Commentaire d'auteur :
Hello mes petits loups :) On se retrouve ce dimanche pour un nouveau chapitre de cette fanfic ! :D Je suis contente que les deux premiers chapitres fassent l'unanimité, j'espère que ce sera le cas pour la suite de l'histoire ! :) Comme je l'avais dit, chapitre un peu moins joyeux mais qui va être très important pour le reste de l'histoire ! ^^
J'arrive également à conserver mes chapitres d'avance pour l'instant - je viens de commencer le cinquième actuellement - et j'espère que ça va durer mais je ne peux rien promettre, surtout que je dois avancer Time is Out en même temps ! :) Et merci encore pour tous ceux qui lisent et laissent des reviews, c'est adorable ! :) (je ne peux pas répondre aux visiteurs mais je ne vous oublie pas non plus ! :D)
Dans tous les cas, je n'en dis pas plus et je vous laisse lire :)
Chapitre 3 : Des souvenirs à céder
- Oh putain de merde, furent les premiers mots prononcés par Tony lorsque la ville de Tokyo d'En-Haut se dévoila sous ses yeux après sa téléportation.
Loki qui était arrivé quelques secondes avant lui jeta un regard exaspéré et loin d'être impressionné, insensible à la beauté des lieux, mais ce n'était pas le cas de l'ingénieur.
Dans cette ville, c'était comme s'ils flottaient littéralement dans le vide - le sol était en verre extrêmement résistant et les gens d'En-Haut semblaient vivre dessus sans le moindre problème. On pouvait voir la vraie Tokyo sous leurs pieds, à des centaines de mètres plus bas, bâtiments gris et ternes s'étirant vers le ciel, tentant vainement de les atteindre sans même le savoir. Toutes les maisons, les commerces et dieu sait quoi d'autre encore étaient faits dans des pierres colorées de gris, de beige, ou encore caramel et crème. Si cela pouvait sembler un peu fade, ce n'était pas le cas car l'endroit était envahi par des fleurs multicolores, il y en avait partout ! Aux balcons des maisons, dans des parterres gigantesques à même le sol, sans compter les arbres aux couleurs approximatives coincés dans les rues et les avenues, dont on pouvait voir les racines à travers le verre, semblant s'en nourrir comme s'il s'agissait de terre. Pour Tony, cela ressemblait à de la véritable magie, et il était totalement sous le charme, ne se rendant pas compte de la manière dont son sourire s'étira sur son visage.
Il inspira légèrement et l'odeur de pain chaud et des fleurs éparpillées partout dans la ville l'assaillirent, le faisant sourire de bonheur encore plus. Ici, la pollution de Tokyo semblait avoir disparu pour de bon.
- Comment ais-je pu vivre si longtemps sans connaître un endroit aussi beau ? se demanda-t-il à voix haute, tournant sur lui-même pour embrasser du regard la place centrale sur laquelle la marque les avaient fait arriver.
- Vous les humains êtes tellement aveugles, lui fit remarquer Loki.
Le brun se tourna dans sa direction, le dévisageant du regard un instant mais, pour la première fois depuis que le dieu était venu lui demander de l'aide, il n'y avait aucun sarcasme ni moindre méchanceté dans ses paroles : il ne faisait qu'énoncer les faits, et Tony savait bien à quel point il avait raison - c'était peut-être ça qui faisait le plus mal. Parce que, oui, ils étaient aveugles et de bien des choses, à commencer par ces villes cachées juste sous leur nez où les autres mondes comme celui duquel provenaient Loki et Thor, alors qu'à l'inverse ces derniers semblaient tout savoir de chaque chose de l'univers.
Voyant le dieu se diriger vers l'une des rues principales, larges de plusieurs mètres et couverte de commerces sur les côtés, Tony le suivit, trottinant légèrement pour revenir à sa hauteur.
- Où allons-nous ? demanda le milliardaire.
Lok lâcha un léger soupir agacé et désigna ce qui ressemblait plus ou moins à un château, qui se trouvait vers le milieu de la ville. En vérité, cela ressemblait davantage à une gigantesque tour pointant vers le ciel, dont les murs étaient d'une pierre bleue dont les reflets semblaient translucides, tout cela entouré de plusieurs murailles et quelques bâtiments à l'intérieur, dont les toits couleur lit de vin ressortait avec facilité, donnant une touche élégante supplémentaire à l'endroit.
- C'est dans cette tour que se trouve le Bifröst clandestin, n'est-ce pas ? continua l'ingénieur.
Le dieu ne répondit rien à une question aussi évidente, se contentant de rouler des yeux d'un air exagéré, continuant sa route sans même lui adresser un regard. Lâchant un grognement agacé, Tony décida plutôt d'observer les lieux, et surtout les gens qui évoluaient dans cette ville, émerveillé.
Il n'y avait pas que des humains, évidemment : Loki l'avait bien prévenu que ce genre de villes étaient comme des ports, et qu'on y croisait donc des êtres provenant des neufs royaumes et plus ou moins louches. Il y avait des humains, évidemment, mais ils étaient peu, comparé au reste. Tony avait sous les yeux des civilisations entières : d'étranges créatures à la peau faite d'écailles colorées, oscillant entre le bleu turquoise et le vert émeraude, tirant parfois sur le rose pâle pour certains - certainement des femmes. Ils étaient un peu plus grand que les humains, tournant davantage à deux mètres, et portaient de légers tissus à motifs ainsi que beaucoup d'armes aux côtés.
