Épisode 20 : Mission Impossible

Par Juliabakura

L'équipe retourna vers la salle du trône en traversant l'un des vastes couloirs de Fort d'Acier. Des gardes devant et derrière eux surveillaient leurs mouvements avec inquiétude. Alors que Kahn Grisetoison marchait quelques pas derrière les aventuriers, pensif, Mama Casseroc était en train de parler avec Grunlek à voix basse.

« Grunlek, il va falloir prendre une décision avant de retourner à la salle du trône. Tous attendent votre choix.

- Je sais, oui.

- Si vous me le permettez, je vais essayer de reformuler les choix qui s'offrent à nous. Bien évidement , ça sera à vous de choisir.

- Parce qu'on est trop bêtes c'est ça ? s'écria Mani, qui n'attira pas plus l'attention que ça, outre un petit rire discret de Grunlek et une grimace agacée de sa nourrice. »

Shin donna une tape derrière la tête de Mani et le poussa pour qu'il s'éloigne.

« Je sais que le choix le plus facile serait de voter pour l'un ou pour l'autre des candidats, reprit la naine. Ça vous permettrait d'obtenir directement les informations que vous souhaitez et vous seriez libre de continuer vos affaires de votre côté. Mais, je me doute que ce n'est pas ce que vous voulez, finalement. Il y a peut-être comme autre choix d'essayer de sauver votre oncle. Je sais que Ugrin faisait des recherches sur la maladie des pierres. Peut-être pourrait-il nous aider ?

- C'est quand même quelque chose qui touche les nains depuis si longtemps... murmura Grunlek. Je ne sais pas si on peut miser l'avenir des nains sur un remède qui, si ça se trouve, ne sera pas trouvé d'ici une centaine d'années.

- En effet. De plus, j'ai entendu dire que ses recherches étaient contre nature. Et que lui même était devenu... Un petit peu fou.

- Oh ! Des recherches médicales pas dans l'éthique... pouffa Balthazar par derrière. Avec ma méthode, j'suis sûr qu'on pourrait faire des avancées incroyable, Grunlek ! Il faut des sacrifices nains Grunlek ! Pour la Gloire de la nation ! »

Mani fit un pas de côté et s'éloigna du pyromage avec un regard inquiet.

« De ce que j'ai compris, l'interrompit Mama Casse-roc, vous cherchez des renseignements sur les pierres de l'abîme. Je sais que les gemmes de l'abîme sont sous les possessions des troupes de Lorimar maintenant. Mais j'ai du mal à croire que toutes les informations sont restées sur place. Je pense que le marché noir a récupéré une partie des informations.

- C'est vrai ? sourit Mani plus intéressé par l'idée de gemmes de pouvoir moins chères. »

Mama Casse-roc regarda dans tous les sens pour vérifier que personne ne les écoutait. Elle baissa la voix.

« Je ne suis pas censé vous le dire, mais le roi est censé détenir des informations. Le roi, votre oncle, a accès à des informations que moi même je n'ai pas le droit de consulter. »

B.O.B fit une mine faussement surprise. Cela lui paraissait normal que le roi en sache plus qu'eux et qu'elle.

« Ces informations sont sur son bureau personnel, à l'étage, dans la bibliothèque royale. »

La naine eut l'air embarrassé avant de continuer.

« En attendant l'élection d'un nouveau roi, c'est à moi que incombe le rôle de garder la clé. Vous voyez ! C'est cette clé ! annonça-t-elle en montrant l'élément métallique. Je la met dans ma poche ! Ah j'espère vraiment que personne ne va me la voler, ajouta-t-elle malicieusement à l'attention de Mani. »

Mani eut envie, quand elle montra la clé, de la tenir avec les deux mains et la garder pour lui. L'elfe regarda Shin avec un air menaçant. C'était sa clé, à lui. Personne ne la volerait avant lui. Balthazar alla près de la naine pour murmurer :

« C'est raciste d'insinuer que tous les elfes sont des voleurs, madame. Mais... Je... Je... »

Alors que Mani commençait à mettre sa main proche de la poche de Mama Casse-roc, elle répondit :

« Je sais. Mais tant que vous ne m'aurez pas prouver le contraire, je continuerais de le penser, dit-elle en pointant Mani qui s'enfuyait déjà avec le précieux objet, poursuivi par le demi-élémentaire. »

Ils continuèrent d'avancer, Grunlek reprit sa discussion avec sa nourrice qui affichait une mine plus inquiète.

« Grunlek. Je sais que vous envisagez les jeux de la fosse. Mais ne faites pas ça. C'est une mauvaise idée.

- Pourquoi ?

