Bonjour ! Je vous laisse démarrer ce chapitre avec un scène d'amour, parce que ça fait longtemps qu'il n'y en a pas eu dans cette histoire !
Enjooooy
Point de vue Anya :
Raven agrippe le col du vêtement que je porte et recule m'entraînant avec elle. Ses genoux cognent contre le lit nous y faisant tomber toutes les deux. En s'affalant sur le matelas nous rions bêtement. Pendant un instant le temps s'arrête. Nos iris se mélangent. Je sens une bouffée de joie gonfler ma poitrine. Je retombe sur sa bouche.
Assez vite ses mains passent sous mon haut pour m'en débarrasser.
— Je trouve que tu as un peu trop de vêtements Anya…
Je ris en paraissant faussement choquée et je lui retire son haut qui dévoile immédiatement son soutient-gorge. Sa peau bronzée a l'odeur de l'acier, j'y précipite ma langue pour la goûter. Pendant que Raven tente de me retirer mon pull, je croque sa mâchoire, lui chatouille la nuque en soufflant doucement. Dans une farandole de rires et de mouvements nous nous retrouvons nues, sous la couette, nos lèvres soudées, nos salives complices. J'efface mon aventure brumeuse avec Lindsey pour me concentrer sur la véritable Raven. La femme dont je suis tombée amoureuse il y a déjà quelques mois de cela.
Entre temps elle a réussi à prendre le dessus, je suis à sa merci. Son regard me transperce, il est rempli d'envie.
— A.L.I.E m'empêchait toute pensée de désir, je t'avais même oubliée, j'ai l'impression de te retrouver… C'est… Je n'ai pas les mots…
— Alors ne dit rien…
Encore une fois je pose un doigt sur sa bouche pour la faire taire et j'attrape ses épaules pour la forcer à se coller à moi. Elle évite ma bouche par pur provocation et descend entre mes seins pour les couvrir de baisers. Petit à petit elle passe entre mes abdominaux pour arriver jusqu'au nombril. Je sens qu'elle me fait un suçon juste à côté. Dans l'action je ressens son ventre contre mon sexe, je deviens folle. Je m'accroche aux draps et mon autre main fourrage dans ses cheveux. Je fais valser la couette, trop désireuse de voir ses courbes. Elle lâche le suçon, laissant sur mon ventre un filet de salive, me fait un clin d'œil et descend entre mes cuisses. Elle embrasse d'abord le contour, s'aventure dans les poils, frotte le bout de son nez contre mon clitoris. Elle sait y faire. Et enfin l'humidité du plat de sa langue câline mon sexe brûlant. Je lâche un soupire d'extase qui la fait ricaner.
J'aurais voulu profiter au mieux de cet instant, lui faire l'amour pendant des heures, mais le bonheur est tellement intense que je n'arrive pas à contrôler l'orgasme qui me saisit. Il me fait vibrer les pieds, gronde dans mon estomac et me coupe la respiration. J'exulte dans un soupir chaud et suave. Raven reste un petit instant contre moi avant d'emprunter le chemin inverse et de venir fourrer sa langue souillée dans ma bouche. Son baiser est quémandeur. D'un geste habile je la retourne sur le matelas. Je la regarde en tentant de reprendre mon souffle. Nous ne bougeons plus. Je halète, elle respire fort, pleine de désir. Ses mains sont agrippées autour de mes épaules. Je sens son bassin bouger à la recherche du plaisir. Ses pupilles sont dilatées.
— Prends-moi… chuchote Raven.
D'un coup tout mon souffle est revenu. Je fonce sur sa bouche pour en lécher ses lèvres. Elle gémit sous la surprise. Ma main droite attrape un sein pour lui faire sa fête tandis que ma main gauche atterrit directement contre son sexe. Sentir son excitation si forte me donne envie de l'amener au paradis. Je reste à l'extérieur la laissant se cambrer de plus en plus et quémander encore en silence. Sa langue contre la mienne se fait presque violente. Comme une discussion sans parole, je la comprends et pénètre en elle mon majeur. Son torse se bombe de soulagement, elle quitte ma bouche pour embrasser ma clavicule. De la sorte elle peut aussi respirer et aspirer plus d'air que par le nez. Je fais des va-et-vient du mieux que je peux. Ses dents croquent ma peau, sa gorge fournit des râles qui m'étourdissent. J'ai du mal à m'appliquer tant son corps est transi par le désir. La paume de ma main, par intermittence, butte contre son clitoris. Ses ongles viennent s'enfoncer dans mon dos. Elle s'accroche à moi pour ne pas me perdre. Sa bouche quitte mon cou pour venir contre mon oreille. Je ressens ses halètements jusque dans mes entrailles.
