De retour à Polis, chacun reprend ses marques…

Enjoy ;)


Point de vue Clarke :

Lorsque nous franchissons les portes de Polis j'ai l'impression d'être revenue à la maison. C'est étrange, j'avais eu la même sensation en arrivant à Arkadia. On peut avoir deux familles. Je souris et prends une grande bouffée de l'odeur de la ville. Les gardes sont méfiants envers le 4x4 qui arrive, mais Lexa les rassure. Les quatre filles restent bien cachées dans la voiture pour éviter tout conflit et toute confusion. Ils se garent derrière la grande tour et les sosies sortent en douce. Nous montons tous dans la salle du trône pour essayer d'organiser un peu les choses. Il est décidé que je dormirais à présent dans la chambre de Lexa. Raven se propose pour dormir dans celle d'Anya. La chambre de Clarke devient, le temps que les filles trouvent un moyen de rentrer chez elles, la chambre d'Alycia et Eliza. La chambre dans laquelle nous les avions mises à leur arrivée sera pour Marie et Lindsey. Lexa offre une chambre à Lincoln dans la Tour, son logement ayant été attribué à quelqu'un d'autre après son départ. Lincoln propose à Bellamy d'y dormir avec lui. Les autres savent déjà où loger.

Après la répartition et l'accord de se retrouver ici au coucher du soleil pour dîner, Titus, Indra et Gaïa quittent la pièce. Anya attrape Raven par la main en lançant à l'assemblée qu'elle veut lui faire visiter la Tour et la ville. Elles sortent sous nos rires amusés. Lincoln décide de faire de même avec Bellamy qui connaît déjà la Tour mais pas tous les recoins de la ville. Ne reste plus que Lexa, les sosies et moi. Comme au début.

— Hé bien, dit Lexa en soufflant, il s'en est passé des choses depuis votre arrivée !

— Plus que depuis l'arrivée de Clarke et de siens ? demande Lindsey. Parce que bon, Mont Weather c'était un gros délire aussi !

— Hahaha, je m'esclaffe, il faut croire qu'on n'est jamais tranquille ici. Ou alors c'est dans nos gênes. Raven, Octavia et moi on arrive ici on fou le bordel. Vous quatre arrivez ici et vous foutez le bordel.

— Sauf que je ressemble à Alycia, me coupe Lexa, donc ça sous entendrait que moi aussi j'ai foutu le bordel en arrivant… A la tête de la Coalition ?

— Hé, peut-être, je lui réponds avec un clin d'œil, qui sait !

Un rire égaye la salle du trône.

— C'est pas tout ça, dit Marie, mais j'aimerais bien prendre une douche moi, ça fait un bail que de l'eau propre n'est pas entrée en contact avec ma peau !

— Et puis je suppose qu'on a tous besoin de se retrouver, chuchote Lexa en me regardant dans les yeux.

Je me sens bouillir et rougir. Les quatre autres aussi. Elles finissent par s'en aller. Alycia avec Eliza, Lindsey avec Marie. Je me retrouve enfin seule avec Lexa. Dans cette salle si emblématique.

— C'était bien la Cité des Lumières ? je demande à Lexa avec un sourire en coin.

— J'aurais préféré t'avoir à mes côtés…

Lentement nous nous rapprochons. Au milieu de la pièce nos corps se rencontrent et fusionnent. D'abord dans une étreinte puis dans un baiser. Mue par une puissante envie d'elle, je la pousse jusqu'au trône. Lexa s'y assoit et me regarde tendrement pendant que je prends place sur ses cuisses. J'enroule mes jambes autour de sa taille et replonge sur sa bouche. Dans cette position Lexa doit lever la tête. Je me sens supérieure à la grande Heda, et j'y prends un malin plaisir. Elle passe ses mains sous mon haut pour caresser toute l'entendue de mon dos. Je frissonne et me sens d'un coup terriblement bien. Ce sont les mêmes sensations qu'au jour de notre première fois. Chaque baiser de Lexa fait monter en moi un désir qui va au-delà du supportable. Je sens mon cœur brûler, ma peau se consumer. Mes mains se précipitent sur les vêtements de Lexa pour les lui enlever. Elle fait de même et nous nous retrouvons torses nus l'une devant l'autre. Nous stoppons les baisers pour nous regarder un instant. Nous nous sourions abondamment et finissons par rire. Un rire doux et incontrôlable. Un rire de bonheur. Nos épaules se soulèvent à l'unisson. Nous finissons par nous calmer, j'essuie des larmes de rire aux coins des yeux de Lexa et plonge mon regard dans le sien.

