Écoutez, j'ai envie de dire que vous savez ce qui va se passer avec ces bonbons… Du coup bah… Enjoy haha !
Point de vue Gaïa :
A la table du dîner ne reste maintenant plus grand monde. Les conversations ont diminué en intensité et je me demande si je veux parler avec ma mère ou avec Titus. Ce serait l'occasion de renouer avec Indra, mais Titus m'est important pour mon avenir et je suis sûre qu'il a remarqué mon comportement avec Lexa lors de ces évènements. J'ai bien envie de me tourner vers ma mère tout de même, mais je suis arrêtée par Titus.
— Gaïa, je voulais te féliciter pour le soin qui tu as apporté à Lexa lorsqu'elle était dans son coma. D'après ce qu'on m'a raconté et de ce que j'ai vu de mes yeux, tu as rempli les fonctions de fleimkeepa à merveille. Je te remercie d'avoir été là lorsque je ne pouvais pas. Je pense qu'il serait bien de revoir notre système. Il y a toujours eu un unique fleimkeepa mais il serait peut-être temps d'instaurer l'arrivée d'un second. Et bien sûr à terme tu prendras ma place et à ton tour tu te trouveras un bras droit que tu formeras.
— Wow, euh, c'est beaucoup plus que ce à quoi je m'attendais Titus. Merci beaucoup. Bien sûr ce sera avec plaisir que je serais au service de la Flamme et de Heda sous tes indications.
Titus me sourit et Lexa se lève pour venir me féliciter. Elle en profite pour me remercier à son tour. Je regarde Indra, elle sourit chaleureusement.
— Maman ? Je pourrais te parler…
— Bien sûr.
Elle se lève et nous sortons, vidant encore plus la salle. Nous marchons silencieusement dans les rues de la ville jusqu'à ce que je prenne la parole :
— Je sais que tu aurais voulu faire de moi une guerrière et que tu n'as jamais vraiment approuvé mon envie de devenir protectrice de la Flamme mais…
— Je t'arrête tout de suite Gaïa. Oui j'ai longtemps souhaité que tu suives ma voie, je rêvais de t'entraîner, comme Anya entraînait Lexa, je rêvais de pouvoir combattre à tes côtés. Mais le monde a changé. Et j'ai vu à quel point tu tenais à Heda et à quel point tu mets du cœur dans ta formation de fleimkeepa. Je me rends compte à présent à quel point c'est important pour toi. Et… Je suis fière de toi.
Elle s'arrête de marcher pour me regarder.
— Tu as un bel avenir devant toi, et je pense qu'avec tous les changements qui vont avoir lieu tu seras plus que nécessaire à la sécurité de Heda. Alors je suis fière de toi ma fille, tu mérites les louanges que Titus t'as faites ce soir.
— Merci.
Je me jette dans ses bras pour retrouver la douceur maternelle qui m'avait manquée depuis toutes ces années.
Point de vue Marie :
Mes sentiments sont tout brumeux. Je suis à la fois en colère contre Lindsey qui, je l'ai compris en reconnaissant les effets de l'aphrodisiaque, nous avait drogué Raven, Anya et moi avec les bonbons violets que nous avions déjà consommé après notre arrivée aux Trihous. Et d'un autre côté le stupéfiant fait son effet car j'ai très envie d'elle. D'elles… Évidemment que dans l'état actuel des choses j'ai très envie de faire l'amour avec deux Lindsey. Et Anya… Je l'ai toujours trouvé jolie alors… Et puis bien sûr, les deux autres femmes piégées ont l'air partant aussi. Quelle idée ont eu ces Natifs d'inventer ce bonbon ! Très dangereux…
Nous suivons Anya qui nous mène là où Lindsey voulait aller. Je ne comprends même pas comment elle a réussi à faire en sorte que nous nous retrouvions toutes les quatre. Nous arrivons dans une clairière que je ne reconnais pas.
— C'est là, dit Anya. Là où j'ai entraîné Lexa lorsqu'elle était encore enfant.
