Coucou ! Désolés de cette longue absence :) The14Olivia a décidé de quitter le projet pour des raisons personnelles, c'est donc moi qui reprend le flambeau aujourd'hui :)
Episode 16 : Mystérieux rendez-vous
Par Myfanwi
La nuit avait été courte mais réparatrice. Les aventuriers avaient pu se reposer, manger et soigner les récentes blessures pour appréhender plus sereinement le chemin qui devait les mener à l'est, au royaume nain. Ils avaient passé une partie de la matinée à refaire les stocks de nourriture, et s'apprêtaient désormais à quitter Fort-Tigre. Ils n'avaient pas fait trois pas dehors qu'ils eurent la surprise de trouver trois personnes en train de discuter devant le pont.
Lepant, le bijoutier de l'Hermitage, était en grand débat avec deux inconnus. En voyant les aventuriers, son visage s'éclaira et il s'écarta pour les inviter à le rejoindre.
"Ah ! Enfin, nous étions en train de parler de vous."
Balthazar fronça les sourcils en repérant immédiatement un homme à la carrure impressionnante, très grand et très musclé, et à la robe rouge et grise significative des étudiants de l'école de conjuration. Sa coupe au bol et son air un peu bêta dégageaient une aura un peu étrange : les mages étaient habituellement de vieux croûtons pliés en deux sous le poids de leurs livres, celui-là était l'exception qui confirmait que l'Académie employait n'importe qui par désespoir de trouver des candidats depuis le départ de la magie. A côté de lui se tenait une petite femme à la couleur de cheveux inhabituelle, rose bonbon, habillée d'une armure de cuir légère qui rappelait un peu celle de Shinddha. Elle sourit aux aventuriers et vint les saluer un à un, leur collant deux bises baveuses sur chaque joue, ce qui teinta leurs joues de pourpre, peu habitués.
"Ravie d'enfin vous rencontrer ! s'enthousiasma-t-elle. Nous avons été envoyé par Tesla pour vous aider, mais vous êtes partis si vite de la Tour des Mages que nous n'avons pas eu le temps de se croiser. Je suis Vicky, de l'école du vent. Et voici Stallion, de l'école de conjuration. Je ne fais que l'accompagner, il est là pour établir un portail avec la Tour des Mages, afin de garder un contact avec la situation.
- L'école du vent, hein, répondit Bob. Et vous ne portez pas d'uniforme ?
- Seuls les idiots sortent en robe dehors. Ca ne protège pas du froid, ça se prend dans toutes les portes et face à des bandits avec des épées, ça fait une défense pitoyable… Sans… Sans vous vexer, bien sûr."
Le mage plissa les yeux. Il avait de toute évidence une concurrente sérieuse sur le flot de parole. Pire, il capta derrière lui ses amis approuver silencieusement sa remarque. Il se détourna de la jeune femme pour serrer la main du grand gaillard.
"Stallion, c'est ça ? On est cousins d'écoles, je suis pyromage, dans la tour juste à côté.
- Oui, répondit-il d'une voix grave et lente. Stallion.
- L'école de conjuration ? T'es sûr que c'est pas plutôt l'école du muscle ?"
L'homme rit un peu bêtement à sa blague, ce qui fit sourire le mage. Enfin un public ! Lepant serra à son tour sa main.
"C'est réglé ce problème d'araignée ? lui demanda le mage. Nous sommes désolé pour les dégâts, il y a eu quelques complications.
- Gnagnagna, des complications, réagit Mani derrière lui. L'araignée n'était pas un problème.
- Ne l'écoutez pas, c'est un elfe. Les petits oiseaux cuicui, les petits lapins panpan, il mange de l'herbe et dort à poil, vous savez comment ils sont.
- L'elfe va te faire manger ses mâchettes par les fess…"
Il fut interrompu par Victoria qui sortait de Fort-Tigre. Elle salua brièvement les aventuriers avant de s'approcher des nouveaux venus.
"Je vois que vous avez rencontré nos invités. Ils sont arrivés hier soir, mais vous dormiez donc j'ai préféré vous laisser tranquille. Stallion et Vicky se sont proposés pour vous accompagner jusqu'à Castelblanc. Plutôt que de perdre du temps à contourner le lac à cheval, vous partirez dans ce bâteau, juste derrière."
En effet, derrière Fort-Tigre, un ponton donnait sur le lac. Un grand bateau aux voiles blanches était amarré, gardé par plusieurs paladins qui jouaient aux cartes sur le pont.
