Hey ! Chapitre posté en avance parce que je n'aurais pas le temps demain (ouais genre j'ai une vie sociale et associative ptdr!)

Je vous laisse avec Eliza et Lexa dans la Cité. Enjoy !


Point de vue Eliza :

Après avoir avalé la pastille imprimée du fameux signe infini, je ressens quelques vertiges. Alors même que je suis assise contre le mur. J'essaie de m'accrocher à la main de Lexa pour ne pas sombrer. Je n'ai aucune idée de ce qu'il peut m'arriver. J'ai vraiment joué avec le hasard. Mais je n'en peux plus de ce monde. Plus vite on se débarrasse d'A.L.I.E plus vite on peut rentrer chez nous. J'ai pris les choses en main, et la Clef en bouche… Après quelques instants les vertiges s'atténuent jusqu'à s'arrêter. J'essaie de me concentrer pour faire le vide dans mon esprit. J'ai envie d'ouvrir les yeux mais je me force à rester dans une sorte de méditation. Et c'est là que la magie opère. Je sens comme une petite impulsion électrique partir de mon estomac et se propager dans toutes les cellules de ma peau. La pulsion reste comme un léger picotement permanent. Petit à petit je sens mes yeux s'ouvrir. Enfin, non, ce ne sont pas mes yeux, mais pourtant je vois une lumière de plus en plus vive.

Bam. Je me retrouve soudain en plein milieu d'une ville inconnue avec de hauts immeubles neufs et un lac au loin longé par une rangée d'arbre verdoyant. On se croirait revenu au Canada. Et pendant un instant, en voyant les passants dans la rue, j'y crois. Mais en faisant bien attention, je remarques que certains d'entre eux ont des visages que je connais. Des acteurs de The 100, des personnages donc qui ont avalé la Clef. Et à bien les observer, ils ont l'air tous plutôt énervé. Sans réfléchir, je me mets à suivre un visage qui me rappelle vaguement quelqu'un. Je tente de me faire discrète. Mais plus j'évolue dans ce monde, plus je me rends compte que personne ne semble remarquer ma présence. Pas le moindre signe d'A.L.I.E non plus. Je tente le tout pour le tout. Je me mets en plein milieu d'une grande place entre deux hauts immeubles et j'ouvre les bras bien grand avant de hurler :

— EST-CE QUE QUELQU'UN M'ENTEND ?

Point de vue Lexa :

J'entre en méditation avec une petite appréhension. J'ai peur que A.L.I.E m'enferme encore une fois. Mais Raven et Monty assurent mes arrières. Je suis sûre qu'ils sauront la bloquer d'une façon ou d'une autre. Je me laisse complètement aller et je me retrouve à l'endroit habituel lorsque je viens dans mon palais mental. Je suis tout de suite apaisée. Pendant un instant j'oublie ma mission. Puis un bruit étrange me surprend. Un croassement me fait tourner la tête.

— Un corbeau !

Aussitôt repéré qu'il prend son envole. Je cours à sa poursuite. Lorsque Raven avait mentionné un corbeau je ne m'étais pas attendu à en voir un vrai. Pendant un quart de seconde je me demande quand même si ce n'est pas un nouveau piège. Mais je n'ai plus le temps de réfléchir. Eliza a avalé la Clef sans savoir ce qui se passerait alors à partir de maintenant chaque minute compte. Je suis le corbeau en courant. Il me fait traverser des rivières, gravir des montagnes, franchir des forêts. J'ai l'impression d'avoir marcher pendant des heures et des heures lorsqu'il s'arrête enfin pour se poser à la cime d'un arbre.

— C'est là ? je demande à l'oiseau comme s'il allait me répondre.

En parlant je me rends compte que je ne suis pas du tout essoufflée, ni même fatiguée. Signe que tout va bien. Le corbeau croasse deux fois en semblant me regarder méchamment.

— Quoi ?

— Croa !

— Tu veux que je monte ? Bon…

Je m'approche du pied de l'arbre et le regarde. C'est un conifère pourvu d'un grand nombre de branches, donc facile à escalader. J'y grimpe comme si j'avais fait ça toute ma vie. L'avantage d'un palais imaginaire. Lorsque j'arrive en haut le corbeau s'envole.

