Le missile est lancé, je ne vous fais pas plus attendre et vous laisse avec Alycia, comment vont-elles réussir à gérer cette situation ?
Enjoy !
Point de vue Alycia :
Avec Eliza qui nous appelait toutes les heures pour nous tenir informé de la situation, la nuit avait été assez compliquée. Marie et moi avions fini par rejoindre les autres dans leur chambre. Murphy était visiblement toujours avec Ontari. Des gardes nous avez apporté à manger, terminés les grands repas avec Nia. Notre journée à tous fut rythmée par les appels d'Eliza qui nous disait que rien ne changeait. Ainsi, lorsque le talkie grésilla bien avant que l'heure soit terminée, je compris tout de suite qu'il s'était passé quelque chose :
— Alycia, vous devez faire évacuer Azgeda, le missile a été lancé, il vous reste une demi-heure.
— Quoi ? Mais comment ?
Je suis étonnée. Bien sûr je me doutais qu'il s'était passé quelque chose, mais pas qu'il nous restait si peu de temps.
— Je n'ai pas le temps de t'expliquer, il faut que vous partiez !
— Mais on n'a toujours pas récupéré Lindsey !
— Prévient Nia, elle ne va pas laisser son peuple mourir.
— Il va falloir qu'elle me croit…
— Je compte sur toi, sur vous. Vous devez évacuer Azgeda sans quoi la guerre sera déclarée.
— Je pense qu'elle est déjà déclarée, répond Titus énervé.
— On voit si on peut faire quelque chose de notre côté, dit Eliza, mais faites-vite.
J'accroche l'objet à me ceinture et me lève. Tout le monde m'imite.
— Il faut que j'aille parler à Nia. Seule à seule, sinon elle ne me fera pas confiance.
— Je suis d'accord, dit Titus, nous t'attendrons derrière la porte, prêts à agir si elle ne te croit pas.
— Je vais chercher Murphy, dit Marie, hors de question de le laisser ici alors qu'il nous a aidé.
Nous n'avons pas le temps d'argumenter. Marie se précipite dans les couloirs en demandant où se trouve la chambre d'Ontari. Quant à nous, nous filons vers la salle du trône. Par chance Nia est là et me laisse entrer lorsque j'annonce que Lexa veut lui parler.
— Alors Lexa, tu ne te plais pas chez nous ?
— On n'a pas le temps pour les sarcasmes Nia, un missile se dirige actuellement sur Azgeda.
— Comment ?!
— Ce sont les Skaikru… je viens d'en être informée, justement je m'entretenais avec eux pour avoir leur chef, et c'est là qu'on m'a tenue au courant. Il faut évacuer au plus vite. Le missile sera là dans moins d'une demi-heure.
— Qui me dit que ce n'est pas une ruse pour pouvoir t'infiltrer dans les cachots ?
— Allons Nia, je prendrais le risque de faire éclater une guerre entre Azgeda et Skaikru alors que justement je cherche la paix ?
— Tu marques un point. Mais comment je peux te croire ?
— Je suis Heda. Je suis ta supérieure. J'ordonne que tu fasses évacuer tout ton peuple Nia. Ce n'est pas négociable. Si tu ne veux pas mourir, tu as intérêt à m'obéir.
J'ai pris un ton très autoritaire que mon rôle d'actrice m'avait appris à adopter. Je vois le trouble dans son regard.
— Si c'est un mensonge et que tu me fais déplacer mon armée entière pour rien, je te préviens Lexa, tu n'as pas fini d'avoir entendu parler de moi.
— Allez, il faut se dépêcher.
Nia se lève et nous sortons. Elle prévient les deux gardes devant la porte. Ils courent pour aller prévenir à leur tour toute l'armée. Indra, Titus et moi participons à l'effort commun pour prévenir la population, même Nia prend en charge de faire évacuer elle-même quelques familles. La panique ne tarde pas à s'emparer du territoire. Ce sont bientôt des milliers de femmes et d'hommes qui courent dans tous les sens, essayant d'emporter avec eux le plus d'affaires possibles avant d'évacuer. Çà et là des gardes hurlent « n'emportez que le stricte nécessaire, ceci n'est pas un exercice, faites au plus vite pour rejoindre les portes extérieures et fuir. »
Point de vue Marie :
J'arrive devant la chambre d'Ontari, je frappe. Personne ne répond alors je m'énerve sur la porte. J'entends râler et la jeune femme, cachée dans une couverture de fourrure m'ouvre.