- Je sais que vous y pensez parce que je vous connais. Mais ça ne donne pas le pouvoir. Ça ne donne pas, ça n'élit pas un roi. Mais cela donne une tribune assez forte et on peut espérer que si vous réussissait, par miracle, de vous en sortir... On peut espérer que les grandes familles vous prête une oreille attentive pour qu'elles changent de camp. Mais c'est dangereux, mortel. Des tas de prétendants y ont déjà laissé la vie.

- Est-ce que vous avez vu quel choix on a actuellement ? On a le choix entre la corruption de l'argent et la guerre, la culture de la haine des autres peuple, répondit Grunlek, déterminé.

- Oui, mais au moins c'est quelque chose de stable, Grunlek ! La fosse, il n'y a rien de plus instable. Pas sûr que vous en surviviez. Je n'ai pas envie de vous perdre moi !, s'inquiéta Mama Casse-Roc, plus douce.

- La culture de la haine relance l'économie parfois. Comme la guerre, ajouta Mani en haussant des épaules.

- J'ai tourné le dos à mes responsabilités depuis trop longtemps. Il faut que je fasse quelque chose, souffla Grunlek, désolé.

- Oui, mais ce quelque chose peut impliquer de ne pas mourir, vous savez.

- Ça tombe bien ! C'est quelque chose que j'ai bien l'intention de faire. On se rejoint sur ce compromis là ! sourit le prince déchu. »

Ils continuèrent de marcher dans le couloir, jusqu'aux portes de la salle du trône. Mama Casse-roc se retourna et demanda à Grunlek :

« Grunlek, je crois qu'ils vous attendent dans la salle du Trône. Il serait un peu étrange que nous soyons que tous les deux à retourner sur place. »

Elle prit un temps de pause avant d'ajouter, à l'attention de l'elfe.

« Ah oui ! La bibliothèque c'est à gauche. Mais vous n'avez pas le droit d'y aller, dit-elle avec un clin d'œil. »

Mani tira le bras de Shin avec insistance et sortit l'objet de sa poche, fier de lui.

« Regarde ce que j'ai, annonça-t-il avec un regard brillant de joie d'avoir réussi à voler une personne consentante. Viens, on va aller dans la bibliothèque, elle est tellement bête qu'elle nous a montré où elle est. »

Shin lui montra son pouce content pour lui et véritablement époustouflé par la naïveté de l'elfe.

« B.O.B ! Tu peux nous accompagner ? demanda Grunlek. J'ai besoin de toi.

- Et, et, et... refuser d'aller dans la bibliothèque royale naine ? bafouilla Balthazar, déjà prêt à découvrir de nouvelles choses.

- Je te donnerais un accès plus tard, lui promit le nain. Tu pourras y rester légalement autant de temps que tu veux. »

Le pyromancien hésita, observa le ciel, à la fois curieux de savoir ce que renfermaient les écrits et attiré par la proposition du nain. Il serra les dents.

« Tu vas parler à des dirigeants nains ! Et potentiellement décider de l'avenir du peuple nain, ajouta malicieusement Grunlek. Balthazar Octavis Barnabé Lennon, sauveur du peuple nain, ça claque. »

Le demi-diable s'affaissa sous le poids de l'argument de Grunlek.

« D'accord ! Mais c'est bien parce que je suis ton ami, bouda le pyromancien. »

Il suivit Grunlek et Mama Casse-Roc vers la salle du trône. Shin et Mani firent un crochet léger pour se diriger vers l'escalier et aller dans le bureau royal.


En haut de l'escalier, il y avait l'immense porte en fer qui gardait le bureau royal. Un son extrêmement sourd courait dans ces lieux, faisant vibrer les murs, du fait de la proximité des forges, à en croire les lourds bruits de métaux frappés régulièrement. Par conséquent, ils pourraient ouvrir la porte, et même si cette dernière grinçait, on ne l'entendrait pas. Par contre, la salle des gardes adjacent était le véritable obstacle. Trois gardes nains s'y reposaient. Deux étaient dos à l'ouverture de la porte et le dernier avait la vision parfaite, pour les voir passer par la porte.

Au début, Mani et Shin étaient heureux d'être tous seul, sans la surveillance de B.O.B, Grunlek et Théo qui avaient l'habitude de refréner les attitudes de sales gosses de ces derniers. Mais ils avaient une mission importante à accomplir cette fois.

Chacun avait son plan. Mani souhaitait user de sa télékinésie pour faire tomber un livre afin de leur laisser un peu de temps pour aller jusqu'à la porte. Tandis que Shin préférait le système d'envoyer Icy à leur rencontre afin de faire du bazar par n'importe quel moyen.

Shin agit avant lui et invoqua Icy, prête à écouter les ordres de son maître. Il décida d'envoyer la petite créature derrière la caisse, afin de passer sous la table. Il y avait les six pieds massif des nains juste devant elle. Ils étaient en train de parler fort et de rigoler en buvant de la bière, sans faire attention à elle. Shin se concentra mentalement pour demander à sa créature de chercher un morceau de tissu qui dépassait d'une armure et de tirer un coup dessus.

