Bonjour ! On se retrouve aujourd'hui avec un chapitre comprenant pas mal d'actions et d'informations clefs pour la suite de l'histoire. Ça sent le roussit !

Enjooooy


Point de vue Eliza :

— Reste avec Lexa, me dit Anya, Lincoln et moi on va chercher Gaïa.

Gaïa n'est pas un personnage qui existe encore dans la saison que nous tournons, mais Jason en avait fait mention quand nous avions demandé si le rôle de Fleimkeepa serait remplacé après la mort du personnage de Neil. Gaïa donc, qui arriverait en début de saison, devait forcément exister dans cet univers. Heureusement oui. En espérant qu'elle soit aussi douée que Titus dans sa quête de serviteur. En attendant le trio, je tente encore quelques trucs pour tenter de réveiller Lexa.

— Hé bah, Linc ne t'a pas ratée, dis-je en constatant que sa joue est toujours un peu rouge.

Je presse mon doigt sur la joue sans trop d'espoir, aucune réaction. Elle a l'air paisible. C'est déjà ça, elle ne souffre sûrement pas. Mais peut-être que si… Je caresse sa joue rougie comme pour apaiser le feu.

— Il me reste une dernière chose à tenter…

Je m'humecte les lèvres avant de me pencher sur Lexa pour l'embrasser. Je ne suis pas Clarke, je ne suis pas sa princesse charmante, mais dans le doute. Je goûte à ses lèvres en prétendant qu'il s'agit de celles d'Alycia. Encore perturbée par mon rêve de la nuit, je ne m'y attarde pas trop et me redresse. Aucune réaction. Ni Blanche-Neige, ni la Belle au Bois Dormant…

— Ah, t'es plutôt du genre Reine des Neiges toi… Ou Mulan.

— Mulan ? demande Lincoln qui entre suivit des deux autres femmes.

— Euh non rien…

— Clarke ? intervient Gaïa en arrivant.

Enfin, je suppose que c'est elle. L'actrice n'ayant pas encore été choisie dans mon monde. Je suis soudain curieuse, est-ce que ce sera vraiment elle ? En tous cas elle est métisse, étant donné que c'est la fille d'Indra, c'est logique.

— On ne lui a pas expliqué, me répond Anya, après. Pour le moment occupons-nous de ramener Lexa.

— Lexa ne devait pas partir en territoire Azgeda ? demande Gaïa.

— On t'expliquera, dit Anya, c'est promis.

Gaïa a l'air méfiant mais elle pense d'abord à sa Heda. Elle s'accroupit devant elle et se met bien en face. Ses mains viennent se poser autour de son cou comme pour l'étrangler, mais ce n'est pas ce qu'elle fait. Elle pose ses indexes derrière sa nuque, au niveau de son tatouage infini. Elle essaye de simuler la puce ? En tous cas, quoi qu'elle fasse, cela n'a pas l'air de fonctionner.

— Ça fait longtemps qu'elle est dans cet état ? demande Gaïa.

— Quelques heures, je réponds.

— Ça lui ai déjà arrivé ?

— Deux fois, répond Anya.

— Bon, aidez-moi à l'allonger dans son lit.

Lincoln se porte volontaire, il prend doucement Lexa sous les aisselles et la soulève pendant que j'attrape les pieds de la Commandante. Nous la posons délicatement sur le lit. Aucune réaction de sa part. Gaïa soulève une paupière de Lexa pour examiner ses pupilles. Elles paraissent dilatées.

— Je ne sais pas quoi faire, dit Gaïa gênée, on ne m'a jamais parlé d'une chose pareille. On dirait que Lexa ne veut pas sortir de sa méditation, ou que quelque chose la retient.

— Il faut qu'on l'amène à Clarke, je propose, je suis sûre qu'à Arkadia on pourra faire quelque chose avec l'aide de Raven.

— A Clarke ? demande Gaïa. Mais ?

— Il est temps qu'on t'explique tout, dit Anya.