Il y avait des gens à la peau entre le rouge et le orange, et qui possédaient quatre bras et trois yeux : eux portaient de lourds vêtements d'apparat, sans compter les multiples bijoux qu'ils portaient, semblables aux parures dorées des femmes vivant en Inde - l'un d'entre eux portait même un anneau relié à ses oreilles par une chaîne délicate.
Il y avait des Elfes, aussi, certains à la peau claire et aux cheveux d'un blond presque blanc, et d'autres dont la couleur de peau rappelait une nuit sans lune, miroitant d'un noir sombre presque bleu - Le milliardaire se croyait presque en plein dans un film de fantasy et se retenait de sautiller sur place et de trop dévisager les gens - après tout, il ne connaissait pas leurs coutumes et ne souhaitait pas se faire tuer de manière stupide juste pour avoir admiré toute cette population.
Dans toute cette foule néanmoins, beaucoup restaient louches, comme d'étranges êtres à la peau bleue sombre, qui se cachaient sous leurs vêtements en baissant la tête, l'air de se faire le plus petit possible.
- Qui sont-ils ? demanda Tony au dieu en désignant l'un d'entre eux.
Loki suivit son regard d'un air agacé, fixant un instant l'autre qui semblait se cacher sous une capuche et expliqua :
- Il s'agit d'un Kree.
Il sembla hésiter un instant avant d'ajouter :
- Leur chef a tenté un génocide il y a quelques années et a été arrêté par un groupe de bras cassés qui se fait appeler Les gardiens de la galaxie, depuis ils se planquent, la plupart des gens les détestent et veulent les voir tous morts.
- Je vois...
L'ingénieur trouvait cela triste de stigmatiser toute une race parce que leur chef était un psychopathe en puissance - même si certains d'entre eux avaient dû le suivre avec joie, d'autres voulaient peut-être ne pas causer tout cela et étaient tout de même considérés comme des parias. Peu importe dans quelle galaxie il se trouvait, les même erreurs se répétaient sans cesse - que Loki se moque ainsi de l'humanité en devenait risible, quand Tony voyait à quel point les choses n'étaient pas beaucoup mieux parmi les autres sensés être plus évolués.
Continuant d'avancer, il remarqua aussi le nombre impressionnant d'étalages dans toutes les rues un peu partout, émerveillé par toutes les choses inconnues qu'ils vendaient. Il y avait là d'étranges cristaux qui semblaient pulser d'énergie, des armes de tout genre, que ce soit de simples arcs décorés de larges plumes arc-en-ciel, où des armes à feu faites d'un métal luisant, qui avait l'air presque vivant et semblait onduler sous les doigts. On pouvait aussi trouver de nombreuses tenues dans des tissus tous différents, de la nourriture comme Tony n'en avait jamais vu, et plein d'autres objets qui devaient être utiles aux voyageurs passant dans le coin.
Comment voulez-vous qu'il résiste à tant de nouveauté et de technologie inconnue sous ses yeux ? Alors bien évidemment, Tony s'éloigna de Loki qui avançait plutôt vite et fila directement vers l'un des étals couverts d'armes à feu comme il n'en avait jamais vues. Elles ondulaient, comme des miroirs noires ou encore la surface d'un lac troublée par des lancers de galets. Alors que le vendeur semblait occupé avec un client quelques mètres plus loin, il approcha une main de celle qui avait attiré son regard : il s'agissait de quelque chose ressemblant fortement à un revolver, mais les différences étaient flagrantes. En effet, le canon était plus long et bien plus large, et d'étranges jauges affichaient des données inconnues sur les côtés, sans compter le compartiment pour les balles qui avait une drôle de forme - il se rechargeait sûrement avec les sacs de minuscules cristaux posés juste à côté sur l'étalage.
Quoiqu'il en soit, avant même d'y réfléchir il posa ses doigts sur le revolver et la surface noire ondulante dont il était fait s'enroula aussitôt autour de son bras dans un bruit métallique, allumant ses voyants d'un bleu lumineux. Poussant un glapissement paniqué, Tony secoua le bras pour essayer de se débarrasser de l'objet qui était enroulé autour de sa main droite comme un protège-bras, ses exclamations attirant le regard du vendeur qui se mit aussitôt à hurler il ne savait quoi dans une langue totalement inconnue. Paniqué, le milliardaire se mit à tirer sur l'arme - même si cela n'y ressemblait plus du tout - fixant le vendeur arriver vers lui, un air furieux sur le visage.
Voyant que le truc ne s'enlevait pas, Tony tourna les talons pour s'enfuir mais ne fit que se cogner dans quelqu'un avec force, le faisant tomber sur le sol. Jurant, il se redressa d'un bond et se retrouva face à un Loki qui semblait furieux, lui jetant un regard totalement glacial, le faisant déglutir avec difficulté.
- A quoi est-ce que tu joues, abruti de mortel ?! persiffla-t-il dans sa direction, avançant d'un pas menaçant.
Tony recula légèrement, se rapprochant du marchand furieux qui suivait chacun de leurs gestes - et putain, ce con avait un de ces flingues bizarres à la main, pointé en direction de l'ingénieur !
- Je...tenta-t-il faiblement sans savoir quelle explication donner, autre que "Je voulais toucher, ça avait l'air cool" qui lui vaudrait à coup sûr une mort prématurée.
- Ce sont des armes biométriques, expliqua Loki d'un ton venimeux. Ce qui veut dire qu'elles reconnaissent la première personne qui les touche comme leur propriétaire et que personne d'autre ne peut s'en servir.