"Avec un mage du vent, continua-t-elle, le trajet sera plus rapide. Nous ne pouvons pas nous permettre de prendre encore du retard.
- J'ai une question, intervint Grunlek. Notre dernier voyage en bateau ne s'est pas franchement bien passé. Est-ce qu'il y a des élémentaires ou des léviathans dans votre rivière ? Le bateau est assuré ? Shin a le mal de mer aussi, donc on est pas responsable s'il vomit sur le plancher.
- Attendez, le coupa Mani. Shin a le mal de mer ? Mais c'est un demi-élémentaire d'eau !
- Shin est toujours là, rappela l'intéressé, boudeur.
- Non, rien de tout ça, les rassura Victoria. En tout cas, pas à ma connaissance."
Alors que le débat allait bon train, un messager se glissa entre les aventuriers et s'approcha de Grunlek. Il lui tendit un parchemin au sceau vide. Méfiant, il regarda ses compagnons pour chercher un soutien.
"C'est peut-être un parchemin maudit, annonça Bob. Je serais toi, je le garderais éloigner de ton visage. Une fois, à l'Académie, il y en a un qui a ouvert un papier comme ça et ses deux bras sont tombés d'un coup."
Grunlek écarquilla les yeux, puis déposa le papier dans les mains de Mani. L'elfe, qui n'avait rien écouté, crut à un cadeau et s'empressa de l'ouvrir. La bonne nouvelle, c'est que l'elfe ne perdit pas ses deux bras. Un message était écrit sur le papier, griffonné à la hâte.
"Entrepôt quatre du port de Castelblanc à la tombée du jour. Venez seuls, lut le nain à voix haute. On dirait que quelqu'un veut nous voir.
- Venez seuls, c'est pour nous tous ou pour un seul d'entre nous ? demanda Mani.
- Et à la tombée de quel jour ? ajouta Balthazar. Le temps qu'on y arrive… Ce sera peut-être la semaine prochaine ? Ou c'est déjà passé ! C'est un piège, vous pensez ?"
Personne ne lui répondit, l'affaire était en chemin et leur curiosité les forceraient forcément à aller voir, piège ou non. Lepant leur coupa la parole.
"Bon, écoutez. J'ai quelque chose pour vous, pour vous remercier de m'avoir débarrasser de cette sale araignée."
Alors que Shin retenait Mani, le bijoutier tendit deux colliers à Balthazar au bout desquels étaient accrochés de petites gemmes de pouvoir. Le regard du mage s'illumina.
"Ce sont des colliers de communication, annonça Lepant. Vous pouvez communiquer avec la personne qui porte le deuxième collier sur des longues distances. Ce sont mes plus belles pièces, mais je n'en ai malheureusement que deux à vous offrir.
- Merci beaucoup, lâcha le mage. Mais vous savez, c'est Mani qui a fait tout le travail, vous devriez les lui donner.
- Je vais les appeler Nina, grogna l'elfe, peut-être qu'ils me quitteront pas, EUX."
Néanmoins, il apprécia le geste. Il sourit à Bob.
"Je t'en veux un peu moins.
- Merci Mani, répondit le mage. C'était du sarcasme."
L'elfe fronça les sourcils, accrocha les deux colliers à ses oreilles et se mit à bouder. Les aventuriers se dirigèrent vers le bateau en continuant de discuter et de se chamailler.
Grâce à la magie du vent de Vicky, la traversée du lac dura un peu moins de deux jours et sans aucun obstacle pour se mettre sur leur chemin, mis à part tenter d'éviter Shin lorsqu'il courait se vider par-dessus bord à n'importe quelle heure du jour et de la nuit. Ils débarquèrent au port de Castelblanc et laissèrent le bateau aux mains des autorités de la ville pour un contrôle de passage, rituel obligatoire à toute arrivée dans le royaume. Les quais étaient plutôt pauvres, ils n'avaient pas eu le droit à l'accueil en fanfare.
Balthazar remarqua immédiatement sur le quai d'en face des paladins à l'armure noire très inhabituelle, en contraste avec les armures blanches traditionnelles de l'Eglise de la Lumière. Il les reconnut tout de suite, les Ardenti Corde, l'ordre des Coeurs Ardents, les pires paladins auxquels il avait eu affaire plus jeune. Habituellement, ils accompagnaient les hauts dignitaires de la Lumière et leur présence l'inquiéta. Ils ne descendaient jamais dans la Basse-Ville.
