Bonjour !

Désolée du retard (merci au boulot qui me fait finir à 00h00) mais je suis làààà !

Je m'excuse aussi pour ne pas avoir répondu à toutes les reviews...

Mais mille merci !

Merci aussi à mon correcteur pour son travail.

Je vous souhaite une bonne journée et une bonne lecture !

bise !


- Edward Masten ?

- Masen, Madame.

- Oui. Bien suivez-moi.

Je soupirai et me levai de la chaise sur laquelle j'étais assis depuis plus d'une demi-heure. Bien heureux de sortir de cette salle d'attente surchauffée, triste et nauséabonde, je suivis d'un pas lent et forcé, la vieille femme qui marchait devant moi jusqu'à son bureau. J'avais rendez-vous avec cette femme afin qu'elle me propose différentes offres d'emploi. Nous étions mi-Avril, et je n'avais toujours pas trouvé de travail. La situation devenait urgente.

Grâce à l'assistante sociale, je bénéficiais d'aides sociales qui me permettaient de joindre les deux bouts. C'est aussi cette chère Madame Silva qui m'avait mis en relation avec mon rendez-vous d'aujourd'hui. C'était une amie à elle et visiblement certaines offres pourraient m'intéresser. Je n'avais pas le choix. Quoi que ce soit, je devais dire oui.J'étais parti de la maison dans l'idée que j'allais dire oui à tout, absolument tout.

- Prenez un siège monsieur, je vous en prie.

- Merci.

- Alors comment allez-vous ?

- Euh... bien merci. J'ai hâte d'entendre vos propositions d'emploi.

- Ma proposition d'emploi et je doute qu'elle vous convienne, monsieur Marven.

- Masen. Proposez toujours. Je suis prêt à tout.

- Maria m'a dit que cela était urgent, mais que vous aviez des enfants à charge.

- C'est cela.

- L'offre propose des heures de travail entre 8h et 20h, à vous de vous arranger avec votre employeur pour votre emploi du temps.

- Ça semble parfait. Et les week-ends ?

- Non travaillés.

- Fantastique ! Dites-moi de quoi il s'agit.

Pour les horaires, je pourrai m'en sortir. Si j'ai un travail, je pense qu'il serait jouable de laisser les enfants à la garderie un peu le matin et un peu le soir. Ce boulot avait, sur les grandes lignes, l'air idéal.

- C'est dans une université.

- Dites-moi.

- Pour faire le ménage.

Je ne répondis pas. Passer de chef cuisinier à homme de ménage ? C'était un gros changement et mon orgueil et ma fierté en prenaient un coup.

- Monsieur Marden, j'imagine bien que ce travail ne vous convient pas. Cependant je vous assure que...

- Il n'y a pas de sous métier. J'accepte. Je dois travailler et c'est le seul travail qui s'offre à moi. Je ne peux pas me permettre d'attendre autre chose. Je suis lucide, je n'aurai pas la chance de trouver une place comme celle que j'avais avant.

- Vous êtes sûr ?

- Parfaitement oui. J'ai deux jeunes enfants à élever. Il me faut un salaire pour pouvoir vivre. Si je dois faire du ménage pour être certain d'avoir la garde des petits, alors je le ferai.

- Très bien, alors je vais prévenir l'entreprise de nettoyage. Ils vont sûrement vouloir vous recevoir en entretien.

- Parfait. Et c'est Masen ! M.A.S.E.N. Edward Masen. Merci.

La vieille dame m'observa avec étonnement avant de hocher la tête et de se saisir de son téléphone filaire. Qui utilisait encore ce genre d'antiquité ? Je dissimulai mon sourire alors qu'elle engageait la conversation avec son interlocuteur. Lorsqu'elle raccrocha, elle me sourit en se frottant les mains.

- Bien, monsieur... ils acceptent de vous recevoir en entretien. À 14h cet après-midi même. Est-ce que cela vous convient ?

- Tout à fait, c'est parfait merci.

- Je vais les rappeler pour confirmer votre rendez-vous. Munissez-vous de votre CV, d'une lettre de motivation et présentez-vous à cette adresse.

Elle me tendit un bout de papier avec une adresse dans le centre ville. Très bien, il était 10h, j'avais le temps de récupérer les enfants, leur faire à manger et y aller. Ma lettre et mon CV étaient prêts. La motivation, je l'avais, bon faire du ménage n'était pas mon rêve, mais j'étais motivé à travailler, pour les enfants. Après plusieurs remerciements à cette vieille dame amusante, je quittai son bureau. C'était peut-être le début d'une amélioration dans ma nouvelle vie de merde.