Les mots du dieu commencèrent à faire son chemin dans son cerveau lorsqu'il écarquilla les yeux et s'exclama alors :
- Donc, je suis obligé de le garder maintenant, c'est ça ?
A vrai dire, l'idée lui plaisait énormément, il n'allait pas se plaindre du tout ! Néanmoins, c'était loin d'être aussi réjouissant lorsqu'il vit le sourire étrangement méchant de Loki et qu'il lui fit remarquer :
- Tu vas devoir la payer, dans ce cas.
Tony le fixa un instant, haussant un sourcil avant de faire remarquer avec prudence :
- J'ai de l'argent.
Le dieu soupira en roulant des yeux, lui rappelant presque aussitôt :
- Je t'ai déjà dit qu'ici, on ne payait pas avec de stupides bouts de papiers, n'est-ce pas ? Mais avec quelque chose qui a une vraie valeur et dont tu vas être obligé de te séparer. Toucher cette arme s'apparente à du vol, puisque plus personne d'autre que toi ne pourra s'en servir.
- Que...avec quoi on paye ? finit par demander Tony, sentant l'inquiétude grandir au fond de sa poitrine vu l'air mauvais de l'asgardien à ses côtés.
- Avec des souvenirs.
Le milliardaire resta muet un instant, écarquillant les yeux en se demandant s'il avait bien compris, mais avant qu'il ait pu ajouter quelque chose d'autre, le dieu rajouta :
- Des souvenirs heureux.
- Mais...à quoi ça leur sert ? demanda le brun, intrigué.
- Tu as peut-être vu les cristaux sur certains étalages ? Les souvenirs heureux sont des sources d'énergie extrêmement puissantes, selon l'intensité et la nostalgie qui s'en dégage. C'est un moyen de paiement peu commun, et d'aussi loin que je le sache, il ne se fait qu'ici.
- Ce n'est pas si grave, je dois bien avoir les moyens de payer, non ?
- J'ai oublié de préciser qu'on oublie les souvenirs avec lesquels on paie, ajouta Loki, un sourire cruel étirant ses lèvres.
- Mais...je refuse de perdre le moindre souvenir ! s'écria le brun avec véhémence, secouant la tête.
- Il fallait y penser avant de toucher cette arme, cracha le dieu.
Le brun se contenta de le fixer d'un air choqué, se tournant d'un geste lent vers le commerçant qui le menaçait toujours d'une de ces armes miroitantes, le regard glacial. Déglutissant avec difficulté, et sachant qu'il n'avait pas le moindre moyen de fuir où Loki le rattraperait et l'obligerait à payer pour ne pas avoir de problème, il avança vers le vendeur - un de ces lézards de près de deux mètres de haut aux écailles d'un vert sombre, presque noir et habillé d'une tenue de combat - qui baissa lentement son arme en le voyant revenir vers lui, suivit du dieu qui semblait le tenir à l'oeil. Ce dernier se mit d'ailleurs à parler dans une langue totalement inconnue à Tony, qui sursauta légèrement en entendant le reptile lui répondre sur le même ton, sa langue sifflante, avant de lui faire signe d'approcher. Jetant un regard vers Loki, ce dernier soupira et lui dit :
- Je lui ai expliqué que tu ne connaissais pas ces armes et que tu ne pensais pas à mal en la touchant, et que tu allais payer pour ton erreur.
Tony se contenta d'acquiescer, reportant son attention sur le marchand reptile qui semblait effectivement un peu moins furieux, le regardant davantage comme s'il était stupide - il ne savait pas encore ce qui était le pire, à vrai dire.
Ce dernier fouilla sous son étal et en ressortit un cristal terne et froid de la taille d'une petite balle de ping-pong, à l'opposé de ceux que les gens vendaient tout autour d'eux. D'un geste, le lézard lui fit signe de poser ses doigts dessus. Déglutissant, Tony y laissa sa main, s'attendant à avoir mal, fronçant les sourcils. Aussitôt, il sentit comme si quelqu'un était en train de fouiller à l'intérieur de son crâne, et bien vite le souvenir qui allait lui être pris apparut sous ses yeux : c'était un moment qui remontait à quelques années, lorsque Pepper et lui s'entendait si bien et s'aimaient tellement et qu'ils avaient mangé dans un merveilleux restaurant. Tony s'en souvenait, mais cela ne lui faisait pas tant de peine de s'en séparer, compte tenu de tout ce qui s'était passé par la suite, et la manière dont elle l'avait abandonné elle aussi, laissant tout ce qu'ils avaient construit derrière elle sans se soucier du coeur de Tony en miettes. Oui, ce souvenir ne lui manquerait pas, c'était plutôt l'inverse : rien que le fait de le voir en et instant lui faisait mal, alors il décida de le laisser derrière lui.
Il grimaça en se rendant compte que l'espèce de cristal, qui semblait étrangement conscient, tirait sur le souvenir pour l'arracher de sa mémoire, lui faisant de plus en plus mal. Un gémissement douloureux s'échappa de ses lèvres et il porta ses mains à sa tête, lorsqu'il entendit distinctement la voix de Loki lui dire :
- N'essaie pas de t'accrocher au souvenir, ça fait encore plus mal lorsqu'on l'arrache.
Tony voulut répliquer, dire qu'il se fichait bien de son souvenir de Pepper, qu'il s'en débarrasse ! Mais la vérité, c'est que son coeur peinait à le céder au cristal, et qu'il dû inspirer de longues secondes pour se calmer et permettre à son esprit de lâcher prise, sentant le souvenir glisser hors de sa mémoire avec facilité sans plus lui causer le moindre mal.