Lindsey lève les yeux au ciel, je l'imite. Une myriade d'étoiles s'étalent sous nos yeux. Sans la pollution lumineuse c'est sûr qu'on y voit plus clair. Mais je ne reconnais aucune constellation. Elles sont différentes par rapport à chez nous ?
— Pourquoi vous vous disputiez dans le couloir ? demande Raven qui me tire de ma contemplation.
— Je t'expliquerais plus tard, répond Anya, pour le moment je crois qu'il ne nous reste plus qu'à profiter.
— Profiter ? Attends, tu veux dire que… Toutes les quatre on est en train de penser à la même chose ?
— C'est ça, répond Lindsey avec un sourire en coin.
— Comment c'est possible ?
— Je t'expliquerai demain Raven, promis…
— Mais du coup, euh ?
— Relax !
Lindsey s'exclame en s'allongeant dans l'herbe fraîche. Après tout, elle a raison. Je m'allonge à ses côtés. Anya nous regarde de haut, roule les yeux au ciel puis décide de s'allonger à côté de Lindsey. Raven n'a plus de choix que de s'allonger à côté d'Anya. Je sens Lindsey glisser sa main dans la mienne.
— Donc personne ne veut m'expliquer maintenant ? demande encore Raven.
— Elle est reloue un peu, non ? je réagis.
— Ah c'est la personnalité de Raven, hein ! répond Lindsey. Une scientifique, il faut qu'elle ait des explications à tout !
— Hé, ne parlez pas de moi comme si je n'étais pas là !
— Tu parles trop Raven.
Anya se met sur elle et l'embrasse pour la faire taire. Lindsey et moi regardons la scène avec envie.
— T'étais obligée Lindsey, hein ?
— C'était trop tentant… De faire ça avec mon double…
— Espèce d'égocentrique va !
J'imite Anya et me porte sur le corps de Lindsey pour l'embrasser avec une passion brûlante que la drogue accentue. Nos baisers de cet après-midi m'avaient déjà mise dans un certain état d'esprit, mais maintenant le tout est multiplié par dix. Comme Anya s'était allongée entre Lindsey et Raven il y a maintenant un espace entre nos deux couples. Un espace qui forme dans mon esprit une abyme inimaginable. Je veux les sentir s'embrasser près de moi.
— On se rapproche ? je dis à Lindsey en lui montrant les deux femmes d'à côtés.
— Je t'adore Marie.
Nous rions, je me redresse et Lindsey glisse jusqu'à percuter le corps de Raven qui ne réagit même pas tant elle est concentrée sur les baisers d'Anya. Je me remets sur Lindsey et reprends nos échanges de salive. Maintenant je peux sentir l'épaule d'Anya contre la mienne et la sensation me revigore.
Point de vue Lindsey :
Pas peu fière que mon plan ait fonctionné à merveille, je me laisse totalement aller aux baisers de Marie. Je sens le corps de Raven tout près du mien. J'approche doucement ma main pour trouver les doigts de Raven encore dans l'herbe. Je décide d'emmêler nos doigts. Elle se laisse totalement faire et resserre même l'étreinte. A bout de souffle, Anya se redresse, je la vois du coin de l'œil. Alors je lâche la bouche de Marie pour me tourner vers elles. Nous échangeons toutes les quatre des regards. Il y a comme un accord silencieux qui passe entre nous. Marie se redresse, Anya l'imite et elles s'embrassent sous nos yeux affamés. Alors je me mets à fixer à Raven en me mordant la lèvre. Mon visage s'approche doucement de celui qui me ressemble. Un frisson me parcours. Je me suis déjà embrassée dans la glace. Mais là je sais que je vais tomber sur de vraies lèvres et pas un retour froid et lisse. Nos bouches se soudent dans une chaleur infernale. L'herbe fraîche et le petit vent ne servent à rien pour faire baisser la température que nous générons toutes les quatre. Le goût de la langue de Raven ressemble à celui que je peux sentir dans ma bouche. Donc comme j'y suis habituée c'est comme si elle n'a aucune saveur. Mais l'expérience reste agréable et nouvelle. Pendant le baiser je sens Marie revenir vers moi et m'embrasser la nuque puis la mâchoire. Elle tente même de passer une langue entre nos bouches. De l'autre côté Anya essaye aussi une percée. Bientôt une valse de langues se met en marche. Je sens de la salive couler le long de ma gorge et s'écraser dans l'herbe. Je jurerais que ce subtile mélange fera pousser la nature plus rapidement. Je ne peux plus rester sans bouger. Je me dégage du quatuor pour me redresser et je fais basculer Anya en l'emportant avec moi. Nous nous retrouvons face à face allongées. Nos regards se croisent comme cette première fois dans les Trihous. Mais quelque chose a changé. Elle a goûté au corps de Raven entre temps. Elle sait la différence.