14h30. Je sortais de mon entretien, j'avais le travail. J'étais soulagé, j'aurai un salaire, une occupation et surtout, je pourrai garder les enfants. J'avais négocié pour mon contrat, je commencerai à 9h et terminerai à 18h. Je pourrai donc emmener les enfant le matin à l'école et les laisser à la garderie le soir. Le plus était que j'avais tous mes week-ends et j'aurai les vacances scolaires. C'était vraiment parfait.

Je commençais demain, avec deux jours de formation. Bien sûr, je n'aurai pas le salaire que j'avais en tant que cuisinier mais c'était bien mieux que ma situation actuelle. Content de moi, je sortis mon portable et envoyai un message à madame Silva, l'assistante sociale. C'est un peu grâce à elle que j'avais ce travail.

Voyant qu'il me restait encore du temps avant d'aller chercher les enfants à l'école, je décidai d'aller faire un tour du côté du restaurant. J'étais juste à côté et James et Ben devrait avoir terminé à cette heure-là. Depuis mon licenciement, je ne les avais pas beaucoup vus, ni eus beaucoup de nouvelles, mais ils me manquaient. Passant par la petite cour à l'arrière du restaurant, j'entrai dans la cuisine immaculée. Seul le chef et ses chefs de partie étaient là, réunis autour d'une table, penchés sur un carnet.

- Nouvelle carte en vue ?

Tous se relevèrent et des sourires se formaient sur leur visage. Je fus même accueilli par un « Bonjour, Chef » général.

- Arrêtez, je ne suis plus chef. Je dérange ?

- Non arrête, tu es chez toi. Comment tu vas ?

Ben s'était avancé vers moi et me prit dans ses bras, je lui rendis son étreinte.

- Je m'en sors. Et toi ? Je suis désolé, je ne donne pas souvent de nouvelles.

- Te tracasse pas avec ça. Tu veux un verre ?

- Pourquoi pas oui.

- Barry, va chercher deux bouteilles de blanc, Chardonnay de préférence ! Merci.

Je souris et Barry, qui était le meilleur œnologue de la ville, s'en alla en réserve après m'avoir fait un clin d'œil. J'allai saluer tous les autres en terminant par James à qui je fis une accolade.

- Alors quoi de neuf ici ? Nouvelle carte ou mutinerie ?

- Nouvelle carte seulement. On est pas encore d'accord sur la mutinerie.

Je souris et Barry arriva avec le vin. James alla chercher des verres pour nous tous et notre expert nous versa le liquide clair et fruité avant que l'on trinque tous ensemble.

- Ce vin est délicieux !

- N'est-ce pas ? On cherche des plats autour de cette merveille ! Alors quoi de neuf pour toi ?

- Je m'occupe des enfants, de la maison... je viens de trouver un boulot. C'est franchement pas le plan de carrière que j'envisageais, mais il faut que je bosse.

- Tu as trouvé dans quoi ?

- Ne riez pas, mais je vais faire du ménage dans une université.

Ben jura, James secoua la tête en fronçant les sourcils et les autres avaient la tête baissée. C'est mon meilleur ami qui prit la parole.

- Tu mérites tellement mieux ! C'est n'importe quoi ! Tu as un don en cuisine !

- Je sais, Ben, mais j'ai aussi hérité de deux gamins, d'une maison, et de dettes pour les cinquante prochaines années. Je ne peux pas attendre que le job de mes rêves me tombe dessus. Max et Marie sont ma priorité et si je ne veux pas les perdre, alors je dois avoir un salaire. La cuisine en ce moment ce n'est pas possible.

- Je te comprends mais... putain c'est injuste, merde !

- Ouais. Crois-moi, j'aurais aussi préféré que mon frère soit vivant.

Mon ami hocha la tête et James prit la parole.

- Et comment vont les enfants ?

- Je crois que ça va. Max s'est un peu renfermé à l'école, il a perdu quelques copains. Marie fait des dessins pour ses parents, à l'adresse du paradis. Elle est mignonne.

- Ils en parlent souvent ?

- Surtout des réflexions comme « papa il faisait pas comme ça » « Maman elle disait ça. » après non, je ne leur en parle pas s'ils ne viennent pas d'eux-mêmes.

- Et l'enquête ?

- Toujours en cours. Je n'ai pas trop de nouvelle. En fait, je n'attends pas grand chose. Quoi qu'on trouve, ça ne les ramènera pas.

- C'est sûr. Et toi ? Tu as l'air crevé, tu n'as pas bonne mine.

- Merci, un compliment fait toujours plaisir.