— Qu'est-ce que tu veux ?
Je regarde Murphy nu dans le lit, c'est à lui que je m'adresse :
— Il faut évacuer, un missile se dirige sur Azgeda.
— Qu'est-ce que tu racontes ? me demande Ontari menaçante.
— Je n'ai pas le temps de vous expliquer, il faut partir, vite !
Ils ne bougent pas.
— Hé merde, c'est comme vous voulez ! Moi je ne reste pas là, je vais chercher un moyen de libérer Lindsey…
— Inutile, dit Ontari, il n'y a que Nia qui possède les clefs des cachots, et même avec les clefs, il faudrait que tu les trouves…
— Hé bien dit moi où ils sont ! Je m'arrangerais pour les clefs !
Ontari semble hésiter, elle se retourne vers Murphy qui s'habille en vitesse. Lui au moins semble me croire.
— Ils sont exactement sous le trône de Nia. Derrière lui se trouve une trappe qui mène à un dédale de couloirs. Là sont tous les prisonniers.
— Il y a beaucoup de cachots ?
— Une dizaine.
— Pas de temps à perdre alors…
Je ne la remercie pas et m'en vais en courant. Lorsque j'arrive dans la salle du trône, Nia n'est pas là, pas de trace d'Alycia non plus. Je m'approche d'une fenêtre et me rends compte du bazar qui règne dans les rues. C'est un fourmillement de personnes qui cherchent à fuir. Au moins Nia a fait confiance à Alycia/Lexa. Tant que je suis ici, je m'approche du trône et me faufile derrière. En effet une trappe est bien là. J'essaie de l'ouvrir mais elle bel et bien est fermée.
— Merde ! Il faut que je trouve Nia !
Je sors en courant et me précipite dans les rues. Avec la cohue il est difficile de se frayer un chemin. J'ai l'impression de chercher pendant un temps infiniment long. J'ai peur que le missile arrive et nous pulvérise tous en même temps, mais je scrute le ciel de temps en temps et pour le moment rien à l'horizon.
— Aïe !
Je m'écroule au sol. La main d'Alycia se tend pour me relever.
— Enfin je te retrouve, elle dit en me prenant dans ses bras, tu as prévenu Murphy ?
— Oui et Ontari m'a donnée la localisation des cachots. Derrière le trône de Nia. Mais il n'y a qu'elle qui a les clefs, il faut qu'on la trouve. Elle est déjà partie ?
— Non, il faut croire qu'elle a un cœur finalement, elle aide les villageois en difficulté à partir.
Nous nous mettons à fouiller la ville qui se vide petit à petit. En chemin nous tombons sur Indra qui se joint à nos recherches, puis sur Titus. Mais pas la moindre trace de Nia. Après un certain moment nous nous rendons compte que la ville est déserte.
— Putain il faut qu'on se dépêche, je dis, le missile ne va pas tarder.
— La salle du trône ! s'exclame Titus. Si Nia n'a pas encore quitté les lieux, c'est forcément là qu'elle se trouvera.
Nous lui faisons confiance et courront tous vers la salle. Et en effet Nia est là, avec Ontari et Murphy.
— Qu'est-ce que tu fais encore ici Nia ? lui demande Alycia.
— Tu penses que je peux abandonner mon trône si simplement ?
— Je te comprends… Mais il faut partir. En revanche, avant ça, libère la prisonnière.
— Pas question.
— Nia ! Elle va mourir ici, avec tous les autres que tu gardes dans tes cachots. S'ils ne sont pas encore morts c'est qu'ils ne méritent pas la mort. Donne-moi les clefs.
— Hors de question que je te laisse libérer tous mes prisonniers !
— Nia ! On te les rendra, donne-moi ces clefs ! Ne laisse pas mourir ces gens, je sais que tu vaux mieux que ça. On a un accord, ma prisonnière ne peut pas mourir.