Marie et Raven nous rejoignent en nous surplombant. J'embrasse Anya, les deux autre nous imites. Puis Marie vient croquer l'oreille d'Anya, Raven lécher mon cou. Un brouillon total se forme. Toutes fiévreuses nous essayons de nous débarrasser de nos vêtements ou de ceux des autres. Nous nous retrouvons nues sur un parterre de vêtements qui nous protègent du sol. J'espère que personne n'aura l'idée de passer par ici…
Comme si Anya était l'intruse du groupe, nous décidons de la plaquer au sol sur le dos et de nous occuper d'elle toutes les trois. Raven entretient sa bouche, Marie tripote sa poitrine, quant à moi je descends lentement le long de son ventre à coup de langue. De là où je suis j'entends Anya gémir. Tout cela m'amuse beaucoup. J'échange de place avec Raven mais je me demande même si Anya le remarque. Nues, nous sommes exactement les mêmes, seul le bleu sur hanche de Raven permet de nous différencier. Je sais déjà que je vais en jouer avec Marie. Cette dernière vient d'ailleurs ajouter sa langue à la mienne dans la bouche d'Anya qui est vite parcourue d'un orgasme fulgurant. La Native semble surprise de sa propre jouissance. A bout de souffle elle nous pousse Marie et moi pour faire remonter Raven et l'embrasser. Je regarde la scène en riant presque. Puis Raven attrape mon épaule pour me ramener dans l'étreinte. Toutes les deux nous mettent Marie et moi au sol et nous chevauchent. Les bouches s'échangent, les poitrines sont visitées par plusieurs langues, Marie et moi nous embrassons avec passion. Je la sens mettre sa main entre mes cuisses. Et je réalise que c'est notre première fois. Drôle de première fois.
Les doigts de Marie en moi, conjugués avec la bouche de Raven contre mon clitoris et la langue d'Anya dans ma bouche me rendent complètement barjo. J'aurais voulu faire durer l'expérience plus longtemps mais impossible. L'orgasme me gagne et ne veut pas s'atténuer tant qu'il n'est pas arrivé à son terme. Je lâche Anya au moment du plaisir, pour retrouver la bouche de Marie. Je croque sa lèvre inférieure comme geste final. Et avant de reprendre complètement mes esprits, je bascule sur Marie et j'attrape le cou de Raven. J'impose à Marie la vision d'un baiser entre Raven et moi. J'aperçois Anya qui nous regarde avec amusement. Lorsque nous nous décollons pour regarder Marie, elle ne semble plus savoir laquelle est laquelle. Voilà, ce que je cherchais. La rendre folle avec une double vision de moi-même. Anya se présente entre nous deux pour venir l'embrasser. Raven s'attaque au sein gauche, je prends le droit. Et en miroir nous descendons petit à petit toutes les deux. Proches du sexe de Marie nous nous embrassons de nouveau, de plus en plus proche de l'entre-cuisse pour finalement y faire sentir nos langues. J'entends les gémissements de Marie qui augmentent et son corps a beaucoup de mal à décrire une courbe régulière.