— Tu te fou de-

Je suis coupée par la vue qui s'affiche sous mes yeux. D'abord je vois le mur. L'immense mur noir devant lequel A.L.I.E m'avait piégée. L'oiseau vol par dessus et passe de l'autre côté. Tout est comme flou par delà le mur. Un peu terne et grisé. Sauf à un endroit. Au milieu de nul part, un carré se détache, bien net lui. J'y distingue des tours, des lacs, des forêts. Le corbeau vole dans sa direction et au moment où il passe par dessus, il disparaît.

— La Cité des Lumières…

Je descends de l'arbre en vitesse pour courir jusqu'au pied du mur. En face de cette immense barrière noire je me sens bête.

— Il fallait me donner des ailes Raven, parce que là, aucun moyen de le franchir et de trouver la Cité…

En disant ces mots je pose ma main sur le mur lisse. Elle se met à vibrer, je la retire, surprise, et petit à petit je vois une forme se dessiner sous mes yeux. On dirait…

— Un corbeau !

Au niveau de son œil se détache comme un relief rouge brillant. Semblable à un rubis. Je mets le doigt dessus, et sans comprendre ce qui se passe, la seconde suivante, je me retrouve entre les immeubles et le lac que j'avais vu du haut de l'arbre.

— Waouw !

Je marche un peu dans la Cité mais des bruits de pas me mettent en alerte. Je me retourne pour découvrir trois personnes qui viennent dans ma direction. Je me cache avant qu'il me voit. Je me retourne pour voir si la voie est libre de l'autre côté de ma cachette et c'est à ce moment que je une voix.

— EST-CE QUE QUELQU'UN M'ENTEND ?

Aussitôt je saute pour aller attraper Eliza et venir la cacher dans le recoin d'un des immeubles en verre.

— Non mais ça va pas Eliza ! Tu veux nous faire tuer d'entrée de jeu ?

— Lexa ! Comment tu as fait pour me trouver si vite ?

— Je n'en ai pas la moindre idée. Une seconde j'étais dans mon palais mental, celle d'après j'étais ici…

— Je crois que les gens d'ici ne peuvent pas me voir.

Je jette un œil aux rues, personne n'a un comportement étrange.

— C'est vrai, on dirait qu'on ne t'a pas entendu crier.

— C'est plutôt une bonne nouvelle. Par contre, A.L.I.E doit déjà savoir que tu es ici. Il faut faire vite.

— D'accord, d'accord, mais tu as un moyen de communiquer avec l'extérieur ?

— T'en fais pas, Lindsey et Raven vont trouver comment faire.

Point de vue Lindsey :

Eliza et Lexa semblent s'endormir en même temps. Leurs globes oculaires bougent dans leurs orbites dans tous les sens.

— Et maintenant ? dit Clarke. Comment on fait pour communiquer avec elles ?

— Comme pour le corbeau dans le palais de Lexa, je réponds.

Raven me regarde avec un sourire en coin. Évidemment. Dans le scénario Raven guide Lexa et Clarke grâce à un corbeau qu'elle dessine sur un mur de la Cité en tapant une ligne de code via l'ordinateur. Si elle a réussi à le faire dans la puce de Lexa, elle peut le faire dans la Cité.

— C'est parti Monty, trouvons où est basé le code source qui leur permettra de tout faire sauter.

Le garçon a un sourire en coin et se joint aux recherches de mon double.

Un coup violent provenant de l'extérieur de la pièce nous fait tous tourner la tête.

— Je vais voir, dit Clarke en se précipitant vers la porte.

Au moment où elle l'atteint, Bellamy l'ouvre et accourt vers Clarke.

— Des prisonniers ont réussi à s'échapper en se connectant aux systèmes de sécurité. Pike a envoyé des hommes pour les retenir mais ils vont sûrement tenter de venir ici où d'essayer d'éteindre l'alimentation électrique.

— Alors protégez tout Arkadia ! s'énerve Raven. Personne ne doit toucher à quoi que ce soit avant qu'elles soient sorti de là !

Bellamy attrape le talkie-walkie à sa ceinture et prévient Pike de renforcer la surveillance dans les endroits stratégiques.

— Je reste devant la porte, dit le brun avant de ressortir.

— Il faut qu'on se dépêche, marmonne Clarke en regardant Lexa avec de la peur dans les yeux.

— On va y arriver Clarke, lui dit Raven, comme toujours.

