train de me demander exactement ? Mais bien sûr qu'elle peut, je crois que je ne veux même que ça…

— Oui ! je réponds avant de me retourner vers elle avec un grand sourire.

Elle sourit également en guise de réponse et me passe devant en me narguant pour rejoindre l'arbre suivant.

Lorsque nous arrivons, Alycia est déjà là.

— Bonjour les filles.

— Matinale Alycia, je fais remarquer.

— Ah parce que tu as une idée de l'heure qu'il est toi ?

Je regarde ma montre et souffle désespérée.

— Tout ce que vous avez besoin de savoir, c'est que c'est le moment de manger !

Nous nous retournons toutes les trois vers Lincoln qui pénètre dans la pièce. Nous le regardons mi amusées mi surprises.

— J'ai vécu sans connaître la notion d'heure jusqu'à l'arrivée d'Octavia et les siens. Ils y étaient très attachée mais même eux ont fini par s'en défaire. C'est simple, s'endormir quand on en ressent le besoin, se réveiller quand on n'a plus sommeil, manger quand on a faim. Et si on a des choses spéciales à faire, le corps fait très bien le travail tout seul. Il faut lui réapprendre à fonctionner dans la nature.

— Si tu savais comme on est bichonné d'où on vient Lincoln, je lui réponds, ça va nous prendre énormément de temps de nous adapter…

— Je suis sûr que vous saurez le faire !

Son sourire me réchauffe le cœur. Tout va bien. Le jeune homme se propose pour nous faire la cuisine. En farfouillant dans les vivre donnés par Lexa quelques idées de recettes lui ont traversées l'esprit.

Point de vue Lexa :

Après le déjeuner je m'accorde un moment seule dans ma chambre pour méditer. Eliza est avec Anya, elles ont déjà commencé leurs entretients. C'est à mon tour d'avancer dans cette histoire en partant à la recherche de Bekka Pramheda. Cette fois je me prépare aux sensations par lesquelles mon corps pourrait être envahies. Je m'assoie en tailleur dans mon lit, je cale mon dos entre quelques oreillers. Rien de blessant n'est à ma portée. Titus est au courant que je m'apprête à aller dans mon palais mental et il a pour ordre de me réveiller si je ne suis pas venue à lui avant le début de descente du soleil. Je caresse la cicatrice dans ma nuque puis je pose mes mains sur mes cuisses. Je prends une posture digne, le dos droit, le menton légèrement baissé vers la poitrine et je ferme les yeux. Je prends trois grandes inspirations et mon esprit quitte l'instant présent.

Je me retrouve dans ces paysages de nature qui n'existent nul part ailleurs. Maintenant que je sais que ce monde a été crée par Becca, je me demande si ce sont des paysages qu'elle a observés de son vivant ou s'ils sont le fruit de son imagination. J'observe autour de moi et me demande comment pouvoir la trouver. La fois dernière je n'avais pas cherché à la voire, c'est elle qui m'était apparue, mais après que j'ai questionné plusieurs Anciens. Elle sait que je la cherche. Je me retourne. Je tourne encore. Un éclat lumineux attire mon attention. Au loin, dans le creux de la montagne. Je ferme les yeux. Je pense à cette montagne. Je rouvre les yeux et je me trouve juste en dessous. L'éclat de lumière est toujours là. Je ferme encore les yeux. Je pense à l'éclat. Mais lorsque je les ouvre je n'ai pas bougé. Bon. Il va falloir que je grimpe par moi-même. Ni une ni deux, j'attrape une prise d'une main et commence mon ascension. La tâche est aisée. La gravité est moins pesante dans mon mental. Et la peur n'existe pas. J'arrive dans une corniche. Je jurerais que c'était d'ici que la lumière provenait. Mais maintenant que je suis devant, plus rien ne brille. Étrange. Je me retourne, les paysages n'ont pas changé.

Je décide de pénétrer dans la grotte qui se présente à moi.

N'y va pas.

La voix pénètre dans ma tête et me fait sursauter. C'est un des Anciens.

C'est interdit, chuchote un autre Ancien dans mon esprit.

Tu risques gros, ajoute encore un timbre différent.

C'est une farandole de voix que je connais qui viennent se bousculer à mes oreilles. Je les ignore. Il me faut avancer. Tout devient sombre, plus je pénètre dans les ténèbres plus les voix s'atténuent. Et d'un coup l'éclat brillant reprend, mais juste en face de moi. Je suis aveuglée, je cache mon visage avec mon bras. Je tente d'habituer mes pupilles à cette clarté en clignant plusieurs fois des yeux. Je distingue un brouillard qui m'entoure. Mon cœur commence à s'accélérer. Je sens que je touche au but. Je mets un pied devant l'autre, tout doucement. Je m'enfonce dans la brume épaisse. Pas à pas. Le silence est pesant. Mes jambes flagelles.

Et je la vois. La même silhouette que la dernière fois. Ces cheveux noirs. Bientôt je distingue son sourire. Elle avance vers moi. Sans m'en rendre compte je m'arrête. Mes jambes sont paralysées. Mon souffle est court. Je peux maintenant voir exactement les traits de son visage. Ils sont minces, anguleux. Elle est belle. Son regard est serein. Elle me tend la main.

— Lexa.

Sa voix me glace les sangs. Je tends la main pour atteindre ses doigts.

— Tu m'as enfin trouvée.

Je veux lui répondre mais ma langue ne bouge plus. Nos mains entrent en contact et je me sens m'envoler…


Le combat pour la Cité des Lumières se concrétise ! Que va-t-il se passer entre Lexa et Bekka ? Et puis, ça veut dire qu'on va revoir Clarke ? Anya va retrouver Raven ? Et Marie et Lindsey alors ? Et Alycia et Eliza ?! Oui je pose là plein de questions pour vous mettre l'eau à la bouche en attendant le prochain chapitre !