— Tu t'occupes du sort de ton amie alors que le peuple traite que tu as accueilli vient de déclarer une guerre ?
— Ce n'est pas le moment de parler de ça ! Donne-moi les clefs !
Nia hésite. Elle porte la main à sa taille. Elle jette un regard à Ontari. Ontari jette un regard à Murphy. Murphy lui fait un signe de tête, Ontari fait un signe de tête à Nia. La Reine Azgeda grogne et lance les clefs à Alycia avant de sortir de la pièce.
— Montre-moi la trappe, me hurle Alycia.
Je cours derrière le trône et tout le monde me suit. J'ai à peine le temps de voir Ontari embrasser Murphy avant de fuir avec Nia. Le garçon, lui, reste avec nous. Le trousseau de clefs en contient un grand nombre, par chance la serrure de la trappe est assez grosse, laissant facilement deviner quelle clef il faut utiliser. Nous nous y mettons à trois pour soulever la lourde plaque en bois qui s'ouvre dans un fracas immense.
— Indra et Titus restez ici, ordonne Alycia qui se prend un peu trop pour Lexa, on va essayer de libérer tous les prisonniers, vous les aiderez à sortir et à évacuer. On remontera lorsqu'on aura ouvert toutes les cellules et retrouvé Lindsey. Murphy, surveille le ciel, si le missile arrive… partez.
— Sans vous ? s'étonne Indra.
Un échange de regards se fait entre les deux femmes. Je suis d'accord avec mon amie, hors de question que nous partions sans Lindsey. Plutôt mourir avec elle.
Nous nous engouffrons dans le couloir sombre et humide. Une première cellule nous fait face. Alycia essaye plusieurs clefs et met du temps avant de débloquer le mécanisme d'ouverture. Nous devons nous y mettre à deux pour ouvrir la porte. Deux hommes nous regardent avec des yeux ronds.
— Vous êtes libres, lance Alycia du tac au tac, sortez vite ou vous mourrez.
Les deux hommes ne réfléchissent pas plus et suivent la lumière qui provient de la trappe.
— A ce train là on n'arrivera jamais à ouvrir toutes les portes, je dis à Alycia, il faut qu'on trouve Lindsey en priorité.
Elle acquiesce et nous nous mettons à crier :
— LINDSEY ! LINDSEY !
Point de vue Lindsey :
Ah, voilà que je deviens folle. J'entends des voix ! On dirait que quelqu'un crie mon nom. Étrange, les éclats de voix semblent se rapprocher. Non, je ne suis pas folle !
— LINDSEY !
— Alycia, Marie ! Je suis là !
— Qu'est-ce que tu fous ? s'inquiète ma co-détenue.
— Je m'en vais ! je réponds fière de moi et soulagée.
Je hurle le prénom de mes amies jusqu'à les entendre se rapprocher. Je tire sur mes chaînes pour m'avancer au plus près de la porte de ma cellule.
— Lindsey ?
— Oui, je suis là !
— Lindsey !
C'est la voix de Marie, elle se brise dans sa gorge.
— Comment vous m'avez trouvée ?
— On te racontera plus tard, me dit Alycia pendant que j'entends des bruits de clefs dans une serrure, il faut évacuer au plus vite.
Enfin la porte s'ouvre sur le visage de mes deux amies, j'ai les larmes qui me montent aux yeux.
— Allez, viens ! dit Marie.
— Je ne peux pas, je suis attachée…
— Non.
Toutes les trois nous nous arrêtons, ma voisine de prison sort de l'ombre et me regarde.
— Tes chaînes ne sont qu'une illusion, elles ne t'emprisonnent pas, ce sont des liens mentaux.
— Qu'est-ce qu'elle raconte ? demande Marie.
Sans ajouter mot, la jeune femme à la peau chocolat s'approche du mur où sont rattachées mes chaînes. Elle retire deux pierres et en extirpe les clous qui y étaient plantés. Je suis libre.
— Mais, comment tu ?
— Je suis ici depuis longtemps, pourquoi tu crois que je n'ai pas de chaîne moi ? Parce que j'ai compris et que je m'en suis débarrassée. Et-
D'un coup elle s'arrête. Son regard tombe sur Alycia.