Point de vue Eliza :

— Il faut qu'on bouge, dit Lexa, si on reste là on risque de croiser de mauvaises personnes. Et puis je suppose que c'est plus sûr vis à vis de A.L.I.E si on ne fait pas du sur place.

— Tu sais, c'est un programme informatique, alors ça ne doit pas changer grand-chose…

— Lexa.

Je me retourne, A.L.I.E est là.

— Bah voilà, qu'est-ce que je disais, merde…

— Alors Lexa, je vois que tu as réussi à t'introduire ici finalement. Raven je présume ? Puisqu'elle ne vient plus me voir… C'est surprenant cependant. Je n'ai pas saisi à quel moment tu étais arrivée à Arkadia. Mais maintenant que tu es là, je peux détruire ton esprit moi même et reprendre ce qui m'appartient.

— Elle ne me voit pas, on est d'accord ?

La silence de A.L.I.E est ma réponse. Mais, est-ce que je peux la toucher ? Je me déplace, passe derrière Lexa qui lui répond pour la distraire. Je m'arrête juste derrière la femme en tenue rouge vive et je tire sur sa queue de cheval. Elle n'a pas de réaction de douleur, mais elle se penche en arrière sous la pression.

— Yes !

A.L.I.E se retourne pour comprendre ce qui lui arrive mais son regard me traverse. Elle ne me voit pas. La confusion laisse à Lexa le temps de s'enfuir. Elle me rejoint et nous courrons sans trop savoir où aller.

— La queue de cheval ? Sérieux Eliza ?

Je n'ai pas le temps de me justifier que nous entendons une voix autoritaire derrière nous.

— Tu ne m'échapperas pas Lexa. ATTRAPEZ-LA !

A son ordre, une multitude de Skaikru fonce sur nous.

— Aïe aïe aïe, je me lamente, je ne sais pas me battre moi !

— Tu es dans un monde imaginaire Eliza, tu peux faire ce que tu veux.

Je médite sa pensée pendant qu'une épée se matérialise dans la main de Lexa.

— Tu vois ?

Elle me fait un sourire et sa seconde épée apparaît dans son autre main. Nos assaillants ont à peine le temps de nous entourer que Lexa a déjà commencé à se battre. Je suis fascinée pendant un quart de seconde. Puis j'essaie de penser à une arme dont je saurais me servir. La seule chose qui se matérialise dans ma main est une bombe au poivre.

— Bah voyons…

Prise de court et n'ayant de toute façon pas trop le choix, je presse la bombe pour asperger un homme qui fonce sur Lexa. Sans rien comprendre, l'homme qui ressent le jet mais sans la douleur, se fige et tourne la tête en agitant les mains comme s'il chassait une mouche. Il se remet aussitôt à charger Lexa.

— C'était sûr, il va falloir quelque chose de mieux…

J'essaie de penser plus sérieusement cette fois et une batte de base-bal apparaît dans mes mains.

— C'est mieux !

Je me mets proche de Lexa pour couvrir ses arrières. Les attaquants ne comprennent pas de quel côté ils reçoivent des coups. La confusion nous permet de percer une avancée dans la mêlée et de nous mettre à l'écart. Mais nous avons juste le temps d'avancer quelques mètre que d'autres nous attaquent encore. Il va falloir que je fasse réellement marcher mon imagination cette fois. J'essaie d'en imaginer les contours, les couleurs et toutes les fonctionnalités pour que mon arme soit parfaite. En quelques secondes un dôme orangé translucide se forme autour de Lexa et moi. Tous les assaillants alentours sont projetés en arrière et ceux qui foncent encore vers nous se retrouvent éjectés.

— C'est quoi ça ? demande Lexa.

— Je n'ai pas trouvé d'arme assez efficace contre eux alors j'ai pensé à quelque chose de plus défensif… Normalement ça repousse aussi A.L.I.E…

— Orange, sérieusement Eliza ?

— Hé arrête de critiquer mes choix ! Je me suis dit qu'en y mettant plus de détails ça marcherait mieux !

Lexa s'apprête à me critiquer encore quand une plume noire tombe entre nous deux.

— Raven ! s'exclame Lexa.

— Parfait, je savais qu'elles trouveraient.

Lexa lève la tête mais l'oiseau à qui appartient la plume ne semble pas en vue. Je scrute les environs quand une fenêtre d'un des immeubles m'attire l'œil. Alors que les autres vitres reflètent le bleu et le vert de la nature, celle-là est d'un noir très profond.