— Je te veux, murmure Lexa.

Ma réponse ne se fait pas attendre, je prends la tête de Lexa dans mes mains et me jette sur ses lèvres. Elle caresse une dernière fois mon dos et fait glisser ses mains sur mes côtes, pour arriver sur ma poitrine. Elle me caresse les seins tout en couvrant mon cou de baisers. Je bascule ma tête en arrière en gémissant. Puis je me racle la gorge et pose mes mains sur les épaules de Lexa pour la pousser contre le trône. Ainsi, je peux venir couvrir le buste de ma partenaire de baisers. Lexa ferme les yeux et passe sa main dans mes cheveux. Je sens qu'en elle aussi, le désir est à son comble. Lexa se mord la lèvre inférieure lorsque je fais glisser ma langue sur sa poitrine. Je remonte pour embrasser brièvement ses lèvres, puis je me lève pour venir m'agenouiller en face du trône. J'entreprends d'enlever ce qu'il reste de vêtements à Heda qui m'aide un peu. Une fois que l'objet de mes convoitises est libéré, je commence à embrasser et caresser ses mollets et ses cuisses. Elle s'agrippe aux accoudoirs du trône et essaye de contrôler sa respiration.

Ma langue se balade le long de la cuisse gauche de Lexa et arrive enfin à son but. J'y dépose d'abord un baiser qui la fait défaillir, puis j'entreprends d'y promener ma langue, lentement, doucement, avec envie et passion. Elle finit par passer sa main dans mes cheveux. Sa respiration devient de plus en plus saccadée. Elle retient ses gémissements mais elle a du mal à les contenir. Ses jambes tremblent. Une de mes mains quitte sa cuisse pour venir s'enlacer avec la main de la brune qui est toujours agrippée au trône. Les doigts de Lexa se crispent, ses ongles s'enfoncent dans le dos de ma main. Encore quelques baisers et coups de langue et le corps de Lexa se cambre une ultime fois sous un râle de plaisir. Elle se laisse glisser du siège et se retrouve à genoux, à terre, face à moi.

Nous nous embrassons, alors même que Lexa aurait dû reprendre son souffle. Elle me pousse et elle se retrouve allongée sur moi. Elle attrape mes mains pour les caler au-dessus de ma tête. Nos doigts s'entrelacent pendant que nous nous embrassons toujours aussi passionnément. Une de ses mains se détache d'une des miennes pour descendre lentement caresser mon bras, mon visage, mon cou, mon épaule, mon sein, mon flanc, ma cuisse, mon ventre. Les caresses durent un petit temps avant que sa main, enfin, s'aventure entre mes cuisses Je ne peux retenir un gémissement qui s'engouffre dans sa bouche. Au bout d'un moment, je souffle tant que je ne suis plus capable de l'embrasser. Nous nous regardons toutes les deux dans les yeux. Ce qui a pour effet d'être encore plus jouissif. Je m'agrippe au dos de Lexa. Mon corps se cambre, s'agite, mais nos yeux restent fixés les uns dans les autres. Je jouis, le regard planté dans celui de Lexa. Le baiser qui s'en suit dure presque une éternité.

Lexa finit par se poser à mes côtés. Nous reprenons nos souffles en silence, collées l'une à l'autre, ne nous souciant de rien d'autre.