— Lexa…
Sa voix tremble.
— Lexa… elle répète, c'est-c'est bien toi ?
Elle s'approche toute émue.
— On fera les présentations plus tard, s'énerve Marie, il faut sortir d'ici, il y a un putain de missile qui arrive, allez !
Un missile ? Quoi ? Marie pousse la femme vers la sortie et je traîne mes chaînes avec moi. Nous tentons de courir, mais avec mon manque de force c'est assez difficile. Marie attrape mes chaînes pour me soulager de leur poids. Nous remontons à la surface, la lumière du soir me brûle les iris. Titus nous aide à sortir, en dernier il attrape la main de ma co-détenue et en reste pétrifié. Leurs regards se croisent, il s'apprête à dire quelque chose mais Murphy intervient :
— Vous n'avez sauvé que trois personnes ?!
— On n'a plus le temps, dit Alycia, on a trouvé mon amie, on s'en va !
— Donne-moi les clefs, dit Murphy.
— Quoi ? T'es fou, il faut partir !
Il grogne et s'empare des clefs lui-même.
— Je ne laisse personne d'autre mourir. Allez-y, je vous rejoints.
Je vois Alycia hésiter, mais Indra nous pousse et nous finissons par courir.
Je ne comprends rien du tout, je cours, soutenue par Marie, sans comprendre réellement où je suis, ni ce que je vois. Une ville déserte, avec des ustensiles éparpillés partout. Lorsque nous franchissons les portes il n'y a aucun garde. Nous courrons, courrons, pendant ce qu'il me paraît une éternité. Hors d'haleine, à bout de force, je m'écroule au sol. Tout le monde s'arrête avec moi.
— J'en peux plus… je souffle.
— On devrait être en sécurité ici, dit Titus, nous sommes plutôt loin. Je ne connais pas la puissance de feu de ce missile, mais s'il ressemble à celui qui avait déjà été tiré, ça ira.
Je sens tout le monde se détendre d'un coup. Mais le soulagement est vite balayé par un sifflement immense qui passe au dessus de nos têtes.
— Le missile, chuchote Marie en levant les yeux.
Nous le regardons tous comme une étoile filante. Il s'écrase non loin de nous. Jusqu'ici nous en ressentons l'explosion, les tremblements de la terre, la chaleur de la fusion.
— Murphy, s'étrangle Alycia, il…
Je vois Marie lui poser la main sur l'épaule :
— Une mort pour une vie. Nous avons sauvé Lexa, il fallait que quelqu'un meurt.
— Mais…
Alycia se met à pleurer. Comme s'il s'agissait de Richard qui venait tout juste de mourir. J'avoue que j'en ai aussi la gorge nouée alors que je ne l'ai même pas rencontré dans ce monde et que je ne sais pas du tout comment il les a aidé.
Soudainement, ma voisine de cellule se redresse et va prendre Alycia dans ses bras. Tout le monde semble étonné. Seul Titus roule les yeux au ciel.
— Lexa, sanglote la jeune fille, Lexa, enfin je te retrouve…
Sans plus attendre elle capture les lèvres d'Alycia qui la repousse.
— Tu, tu ne me reconnais pas Lexa ?
— Arrête Costia, intervient Titus, ce n'est pas la Lexa que tu connaissais.
Costia ? Quoi ? Depuis tout ce temps j'étais enfermée avec Costia sans le savoir ? Attendez, mais elle n'est pas censée être morte ? Olalala mon crâne…
— Costia ? s'étonne alors à son tour Alycia.
La Costia en question s'écroule sur le sol. C'est sûrement trop dur à encaisser pour elle. Elle s'évanouit. Titus et Indra se précipitent sur elle.
— Elle respire encore, dit Indra, mais elle a tellement changé, elle paraît si faible…
— Pas étonnant vu le temps qu'elle a du passer en prison, je dis.
— Vous la connaissez ? demande Titus.
— De nom, mais dans la série où on joue, on ne l'a jamais vu. Elle est morte.