Point de vue Alycia :

Après nous être réveillé dans le village Trikru, nous avons assez vite salué Lio et avons repris notre longue route vers Azgeda. La fin d'après-midi arrive et mon ventre gargouille déjà.

— Moi aussi j'ai faim, dit Marie assise dans le chariot.

Sur mon cheval je me retourne et la regarde en souriant. Indra fouille dans un sac et en sort des fruits.

— Je les ai cueillis quand on s'est arrêté pour déjeuner.

— Indra, t'es la meilleure ! lance Marie en s'emparant d'un fruit.

La guerrière rougit, probablement qu'elle aussi est triste d'avoir perdu Octavia, et m'en jette un que j'attrape de justesse. Ma maladresse fait ricaner Titus. Murphy ose à peine en demander un mais Indra lui donne avec plaisir.

— Vous les Skaikru ne savez pas vivre dans la faim, dit Titus en souriant.

— Techniquement on n'est pas vraiment des Skaikru, je réponds.

— Pour moi vous êtes un peu de la même époque.

— Il n'a pas tort, dit Marie, on a grandit dans le même environnement technologique, sans connaître ni la faim ni le froid.

— La faim on l'a connu sur l'Arche, répond Murphy, mais bon, Indra a proposé des fruits alors…

— Ne te justifie pas Murphy, lui dit Indra, Titus vous taquine. Il est moins sévère qu'il en a l'air.

— Je ne suis pas sévère, je suis protecteur de Heda et de mon peuple.

Selon le scénario c'est aussi ça, Titus ne tue Lexa qu'uniquement parce que je dois quitter la série. Mais ici, Lexa n'a pas d'empêchement. Elle n'a peut-être jamais été en danger. Ce qui voudrait dire que c'est bel et bien le chagrin de Bellamy et Lincoln qui nous aurait mené ici.

La route me paraît interminable et ce ne sont pas les courtes pauses que nous faisons de temps en temps qui me permettent de me dégourdir les jambes. Pendant le trajet j'échange plusieurs fois ma place avec Indra pour me reposer dans le chariot. Ma cicatrice ne me fait plus mal, j'ai appris à en prendre soin correctement. Ce n'était pas si profond que cela finalement. J'espère que cela ne me laissera pas une trace à vie. Comment je pourrais l'expliquer ?

La nuit tombe, et quelques temps après nous nous arrêtons pour monter notre camp. C'est la transition parfaite entre The 100 et Fear the walking dead, je serais à présent une As de la survie. Assis sur nos vêtements chauds qui nous servirons de sac de couchage pour cette nuit, nous sommes tous les cinq en cercle autour d'un feu allumé par Murphy et Indra. Nous mangeons frugalement.

— Nous ne sommes plus qu'à quelques heures de la frontière Azgeda, nous informe Titus.

— Le dernier village Trikru est vachement loin de la frontière, s'étonne Marie.

— Nous ne nous sommes jamais entendu avec eux… Mais il y a des villages d'autres tribus dans les environs. C'est juste qu'ils sont plutôt du côté de la Reine Nia que de celui de Heda, donc il vaut mieux éviter de les croiser.

— Ça veut dire qu'on peut se faire attaquer cette nuit ? je demande.

— C'est pour ça qu'Indra et moi allons faire des gardes, mais de toute façon, dans ce monde, nous ne sommes jamais à l'abri d'une attaque ennemi.

— Oui, vous avez appris à vivre avec je suppose…

Titus hoche la tête en croquant dans son met. Murphy reste silencieux tout le long du repas. Il a l'air de ne pas trop savoir ce qu'il fait ici. Nous l'avons pris comme un atout, mais si ça se trouve, Ontari ne sera même pas là…

Nous nous couchons toujours en restant en cercle autour du foyer allumé. Il y a un trou entre Titus et moi où viendra dormir Indra lorsque son tour de garde sera terminé.

J'essaie de dormir mais un froid vif me gagne. Sûrement due à la proximité de la frontière nordique. Je me tourne et aperçois Marie qui gigote aussi. Doucement je glisse vers elle.

— Tu as froid ? je chuchote.

— Trop ! elle répond.

