Bonsoir ! Bonnes vacances à celles qui le sont ! Aujourd'hui chapitre qui prend principalement place à Azgeda, enjoy !
Point de vue Eliza :
Le lendemain du « blackout » de Lexa, nous sommes prêts pour rejoindre Arkadia. Nous avons allongé Lexa dans le chariot du convois qu'elle avait fait préparer en prévision de notre voyage. Nous la cacherons sous un draps. Gaïa sera auprès d'elle dans le chariot pour vérifier constamment ses signes vitaux. Je serais avec elles, dissimulée sous une cape pour ne pas être reconnue. Lincoln et Anya dirigerons le tout à cheval, prêt à bondir pour nous protéger en cas d'attaque. Nous partons dès l'aube pour arriver au plus vite. Clarke a été prévenu et en même temps elle m'avait informée qu'avec ses compagnons ils avaient mis en place quelques artifices pour retenir Pike dans ses idées destructrices. Nous n'avons toujours rien dit à Alycia ou Titus. Aucun de nous n'a osé les contacter et eux non plus ne l'ont pas fait. En espérant qu'il ne leur soit rien arrivé en chemin.
— Tu as déjà rencontré Clarke ? je demande à Gaïa pour éviter de penser au pire.
Nous sommes ballottées à cause des routes mauvaises.
— Je l'ai croisée seulement, sans jamais lui parler. Mais elle a su se créer une certaine réputation ici, alors je t'ai reconnue, euh, je l'ai reconnue… Tu as compris...
— Oui, ne t'en fais pas, j'ai l'habitude maintenant.
Gaïa ne répond rien. Je regarde le corps de Lexa sous le drap. On dirait que nous transportons une morte, l'idée me fait froid dans le dos. La jeune apprentie semble voir ma peur et inspecte le corps de Lexa.
— Elle va bien ne t'en fait pas.
— C'est que, Clarke me tuerait si je lui amenais un cadavre…
Malgré le côté morbide de ma phrase, Gaïa lâche un petit rire.
— Ne parle pas de malheur, dit Anya en se retournant.
— Elle plaisantait va, répond Lincoln, on va la sauver ne t'en fait pas.
— J'espère…
— Tant qu'elle a la puce dans la nuque et qu'elle respire, tout va bien, nous informe Gaïa.
Le talkie-walkie grésille, nous interrompant tous. Je me jette dessus pour prendre l'appel.
— Oui ?
— C'est Alycia.
— Ah ! Vous êtes en vie !
— Ahah, oui, mais on a fait le plus facile… On est arrivé à Azgeda, Nia nous a invité à manger. J'ai réussi à m'éclipser cinq minutes pour t'appeler et t'informer de la situation.
— Ça va aller ?
— Oui, je crois… A mon avis le repas est une façon d'introduire le dialogue, on verra comment ça se passe. Ça va de ton côté ?
Je ne réponds pas, je ne sais pas quoi lui dire.
— Eliza ?
— Eum… Écoute, il va falloir que tu me fasses confiance Alycia. Il y a une chose dont je ne peux pas te parler pour le moment, tout ce que je peux te dire c'est que notre voyage pour Arkadia a été avancé, nous sommes en route actuellement. Clarke a besoin de notre aide avec Pike…
— Pike ?
— Il veut faire sauter Azgeda…
— Putain, quel con… Alors on est en danger ?
— Je ne pense pas, en tous cas pas dans l'immédiat, Clarke, Abby, Monty, Harper, Niyhla et Jasper ont gagné un peu de temps.
— Hé, peut-être que je pourrais m'en servir pour faire pression sur Nia…
— Je ne sais pas si elle te croira…
— Tu as raison. Bon il faut que j'y retourne, tiens moi informée de la situation, d'accord ? Et de ton arrivée à Arkadia. De mon côté j'essaie de te recontacter au plus vite.