— C'est ce qu'on croyait aussi, marmonne Titus. Bon, il faut qu'on s'en aille avant que le feu ne prenne par ici.
— Et qu'est-ce qu'on fait de Nia ? demande Marie.
— Notre priorité est d'aller à Arkadia, dit Alycia, Lexa y est et elle est en danger.
— Quoi ?! tonne Titus.
— Je vous expliquerais en chemin, répond Alycia, il faut y aller.
Point de vue Clarke :
Anéantis, Eliza, Abby, Marcus, Harper, Monty, Eliza, Lincoln, Anya, Gaïa, Raven et moi sommes réunis dans l'infirmerie. Niylah veille sur Lexa dans ma chambre. Monty et Raven avaient essayé de trouver un moyen de pirater le missile à distance pour le détourner, mais il avait vite fallu se rendre à l'évidence, ce n'était pas possible. En attendant l'inévitable nous nous étions tous réfugiés ici, attendant un appel d'Alycia pour savoir si elles s'en étaient sorti.
— Eliza ?
Mon sosie se précipite pour prendre la communication.
— Alycia ! Alycia ! Vous êtes en vie !
— Oui, on a eu le temps de faire évacuer Azgeda. Nia m'a fait confiance.
Je vois toutes les épaules se détendre.
— Et… et Lindsey ?
— Je suis en vie mademoiselle, on ne me tue pas si facilement !
La voix de Lindsey fait sursauter Raven, elle hausse un sourcil. Eliza quant à elle, a des larmes qui ruissellent sur ses joues.
— Oh mon Dieu, merci…
— Mais… eum… Clarke ?
Je m'approche d'Eliza pour signifier ma présence.
— Murphy… Il a voulu libérer tous les prisonniers des cachots, il ne voulait que personne d'autre ne meurt. Il n'a pas eu le temps de quitter les lieux avant l'arrivée du missile…
Un silence se fait autour de moi. Murphy… Le rebelle par excellence, celui que nous avions tous détesté, il est mort en sauvant des vies ? Même Raven a l'air triste d'apprendre la nouvelle. Anya est toujours près d'elle, à veiller sur ses moindres réactions.
— Je suis désolée Clarke, ajoute Alycia.
— Ce n'est pas de ta faute, il avait accepter de vous aider je suppose ?
— Oui… Des guerriers Trikru sont toujours à la recherche de la femme qu'il aimait, Titus m'a promis qu'ils continueraient à la chercher.
— C'est gentil, je réponds sans trop savoir quoi ajouter.
— Du coup on se dirige vers vous. Pour vous aider avec la Cité des Lumières et Raven.
— On a libéré Raven.
— C'est vrai ? C'est super alors. On va pouvoir se concentrer sur la Cité.
— Oui, si Azgeda ne vient pas nous attaquer.
— Il va falloir être très vigilent. Et puis avec Lexa dans le coma, c'est moi qui prends les reines je suppose. Mais on va faire au mieux pour gérer cette crise. Comment ça se passe avec Pike ?
— Aux dernières nouvelles il est persuadé qu'il a détruit Nia et son peuple…
— Bon, laissez-le croire ça pour le moment. Avec le blocus il n'aura pas l'occasion de vérifier.
— Alycia ?
— Oui Clarke.
— Puisque tu es Lexa par intérim, tu veux bien demander un renfort autour d'Arkadia, pour éviter des intrus Azgeda ?
— Je vais voir ce que je peux faire.
— Merci… On vous attend. Dites-nous quand vous serez à la frontière du blocus, on organisera une rencontre et une stratégie pour vous faire entrer à Arkadia. A voir si on te fait passer en tant que Lexa ou si on fait ça plus discrètement.
— D'accord, on va réfléchir aussi à ça de notre côté. Mais de toute façon avec Lindsey et Marie il faudra être discret.
— En effet.
— Je te rappelle quand on est là.
— A plus tard.
Je me tourne vers Eliza et lui demande du regard si elle veut lui parler, elle me fait non de la tête. Je pense qu'elle préfère la retrouver en chaire et en os.
— Donc si j'ai bien compris, dit Raven un fois que la communication fut terminée, il y a un sosie de toi, d'Octavia, de Lexa et de moi ?