Je souris en coin avant de boire une gorgée de vin et de répondre.

- Je dors mal et peu. Je pense à plein de choses et surtout à l'avenir. Mon frère me manque, ma vie d'avant me manque. Je suis en colère mais... je ne peux rien faire pour changer ça. Je suis impuissant.

- Tu as un boulot. Ça va changer pour toi. C'est pas le top, mais c'est du provisoire, rien n'est définitif.

- Amen, James !

Je trinquai avec lui et Ben reprit la parole.

- Ed, ça te dirait de nous donner un coup de main pour le menu ? Ça va te changer les idées.

- Pourquoi pas oui. Dites-moi où vous en êtes.

Nous nous tournâmes tous vers le carnet du chef. Ben me présenta leurs idées, et comme au bon vieux temps, nous fîmes quelques hypothèses et suggestions. Même si au fond de moi je savais que je m'infligeais une douce torture en mémoire du passé, m'occuper l'esprit de la sorte, renouer pour un bref instant avec ma passion, me fit un bien fou. Pendant presque 1h30 je restai en ces lieux d'un temps révolu pour moi, avec une équipe qui me manquait cruellement. Mais ce temps passé avec eux, me mit du baume au cœur et me conforta dans l'idée qu'un jour je reviendrai à cette vie.

Après ce petit intermède cuisine et vie antérieure, je pris la direction de l'école. Il était temps que je récupère mes deux petits monstres. J'arrivai pile au moment où la cloche sonnait. Après avoir récupéré les petits Masen, nous rentrâmes à la maison où je préparai avec eux le goûter.

- J'ai une bonne nouvelle. J'ai trouvé un travail !

Max me regarda un peu affolé.

- Tu vas plus t'occuper de nous ?

- Si bien sûr que si ! Mais pendant que vous serez à l'école moi je gagnerai des sous. Peut-être qu'il faudra juste que vous restiez un peu à la garderie le soir. Mais c'est tout. Sinon je serai avec vous les week-ends et les vacances aussi.

- On aura pas de nounou ?

- Non. Sauf si j'ai un gros problème mais normalement non.

- Alors c'est bien ?

- Très bien oui. Et comme ça je ne reste pas tout seul à la maison à attendre que le temps passe.

- Ok. Tu promets ?

- Oui. Juré.

- C'est quand ?

- Demain c'est mon premier jour.

Max hocha la tête. Encore un changement pour eux, mais c'était pour le bien de nous trois.

- Bon, les poulets ! Si vous êtes sages, que toi Max, tu fais bien tes devoirs et que toi Marie tu ne fais pas de caprice pour le bain, et bien on dînera devant la télé !

- Avec la télé allumée ?

Je regardai mon neveu en haussant les sourcils.

- Non, on va manger en regardant un écran noir ! Trop top hein ?

Je levai les pouces et Max secoua la tête en souriant. Marie y mit son grain de sel.

- Pfff, Max... t'es bête !

Elle se mit à glousser et son frère en sourit, pas vexé pour le moins du monde. Le goûter avalé, Marie s'occupa avec ses jouets pendant que je m'occupai des devoirs avec son frère. Étonnement, tout se passa dans une rapidité et une simplicité légendaire ! Pareil pour les douches, tout se passa dans la bonne humeur. Après avoir établi le menu, une fois que les enfants mirent « la table » devant la télé et nous nous mîmes tous d'accord pour regarder « Raiponce ». Même si je dus répéter environs six cent fois « les enfants, mangez ! » à cause de leur captivité par le dessin animé, nous passâmes une bonne soirée. Si bien qu'au moment du coucher, ils s'endormirent à peine la tête posée sur l'oreiller.

Le lendemain matin, je me réveillai un peu stressée. Nouvelle journée, nouveau travail, nouveaux obstacles. Sans montrer ma nervosité aux enfants, je les préparai pour l'école. Lorsque je les déposai, Max me serra contre lui, embrassa ma joue et me chuchota un « Bonne chance, tonton » qui me réchauffa le cœur. Le sourire aux lèvres, je pris la direction de l'université où j'allais désormais travailler.

Après un accueil ni des plus chaleureux, ni des plus glacial, on m'expliqua le déroulement de la journée. On me présenta Irène, ma formatrice et nouvelle collègue. C'était une femme d'une quarantaine d'année environ, petite, toute maigre et avec quelques mèches grises dans ses cheveux noirs. Son visage était accueillant et souriant et alors que je lui tendis la main pour la saluer elle me prit dans ses bras en me tapotant le dos et ne me lançant un « bienvenue, mon grand » des plus chaleureux. Seul avec elle, elle commença à me montrer mon nouvel environnement.