Je ris doucement et me colle à elle. Comprenant ce que je cherche à faire, elle soulève nos vêtements chauds pour que nos corps se touchent et soient recouverts ensuite à l'unisson par les fourrures. Elle se blottie contre moi, j'en fais autant.

— Ça me fait penser à Twilight, je dis.

— Quoi ?

— Tu sais, quand Bella, Edward et Jacob dorment dans une tente. Bella grelotte de froid. Edward ne peut rien faire puisqu'il est froid. Donc elle et Jacob se déshabillent pour qu'il la réchauffe.

— Ah oui ! Et Edward arrive à lire les pensées peu catholiques de Jacob à ce moment !

— Exactement.

— Tu crois que Murphy connaît Twilight ?

— Je me demande si ce livre a été publié dans cet univers…

— Remarque ce ne serait pas une grande perte si ce n'était pas le cas…

Nous ricanons toutes les deux avant qu'un bâillement me coupe.

— Allez, dit Marie, essayons de dormir.

— Oui…

A ma grande surprise, elle dépose un baiser sur mon front, et se blottit un peu plus contre moi. Je profite de l'instant et me laisse aller avec la chaleur qui m'emporte.

Point de vue Eliza :

Gaïa a plutôt bien pris les explications que nous lui avons donné. En même temps, elle n'a pas d'autre choix que de nous croire. Il fait nuit depuis quelques heures et toujours aucune réponse de Lexa.

— Donc, Eliza, dit Gaïa en me regardant avec attention, tu penses qu'à Arkadia ils pourront l'aider ?

— C'est la seule solution que je vois pour l'instant.

— On pourrait essayer de contacter Titus par radio ? propose Lincoln.

— J'ai peur qu'il fasse demi-tour si on lui dit, répond Anya, et on ne veut pas que la mission pour sauver votre amie tombe à l'eau.

— Et puis il faut que je sois capable de m'occuper de Heda, s'exclame Gaïa ! Anya a raison, laissons Titus tranquille. On contacte Clarke ?

— Je m'en occupe, je réponds, c'est mieux si le message vient de moi… Et je saurais comment lui expliquer qu'elle peut nous aider.

Tout le monde me donne son accord. Je m'en vais chercher le talkie et je m'isole.

— Clarke ?

Il faut un petit temps avant d'avoir une réponse.

Eliza ?

— Tu dormais ?

Oui…

— Désolée…

Pas de soucis. Si tu m'appelles à cette heure, c'est qu'il se passe quelque chose ?

— Comment te dire ça sans t'inquiéter… Ce matin Lexa est entrée en méditation à la recherche de Becca pour parvenir jusqu'à la Cité des Lumières. Elle n'est pas sortie de son palais mental depuis et on n'arrive pas à la faire revenir parmi nous. On a tout essayé. On est même allé chercher une jeune femme qui étudie pour prendre la succession de Titus. Je pense que toi et Raven pourraient nous aider.

Mais Raven est…

— Je sais, il faut d'abord qu'on la sauve de l'emprise d'A.L.I.E. Je crois que toi et moi on va être amené à bosser ensemble plus tôt que prévu… Vous avez déjà essayé d'atteindre Raven ou pas ?

C'est à dire que… Il se passe des choses plus graves en ce moment.

— Comment ça ?

Pike a parlé d'attaquer Azgeda…

— Quoi ?!

Il pense que Nia est responsable du blocus et qu'elle doit payer.

— Mais on doit prévenir Alycia et les autres ! Si Pike attaque, ils sont tous en danger !

Pour l'instant ce ne sont que des paroles, Monty, Harper, Marcus, Niyhla, ma mère et moi essayons de les écouter pour en savoir plus. Pour le moment rien ne semble prévu. Raven essaye toujours de remettre en marche nos missiles. Evidemment que je te tiendrais au courant, ainsi qu'Alycia. Mais je ne peux pas leur demander de faire demi-tour, la vie de votre amie est en jeu… On essaye de gérer Pike.

