Bonsoir !
Il est très tard je suis navrée !
En tous cas, je voulais vous remercier pour ce lancement ! Vous êtes toujours au top merci ! J'ai adoré chacune de vos reviews, je suis très fière !
Merci à toutes les "guest" à qui je n'ai pas pu répondre.
Merci à mon correcteur.
Merci à tout le monde en fait.
Pour répondre à deux trois questions qui revienne souvent...
La fiction sera toujours du point de vu d'Edward.
La fiction aura 1 chapitre chaque mercredi soir.
J'ignore combien de chapitre, je vise entre 30 et 40. Mais entre ce que je veux, et ce qui se passe... voilà voilà.
Je vous souhaite une très bonne lecture !
A très très vite.
POV Edward
Debout, droit, le corps tendu, lourd et douloureux, je fixais les deux cercueils devant moi qui s'enfonçaient lentement dans la terre. Mon regard était absent, mes yeux brûlaient, ma gorge était serrée, mon esprit était brouillé et lointain. Les seules choses qui me connectaient à la réalité étaient les bras frêles que j'avais autour du cou appartenant au corps léger de ma nièce. Celui-ci était calé sur ma hanche ainsi que la petite main de mon neveu, fermement accrochée à la mienne. Nous étions le 26 février et ils enterraient leurs parents... j'enterrais mon frère... vingt sept années de ma vie disparaissaient sous terre en ce moment même.
Le soir où la police avait frappé chez moi, le soir où tout avait changé, l'enfer avait débuté. D'abord j'avais cru à un cauchemar, une hallucination, c'était tellement irréel. Ils étaient restés jusqu'à tard, ils m'avaient expliqué qu'un chauffard avait grillé un feu rouge à pleine vitesse et que la voiture de mon frère avait fait plusieurs tonneaux, percutant d'autres voitures au passage. Anthony et Jenna étaient les seules victimes et le responsable de l'accident... il avait fuit. Je m'en étais étonné, si le choc avait été si violent, sa voiture avait dû être endommagée non ? Visiblement pas assez pour ne plus rouler. L'enquête était ouverte.
Quand la police était partie, tard dans la nuit, je m'étais retrouvé affreusement seul, perdu et hébété. Heureusement Ben m'avait appelé, à la base pour me parler du service du soir. Quand je lui avais expliqué, il avait tout de suite rappliqué chez mon frère. À la minute où il était entré, j'avais fondu en larme. Les ténèbres s'étaient emparés de moi. Je n'avais pas dormi cette nuit là.
Le matin quand les petits s'étaient levés, j'avais dû leur expliquer la situation. Je crois qu'ils n'avaient pas compris. Max pensait qu'ils étaient en voyage... Marie avait juste dit qu'ils avaient menti, qu'ils avaient promis d'être là pour le petit-déjeuner. Je ne savais pas comment faire, je ne savais pas ce que je devais dire.
S'en était suivi toute une liste de choses à faire. Il fallait prévenir l'école de l'absence des enfants, avertir le travail de Jenna et Anthony qu'ils ne reviendraient plus jamais, demander des congés pour moi... passer ces coups de téléphone avait été incroyablement douloureux. La police m'avait rappelé, il fallait que je me rende à la morgue afin d'identifier les corps. Ben nous y avait conduit. Une femme vieille charmante et pleine de compassion avait pris en charge les enfants, le temps que je fasse l'identification.
Ben m'avait accompagné jusque devant la porte. Il n'avait pas le droit de venir à l'intérieur avec moi. Le médecin légiste m'avait reçu et m'avait conduit devant deux corps allongés, recouverts d'un drap blanc. Après m'avoir demandé si j'étais prêt, il avait découvert le visage de Jenna en premier. Ma gorge s'était nouée, je retenais mes sanglots dans l'expression paisible de ma belle sœur. J'avais dû confirmer à voix haute son identité avant qu'il ne la recouvre.
Avec une lenteur infinie, il avait contourné le corps de Jenna pour s'approcher du deuxième... celui de mon grand frère. Il s'y était repris à trois fois pour me demander si j'étais prêt. J'avais fini par hocher la tête et doucement il avait levé le drap du visage d'Anthony. Il était si pâle, mais si tranquille. J'explosai. Mes larmes coulaient sur mes joues, mes sanglots éclatèrent brutalement, m'obligeant à m'appuyer sur la table où reposait mon frère. Me laissant le temps de me reprendre, le médecin ne m'obligea pas à répondre immédiatement à la question « Est-ce bien Anthony Masen ? ».
Après confirmation, il remit le drap sur lui. J'eus le courage de demander s'ils avaient souffert. J'avais demandé une réponse honnête, pas rassurante. Jenna avait eu la nuque brisée, elle était morte sur le coup et n'avait rien senti. Quant à mon frère, il était mort d'une hémorragie massive, lui aussi avait eu une mort rapide et sans douleur. Dans un sens, l'idée qu'ils étaient partis comme ça me confortait. Je n'aurais pas supporté que leur dernier instant sur cette terre avait été douloureux.