— Anya…
Mon prénom se perd dans sa jouissance, tout au fond de mon oreille. Son corps s'immobilise, elle gémit bruyamment sans retenu pour se donner la chance d'avoir un bel orgasme. Je retire doucement mon doigt et laisse ma main posée sur son ventre en la regardant reprendre ses esprits. Elle vient glisser ses doigts entre les miens. Après avoir repris un semblant de souffle, elle m'embrasse encore.
Je laisse aller mes appuis et je m'allonge contre elle, nos doigts toujours enlacés. Son autre main dans mon dos me caresse gentiment. L'instant est paisible personne ne veut parler. Soudain sa hanche se cambre, sa main se crispe contre la mienne et sa bouche émet un son de douleur. Je me redresse pour la regarder.
— Ça va ?
— Oui, oui, mon corps avait juste oublié ce qu'était la douleur.
Je vois sa main caresser sa hanche bleuâtre. Je me défaits de l'étreinte pour aller y déposer un baiser.
— Merci… chuchote-t-elle.
— Ce n'est qu'un baiser, je réponds en remontant à son niveau.
— De m'avoir sortie de la Cité.
— Oh, je n'ai pas fait grand-chose tu sais…
— Oui mais tu étais là, c'est ce qui compte.
Elle passe sa main dans mes cheveux et colle son nez contre le mien. Je ferme les yeux. Je pourrais rester des heures ainsi.
Point de vue Alycia :
Pendant que j'avais contacté Eliza pour lui dire que nous étions en vie, Indra et Titus avaient réussi à installer Costia dans le chariot qui nous avait menés ici et que par chance nous avions retrouvé puisqu'il était resté assez loin de la zone d'impact du missile. Lindsey (toujours menottée), Costia, Marie et moi étions montées dans la carriole. Titus et Indra étaient sur les chevaux.
Indra étant la seule connaissant le chemin vers Arkadia, elle montre la route pendant que mes amies et moi regardons étrangement Costia.
— Dans la série Nia lui a coupé la tête pour l'envoyer à Lexa comme avertissement, non ? demande Marie.
— Oui, oui, confirme Lindsey en agitant ses chaînes, à aucun moment je ne me serais doutée que c'était elle. Vous croyez que c'est une bonne idée de l'amener à Arkadia ? Je veux dire, il y a la vraie Lexa là bas… Et Clarke. On est venu sauver Lexa mais pas détruire le Clexa !
— J'avoue… je marmonne. Mais Lexa est amoureuse de Clarke maintenant, ça fait longtemps qu'elle a fait le deuil de Costia. Et puis Costia… Elle ne t'a rien dit pendant que vous étiez enfermées ?
— Rien, me répond Lindsey, enfin que des choses inutiles, puis elle n'était pas très bavarde.
— Lexa…
Nous nous focalisons sur Costia qui vient de marmonner dans un demi-sommeil. Petit à petit elle reprend conscience. Je décide de m'occuper de son cas. Un visage familier aidera sûrement. Marie me passe de l'eau pour que je lui en donne un peu. Petit à petit Costia arrive à se redresser. Nous lui donnons un fruit un peu pourri mais qu'elle mange avec envie. Une fois qu'elle semble avoir retrouvé ses esprits, elle me regarde. Mon cœur se pince, il y a une détresse immense au fond de ses yeux, combien de temps est-elle restée enfermée, croyant que Lexa viendrait la sauver ?
— Lexa…
Des larmes coulent sur ses joues.
— Je ne-
Je n'ai pas le temps de protester qu'elle se jette sur ma bouche. C'est la deuxième fois qu'elle m'embrasse. Je la repousse gentiment.
— Je ne suis pas Lexa, je dis en posant mes mains sur les épaules de Costia.