Et la seconde suivante, il en se souvenait même plus de ce qu'il venait de donner, se souvenant juste d'avoir cédé quelque chose de peu utile - néanmoins, le manque restait présent au fond de lui, comme si on l'avait soudainement privé d'un de ses membres. Sentant ses joues devenues humides, il porta ses mains à ces dernières et remarqua avec stupeur que quelques petites larmes s'étaient échappées de sous ses paupières. Horriblement gêné, il les chassa d'un geste mais le dieu ajouta à ses côtés, le voyant perturbé :
- Le choc de perdre un souvenir fait pleurer par automatisme, tu es loin d'être le seul.
Tony releva le regard vers lui, soufflant pour évacuer son stress, tentant de reprendre son calme.
- Je déteste leur moyen de paiement, cracha-t-il.
Loki ne répondit rien, mais son sourire moqueur parlait pour lui - il se fichait bien des états d'âme de l'humain. Pour lui, cet imbécile avait été trop curieux et en avait payé le prix.
Récupérant les trois boites de munitions en cristal vendues avec l'arme, Tony les glissa dans son sac. Saluant le marchant qui semblait calmé et retournait à ses clients, ils reprirent leur chemin dans Tokyo d'En-Haut, Tony soudainement refroidit quant à visiter les lieux.
- Je te conseille de ne plus t'éloigner maintenant, fit remarquer l'asgardien d'un air mauvais, lui jetant un coup d'oeil.
Le brun acquiesça sans le regarder, se contentant de fixer l'arme transformée en liquide noir et miroitant enroulé autour de son poignet et une partie de son avant-bras avec fascination.
- Comment ça marche ? demanda-t-il.
Voyant que Loki ne répondait rien, continuant d'avancer, il ajouta :
- Après tout je l'ai payée, elle est à moi alors autant que je m'en serve !
- Nous verrons cela une fois que nous serons passés par le Bifröst mais pour l'instant, nous n'avons normalement pas besoin d'arme dans cette ville, alors n'y touche pas avant de tuer quelqu'un sans faire attention, stupide mortel.
L'ingénieur lui jeta un regard noir que l'autre ne remarqua même pas, slalomant entre les gens pour se diriger vers la tour bleue placée au centre de la ville. Il leur fallut encore un bon quart d'heure pour s'y rendre, remarquant comme les habitants et les voyageurs semblaient éviter les lieux, restant dans les rues marchandes. Lorsqu'ils arrivèrent devant le premier rempart protégeant la tour à l'intérieur même de la ville, Tony pu observer davantage l'endroit, impressionné.
Les murs protecteurs étaient hauts, près de six mètres voir plus qui pointaient vers le ciel, dans une pierre d'un gris anthracite et lisse semblable à du béton, le tout décoré du même dragon qui écrasait une couronne entre ses griffes, symbole dont ils s'étaient servis pour arriver jusqu'ici. La seule entrée était une gigantesque grille d'un bleu étrangement translucide gardée par des gardes lourdement protégés et armés, et chacun d'une espèce différente semblables à celles que Tony avait déjà pu croiser plus tôt. Loki avança vers eux d'un pas sûr de lui, suivit de l'humain un peu plus hésitant. Encore une fois, le dieu leur parla dans une étrange voix sifflante - bordel, maintenant que Tony y pensait, ça faisait vraiment Fourchelang cette merde - et les gardes répondirent d'un ton plus grave avant de soulever la grille juste assez pour les laisser passer à l'intérieur.
Il y avait quelques maisons ici aussi, mais elles n'avaient plus rien de celle aux couleurs fades décorées de fleurs de l'extérieur - non, ici les murs étaient multicolores, et plus ils avançaient, plus elles étaient rayonnantes de couleur. Lorsqu'ils passèrent le troisième et dernier rempart avant la tour bleue, les quelques habitations étaient réalisées selon une architecture compliquée et surtout, brillaient d'or apposé sur les murs - tant et si bien que Tony se demandait si la Terre était le seul des neuf royaumes qui possédait si peu d'or, vu comme apparemment dans ces autres lieux cela semblait être courant. Après tout, si Thor disait vrai, Asgard était entièrement dorée - penser qu'il allait avoir l'occasion, bien malgré lui de voir tout cela, l'enchantait sans qu'il n'ose l'avouer. Eh, il n'allait pas non plus remercier Loki, non mais !
Il ne leur fallut pas longtemps avant de passer les gardes à l'entrée de la tour, accompagné par l'un d'entre eux, un de ces hommes à la peau rouge, aux quatre bras et trois yeux qui sembla les mener à l'intérieur.
- Pourquoi il n'y a presque personne ? demanda Tony d'un air intrigué.
- Comme je te l'ai dit, le maître de la ville fait payer très cher les gens qui veulent utiliser "son" Bifröst, qui est celui le plus stable et sûr qui existe mis à part l'original, et très peu sont prêts à en payer le prix, expliqua de nouveau le dieu.
Le milliardaire tenta de ne pas penser à ce que ça impliquait, continuant plutôt d'observer les lieux chargés de richesse qu'ils traversaient.
La tour scintillait de toute part, révélant l'opulence de son propriétaire. Ici, l'or était chose courante, enroulée autour des colonnes de marbre, incrustée dans le sol et dans les tableaux dont les personnages peints semblaient bouger de la même manière que les photos dans les Harry Potter - qu'on pardonne le geek qu'était Tony à ses heures perdues pour cette référence. Il y avait également bon nombre de statues d'or gigantesques de ce symbole qu'il voyait partout, ce dragon aux ailes déployées, les crocs dévoilés et une couronne sertie de cristaux de la taille de balles de tennis et brillant de lumières multicolores et aveuglantes entre les griffes, près à l'écraser d'un simple geste.
