Les choses commencent à tirer vers la fin, je vous laisse savourer un des derniers chapitres de cette histoire, enjoy !
Point de vue Lindsey :
J'essaie de ne pas penser à mon mal de crâne, effet secondaire des bonbons violets. C'était ce que je voulais. Eliza et Alycia sont retournées voir Clarke, en espérant aussi tomber sur Lexa, pour leur expliciter ce qui venait d'arriver. Ma montre remise en marche. Lincoln avait décidé d'aller chercher Titus pour lui parler du sort d'Emori, et Bellamy préférait rester un peu seul avant qu'on commence concrètement à chercher comme rentrer chez nous. En attendant donc que la situation change, Marie et moi étions retournées nous cacher dans notre chambre.
— On peut parler de ce qui s'est passé hier Lindsey ?
Ayant peur de me faire engueuler, je m'assois sur le lit pour être plus confortable. Marie s'avance vers moi mais reste debout.
— Qu'est-ce qui t'a pris ?
— Je suis désolée je-
— Je ne veux pas d'excuses Lindsey, je veux simplement savoir pourquoi tu l'as fait.
Son regard est doux. Alors elle n'est pas fâchée ?
— Quand j'ai croisé Raven ça m'a fait tout drôle. Ça a fait naître en moi une sorte de désir égocentrique. L'onanisme poussé à son paroxysme, tu vois ? Quand j'ai compris qu'elle et Anya s'étaient mises ensembles, les souvenirs de ma nuit avec la guerrière sont remontés. Et en parallèle il y avait toi et moi qui acceptions enfin de nous laisser une chance. Je me suis souvenue des bonbons. Je me suis dit que c'était le moment de les utiliser…
— Pourquoi pour notre première fois Lindsey ?
En me posant la question elle attrape mon menton entre son pouce et son index.
— Je…
— On était allongé sur ce même lit toi et moi à nous embrasser sans oser aller plus loin, quelques heures plus tard tu nous drogues pour nous amener dans une partouze enflammée. Tu avais peur de faire l'amour avec moi ?
Alors que l'idée ne m'avait pas traversée l'esprit une seule seconde, entendre cette phrase me frappe et m'indique que c'est la vérité. L'explication de mon geste est là.
— Je crois bien que tu as raison Marie… Tu as toujours été mon amie. Depuis qu'on est ici tout a changé entre nous, alors j'ai eu peur… Sûrement que j'ai eu peur de ce que faire l'amour avec toi voudrait dire pour nous. Alors que découvrir ton corps en compagnie de deux autres rendait l'acte purement sexuel, peut-être sans sentiments, donc plus facile. Je suis désolée d'avoir gâché notre première fois…
— Ne dis pas de bêtises…
Marie se penche sur moi pour m'embrasser puis elle s'assoit à mes côtés et prend mes mains dans les siennes.
— J'ai aimé ce qui s'est passé hier Lindsey. C'était assez perturbant en y repensant, mais je crois que c'était ce dont on avait besoin toi et moi. Nous libérer, comme pour nous en débarrasser, de la gêne de nos corps, du côté purement sexuel. Ainsi, je suis sûre que la prochaine fois on sera prêtes. Et qu'on vivra un moment intense et beau. Et puis… Tu étais sincère quand tu m'as dit que tu m'aimais, n'est-ce pas ?
— Oui…
— Moi aussi.
Nous nous observons à présent avec une petite gêne. Mais elle a raison sur toute la ligne. Je passe ma main sur sa nuque et caresse sa joue avec mon pouce. Je plonge mon regard sur sa bouche. Longuement je la regarde. Et je viens l'embrasser comme un bijou précieux auquel il faudrait faire très attention.
Point de vue Lexa :
— Lexa ?
Aden, essoufflé, son épée contre la mienne, en train de brillamment parer mon attaque, me surprend en m'appelant par mon prénom. Je faiblis et il gagne le combat. Je perds l'équilibre et tombe au sol. Le blondinet vient s'asseoir en tailleur à mes côtés.