— Je ne comprends pas…
— C'est difficile à expliquer mais mes amies et moi n'appartenons pas à votre monde. Nous venons d'ailleurs. Et il se trouve que j'ai les traits de Lexa, mes amies ont les traits d'autres personnes de ce monde. Tu me comprends ?
— Euh, je-je crois… Mais si tu n'es pas Lexa, pourquoi es-tu habillée en Heda ?
— Il le fallait, pour sauver Lindsey qui était enfermée avec toi.
Costia ne répond rien. Cela doit être dur à comprendre, elle ne connaît pas encore les Skaikru qui plus est.
— Lexa est toujours en vie ? demande la jeune métisse le regard sombre.
— Oui mais-
— Je ne te demande pas si elle m'aime encore, je me doute bien que depuis tout ce temps elle pense que je suis morte. Je veux juste savoir si elle va bien.
— Pas vraiment, répond Marie en mettant les pieds dans le plat, justement on va la sauver.
— La sauver ?
— Disons pour faire simple, j'explique simplement pour ne pas avoir à répéter ce que j'ai déjà compté à Indra et Titus, qu'elle est entrée en méditation et qu'elle n'arrive pas à en sortir. Mais des amis à nous s'occupent d'elle en ce moment pour essayer de régler ce problème. Nous les rejoignions pour les aider et pour aider à détruire la personne qui a fait en sorte que Lexa ne puisse plus sortir de son palais mental.
Costia fait oui de la tête mais je suis sûre qu'elle n'a pas tout saisi. Enfin, elle a l'air si faible, ce n'est pas grave si elle ne comprend pas tout tout de suite.
— On prévient Clarke ? demande Lindsey.
— Pour Costia ? je m'étonne.
— Elle ne sait pas à quoi elle ressemble mais elle connaît son nom, il vaut mieux qu'elle sache.
— Lindsey a raison, répond Marie, il y a déjà eu trop de non-dits.
Le chariot s'arrête. Indra nous annonce que nous allons passer la nuit ici. Nous sommes sortis de la zone froide donc la température est supportable.
— Euh, Costia, demande Lindsey en montrant ses poignets enchaînés, tu ne saurais pas comment je pourrais me débarrasser de ça ?
Sans rien dire, Costia s'approche des menottes. Elle les effleure, les examine et par une pression du pouce les ouvre sous nos yeux ronds.
— Les Azgeda sont vraiment fourbes, dit Titus qui descend de cheval.
— Merci, dit Lindsey en se frottant les poignets.
Elle examine sa cicatrice. Marie vient à ses côtés pour regarder elle aussi.
— Je m'attendais à pire, constate Lindsey, mais la plaie est déjà presque cicatrisée.
— Faut croire que Lexa s'y prend bien quand elle blesse quelqu'un…
Marie sourit à Lindsey qui semble énormément soulagée. Cette dernière saute du chariot et ouvre grand les bras pour respirer l'air frais.
Nous posons le campement. Costia reste dans le chariot pour y dormir. Je m'éloigne pour appeler Clarke.
— Clarke ?
— Alycia ?
— Je te dérange ?
— Non, non, je suis allée apporter à manger à nos protégées et surveiller l'état de Lexa, là je viens d'arriver dans la chambre de ma mère. Vous allez bien ?
— Oui, on vient de poser un campement pour la nuit. Mais je t'appelle pour… Il y a quelque chose que je vous ai caché quand j'ai parlé à Eliza tout à l'heure. On voulait savoir quoi faire avant d'en parler. Et on a pensé que ce serait mieux que tu sois la première au courant.
— Je t'écoute.
— Lindsey partageait sa cellule avec une autre prisonnière qu'on a libérée en même temps. Il s'agit de Costia.
Un silence se fait, j'entends toujours le talkie crépiter, cela veut dire qu'elle a le doigt appuyé sur la touche qui lui permet de parler mais qu'elle ne sait pas quoi répondre. Alors je lui explique. Qu'elle m'a confondue avec Lexa et qu'elle semble toujours l'aimer.
— Merci de m'avoir prévenu Alycia. Je… Je vais essayer de digérer l'information.
— Ne te prends pas trop la tête, d'accord ? Je sais que Lexa est amoureuse de toi.