— D'accord. Bon courage Alycia…
— Toi aussi…
Je raccroche avec le ventre noué. Si Pike envoie son missile… Si nous mourrons dans ce monde, que se passera-t-il ? Personne ne saura… On nous croira mortes noyées. Je ne pourrais pas revenir dans notre univers sans Alycia, je préférerais encore rester ici. Avec Lexa et Clarke…
Point de vue Alycia :
Je range le talkie et retourne dans la grande salle. J'avais prétexté avoir besoin d'aller aux toilettes. Tout le monde se lève, sauf Nia, lorsque je rentre dans la pièce. Ça me fait un drôle d'effet. Je me racle la gorge en prenant place à côté de Titus, en bout de table. Nia me fait face à l'autre bout. A ma gauche se trouve Marie que personne ne semble avoir reconnu. Indra est aux côtés de Titus, Murphy en face à côté de mon amie. Et par je ne sais quel miracle, Ontari est assise à côté de lui. Marie avait eu le temps de lui glisser un mot à l'oreille au sujet de la jeune brune aux cicatrices pour lui dire qu'elle était la cible qui nous permettrait d'amadouer la Reine. Après Ontari, l'angle de la table offre la place de Nia qui, à l'autre angle, donne sa place à Roan assit aux côtés d'Indra, fermant la boucle. Nous, en tant que Trikru, sommes plus nombreux.
— Tout d'abord, dit Nia en levant son verre qu'un serviteur vient tout juste de remplir, j'aimerais trinquer en l'honneur de notre Heda. C'est rare de la voir parmi nous.
Je tente de capter une réaction de Titus pour savoir quoi dire. Je comprends qu'il faut que je la laisse faire son petit numéro. Nia boit son verre, nous invitant à faire de même. J'espère qu'il n'y a pas de poison… Enfin, je suppose qu'elle n'oserait pas tuer Heda, sous peine de soulever la fureur de tous les autres clans. Le liquide me brûle la gorge. Cet alcool n'a pas le même goût que celui que je connais. Je me retiens de tousser. Bruyamment, la reine des neiges repose son verre sur la table en bois et joint ses mains au dessus de son assiette.
— Mais mangez, mangez, la discussion sera ainsi rendue plus agréable. Et je vais vous faire préparer des chambres, vous n'allez pas repartir tout de suite.
Soit elle fait du zèle, soit elle compte être difficile à convaincre. La partie ne s'annonce pas aisée. Tout le monde commence à manger. Moi-même je me prends au plaisir de déguster ces nouveaux mets ma foi fort appétissants.
— Dis-moi, Heda, m'interpelle enfin Nia, veux-tu bien m'expliquer pourquoi on a trouvé une Skaikru hors de leur zone de quarantaine peu de temps après la mise en place du blocus ?
Parce que ce n'est pas une Skaikru ? Non, bien sûr, je ne peux pas dire ça.
— Je ne vais pas m'excuser pour les actes d'une seule personne. Si elle était hors des limites c'était sûrement pour une bonne raison. Mais je suppose que vous ne lui avez pas laissé le temps de s'expliquer ?
Titus hoche la tête en signe de contentement.
— J'applique les règles, répond Nia, peu m'importe les raisons. Elle a enfreint une loi que j'ai demandé. Demande qui était d'ailleurs justifiée étant donné ce que les Skaikru ont fait subir à mon clan, mais aussi à l'entièreté de notre peuple.
— Le peuple du ciel a commis des erreurs, il est vrai, mais qui sommes nous pour leur jeter la pierre ? Le sang appelle le sang n'est plus. Nous devons apprendre à vivre différemment, mieux, si nous voulons continuer à survivre. Et je pense que ces gens peuvent nous aider à nous améliorer.
— Tu sais qu'ils sont les descendants directs de ceux qui ont causé Praimfaya ?
— Comment sais-tu cela ?
— Tu te doutes bien que j'ai placé quelques espions.
Sans pouvoir m'en empêcher, le visage d'Echo me vient à l'esprit.
— Alors tu n'es pas sans savoir que nous descendons des mêmes êtres humains qu'eux.
— Oui, mais nous faisons partie de ceux qui ont été banni, reniés, eux font partie de l'élite choisie pour survivre à l'époque.
— Si tout était si simple Nia, il y a longtemps que Trikru et Azgeda ne serait plus en guerre.
— Nous avons l'air d'être en guerre ?
Elle pose cette question en montrant les convives des deux tribus actuellement en train de déjeuner tous ensemble. Vu sous cet angle aussi… Ce petit moment de répit me permet de jeter un œil à Murphy et Ontari. J'ai l'impression qu'il a pris son rôle au sérieux et qu'il commence à lui faire du rentre dedans. Au vu du sourire de la jeune Nightblood je peux penser que cela fonctionne plutôt bien.
— La prisonnière a-t-elle eu un comportement hostile ? je demande.