— Je serais toujours avec toi Lexa, quoiqu'il arrive…

— Est-ce que je t'ai déjà dit à quel point je t'aime Clarke ?

— Mmmh, je ne suis pas sûre.

J'ai un air coquin qui la fait rire.

— Je t'aime…

Sa déclaration se perd dans un nouveau baiser.

Point de vue Eliza :

Je suis beaucoup moins pressée de me doucher que Marie. En pénétrant dans la chambre de Clarke une sorte de nostalgie me surprend. J'y avais passé un peu de temps seule. J'avais l'impression que c'était il y a longtemps alors que c'était i peine quelques jours. Je regarde comment je suis habillée dans le miroir.

— On dirait vraiment Clarke, dit Alycia en passant derrière moi pour m'enlacer.

Elle pose son menton sur mon épaule et nous nous regardons par le biais du miroir.

— Après tout, je dis, nous sommes le Clexa.

— Ou le Elycia ?

— Ah parce que tu connais le nom de notre ship ?

— Il se pourrait que j'ai lu quelques fanfictions sur toi et moi…

— Alycia !

Je la gronde du regard dans notre reflet.

— Pardon…

— Ahahah je plaisante ! Mais qui aurait cru ça de toi ?! Et tu as lu des choses intéressantes ?

— Oh oui… Très !

Je lâche son regard et me retourne pour l'embrasser aussitôt.

— Dans mes souvenirs la salle de bain de Clarke est assez spacieuse, tu viens avec moi Alycia ?

Elle rit de bonheur et nous courrons jusque dans le fond de la pièce.

Point de vue Lindsey :

A peine nous arrivons dans la chambre que Marie fonce sous la douche. Je reste dans ma crasse le temps qu'elle ait fini et que je lui vole presque sa place. Enfin propres et comme neuves, nous nous allongeons sur le lit, éreintées.

— Quand on sera rentré à la maison je vais dormir trois mois ! je siffle.

— Attends, si ça se trouve on va revenir pile pour la reprise du tournage…

— Olalala, on va devoir revoir Pike, Jaha, Roan et tout le blabla…

— Comme si tu n'aimais pas ça !

— Bon soit, je dis en me tournant sur le côté, mais j'aurais bien besoin d'une pause.

Marie se tourne vers moi et me regarde. Sa main se porte jusqu'à ma joue pour la caresser doucement. C'est comme si le temps s'arrête.

— Je peux t'accorder une pause.

Sa phrase est dite dans un chuchotis à peine audible. Son visage puis tout son corps se rapprochent de moi. Quand sa bouche se pose sur la mienne j'ai l'impression que la pièce se met à tourner.

— Wow, je dis lorsque nous nous séparons.

— Ça faisait longtemps qu'on en avait besoin je pense.

— Je n'en ai pas eu assez je crois…

Je retourne sur ses lèvres. Je mets un peu plus de passion dans le baiser. Nous découvrons nos bouches, tout doucement le bout de nos langues, un peu l'émail de nos dents. Les choque entre nos canines nous font rire. Déjà nous nous amusons dans le baiser. Mais il reste tendre. J'ose une main sur son flanc mais rien de plus. Je ne saurais dire combien de temps dure cet instant. Tout ce que je sais c'est que je suis extrêmement contrariée lorsque je m'aperçois que le soleil se couche déjà.

— Je crois que c'est l'heure d'aller dîner, je dis à contre cœur sur les lèvres de Marie.

Elle m'embrasse avec force et se lève d'un bond du lit.

— Je meurs de faim !