Puisque mon double est à mes côtés, j'en profite pour caresser son corps comme si je tentais de me découvrir. Tout en l'embrassant et en léchant et suçant le sexe de Marie, je caresse le ventre et les seins de Raven. Elle fait comme moi. Ses mains arrivent sur mes fesses, les miennes entre ses jambes. Je ne sais pas si on peut parler de masturbation dans ce cas précis. Mais la forme de son pubis dans ma main me fait drôlement penser au mien. Raven a de plus en plus de mal à se concentrer sur Marie, elle me laisse donc finir le travail. Je suis concentrée sur ces deux femmes, heureusement Anya vient à ma rescousse. Elle pousse Raven sur le côté et remplace ma main par la sienne. Je peux m'occuper de Marie correctement. J'entends les deux femmes venir presque en même temps. Raven à côté de mon oreille, Marie un peu plus loin mais très sensuel. Ses jambes tremblent et cognent contre l'épaule de mon double. Elles s'envolent ensemble et Anya et moi recommençons à nous embrasser pour les laisser redescendre.
Point de vue Anya :
Après l'amour nous sommes toutes les quatre de nouveau allongées les unes à côtés des autres sur nos vêtements posés dans l'herbe. Marie, Lindsey, Raven et moi. J'aurais bien aimé être entre Lindsey et Raven, mais bon. Lorsque j'avais reconnu les effets de l'aphrodisiaque je m'étais énervée et j'avais tout de suite compris que Lindsey nous avait piégées. Puis le désir s'était emparé de moi et j'avais compris ce qui allait arriver. Une des expériences les plus intéressantes que j'avais pu tenter. Tout en douceur et dans la bienveillance.
Je suis blottie dans les bras de Raven et les effets commencent déjà à diminuer. Sûrement que la dose était moins grande que la fois précédente. Je vois que Marie est dans la même position que moi sur Lindsey. Et les deux sosies se tiennent la main. Par moment elles se regardent.
— Alors, quelqu'un veut bien m'expliquer maintenant ? demande Raven qui n'en démord pas.
— Oui, lui répond Lindsey avec malice. Je nous ai drogué toutes les quatre. Avec un aphrodisiaque sur lequel je suis tombée en arrivant dans ce monde.
— Dans le but de ce plan à quatre ?
— Oui.
— Je ne sais pas pourquoi, répond Raven, mais je savais que ça allait arriver, toi et moi, d'une façon où d'une autre. Mais je n'aurais pas pensé que nous serions accompagnées.
— C'était mieux comme ça, non ? demande Lindsey en riant.
— Clairement !
Raven embrasse brièvement Lindsey sur la bouche puis se retourne vers moi pour m'embrasser avec passion. Je suppose que Lindsey fait la même chose avec Marie de son côté.
— Pour notre première fois, tu as osé, j'entends dire Marie.
— C'est pas un belle expérience à raconter ? lui répond Lindsey toujours aussi sûre d'elle.
— A qui je vais raconter ça à part à Alycia et Eliza ? Personne ne me croira !
— Hé ! Tu n'es pas obligée de préciser que c'était avec un double de moi-même.
— Ahahahah, tu as réponse à tout Lindsey ! Je crois bien que je t'aime…
Un silence doux se fait.
— Moi aussi je t'aime Raven, je dis en regardant la fille dans mes bras.
— Je crois bien que moi aussi Marie, répond Lindsey.
La dernière à parler est Raven, avant de répondre elle a un large sourire de satisfaction :
— Je t'aime Anya.
Nous rions toutes les quatre ensemble. Et les baisers de chaque couple recommencent.
Nous finissons cependant par nous rhabiller pour rejoindre nos chambres.
— Du coup Anya, tu vis dans la Tour ? me demande Lindsey.
— Oui, j'y ai une sorte d'appartement.
— J'ai hâte de voir ça ! s'enthousiasme Raven.
Nous prenons le chemin de la Tour. Toutes les quatre main dans la main, dans le même ordre qu'allongées. Avant de revenir vers la lumière Lindsey nous arrête. Elle s'approche de moi et prend mon visage dans ses mains.
— J'ai été ravie de te rencontrer Anya, elle me dit avant de m'embrasser.
Puis elle passe à Raven.
— Je dois dire que l'expérience de se faire l'amour à soi même a été forte intéressante.
— De même.
Lindsey embrasse une ultime fois son double sans retenue puis elle vient devant Marie.