Suite à ça, j'avais été reçu par les inspecteurs de police. Ils avaient rempli des papiers avec les médecins, puis m'avaient expliqué la suite des démarches à faire, à envisager, ce qui allait se passer en bref. J'avais écouté, essayé de tout retenir mais honnêtement seuls les visages d'Anthony et Jenna avaient leur place dans ma tête.
Les jours qui avaient suivi, je les avais passés à recevoir les condoléances de toutes les connaissances de mon frère et de ma belle-sœur. J'avais été aux pompes funèbres pour organiser les funérailles. Mes amis étaient là pour moi, autant qu'ils pouvaient l'être, mais je me sentais extrêmement seul. Je ne vivais pas, je survivais. J'avais l'impression de vivre dans un univers parallèle, j'entendais, je voyais, je parlais... mais mon esprit était très très loin.
- Tonton ?
Je baissai les yeux vers Max, ce qui mis fin à mes pensées.
- Oui, bonhomme ?
Il fixa les deux cercueils, prit une profonde inspiration et leva ses yeux bleus vers moi.
- Ils ne reviendront jamais papa et maman, pas vrai ?
Je clignai des yeux, laissant échapper quelques larmes. Puis je me baissai pour être à sa hauteur, tenant toujours Marie contre moi.
- Non, chéri, ils ne reviendront jamais.
- Alors je suis comme toi et papa ? J'ai plus de papa, ni de maman...
- Oui... mais je suis là moi. Tu as encore de la famille, ton papa et moi n'en n'avions pas.
- Tu ne partiras pas ?
- Non, je ne vous laisserai pas toi et Marie. Je le promets.
Il hocha la tête et je me relevai tandis qu'il se blottissait contre moi. À la fin de la cérémonie, alors que les cercueils commençaient à être recouverts de terre, je décidai qu'il était temps de rentrer. Plusieurs personnes nous avaient suivis, des plats avaient été cuisinés, des boissons apportées. Tous me répétèrent encore et encore leur soutien et leurs condoléances, tous me disaient d'être fort. J'en avais assez, j'allai m'isoler.
- Ed ?
Je tournai la tête, c'était James.
- Il fallait que je m'éloigne.
- Je comprends. Une bière ?
- Ouais. Merci.
Il décapsula une bouteille et me la tendit avant de s'en ouvrir une lui aussi.
- Je crois que Max a compris. Marie pensent toujours qu'ils vont revenir.
- Ils sont jeunes. La mort est abstraite pour eux.
- Je sais. Je sais pas comment réagir. J'ai parfois envie de leur hurler qu'ils sont morts et que ça n'a rien à voir avec des vacances. Je suis un monstre.
- Bien sûr que non. Tu es adulte et eux des enfants. Vous n'avez pas la même réalité.
- J'en suis conscient. Tyler va mieux ?
- Il est toujours en arrêt. Je l'ai eu au téléphone, il aurait des soucis au niveau du dos, il passe des examens.
- C'est peut-être sérieux, il n'est pas du genre à s'arrêter facilement.
- C'est ce qu'on pense tous, oui. Tu as combien de temps d'arrêt toi ?
- Seulement quinze jours. Je dois m'organiser avec les enfants et tout. Je vais manquer de temps.
- Tu vas réussir à t'en occuper ?
- Je le dois, James. Ils sont ma seule famille. Et je refuse de leur tourner le dos. Je sais ce que c'est d'être orphelin, Anthony m'en voudrait de faire subir ça à ses enfants. Et puis, je les aime.
Je lui lançai un regard noir pour le dissuader de répliquer. Je savais que ça allait être compliqué, j'étais cuisinier, j'avais des horaires de merde, j'effectuais des heures supplémentaires de dingue... je savais qu'il me faudrait de l'aide mais j'allais y arriver. J'emploierai quelqu'un... enfin je trouverai une solution.
- Tonton... ?
Je baissai les yeux, Marie était là avec son doudou et elle me tendait les bras. Elle passait son temps collée à moi, je ne pouvais pas lui en vouloir.
- Viens-là, ma crevette. Tu as faim ? Soif ?
- Je veux maman... et papa...
- Je sais, princesse, je sais. Moi aussi.
Je l'embrassai.
- Et si on allait faire une petite sieste ?
- Non.
- Tu vas être fatiguée, Marie.
- Non.
- Ok, ok.
Je la calai sur ma hanche et pris une nouvelle gorgée de bière. Ça allait être difficile.
- Ils retournent à l'école quand ?
- Demain. Que le matin, histoire de voir comment ça se passe. Et il me faut du temps pour aller au bureau d'Anthony et Jenna pour récupérer leurs affaires. J'ai aussi une montagne de papiers à voir. Il faut que j'en fasse un maximum avant de reprendre le travail.
- Si tu as besoin d'aide... ma sœur sort avec un avocat.
- Merci, James.
- De rien. Je vais voir si je peux aller manger un truc. Je commence à avoir faim.
- Vas-y vas-y !
Il me laissa et je regardai Marie. Elle suçait son pouce, son doudou contre elle et sa tête posée sur mon épaule.