Je ris et lui dis de prendre de l'avance le temps que j'aille uriner. Elle sort et je reste assise sur le lit. Je mets ma main dans ma poche et en sors les deux boules violettes. Je les observe en les mettant à la lumière qui les rend translucides. Je réfléchis quelques instants et me dirige vers la salle de bain. J'avais repéré une pierre servant de repose savon. Je m'en empare et commence à réduire en miette le premier bonbon. Je sépare la poudre en deux parts égales et je recommence avec le second. J'ai maintenant quatre parts égales de poudre mauve. Je regarde autour de moi pour trouver un moyen de les conserver séparément. Je vais dans les toilettes et prends quatre feuilles de ce qui sert ici de papier toilette. Je forme des sortes de petites poches avec chaque et y fait glisser les miettes à l'intérieur. Je referme mes sachets de dealeuse improvisée et je les fourre dans ma poche.

— Cela agit sur des désirs déjà enfouis. Pour moi aucun problème. Pour Anya, je sais que ça marchera. Pour Marie aussi, ça avait failli fonctionner. Et Raven… Les regards qu'elle m'a lancés… Ça va le faire !

Je sors de la pièce toute fière de moi. Lorsque j'arrive dans la salle du trône tout le monde est déjà là autour de la table en train de discuter.

— Tiens, Lindsey, me hèle Indra, puisque tu es debout, tu nous serres à boire ?

Alors là, il ne pouvait y avoir meilleur timing. Je me dirige sur le côté de la table où est posée une carafe d'un liquide rougeâtre. Si c'est de l'alcool ça ne fera qu'amplifier les effets, parfait. Je sers les treize verres présents et vérifie que personne ne me regarde avant de verser la poudre mauve dans quatre des verres. Je retire la carafe du plateau et le soulève en commençant la distribution. Évidemment je choisis soigneusement les quatre verres que je serre à Anya, Marie et Raven. Je vais reposer le plateau et amène la carafe au milieu de la table pour les prochaines tournées.

Lorsque je m'assois, Lexa se lève pour faire un discours.

— Cela fait longtemps que je n'avais pas dîner avec autant de personnes. Le repas ne sera pas aussi bon que ceux que vous avez pu connaître avant puisque je n'ai pas pu le préparer plus tôt. Mais je suis sûre que vous apprécierez. Bellamy, j'espère que tu rapporteras à Pike à quel point Heda sait être conviviale.

Bellamy lui lève son verre en signe de réponse.

— Alycia, Eliza, Lindsey, Marie, je voulais vous remercier. Pour tout ce que vous avez fait pour nos peuples. Je ne sais pas si cet accord de paix aurait été trouvé sans vous. En tous cas pas aussi vite et pas avec si peu de morts. J'ai été très heureuse de faire votre connaissance. En espérant que vous puissiez rentrer chez vous.

Nous applaudissons tous lorsque Lexa lève son verre et qu'elle en boit une gorgée. Puis tout le monde lève son verre et l'imite, sauf Bellamy. Je m'excuse de lui avoir servi de l'alcool mais il me pardonne et se lève pour ramener l'eau. Mes trois victimes sont prises au piège. Avec la moitié d'un bonbon j'espère que cela fera quand même de l'effet.

Point de vue Lincoln :

Tout le monde se met à manger avec faim. Je préfère largement les cuistots de Heda que ceux d'Arkadia ! Je dévore un volatile sans même me préoccuper de savoir le nom de son espèce.

— Je voulais vous dire, intervient Titus, mes gardes m'ont informé qu'ils avaient retrouvé la fille que Murphy nous avait demandé de chercher. Alors, j'aimerais avoir votre avis avant de prendre une décision.

— Et si on lui demandait à elle son avis ? propose Eliza. Je suppose qu'elle n'a rencontré que John, mais si Lexa tu peux promettre de l'accueillir ici sans jugement, ou Bellamy de même à Arkadia, elle pourra décider du chemin à prendre.

— J'aime ton esprit sage, lui répond Titus, tu ne veux pas prendre la place de Clarke par hasard ?

— Hé ! s'exclame l'intéressée.

— Je plaisante, je plaisante, répond Titus, j'ai bien vu à quel point Lexa tient à toi Clarke. Je ne te ferais remplacer pour rien au monde.