— Là ! je montre à Lexa. Il faut qu'on trouve la pièce qui donne sur cette fenêtre.

— Et on peut avancer dans ton truc ?

— Je crois…

J'intime à Lexa de ne pas bouger et je fais un pas. Le dôme semble s'avancer avec moi. Lexa me suit et les sbires de A.L.I.E tentent toujours d'attaquer Lexa sans comprendre ce qui les retient.

— Ce serait pas mal de pouvoir le faire dans la réalité, dit Lexa.

— Oh tu sais, dans le monde pourri qu'on a fait exploser, on n'était pas loin d'inventer ce genre de choses. Mais regarde où ça nous a tous menés…

Nous réussissons à nous frayer un chemin jusque dans l'immeuble. Lexa décide de bloquer les portes avec son épée.

— On sera moins emmerdés.

Le dôme rétrécit au dessus de nos têtes jusqu'à disparaître. Mais pas totalement. Je lève ma main pour observer un bracelet translucide autour de mon poignet. Lexa a le même.

— Pour laisser A.L.I.E loin de nous ?

— Oui !

— Tu as de l'imagination Eliza, je te l'accorde.

Nous rions et nous dépêchons de prendre les escaliers. Si ma mémoire est bonne, nous devons nous rendre au huitième étage. Il est plutôt agréable de constater qu'après toutes les marches gravies je ne suis pas du tout fatiguée. Je comprends comment A.L.I.E garde les gens dans cette Cité merveilleuse. Au huitième étage une plume gît sur le sol.

— On est sur la bonne voie, dit Lexa en la ramassant.

Nous pénétrons dans l'étage. Des couloirs bleutés s'offrent à nous. D'autres plument jonchent le sol. Elles semblent tracer un chemin.

— Je ne savais pas que Raven était fan du Petit Poucet.

— Le Petit quoi ?

— Laisse tomber Lexa.

Elle roule les yeux aux ciel et nous suivons les plumes. Jusqu'à une porte massive où est imprimé un corbeau.

— Pas de toute, je dis, c'est là.

Lexa essaye d'ouvrir la porte. Elle ne bouge pas d'un millimètre.

— Si c'est le cœur de la Cité, je dis, on ne doit pas pouvoir y entrer si facilement. Il faut envoyer un signe à Raven.

— Mais comment ?

Je regarde autour de moi à la cherche d'une idée. Puis je vois toutes ces plumes sur le sol. Elles peuvent forcément servir à quelque chose. J'en attrape une et en coupe le bout solide pour qu'il soit plus pointu. Je viens ensuite gratter sur la peinture noire dessinant le corbeau. Cela semble fonctionner, le noir s'effrite à l'endroit où je gratte. Je tente de former les lettres TOC TOC.

— Toc toc ?

— Un SOS porterait à confusion.

— Eliza tu ne cesseras de m'étonner…

Point de vue Raven :

Tout le monde dans la pièce semble tendu. Depuis que Monty et moi avons repéré la source et appliqué un algorithme pour montrer le chemin à Eliza et Lexa, nous se savons plus trop comment nous occuper. Et il n'y a rien de pire que l'attente. Cela fait presque vingt minutes qu'elles sont parties dans leur tête. Clarke est agenouillée près de Lexa, Alycia près d'Eliza. Mon double tient compagnie au double d'Octavia et Abby et Titus ne savent pas trop où se mettre, ayant peut-être l'impression de ne pas servir à grand-chose. Hé oui, parfois on est juste là au cas où !

Encore une fois Bellamy entre dans la pièce. Mais il n'est pas seul, Jaha a une arme pointée sur sa tempe. Il pousse Bellamy avec le bout du canon et ferme la porte derrière lui.

— Sortez-les de là où je tire.

— Pose ton arme Thelonious, intervient Abby qui voit enfin l'intérêt de sa présence, tu ne vas pas tuer cet enfant.

— C'est le seul moyen.

Du coin de l'œil je vois le texte bouger sur l'écran. Je me retourne pour regarder. Au milieu de ma ligne formant un corbeau, « TOC TOC » s'écrit. Ce sont forcément les filles !

— D'accord, d'accord Jaha, je dis avec une idée derrière la tête, je les fait sortir si tu baisses ton arme.

— Prouve-moi d'abord que tu peux le faire.

