Bonjour !
Je suis désolée pour le retard, j'ai eu une semaine compliqué...
J'espère que vous me pardonnerais.
Je vous souhaite une bonne lecture et à très très vite
Bises
Fou de rage de terminer de nettoyer cette putain de classe. De toute façon qu'est-ce que j'en avais à faire ? J'allais certainement être viré ! Avec brusquerie et précipitation, j'allai ranger le chariot dans le local de nettoyage pour aller ensuite chercher mes affaires dans mon casier. Il était plus de 19h, les enfants m'attendaient.
- Edward ?
Merde ! Irène.
- Désolée, Irène, mais les petits m'attendent, j'ai déjà du retard et la garderie va fermer. J'ai encore de la route.
- Oh... je vois, je comprends. Vas-y file. Bon travail aujourd'hui.
- Merci bonne soirée.
Au pas de course, je partis en direction de ma voiture. Visiblement la prof n'avait pas encore parlé à Irène. On verra demain. En trombe, je démarrai la voiture et en faisant attention à la route et aux autres autour de moi, je conduisis jusqu'à l'école. Je ne pris pas la peine d'éteindre le moteur, je sortis de la voiture et courus jusqu'à la salle de garderie.
- Tonton !
- Oh mes poulets je suis désolé ! Je n'ai pas fini à l'heure au travail. Marie pourquoi tu pleures, princesse ?
Elle était dans les bras de l'assistante maternelle en pleurs. Je la pris contre moi, embrassant sa joue et son cou. C'est Max qui répondit.
- On avait peur que tu nous abandonnes où que tu sois mort comme papa et maman.
Putain... Sans lâcher Marie, je me baissai pour être à la hauteur de Max.
- Je suis désolé d'être en retard. J'étais au travail et ça a duré un peu plus longtemps. Je ferai tout pour que ça n'arrive pas de nouveau ok ? Et je ne vous abandonnerai pas. Jamais. On est une famille, vous vous souvenez ? On reste tous les trois.
- Avec papa et maman aussi on était une famille...
- Oui, mais ils n'ont pas choisis ce qui est arrivé. Ils ne vous ont pas abandonnés, ils ne voulaient pas ça. Tu le sais, Max.
- Oui je sais. On peut rentrer ?
- Bien sûr. Va chercher tes affaires, champion.
Je l'embrassai et me relevai pendant qu'il allait récupérer son cartable et le sac de sa sœur. Marie elle était restée accrochée à moi, elle ne pleurait plus mais je savais qu'elle ne me lâcherait pas de la soirée. Je me tournai vers l'assistante maternelle.
- Pardon du retard.
- Ce n'est rien. Vous avez le numéro pour nous joindre en cas de retard ?
- Non, je ne savais pas.
- Je vais vous le donner. Le retard à cause du travail arrive, ce n'est pas volontaire.
- Merci.
Elle me tendit un bout de papier où elle avait marqué le numéro. La prochaine fois, je pourrai les prévenir et peut-être que les enfants seront un peu plus rassurés.
- Super. Ça s'est bien passé sinon ?
- Très bien oui. Rien à dire.
Je hochai la tête en guise de remerciement, puis j'embrassai Marie dont la tête n'avait pas quitté le creux de mon cou.
- Tu dis au revoir, princesse ?
Elle secoua légèrement la tête, en signe de refus.
- Marie, s'il te plaît, soit polie. Juste au revoir. Tu n'as même pas besoin de bouger.
- R'voir.
Bon c'était déjà ça.
- Au revoir, Marie. A demain, Max !
- A demain, Tanya !
Tanya... c'était donc son nom. Blonde, les yeux bleus, très bien faite... tout à fait mon style. Mais là pas le temps.
- Allez on y va les poulets ! Bonne soirée à demain.
Tanya nous accompagna jusqu'à la porte où je lui lançai un sourire de remerciement. Elle y répondit avant de fermer derrière nous. Arrivés à la voiture, j'installai les enfants dans leur siège et en route pour la maison. Sur le chemin je commençai à ruminer. Je me rendais compte que j'avais mal agit, j'avais été très impoli avec cette prof. De plus je ne pouvais pas me permettre de perdre mon boulot. J'aurais dû être plus patient, plus calme aussi. Je regrettais mon attitude.