- Tu as faim ? Soif ?
Elle secoua la tête et ferma les yeux. Elle était crevée. Je quittai la cuisine, dans l'idée d'aller la coucher, arrivés dans les escaliers, je trouvai Max, assis en haut des marches, son doudou contre lui également. J'eus un sourire triste et montai le rejoindre.
- Ça va, bonhomme ?
Il secoua la tête. J'installai Marie sur mes genoux et passai mon bras de libre autour de Max qui se laissa tomber contre moi.
- Est-ce que vous voulez qu'on aille s'allonger un peu tous les trois ?
Max hocha la tête, Marie dormait déjà. Avec précaution, je me levai sans réveiller la petite, Max me suivit jusqu'à la chambre d'ami que j'occupais. En silence, je couchai Marie, puis m'installai à mon tour près d'elle, Max vint s'allonger de l'autre côté de moi.
- Tonton ? Est-ce que c'était parce qu'on a pas toujours été sage ? Ils en avaient marre de nous ?
- Non, mon grand. Ils vous aimaient, même quand vous faisiez des bêtises. C'était un accident. Un fou qui a conduit comme un malade.
- Mais il va aller en prison le monsieur ?
- Je l'espère. C'est ce qu'il mérite.
- Est-ce que ça fait mal de mourir ?
- Tes parents n'ont pas eu mal. Je pense qu'ils n'ont même pas eu le temps de comprendre.
- Tu resteras avec nous, hein ? Je veux pas partir avec un autre papa et une autre maman.
- Non, je ne vous abandonnerai pas. Je vais m'occuper de vous et tous les trois on va faire de notre mieux. Nous sommes une équipe et surtout une famille.
Il hocha la tête et la posa sur mon torse.
- Max, si ça ne va pas, je veux que tu viennes me parler d'accord ? De ce que tu veux. On en discutera.
- Oui. Ok, tonton.
- Promis ? Même si tu penses que c'est bête.
- Promis, tonton.
- Allez, dors un peu maintenant, mon grand.
Doucement, je lui caressai les cheveux, petit à petit son souffle se fit plus calme, plus régulier. Quand les deux enfants furent tous deux profondément endormis, je m'extirpai du lit afin de retourner dans le salon. Je ne voulais pas vraiment y aller, mais je devais garder un œil sur ce qui se passait dans la maison de mon frère.
Pendant presque 1h, je restai assis dans le canapé, à écouter d'une oreille distraite les condoléances des voisins, des collègues, des amis... j'en avais assez, j'étais épuisé, j'avais mal à la tête... je voulais juste être tranquille. De plus, ma douleur était déjà grande, je n'avais pas besoin de recevoir celles des autres. Aussi poliment que possible, je mettais doucement les gens dehors et peu à peu la maison se vidait, jusqu'à ce qu'il ne reste que James, Ben, les enfants et moi. Mes amis m'aidèrent à ranger et nettoyer le salon et la cuisine, Max et Marie, étaient eux devant un dessin animé, sage l'un contre l'autre.
- Merci les gars pour la journée... et pour le reste.
- Aucun souci, tu sais que tu peux compter sur nous.
- Merci oui.
Après une brève étreinte en guise d'ultime remerciement, je les laissai quitter la maison. Il ne restait plus que moi et les enfants. Je décidai d'aller m'installer avec eux pour regarder la fin du dessin animé. Il fut ensuite l'heure de les doucher puis de manger avant de les coucher.
- Tonton, Marie et moi on peut dormir avec toi ?
- Je ne me couche pas maintenant, Max. J'ai encore des choses à faire.
- Je veux pas dormir tout seul. S'il te plaît...
- Ok, ok... on va se mettre dans mon lit, lire une histoire et quand vous dormirez, je vous coucherai dans vos lits. Ça marche ?
- Super !
- Allez on monte. Et Marie choisit l'histoire !
- Oh non, ça va encore être « Peppa Pig »...
- Bon vous vous mettrez d'accord en haut. On verra.
Arrivés à l'étage, ils mirent bien dix minutes pour se mettre d'accord sur un livre. Installés dans mon lit, un petit de chaque côté, je débutai ma lecture. Le livre terminé, je les bordai avant de les embrasser.
- Bonne nuit, les petits poulets.
- Bonne nuit, tonton.
- Je serai juste en bas, essayez de dormir, demain il y a école.
- On est obligé ?
- Oui, Max, mais juste le matin. Je viendrai vous chercher pour le déjeuner.
- Je crois que j'ai pas trop envie d'y aller.
- Nous en avons parlé, Max.
- Je sais...
Je l'embrassai une nouvelle fois sur le front.
- A demain, ça va aller. A demain, petite chipie.
- J'suis pas, chipie !
Elle me lança un grand sourire plein de malice qui me fit moi-même sourire. J'ébouriffai ses cheveux avant de quitter la pièce. Je laissai la porte entrouverte ainsi que la lumière dans le couloir, puis je descendis dans le salon. Je me servis un verre de vin avant de m'asseoir face à la pile de papiers qui augmentait de jour en jour.