— Il ne faut jamais se laisser déstabiliser Heda.
— Tu m'as bien eu, je te félicite.
— Je peux te poser une question ?
— Bien sûr.
— J'ai entendu dire que tu avais ramené des Skaikru avec toi. Pourquoi ?
— Il y a Clarke, Bellamy et Raven. A partir de maintenant je pense que Clarke va m'être d'une grande aide dans le maintien de la paix. Il y a eu quelques problèmes avec Azgeda dernièrement et je pense qu'elle peut nous aider. Quant aux deux autres, disons qu'ils se sont liés d'amitiés avec des personnes de notre clan.
Je lui fais un immense sourire auquel il répond avec espièglerie.
— Je suis content que tu sois revenue et que Clarke soit toujours là. J'aimerais bien m'entraîner de nouveau avec elle.
— Alors demain je lui proposerais de venir ! je lui réponds en l'ébouriffant. Il va falloir que je te laisse pour aujourd'hui Aden. Passe une bonne journée.
Nous nous relevons avant de nous serrer la main.
— Toi aussi Lexa.
Sa réponse me fait rire et souffler du nez. Il me fait un clin d'œil et part en courant. C'est encore un enfant. Mais je ne suis pas prête de mourir alors il lui reste du temps pour profiter de son insouciance avant de prendre ma succession.
Je ramasse mon épée et retourne dans ma chambre pour me changer. Clarke y est toujours, en train de dessiner.
— Eliza est venue te trouver pour te demander où se trouve la chambre de Lincoln ? me demande la blonde sans lever les yeux de sa feuille.
— Oui ! D'ailleurs, contrairement à Aden qui n'y a vu que du feu, j'ai tout de suite vu que ce n'était pas toi.
— Bravo haha.
— Il voudrait que tu viennes t'entraîner avec nous un de ces jours.
— Alors je viendrais, elle dit en posant son fusain pour me regarder.
— Je peux voir ce que tu dessines ?
Sans répondre elle me montre la feuille. Y apparaissent Alycia, moi même, Eliza et Clarke.
— Pour ne jamais les oublier ?
— Tout à fait Lexa.
Je me penche pour l'embrasser sur le front. Lorsque je me relève on toque à la porte. Je vais ouvrir à Alycia et Eliza. Drôle de coïncidence. En revenant près de Clarke, Alycia remarque le dessin.
— C'est nous ?
— Nous quatre oui, répond Clarke.
— C'est chouette !
Devant l'enthousiasme de son double, Clarke souffle sur le papier pour en retirer les résidus et roule la feuille qu'elle tend à Eliza.
— Je vous l'offre.
— Euh, tu es sûre ?
— Je sais à quoi vous ressemblez, je pourrais en dessiner un autre.
— Merci…
Eliza attrape le parchemin avec espoir.
— A ce propos, bredouille Alycia, il faut qu'on vous explique…
Elles nous content leur discussion avec Bellamy et la remise en marche de la montre de Lindsey.
— Pourquoi vous êtes toujours là alors ? demande Clarke.
— On ne sait pas trop, répond Alycia, il faut peut-être trouver un portail, ou alors prendre la mer…
— Alycia t'es un génie ! s'exclame Eliza. Venez avec moi !
Sans poser de questions nous la suivons jusque devant la chambre de Lindsey et Marie. Eliza tambourine à la porte et entre sans attendre. Les deux femmes sont assises sur le lit. Elles se retournent et nous regardent.
— J'ai trouvé comment rentrer chez nous ! dit Eliza toute excitée.
Lindsey se lève précipitamment et se jette sur son amie en lui attrapant les mains.
— Comment ?
— Il faut qu'on retrouve le petit bateau qui nous a amené ici.
— T'es barjo Eliza, répond Lindsey visiblement déçue, il est en miette ! Je te rappelle que c'est en partie pour cette raison qu'Alycia a une cicatrice sur la cuisse…
— Fais-moi confiance !