La matinée passa rapidement. Je serai affecté dans la partie ingénierie de l'université. Le boulot ne me paraissait pas insurmontable, j'avais connu bien plus intense comme boulot. La pression serait nettement moins élevé. Je pense même que j'allais m'ennuyer. Lorsque nous arrivâmes à la salle de pause, nous y trouvâmes un homme, d'environ mon âge. Lorsqu'il tourna la tête vers nous, un sourire éclaira son visage et il se leva en avançant les bras tendus vers Irène. Ce type était immense ! Du haut des mes 1m87 je me sentais tout petit.

- Irène ! L'amour de ma vie !

- Oh arrête tes bêtises tu veux... comment tu vas ?

Après une petite étreinte, le géant lâcha la toute frêle Irène tout en haussant les épaules.

- Comme d'habitude. Et toi ?

- Super. Je te présente Edward, il va travailler avec moi. C'est son premier jour, je lui fais visiter les lieux.

- Oh bienvenue !

Il me tendit sa grande main et serra la mienne avec fermeté mais sans aucune animosité.

- Merci.

- Je suis Jacob. Mais appelle-moi Jack. Je suis de la maintenance. Je répare toutes les conneries de nos chers étudiants !

- Donc ça ne s'arrête jamais.

- Un puit sans fond ouais.

Je souris et il nous invita à nous asseoir.

- Un café ?

- Nous avons bien cinq minutes, n'est-ce pas, Edward ?

- C'est toi le chef, Irène.

Elle rougit et Jacob leva les pouces vers moi avec un grand sourire. Irène finit par secouer la tête et déclara qu'elle allait chercher la cafetière.

- Alors, Edward, qu'est-ce qui t'amène chez nous ?

- Le besoin de travailler.

- Nous en sommes tous à ce point. Mais tu verras, c'est plutôt cool. Enfin le ménage c'est chiant, mais les gens sont sympas. Les profs, la direction... le reste du personnel.

- Les étudiants ?

- Des petits cons ! Enfin pas tous mais la grande majorité. Ils font des études supérieures, ils sont censés être brillants... mais le respect ils ne connaissent pas ou très peu. T'es du coin ?

- Ouais, j'ai toujours vécu ici. Et toi ?

- Je viens d'un petit bled à 3h d'ici. Je voulais la vie citadine.

- Et le job ?

- Oh, ça me convient. Bon je préfère la mécanique, mais ici... ça reste du bricolage. C'est pas trop mal.

- Voyons l'université comme le moteur géant d'une superbe voiture !

Jack claqua dans ses mains, le sourire ne le quittait jamais, mais il s'étendit sur son visage.

- Je t'aime bien, Edward ! On se comprend ! Merci, Irène.

Elle venait de nous rejoindre avec des tasses et la cafetière. Jacob alla chercher le sucre et le lait. Puis chacun se servit.

- Tu verras, Edward, Irène est la personne la plus gentille du monde ! Tu es bien tombé avec elle.

- Tu verras aussi que Jacob en fait des tonnes.

- Je sais que tu m'aimes.

- C'est le plus triste. Mon mari se pose des questions parfois !

Jacob ricana avant de boire de son café.

- Et toi, Edward ? Tu es marié ?

- Du tout non. Et ce n'est pas dans mes projets.

- Une copine ?

- Non... c'est pas le projet non plus.

- Tu es gay ?

- Non plus, non.

Je souris gêné, je ne voulais pas trop parler de ma vie personnelle pour le moment. C'était trop récent et trop douloureux.

- Laisse-le tranquille, Jake, tu vas lui faire peur et il va partir.

- Désolé, Edward.

Je secouai la tête.

- Pas de problème.

- On y retourne, Edward ? Il faut qu'on aille faire ton badge.

- Allons-y. Jacob, à plus tard.

- Oui, à bientôt, Edward.

Il me serra la main avec un nouveau sourire et je suivis Irène à travers les couloirs de l'université. La journée se termina sans événement majeur, encore des explications, des visites et des papiers. La seule chose qui m'importait était mon emploi de temps. Je commençais tous les matins à 9h et terminais à 19h. C'était parfait pour les enfants. Aujourd'hui j'avais fini tôt, et j'allais être à l'heure pour la sortie de l'école. Après avoir remercié Irène pour la journée je me dépêchai d'aller chercher les enfants.

- Hey, tonton ! Tu as déjà fini le travail ?

- Oui, j'ai fini tôt. Ça va, poulet ?

Je pris Max dans mes bras pour un câlin et un bisou.