Après avoir allumé mon ordinateur, consulté mon compte en banque ainsi que mes factures et mes dépenses à venir, je calculai tous les frais de l'enterrement de mon frère et de ma belle-sœur. Après une tonne d'additions et soustractions différentes, je n'étais bon qu'à constater que je ne pourrai pas payer les funérailles sans obtenir un peu d'aide de la banque. Il ne me restait qu'un petit espoir, peut-être qu'Anthony avait mis de l'argent de côté qui pourrait me venir en aide.
C'est un peu dépité, perdu et toujours envahi par les ténèbres et la tristesse que j'allais me doucher. Je couchai ensuite les enfants dans leur lit. Allongé comme un pauvre con tout seul dans mon lit, je fixais le plafond en me demandant encore et encore ce que nous avions fait pour mériter ça. Anthony et moi avions eu une enfance désastreuse, il n'avais eu le droit qu'à huit petites années de bonheur avec sa femme et ses enfants... et moi ? Moi, j'allais devoir élever mon neveu et ma nièce et vivre avec le manque de mon frère. Il était mon pilier, le cerveau et la raison de notre fratrie, sans lui j'étais complètement pommé.
Comme tous les soirs depuis la nuit de l'accident, les larmes m'épuisèrent mais la nuit fut courte, douloureuse et pleine de cauchemars. Lorsque le réveil sonna à 7h le lendemain, je soupirai. Encore un jour... je me frottai les yeux dans l'espoir de me réveiller correctement, en vain bien sûr. J'étais épuisé. Dans un élan de courage extrême, je me levai du lit et titubai jusqu'à la chambre de Max. Il dormait en étoile de mer dans son lit, une jambe sur la couette et l'autre dessous. Il ressemblait à son père, j'en eus un sourire triste.
- Max ? C'est l'heure, mon grand.
J'allai près de lui et frottai doucement sa tête et lui chatouillai le pied découvert. Il fronça les sourcils et se tourna pour se coucher à plat ventre.
- Max, il faut se réveiller, poulet.
- Hum...
- Allez debout.
Il grogna et ouvrit un œil.
- Papa ?
Mon cœur se pinça et je lui caressai la joue.
- Non, c'est juste moi, Edward.
- Ah.
- Debout, Max. Je t'attends en bas. Ok ?
- Oui. Un bisou ?
Je me penchai vers lui pour l'embrasser, il s'agrippa à mon cou et je le sentis sourire.
- Je suis collé, tonton.
- Et on fait comment ?
- Tu es obligé de me porter. Papa il fait ça.
- Dans ce cas !
Je me levai en l'emportant avec moi. Il cala sa tête sur mon épaule et je sortis de sa chambre pour aller dans celle de Marie.
- Tu réveilles ta sœur doucement ?
- D'accord.
Il se laissa glisser sur le sol avant de grimper sur le lit de sa sœur. Les deux enfants réveillés et chacun dans un de mes bras, nous allâmes dans la cuisine. Je connaissais leurs goûts en matière de petit-déjeuner, moi il me fallait juste une grande tasse de café bien noir.
- Bon, les enfants. Je répète le programme. Ce matin vous allez à l'école mais je reviens vous chercher pour manger. Cet après midi on reste ensemble.
- La maîtresse elle sait pour papa et maman ?
- Oui.
- Et les autres ?
- Je ne sais pas, mais probablement oui.
- Je veux pas qu'ils m'en parlent.
- Je le dirai à ta maîtresse tout à l'heure.
- Et s'ils le font quand même ?
- Ne réponds pas. Si tu ne veux pas, ne fait rien. Si tu veux, demande à passer la récréation dans la classe, non ?
Il hocha la tête et croqua dans sa tartine. Marie, elle, faisait des bulles dans son lait. Je crois qu'elle ne comprenait pas la situation, elle était beaucoup trop petite. Le petit-déjeuner terminé, je les aidai à s'habiller avant d'en faire autant, puis direction l'école. Il fallait dix minutes à pied environ, et plus nous avancions, plus je sentais Max se tendre. Quand les institutrices de Max et Marie me virent, elles s'avancèrent vers nous et si j'étais conscient des regards lourds de sens des parents autour de moi, je savais que mon neveu les ressentait aussi.
J'eus une brève discussion avec les institutrices et la directrice. J'accompagnai les enfants dans leur classe. Max se montra courageux, il me laissa partir sans trop de difficultés. Marie fit une crise de larmes mais je réussis à la calmer et partis vite avant qu'elle ne recommence. Mort d'inquiétude pour la matinée des petits, je repartis vers la maison. Je devais me dépêcher. J'attrapai les clefs de voiture de Jenna puis me dirigeai vers son bureau. Elle était secrétaire et son patron m'avait donné rendez-vous pour récupérer ses quelques affaires. Il avait tout préparé, j'eus un bref échange avec lui et quelques collègues de ma belle-sœur, puis je repartis, cette fois en direction de la banque où travaillait mon frère.