— Mais tu es quand même celle que je préfère.
— J'espère bien !
Elle lui dépose un baiser sur le nez.
Point de vue Alycia :
Nous finissons par nous retrouver à quatre dans la salle du trône. Eliza, Lexa, Clarke et moi.
— Ça me semble toujours aussi étrange, dit Lexa, mais je crois que j'ai fini par m'habituer à voir vos visages. Vous allez me manquer.
— On n'est pas encore partie, répond Eliza, je crois qu'il va nous falloir un peu de temps pour trouver réellement comment rentrer.
— Nous apporterons toute l'aide que nous pourrons, dit Clarke.
— Pour l'instant on devrait aller se coucher, je dis en me levant. Il se fait tard.
Eliza se lève aussi et nous saluons nos doubles.
Nous revenons dans la chambre. Seules comme tout à l'heure. Je m'allonge sur le lit en prenant toute la place. Eliza me saute dessus et s'écrase contre moi. Je rigole et lui caresse les cheveux.
— J'ai trop mangé, dit Eliza.
— Pourquoi cela ne m'étonne pas ?
— Héééé !
En signe de réprimande elle me croque le bout du nez.
— Je t'aime comme ça, je lui dis en l'embrassant.
— Merci…
Son corps quitte le mien pour venir s'allonger à mes côtés. Nous n'avons même pas la force de nous déshabiller que nous sombrons toutes les deux.
Nous nous réveillons le lendemain un peu trop éloignées à mon goût. Je me rapproche d'Eliza et la serre contre moi. Son corps est parcouru d'un soubresaut marquant le rire.
— Bien dormi ? elle me demande.
— La meilleure nuit depuis longtemps !
— Mais ce sera encore mieux quand on sera chez nous.
— Je crois que je me suis habituée à être ici…
— Et à vivre l'aventure ! Moi aussi… Mais c'est comme un bon rêve, vient un moment où il faut se réveiller.
— Tu as raison, d'ailleurs on devrait aller voir Bellamy.
— Oui !
Avant de se lever elle m'embrasse le front. Je m'étire de contentement.
Nous allons toquer à la porte de la chambre où sont Marie et Lindsey. Il faut un petit temps avant que Lindsey, les cheveux complètement en batailles, vienne nous ouvrir.
— Oula, je dis, tu as bu un peu trop d'alcool toi hier, non ?
— Ah, s'il n'y avait eu que l'alcool… nous lance Lindsey avec un regard coquin.
Puis elle se met à tousser et prend sa tête dans ses mains.
— Ah, mon crâne…
— Ne te plains pas ! crit Marie toujours au fond du lit. Tu l'as voulu !
Eliza et moi nous regardons sans comprendre.
— On vous expliquera, dit Lindsey.
— Ou pas ! répond Marie.
— Qu'est-ce que vous faites là ? demande Lindsey s'inquiétant enfin de notre venue.
— On se disait qu'on pourrait aller rendre une petite visite à Bellamy, vous savez, pour essayer de rentrer chez nous ?
Lindsey me regarde en faisant une moue qui me nargue :
— Nianiania. Oui bon, on se prépare et on vous rejoint.
— Mais, quelqu'un sait où est la chambre de Lincoln et Bellamy ? demande Marie lorsque nous nous retrouvons toutes les quatre dans le couloir.
— Très bonne question… je réponds. Il va falloir d'abord demander à Lexa.
— Pourquoi il faut toujours que tout soit compliqué dans ce monde ! râle Lindsey.
Nous finissons par arriver devant la chambre de Lexa. J'ose à peine toquer. C'est Clarke qui nous ouvre. Évidemment, Lexa est déjà debout et s'entraîne avec Aden. Lindsey râle encore une fois. Eliza se propose pour aller lui demander, Marie, Lindsey et moi ne pouvant toujours pas nous déplacer librement en plein jour. Le blonde finit par revenir et nous la suivons jusque devant la porte d'une chambre qui ressemble à toutes les autres.
— Je toque, dit Marie en prenant l'initiative.
— S'ils sont torses nus dans les bras l'un de l'autre, dit Lindsey, je vous jure que je hurle.