— Je le sais aussi. J'espère juste que… Enfin bref, de toute façon il y a trop de choses à gérer en ce moment pour penser aux sentiments. Demain matin Raven va essayer de pénétrer dans la puce de Lexa.
— Oh, d'accord !
— On vous tiendra au courant.
— Oui. Nous aussi, de notre progression. Bonne nuit Clarke.
— Bonne nuit Alycia…
Point de vue Clarke :
Costia… Je pose le talkie et m'assoie sur le lit en soufflant. J'espère qu'on arrivera à réveiller Lexa avant que Costia arrive ici. J'aimerais autant que ce soit de ma bouche qu'elle apprenne la nouvelle. Je porte ma main à ma poitrine. J'ai mal. Je perds tous ceux que j'aime, je ne peux pas me permettre de perdre Lexa. Elle est mon tout. Aller dans la chambre de Niylah pour l'embrasser me traverse l'esprit mais ce serait une incroyable bêtise. Je peux me réconforter mais Niylah ne devrait pas en souffrir. Impossible de dormir maintenant que je sais ça. Heureusement la porte s'ouvre laissant entrer ma mère.
— Maman…
— Clarke ? Qu'est-ce qu'il y a ?
Je me lève et me précipite dans ses bras pour me laisser aller. Je pleure à chaudes larmes sur son épaule pendant qu'elle nous fait faire marche arrière pour que nous nous asseyons sur son lit. Puis elle prend mon visage dans ses mains et me regarde.
— Ça va aller Clarke. Je vois toutes les épreuves que tu as endurées et que tu endures, mais je suis là. Tous tes amis sont là. On va sauver Lexa, on va détruire cette A.L.I.E, ça va aller Clarke.
Je hoche la tête en essuyant mes larmes.
— Maman ?
— Oui ?
— Tu penses encore à papa ?
Ma question la désarçonne. Elle se racle la gorge avant de répondre :
— Bien sûr. Il n'y a pas un seul jour où je ne pense pas à lui. Mais ça ne veut pas pour autant dire que je n'ai pas fait mon deuil. Il est mort pour la bonne cause. Et depuis que nous sommes arrivés ici nous avons subi un grand nombre de perte. On s'habitue à la mort, et plus j'y fais fasse, plus je me dis que j'ai vécu des moments heureux avec ton père et qu'il faut que je me le remémore plutôt que de penser à sa mort.
— Merci…
Je replonge dans ses bras pour la serrer contre moi.
— Clarke ?
— Oui ?
— Cette Lexa, tu l'aimes, n'est-ce pas ?
— Comment tu sais ?
— Je suis ta mère. J'ai vu comment tu la regardes, comment tu t'inquiètes.
— Oui… je l'aime. Et je vais tout mettre en œuvre pour la sortir de là et faire en sorte que nous signons la paix avec les natifs.
Je me décolle avant de reprendre :
— Je veux sauver Lexa parce que je l'aime, mais aussi parce que le monde actuel a besoin d'elle.
Abby me sourit et caresse ma joue.
— Ton père aurait été fier de toi.
Je souris en reniflant. Nous finissons par nous mettre au lit. Dormir dans les bras de ma mère me rappelle tous les souvenirs joyeux que nous avons eu sur l'Arche. J'arrive à m'endormir apaisée.
Point de vue Lindsey :
Pendant qu'Alycia va prévenir Clarke, Marie et moi posons quelques fourrures à terre pour nous faire des sacs de couchage. Indra et Titus font cuire des mets étranges autour du feu et Costia reste dans le chariot, prostrée dans son silence.
— Merci, je dis soudainement en prenant place sur une fourrure.
— Pour ? demande Marie en s'asseyant à mes côtés.
— Euh, pour m'avoir sauvé la vie ?
— Ahah ! De rien, hein ! Mais je ne l'ai pas fait toute seule.
Elle me montre Indra et Titus, puis Alycia.
— Oui, mais c'est toi que j'avais le plus envie de revoir…
Je baisse les yeux en posant ma main sur la sienne. Elle se racle la gorge.
— Lindsey…
— Qu'est-ce qui se passe entre nous Marie ?
— Je ne sais pas…
— Tu penses toujours à Lincoln ?
— Un peu… J'ai pris goût à cette vie d'aventure, je me verrais bien rester ici avec lui.