— Pas d'après les gardes qui l'ont arrêtée.
— La seule raison pour que tu la retiennes est donc qu'elle ait franchi la limite.
— Les règles émises par Heda ne sont pas faites pour être franchies, n'est-ce pas ?
— Reine Nia, s'interpose Titus, si la prisonnière a enfreint les règles de Heda, pourquoi ne pas nous la remettre pour que nous décidions nous-même de la punition ?
— Je ne serais pas contre cette idée, répond Nia, mais vous savez très bien quel genre de punition je vais demander dans ce cas.
— La mort, ajoute Roan avec les yeux brillants.
Mon sang se fige. Jamais.
— Allons, si je tue cette pauvre fille, tu peux être sûre, Nia, que le blocus sera détruit en quelques secondes par son peuple et qu'ils auront tôt fait de rappliquer ici ou chez moi pour se venger.
— Alors la guerre qu'ils méritent pourra enfin commencer.
A peine après avoir terminée sa phrase, Nia fini son verre d'une traite et se lève en le reposant sur la table.
— J'ai à faire, je vous laisse vous installer dans vos chambres, nous nous reverrons ce soir pour continuer ces discussions.
Je m'apprêtes à répondre, mais Titus pose sa main sur mon bras pour m'empêcher de bouger. Roan se lève à son tour pour suivre sa mère.
— Ontari, dit Nia, tu veux bien les accompagner ?
— Bien sûr.
La brune se lève, espiègle, et nous force en un regard à nous lever nous aussi. Elle fait un sourire malicieux à Murphy qui lui répond, forcé.
Elle nous accompagne jusque dans une partie de la grotte qui semble plus éloignée que tout le reste.
— Ce sont ces deux portes, à gauche pour Heda, à droite pour les autres. Mais toi, le brun grincheux, si tu veux venir dormir avec moi, il n'y a aucun soucis…
Indra lève les yeux au ciel.
— Ça ira pour le moment Ontari, répond Titus, merci.
La jeune femme hausse les épaules :
— On se voit ce soir ! Elle dit avec un clin d'œil à l'attention de Murhpy.
Marie pousse la porte de droite.
— Ah d'accord, donc un dortoir pour nous et une chambre rien que pour Lexa…
— Elle veut m'amadouer Marie, je lui dis, t'inquiète pas tu n'auras qu'à venir avec moi. Enfin, désolée que vous trois ayez à dormir ensemble.
— J'aurais préféré qu'on ne passe pas le nuit ici, dit Titus, mais bon…
— Allons parler dans ma chambre, ce sera plus discret.
— Et s'il y a des espions ? demande Indra.
— Nia est féroce mais je ne pense pas qu'elle se rabaisserait à faire espionner la chambre de Heda.
Indra regarde Titus peu rassurée. J'ouvre la porte de gauche. On sent que la chambre n'est pas souvent visitée, mais elle reste convenable pour accueillir des personnalités telle que Lexa. Enfin je crois… Nous nous regroupons tous près de la fenêtre et nous asseyons en cercle en tailleur.
— Je n'aime pas la tactique de la Reine Nia, commence Titus, elle veut nous amadouer avec son repas, sa chambre, sa fausse gentillesse.
— Mais ça ne marchera pas, je réponds.
— Et puis on a bien fait de prendre Murphy avec nous, dit Marie.
— Hé ! Je ne suis pas un objet ! Mais oui, c'est vrai, comme vous l'aviez prédit, la brune semble intéressée par moi. Vous croyez que je peux aller la trouver ?
— Ah, elle t'intéresse ? demande Marie joueuse.
— Je cherche toujours Emori. Je ne vais pas rester ma journée assis ici avec vous, alors autant que j'aille exploiter ce filon au maximum.
Il se lève mais Titus le retient par ses mots :
— Je ne suis pas certain que te balader seul ici soit la meilleure idée.
— Hé, ils n'ont pas encore compris que je suis un Skaikru, merci pour le déguisement d'ailleurs, alors je ne romps aucune loi, et puis Ontari me sauvera la mise !
Il a un sourire narquois et sort de la chambre.
— Il a raison, répond Indra, au moins ça pourra peut-être nous être utile par la suite.
— Je suppose qu'on va la revoir au dîner ? je m'informe auprès de Titus.
— Il y a des chances oui.