"Il y a de l'orage dans l'air, confia le mage à ses compagnons. Soit on est à côté d'un riche très riche, soit on est dans la merde, mais ces types sont rarement là pour rigoler."
Vicky qui discutaient avec les paladins de la frontière se rapprocha d'eux.
"On en a pour quelques heures, le temps que les marchandises soient vérifiées. Allez vous dégourdir les jambes sur le port, nous repartons en fin de journée. On vous débarquera un peu plus loin sur le fleuve, pour que vous aillez le moins de route possible à faire."
Shin ne se fit pas prier et retrouva la terre ferme avec une joie non-dissimulée, suivi de ses compagnons. Ils décidèrent de profiter de cet arrêt pour acheter quelques ressources et couches supplémentaires, les montagnes naines étant plus froides que le plat continent. Balthazar demanda à Mani de donner un collier à Vicky au cas où ils auraient des problèmes avec leur mystérieux rendez-vous, avant de lui arracher des mains devant la réticence de l'elfe à se séparer de son nouveau cadeau qui brille. Il poussa ensuite l'elfe vers le port malgré son mécontentement et ses plaintes.
Ils passèrent les premières heures à se promener entre les différents étals de pécheurs et les boutiques de vêtements. Ils avaient eu le temps de localiser également l'entrepôt quatre, celui du lieu de leur rendez-vous. Le soleil commençait à baisser dans le ciel et ils n'étaient toujours pas vraiment décidés à aller voir ce qu'on leur voulait. Balthazar se pavanait dans sa nouvelle robe auprès des demoiselles sensibles à son charme, Shin ruinait de pauvres joueurs de cartes, Mani leur faisait les poches, et Grunlek regardait le lac, pensif, de plus en plus inquiet à l'idée de rentrer chez lui. Ce n'est qu'une heure plus tard qu'ils se rassemblèrent pour finalement accepter d'un commun accord d'aller voir ce qu'on leur voulait.
Les abords de l'entrepôts étaient sales, des mendiants se trouvaient partout où se posaient leurs regards. L'entrepôt était un gros bâtiment aux façades délabrées peu engageantes. Plusieurs personnes leur adressèrent des regards mauvais, méfiants, et un homme sortit même une épée, comme un avertissement. Ils n'étaient pas les bienvenues par ici. Par mesure de sécurité, le mage activa de suite la connexion mentale afin de ne pas plonger totalement dans l'inconnu sans maîtrise sur la situation.
Le groupe s'arrêta derrière une table de jeu où plusieurs hommes étaient attablés. Plusieurs avaient une bourse bien pleine à la ceinture et le regard de Mani se mit à luire d'envie. Shin, lui, blémit en apercevant une petite fille qui le regardait étrangement, et il pria silencieusement que ce ne soit pas encore un de ces rejetons dont il était soi-disant le père et qu'il allait encore devoir payer pour s'en débarrasser. Les aventuriers observèrent Mani leur glisser lentement entre les doigts pour s'approcher des joueurs, à leur grand désespoir.
"Vous vous démerdez, annonça Grunlek. Je paye pas pour ses conneries et s'il perd une main, je la lui fais manger."
Il s'écarta de la scène pour regarder le massacre au loin. Mani plongea sa main dans la poche de l'homme, qui se retourna immédiatement vers lui. Grunlek se plaqua une main sur le visage, alors que les autres aventuriers s'éloignaient de la scène, bien décidés à le laisser galérer tout seul. Mani se releva lentement, un sourire désolé, avant de pointer quelque chose derrière lui.
"J'ai vu le voleur. Il est parti par là bas."
Shin allait intervenir, quand il sentit à son tour une main dans sa poche. Il se retourna juste à temps pour voir la gamine s'enfuir avec sa bourse. Il hésita un instant avant de la laisser partir. Elle avait plus besoin d'argent que lui. Et de toute façon, il était à peu près certain qu'il restait au mieux cinq pièces d'or puisqu'il avait cédé à Balthazar pour lui avancer de l'argent qu'il ne lui rembourserait sans doute jamais.
Mani, repéré, recula lentement avant de se mettre à courir, poursuivi par les joueurs. Il prit de l'élan et sauta dans la partie inférieure de la ville. Les hommes ne le suivirent pas, par chance, et le laissèrent dégringoler les six mètres de descente sur les fesses par pure humiliation.
"Sale voleur ! hurla son agresseur au dessus du gouffre. Saleté d'elfe ! Je vais te retrouver !"