Les rires fusent, les verres se vident et se remplissent, la nourriture disparaît petit à petit. Mon regard tombe sur Marie. Vers la fin du repas elle a les joues en feu, elle s'amuse. Ce n'est pas Octavia, je le sais, mais la voir ainsi me rempli de joie. Bellamy aussi la regarde, mais il a encore cette nostalgie dans les yeux. Avant le dîner nous avions longuement discuté tous les deux dans les rues de Polis. Nous avions d'abord échangés sur nos souvenirs d'Octavia, ceux que nous avions déjà abordés miles et miles fois lorsque nous nous saoulions à Arkadia. Puis j'avais fini par lui raconter ma rencontre avec Marie. Ma prise de conscience, en quoi elle avait changé ma perception des choses. « S'il existe deux personnes comme elle dans l'univers, il existe bien d'autres belles choses encore et pour ça il faut que je vive heureux. » Ma phrase l'avait réconforté mais il lui fallait encore un peu de temps.

Je me tourne à présent vers Anya. Elle m'avait manqué lorsque j'étais à Arkadia. La voir si souriante aux côtés de Raven me fait aussi beaucoup de bien. S'abreuver de la joie de ses amis fait partie des plaisirs de la vie. Les deux jeunes femmes paraissent très complices. Mais d'un coup un poids se pose dans mon cœur. Ai-je le droit d'être heureux même avec la mort d'Octavia ? Je ne m'étais pas posé la question. Ai-je le droit de retomber amoureux ?

— Excusez-moi, je reviens.

Je m'essuies la bouche et sors de table.

— Ça va Linc ? me demande Anya.

— Oui ne t'en fais pas, mon corps avait oublié l'alcool, je vais juste prendre un peu l'air.

— Fais attention.

— Promis.

Je descends les escaliers de la tour et me retrouve à l'air frais. Les étoiles me remettent du baume au cœur. Je repense à Murphy. La haut ils sont tous en train de festoyer mais cet homme est mort. Pike avait porté un toast en son honneur soit mais… Il manque quelque chose. Je me dirige d'un pas rapide vers la salle des gardes.

— Lincoln ?

— Je suis revenu…

Les trois gaillards me regardent avec méfiance.

— Dites-moi, vous sauriez où est la fille que Titus vous avez demandé de chercher ?

— Ah la fille du désert, oui, elle est dans la pièce d'à côté. Ce n'est pas un cachot mais on ne pouvait pas la laisser partir maintenant qu'on l'a trouvé. Fais gaffe, elle n'est pas forcément de bonne humeur…

— Merci.

Et je m'engouffre dans la pièce. Un petit brin de femme redresse la tête et me regarde avec ses yeux chocolats. Ses cheveux sont retenus dans un bandanas. Une de ses mains est enroulée dans un tissu. Oh, je vois, elle a une malformation, c'est pour ça qu'Eliza a précisé que Lexa devait lui dire qu'elle serait accueilli ici sans moquerie.

— Qu'est-ce que tu veux ? elle me demande amèrement.

— Je veux savoir si on t'a dit la vérité.

— La vérité ? A propos de quoi ?

Je m'assoie à ses côtés sur le banc. Elle se méfie mais me regarde.

— Tu sais pourquoi tu es ici ?

— On m'a dit qu'un certain Titus avait tout mis en œuvre pour me trouver.

— C'est John Murphy qui le lui a demandé.

A ce nom son regard s'illumine.

— Et il est où ?

— Justement…

Je commence par lui parler du missile lancé par le peuple de Murphy et conclu en expliquant le courage dont le garçon a fait preuve juste avant de perdre sa vie. Des larmes s'accumulent aux coins des yeux de la fille mais elle ne veut pas se laisser pleurer.

— Comment tu t'appelles ? je lui demande doucement pour couper ses pensées négatives.

— Emori.

— Lincoln, enchanté.

Je lui tends ma main pour qu'elle me la serre avec la sienne nous couverte. Elle se méfie mais répond à mon geste. Je pose mon autre paume sur nos mains pour la retenir un instant.