— Tu as une idée de la tactique à aborder ?
— Si Murphy arrive à faire en sorte qu'Ontari amadoue un peu la Reine, on pourrait peut-être lui proposer un marché.
— Un marché ?
— Nia veut du sang, on pourrait lui en donner. On lui propose d'échanger Lindsey contre un autre des Skaikru. La sentence sera sûrement la mort mais-
— Non mais ça va pas ! je réponds en le coupant.
— Laisse-moi finir Alycia. J'ai bien compris à quel point Lexa tien à ce peuple. Il suffirait de prendre un des condamnés à perpétuité qui pourri dans nos cachots. Nous le grimerions en Skaikru et le tour serait joué.
— Tu es horrible, dit Indra, mais c'est un bon plan.
— Vous avez des cachots ? répond Marie.
— Dans notre monde il y a des assassins et des voleurs, il faut bien que nous les punissions, non ?
— Moui, je ne sais pas si c'est vraiment approprié dans ce monde, je dis, mais ça pourrait fonctionner. Bien que l'idée de tuer quelqu'un dans le processus ne me plaise pas du tout.
— C'est un bon compromis si vous voulez sauver votre amie.
— Il n'a pas tort Alycia.
Marie pose sa main sur mon bras. Hé merde, oui ! Je ne vais pas laisser mourir Lindsey, autant que ce soit quelqu'un d'autre qui meurt… Ça me fait beaucoup de mal de penser cela, mais je n'ai aucun autre choix.
— Espérons que cela fonctionne…
Les trois visages se tournent vers moi en un mouvement de soutien.
Point de vue Ontari :
Je quitte la bande de cinq Trikru pour retourner dans mes quartiers. Ma chambre est juste à côté de celle de Nia, ainsi en cas de besoin, je suis toujours à disposition. C'est elle d'ailleurs qui s'occupe de mon entraînement afin d'un jour pouvoir succéder à Lexa. Mais pour le moment, je dois trouver un moyen de revoir ce garçon. En tant que Nightblood, si je ne m'amuse pas maintenant, c'est foutu !
Je fouille dans un placard pour trouver une tenue un peu moins « habillée » et décide de me refaire une beauté. De toute façon je sais où le trouver. Alors que j'ai les cheveux détachés que je m'apprêtais à natter, on toque à ma porte. Je râle en me levant pour aller ouvrir.
— Oh ! je fais, surprise en voyant le garçon Trikru devant moi. Qu'est-ce que tu fais là ?
— J'allais pas moisir tout l'après-midi dans une chambre, j'ai demandé où te trouver.
— Et on t'a laissé circuler librement ?
— J'enfreins une loi ?
— Oui, celle de la beauté…
En lui disant cela je me mords la lèvre et je glisse mon doigt sur son menton.
— Et pourquoi tu me cherches ? je demande.
— Pour continuer notre petite discussion…
Il a un regard ardent qui me fait trembler. Je pivote pour le laisser entrer et je ferme derrière lui. J'ébouriffe mes cheveux d'une main pour leur donner un peu de volume. Il s'assoit sur mon lit avec nonchalance.
— Je croyais que tu voulais discuter, je le taquine.
— On peut parler sans mots…
— Je ne sais même pas ton prénom…
Je m'approche de lui et me stop debout face à face avec son regard profond. Je prends son visage dans mes mains pour qu'il me regarde bien dans les yeux.
— John.
— Ontari. Enchantée.
Il a un sourire en coin et tire sur mes bras. Dans le mouvement je m'affale sur lui dans le lit. Nos bouches ne sont qu'à quelques centimètres l'une de l'autre.
— Je ne savais pas que les Trikru étaient à ce point entreprenants.
— Vous devriez arrêter de nous faire la guerre, vous verriez à quel point nous pouvons être… joviales !
Je ris à son sous-entendu et fonce sur ses lèvres. Il paraît surpris mais accepte le baiser.
Assez vite il se précipite sur mes épaules pour faire glisser les bretelles de ma robe et me dénuder. De mon côté je ne me prive pas pour retirer ses vêtements afin d'étudier plus en détails son torse saillant. J'y dépose quelques baisers et retrouve sa bouche qui semble en redemander. John fini par prendre le dessus et me retourne sur le matelas pour descendre entre mes seins. Je caresse ses cheveux, je ferme les yeux, je souris. Il remonte, retrouve encore une fois ma bouche, je passe une main entre nous et l'aide à me pénétrer. Un rire nous surprend tous les deux et nous profitons de l'instant un maximum.