Pendant que Mani faisait le tour de l'entrepôt, le reste des aventuriers descendit tranquillement les marches vers l'étage du bas pour rejoindre eux aussi l'entrée, toujours hilares suite à la mésaventure de l'elfe. Les fenêtres du batiment étaient toutes bouclées, leur empêchant de voir ce qui se trouvait à l'intérieur. Arrivés devant la porte, Balthazar sortit une pièce d'or et la mit sous le nez d'une mendiante.
"Vous savez ce qui est entré dans ce bâtiment ?
- Je sais pas, m'sieur, répondit la vieille femme. Il est abandonné depuis longtemps cet entrepôt. Il y a des gardes qui viennent parfois, mais je n'ai pas fait plus attention qu'ça."
Le mage lui donna la pièce. Les informations ne l'arangeaient pas, mais il ferait avec. Mani choisit de ne pas les rejoindre tout de suite. Les aventuriers le virent au coin du bâtiment leur faire des signes, sans vraiment savoir s'il avait peur de s'en prendre une par Grunlek ou s'il voulait leur faire passer un message. Balthazar se tourna vers ses compagnons.
"Des gardes de temps en temps, dit-il à voix basse, ça pourrait être un piège. Tenez-vous prêts."
Grunlek toqua à la porte, mais n'eut aucune réponse. Le nain et le demi-élémentaire se lancèrent un regard entendu et commencèrent à crocheter la serrure. Balthazar s'occupait lui de détourner les regards trop curieux à coups de pièces d'or. En quelques minutes, l'affaire était pliée et la porte s'ouvrit. L'intérieur était sombre et obstrué. De nombreuses caisses leur masquaient la vue, la plupart vide, les autres en morceaux ou pourries. Le nain entra prudemment, suivi de Balthazar qui illumina un peu la pièce du bout de son bâton.
"Vous êtes seuls ?"
La voix se répecuta en écho dans la pièce et les fit sursauter. Balthazar fronça un instant les sourcils, avant d'écarquiller les yeux. Un grand sourire ne tarda pas à éclairer son visage.
"Oui, répondit Grunlek, plus sérieux, qui ne l'avait pas reconnu. Personne ne nous a accompagné."
Une luminosité familière éclaira l'autre partie de la pièce, révélant un Théo souriant et une louve blanche qui se jeta sur Grunlek, la queue battant dans tous les sens. Le nain tomba à la renverse et se mit à la caresser en lançant des "Gouzi gouzi" ridicules sous le regard de ses compagnons. Balthazar se jeta lui au cou de Théo qui poussa un grognement de mécontentement avant de le repousser.
"Mais pourquoi tant de secrets, mon con ? lui demanda affectueusement le mage. T'étais passé où ? T'es pas chez toi ici."
Le paladin se laissa tomber sur une planche. Il invita ses amis à en faire de même.
"Je sais, avoua t-il. J'ai été séparé de mon groupe pendant la bataille et la moitié de l'armée régulière s'est faite dézinguer. Mais si j'ai gardé autant le secret, c'est qu'il se passe quelque chose d'étrange avec Castelblanc.
- Oui, et ta soeur est morte d'inquiétude, reprit le mage. Tu veux qu'on la tienne au courant ?
- Non. Non, surtout pas. Pas pour l'instant. Je ne sais plus à qui je peux faire confiance ou non et la mettre dans la confidence pourrait la mettre en danger. C'est pour ça que je n'ai pas dit que c'était moi dans le message. Personne ne doit savoir que je suis encore vivant."
Grunlek se frotta le front.
"Mais tu nous aurais pu nous laisser un message que nous seuls aurions compris ? Genre "la petite fille n'est pas morte". Et sinon, tu nous attends tous les soirs ? Et tu repars avec une louve druidique dehors ? Cette discrétion…
- Oh, c'est bon, hein. On a pas tous la tête aussi grosse qu'une pastèque que l'autre connerie d'hérésie rouge fluo.
- Ton compliment me va droit au coeur, répondit Balthazar.
- Tu n'as pas changé, sourit Grunlek. Ca fait plaisir de te retrouver, on commençait à s'inquiéter du fait que tu sois devenu intelligent."
Le paladin sourit brièvement, avant de reprendre son sérieux.