— Ne fais pas ça Raven ! s'interpose Clarke.

— Désolée Clarke, je ne peux pas laisser Bellamy mourir, on a déjà perdu sa sœur.

En disant cela je tape sur la main de Monty qui se retourne et voit à sont tour les deux TOC.

— Raven a raison, dit le garçon pour prendre ma défense, on ne va pas encore laisser mourir l'un des nôtres.

Je me précipite sur le clavier pour tenter d'ouvrir ce qui empêche Lexa et Eliza d'accéder au code source.

— Voilà, tu vois Jaha, je m'affaire, baisse ton arme.

— Tu mens Raven ! A.L.I.E me dit que tu mens !

— Maintenant ! hurle une voix qui ressemble à la mienne et qui me surprend.

En quelque seconde je comprends la scène. Depuis le début Titus est caché derrière Jaha. Il avait eu le temps d'attraper un objet contondant. Il attendait simplement que le canon de l'arme ne soit plus pointé directement sur le crâne de Bellamy. En me hurlant dessus Jaha avait dévié légèrement. Lindsey, témoin de toute la scène, venait de donner le feu vert à Titus. Ce dernier aplatit ce qui me semble être un bout de taule froissée sur le crâne de Jaha qui lâche son arme en s'écroulant au sol. Titus semble étonné de sa propre force. Il donne un coup dans le revolver pour l'éloigner de la main de Jaha.

— Tu devrais vérifier s'il va bien maman, c'est le deuxième coup qu'il se prend sur la tête aujourd'hui.

— Il faut se dépêcher maintenant, je dis, A.L.I.E a tout compris.

Abby se précipite sur Jaha, Bellamy se relève avec l'aide de Titus. Monty et moi essayons de débloquer les choses pour nos deux sauveuses.

Point de vue Lexa :

Après un moment d'attente, alors que je commençais à croire que le geste d'Eliza avait été inutile, la porte flanquée du gros corbeau noire se dématérialise sous notre nez.

— Je t'avais dit !

Eliza s'engouffre dans la pièce sombre en riant presque. On dirait que tout ceci est un jeu pour elle. Mais peut-être qu'il vaut mieux prendre toute cette situation comme tel. Cela rend les choses plus simples. Je la suis et nous nous retrouvons vite face à une plateforme posée au milieu de nul part, une manette accrochée en son milieu.

— C'est une blague, dit Eliza, cet univers a aussi peu d'imagination que Jason ? Juste une putain de manette pour éteindre la Cité ? Pfff…

Je ne relève même pas.

— Il faut juste baisser la manette, dit Eliza sûre d'elle.

Elle ne réfléchit même pas et l'abaisse. Il ne se passe rien.

— Zut…

Au bout de quelques secondes la plateforme disparaît, comme la porte auparavant et toute la pièce devient blanche et éblouissante.

— Je ne comprends pas, dit la blonde en se couvrant les yeux, ça aurait dû marcher.

— Tu crois que je suis assez stupide pour qu'une simple manette puisse provoquer ma mort ?

C'est A.L.I.E qui pose cette question. Je ne sais pas si elle répond à Eliza. Je ne sais pas si elle la voit à présent. Tout ce que je constate c'est que nos bracelets orangés ont disparus.

— Lexa tu ne me vaincras pas de la sorte. Ce ne sont pas tes petites mains qui vont sauver l'humanité.

Maintenant je sais qu'elle ne voit toujours pas Eliza. Cette dernière en profite pour me donner des indications :

— J'essaie de trouver une solution Lexa, tente de la faire parler pour gagner du temps.

Je m'exécute :

— Qu'est-ce que tu cherches A.L.I.E ? Je ne comprends pas.

— Mais c'est simple Lexa, je veux un monde meilleur. Je veux sauver l'humanité.

— C'est toi qui a lancé un dizaine de missiles pour détruire cette planète.

— L'Homme à cette époque était mauvais. Mais aujourd'hui nous pouvons tout recommencer, grâce à toi Lexa. Grâce à ce que tu as dans la nuque. Il faut juste que tu me laisses y avoir accès.

— Et imaginons que je te laisse y accéder, qu'est-ce que tu comptes en faire ?

— Tu n'as pas beaucoup d'imagination pour une leader…

— L'imagination, c'est ça ! dit Eliza toujours sans que A.L.I.E ne l'entende.