Arrivés à la maison, je donnai une douche rapide aux enfants avant de les laisser jouer le temps que je prépare le repas. C'est en cuisinant de simples haricots verts avec des cordons bleu qu'une idée me traversa l'esprit. J'allais cuisiner le meilleur déjeuner et le meilleur dessert que cette prof n'avait jamais connu ! Après un tour rapide dans mon frigo je trouvais quoi faire. Il fallait quelque chose de simple, mais d'assez original.
D'après ce que j'avais vu et compris, elle mangeait toujours dans son bureau, toujours un sandwich et une part de cheesecake. J'allais changer son sandwich par du porc au caramel et du riz, j'avais tout ce qu'il fallait pour concocter ça. Elle ferait réchauffer ça dans notre salle de pause. J'allais garder sa part de cheesecake, mais au lieu d'en manger une de chez Starbuck, elle goûtera le mien. C'était peut être très bête, mais avec mes talents culinaires, j'espérais que cela joue en ma faveur.
- Tu fais quoi, tonton ?
- Je cuisine. C'est bientôt près pour nous.
- Et ça c'est pour qui ?
- Pour nous demain. Je fais de l'avance. Et pour une dame qui travaille au même endroit que moi.
- Ton amoureuse ?
- Non, Max. Mais c'est pas été sympa avec elle tout à l'heure. Alors c'est pour m'excuser. Tu comprends ?
- Oui. Papa il donnait des fleurs à maman.
- Je préfère la cuisine. Tout passe par un bon repas. Marie fait quoi ?
- Elle regarde la télé. Je peux t'aider ?
Je regardais où j'en était dans ma préparation afin de lui trouver quelque chose à faire. Pendant dix petites minutes il m'aida, concentré et minutieux dans ses tâches. Il fut l'heure ensuite de manger, je mettais en suspend mon plan pour la prof. Je tenais à dîner avec les enfants, c'était important d'être tous ensemble. Marie me raconta sa journée, Max la sienne, ils se chamaillèrent, je les calmai, nous rîmes... c'était agréable. J'allais ensuite les coucher, je pris le temps de leur lire une histoire puis après les câlins et les bisous je repartis dans ma cuisine.
Je ne vis pas le temps passer. J'étais dans mon élément, même si ce n'était pas le plat le plus compliqué. Quand tout fut cuit, je laissais refroidir le temps de faire la vaisselle, de ranger la maison, de la fermer et de prendre ma douche. Je mis en boite une portion plutôt généreuse et je gardais le reste pour le dîner de demain soir. C'est assez fier de moi que j'allais me coucher. Le sommeil fut long à arriver mais paisible jusqu'au matin.
- Chut, Marie... faut pas le réveiller...
J'ouvris discrètement un œil. Max et Marie avançaient sur la pointe des pieds, ma nièce gloussait le nez plongé dans son doudou pour faire le moins de bruit possible. Je décidai de jouer le jeu, je refermai les yeux, puis attendis en retenant mon sourire au maximum.
- Marie, à trois on saute sur le lit ok ?
- Oui... Deux...
- Non, je vais compter. Un ! Deux ! Trois !
Comme prévu ils sautèrent, enfin se hissèrent, sur le lit en poussant des cris surexcités. J'ouvris alors les yeux en feignant la surprise.
- Hey bande de petits monstres ! Vous n'avez pas honte ?! Attention à la colère du dragon !
Je poussai un grognement puis me jetai sur eux afin de les chatouiller. Ils se tordaient de rire, Marie en était toute rouge, Max me criait d'arrêter.
- Alors ? Vous reviendrez me réveiller comme ça ?
- Oui...
Je regardai Marie qui avait répondu en riant, les yeux brillants de malice et dans l'attente d'une nouvelle bataille de chatouilles. Je levai un sourcil et la défia du regard avant de me jeter subitement sur elle tandis qu'elle poussait des cris perçants. Max décida de défendre sa sœur et sauta sur mon dos, ses bras autour de mon cou. Je décidai de leur accorder la victoire et pendant qu'ils reprenaient le dessus, je me laissai tomber sur mon lit.
- Oh... je suis battu ! Vous avez gagné ! Vous êtes trop forts !
Les petits rirent une nouvelle fois avant de venir se placer de chaque côté de moi. Je passai mes bras autour d'eux et embrassai leur front.
- Bien dormis, les poulets ? Il est quelle heure ?