Nous rions et la porte s'ouvre sur Lincoln, parfaitement habillé, visiblement seul dans la pièce.
— On cherche Bellamy, demande Marie décontenancée par le regard du brun.
— Il prend une douche. Il était curieux de tester les systèmes d'alimentation d'eau des Natifs…
— Il va mieux on dirait, je constate.
— Oui, c'est vrai. On a beaucoup discuté lui et moi hier soir, le fait de voir ton visage Marie l'a déjà beaucoup aidé.
Mon amie rougit. Lincoln décide de nous faire entrer le temps que Bellamy termine.
Après un moment il revient dans la chambre, heureusement tout habillé. Désolée Lindsey, il ne s'est visiblement rien passé entre lui et Lincoln.
— Les filles ? fait le Skaikru surpris.
— On voulait savoir si tu allais bien, dit Marie.
— Toutes les quatre ?
— Il faut qu'on t'explique quelque chose, intervient Lindsey. Tu te souviens du départ de Lincoln ? Il a d'un coup eu une sorte de révélation, a arrêté de boire et est parti. C'est arrivé juste au moment où mes amies et moi sommes arrivées ici. Alors on pense que notre clef de sortie est de t'aider à faire le deuil de ta sœur.
— Ça me semble logique. D'ailleurs je vais déjà mieux. L'arrêt de l'alcool doit aider. Mais de là à faire pleinement son deuil, je ne sais pas. Je suis toujours détruit.
— Tu n'es pas obligé de l'oublier Bellamy, intervient Lincoln.
— Je sais mais… C'est dur. Et revoir son visage… J'ai l'impression qu'elle n'est jamais partie. Que je pourrais la revoir. Rester dans cette expectative me bloque.
— Je peux partir si tu veux, répond Marie.
— Non, non… Pas encore…
Un silence se crée. Je cherche des idées, mais il devient compliqué d'être rationnel. Il faudrait un coup du hasard pour que nous puissions rentrer chez nous.
— Tu te sens coupable de ma mort, n'est-ce pas Bellamy ?
Le garçon est désarçonné par l'emploi que fait Marie de la première personne du singulier.
— Oui… J'aurais dû être avec toi plutôt qu'ici à signer je ne sais quel traité de paix. Je ne pensais pas qu'entrer dans la Coalition de Lexa me coûterait si cher.
— Tu ne pouvais pas savoir que c'était un piège. Et regarde aujourd'hui, même Pike a changé d'avis. Il est prêt à discuter.
— Et Nia ? J'ai aidé Pike à envoyer ce missile…
— J'ai confiance en Lexa et Clarke pour gérer la Reine Azgeda. Je suis sûre que toi aussi tu pourrais les aider.
Bellamy réfléchit. Il se lève et va à la fenêtre. Je suppose qu'il regarde Polis et au-delà.
— Tu veux dire que je pourrais rendre hommage à la mort de ma sœur en aidant à reconstruire l'humanité ?
— C'est une très bonne idée, répond Marie en allant le rejoindre.
Elle lui pose une main dans le dos et regarde dehors avec lui. Puis il se retourne et la prend dans ses bras.
— Oh putain ! s'écrie Lindsey en interrompant le câlin. Ma montre ! Ma montre s'est remise en marche !
Eliza et moi nous précipitons sur son poignet pour constater en effet que la trotteuse a recommencé sa course des secondes.
— Alors vous allez pouvoir rentrer chez vous ? demande Bellamy dont le visage présente un mélange de joie et de tristesse.
— J'espère, je réponds, mais il va encore nous falloir trouver comment… Parce que je doute qu'un portail de téléportation apparaisse comme par magie…
En effet, après quelques secondes, nous sommes toujours toutes les quatre à Polis dans la chambre de Lincoln.
— Bon, hé bien mettons-nous au travail ! s'exclame Bellamy. Si je veux aider l'humanité, je peux d'abord commencer par vous aider vous !
Alors, alors ? Les filles vont-elles enfin pouvoir rentrer chez elles ? La suite samedi, passez une bonne semaine !