— C'est ça.
— Heureusement que vous m'avez sorti de la Cité des Lumières, A.L.I.E serait dingue… D'ailleurs c'est étrange que Jaha ne soit pas venu me trouver.
— Si tu veux mon avis, intervient Eliza, elle a vu que tu étais capable de détruire un peuple, elle ne te veut peut-être plus avec elle.
— Mais c'est elle qui m'a aidée avec le missile.
— Va savoir ce qu'elle veut celle-là, rage Eliza.
— Eliza, Lincoln, Anya et Gaïa vous devriez retourner dans la chambre de Clarke.
— Abby a raison, je réponds, ce serait plus prudent. Si on vous trouve ici…
— Je viens avec vous, dit Raven, je veux éviter Jaha pour le moment, et le regard des autres…
Point de vue Niylah :
Je me demande bien pourquoi ils m'ont demandé à moi de veiller sur Lexa. On part quand même sur un danger certain. Nous sommes toutes les deux amoureuses de Clarke. Ils n'ont pas peur que je la tue ? En même temps, s'il n'y a que moi qui suis au courant… Et puis cela veut dire que Clarke me fait confiance.
— Arf…
— Qu'est-ce qui se passe Niylah ? me demande Clarke qui pénètre dans la chambre.
— Euh rien.
En fait ce n'est pas Clarke, je le comprends quand je vois Anya, Gaïa, Lincoln et Raven entrer avec elle.
— On revient se cacher, dit Gaïa devant ma surprise, tu peux retrouver ta liberté.
— Ah, d'accord… Je vais y aller alors.
Je préfère éviter de me retrouver avec le sosie de Clarke, et plus je suis loin de Lexa mieux je me porte. Avant de partir Eliza m'apprend que ses amies ont réussi à sauver le double de Raven et à faire évacuer Azgeda à temps.
Je retourne dans ma chambre et m'y allonge. Il s'est passé beaucoup trop de choses ces dernières années. Et ces derniers jours sont de plus en plus surréalistes. Et ce missile… Heureusement que les dégâts ont été évité, mais connaissant Nia, elle va sûrement vouloir se venger. Enfin, pour l'instant elle croit que Heda a sauvé son peuple, donc je suppose que ça va tout de même quelque peu apaiser les choses.
On frappe à ma porte.
— Oui ?
Une fille blonde entre.
— Tu es Eliza ou Clarke ?
Elle sourit grandement.
— Clarke.
Je ne sais pas si je dois me sentir soulagée.
— Qu'est-ce que tu fais ici ?
— Je voulais te remercier d'avoir veillé sur Lexa pendant qu'on discutait.
— C'est tout ?
— Non… Je crois que je te dois des excuses aussi. Je m'en rends compte maintenant que Lexa est ici. Et autant que je le fasse avant qu'on la réveille. Tu sais que je l'ai rencontrée avant de te rencontrer toi ?
— Oui en effet.
— J'ai fuit après qu'elle m'ait trahie…
— Et tu es tombée sur ma boutique.
— Voilà. Je crois que si je me suis attachée à toi c'était parce que quelque part tu me faisais penser à elle. J'étais déjà tombée amoureuse d'elle mais je ne pouvais pas accepter sa trahison. Alors je me suis réfugiée dans tes bras.
— J'avais compris Clarke, tu sais.
— Peut-être, mais je voulais que tu me pardonnes. Je n'ai pas pensé à tes sentiments. Je vois bien que tu t'es attachée à moi. Alors, je suis désolée… Et puis avec mon double qui débarque, ça doit te chambouler aussi, je sais de quoi je parle… Le double de Lexa, comment dire, est très ressemblant…
J'ai un petit rire. Elle me comprend. Ça me fait du bien qu'elle soit désolée.
— On avait besoin de se dire ça je suppose, je lui réponds, merci Clarke.
Je me lève pour m'approcher d'elle qui est restée debout contre la porte. Elle me laisse déposer mes lèvres contres les siennes.
— Pour tourner la page, je dis en me décollant.
Elle me sourit timidement.
— Les autres sont allés dîner, tu viens ? On en profitera pour voler un peu de nourriture pour nos invités.