On les fit arriver dans une sorte de salle d'attente où il y avait seulement deux autres personnes : quelqu'un qui semblait se cacher sous une capuche - sûrement un Kree - et également un Elfe à la peau blanche et lumineuse qui les fixa d'un regard presque dérangeant en les regardant entrer. S'affalant lourdement sur l'un des fauteuils mis à disposition, Tony poussa un long soupir épuisé, s'étirant, ignorant le regard condescendant que posa Loki - ainsi que l'elfe - sur lui, tandis que le dieu s'installait au fauteuil à côté du sien avec un peu plus d'élégance.
- Pouah, finalement cette ville craint carrément ! s'exclama-t-il, trifouillant son arme biométrique sans tenir compte de l'avertissement de Loki un peu plus tôt.
Ce dernier ne répondit rien, se contentant de le fixer du regard comme s'il était un moustique ennuyeux - et bordel, c'était sûrement comme ça qu'il le voyait, de toute manière.
Arrêtant de s'amuser avec son nouveau jouet dont il ne trouvait de toute façon pas le moyen de retransformer en arme, il tourna la tête vers le dieu et demanda :
- Comment ça se fait que tu sembles parler toutes les langues des gens d'ici ? Y'en a des dizaines différentes !
Le dieu le fixa un instant, puis posa un léger regard sur les deux autres présents dans la pièce, se demandant s'il était sage de répondre à cette question avec de tels inconnus juste ici. Même si ça ne risquait rien, il préférait être prudent. Néanmoins, il se doutait que ces deux-là ne parlaient pas un mot d'anglais et répondit à Tony :
- Multi-langage, c'est un truc asgardien.
- Ooooh, donc ça veut dire que tu peux parler toutes les langues qui existent sans problèmes ?
- Un truc dans ce genre-là.
- Et comment ça marche ?!
Loki soupira d'un air ennuyé. Pourquoi cet imbécile se sentait obligé de toujours poser tout un tas de questions de cette manière ?! Sachant très bien que le temps risquait d'être long - il y avait tout de même deux personnes avant eux dans cette salle qui souhaitait prendre le Bifröst - il préféra expliquer pour qu'ensuite le mortel le laisse en paix.
- Cela ne marche pas comme vous sur Midgard. En réalité, les mots ont un sens, un véritable sens profond, lié à la magie, les mots des différentes langues ne sont qu'une manière d'exprimer ce dont il s'agit.
Tony fronça les sourcils, l'explication semblant le rendre perplexe avant que la lumière ne se fasse et qu'il continue :
- En gros, tu es en train de me dire que nos mots employés, peu importe la langue, ne font que renvoyer à la signification magique des choses, dans ta tête ? Et donc, ça les traduit automatiquement dans la même langue que ton interlocuteur, quelque chose comme ça ?
- C'est une manière simplifiée de voir les choses, mais c'est exact, répondit Loki.
- C'est génial ! Je pourrais apprendre à faire ça, moi ?!
- Certainement pas, cracha le dieu. Ce n'est pas à la portée d'un simple mortel.
Le milliardaire fronça les sourcils, croisant les bras sur sa poitrine, puis finit par faire remarquer :
- Si je dois trouver ce foutu bouquin pour retirer ton bracelet dans la bibliothèque d'Asgard, comment veux-tu que je trouve si je ne sais pas lire votre langue ?
Le plus vieux le fixa sans un mot, se contentant de lui envoyer un regard glacial sans rien dire - parce que putain, ce petit con d'Iron Man avait raison, par tous les dieux !
- Nous verrons cela une fois arrivés, finit par dire Loki, terminant la conversation.
Le brun marmonna dans sa barbe mais il l'ignora royalement, se contentant d'attendre leur tour. Dommage qu'il n'ait justement plus sa magie, il se serait fait un plaisir d'entrer de force et de passer par le Bifröst sans donner un seul souvenir, comme c'était déjà arrivé par le passé...et là, il allait devoir faire comme tout le monde. Quelle monstruosité. Il avait horreur de devoir faire comme tous le monde, c'était dégoûtant et contre toute idée de son style de super-méchant, qu'on se le dise. Il allait devoir payer ! Ah ! Si ce n'était pas risible ça, peut-être !
Il fallut encore un bon quart d'heure avant que l'étrange personnage encapuchonné soit appelé à l'intérieur, suivit moins d'un quart d'heure plus tard par l'elfe, si bien qu'ils n'étaient plus que tous les deux à l'intérieur. Tony avait finit par sortir des outils qu'il avait emmené dans son sac, trifouillant toujours son espèce de surface noire sur le bras en tentant de le faire reprendre sa forme d'avant, en vain. Finissant par le prendre en pitié, le dieu poussa un soupir à fendre l'âme et demanda :
- Montre-moi ton bras.
Tony ne se fit pas prier pour le lui présenter, trépignant presque sur place. Loki l'attrapa entre ses doigts, touchant un peu partout l'espèce de protège bras, semblant chercher quelque chose en particulier avant de finir par effleurer son poignet.
- Tu dois appuyer ici, expliqua-t-il en désignant un minuscule creux dans le métal, là où c'était enroulé ce dernier autour du poignet du milliardaire.
Ce dernier récupéra son bras et s'empressa d'appuyer, regardant alors avec fascination son arme se reformer dans sa main droite, ondulant jusqu'à redevenir ce large revolver au canon plutôt long, composé également de minuscules hologrammes affichant des données inconnues.