- Oui très bien. Et toi ? C'était bien ? Ils ont été gentils ?

- Super gentils. Ne t'inquiète pas pour moi. Ça va être bien. On va chercher ta sœur ?

- On est vraiment obligé ?

Je souris et embrassai sa joue avant de le reposer par terre. Ensemble nous allâmes chercher Marie puis nous rentrâmes à la maison. La routine de l'après école se déroula, devoir, douche, dîner, histoire et bisou de bonne nuit. Après un peu de rangement et quelques préparatifs pour demain matin, je montai me coucher. Je me sentais fatigué, je m'endormis vite mais ma nuit fut peuplée de cauchemars plus angoissants les uns que les autres... je passai ma nuit à rêver que j'avais tué mon frère. C'était assez récurent comme rêve.

Mon deuxième jour de travail se passa tout aussi bien que le premier. Je passai la journée avec Irène, nous faisions le ménage dans le secteur qui sera le mien. Elle voulait me familiariser avec mon futur environnement. J'apprenais les différentes techniques pour passer le balai avec efficacité et rapidité. Tout en nettoyant une salle de cours, je ricanai bêtement... Si Anthony pouvait me voir à l'heure actuelle, je pense qu'il serait mort de rire. Il m'aurait charrié jusqu'à la fin des temps avec ça.

- Alors, Edward ça gaze ?

Je levai le nez, littéralement, vers Jacob qui venait d'entrer dans la pièce, une ceinture pleine d'outils à la taille. Il sourit tout en relevant ses manches jusqu'à ses coudes.

- Salut, Jack. Tu dois toutes les faire tomber avec cette allure !

- Je fais ce que je peux. Comment ça se passe ?

- C'est cool. Ça va merci.

- Où est Irène ?

- Juste à côté.

- Parfait merci. Qu'est-ce qui te faisait sourire ?

- Je pensais à mon frère et à sa réaction s'il me voyait faire ce que je fais là. Il se moquerait de moi et serait mort de rire.

Jacob sourit et passa sa main dans ses cheveux avant de regarder l'heure à sa montre.

- Je sais ce que c'est... j'ai quatre sœurs ! Je suis le petit dernier.

- Quatre sœurs ? Mon pauvre !

- Elles ont passé leur temps à me déguiser en fille et m'ont forcé à jouer à leurs jeux. Elles s'étonnent qu'avec tout ce qu'elles ont fait, je ne suis pas devenu gay.

- Il est encore temps de faire ton coming out.

- Bien, Edward... c'était cool de parler avec toi, mais j'ai du boulot !

Je ris et après un énième sourire, Jacob sortit de la classe et d'après le cri de peur d'Irène et les rires de Jacob qui me parvenaient, j'en déduisai qu'il était dans la pièce d'à côté. Souriant et en secouant la tête je terminai ma tâche et rassemblai mes affaires quand deux femmes entrèrent dans la pièce.

La première, était jeune mais je la voyais mal, elle était au téléphone et me tournait le dos. La seconde, la plus âgé, quarante ans minimum, avait tout à fait l'allure d'une prof. Chemisier blanc rentré dans un pantalon de tailleur parfaitement cintré avec des escarpins. Elle avait dans une main une mallette en cuir et dans l'autre un tas de papiers qu'elle laissa tomber lourdement sur le bureau. Quand elle leva le visage vers moi, tout en remettant ses cheveux impeccablement brushé, elle me sourit avec étonnement. Elle était très classe, je pense qu'elle devait être une prof cool, le genre que l'on respecte et avec qui on aime avoir cours.

- Jeune homme vous êtes en avance, le cour commence dans vingt minutes.

Je haussai les sourcils et eus le réflexe très con de regarder autour de moi.

- Euh non... je fais le ménage, madame. J'ai fini.

Son visage montra la surprise.

- Oh pardon, comme je viens de voir Irène, j'ai pensé que le chariot devant était à elle.

- Il n'y a pas de mal. Je me dépêche.

- Prenez votre temps.

Elle me sourit et je me remis à ma tâche.

- Bon ! J'ai réussi à convaincre papa et s'est arrangé ! Nous serons tous là !

- Oh ,ma chérie c'est formidable ! Merci !

La prof serra dans ses bras une jeune fille, celle qui était entrée avec elle au téléphone. Ses cheveux, d'un châtain très clair, étaient attachés dans une queue de cheval, dégageant son visage fin et ovale. Je ne voyais pas bien la couleur de ses yeux, mais ils avait l'air clairs et captivants, son sourire était adorable et contagieux. Elle était plutôt grande, je ne devais pas la dépasser de beaucoup. C'était assez inhabituelle.

