Le lendemain matin, les dieux permirent aux joueurs de se reposer un peu plus longtemps... Dix minutes plus longtemps, à vrai dire, mais c'était déjà ça de prit pour les humains. Bon, en fait, si les dieux avaient laisser dix minutes supplémentaire, c'était uniquement parce que Athéna et Artémis avaient (encore) dû s'occuper de leurs frères et leur grande tante qui faisaient (encore) des leurs. Bref, c'est donc à six heures dix que les joueurs de football furent tirés du lit. Ils n'eurent le droit qu'à vingt minutes chrono pour se préparer.

Cependant, tout ne se passa pas comme cela aurait dû se passer. En effet, on entendait, provenant de la chambre 16, celle que partageaient Sue, Cerise, Bêta et Rinka, des cris de rage et des cris de douleurs. Les autres filles s'étaient réunies devant la porte, ne sachant pas si elles devaient frapper et entrer, ou défoncer la porte pour s'assurer que leurs amies allaient bien. Ce sont Chloé et Novembre qui prirent les choses en mains. Elles combinèrent les deux solutions, donnant de grand coups à la porte de la chambre, avant de l'ouvrir grâce au tir Renaissance du Phénix que la blonde lança à pleine puissance.

- Je ne pouvais plus supporter leurs cris... se justifia la jeune fille habituellement si douce et calme.

- Ok, je note alors. Ne jamais te contrarier... murmura Lola en entrant la première dans la pièce.

On aurait pu qualifier la chambre de "scène de guerre", en voyant son état. La porte qui séparait la salle de bain et la pièce pour dormir semblait ne plus tenir que par une charnière, les deux lits superposés avaient été privés de leurs matelas et le petit bureau près de la fenêtre était en pièces. Mais le pire, c'était l'état des quatre filles. Rinka Kanaki, encore à moitié endormie, ses cheveux roses en bataille autour de sa tête, ne semblait pas comprendre ce qui lui arrivait. Elle était maintenue debout par Sue, qui se cachait derrière elle en brandissant une brosse à cheveux avec le visage d'un garçon souriant collé sur le dos de la dite brosse. En face d'elles, se trouvait Bêta, sous sa forme en colère, pointant un fer à boucler vers Cerise qui elle-même s'était munie d'un oreiller pour se protéger. Bêta hurlait à Sue qu'elle n'avait pas le droit de monopoliser la salle de bain lorsqu'elles n'avaient pas le temps de se préparer, et surtout, qu'elle ne devait, sous aucun prétexte, utiliser SON fer à boucler.

- Mais je n'ai pas le mien, et je me suis dit, entres gentilles joueuses de foot, que nous pouvions nous prêter nos affaires ! répliqua Sue en se cachant un peu plus derrière Rinka qui commença sérieusement à en avoir marre.

- Je ne suis pas un fichu bouclier bon sang ! s'écria la rose en poussant Sue avant de lancer l'oreiller que tenait Cerise sur Bêta. Je veux bien être gentille quand il faut, mais là, il ne faut pas me chercher au réveil. Non mais.

Aucune des quatre ne semblait se formaliser du fait que Chloé venait de défoncer leur porte et que Lola était plantée au milieu de la chambre en regardant la scène totalement choquée. En fait, une fois que Rinka eu fini de crier, tout rentra dans l'ordre dans la chambre numéro 16. Bêta rangea son fer à boucler dans sa table de nuit, Sue se brossa les cheveux (dont la moitié avait été bouclé et l'autre était restée lisse), Cerise n'eut plus peur d'aller chercher son élastique qu'elle avait oublié la veille sur le meuble de la salle de bain et Rinka put se réveiller correctement. C'est alors que l'ancienne capitaine de Protocol Oméga 2.0 remarqua (enfin) la présence des autres.

- Hey, salut. Comment ça va ce matin.

Les autres filles se regardèrent, soupirèrent puis quittèrent la pièce, totalement dépitées. Sauf Novembre qui alla voir sa meilleure amie en se retenant d'éclater de rire. Dans le couloir, Chloé, Ruby, et Tori s'étaient regroupées, discutant du cas "Suzette Hartland". Les autres filles rejoignirent les garçons qui étaient déjà tous au réfectoire depuis un moment.

- Comme quoi, on a raison de dire que les filles mettent une plombe à se préparer, se moqua Aitor avant de recevoir une tape derrière la tête de la part de Gabi.

- On a eu à gérer une troisième guerre mondiale ! protesta Rosalina en s'asseyant son frère jumeau et le meilleur ami de celui-ci.

- Je suppose que Bêta a encore fait des siennes, intervint Alpha alors qu'il revenait des cuisines avec son plateau repas rempli de petits croissants qu'il distribua aux personnes assises à la même table que lui.

- Effectivement, c'est une troisième guerre mondiale quand elle s'énerve celle-là, rajouta Gamma en passant sa main dans ses cheveux.

- C'était pourquoi cette fois ? demanda l'ancien capitaine de Protocol Oméga 1.0.

- Sue lui a emprunté son fer à boucler, commença Skie.

- Et elle ne l'a pas supporté, continua Goldie en s'asseyant à son tour, près de celui qui est son fils.

- Du coup elle a fait sortir sa seconde personnalité, enchaîna Rosalina.

- Celle qui est méchante, précisa Rosie.

- Et elle a mis la chambre sans dessus-dessous, acheva Lola.

- Donc maintenant, ça se passe comment ? On raconte la vie des autres à tout le monde ?

Les filles se retournèrent et virent que Bêta, Novembre, Rinka et les filles du passé venaient d'entrer dans le réfectoire, allant aux cuisines pour prendre de quoi déjeuner. Les manageuses étaient levées depuis plusieurs dizaines de minutes, aidant les nymphes pour proposer de délicieux petits plats à leurs joueurs préférés.

- Sérieusement, les filles, il va falloir que vous grandissiez, shishishi !

- Scotty, c'est l'hôpital qui se moque de la charité ! s'écria Célia des cuisines.

- Hey ! protesta le défenseur en gonflant les joues.

Le déjeuner se déroula (dieux merci) sans incidents. Cette fois-ci, tous les joueurs débarrassèrent leur table, rapportant les plateaux en cuisine, et c'est un autre groupe qui aida à la vaisselle. Ils se rejoignirent tous à l'entrée du bâtiment qui abritait les cinq terrains de foot.

- Qu'est-ce qu'on va faire, nous ? demanda Chloé en s'approchant de Jude.

- Je ne sais pas... Notre match est passé, je ne vois pas l'utilité de nous garder ici...

Les onze joueurs de l'équipe des Phénix baissèrent la tête, sachant que leur rôle dans ce tournoi divin était fini, mais ne voulant pas quitter l'Olympe. Malgré tout, ils se plaisaient bien ici, avec tous leurs amis. Les cinq coachs divins apparurent devant eux, dans des lumières de couleurs différentes, et s'approchèrent des joueurs.

- Bonjour à tous, les salua Artémis. Je souhaite m'adresser aux onze joueurs dont le match s'est déroulé hier. Nous avons décidé, les autres dieux et moi, de vous laisser le choix de rester afin de suivre un entraînement avec un dieu, ou de quitter l'Olympe et retourner chez vous. Que décidez-vous ?

Axel, Chloé, Jude, Fei, Michael, Falco, Cerise, Adé, Austin, Nathan et J-P se regardèrent un instant avant d'afficher de grands sourires sur leurs faces ou dans leurs têtes (n'est-ce pas Falco et Michael). Ils levèrent tous le poing en l'air et s'écrièrent d'une seule voix :

- Nous restons !