— Ok, alors Lincoln, Anya, Gaïa et moi allons venir avec Lexa. On pourra vous aider et en même temps tenter de la réveiller. Ou de pénétrer dans la Cité.

On n'a pas le choix… Avec Pike, Raven et Lexa, on a besoin de monde.

— Bien, je vais prévenir les autres. On va sûrement mettre du temps à arriver, il va falloir faire attention avec Lexa, surtout qu'elle est censée être partie au Nord.

Tiens-moi au courant, il faudra qu'on organise ton arrivée pour que personne ne nous voit en même temps.

— Oui. Euh… Bonne nuit alors Clarke !

Ahah, toi aussi Eliza, essaye de ne pas trop stresser.

— Ce n'est pas ma petite amie qui est dans un quasi coma…

La tienne est partie négocier avec sa pire ennemi, je ne sais pas si c'est mieux…

— Ahahah ! Bien joué. On pourrait jouer longtemps à ce petit jeu.

Reshop Eliza.

— Reshop.

Je souris et retourne dans la chambre de Lexa. J'explique ma discussion avec Clarke, en incluant les délires de Pike.

— Pike, grogne Anya, pourquoi ils l'ont laissé prendre le pouvoir ?!

— C'est un abruti je te l'accorde, je réponds, mais pour l'instant ça devrait aller. En espérant qu'il n'attaque pas Azgeda pendant qu'Alycia et les autres sont là-bas.

— On arrivera sûrement à le raisonner, dit Lincoln, c'est un connard mais avec Anya et Gaïa on arrivera peut-être à quelque chose.

— Il faudra lui cacher Lexa, dit Gaïa, je doute que ce soit une bonne idée de lui montrer Heda dans cet état.

— Oui, je réponds, de toute façon avec la présence de Clarke à Arkadia, je devrais me cacher aussi. Lincoln, tu nous feras passer toutes les deux par la brèche dans la clôture.

Il acquiesce.

— Il ne nous reste plus qu'à trouver comment transporter Lexa sans qu'elle soit trop voyante…

C'est Anya qui dit cette phrase en se mettant à réfléchir intensément.

Point de vue Clarke :

Je repose le talkie-walkie et tente de me rendormir. Mais je n'y arrive pas. Penser que Lexa est inconsciente me rend malade. Et si ç'avait été un piège d'A.L.I.E depuis le début ? Je me lève pour éviter de ruminer. Je sors de ma chambre pour aller aux toilettes. Lorsque je reviens, j'entends une voix qui m'est familière. Je m'arrête et avance doucement en tendant l'oreille.

— … à finaliser mais ça ne fonctionne pas…

Je m'approche pour mieux entendre. Je glisse ma tête pour regarder. Raven est debout au milieu du couloir, elle semble parler seule. Pourtant elle dialogue avec quelqu'un c'est sûr. Avec A.L.I.E que je ne peux voir.

— Je ne comprends pas, dit Raven, le missile en soit est opérationnel, mais pourtant la séquence d'amorçage ne semble pas fonctionner. Il y a quelque chose qui bloque… … … Oui, oui j'ai essayé ça, tu m'as même aidée, mais ça ne marche pas… … … Ah tu crois ? Oui…

Raven tourne en rond, penchant sur sa hanche meurtrie comme si elle était complètement guérie. Soudain elle semble avoir une illumination :

— Mais oui ! Tu as raison ! On n'a pas essayé ça ! C'est forcément la solution ! Je vais prévenir Pike, on pourra enfin lancer ce missile !

Une sueur froide me surprend. Déjà ? Impossible ! Alycia, Marie, Murphy, Indra et Titus sont en route pour Azgeda… Sans compter Lindsey qui y est enfermée. Et tout ces innocents qui ne font que se soumettre à la Reine Nia…

Affolée je pars en courant et vais tambouriner à la porte de la chambre de Monty. Après un temps le jeune homme m'ouvre, encore dans le sommeil, il est en caleçon. Lorsqu'il me voit, il referme la porte derrière lui, j'ai le temps d'apercevoir Harper qui se cache sous les draps. L'image me fait sourire. Mais je redeviens vite sérieuse.