— De toute façon on n'a pas d'autre idée, fait remarquer Marie.
— Il faut qu'on retourne à l'endroit où on s'est échoué, ajoute Eliza.
— Tu saurais y retourner toi ? lui demande Lindsey toujours pas convaincue.
— Anya, répond le double de Clarke, elle saura sûrement nous amener là où elles nous a trouvé, et à partir de là si on s'y met à plusieurs on retrouvera forcément la plage avec les débris du bateau.
— Et une fois là bas ?
— On improvisera Lindsey, allez, crois-moi !
— Je suis d'accord, dit Alycia.
— Bon, bon, allons chercher Anya alors, mais je ne vous garantis pas qu'elle soit au mieux de sa forme…
— Attends, attends, interrompt Alycia. Toi, Marie et Anya avez mal à la tête ? Ne me dis pas que… Tu as utilisé les bonbons qu'il restait ?!
— Les bonbons ? je demande me rappelant que ce n'est pas la première fois qu'ils font apparition dans la conversation.
— On t'expliquera en route, répond Marie, allons chercher Anya. On verra bien…
Encore une fois on ne veut pas me répondre ! Mais bon. Je les mène jusqu'aux appartements de ma meilleure amie. Et en effet lorsqu'elle nous ouvre elle n'a pas l'air au mieux de sa forme. Et Raven non plus. Nous leur faisons un résumé de la situation.
— Je peux vous ramener où je vous ai trouvé en effet, répond Anya la voix encore un peu cassée par le sommeil, ce n'est pas très loin d'ici. Mais si vous avez mis une journée entre la plage et l'endroit où nous nous sommes croisé, il faut prévoir de quoi partir pour plusieurs jours.
— Parfait, je dis, je vais prévenir qu'on nous prépare de quoi. Qui vient avec nous ?
Marie compte sur ses doigts en me répondant :
— Alycia, Eliza, Lindsey, moi, Anya et toi Lexa, ça fait six.
— Sept avec moi, dit Clarke, hors de question que je vous laisse partir sans vous dire au revoir.
— On n'est pas sûr que ça fonctionne, lui dit Lindsey.
— Sept, répond Clarke.
— Huit, dit Raven, je veux explorer la zone.
— Bien, je conclus, je vais préparer ça. Rassemblez ce dont vous avez besoin. Pour les quatre sosies, vous pouvez prendre la tenue qui vous plaît. Ce sera un souvenir.
Quelques temps après avoir organisé la préparation d'un convois, je retrouve les filles au lieu de rendez-vous. Non loin des cachots, où je les avais vu pour la première fois. A ma grande surprise lorsque j'arrive Bellamy, Titus et Lincoln sont là.
— On est tombé sur eux en chemin, m'apprend Alycia.
— Elles nous ont dit qu'elles allaient probablement rentrer chez elles, dit Lincoln, hors de question qu'on ne les accompagne pas.
— Heureusement qu'un garde m'a mis au courant, dit Titus, je suis du voyage aussi.
— Donc nous serons onze, je conclus. Vous n'avez pas peur des risques. Se déplacer en groupe comme ça...
— Au moins si on tombe sur Nia, on saura se défendre, ironise Lincoln.
— Et encore on aurait pu être plus ! dit Eliza. Nous avons croisé Gaïa et Indra mais elles se sont juste contenté de nous souhaiter bonne chance.
— Bien. Alors allons-y !
Quatre chevaux sont attelés à un grand chariot. Avant toute chose, les quatre sosies se dissimules sous des capes pour plus de prudence, puis Anya, Titus, Alycia et moi-même prenons place sur les canassons. Les autres trouvent de la place où ils peuvent dans la carriole en bois.
— C'est parti ! claironne Anya qui mène la marche.
— J'en ai marre de voyager en chariot, dit Lindsey, vivement qu'on retrouve nos bonnes vieilles voitures.
— J'aurais bien aimé connaître cette époque, lance Bellamy.