"Il s'est passé beaucoup de choses pendant la bataille. J'ai crû que j'allais y rester, vous savez. Même les officiers se sont fait tuer. Eden me suivait depuis plusieurs jours et elle a réussi à abattre l'homme qui allait me tuer. Je me suis enfui, elle ne m'a pas quitté d'une semelle. Je pense qu'il y a des choses qu'on ne sait pas sur cette louve encore, mais elle a réussi à me faire tenir et à faire fi des blessures pour m'en tirer. J'en ai encore des marques, mais je suis vivant. Bref. Deux heures avant la bataille, l'embuscade avait été repérée, on savait qu'on allait dans un piège, mais les ordres continuaient de nous dire d'avancer. J'ai essayé de me rebeller, mais on m'a fait comprendre que si je faisais des vagues, ça allait mal se terminer. Et ça a été un massacre. Ils étaient plus nombreux et mieux armés. Kirov savait où frapper. Ce n'était pas une guerre, notre armée a été décimée volontairement, on a cherché à nous affaiblir.
- Mais qui gère les attaques ? demanda Shin. Pourquoi votre commandement a voulu vous faire tomber ?
- C'est Victoria, mais je ne peux pas croire que ce soit elle qui ait ordonné ça. C'est pour ça que je suis là. J'enquête, et je cherche qui de plus haut-placé gagnerait à mettre Castelblanc en difficulté.
- Mais tu ne veux pas l'avertir, reprit Balthazar, donc tu doutes.
- Il faut toujours se méfier des Silverberg, intervint Mani qui venait enfin de rentrer dans la pièce."
Théo releva la tête vers lui.
"Mais ta gueule, t'as vu ta tête l'elfe ? lui dit-il agressivement."
Balthazar s'installa sur la planche à côté du guerre et réfléchit.
"Et du coup, qu'est-ce qu'elle a donné ton enquête ? Tu as une piste ?
- Non, pas vraiment. Mais il y a les Ardenti Corde partout en ville et je me demande si ça n'a pas un rapport avec ça. Ils sont partout en ville et aucun ordre n'a été formulé officiellement quand à ce choix. Vous avez dû les rencontrer.
- Oui, les paladins noirs, j'ai vu ça. Ils étaient sur le quai d'en face tout à l'heure, et leur présence ne me plaît pas non plus.
- Eh, on pourrait demander à Vicky s'ils sont toujours là, intervint Mani en pointant le collier de communication."
Tout le monde se tourna vers l'elfe, choqué.
"Me frappez pas, geignit-il, j'ai pas fait exprès.
- C'est une bonne idée ! lâcha Balthazar. C'est qu'il commence à comprendre comment on devient un naventurier le Mani !"
Pendant qu'il mettait la connexion en place, Shin continua de discuter avec Théo.
"Et tu en as vu beaucoup par ici ?
- Oui. Mais j'essaye de rester discret, je suis connu dans les ordres et je ne veux pas qu'on sache que je suis toujours ici. Je pourrais avoir des problèmes. Mais je vais continuer d'enquêter ici. Et vous, où est-ce que vous allez ?"
Grunlek lui fit un récit rapide des récents événements et de tout ce qui les avait conduit à choisir d'aller chez les nains. Théo écouta attentivement avant de se frotter la barbe.
"Je vois, c'est plus grave que juste la guerre, donc.
- Ouais, ça pourrait bien être un niveau titan, voir pire, répondit Balthazar. Je sais que tu comptes sur nous pour t'aider, mais on va pas pouvoir rester car les choses risquent de partir rapidement en sucette. Et l'élimination de ton armée nous confirme que quelque chose se joue en ce moment et que ça se rapproche. Il y a peut-être plus que juste un conflit de voisinage en jeu et l'apparition de la magie en ville est sûrement la source de convoitise. Peut-être que des gens dans les deux camps se sont alliés et cherchent à prendre le contrôle.
- Je comprends, répondit Théo. Je vais rester dans les parages et continuer à enquêter."
Balthazar hocha la tête. Il récupéra le collier de communication de Mani et le tendit à Théo.
"Tiens, c'est un collier de communication. Mets-le dans vingt-quatre heures, le temps qu'on reprenne la route, il nous permettra de rester en contact.
- D'accord, je vous tiens au courant. Et Eden, vous la gardez ?
- Oui, répondit Grunlek.
- Non, répondirent Mani et Shinddha."
Le nain ne les écouta pas et attrapa un drap qui traînait. Il l'attacha au cou d'Eden pour faire une laisse de fortune. Théo se releva et ils commencèrent doucement à quitter le bâtiment. Le paladin leur souhaita bonne chance. Balthazar lui offrit une potion de soin avant de partir, au cas où ça se passait mal pour lui.
Les aventuriers reprirent la route du port, remotivés à bloc. Après une nouvelle journée de bateau, ils amarrèrent au moulin du Castel.