— Raven a trouvé comment lancer le missile, il faut qu'on agisse, maintenant !

— Comment … ?

— Je l'ai surprise en train de soliloquer dans le couloir, elle a foncé vers la chambre de Pike. S'ils arrivent à rendre le missile opérationnel cette nuit, on est mal.

Personne n'est au courant pour les doubles. Pas même ma mère. Personne ici ne sait qu'une fausse Heda est en route vers Azgeda. Je ne peux pas leur dire qu'en plus de foutre un bordel pas possible, cela métrait en danger des personnages auxquelles je tiens maintenant. Monty retourne dans sa chambre pour enfiler des vêtements et prévenir Harper qui s'habille aussi. Tous les trois nous nous dirigeons discrètement vers les chambres d'Abby, Niyhla et Marcus pour les réveiller. Nous nous regroupons dans la chambre de Marcus qui nous sert de QG.

— Qu'est-ce qu'on fait ? demande Niyhla après que je leur ai tout expliqué.

— A ce moment même Raven doit être en train d'expliquer à Pike que le lancement du missile va bientôt être possible, je réponds. Il faut qu'on réussisse à accéder à la salle de contrôle pour enrayer le processus. Ou carrément à l'endroit où sont stockés les missiles.

— Ça peut se faire, dit Monty, je pourrais entrer une sorte de par-feu pour empêcher Raven de pénétrer dans le système, mais avec l'aide d'A.L.I.E elle arrivera tôt ou tard à le craquer.

— Mais ça nous ferait gagner du temps ? demande Marcus.

— Oui.

— Alors il faut le faire, répond ma mère.

— Mais la salle des machines est gardée jour et nuit, intervient Niyhla.

— Il faut qu'on arrive à tromper la vigilance des gardes, je dis.

— Ce sont des hommes de Pike, dit Harper, ils sont très méfiants des sbires de Jaha et A.L.I.E, on pourrait jouer là dessus...

— J'ai une autre idée, dit Montay. Vous croyez qu'on pourrait demander de l'aide à Jasper ?

— Pas sûr qu'il soit très coopératif, marmonne Marcus.

— Si on lui promet un peu d'alcool, je suis sûr que si, laissez-moi faire, j'ai ma petite idée. Attendez-moi là !

Monty s'en va en courant. En attendant nous nous relâchons un peu. Je vais m'asseoir sur le lit de Marcus. Je n'ai toujours pas digéré la nouvelle qu'Eliza m'a apprise. Je sens une présence à mes côtés, c'est Niyhla qui s'assoie avec moi.

— Ça va Clarke ?

Je ne peux m'empêcher de lui sourire. J'ai gardé un lien amical avec elle même si je sais qu'elle a des sentiments pour moi. Son inquiétude me touche.

— Oui, oui, je suis juste un peu fatiguée…

— Tu aurais préférée rester à Polis ?

— Je ne sais pas, je suis là où je dois être…

— Avec ton peuple, hein…

Soudain je comprends.

— Niyhla, tu te sens coupable d'être restée parmi nous ?

— Je n'ai pas trop eu le choix. J'étais du côté de Lincoln avant qu'il se mette à boire comme un trou. Puis je me suis un peu retrouvée piégée lorsque Pike a pris le contrôle. J'aurais pu fuir pendant la mise en place du blocus, mais je ne l'ai pas fait. Comme si je m'étais attachée à ton peuple et que je voulais rester avec eux pour les aider… Je sens que Pike n'est pas un bon leader. Mais vous (elle montre les autres personnes présentent dans la pièce) vous voulez faire le bien.

— Merci Niyhla, je lui dis en posant ma main sur son genoux.

Elle rougit et nous sommes interrompu par Monty qui revient… accompagné de Jasper.

— L'alcool qu'il m'a promis a intérêt à couler à flot !

Je ne peux m'empêcher de sourire. J'espère qu'on pourra le sauver lui aussi.

Nous nous regroupons autour de Monty pour qu'il explique le plan.