Ma poitrine se serre, je retire ma main.
— Mais en même temps, ajoute Marie en rattrapant ma main avant qu'il ne soit trop tard, t'avoir vu approcher la mort de si prêt m'a fait réaliser à quel point j'aime la vie que je mène dans notre univers, et à quel point je tiens à toi Lindsey. Je suis venue te sauver alors que Titus ne voulait pas que je fasse partie du convois. Et je ne voulais pas que Lincoln vienne avec nous. Je voulais que ce soit Indra.
— Pourquoi ?
— Je ne voulais pas penser à lui, je ne voulais penser qu'à toi. Je… Je crois que je ressens des sentiments amoureux pour toi. Je ne sais pas encore ce que je veux en faire exactement, mais une chose est sûre, c'est que je ne veux plus être séparée de toi.
Mon corps se réchauffe à ses mots. Plus efficace que le feu qui crépite derrière nous. J'entrelace mes doigts avec les siens.
— Alors on ne se sépare plus, je lui dis.
— Plus jamais.
Nous nous sourions un peu bêtement, sans trop savoir quoi faire. Je crois que nous ne sommes pas encore tout à fait prêtes.
Indra et Titus nous servent à manger. Alycia se porte volontaire pour apporter à boire et à manger à Costia qui préfère rester dans son coin.
Pour dormir, Alycia Marie et moi nous blottissons les unes contre les autres. Marie est dos à moi entre mes bras. Je plonge le nez dans son cou et je m'endors, allongée confortablement sur cette couverture, entourée des personnes qui m'aiment. Je veux rentrer au plus vite chez nous et oublier le sol humide de ce cachot…
Point de vue Eliza :
Je me réveille avec un mal de dos assez incroyable. Dormir part terre, même avec couverture et oreiller est la pire des idées. Mais bon, quand je pense au fait que mes amies sont en vie ça me rassure. J'ouvre doucement les yeux pour constater que Lexa est toujours dans le coma, Lincoln et Gaïa toujours endormis. Et surtout, qu'Anya n'est pas là. Alors, elle a dormi avec Raven ? L'idée me réjouit.
— Tu es bien joyeuse dès le matin, dit Lincoln qui me fait sursauter.
— Anya n'est pas là.
Il scrute la pièce.
— Elle a dormi avec Raven ?
— Tu sais ce que ça veut dire, mmh ?
— Ahah ! Hé bien, je suis heureux pour elle !
Le gaillard se lève en s'étirant. Le bruit réveille Gaïa qui nous regarde ronchon avant de se lever pour aller au chevet de Lexa.
— J'ai faim, dit Lincoln.
— J'appelle Clarke si tu veux.
— Laissons-là se reposer à mon avis elle en a grandement besoin.
— Je peux aussi me faufiler en tant que Clarke dans les cuisines.
— C'est une mauvaise idée, répond Gaïa.
Elle a raison. Alors nous attentons tous les trois que quelqu'un vienne nous rendre visite. Et enfin la libération arrive lorsque Abby et Clarke poussent la porte avec de la nourriture.
— Restaurez-vous, dit Abby en changeant la perfusion, et on ira chercher Raven pour s'occuper de Lexa.
— Elle n'a pas eu de problème avec Jaha pour le moment ?
— C'est à dire que… On ne l'a pas vu au dîner hier soir, elle n'a pas dû quitter sa chambre depuis.
Lincoln et moi échangeons un regard complice.
— Où est Anya ? demande soudain Clarke.
— Tu te demandes pourquoi Raven est restée dans sa chambre, mmh ? Tout simplement parce qu'elle y a amené Anya avec elle.
Clarke rit en apprenant la nouvelle. Elle n'avait rien soupçonné.
— Au moins, pas de problème avec Jaha pour le moment, répond Clarke, même si A.L.I.E a dû l'informer qu'elle n'était plus dans la Cité.
— Je pense qu'elle a eu ce qu'elle voulait de Raven pour le moment, je réponds.
— Oui mais elle a compris qu'on savait comment sortir de la Cité, il y a un moment où elle va devenir un danger via tous ceux qui ont pris la Clef.
— Chaque chose en son temps ! hurle Raven en entrant dans la pièce avec une personne cachée sous une capuche.