Je restai quelques secondes devant les baies vitrée de la grande banque de mon frère. J'avais la trouille d'entrer. Non pas pour récupérer un carton rempli de stylos, d'une agrafeuse et d'une photo de famille, non, j'avais peur des nouvelles que j'allais recevoir. Prenant une grande inspiration, je finis par me donner du courage et poussai les portes pour me rendre à l'accueil.
- Bonjour, Monsieur en quoi... oh...
Le sourire surfait de la réceptionniste disparut instantanément quand elle me reconnut. J'étais le portrait craché de mon frère. Je hochai la tête en guise de bonjour.
- J'ai rendez-vous avec le directeur.
- Oui, je le préviens que vous êtes arrivé.
- Merci.
Elle prit son téléphone et mon arrivée fut annoncée. Quand elle raccrocha, elle me regarda avec un certain malaise.
- Je suis désolée pour Anthony... il était toujours très gentil. L'un des seuls à s'apercevoir que le petit personnel était présent.
- Merci... Cindy.
Je fis tout de même l'effort de lire son nom sur sa veste, elle me sourit et se leva.
- Je vous accompagne jusqu'au bureau du directeur, il vous attend.
- Très bien.
Je la suivis jusqu'à l'étage de la banque où l'assistante du directeur prit le relais en congédiant avec un certain mépris la pauvre Cindy. Juste histoire d'embêter la blonde peroxydée dédaigneuse, je remerciai plus chaleureusement que nécessaire la petite Cindy qui s'éclipsa toute rougissante. Quant à miss Barbie, elle me lança une œillade tout en faisant battre ses faux cils.
- Suivez-moi je vous prie.
Elle dégagea, d'un mouvement de tête étudié, ses cheveux de son épaule avant de se luxer les hanches en marchant devant moi. Oui je suis plutôt beau et je fais de l'effet aux femmes. Mais espèce d'idiote, je viens d'enterrer mon frère. Avant je n'aurais pas hésité, maintenant, je ne la voyais même pas. Sans me soucier de ses efforts, j'entrai dans le bureau de son patron, qui se leva en me voyant. Je lui serrai la main et il congédia son assistante sans cérémonie.
- Monsieur Masen, bonjour. Asseyez-vous.
- Merci.
- Je vous adresse toutes mes condoléances pour votre perte.
- Merci, monsieur.
- Anthony était vraiment un bon employé et une très bonne personne. Nous avons tous été sous le choc.
Je hochai la tête, j'étais habitué maintenant à recevoir les condoléances.
- Je vais vous conduire au bureau de votre frère. Nous n'avons rien touché, j'ai pensé que vous voudriez le faire. Si vous ne le voulez pas, je peux demander à quelqu'un de le faire maintenant.
- Non, je le ferai merci.
- De rien... Monsieur Masen...
Le directeur changea d'attitude, sa posture devint plus professionnelle. Nous allions parler sérieusement, fini les jérémiades.
- Je vous écoute.
- Je suis navré de vous parler de cela dans un moment pareil mais... votre frère et sa femme avaient plusieurs crédits assez importants en cours.
- Ils n'avaient pas de compte épargne ? Rien de côté ?
- Non. Il y a exactement trois crédits en cours. Deux pour des voitures et un pour la maison. Votre frère n'a jamais eu de souci pour rembourser les crédits. Nous lui faisions confiance. Mais monsieur Masen... comprenez que nous ne pouvons pas oublier ses prêts.
- Je... je rembourserai les crédits de mon frère. Mais monsieur, comprenez à votre tour que je suis seul et avec deux enfants maintenant. Je n'ai pas le même salaire que mon frère et celui de sa femme réunis. Je vous demanderai juste de m'accorder un peu de temps. Le temps de trouver une solution et de m'organiser.
- Bien sûr. Je vais vous transmettre toutes les informations concernant les crédits et les montants. Je vous encourage à prendre connaissance des documents et je vous propose un rendez-vous dans une ou deux semaines pour faire un point.
- Très bien, ça me va.
- Sachez que nous comprenons la situation et nous serons le plus conciliant possible.
- Je vous remercie.
- Je vous accompagne jusqu'au bureau de votre frère.
- Bien.
Nous nous levâmes puis je le laissai passer devant moi afin qu'il me guide jusqu'au bureau d'Anthony, bien que je connaisse déjà le chemin. Arrivés dans la pièce, l'atmosphère autour de moi s'alourdit. C'était comme si je pouvais sentir sa présence. J'avais l'impression de le voir assis devant son ordinateur, fronçant les sourcils tout en réfléchissant à une solution pour arranger son client. Je pouvais très bien l'imaginer en train de regarder les photos de Jenna et de ses enfants afin de se donner du courage lors d'une longue journée.
- Je vous laisse. Prenez votre temps.
- Merci.
Il me laissa seul. Lentement, je m'avançai jusqu'au fauteuil de bureau de mon frère. Sans grande assurance, je m'installai dedans, ayant l'impression d'envahir l'espace qui avait longtemps était le sien. Je regardai une nouvelle fois autour de moi, mes yeux finirent par se poser sur les photos, lui et Jenna le jour de leur mariage, un double cadre avec une photo de Max et l'autre de Marie, assez récente. Lorsque je vis le dernier cadre, mon cœur se serra. Il s'agissait de nous deux, le jours de mon diplôme de cuisinier.