— Je te suis !
Point de vue Anya :
Je suis soulagée que Raven vienne avec nous dans la chambre de Clarke. Maintenant que je l'ai sous les yeux, je n'ai pas envie de la quitter. Depuis qu'elle a repris connaissance elle semble si faible.
Lincoln s'assoit sur sa couverture et souffle :
— On n'est pas passé loin de la catastrophe. Par contre, c'est risqué qu'Alycia, Lindsey et Marie viennent ici. On ne va pas tous loger dans cette chambre, et si quelqu'un nous découvre…
— Lindsey et moi, lui répond Eliza, on pourra se faire passer pour Raven ou Clarke, ça ira. Le plus gros problème c'est Marie.
— Et Alycia, ajoute Lincoln. Qu'est-ce qu'on fait ?
— Je pense qu'elle devrait venir ici en tant que Heda, propose Gaïa, elle pourra essayer de réprimander Pike. Enfin, au moins sa venue sera justifiée par la lancée du missile.
— Elle pourrait même l'arrêter pour l'extermination d'Azgeda, je propose. Pike pense qu'il a décimé un clan. Laissons-le croire que Heda vient pour l'emprisonner.
— Ce n'est pas une mauvaise idée, dit Raven, on évince Pike, peut-être que ses sous-fifres arrêterons leur fanatisme à la con. Il ne nous restera plus qu'à gérer Jaha et A.L.I.E.
— Bon, je récapitule, dit Eliza, parce que j'ai l'impression qu'il faut toujours tout récapituler, sinon on s'y perd vite avec tous ces doubles et ces magouilles…
Tout le monde ricane avant de la laisser continuer sa pensée :
— Alycia et les autres viennent ici. On fait entrer Alycia, Titus et Indra en tant que Heda et sa garde. D'un autre côté on fait entrer en douce Lindsey et Marie. Pendant qu'Alycia tente de jouer Lexa pour arrêter Pike, Raven tu nous aides à pénétrer dans l'esprit de Lexa pour qu'on la sorte de ce coma et qu'elle nous aide à détruire la Cité.
— Comment vous voulez que je pénètre dans son esprit ? demande Raven surprise.
— Ah c'est vrai, tu ne sais pas. Lexa a une puce dans le cou, similaire à celle que tu as avalé.
— Je vois, c'est ce que A.L.I.E cherche. Mais alors si Alycia vient ici…
— Jaha va sûrement s'attaquer à elle.
— Je n'avais pas penser à ce point, dit Eliza en se prenant la tête…
— On verra ça plus tard, reprend Raven, ils ne sont pas encore là. Parle-moi de cette puce.
— Elle contient l'âme des Commandants sous forme de données numériques. Donc si tu arrives à t'y connecter, je pense que tu peux sortir l'âme de Lexa de son piège.
— Oui, je crois que je vois l'idée. Mais comment on fait pour éteindre la Cité ?
— Ça je ne sais pas, tout dépend de ce que Lexa nous dira lorsqu'elle se réveillera, ce qu'elle aura découvert ou non… Quant à A.L.I.E…
— Hey, j'interviens, on devrait arrêter de se prendre la tête comme ça tout le temps. On a tous eu une dure journée. Reposons-nous, attendons qu'ils arrivent. Ils ne seront pas là avant l'aube de toute façon. Je pense qu'on a tous besoin d'une bonne nuit de sommeil complète.
— Anya a raison, répond Gaïa, il nous faut du repos pour affronter la suite des évènements.
— Je… je vais dans ma chambre alors, dit Raven. Anya ?
Mon cœur s'emballe.
— O-oui ?
— Tu veux bien m'accompagner ?
Je regarde Eliza comme si elle pouvait m'aider. C'est la seule au courant de mes sentiments. Elle me fait un clin d'œil.
Je me cache dans un pull à capuche qu'Eliza m'a prêtée après avoir fouillé dans les affaires de Clarke et je peux enfin l'enlever lorsque je me retrouve seule avec Raven.
— Pourquoi tu voulais que je vienne Raven ?