Allongée dans les bras du jeune homme, reprenant mon souffle, je le regarde d'en dessous. Sa mâchoire me paraît anguleuse et robuste. J'y égards un doigt pour en dessiner le contour.
— Dis-moi… dit-il avec un voix rauque hyper sexy, à quel point es-tu proche de Nia ?
— Tu es jaloux ?
Il hausse un sourcil sans comprendre, alors je reprends :
— Elle m'entraîne pour succéder à Lexa.
— Un peu comme Anya et Lexa alors.
— Je ne sais pas qui est Anya, mais si tu le dis…
— Tu crois que tu pourrais intervenir en notre faveur ce soir ?
— Nia est très têtue…
— Oui, j'ai bien compris, mais on ne voudrait pas que tout ceci finisse dans un bain de sang, non ?
— Tu tiens aux Skaikru ?
— Pas forcément, mais si Nia refuse de nous retourner la prisonnière, Heda est capable de déclarer une guerre, et disons que… Je serais bien embêté si tu venais à mourir…
Il fait glisser sa main autour de ma poitrine. Je frémis et me remets sur lui pour l'embrasser.
— Je veux bien essayer de lui en toucher deux mots, mais sache que je ne meurs pas si facilement…
Je cherche sa langue pour recommencer à profiter de lui.
Peu avant que le soleil commence sa descente dans le ciel, j'ordonne à John de regagner les siens. Je lui apprends que Nia a prévu de les recevoir au dîner de ce soir. Il sort et je me refais belle avant d'aller trouver Nia. Elle est sûrement dans sa chambre à ce moment-ci. Elle n'avait pas grand-chose à faire, en réalité elle fait patienter Heda pour essayer de l'amadouer. Cette fois j'ai le temps de me faire une natte. Je m'observe dans le miroir, je suis parfaite. Je sors et me dirige vers la porte de Nia. Les gardes me laissent passer comme d'habitude. Je frappe quand même.
— Oui ?
— C'est moi.
— Entre.
Nia est assise sur un sofa non loin de son lit. Je lui souris, elle tapote la place à côté d'elle pour que je la rejoigne. Aussitôt assise, qu'elle prend mon visage dans ses mains et attire ma bouche contre la sienne. Encore étourdie des baisers de John, j'accepte ceux de Nia avec un certain désir. Éternelle insatisfaite.
— Tu voulais me voir pour une raison précise ? demande Nia après avoir reculée.
— Je me demandais si tu avais pris une décision pour la prisonnière.
— Tu sais bien que je veux qu'elle meurt.
— Mais pourquoi tu ne l'as pas tuée plus tôt ?
— J'aime voir Heda me quémander.
— Tu ne penses pas qu'on pourrait trouver une autre solution ?
— Ce n'est pas à moi d'en trouver une, c'est à elle si elle veut revoir sa prisonnière.
— Oui, bien sûr mais… Tu pourrais peut-être écouter ce qu'elle a à te dire…
Je la regarde dans les yeux avec insistance tout en faisant courir mon doigt sur son avant bras nu. Je l'empêche de répondre en posant mon autre doigt sur ses lèvres. Puis je le remplace par ma langue. Je prends appuis sur me genoux et réussi à la faire basculer sur le sofa. Je suis en position de force.
— Tu comptes me faire plier de la sorte Ontari ?
— Je ne te demandes pas de la libérer, juste de les écouter…
Je mords dans son cou, lui tirant un gémissement, puis je retrouve sa langue et glisse ma main pour accéder à sa poitrine. Elle se laisse complètement faire…
Point de vue Alycia :
A la tombée de la nuit, on vient nous chercher pour nous amener dans la pièce où nous avions déjà déjeuné. Un autre repas est servi. Je ne sais pas si mon estomac va supporter autant de nourriture. Nous sommes assis comme plus tôt. Entre temps Murphy était revenu vers nous, nous apprenant qu'il y aurait un autre repas pour discuter avec Nia. Nous glissant au passage qu'il avait fait de son mieux pour convaincre Ontari. Aucun de nous n'osa réellement comprendre de quoi il avait voulu parler. En retour nous lui avions expliqué notre plan, histoire qu'il ne s'offusque pas lorsque nous parlerions de tuer un Skaikru. Je pénètre dans la salle, les autres à ma suite. Nia nous accueille avec un faux sourire. Nous prenons place sans nous asseoir.