Quelques minutes plus tard, nous sommes au cœur de la nuit mais je suis bien réveillée à présent. Monty et moi sommes au coin du couloir qui mène à la salle des machines. Abby et Marcus sont dans le coin opposé, en face de nous. Harper et Niyhla sont un peu plus loin, elles nous servent de plan B. Nous observons Jasper débouler en titubant et s'approcher des deux gardes.

— Qu'est-ce que tu fous là Jasper ? s'énerve un des deux.

— Bah quoi ? Je suis un Skaikru, je n'ai pas avalé cette foutue « Clef », j'ai le droit de me balader par ici, non ?!

— Tu as bu ? demande le second.

— Tu es jaloux ?

Jasper s'approche du garde pour le narguer. Il lui tire la langue et s'agrippe à son arme. L'autre garde ne le laisse pas faire et intervient. Mais Jasper, qui n'est pas éméché et donc très lucide, se faufile et arrive à échapper au garde. Dans la confusion il a réussi à attraper l'arme. C'est à ce moment qu'Abby sort de sa cachette pour intervenir.

— Jasper ! Qu'est-ce que tu fous bon sang ! J'ai entendu du bruit, tu as encore fouillé dans la réserve d'alcool ? C'est pas possible !

— Oh ça va Griffin, si on peut plus s'amuser…

— Rends-lui son arme.

Jasper fait non de la tête en reculant. Abby et les deux gardes le suivent. La porte est dégagée. Monty et moi remontons tout doucement le couloir sans bruit. Si un garde ne tourne ne serait-ce qu'un œil, nous sommes fichus. Jasper continue à reculer, les gardes continuent à s'éloigner. Monty se met à courir, je le suis. Nous ouvrons la porte en vitesse et la refermons. La suite du plan : je garde la porte pendant que Monty fait ce qu'il a à faire. Dehors, Marcus va arriver à la rescousse d'Abby, histoire de tenir les gardes éloignés et de nous permettre de ressortir une fois la manœuvre terminée.

Monty s'affaire. Je vois qu'il est concentré et rapide. J'essaie de ne pas penser à Lexa.

— Voilà ! s'exclame le brun.

— Vite, partons !

J'ouvre tout doucement la porte et regarde sur la gauche. Abby et Marcus tentent de retenir Jasper sous les yeux médusés des gardes. Mon regard croise celui de ma mère, je lui fais un clin d'œil et nous partons en vitesse. Jasper se laisse finalement attraper par ma mère et Marcus et les deux gardes retournent à leur poste. Nous nous retrouvons tous au QG.

Abby tend une bouteille d'alcool à Jasper.

— Merci ! grogne le garçon avant de sortir de la pièce.

— Tu as réussi ? s'enquière Harper.

— Oui, ça devrait les ralentir, mais pas pour très longtemps...

Point de vue Marie :

Je me réveille dans les bras d'Alycia sans trop comprendre la situation. Puis la brume s'en va et je me souviens que c'était pour nous tenir chaud. J'essaie de regarder aux alentours, Murphy dort toujours. Indra et Titus semblent discuter un peu plus loin. Je frotte le dos d'Alycia pour la réveiller doucement. Elle me sourit et se frotte doucement les yeux.

— Merci pour le chauffage, elle dit la voix encore enrouée par la nuit courte.

— De rien haha !

Nous nous détachons et nous levons. Murphy finit lui aussi par émerger. Nous prenons un petit déjeuner avant de lever le camp.

Plus nous avançons plus l'air devient vif et glacial. Petit à petit nous enfilons les vêtements dans lesquels nous avions dormis la nuit. Et quelques heures après être partis, Titus fait arrêter le convoie.

— La frontière est juste derrière ces arbres.

Le sommet des arbres qu'il nous montre est enneigé, je regarde plus attentivement et c'est toute un territoire blanc que je découvre. C'est magnifique. Le froid est oublié par mon corps devant une neige d'une telle pureté. Étant canadienne j'ai l'habitude de la neige, mais je n'en j'ai jamais vu une aussi immaculée. C'est presque irréel. Et surtout, la délimitation est très nette. Là où nous sommes arrêtés, il n'y a pas la moindre trace de verglas, juste l'air froid.