Une fois la porte refermée, Anya se découvre le visage. Elle a les joues rouges. Lincoln me donne un coup de coude dans les côtes. Je ris. Raven ne semble se rendre compte de rien et continue :
— D'abord on sort Lexa de là. Si elle nous apprend qu'elle a été en contact avec A.L.I.E, là on pourra réellement s'inquiéter. Eliza ?
— Oui ?
— Tu sais où en sont tes amies dans leur périple jusqu'à nous ?
— Ils ont campés pour la nuit, ils ne devraient plus être très loin.
— Bien, alors dépêchons-nous.
— Ça fait du bien de te retrouver Raven, dit Clarke en lui souriant avec joie.
Raven lui répond avec un clin d'œil et s'approche de Lexa. Je l'aide à la tourner pour lui montrer la cicatrice sur sa nuque.
— Il va falloir qu'on la bouge dans une salle munie d'un ordinateur.
— On ne peut pas faire venir l'ordinateur plutôt ? je demande.
— Hé, Eliza, les ordinateurs portables n'existent plus dans ce monde, il n'y a pas le choix.
— Bon, bon, dit Abby, la civière est toujours là, on peut l'utiliser, on la recouvre d'un drap et si on croise des curieux on dira qu'on transporte un blessé.
— Ça peut marcher, répond Clarke.
Tout le monde se met en action.
— Je vais chercher Monty, dit Raven, on se retrouve dans la salle informatique de l'aile Est.
Tout le monde acquiesce. Lincoln et Clarke posent Lexa sur la civière. Abby la recouvre avec les draps du lit.
— On a besoin que tu viennes avec nous Eliza, dit Clarke en me regardant, je vais porter la civière avec Abby, je t'enverrais deux bip avec le talkie pour te dire quand nous serrons arrivés dans la salle. Tu pourras venir nous rejoindre.
— Euh, mais je ne sais pas où cette salle se trouve.
— J'enverrais Monty te chercher alors. Lincoln, Anya, Gaïa, désolée, mais vous allez devoir rester ici…
— On a l'habitude maintenant, dit Lincoln en haussant les épaules.
Clarke, Abby et Lexa quittent la chambre.
— Alors Anya, s'empresse de demander Lincoln une fois la porte refermée, tu as bien dormi ?
— Linc ! Sérieux !
— Ahahah tu t'es grillée toute seule ma vieille !
Avec tous ces évènements je n'avais pas fait attention qu'ils étaient si proches ces deux-là. Je ne sais pourquoi mais leur amitié me remplie de joie. Anya finit par rougir et avouer qu'elle a couché avec Raven. Même Gaïa semble prendre part joyeusement à la discussion. Malheureusement nous sommes interrompus par Monty qui vient me chercher.
— Ne raconte pas les détails avant que je revienne ! je lâche à Anya avant de suivre Monty.
Elle attrape un oreiller mais s'abstient de me le balancer.
— Je vois que tu t'es intégrée aussi vite que Clarke, me dit Monty qui m'escorte.
— On a la même nature je suppose ! Elles n'ont eut aucun problème à arriver jusque dans la salle informatique ?
— Apparemment non. J'y étais avec Raven lorsque Abby et Clarke sont arrivées avec la civière. Aussitôt Clarke m'a envoyé vers toi.
Sans encombre, nous arrivons dans la salle où nous retrouvons Clarke, Raven, Abby, et Lexa qui a été allongée sur une table.
— On n'a croisé personne, dit Monty, c'est étrange quand même, d'habitude il y a des sbires de Jaha dans les couloirs.
— Ils doivent préparer quelque chose, s'inquiète Raven, ça ne va pas être beau à voir. Il faut qu'on se dépêche. Eliza, tu as une idée d'où on pourrait commencer ?
Je réfléchis en pensant au scénario. Ce serait si simple qu'on puisse connecter la puce via une clef USB à l'ordinateur… J'essaie de me passer en revue les épisodes dont je me souviens mais rien ne vient.
— Il faut que je contacte Lindsey, elle saura !
Je prends le talkie-walkie.
— Les filles ?
— Oui ? répond Alycia.
J'ai presque l'impression qu'elles sont avec moi tant elles répondent toujours autant rapidement.