Je me souvenais très bien de ce jour. Anthony était venu à la remise des diplômes et à la fin il m'avait serré si fort dans ses bras. J'entendais encore ses mots... « je suis fier de toi, si fier petit frère » il avait ensuite demandé à la première personne qu'il avait croisé de nous prendre en photo. Jamais je ne m'étais senti aussi heureux et important que ce jour-là.
Après un long soupir et afin de me donner du courage, je me levai pour déplier un carton et commençai à ranger ses affaires. Je fouillais les moindres recoins, ne voulant rien oublier, laissant juste ses dossiers de travail. Vide, le bureau perdait toute son âme, il était comme les autres, sans importance jusqu'à ce qu'un autre vienne s'y installer. Chargé de mes cartons, je regagnai le bureau du directeur de l'agence.
- Vous avez tout ce qu'il vous faut ?
- Oui. Je n'ai laissé que ses dossiers professionnels.
- D'accord merci. Prenez un siège, je vous en prie.
Je n'avais pas vraiment envie. Nous allions parler de choses qui m'effrayaient un peu. Durant tout le rangement du bureau, j'avais essayé de ne pas penser aux problèmes financiers de mon frère. Problèmes dont j'héritais désormais. Fébrile et tremblant je m'asseyais, absolument pas prêt pour la suite.
- Comme je vous le disais, votre frère à contracter quelques crédits. Voici les différents dossiers avec les montants et les dates de prélèvement.
Il me tendit trois dossiers. J'ouvris le premier, il concernait la voiture de mon frère, voiture qui était désormais bonne pour la casse. Il y en avait encore pour deux ans de prélèvement. trois ans pour la voiture de Jenna et quinze ans pour la maison. Je fermai les yeux. Comment j'allais m'en sortir ?
- Monsieur Masen, je vous laisse prendre connaissance de tout cela, d'accuser le coup également. Ensuite, la semaine prochaine si vous êtes d'accord, nous allons trouver un accord et une solution. Vous êtes client chez nous ?
- Oui.
- Parfait, cela sera plus simple. Je m'occuperai personnellement de vous.
Génial !
- Merci.
- Vous avez actuellement des prêts ?
- Non. Mais les funérailles m'ont prit toutes mes économies.
- Je vois. Quand seriez-vous libre ?
- Euh... je ne sais pas trop. Un matin quand les enfants sont à l'école.
- Mercredi prochain ? À 9h ?
- Oui d'accord.
- Tenez, voici ma carte si jamais quelque chose vous empêche de venir. N'hésitez pas.
- Très bien, merci.
- Je vous en prie. Je vous raccompagne.
Je me levai après avoir hoché la tête. J'attrapai le carton d'affaires de mon frère et suivis le directeur hors de son bureau. Je ne pris pas la peine de dire au revoir à la blonde, même si elle affichait un air déçu. En revanche, je fis un signe d'au revoir à la réceptionniste à l'entrée de la banque. Elle rougit furieusement avant de sourire timidement. Au moins j'aurai égayé la journée de quelqu'un. Après une poignée de main avec le directeur, je retournai à la voiture. Il restait une heure avant d'aller récupérer les enfants.
Installé dans la voiture j'ouvris une nouvelle fois les dossiers, ça ressemblait à du suicide de faire ça. 190 dollars pour une voiture fichue en l'air, 150 pour celle de Jenna, 360 pour la maison. 700 par mois en plus de l'eau, l'électricité, internet, téléphone, les taxes sur la maison, les assurances, l'école des enfants, l'essence, les courses,... j'avais encore le loyer de mon appartement et mes propre factures.
Soupirant de dépit et angoissé par ma perspective d'avenir plus qu'incertain, je démarrai la voiture pour aller tranquillement à la maison. Il allait falloir que je rende mon appartement. Ca me soulagera déjà d'un poids, je n'aurai plus de facture me concernant directement. Déménager chez mon frère était la solution la plus évidente et simple pour moi là maintenant.
- Edward Masen ?
Sortant de mes pensées, je tournai la tête vers la femme, en tailleur qui m'avait interpellé. C'était quoi ça encore ?! Je fermai la voiture avant de me tourner vers elle en fronçant les sourcils.
- Oui.
- Bonjour, je me présente, Maria Silva. Je suis l'assistante sociale qui va suivre votre dossier.
Putain de merde c'est une blague ?
- Je n'ai rien demandé.
- Je le sais mais c'est une formalité. Pouvons-nous entrer pour en discuter ?
- Si je dis non ?
- Ne partons pas d'un mauvais pied. Je suis là pour vous aider.
Bordel ! Résigné encore une fois j'allai ouvrir la maison et l'invitai à entrer.
- Je dois aller chercher les enfants dans trente minutes.
- Je serai rapide.
J'allai dans la cuisine et lui présentai un siège avant de m'installer face à elle.