- Ce n'est rien. Bon je dois te laisser, je vais être en retard.

- Oui, oui file. Bon courage.

- Merci.

Elles s'embrassèrent et seule la prof resta dans la pièce avec moi. Si j'avais été dans ma vie d'avant, je pense que j'aurais couru après cette fille, j'aurais essayer d'en savoir plus sur elle. Mais là... rien. C'était une fille parmi d'autres et j'avais d'autres priorités.

Ramenant mes affaires à mon chariot, j'entendis le rire d'Irène, je tournai la tête vers elle, persuadé que c'était encore Jacob qui la taquinait. Mais non, c'était encore cette fille. Irène croisa mon regard, regard que je détournai aussitôt pour continuer mon travail.

- Edward, désolé de t'avoir abandonné pour la classe.

Je relevai la tête, Irène s'était approchée. Je secouai la tête avec un demi sourire.

- Ce n'est rien, je m'en suis sorti. Comme un grand.

Elle rit et se tourna vers la fille.

- Je te présente Edward, il hérite du quartier et me sauve de la surcharge de travail !

- Il était temps qu'ils réalise que tu n'étais pas un robot !

- Comme tu dis. Edward, voici Isabella. Je l'ai vu courir dans ses couloirs quand elle était haute comme trois pommes !

Isabella... je la saluai d'un hochement de tête, elle devait faire facilement 1m80. Ses yeux n'étaient pas si incroyables que je l'avais envisagé, ils étaient simplement marron. Pourtant dans l'autre pièce, j'aurais juré les voir bien plus clairs et d'une autre couleur. Tant pis.

- Enchantée. Je dois vraiment y aller, je vais devoir courir pour être à l'heure.

Elle embrassa la joue d'Irène et après un signe de la tête vers moi elle partit à grand pas vers la sortie. Irène reprit la parole.

- Tu as rencontré le professeur Cullen ?

- Qui ?

Elle désigna du menton la salle de classe que je venais de nettoyer.

- Rapidement. Elle m'a prit pour un élève.

- C'est elle la directrice du département. Elle enseigne l'ingénierie architectural. C'est une personne formidable !

- Elle a l'air gentille.

- Tu peux te fier à elle si besoin.

- Ok.

Je ne voyais pas trop pourquoi j'aurais besoin d'elle. Tout le reste de la journée se passa au même rythme. Je commençais déjà à m'ennuyer, j'avais l'impression d'être un robot. Heureusement, je rentrais chez moi, j'étais passé chercher les enfants à la garderie. Max avait détesté la garderie, il n'avait pas aimer faire ses devoirs avec quelqu'un d'autre que moi. Ça m'avait fait sourire. Marie, elle, avait bien aimé mais ses jouets lui avaient manqué. Je me dépêchai de donner les douches, puis de faire à manger. Une fois les enfants endormis, je me laissai tomber dans le canapé. J'étais vanné ! Complètement mort de cette journée. Il allait falloir que je prenne le rythme.

Trouvant le courage de me lever, après une bonne demi-heure assis le regard dans le vide, je fis le tour de la maison afin de fermer portes et volets. J'allai ensuite prendre une douche mais au lieu d'aller directement dans ma chambre, je m'aventurai jusqu'à celle de mon frère et de Jenna. Je n'y étais pas entré depuis leur mort, je n'avais pas eu le courage. Les enfants non plus n'avaient pas ouvert cette porte depuis leur départ. Prenant une profonde inspiration, j'ouvris la porte et allumai la lumière.

La pièce était assez en désordre. Sur le lit, il y avait le vieux jogging d'Anthony. J'imagine qu'il avait enfilé son beau costume seulement cinq minutes avant de partir. Par terre il y avait une paire de chaussettes, sûrement saleq. Dépassant de sous l'oreiller du lit défait, je pouvais voir le t-shirt que mon frère qu'il mettait la nuit. Du côté de Jenna, il y avait aussi un jeans et un chemisier, mais ils étaient posés sur une chaise près de sa commode. Je reconnaissais bien là les habitudes bordéliques de mon frère contre celles organisées de ma belle-sœur.

Voir cette pièce restée intacte, avec leurs affaires, et sentir leur parfum me noua l'estomac. Je pouvais presque voir la scène sous mes yeux. Max et Marie avaient dû jouer sur le lit, défaisant les draps, Jenna avait dû répéter à son mari une dizaine de fois d'arrêter de faire le clown avec les enfants et de se dépêcher de s'habiller. Lui avait dû dire qu'ils n'étaient pas à deux minutes près, elle avait alors secoué la tête tout en souriant avant de se remettre à se préparer.