— Je pourrais parler à Lindsey ?
— Je suis là !
— Raven est avec moi, on se demandait comment on pourrait accéder à la puce dans la nuque de Lexa pour pouvoir la sortir de son état.
— Mmh laisse-moi réfléchir.
Je suppose qu'elle fait la même chose que moi, elle passe en revue le scénario, sauf qu'elle connaît mieux que moi les scènes où elle joue Raven, et je compte bien là dessus.
— Ah, je sais ! Passe-moi Raven !
Je m'exécute.
— Raven !
— Euh, Lindsey ?
— Ah, ça fait bizarre d'entendre sa propre voix…
— A qui le dis-tu !
— Ahah, bon ! Quand tu avais encore A.L.I.E à tes côtés, tu as pu avoir accès à son code source, n'est-ce pas ?
— Oui.
— Le code de la puce de Lexa est le même, c'est juste la version améliorée. Donc si tu trouves un moyen de pénétrer dans le code de A.L.I.E tu pourras aussi pénétrer dans celui de Lexa.
— Brillant ! Merci beaucoup.
— De rien. Je vous laisse travailler. Nous avons repris la route tôt ce matin, on vous tient informé.
— Nous aussi, répond Raven machinalement avant de me rendre le talkie et de foncer sur le clavier de l'ordinateur. Jaha a connecté l'unité centrale de A.L.I.E au réseau du camp, on devrait pouvoir y accéder.
Je ne comprends absolument rien à ce que Raven tente de faire, mais au bout d'un temps qui me paraît beaucoup trop long (Monty, Clarke et Abby surveillent la porte pour s'assurer qu'on ne nous dérange pas) elle s'exclame enfin qu'elle a réussi à pénétrer dans la puce.
— Bon, et maintenant qu'est-ce que je fais…
— Essaye de trouver une erreur dans le code, je lui dis du tac au tac.
La brune semble me comprendre.
— Un peu d'aide Monty ?
Le garçon se joint à elle et ils passent en revue chaque ligne de code.
— Là, pointe du doigt le brun, c'est là que son esprit est pris au piège.
— Mmh, c'est comme un par-feu qui empêcherait un virus de passer.
— Alors, il faut éteindre l'anti-virus ? propose Monty.
Tous les deux se sourient et se mettent à travailler. Je m'approche de Clarke.
— Ça va ? je demande à mon double.
— Je t'avoue que depuis tout à l'heure j'ai très peur que Jaha vienne défoncer la porte pour nous coincer. Et je n'arrête pas de me dire que si on nous trouvait toutes les deux ensemble ce serait une catastrophe. Mais bon, j'essaie de ne pas trop y penser.
Abby ricane.
— C'est dans sa nature, me dit la mère, elle est toujours obligée de prévoir les pires scénarios.
— Ça y est !
Ce sont Monty et Raven qui s'exclament en même temps. Toutes les trois nous quittons la porte pour accourir. Clarke et moi nous jetons au chevet de Lexa. Raven appuie sur un bouton et le buste de Lexa se soulève d'un coup. Elle se retrouve en position assise sur la table en prenant une énorme bouffée d'air. Son visage se tourne vers moi, puis vers Clarke.
— Clarke !
Lexa se jette au cou de sa bien-aimée.
— Où-est-ce que je suis ? demande Lexa en lâchant Clarke pour regarder autour d'elle.
— Bienvenue à Arkadia, répond mon double en souriant.
— Je ne pensais pas y arriver si vite…
— On ferra les présentations plus tard, dit Raven en venant près de nous, il faut que tu nous racontes ce qui t'as retenu prisonnière.
— Bekka… Non, c'était A.L.I.E, dit Lexa en se massant les tempes, elle m'a attirée pour m'enfermer et m'empêcher de vous aider à détruire la Cité des Lumières…
— Je le savais ! je m'exclame avec un peu trop d'entrain.
— Alors on n'a plus le temps, dit Raven, Jaha et les autres vont-
Elle est coupée dans sa phrase par la porte de la salle qui s'ouvre dans un immense fracas.
Hé bah voilà, la merde continue !
J'espère que le petit moment Anya/Raven vous aura plu héhé !
Bon week-end et à mardi pour la suite.