— Je ferais un monde meilleur, reprend la femme devant moi, avec des humains qui ne connaîtrons que la joie. Plus de souffrance, plus de malheur.

— C'est une vie ça ? Je n'en suis pas si sûre.

Elle n'a pas le temps de répondre car la pièce, non, l'immeuble tout entier, se met à trembler.

— Non ! Impossible, qu'est-ce que tu as fait Lexa ?!

— Rien…

Vraiment, rien, moi-même je ne comprends pas ce qui se passe. Je me retourne vers Eliza qui a les yeux fermés. A.L.I.E s'évapore.

— Qu'est-ce que tu fous Eliza ?

La blonde fronce les sourcils et me fait un geste de main qui m'indique de me taire.

— On va mourir si on reste ici, ça va s'écrouler !

— Fait-moi confiance Lexa, je suis venue te sauver la vie…

Le plafond s'écroule et s'abat sur nous. Un flash noir traverse mon crâne, tout mon être, je sens chaque atome de mon corps se décomposer. Une douleur irradie dans ma nuque. Je me sens partir.

Point de vue Alycia :

— Eliza !

Nous nous retournons tous vers Lexa qui vient de crier en se réveillant. Ses yeux sont noirs, le blanc a disparu. Clarke est prise de panique mais n'ose pas la toucher de peur de mal agir. Le visage livide de Lexa se tourne vers Eliza et soudain je redoute le pire. Elle est… elle est morte ? Puis c'est au tour d'Eliza de se réveiller en sursaut. Elle crie sans aucun mot. Nous sommes obligés de nous boucher les oreilles tant le cri est strident. Il y a ensuite les lumières qui se mettent à clignoter et l'écran de l'ordinateur qui s'éteint dans un gros bruit. Eliza arrête de hurler, les yeux de Lexa redeviennent normaux.

— Comment tu as fait ça Eliza ? demande Lexa sans prêter attention à Clarke ou à moi.

— Tu m'as dit que je pouvais penser à tout dans ce monde. Alors j'ai pensé au fait qu'il n'avait jamais existé.

Lexa éclate de rire, Eliza aussi est prise d'un fou-rire incontrôlable. Je regarde Clarke qui est tout autant perdue que moi. Je me retourne vers Marie et Lindsey qui ne comprennent pas plus.

— La Cité est éteinte ! dit Raven sûre d'elle.

A ce moment Jaha émet un gémissement rauque. Il tousse plusieurs fois et un liquide transparent s'échappe de sa bouche.

— On a réussi ! s'écrie Eliza en voulant se relever.

Mais un vertige s'empare d'elle et la force à rester au sol. Lexa, qui tient toujours sa main dans la sienne, la presse avant de la lâcher.

— Tu as bien mérité un peu de repos, lui dit la guerrière en souriant.

Eliza acquiesce et tourne enfin son visage vers moi.

— Je t'avais dit que tu reviendrais Eliza.

— Oui…

Je me jette à son cou pour la prendre dans mes bras. A mes côtés je sens le corps de Clarke se cogner contre moi lorsqu'à son tour elle prend Lexa dans ses bras.

— Je suis désolée d'interrompre ces retrouvailles, dit Abby dans mon dos, mais si tous ceux qui ont pris la Clef se mettent à cracher le liquide argenté, ils vont avoir besoin d'assistance médicale.

Clarke se redresse.

— Je viens avec toi.

— On vient vous aider, intervient Lindsey, j'ai appris quelques trucs du coup.

Elle fait un clin d'œil à Clarke qui hoche la tête.

— Alycia, tu veilles sur Lexa et Eliza en attendant notre retour ?

— Bien sûr Clarke.

La jeune Skaikru me sourit. Elle et Abby s'occupent de relever Jaha et de le remettre sur pied et tout le monde les suit. Je me retrouve seule avec mon sosie et la femme que j'aime. C'est étrange.

— Vous allez me raconter ?

— Oh Alycia, c'était mille fois mieux que le scénario de Jason !

— Mais c'est qui ce Jason ?! s'interroge Lexa.

Eliza et moi nous regardons en souriant puis lâchons en même temps :

— Ton meurtrier.


Maintenant que A.L.I.E a été anéantie, les couples vont enfin pouvoir se retrouver. Et je vous rappelle qu'il reste deux bonbons violets….. A mardi héhé !