- Génial ! s'exclama l'humain avec un grand sourire, tournant l'objet pour l'observer sous toutes ses coutures.
- Je te montrerai plus tard comment on tire, ajouta Loki. Il peut toujours être utile si on venait à se faire repérer par des Asgardiens ou qui que soit d'autre.
Il marqua une pause et termina avec un sourire moqueur :
- Enfin, si tu es capable de te servir d'une arme pareille, ce dont je doute.
Tony lui renvoya un regard faussement outré, faisant aussitôt remarquer :
- Je te signale que je fabriquais les armes les plus puissantes de ma planète quelques années plus tôt, et que personne n'a jamais réussit à faire mieux, alors c'est pas ce minuscule flingue qui me fait peur.
Le brun sembla aussitôt se rendre compte de ses paroles, et de l'époque maudite qu'il venait de citer à son ennemi, et se renferma immédiatement, serrant les dents. Il n'avait jamais aimé en parler, et le faire de manière aussi aisée avec le dieu de la malice était déstabilisant.
Il ne savait pas non plus comment se situer par rapport à toute cette situation - dire que Loki avait débarqué chez lui sans prévenir la veille seulement ! Il avait l'impression que cela faisait déjà des semaines, vu la manière dont les derniers évènements s'étaient enchaînés. Mais il ne s'en plaignait pas vraiment - c'est vrai que cette espèce d'entraide forcée était agaçante pour lui, mais malgré tout, cela l'empêchait de trop ressasser le passé comme il avait pris l'habitude de le faire ces dernières semaines, et c'était sûrement la seule chose l'ayant poussé à suivre Loki...ah non, il avait oublié ce foutu bracelet qui l'empoisonnait à la magie. Génial, vraiment génial, ce dieu était un enfoiré finalement.
Malgré tout, ce dernier n'était pas si détestable pour l'instant, passant plus son temps à lui faire des remarques désobligeantes ou ironiques qu'être véritablement méchant - sauf à l'étal des armes mais d'accord, il l'avait vraiment mérité sur ce coup-là, à tout toucher sans savoir ce dont il s'agissait - mais Tony supposait juste qu'il tentait d'être un minimum agréable pour ne pas lui donner envie de finalement le laisser se débrouiller tout seul avec son bracelet bloqueur de magie.
Secouant la tête, il chassa cela de son esprit pour l'instant, préférant observer davantage sa nouvelle arme à la technologie si nouvelle et incroyable pour lui, se demandant déjà s'il pouvait recréer la manière dont le revolver se liquéfiait pour son armure et ne reconnaissait que lui, empêchant quiconque d'autre de l'utiliser. Néanmoins, il fut vite coupé dans ses pensées lorsque la porte par laquelle un garde reptile avait emmené l'encapuchonné et l'elfe s'ouvrit de nouveau, les faisant se redresser d'un bond sur leur fauteuil. L'autre les interpela de sa voix sifflante et Tony se leva en voyant le dieu faire de même, restant dans son sillage alors qu'on les emmenait à l'intérieur.
La nouvelle pièce n'avait rien à voir avec celle qu'ils venaient de quitter. Sa taille était gigantesque, comme une large place centrale de forme ronde, dont le plafond montait à des dizaines de mètres, jusqu'à un trou au sommet qui laissait passer la lumière du soleil extérieur. L'endroit était tout aussi doré que les pièces précédentes, et même le sol ne faisait pas exception, le soleil entrant par le trou au plafond faisant scintiller tout cela de manière totalement aveuglante. Juste au centre, il y avait ces étranges marques comme Thor en laissait à chacune de ses visites, ainsi qu'une sorte de piédestal avec un trou de forme plate au centre. Tony avança un peu à la suite de Loki, vite arrêté par quelqu'un qui s'exclama d'une voix forte :
- Loki Laufeyson ! Tu veux encore une fois passer ici sans payer ton droit de voyage, comme la dernière fois ?
Les deux voyageurs se tournèrent vers celui qui venait de parler, et le brun écarquilla un peu les yeux en voyant de quel sorte d'énergumène il s'agissait. C'était un de ces hommes à la peau rouge, hormis le fait que celui-ci avait un poids assez...conséquent. En effet, il était affalé sur le seul fauteuil de la pièce, non loin de l'entrée par laquelle ils venaient de passer. Il respirait la richesse, avec ses tissus de soie couvrant avec difficulté toute la surface de son corps, ses quatre bras alourdis davantage encore par des quantités impressionnantes de bracelets dorés et de bagues avec des pierres précieuses et des cristaux d'énergie aussi gros que des pièces de monnaie, sans compter tous les colliers suspendus à son cou à peine visible dans toute sa masse. Tony retint un exclamation de stupeur totalement malvenue et préféra se concentrer sur Loki en se demandant pourquoi diable cette...chose le connaissait.
- Kroorg, cracha Loki d'un ton véritablement méprisant - et OK, Tony était totalement avec lui sur ce coup-là putain - je te conseille de la mettre en veilleuse si tu veux que je paye cette fois, je suis dans mon jour de bonté.
Le dénommé Kroorg se redressa sur son fauteuil - doré aussi, sinon c'est pas drôle - le fixant d'un air conspirateur, ignorant royalement Tony à moins d'un mètre - Ok, d'accord, ça lui allait très bien qu'on lui foute la paix dans une telle situation, vraiment.