Incapable d'entrer et d'en supporter d'avantage, j'éteignis la lumière avant de refermer la porte avec précipitation. La tristesse avait entièrement reprit le contrôle de mon esprit, une boule de sanglots se forma dans ma gorge, m'empêchant de respirer correctement. Une douleur insupportable se logea au niveau de mon torse et mes yeux me brulèrent jusqu'à ce que les larmes coulent d'elles-mêmes le long de mes joues. Appuyé contre l'un des murs du couloir, je fermai les yeux tout en mordant mon poing afin de ne pas éclater en sanglots. Les enfants dormaient à côté, je ne voulais les réveiller.

La douleur fut plus forte que mes convictions. Le plus silencieusement possible je me mis à pleurer comme un gosse. Je n'avais même plus honte, c'était devenus si courant ces dernier mois. Je n'avais plus foie en rien et ma fierté était bien maigre. Tremblant de tout mon corps, je tentais de marcher jusqu'à ma chambre. Je n'avais qu'une envie, me mettre en chien de fusil dans mon lit et dans le noir.

- Tonton ?

Je détournai la tête, Max venait de sortir de sa chambre, son doudou contre lui et les yeux plissés à cause de la lumière. J'inspirai tout en essuyant mes joues. J'essayai de contrôler ma voix, la rendre la moins tremblante possible.

- Ouais, champion ? Pourquoi tu ne dors pas ?

- Je voulais faire pipi.

- Ok... vas-y.

- Tu pleures ?

- Non, non. Je sors de la douche et je suis fatigué.

Max n'avait beau avoir que 6 ans, il était loin d'être idiot. Il s'avança vers moi et ses petits bras m'enlacèrent avec tendresse.

- Je t'aime, tonton.

- Moi aussi, Max.

- Je sais qu'ils te manquent aussi.

- Je vais bien, ne t'inquiète pas.

- Je vais faire pipi je reviens.

Je lui tapotai la tête et le laissai aller dans la salle de bain. En vitesse j'essuyai mes joues et mon nez, puis je secouai la tête en espérant que cela me redonne un peu de vigueur. Quand Max revint vers moi, ses yeux étaient grands ouverts et son doudou était toujours sous son bras.

- Est-ce qu'on peut dormir ensemble, tonton ? Je veux pas être tout seul.

- Oui... pour une fois si tu veux.

- Cool !

Je le pris dans mes bras et nous allâmes dans ma chambre. Il s'accrocha à mon cou et je nous couchai. Sans un mot, je fermai les yeux, la présence l'un de l'autre nous rassurait. J'étais vraiment fatigué, j'avais mal partout et mon esprit était bien trop faible à tous les niveaux. Max s'endormit rapidement, je me calai ensuite sur le rythme de sa respiration afin de me calmer et de trouver le sommeil.

Le lendemain, je me réveillai courbaturé de partout. J'avais l'impression de ne pas avoir dormi et je n'avais aucune volonté pour affronter une nouvelle journée. Max dormait toujours à côté de moi. Il lui restait quelques minutes de sommeil encore. Doucement je me levai, en silence et toujours sans motivation. Discrètement je sortis de la chambre et allai ouvrir les volets de la maison après avoir mis en route la cafetière.

À 7h, j'allai chercher les enfants, Max se réveilla rapidement, Marie elle s'était rendormie au moins trois fois, dont deux contre moi. Ce matin l'ambiance était assez silencieuse, ma nièce avait du mal à garder les yeux ouverts. Max semblait perdu dans ses pensées et moi je luttais toujours contre la douleur de la vieille. Une fois tout le monde prêt, je les déposai à l'école après un gros câlin tous les trois. De mauvaise humeur, je me rendis au travail, il fallait que mon calme et ma sérénité reviennent rapidement, je ne pouvais pas me permettre d'être désagréable alors que je commençais tout juste.

Avec des efforts surhumains,, je passai la matinée à maintenir l'illusion que tout allait bien dans le meilleur des mondes. À midi je me retrouvai avec Jacob et d'autres de ses collègues. Je m'efforçai de me montrer sociable mais ma mauvaise humeur m'empêchait d'être totalement honnête avec eux.

- Edward, ça va ?

Jacob s'était penché vers moi et avait chuchoté.

- Oui. Mauvaise nuit c'est tout.

- Une fille ?

- Non.

- Tu veux en parler ?

- Non. Ça va aller c'est gentil.

- Ok, j'insiste pas.