Aussitôt, le nain se tourna vers la tension sur sa côte de maille. Shin proposa une autre solution pour traverser ce passage : utiliser son saut élémentaire. Mani le dévisagea l'air complètement idiot. Il agita les bras, l'air de dire : « Mais ! Ils ne sont que trois ! C'est une porte ! C'était la discrétion qu'il fallait user et non de leur magnifique pouvoir ou forme élémentaire. » L'elfe semblait dire du regard : « Je veux juste faire une roulade. » Il se mit à quatre pattes pour se mettre sous Shin afin d'observer près de la porte. Avec sa télékinésie, il fit bouger un livre et l'écrasa sur le visage d'un autre nain. Cela suffit pour avoir une demi-seconde d'inattention afin que nos deux compères aillent vers la porte.

Shin fut le premier a réussir à passer de l'autre côté du couloir en faisant une roulade au sol. Malheureusement, derrière lui, Mani fit la pire roulade du monde et atterrit la tête la première contre l'angle du mur. Heureusement, le bruit, Icy et le livre permirent à l'elfe de se relever et d'aller vers Shin. Une marque rouge immonde était visible sur son visage. Il était, au yeux de Shin, l'elfe le moins classe du Cratère. Ils arrivèrent au pied de la porte qui s'ouvrit lourdement.


B.O.B et Grunlek retournèrent dans la salle du trône. Ils virent que les deux prétendants au trône les dévisageaient. Thagor était entouré de ses deux gardes du corps, le regard calculateur. Gargrim défiait ouvertement Grunlek, assis dans la place qui lui était réservée. Toutes les autres familles naines étaient présentes également, assises sur les bancs en attendant que le temps passe. Visiblement elles avaient l'air résigné et en train d'attendre que tout se termine pour qu'elles puissent partir de ce lieu.

Au moment où ils arrivent, un des gardes s'approcha de Mama Casse-Roc. Il lui tendit un parchement qu'elle s'empressa de lire avant de soupirer et le passer à Grunlek. Il était inscrit :

Urgent !

Mouvement troupe Lorimar Important.

Direction inconnue Cap N/O - O

Rapport armée Kirov franchissant forêt.

N/ Fort Tigre Direction Inconnue.

Cap S/S -E

Mama Casse-Roc reprit le parchemin qu'elle avait tendu à Grunlek avant de dire.

« Les choses évoluent. Gargrim ! rugit-elle, agacée. Thagor ! Nous avons besoin de vous ! Il va falloir que nous parlions de tout cela ! Grunlek ? Vous avez peut être des choses à dire ? »

Grunlek se positionna avant de s'exclamer.

« Gargrim, Thagor, je vais devoir prendre une décision importante. Vous êtes chacun des nains exceptionnels dans votre domaine. Gargrim, au niveau des forces armées, personne ne vous égale. Thagor, vous êtes commerçant, un négociant hors pair. Mais vous êtes aussi la représentation de ce qui fait la décadence du peuple Nain à l'heure actuelle. Regardez ce qui nous arrive.

- Je vous en prie, grogna l'intéressé, soyez plus poli !

- Je pense que je suis poli, lui répondit le nain d'une voix sombre. Je n'annonce que des faits, selon moi en tout cas. Regardez ce qui nous arrive, reprit Grunlek en pointant le parchemin. C'est le moment où nous devons être unis. Unis pour des négociations. Unis pour la défense de notre peuple. Et j'ai l'impression que le peuple nain actuellement et complètement tiraillés entre deux mondes : la corruption et la haine des peuples extérieurs. Faire un choix est extrêmement difficile. C'est pourquoi, je vais vous demander quelque chose. Je vais vous demander de me laisser une journée. Une journée pour décider. Une journée durant laquelle vous n'essayerez pas, ni l'un, ni l'autre, de m'influencer. De me corrompre par un quelconque moyen. Si jamais ça devrait arriver, sachez tout de suite que vous ne serez pas choisi. Je vais... »

Gargrim se mit à interrompre Grunlek avec sa voix forte.

« Une journée ? Et voilà ! Et pendant ce temps-là, c'est encore une dizaine de nains qui vont mourir dans les mines par votre faute, von Krayn. Vous savez combien de temps nous avons déjà perdu ? »

Thagor avec sa voix mielleuse interrompit à son tour son compère en soufflant :

« Enfin, s'il vous plaît, Gargrim. Vous ne voyez pas que ce jeune noble a besoin d'une petite journée pour reprendre contact avec ses racines. Évidemment, Grunlek Von Krayn. Nous vous laisserons toute la journée que vous voulez, il n'y a pas de problème. Et je vous promets que nous ne vous suivront pas.