- Je vous écoute.
- Je suis là dans l'intérêt des enfants, monsieur Masen.
- Je m'occupe d'eux.
- Oui mais ils ont subi une violente perte...
- Je le sais parfaitement oui.
- Monsieur, je comprends que vous soyez hostile mais nos services sont là pour vous accompagner. Vous êtes cuisinier n'est-ce pas ?
- Chef oui. Pourquoi ?
- Ce sont des horaires difficiles, qui sera avec les enfants pendant ce temps-là ? Ils sont beaucoup trop jeunes pour être seuls.
- Je le sais, je suis encore en congé, d'ici là j'aurai une nourrice.
Elle nota, je ne sais quoi sur un calepin en hochant la tête.
- Vous ne m'enlèverez pas les enfants. Je sais m'occuper d'eux, je suis leur oncle, je les ai vus naître et grandir. Je les aime et je ferai tout pour leur bien. Je ne les abandonnerai pas. Je suis leur seule famille.
- Vous êtes jeune, avec un métier difficile et exigeant, vous êtes marié ? En couple ?
- Non.
- Vous pouvez compter sur quelqu'un ?
- Je répète, vous ne m'enlèverez pas Max et Marie. Je sais comment ça marche, je suis orphelin. J'ai passé mon enfance et mon adolescence en foyer avec mon frère. Hors de question que mon neveu et ma nièce soient envoyés là-bas !
- Ce que je vous propose pour le moment c'est un suivi. Je viendrai tous les quinze jours, je parlerai avec vous, avec les enfants, je viendrai ici afin de voir l'environnement de vie des enfants, je parlerai avec les institutrices de l'école...
- Je serai à la hauteur !
- C'est tout ce que je souhaite, monsieur. Puis-je voir les enfants aujourd'hui ?
- Ils sont à l'école.
- Je peux repasser dans l'après midi.
- Ce n'est pas une question n'est-ce pas.
- Effectivement. Je passerai vers 16h.
Je n'ajoutai rien, je n'avais rien à dire. J'étais en colère, il valait mieux que je me taise.
- Je ne suis pas votre ennemie, monsieur Masen. Je suis là pour vous aider et pour le bien-être de deux enfants qui viennent de perdre leurs parents. Il vaudrait mieux que nous travaillons ensemble plutôt que l'un contre l'autre.
- Je ne veux juste pas qu'on m'enlève les enfants. Mon frère n'aimerait pas ça !
- Nous allons tout faire pour que les enfants restent dans leur environnement. C'est ce que je souhaite en tout cas, ce n'est pas dans leur intérêt de quitter leur foyer et leur oncle. Je suis entièrement d'accord avec vous. Puis-je faire une visite de la maison ?
- Oui.
Je me levai, je n'avais rien à cacher et la maison était propre et rangée. Pièce par pièce elle se promena dans la maison, notant à chaque fois je ne sais quoi sur son calepin. Arrivés aux chambres, elle se tourna vers moi.
- Comment se passe les nuits ?
- Bien dans l'ensemble. Ça dépend en fait.
- Comment dorment-ils ? Chacun dans leur lit ?
- Non. Ils s'endorment ensemble dans ma chambre, souvent je reste avec eux jusqu'à ce qu'ils dorment, ensuite je les couche chacun dans leur lit.
- Ils se réveillent la nuit ?
- Pas systématiquement non. Si oui, j'arrive à les rendormir sans les faire revenir dans mon lit.
- Et avec la petite fille ?
- Avec Marie ?
- Vous dormez avec elle ? Vous la douchez vous-même ?
- Elle s'endort avec moi et Max et pour la douche bien...
Je me redressai, je venais de comprendre. Droit sur mes jambes, les poings serrés contre mes cuisses, je fusillai du regard cette pauvre conne. Avec tout le contrôle dont j'étais capable je repris la parole.
- Jamais, vous m'entendez, jamais je ne toucherais à Marie ! C'est ignoble ce que vous insinuez ! C'est ma nièce bordel !
- Monsieur, ce sont des choses que, hélas, je vois dans mon métier. Je me dois de surveiller cela.
- Je ne suis pas ce genre de personnes ! Je dois faire quoi ? Arrêter de la doucher pour vous rassurer sur le fait que je n'abuse pas de ma nièce ? Que j'arrête de la prendre dans mes bras pour un câlin ? Que j'arrête de lui faire des bisous, que j'arrête de jouer avec elle ? C'est quoi le délire putain de merde !
- Il y a différent type d'affection...
- Mon amour pour ces enfants n'est pas malsain ! C'est surréaliste bon dieu !
Je frottai mon visage de mes mains. Mais qu'est-ce que j'avais fait pour mériter toute cette merde !?
- Il faut que j'aille les chercher à l'école. Alors si vous voulez bien...
Tout en disant ça je désignai l'escalier qui menait à la sortie. Elle referma son calepin en hochant la tête avant de s'engager sur les premières marches. Résistant à toute forme d'impulsion comme la pousser dans les escaliers, je la suivis sagement pour aller enfin ouvrir la porte d'entrée.