— Sache qu'ici tu seras bien traitée et toujours bien accueillie. Je comprends ta perte et-

— Comment tu pourrais comprendre ? elle s'énerve en retirant sa main.

— Moi aussi… Moi aussi j'ai perdue la personne que j'aime…

Je ne m'en rends pas compte tout de suite, mais des larmes finissent par couler sur mes joues. En miroir, Emori se met à pleurer également. Puis elle se jette dans mes bras pour s'y réfugier. Son étreinte fait naître du réconfort en moi. Oui je peux oublier Octavia, oui je peux être heureux, je le sais, je le sens. Cette fille au creux de mes bras…

Point de vue Raven :

A force de trop boire je commence à avoir la tête qui tourne. Mais l'ambiance est euphorique alors je ne m'en préoccupe pas trop. Ma cuisse collée à celle d'Anya me démange de plus en plus. Et je sens qu'Anya aussi s'agite. Parfois elle pose sa main sur ma cuisse, ou la passe dans mon dos. Et chaque fois le geste me rend dingue. Mon regard croise de nombreuse fois celui de mon double lors du dîner. J'ai une appétence assez intense pour sa bouche. La mienne est-elle aussi appétissante ? Marie assise à ses côtés semble tout autant tactile qu'Anya, et Lindsey tout autant réceptive que moi. Un feu monte en moi.

Vers la fin du repas Lincoln quitte la table, Anya semble inquiète mais il se veut rassurant.

— J'espère qu'il ne va pas faire de bêtises, me dit Anya au creux de l'oreille.

Sa phrase n'a absolument rien de sexuelle et pourtant elle fait monter un désir en moi. Il faut que j'arrête de boire.

— Ça va aller Anya.

C'est ma voix mais pourtant ce n'est pas moi qui lui dit. Ah oui, j'avais oublié Lindsey. Anya la regarde, Lindsey continue sa pensée :

— Il est fort Lincoln, il nous a protégé lorsqu'on était aux Trihous, je pense que de retour à Polis il peut prendre soin de lui.

— Les Trihous ? je demande perdue.

— Des maisons dans les arbres, répond Anya.

Je sais que je n'en saurais pas plus aujourd'hui. Anya reste accrochée au regard de Lindsey. Étrange. Lindsey se lève.

— Anya ?

— Oui ?

— Je serais curieuse de voir l'endroit où tu as entraîné Lexa lorsqu'elle était enfant.

— Euh, tu veux voir ça maintenant ?

— Je suis sûre que de nuit c'est très beau.

De plus en plus étrange.

— Je viens avec vous ! je m'entends dire alors que j'ai le tournis rien qu'en me relevant de ma chaise.

— D'accord… Marie, tu veux te joindre à nous ?

Marie regarde Anya qui demande et lui fait oui de la tête. Puis elle regarde Lindsey et la fusille du regard.

— Nous on va profiter de la chaleur de la salle du trône, hein ! répond Eliza en nous regardant partir.

Nous nous retrouvons toutes les quatre dans le couloir sans que je ne réalise vraiment ce qui se passe.

— Lindsey ! s'énerve Marie. Ne me dis pas que tu as-

— J'ai bien peur que si, la coupe Anya.

— T'es incorrigible ! s'emporte Marie.

Lindsey hausse les épaules et regarde Anya avec un sourire en coin.

— Alors, Anya, tu nous montres ?

Anya a un rire d'affrontement et enroule ses doigts avec les miens avant de me dire :

— Raven, j'espère que tu es prête, parce qu'elles ne rigolent pas ces deux là.

Je ne comprends absolument rien à la situation. Je sais juste que le contact de la main d'Anya augmente ma température corporelle et que je ne peux me détacher de la bouche de Lindsey et des yeux de Marie. Je me laisse entraîner dehors à travers les rues sombres.


Attention le prochain chapitre promet d'être, comment dire… Assez mathématique ahah ! A mardi !