Tout le monde resta interdit. Qu'est-ce qu'il venait de se passer bon sang ? Est-ce que Byron avait réellement envoyé un baiser à Nathan ? Est-ce qu'il lui avait vraiment chanté une chanson qui parlait d'un homme voulant qu'une femme l'aime en énumérant des qualités - qu'il n'avait pas ? Et est-ce que Nathan s'était enfui, les joues rouges, comme une jeune étudiante à qui son crush venait d'adresser la parole ?

Byron regarda Mark qui venait de se placer à côté de lui. Le gardien posa une main sur l'épaule de l'attaquant, un sourire d'encouragement sur le visage. Il le poussa ensuite légèrement, lui faisant ainsi comprendre qu'il devait poursuivre le défenseur, s'il tenait réellement à lui. Enfin... C'est ce que Byron cru comprendre à travers le geste de Mark. Alors, le blond quitta la pièce de la même manière. Il parcouru les couloirs de leur bâtiment, à la recherche du garçon qui faisait battre son cœur depuis si longtemps maintenant. Il finit par le trouver, dans leur chambre, la N°8. Il était couché sur son lit, dos à la porte, les genoux repliés sur son torse.

- Nathan ? appela doucement Byron. Nathan, est-ce que... Est-ce que je t'ai vexé ? Non, parce que ce n'était pas mon but ! Pas mon but du tout...

- Non. Ce n'est pas toi, répondit Nathan, et on entendait dans sa voix qu'il était au bord des larmes.

- Alors... Qu'est-ce que tu as ?

- Comment peux-tu m'aimer ? demanda Nathan en se redressant d'un coup. Comment quelqu'un d'aussi fort que toi peut-il être amoureux de quelqu'un comme moi ? Je suis inutile ! Je n'ai même pas été capable d'arrêter les joueurs d'Ogre lors de notre match ! Ils nous ont battus à plate couture. C'était comme si nous n'étions pas sur le terrain. Je n'ai rien pu faire. Nous sommes les seuls à avoir perdu jusqu'ici. Et toi, tu as été fantastique cette après-midi ! Tu as mis au point une nouvelle supertechnique avec un joueur du futur, et cette technique était si... Si puissante !

- Je t'interdis de te dénigrer, Nathan ! s'exclama Byron en s'approchant du bleu pour s'asseoir à côté de lui. Tu t'es encore beaucoup amélioré depuis ce match. Il suffit de se rappeler de notre entraînement ! Pourquoi penses-tu que je ne pourrais pas être amoureux de toi ? Tu es champion du monde, et moi, je n'ai même pas été fichu de passer les qualifs asiatiques. Tu es quelqu'un de gentil, prévenant, amical. Et tu es rapide, fort. Nathan, tu as tout pour être aimé.

- Je n'ai pas été capable de supporté notre bataille contre l'Académie Alius ! J'ai été si faible que je me suis servi d'un caillou spatial pour augmenter ma force ! s'écria Nathan.

- Et moi alors ? Tu m'as regardé ? Je me suis dopé avec un breuvage qui me faisait passer pour un dieu ! Je ne suis pas mieux que toi, si tu le prends comme ça ! Tu ne peux même pas savoir depuis combien de temps je suis amoureux de toi. Quand j'ai rejoint Raimon dans votre lutte contre Alius, c'était avant tout pour avoir une chance de jouer avec toi. Mais tu n'étais plus là. J'ai été tellement déçu... Puis nous sommes retrouvés le temps d'un match, lors du Football Frontier International. Et j'ai pu admirer ta nouvelle force. Tu étais encore plus puissant qu'avant. Mon cœur ne cessait de battre pour toi, Nathan. Et il continue encore maintenant.

Nathan, les larmes aux yeux, regarda Byron. Ce dernier avait un sourire bienveillant sur le visage. Le bleu ne put s'empêcher de penser que le blond était beau comme ça. Il paraissait réellement être un dieu. Ce n'était pas possible autrement, d'ailleurs. Lentement, il se pencha vers l'attaquant, venant capturer ses lèvres. L'autre répondit aussitôt au baiser, passant ses bras autour du cou de son désormais petit-ami. Ils approfondirent le baiser, se collant l'un à l'autre, étant même si proche que Byron passa l'une de ses jambes sur celle de Nathan. Dans le feu de l'action, il poussa Nathan dos à son lit. Mais le défenseur le repoussa avec douceur, lui demandant de ne pas aller plus loin.

- Non, bien sûr, désolé ! Je me suis laissé emporter. Pardon.

- Ce n'est pas grave. Byron ?

- Oui ?

- Je... Je t'aime.

- Moi aussi, mon beau petit dieu du vent.

Dans le réfectoire, Apollon n'était pas content. Son magnifique karaoké était gâché par les hormones de ces adolescents qui ne savait rien faire d'autre que se sauter dessus. Il avait dû penser à voix haute parce que Jade lui cria dessus, lui rappelant que c'était lui qui avait dragué Angélie tout au long de sa présence ici. Et que c'était également l'un des dieux qui avait le plus couru après les femmes - et les hommes - de toute sa longue vie de dieu. Le dieu du Soleil croisa les bras, boudant comme un enfant, et alla se rasseoir près de son ordinateur avec lequel il passait les chansons.

- Vous croyez que nous aurons droit à un nouveau couple ? demanda Sue, des étoiles dans les yeux.

- En tout cas, c'est bien parti pour ! lui répondit Tori en souriant.

- Tient, d'ailleurs Tori, s'exclama Sue avant de s'approcher de l'oreille de sa meilleure amie. C'est pour quand toi et Hurley ? Depuis le temps que vous vous tournez autour...

- Sue, la ferme ! rougit Tori en posant sa main sur la bouche de l'autre fille qui éclata de rire.

Il ne fallut pas plus d'une dizaine de minutes, en tout, pour voir réapparaître les deux joueurs de foot, qui se tenaient par la main. Quand ils croisèrent le regard de leurs amis, Nathan rougit et Byron sourit. Ce dernier leva leurs mains liées et annonça, avec une touche de fierté, qu'ils étaient - enfin - ensembles.

- Bien, s'exclama Apollon. Maintenant que tout le monde est là, préparez-vous pour la dernière chanson, que vous interpréterez tous ensemble ! "We are the Champions", que j'ai remixé en "We'll be the Champions !"

Tous les joueurs se serrèrent au centre du cercle formé par les chaises, et ils chantèrent. Les couples s'étaient rassemblés, se tenant tantôt par la main, tantôt par le bras. Certains serraient même leur moitié au niveau des épaules, l'un devant l'autre. Sue se serrait elle-même dans ses bras, imaginant son mamour. Quant à Tori, elle sentit une main se glisser dans la sienne. Surprise, elle leva la tête et croisa le regard onyx d'Hurley qui avait son sourire emblématique.

- We'll be the Champions

We'll be the Champions my friends

And we'll keep on fighting, 'til the end !

We'll be the Champions,

We'll be the Champions,

No time for losers

'Cause we'll be the Champions

Of the Olympus !