Chapitre 5 : La visite d'Achlys
Les appartements qui leur avaient été réservés étaient somptueux ! Chacune des équipes s'était vue attribuer une couleur spécifique. Le vert pour l'équipe d'Aphrodite, l'orange pour celle d'Apollon, le bleu pour celle d'Arès, le mauve pour Athéna et le rose pour Artémis. Bien entendu, là encore, ce fut source de conflit entre la guerre, le soleil et la beauté. La première et la dernière voulaient le rouge, car pour l'une, c'était signe de bataille sanglante, pour l'autre, il s'agissait de la couleur personnifiant l'amour. Grâce à sa légendaire sagesse, Athéna réussit à régler le conflit : elle assomma son frère assoiffé de sang, fit de même pour sa grande tante et menaça son deuxième frère. Les cinquante-cinq joueurs, les sept manageuses et le nounours se firent tous tout petits de sorte à ne pas subir le même traitement.
Quelques instants plus tard, les deux déesses et leur dieu de frère reçurent la visite d'une autre déesse. Celle-ci avait le visage pleurnichard, émacié, les joues sanglantes. Son nez coulait, comme si elle venait de pleurer des heures durant. Elle affichait cependant un sourire malveillant et commença à parler d'une voix chevrotante, gorgée de sanglots.
- Bonjour, Chers Olympiens ! Je suis Achlys, déesse du poison et du malheur, fille de la déesse Nyx. Je suis ici pour vous communiquer personnellement la date de notre première rencontre footballistique. Elle se déroulera dans trois jours, à l'heure où le soleil est le plus haut de le ciel. Le lieu vous sera communiqué ultérieurement par mes soins. La première équipe sera celle entraînée par la guerre. N'oubliez pas, petits dieux !
Elle disparut instantanément. Apollon se retourna vers ses deux soeurs. Il leur sourit, affichant ses dents d'un blanc éclatant. Visiblement, il ne semblait pas trop inquiet quant à la menace qui pesait sur eux, les olympiens, ou sur leurs alliés. Les déesses se tournèrent vers leurs joueurs.
- Bon, fit Athéna, vous allez prendre possession de vos chambres, ensuite, je demanderais à Iris de venir vous chercher pour manger. Artémis a préparé les lits de ses propres mains pour vous assurer un confort maximal. Vous aurez une demi-heure afin de vous préparer comme il le faut. Nous n'attendons plus qu'Hermès qui doit nous apporter une petite chose, et moi qui doit vous faire part de l'organisation des chambres, qui ne se font pas en fonction des équipes, chose qui aurait pu être beaucoup plus facile !
Athéna, Artémis et Apollon fixèrent les deux autres dieux qui commençaient à se réveiller. La première fut Aphrodite. Elle regarda autour d'elle, se demandant ce qu'il lui était arrivé pour qu'elle se retrouve ainsi allongée par terre. Lorsque Arès ouvrit les yeux, il fit un bond sur le côté, sur la défensive. Il commença à hurler, à demander qui avait osé l'assommer, mais quand il vit le regard noir que lui lança sa soeur, il comprit et se stoppa. Elle disparut instantanément.
- Arès, Cher Frère, ton équipe sera la première à se battre ! l'informa Artémis. La bataille de football aura lieu dans trois jours à l'heure de midi. L'endroit nous sera communiqué par Achlys un peu plus tard.
- Ah, celle-là, je la déteste ! s'exclama le guerrier.
- Tu dis ça parce qu'elle n'a pas voulu accepter tes avances il y a deux ans ! soupira Aphrodite, visiblement jalouse.
- Qui t'a raconté ça hein ? Jamais je n'aurais courtisé une déesse autre que toi ma beauté ! la rassura Arès, sur la défensive.
Alors qu'une énième dispute éclatait entre la guerre et l'amour, Athéna et Artémis conduisirent les joueurs dans la partie dortoir tandis qu'Apollon regardait les amants, un paquet de popcorn étant apparu dans ses mains. Il rigolait comme s'il était devant une comédie à la télé. Arrivés dans la première partie des chambres, Artémis voulu donner la composition de la première, mais elle fut distraite :
- Bien, donc voici ce que mon cher père, le Roi Zeus, a décidé pour les chambres. Bien sûr, pas de mixité ! Soit dit en passant, n'oubliez pas mon groupe, les Chasseresses, n'acceptant que des filles, parce que l'amour et les garçons, c'est nul, pas vrai Athéna ? Nous ne sommes pas des déesses vierges pour rien !
Au loin, on entendit la voix, devenue stridente, d'Aphrodite hurler à Artémis que l'amour était le sentiment le plus merveilleux du monde. Artémis roula les yeux, marmonnant que si c'était pour finir comme elle, Héphaïstos et Arès, ça ne valait pas la peine. Athéna reprit là où sa soeur s'était stoppée.
- Comme ma chère soeur l'a si bien fait remarquer, notre père a décidé de faire ceci pour la composition des chambres.
Athéna commença à énumérer les joueurs. Il lui fallut dix minutes pour tout dire, tellement elle était interrompue par la dispute des deux amants. Heureusement, elle finit par finir. Les joueurs s'installèrent dans leurs chambres respectives. Le couloir un comportait les chambres une à six. Le couloir deux comportait celle de sept à onze. Le couloir trois abritait les chambres douze à seize plus celle de Wunderbar, qui dormait seul.
Il ne fallut pas plus de cinq minutes aux joueurs et aux manageuses pour s'installer comme il le fallait. Une fois leurs affaires de sport rangées dans les petites armoires mises à leur disposition, tout se rendirent compte d'une chose : ils n'avaient pas d'affaires pour dormir. Quand ils se retrouvèrent dans la salle de la cantine, ce fut Scotty qui souleva la question. Il interpella Arès, à croire qu'il souhaitait mourir le petit.
- Hey ! Le mec accro au sang et aux armes ! On dort dans nos vêtements de sueur ou vous nous avez confectionné des petites chemises de nuit à la mode antique ? Shishishi !
Le regard qu'il reçut en retour aurait presque put le faire mourir sur place, mais loin d'impressionner le gamin, il continua. Sans l'intervention d'Athéna, il aurait fini en chair à pâté. C'est alors qu'Iris et Hermès arrivèrent en voletant, tenant dans leurs bras des piles de vêtements colorés, féminins pour la première (ce qui lui faisait une pile plus petite), et masculins pour le second (la pile était si haute qu'il ne volait pas droit.
- Chaud devant ! Voici vos tenues de nuit ! s'écria le dieu en percutant le mur.
- Bon, petits humains, il faut que vous sachiez que nous autres, dieux et déesses, nous n'aimons guère d'être si peu respectés comme tu viens de le faire, tête bleue ! Mais nous pensons à tout ! À absolument tout ! les informa Artémis, tandis qu'Apollon aidait son frère voleur à ramasser les vêtements.
- Mangez et reposez-vous ! Demain commenceront les entrainements intensifs ! N'oubliez pas ! Vous devez gagner ! leur rappela Aphrodite en adressant un clin d'œil aux garçons.