— En espérant que ce dîner soit plus concluant que le déjeuner, dit Nia en s'asseyant.
Nous l'imitons. Un petit silence. Elle commence à manger. J'hésite, mais je n'ai pas faim. Je prends la parole :
— J'ai une proposition à te faire.
— Je t'écoute Heda.
Elle mord dans une aile de volatile en me regardant, intriguée.
— Ce qui compte pour toi c'est le sang, j'ai bien compris. J'ai instauré le blocus pour punir les Skaikru de leurs actes. Une des leurs a brisé cette punition. Il doit y avoir punition. Mais je ne peux me résoudre à la mort de… cette fille. Alors je te propose un échange.
— Un échange ?
— Je t'offre un autre Skaikru en pâture.
— Attends, tu m'as dit plus tôt que tuer un des leur les enragerait.
— Oui, c'est vrai. Mais dans le cadre de cet accord, je renforcerais la surveillance autour de leur camp pour qu'il n'y ait aucun débordement possible. Et je ferais en sorte qu'une menace encore plus puissante pèse sur leurs têtes.
— Mmh je vois. Et tu me donnerais n'importe lequel ? demande Nia rieuse.
— C'est à dire ?
— Hé bien, si tu ne veux pas que cette fille meurt, c'est qu'elle doit être importante, alors il me faudrait au moins quelqu'un d'aussi important qu'elle.
— Oui, je comprends… Tu as une idée en particulier ?
J'espère pouvoir jouer sur le fait qu'elle n'a presque croisé aucun du peuple de Clarke.
— Il me faut leur chef. Je ne sais pas à quoi il ressemble, mais je te fais confiance. Je suis sûre que tu sauras nommer un chef un peu moins bête à leur tête. Et comme ça la leçon sera retenue.
Elle vient de se vendre toute seule. Si elle ne connaît pas le visage de Pike, nous pouvons lui livrer n'importe quel Trikru. Bien que l'idée de lui donner réellement Pike me plaise aussi. J'entre dans son jeu.
— Je ne te garantis pas que tout cela se fasse rapidement Nia.
— Évidemment, je pense bien qu'ils ne vont pas livrer leur chef pour une mort certaine. Mais je sais que tu sauras les berner pour les convaincre.
Tu sais que Lexa peut berner les Skaikru mais tu ne te doutes pas que je suis actuellement en train de te berner ? Mmh, il faudra rester vigilants...
— Alors c'est un accord ?
Nia se lève et vient à ma hauteur, elle me tend son bras.
— Tu m'amènes le chef des Skaikru et je te rends la prisonnière. Mais, vous restez là le temps qu'il arrive. J'ai vu que tu portes à ta ceinture un moyen de communiquer avec eux, tu n'as donc pas besoin de faire le déplacement.
— Il faudra peut-être que je me déplace en personne pour le faire sortir de son refuge.
— Allons Lexa, je connais ton esprit de persuasion.
Je regarde sa main, je veux jeter un œil à Titus mais ce serait me trahir. J'attrape son poignet pour la poignée de main de rigueur dans ce monde.
— Hé bien c'est une affaire conclue, s'exclame Nia, je suis sûre que ce jour fera date dans l'histoire de Azgeda et Trikru ! Je vous offrirais évidemment le gîte et le couvert pendant toute la durée de votre séjour ici.
— Nia ?
— Oui Lexa ?
— Je pourrais voir la prisonnière ?
— Ahahah, tu penses que je vais me laisser avoir bêtement ? Tu la verras quand le chef sera là.
— Comment je peux m'assurer qu'elle est toujours en vie ? Qui me dit que tu ne tueras pas le chef des Skaikru avant de me la livrer ?
— Mais c'est simple Lexa, c'est toi qui va le tuer. Et tu ne le feras qu'une fois que je t'aurais montré la prisonnière. C'est une bonne garantie, tu ne trouves pas ?
Moi ?! Je vais devoir tuer un homme ? …
Alors alors ! Alycia va devoir tuer un homme de ses propres mains ? Et du coup, puisque leur séjour à Azgeda est prolongé, vont-ils réussir à échapper à la menace du missile de Pike ? Et Lexa qui est toujours dans le pâté…