— J'ai remarqué ton comportement depuis que je suis redevenue moi-même…
Elle se frotte la nuque au niveau de son pansement. Je pense que ce geste est plutôt lié à de la gêne qu'à une certaine douleur.
— Tu es d'une attention extrême avec moi. Pourtant, on ne s'est jamais vraiment battu côte à côte, et depuis la trahison de Lexa on ne s'est pas vu…
— Je… Oui, c'est vrai que j'ai choisi mon camp, forcément. Mais… j'aurais préféré que Lexa ne prenne pas cette décision au Mont Wheather, crois-moi… Et puis, on a partagé quelques batailles quand même toutes les deux.
Je m'appuie contre la porte car je ne sais pas où me mettre. Raven marche au milieu de la pièce, elle boite. Là est la différence avec Lindsey. En me remémorant la jeune femme je ne peux pas m'empêcher de nous revoir faire l'amour. Je me mets à rougir. Un feu envahi mon être. J'essaie de ne rien faire transparaître.
— Tu as beaucoup côtoyé cette Lindsey, n'est-ce pas ?
— Oui…
— Elle me ressemble tant que ça ?
— Trait pour trait mais elle ne boite pas. Elle a la même voix que toi et la même espièglerie qui me plaît tant…
Oups…
— Ah, dit Raven en s'approchant de moi, j'ai réussi à te le faire dire… Je te plais.
— Oui…
— Qu'est-ce qui te plaît chez moi ? Je ne comprends pas ce qui peut t'attirer. Et puis de toute façon, qui se frotte à moi fini par le payer cher, regarde Finn…
— Si tu veux mon avis, j'aurais dit que c'est Clarke qui lui a porté la poisse… Mais à part ça, je te trouve très intelligente, tu sais manier une science que nous ne connaissons pas du tout, une science du passé qui me fascine. Tu luttes contre la douleur au quotidien, je vois à quel point tu es forte.
— J'ai pris la Clef, j'ai voulu fuir ma douleur, je ne suis pas sûre d'être si forte que ce que tu penses.
— On a tous besoin de s'évader à un moment ou à un autre. Et puis, je te trouve très belle aussi…
— Il y a au moins une chose que vous avez hérité de nous.
— Quoi donc ?
— La tolérance.
— Je ne te comprends pas Raven.
— Il a fallu du temps pour que l'humanité accepte que des hommes aiment des hommes et que des femmes aiment des femmes. Et toi aujourd'hui tu me parles de tes sentiments sans te soucier de ce que je pourrais en dire.
— Ça n'a jamais été un problème chez nous.
— Je le sais, vous tenez ça de nous.
— Mmh, je ne sais pas si je dois m'en réjouir ou pas.
Ma remarque la fait beaucoup rire. Enfin je la voir sourire. Mon cœur se remplit de joie et s'en délecte.
— Alors, tu ne m'en veux pas de t'aimer ? je demande timidement.
— T'en vouloir ? Je crois que c'est plutôt tout le contraire…
Elle s'approche de moi, et avant que j'ai eu le temps de reprendre ma respiration, sa bouche s'écrase contre la mienne. J'ai un hoquet de surprise qui la fait reculer.
— Pardon, elle bafouille, je ne…
Je la coupe en posant mon doigt sur ses lèvres. Puis je viens le remplacer par le bout de ma langue. Notre premier baiser. J'ai l'impression de l'avoir déjà embrassé au travers de Lindsey, et pourtant, elle n'embrasse pas de la même façon. Ce sont bien deux être différents. Je dirais qu'il y a un peu plus de violence et d'impatience chez Raven.
Tout le monde est en vie ! Ah pardon sauf Murphy… Il fallait bien que quelqu'un meurt dans cette histoire quand même non ? Maintenant il va falloir s'occuper sérieusement de la Cité des Lumières !
Ah et pour Costia… Bah oui, une bonne fanfiction sur le Clexa voit toujours l'arrivée de Costia hahahaha !
Je peux officiellement vous annoncer que j'ai terminé d'écrire cette fiction. Il y aura donc maintenant deux chapitres publiés par semaines jusqu'à la fin de l'histoire, les mardis et samedis ! On se retrouve donc samedi pour la suite , passez une bonne semaine !