- Je reviens vers 16h.
- Ouais.
- Soyez-là s'il vous plaît.
- Oui.
- Bien à tout à l'heure.
Bon casse toi putain ! Elle finit par s'avancer dans l'allée de la maison, je n'attendis pas qu'elle soit hors de ma vue pour refermer la porte. Je poussai un cri de rage, c'était du délire total ! La banque, les dettes et maintenant ça ? Je ne me laisserai pas faire, on ne m'enlèvera pas les enfants !
Après un bon moment à recouvrer mon calme, j'attrapai mes clefs, une veste et partis pour aller chercher Max et Marie à l'école. J'espérais de tout mon cœur que la matinée s'était bien passée pour eux, sinon j'allais faire un massacre ! Arrivé devant l'école, je mettais des œillères afin d'éviter de croiser les regards insistants et emplis de pitié des parents ou de n'importe qui d'ailleurs. Qu'ils aillent tous se faire voir !
Dès que le portail s'ouvrit, je fus l'un des premiers à s'engouffrer dans la cour et je fonçai vers la classe de Marie. Cette dernière avait son doudou dans les bras, son pouce dans sa bouche et me fit un coucou plutôt mou. Elle était fatiguée. En me voyant, sa maîtresse s'avança vers moi.
- Bonjour. Comment s'est passée la matinée ?
- Plutôt bien. Elle vous a beaucoup réclamé, elle voulait son frère aussi. Mais c'est à peu près tout.
- Pas de larme ?
- Non.
- Très bien merci. Elle vous a parlé ?
- Elle pense que ses parents sont en vacances...
- Je sais, j'ai beau lui dire que non, sans être brutal, elle pense toujours qu'ils vont revenir.
- Continuez comme ça. Elle se rendra compte bien assez tôt de la réalité. Elle est petite encore, la mort est abstraite.
- Je sais oui. Merci en tout cas.
- De rien. Marie ? Tu prends tes affaires ? Tu vas rentrer avec ton oncle.
Toute heureuse et impatiente, Marie sauta de sa chaise pour venir me rejoindre. Elle me tendit les bras, je la pris contre moi et elle se serra à mon cou.
- Salut, princesse.
- Coucou, tonton.
- On va chercher Max ? Et on rentre.
- Oui.
J'attrapai son sac et après avoir salué la maîtresse, je partis vers la classe de Max. Comme pour sa sœur, je commençai par discuter avec son institutrice.
- Comment a été la matinée ?
- Difficile. Il s'est battu...
- Battu ? Max ? Mais il n'a pas un gramme de violence !
- Je sais, c'est pour ça que je ne lui en tiens pas trop rigueur. J'ai été obligé de le punir bien sûr, mais je sais que les circonstances sont difficiles.
- Qu'est-ce qui s'est passé ?
- Je crois qu'on lui a parlé de ses parents. Il a refusé de trop m'en dire. Mais l'autre enfant a dit qu'il avait « fait une blague ».
- Je vois. Je vais essayer de lui parler. Est-ce qu'ils se sont faits mal ?
- Non. Rien de grave.
- D'accord. Sinon, mise à part ça ?
- Il réagit comme un enfant qui vient de perdre ses parents.
- Oui. Une assistante sociale est venue chez moi...
- C'est la procédure normale. Ne vous inquiétez pas, je ne pense pas qu'ils vous embêtent longtemps.
- Je n'en suis pas si sûr. Enfin on verra. Je vous remercie. Demain je ne les mettrai que le matin, comme aujourd'hui.
- Très bien. Bonne journée. Max ? Tu viens ?
Mon petit gars avança vers moi, la tête baissée en traînant des pieds. Marie le regarda et lui fit signe de la main.
- Max, coucou.
- Salut... Coucou, tonton.
- Salut, mon grand. On y va ?
- Oui. Au revoir, maîtresse.
- A demain, Max.
J'attrapai son sac et nous prîmes le chemin de la sortie.
- Tu vas me punir, tonton ?
- Parce que tu t'es battu ?
- Ouais...
- Non. Je sais que tu regrettes et que tu sais que c'est mal. N'est-ce pas ?
- Oui... mais il a dit que papa et maman étaient morts parce qu'ils en avaient marre de moi.
Je m'arrêtai, sidéré par ce qu'il venait de me dire. Il avait eu raison de le cogner ce petit merdeux ! Bien sûr je ne lui dirai pas.
- Max, tu sais que c'est faux n'est-ce pas ? Tu sais que ton papa et ta maman t'aimaient fort !?
- Ouais mais...
- C'était un petit con ! La prochaine fois, essaye de l'ignorer. La violence, ce n'est pas bien.
- Oui. Je veux rentrer, tonton.
- Oui, on va rester tous les trois. On va manger et ça vous dit de faire des crêpes pour le goûter ?
Les enfants retrouvèrent le sourire à cette idée, pour cette fois du moins.
Voilà tout le monde.
A la semaine prochaine.
J'ai hâte de lire vos avis sur ce deuxième chapitre !
A très vite
Bises
Lexi