Non, pas du tout en fait. Sérieux, pour qui il se prenait ce tas de graisse ? On ignorait pas Tony Stark ! Ils étaient encore sur Terre à ce qu'il sache - à des centaines de mètres du sol mais là n'était pas la question - alors il devait le connaître ! Nan ? Bon d'accord, très bien.
-...tu n'as pas le pouvoir de passer de force cette fois, lâcha finalement l'homme aux quatre bras après un instant de pause.
La légère grimace sur le visage du dieu, qu'il prit une seconde de trop à cacher répondit parfaitement à la demi-affirmation de leur hôte qui éclata d'un rire gras, s'essoufflant presque aussitôt.
- Je suis près à passer sur la monumentale erreur que tu as commise la dernière fois...mais pour cela, tu vas devoir payer ton passage d'aujourd'hui, et également de la dernière fois, ricana Kroorg.
Tony se demanda subitement si leur interlocuteur était suicidaire pour faire du chantage à Loki, parce que ce dernier arborait un air glacial à la limite du meurtre et ouh, il était bien content que ce ne soit pas lui que le dieu fixait ainsi !
- Je vais payer ce passage uniquement, si tu ne veux pas que la prochaine fois, je me déplace pour te faire bouillir la cervelle et te faire manger tes tripes, est-ce clair ?! persiffla Loki d'un air mauvais.
Le silence s'installa quelques instants - durant lequel Tony ne put que saluer l'imagination du dieu en matière de meurtre parce que vraiment, le coup des tripes c'était classe comme menace - et leur hôte finit par afficher une légère grimace en comprenant que l'autre ne plaisantait sûrement pas, et sembla finalement abandonner la lutte.
- Très bien, mais ton humain devra aussi passer son passage, ce n'est sûrement pas gratuit.
- Ce n'est pas mon humain, cracha Loki d'un air dégoûté.
- Sinon, je suis là aussi, si vous voulez m'adresser directement la parole, fit remarquer Tony, poussé à bout, un sourcil haussé d'un air provocateur.
- Ferme-là, sale insecte, répliqua l'asgardien.
Super, vraiment, c'était génial. Parfois, Tony détestait sa vie - aka ce foutu combat en Sibérie - et parfois, il se disait aussi qu'il aurait dû rester couché, comme hier par exemple. Ouais, il aurait vraiment du rester déprimer dans son lit et sûrement pas dans le salon où les dieux fous s'invitaient il ne savait pas comment parce que, qu'on se le dise, les portes d'entrée c'était totalement surfait, un truc de mortel tout ça, pas pour eux.
Et puis, il y avait les jours où on le traitait d'insecte. Bon d'accord, c'était pas souvent mais franchement il s'en serait passé. Toute cette merde craignait à un niveau cosmique, il y avait pas à dire !
- Non mais sérieusement Loki, le niveau de tes fréquentations est devenu lamentable. Des humains ! Et ce sera quoi la prochaine fois, des Kree ?! Quoique, même eux ne sont pas si faibles...
Tony avait fortement envie de faire remarquer à cet imbécile qu'il était là, et que les humains étaient bien assez forts pour le découper en rondelles, non mais ! Il se retenait à grande peine de sortir son armure pour lui montrer qui était le plus faible. Car ce n'était pas que Loki : tous les autres royaumes considéraient l'humanité comme faible, et le brun avait envie de leur montrer, leur montrer à tous à quel point ils pouvaient être forts, de les obliger à la fermer et à revoir leur jugement. Certes, ils faisaient des erreurs - comme si eux étaient parfaits, peut-être.
Loki ignora royalement la grimace de Tony et se dirigea vers Kroorg qui venait de sortir de l'une de ses nombreuses poches l'un des cristaux ternes semblable à celui dont le brun s'était servit pour payer son arme bien malgré lui. Donc, ici aussi, ils devaient payer avec des souvenirs...super. L'ennui ici, c'est que le cristal n'avait pas la taille d'une balle de ping-pong, où d'une pièce de monnaie comme les munitions de sa nouvelle arme, non : le cristal faisait facilement la taille du poing de Steve - et Tony savait de quoi il parlait pour l'avoir vu de bien assez près, merci bien. Quoiqu'il en soit, vu la taille du cristal, cela laissait présager de payer avec un souvenir vraiment heureux, vraiment important, et cela commençait à l'inquiéter, il devait l'avouer.
Quoiqu'il en soit, Tony regarda le dieu poser sa main sur le cristal, le fixant avec une fascination qu'il fut bien incapable de cacher lorsqu'il vit une larme glisser sur le visage de Loki, qui retira d'un geste, l'air totalement impassible. Le milliardaire se demandait bien quel genre de souvenirs heureux l'asgardien pouvait avoir, mais ce n'était sûrement pas sa place de poser la question, et il préféra se taire. A la place, il préféra se tourner vers Kroorg qui avançait vers lui, un second cristal à la main et un sourire vraiment mauvais qu'il détestait.
- Bon eh bien, quand faut y aller...murmura-t-il.
Déglutissant avec difficulté, il approcha une main du cristal et posa ses doigts dessus, tentant de juguler son appréhension grandissante. Il sentit presque aussitôt la présence fouillant dans son esprit à la recherche d'un souvenir de valeur équivalente à son passage par le Bifröst, mais c'était loin d'être comme avec le marchand : cette fois, il avait l'impression qu'on dévastait son esprit, retournant chaque recoin pour trouver le souvenir adéquat, le faisant grimacer de douleur.
Et puis soudain, la présence ravageant sa tête trouva le souvenir parfait, et presque aussitôt, Tony s'entendit balbutier :
- Non, pas celui-là...