Je hochai la tête en guise de remerciement, puis terminai mon repas. Je n'avais plus beaucoup de temps de pause. Après un salut poli au reste de la table, je me levai pour commencer la deuxième partie de ma journée. Irène avait passé toute la matinée avec moi, elle m'avait aidé à m'organiser à trouver un rythme. Cet après-midi j'étais seul et à la fin de la journée, Irène inspecterait les classes afin d'évaluer mon travail.

- Bonsoir... je peux venir nettoyer la classe ?

Il était 18h30, j'avais fini tout mon secteur mais il ne me restait plus que la classe de la directrice du département. Elle était censée être partie à 18h et j'avais très peur d'être en retard pour les enfants si je ne m'y mettais pas maintenant.

- Oh, bonsoir.

La professeure releva la tête vers moi, devant elle tout une pile de copies était éparpillée un peu partout. J'avais envie de soupirer et de lever les yeux au ciel, ça n'annonçait en rien un départ imminent.

- Je peux vous aider ?

- Oui, j'aimerais savoir quand est-ce que je pourrais avoir la classe afin de la nettoyer.

- Oh bien sûr oui. Je range tout ça et je m'en vais.

- Merci beaucoup.

Bon, finalement ça ne serait pas si long. Je retournai dans le couloir, près de mon chariot afin de préparer les affaires, histoire de m'avancer et ne pas perdre de temps. J'attendis cinq minutes et en voyant qu'elle ne sortait toujours pas de la salle, je me permis d'entrer à nouveau. L'agacement monta d'un cran quand je découvris que rien n'était rangé et qu'en plus elle discutait au téléphone en faisant les cents pas dans la pièce.

Tout en essayant de paraître poli, je me raclai la gorge dans le but d'attirer un temps soit peu son attention et surtout lui rappeler gentiment qu'il fallait dégager. Avec cette manœuvre, j'échouai lamentablement, à aucun moment elle ne se tourna vers moi. Je tentai alors les mots avec des « excusez moi » « pardon » ou « s'il vous plaît » mais encore une fois je n'obtenais absolument rien. Tant pis, je commence et elle se rendra bien compte qu'il faut qu'elle dégage !

Je débutai pas un coup sur les tables. Je passais bien exprès devant elle, histoire de lui faire comprendre que je devais bosser. J'allais être à la bourre. Quand il le fallait, elle se poussait, mais elle poursuivait malgré sa conversation. Une fête d'organisée pour l'anniversaire de son mari. Wha super ! Après avoir lavé les tables je passai un coup de balai en vitesse. Toujours aucune réaction. Là j'étais très énervé ! Non mais pour qui elle se prend ? Parce qu'elle est prof et moi juste bon à faire le ménage, elle se sent de droit de ne pas respecter mon travail ? Tout en passant la serpillière, je lui lançai des regards assassins et elle finit par raccrocher.

- Je suis désolée c'était important.

- Je voudrais juste finir à l'heure.

- Je vous promets, cinq minutes pour que je range et vous pourrez terminer.

- Depuis trois quart d'heure il y en a pour cinq minutes. Je vais être en retard.

- Je m'en excuse. Vraiment.

- Je vous attends... encore.

Elle fronça les sourcils et planta son regard dans le mien.

- Ce n'est pas une raison pour être désagréable. Je me suis excusée.

- Comprenez que j'ai une vie et que dans 10 minutes je devrais théoriquement être en train de récupérer deux enfants qui sont à la garderie.

- Comprenez que votre comportement ne vous mènera nul part.

Je secouai la tête et repris ma tâche en lavant le sol dans un dernier signe d'encouragement à se dépêcher. Je voulais juste me barrer.

- Voilà j'ai fini ! Satisfait ?

- Merci beaucoup.

- Si je peux me permettre, ce n'est pas en agissant comme ça, que vous resterais ici.

- Comme je ne pouvais pas attendre mieux de la vie.

- Vous êtes très désagréable.

- Et vous très pénible et lente !

Elle poussa un cri de surprise, choquée de ma remarque. Elle avait raison, je venais de dépasser les bornes. Mes épaules s'affaissèrent et je soupirai.

- Je m'excuse, je n'aurais pas dû vous parler comme ça.

- Effectivement, vous n'auriez pas dû !

- Je suis désolé.

- Au revoir !

Elle disparut à grand pas de la pièce. J'étais sûr qu'elle allait trouver Irène. Voilà comment je venais probablement de perdre mon travail.


Voilà voilà...

Alors... ma semaine est un peu chargé, entre le travail mais surtout une petite pause à Londres... Je vais essayer de vous répondre.

Je vous souhaite une bonne semaine.

Bises

Lexi