- Gargrim ! Vous allez pas me faire croire que pendant cette journée vous n'avez rien à faire ? siffla Grunlek, de plus en plus hostile. Nous avons des défenses à organiser et vous êtes la personne pour ça.

- VOUS NE COMPRENEZ TOUJOURS PAS COMMENT FONCTIONNE LE ROYAUME NAIN ! GRUNLEK VON KRAYN ! NOUS NE POUVONS PAS DIRIGER NOS FORCES ARMÉES SANS AVOIR DE ROI !

- Et si je ne comprends pas, comment voulez vous que je prenne une décision ?

- NOUS PERDONS DU TEMPS PAR VOTRE FAUTE !

- Vous aurez ma réponse d'ici quelques heures, coupa le prince, autoritaire. »

Thagor continua :

« Oui, bien sur. Vous avez tout le temps. Si vous avez besoin de quoi que se soit, Grunlek Von Krayn, vous demandez et vous l'aurez."

- J'ai besoin que vous n'ayez pas ce type d'attitude, Thagor, l'agressa Grunlek, agacé.

- Mais pourquoi ? Je suis juste sympathique avec vous ! C'est comme ça, j'ai été éduqué par des nains de hautes lignées !

- Bonne journée. Vous aurez ma réponse demain, trancha-t-il froidement. »

Balthazar qui s'était tenu calme et silencieux, s'était baissé légèrement vers Mama Casse-Roc pour murmurer :

« Mama Casse-Roc ? Qu'est-ce qui était écrit sur le papier ? Parce que cela semble exciter tout le monde, mais je ne sais pas lire le nain. »

Elle lui expliqua que des mouvements de troupes de l'armée de Kirov avaient été repérés à la sortie de la forêt nord de Fort Tigre, et qu'un important mouvement de troupe de Lorimar a été détecté également de l'autre côté des montagnes. Habituellement ces troupes ont tendance à partir vers le nord, mais cette fois, elles contournaient pour passer par l'Ouest.


Shin et Mani arrivèrent dans le bureau royal. Il faisait assez sombre. Les lumières provenaient de quelques chandeliers. En entrant, nos deux aventuriers virent une pièce où ils entrevirent une immense statue. Vers la Droite, il y avait un nain qui leur tournait le dos. Et dans une salle plus petite, un immense coffre.

Dos à Dos, Shin et Mani réfléchirent à une stratégie. Ils purent voir que le coffre, certes, devait être fermé, mais possiblement crochetable. Mani était comme un gamin heureux de pouvoir utiliser un de ses apprentissages. Il voulait se jeter dans cette pièce pour tenter de découvrir ce qui se cachait à l'intérieur.

« Tu pense y arriver sans te casser la binette ? demanda Shin, conscient de l'échec de son camarade.

- J'ai encore une potion de soin, ça va. »

Avant de s'engager dans le coin du coffre, Mani évoqua une dernière idée.

« Shin. Je vais sans doute foirer. Donc...

- Je sais, je prépare le plan B. Mais on le fait toujours quand t'es dans les parages, tu le sais bien. »

Shin longea le mur à gauche afin d'entrer la pièce à la statue. Il découvrit la salle indiquée par Mama Casse-Roc, le bureau royal, qu'il devina à la qualité du mobilier autour de lui.

Mani, quant à lui, tenta d'ouvrir le coffre. Cependant, Dame Chance avait laissé tombé notre elfe. Ainsi le crochet dans la main de Mani se brisa. Le petit elfe chouina silencieusement. Il avait fallu que le matériel le lâche maintenant.

Loin de ses malheurs, Shin entra dans la pièce. Il n'y avait personne. Il se dirigea vers le bureau, commença à fouiller les différents documents et trouva plusieurs notes avec des noms d'une certaine importances. Une sur Thagor et une sur Gargrim. Shin n'avait pas le temps, et ne savait pas s'il arriverait à les lire. Il embarqua les deux notes avec le sceau royal sur chacune d'entre elle. Cela semblait remonter à quelques jours et étaient destinés uniquement au roi. Puis son attention fut tourné vers un livre sur un coussin rouge. Il commença à le feuilleter.

Il lui semblait comprendre que c'était un livre des sacres. Un peu barbant, il retraçait l'historique des maisons. Des archives donnaient l'ordre des successions des nains. Il trouva également qu'il faisait mention de Grunlek, indiquant qu'il avait abandonné sa ligne de succession. Il était le dernier héritier légitime de la maison Von Krayn. Mais il était également fait mention d'un bâtard Von Krayn, vivant quelque part à l'ouest du Cratère.

Alors que Shin avait réussi sa mission, contrairement à Mani, nos deux camarades entendirent à côté le nain qui commençait à marcher. Il faisait sa ronde. Ils devaient très vite partir et décider si oui ou non, ils abandonnaient ce coffre. Car peut-être d'autres gardes allaient bientôt entrer dans la pièce.