Un mouvement attire mon attention dans les fourrés. Je pointe du doigt dans la direction.

— Ça doit être le comité d'accueil, dit Titus.

Il reprend l'avancée du convois et nous nous frayons un chemin à travers la végétation. Quatre gardes Azgeda s'offrent à nos yeux. Avec eux, un homme que je reconnais en habits de la tribu Trikru. Le messager ? En effet c'est bien lui. Lorsque Titus descend de cheval, il le rejoint et lui intime de retourner à Polis. Les gardes Azgeda nous demandent de leur livrer nos armes et de les suivre. Nous nous exécutons.

Nous marchons à côté des chevaux et du chariot pendant un temps qui me semble assez long. Ils se protègent énormément. Puis nous arrivons à l'entrée d'une grotte.

— A partir de là, nous dit un garde, tout geste d'hostilité sera pris comme une menace et intercepté immédiatement. Je ne garantis pas votre survie.

Le message est clair. Nous pénétrons dans la grotte noire. Après quelques instant une lumière filtre à l'autre bout et nous débouchons sur un village. Semblable à celui dans lequel nous avions dormi, mais en bien plus grand et avec les coutumes locales. La vie semble paisible bien que des gardes parcourent la ville. J'ai l'impression d'être dans un parc d'attraction sur le thème de The 100. Certains habitants nous regardent avec haine, d'autres se contentent de nous dévisager. Ils n'ont pas le même respect pour Heda que la tribu de Lio. J'ai l'impression que les gardes sont autant là pour éviter que nous fassions une bêtise que pour protéger Alycia. Nous finissons par arriver au pied de ce qui semble être une forteresse. Si j'avais peu d'imagination je dirais qu'on croirait être en face du palais de Khaleesi. Les gardes ne pénètrent pas dans le bâtiment avec nous. Ce sont deux autres gardes qui nous mènent jusqu'à une salle qui doit-être la salle du trône vu la taille de la porte. Un garde toque, les deux lourdes portes semblent s'ouvrir seules.

— Agenouillez-vous devant la Reine Nia, nous intime un des gardes.

Je vois Titus faire les gros yeux à Alycia. Par je ne sais quelle télépathie, elle comprend ce qu'il veut d'elle.

— Heda ne s'agenouille devant personne, répond Alycia avec froideur.

C'est là que j'aperçois Nia assise sur son trône. Elle a un sourire en coin. Elle fait un signe de la main et deux gardes cachés derrière les portes les referment derrière-nous.

— Cela ne m'étonne pas de toi Lexa, dit Nia d'une voix forte. Alors comme ça tu veux négocier la vie d'une prisonnière avec moi ? Elle doit beaucoup compter pour toi si tu as fait le déplacement jusqu'ici.

— Je prends soin de mon peuple, et je ne risque la vie d'aucun d'entre eux. Cette prisonnière y compris.

— Ça me désole de voir que tu considères les Skaikru comme ton peuple, ce sont des ennemis tombés du Ciel. Mais soit. Tu es venue pour négocier. J'ai hâte de voir ce que tu as à me proposer. Mais avant, tout de même, j'ai un certain savoir vivre, je me dois d'accueillir la cheffe des douze clans comme il se doit.

J'entends bien Nia insister sur le chiffre « douze », sa façon de le prononcer exclu tout à fait les Skaikru. La reine se lève de son siège et nous demande de la suivre. Par un dédale de couloirs, tous longés de gardes lourdement armés, nous arrivons dans une pièce de banquet. Une table succulente est dressée. Mon ventre en gargouille de bonheur. Sont déjà assis autour de la table, Roan et Ontari. Ah, finalement Murphy nous sera bien utile.


Pike, Pike, Pike… Et puis Octavia n'est même plus là pour le tuer… En espérant que tout ce petit monde arrive à empêcher le missile de partir, à réveiller Lexa, à sauver Lindsey, et à éteindre la Cité des Lumières !

A la prochaine ;)