— Moi je rêverais de prendre l'avion, dit Raven.
— Vous avez un goût trop prononcé pour le passé, intervient Titus, les chevaux et la nature, tout ça est amplement suffisant.
— Il n'a pas tort, répond Alycia, regardez où la technologie vous a amené…
Je souris en regardant la route devant nous. Oui la Terre a connue beaucoup d'extinctions majeures, mais à présent nous allons enfin pouvoir la faire renaître pour de bon. Un vent frais me fouette le visage comme pour confirmer ma pensée.
Au bout d'une heure de route Anya fait s'arrêter les chevaux.
— C'est ici que je suis tombée sur vous, dit ma mentor en désignant l'entrée d'une forêt.
— Vous saurez retrouver votre route ? je demande en regardant Alycia à côté de moi.
— A quatre on devrait bien y arriver, répond Eliza derrière en sautant du chariot. Je me repairerais mieux à pied.
— Elle a raison, dit Lindsey en sautant à son tour.
Alycia et Marie suivent le mouvement. Lincoln décide de reprendre le cheval abandonné par Alycia. Raven, Bellamy et Titus prennent leurs aises dans le chariot.
— On n'est pas loin du territoire des Floukru.
— Ça ira ? demande Bellamy inquiet.
— Oui, oui, je réponds, enfin je crois…
Sous les indications des quatre sosies nous évoluons doucement dans la forêt. A plusieurs reprises nous sommes obligés de faire demi tour pour mieux repartir.
— Ah ! s'exclame Lindsey après plus de deux heures de marche. C'est là qu'on a monté notre camp la première nuit, regardez, il reste le foyer.
— Alors on devrait camper ici, dit Titus en descendant de cheval. La nuit commence à tomber, le temps qu'on s'installe tous. Et puis comme ça vous pourrez nous décrire le reste du trajet pour qu'on avance plus vite demain.
— Bonne idée, je réponds.
Tout le monde descend et souffle de soulagement. Nous laissons boire les chevaux dans le petit ruisseau non loin de là. Titus et moi allons chercher du bois pour faire un feu pendant que les autres installent le campement et instaurent des tours de garde.
— Je suis heureux d'être à ton service Lexa, me dit Titus alors que nous revenons avec les bras chargés de bois sec, et je suis désolé d'avoir douter de tes choix ou de ton autorité.
— C'est aussi ton travail de douter, Titus. Tu pensais bien faire. Peut-être aussi que dans un sens j'ai eu tort de faire confiance si vite aux Skaikru, ils ont vraiment tué beaucoup des nôtres après tout…
— Heda !
Titus lâche son chargement de bois et se met devant moi pour me protéger. Je ne mets pas en doute sa mise en garde et me tais pour écouter. Il y a des bruits dans les feuillages sur notre droite. J'ai à peine le temps de poser ma main sur mon poignard qu'une silhouette que je reconnaîtrais entre mille sort de l'ombre. J'en lâche à mon tour mon bois.
— Luna…
— Lexa, qu'est-ce que tu fais ici ?
— Tu es seule ? demande Titus toujours inquiet.
— Seule est un bien grand mot. J'ai une flopée d'Azgeda qui est arrivé chez moi il y a quelques temps. Je suppose que tu as une explication ?
— Ah, on n'est jamais tranquille, je marmonne. Viens Luna, je vais tout t'expliquer.
Étrangement elle me fait confiance et nous accompagne jusqu'au campement. En voyant Luna arriver, Alycia, Eliza, Marie et Lindsey semblent très étonnées. Donc elles la connaissent.
— Luna ?! s'exclame Lindsey.
— Comment elle me connaît ? demande Luna en garde.
Ayant déjà bien trop vécu cette situation ces derniers temps je lui demande de se calmer et de me laisser lui raconter toute l'histoire.
Point de vue Raven :
Il fait nuit lorsque Lexa finit de tout expliquer à la nouvelle arrivante. Tiens, elle est plutôt jolie… Je regarde Anya à mes côtés pour me changer les idées.