Il se ficha de la manière dont le regard des deux autres venait de se poser sur lui, intrigués. La seule chose qui le préoccupait, c'est que le cristal voulait lui voler un souvenir d'enfance de sa mère. La seule et unique personne qui ne l'avait pas encore trahi, qui l'avait toujours soutenu et aimé.
Il y avait certains de leurs souvenirs en commun qu'il avait oublié - après tout, il était jeune à l'époque, et elle était morte alors qu'il avait vingt-et-un ans, cela remontait à loin - mais c'était l'un de ces instants qu'il ne pourrait jamais oublier. Il était encore jeune, pas plus de sept ans, et c'était un de ces soirs où, alors qu'Howard travaillait trop pour se soucier d'eux, elle venait lui lire une histoire au lit. Il se souvenait avec perfection la manière dont elle lui racontait l'histoire, avec sa voix douce alors qu'elle caressait ses cheveux d'un geste distrait, l'appelant son petit- son petit quoi, déjà ?
Tony sentit son coeur se glacer d'effroi en se rendant compte que son souvenir disparaissait déjà de sa mémoire, aspiré par la cristal qui semblait tirer dessus pour l'arracher de force. S'y accrochant autant que possible, le milliardaire finit par tomber à genoux en sentant la douleur fulgurante lui transpercer le crâne. Mais il ne lâcherait pas, jamais, il ne pouvait pas perdre ça, pas l'un des seuls souvenirs de Maria, hors de question !
- Non pas celui-ci, pas celui-ci ! répétait-il indéfiniment, le corps tremblant.
Il porta ses mains à son crâne, tentant de supporter la douleur qui lui perçait le crâne, incapable de retenir ses sanglots et ses tremblements incontrôlables, le rire gras et moqueur de Kroorg résonnant dans son crâne sans s'arrêter. Il avait l'impression d'être en train de mourir tant il avait mal, et ses cris mêlés de pleurs n'aidaient pas.
- Non, je vous en supplie, n'importe lequel mais pas celui-ci ! appela-t-il dans le vide, les yeux à moitié fermés par la souffrance et embués par les larmes, l'empêchant de voir correctement, tentant d'adresser un regard haineux à leur hôte, en vain.
Cela n'allait jamais s'arrêter, le rire de Kroorg continuait de résonner partout autour de lui, et la douleur, la douleur, la d-
- Ça suffit, s'exclama soudain Loki.
Tony hoqueta légèrement à ces mots, tentant de voir où était le dieu, mais ses larmes brouillaient sa vision, et il sentit juste une main un peu froide l'obliger délicatement à lâcher le cristal crispé entre ses doigts, et soudain cela lui revint, elle l'appelait son petit ange, le petit ange de Maria Stark, et un sourire suivit d'un rire étranglé lui échappa, entrecoupé de ses sanglots qui devinrent plus violents, incapables à stopper.
Tony n'était pourtant pas quelqu'un de si lisible, si démonstratif, et il était quelqu'un de fort mais il avait été incapable de résister, pas alors qu'on comptait lui enlever ça, non, impossible. Portant ses mains à ses yeux, il tenta de retirer les larmes accrochées à ces cils et roulant sur ses joues, reniflant pour tenter de respirer un peu mieux, essoufflé par les efforts qu'il avait fourni pour garder son souvenir. Lorsqu'il parvint finalement à calmer ses larmes, ce fut pour fixer avec stupeur Loki poser ses mains sur le cristal que le milliardaire tenait quelques instants plus tôt, donnant un second souvenir à la place de celui de Tony.
- Tu...pourquoi ? demanda-t-il au dieu sans comprendre, le corps toujours tremblant, à genoux sur le sol - et il n'était pas certain de pouvoir se remettre debout tout de suite.
L'asgardien ne répondit pas immédiatement, se contentant de donner son souvenir et chasser les larmes qu'il provoqua, plus nombreuses que la première fois, comme si c'était sans importance avant de finalement se tourner vers lui. Il le dévisagea un instant, comme s'il se demandait s'il avait fait le bon choix.
- Je t'ai obligé à me suivre pour m'aider, tu n'as pas à sacrifier tes souvenirs les plus précieux pour moi, ce ne serait pas juste.
Tony voulait demander depuis quand exactement se souciait-il de ce qui était juste ou ne l'était pas, mais il n'arrivait même pas à ouvrir la bouche, se contentant de le regarder sans un mot, toujours sous le choc que le dieu lui soit venu en aide de cette manière, même en le voyant si faible, si misérable, écroulé sur le sol et sanglotant pour un vestige du passé qu'il ne voulait céder à personne.
- Merci, Loki, souffla-t-il du bout des lèvres.
Et à cet instant, Tony pouvait presque jurer que ce qu'il pouvait voir sur le visage du dieu ressemblait drôlement à un sourire, même minuscule.
Peut-être n'avait-il pas que des mauvais côtés, finalement.
Commentaire d'auteur :
Et voilà, j'espère que vous aurez apprécié ce nouveau chapitre ! :) Dimanche prochain, nos deux zigotos s'offrent une pause bien méritée et en profitent pour se rapprocher un peu ! :3
Concernant ces deux-là, j'ai toujours mon très gros OS sur lequel je travaille et j'ai aussi eut l'idée pour un autre hier soir...je suis irrécupérable ! XD Mais il faudra être patient pour pouvoir les lire car c'est un peu compliqué de gérer autant de fanfics à la fois ! x')
Je n'ai pas grand-chose de plus à dire je pense, donc à bientôt pour la suite :D