— Donc, résume Luna, si des familles du Nord sont arrivées à Floutkru c'est parce que Heda tu as fais confiance à un nouveau peuple inconnu ?
— Désolée… répond Bellamy gêné.
— On a évité le pire, souligne Clarke, les sujets d'Azgeda ont été hostile envers vous ?
— Non, ils nous ont demandé refuge.
— Tu saurais où se trouve la Reine Nia ? demande Lexa.
— Un homme nous a expliqué qu'en fuyant ils avaient tous plus ou moins pris des directions différentes. Il suppose que la Reine Nia ne s'est pas trop éloignée et est retournée sur les lieux après l'impacte du missile.
— Aucun moyen de savoir si elle va se venger donc, je lance.
— Ce monde a toujours fonctionné comme ça, répond Lexa, peut-être y aura-t-il une guerre avec la Reine Nia, mais nous saurons y faire face, je le sais. Et nous essaierons de limiter les pertes.
— Tu as changé Lexa, dit Luna. Peut-être que la présence de cette fille qui te ressemble explique la chose, je ne sais pas, mais tu me sembles plus sage.
— La dernière fois que tu m'as vu…
— J'ai pris la fuite, répond Luna, je ne pouvais pas me battre contre toi. J'ai bien fait. Tu m'as l'air d'être une bonne Heda.
Je regarde les deux femmes se sourire. Je ne comprends pas tout mais j'ai hâte de pouvoir demander à Anya plus d'explications.
— Qu'est-ce que vous faites ici ? demande à présent Luna.
— Nous cherchons à ramener ces quatre filles chez elles. Dans leur monde.
— Nous avons échoué sur une plage il y a quelques jours, dit Alycia en fixant une Luna visiblement perturbée.
— Je connais toutes les plages des environs. C'est étrange que nous n'ayons rien vu.
— Il n'y a pas un endroit que vous surveillez moins ou peut-être que vous ne connaissez pas ? propose Eliza.
Luna ouvre la bouche pour parler mais se ravise et réfléchit.
— Maintenant que tu le dis. Il y a une partie de la côte où nous ne postons pas de gardes car la rive opposée mène directement à nos propres terres. Nous nous rendons rarement sur cette plage qui a peu d'intérêt pour nos vies.
— Alors ça doit sûrement être là, dit Lindsey, tu voudrais bien nous y mener ?
— Et pourquoi je ferais ça ?
— En échange, répond Lexa, je viendrais parler aux Azgeda qui ont trouvé refuge chez toi. Je leur proposerai un abris.
— Le compromis me semble juste. C'est d'accord.
Tout le monde autour du feu semble soulagé. Cela veut dire qu'il n'y aura plus besoin de chercher et que nous ne mettrons pas des heures comme aujourd'hui. Je suis fascinée par la rencontre de cette femme. J'ai déjà hâte que nous allions rendre visite à sa tribu pour les rencontrer et observer leurs moyens de survie.
Pour la nuit je me blottie contre Anya. Il fait frais mais dans ses bras je suis parfaitement bien. Alycia est blottie dans les bras d'Eliza. Clarke s'est assoupie sur les genoux de Lexa qui monte la garde. Titus est adossé à un arbre à l'opposé pour monter la garde lui aussi. Lincoln dort comme un enfant en attendant son tour de garde. Bellamy est emmitouflé dans des couvertures et ronfle tranquillement. Ça me fait plaisir de voir qu'il va mieux. Mon double dort dans les bras de Marie. Je repense à notre nuit passée à quatre. C'était… enrichissant ! Une bonne expérience, malgré le mal de tête que je me suis tapée toute la journée. Mais à présent je suis bien mieux dans les bras d'Anya. Et je repense à la première fois que je l'avais rencontrée. Elle m'avait tapée dans l'œil. J'aurais bien été incapable d'imaginer qu'elle ressentait quelque chose pour moi. Le hasard fait bien les choses. Je redresse mon cou pour venir l'embrasser doucement. Elle me regarde avec un regard pétillant et me rend mon baiser.
Point de vue Eliza :
Le lendemain nous nous réveillons avec le soleil. Petit à petit les gens émergent. J'ai l'impression d'être partie bivouaquer à la belle étoile avec toute l'équipe de tournage. Mais la plupart de ces gens ne sont pas des acteurs… Tout le monde se prépare doucement afin de lever le camp. C'est peut-être la dernière fois que je me réveille sous ce soleil, alors je prends le temps de regarder autour de moi. De m'imprégner de l'odeur des arbres et de la fraîcheur du vent. Après avoir fini de plier notre couverture, Alycia me rejoint.
— Tu médites Eliza ?
— Je prends une dernière bouffée d'air frais. Et on rentre à la maison.
— Oui, me répond Alycia en souriant.
Je m'approche doucement pour l'embrasser.
— Ah ça va me manquer, dit Lindsey en nous interrompant.
En la regardant je comprends ce qui lui trotte dans la tête. Je vois Clarke et Lexa sortir d'un baiser. Je ris et Lindsey ne se prive pas pour exprimer sa pensée à voix haute.
— Voir Clexa en double s'embrasser !
— Clexa ? demande Raven.
— Olalala Raven, j'ai tant de chose à t'apprendre avant de rentrer, tu vas adorer !
Lindsey passe son bras par dessus l'épaule de Raven et commence à lui expliquer ce que sont les OTP et les ship.
Une fois que tout est prêt nous prenons la route en suivant Luna. Alycia et moi marchons à ses côtés pour confirmer si nous reconnaissons les environs ou non.
— Alors il existe un double de moi aussi ? nous demande Luna.
— On n'a pas encore travaillé avec elle, je réponds, mais nous l'avons déjà rencontré en effet.
— Fascinant…
Mais Luna ne dit rien de plus. Elle semble timide et pas du genre à avoir de longues discussions.
Je reconnais peu les bois par lesquels nous passons. Pour moi, un arbre est un arbre. Et puis lorsque nous avions traversé la forêt dans l'autre sens nous étions complètement paniquées. Après un moment cependant les lieux me semblent familier.
— Nous approchons, dit Luna.
Encore quelques mètres et nous arrivons sur une plage de sable blanc. La lumière après l'ombre de la forêt me pique les yeux. Il me faut du temps pour que mes iris s'adaptent. Et c'est la que je le vois. Un bateau, flambant neuf, échoué sur le rivage.
— Je rêve ! s'exclame Lindsey.
Elle saute du chariot et court vers le bateau. Par une sorte d'instinct je me mets à courir derrière mon amie. Elle court si vite qu'elle tombe et roule dans le sable. Je me précipite pour la relever. Nous nous regardons, sourions, et nous remettons à courir. En arrivant à hauteur du bateau nous en faisons le tour en riant encore. Nous sommes presque hystériques. Le bateau est neuf. Sans aucun trou, sans aucune égratignure.
— Il n'y a plus qu'à le mettre à l'eau ! je hurle avec joie.
Les autres nous rejoignent, laissant sur le sable des traces de sabots, de pas et de roues.
— Tu vois, dit Marie en venant derrière Lindsey, Eliza t'avait dit de lui faire confiance.
— J'admets Eliza que tu as de l'intuition. Entre la Clef dont tu savais qu'elle n'aurait aucun effet sur toi et ça.
— Mais, intervient Bellamy, vous saurez vers où naviguer ?
— C'est une très bonne question, répond Alycia presque déçue.
Est-ce que les filles vont réussir à naviguer jusque chez elles ?
Je suis déjà triste de vous annoncer qu'il ne reste plus que deux chapitres à cette histoire, le dernier et l'épilogue. J'ai peur d'avoir un peu bâclée les choses, mais en même temps je ne vois pas comment j'aurais pu tourner l'histoire autrement. On se retrouve donc mardi pour le dernier chapitre et samedi prochain pour l'épilogue !