Je regardai rapidement le réveille, nous avions encore un peu de temps pour un câlin.
- Oui j'ai bien dormi. J'ai rêvé que papa et maman étaient là... c'était bien. Mais je sais que c'est pas possible.
- Pourquoi ?
Max releva la tête pour regarder sa sœur et lui répondre.
- Parce qu'ils sont morts, Marie ! Ils reviendront jamais papa et maman.
- T'es bête ! C'est méchant !
- C'est toi qui est bête !
- Tonton !
Max s'était levé dans le but de sortir de la pièce. Marie, elle chouinait parce que son frère l'avait vexée. Je pris la plus jeune contre moi, j'irai voir Max après.
- Ne pleure pas, Marie. Il ne le pense pas, princesse.
- Mais c'est méchant.
- Toi aussi tu lui as dit qu'il était bête.
- Parce qu'il dit des bêtises ! Elle va revenir maman...
- Oh, choupette... On en a déjà parlé. Tu sais que c'est impossible. Ils sont au ciel papa et maman. Ils ne peuvent pas revenir.
Elle secoua la tête avant de se cacher dans mon torse. Je l'embrassai sur le haut du crâne.
- Allez viens, crevette, on va prendre le petit déjeuner et voir Max ok ?
- Hum hum.
Je me levai et descendis jusqu'à la cuisine en portant miss Marie dans les bras. J'allai l'installer sur sa chaise et lui préparai son petit-déjeuner. Max était dans le salon, il avait pris ses céréales, son bol, le lait et une briquette de jus d'orange.
- Mange, Marie, je vais voir ton frère, j'arrive.
Elle hocha la tête et je la laissai pour aller dans le salon.
- Max...
- Hum laisse-moi.
- Elle a pas fait exprès tu sais. Elle est petite, elle ne comprend pas bien.
- C'est pas dur, ils sont morts !
- Max, elle est trop petite. Elle n'a que trois ans. Ce n'est pas facile à comprendre, même si elle sait très bien qu'ils ne reviendront pas. Ça la rend aussi triste que toi.
- Hum...
- Max, regarde-moi.
Il fixait son bol de céréales, sans cligner des yeux, je voyais sa main trembler. Je posai une main sur son épaule.
- Max !
Il se retourna à toute vitesse afin de venir se blottir contre moi.
- Tonton, ils me manquent !
- Je sais, mon chéri, je sais.
Il pleurait contre moi, je le berçais doucement en essayant au mieux de le consoler. Du coin de l'œil je vis Marie arriver timidement vers nous. Je lui fis signe d'approcher et elle vint se mettre elle aussi contre moi et son frère. Max réussit à se calmer, sans pour autant me lâcher.
- Ça va mieux, mon grand ?
- Bof...
Je l'embrassai sur la tête et Marie se pencha vers lui pour lui faire un bisou sur la joue.
- Je t'aime, Max !
Je pourrais jurer que les joues de mon neveu rougirent mais il dissimula sa gêne et son sourire dans mon torse.
- Allez les poulets, on finit de manger et on se prépare pour la journée. Tu veux venir dans la cuisine avec nous, Max ?
- Oui.
- Ok, vas-y, je rapporte tes affaires.
Doucement, la matinée reprit son court. J'évitais de repenser à ce qui s'était passé, tout comme j'évitais de penser à ce qui allait peut-être arriver pour moi au boulot aujourd'hui.
Une fois les enfants déposés à l'école, je pris, avec une angoisse grandissante, la route pour l'université. Plus j'approchais, plus j'essayais de me faire à l'idée que j'allais me faire virer. Les épaules voûtées et la tête basse j'entrai dans le bâtiment administratif afin de gagner mon vestiaire. Je décidai de faire profil bas, d'éviter toute personne susceptible de m'annoncer une mauvaise nouvelle et surtout d'essayer de mettre mon plan « excuse avec de la bouffe » à exécution le plus rapidement possible.
Après m'être changé et avoir remplis mon chariot, je filai prendre mon planning de la journée et après un bref coup d'œil je fus à la fois frustré et soulagé de voir que le professeur Cullen avait cours dans 10 minutes pour 3h avec la même classe, ensuite elle serait en pause. J'étais frustré car je devais attendre et que ça lui laissait le temps de parler de mon cas. D'un autre côté, j'étais soulagé car je me disais que justement, elle était bloquée pendant 3 heures avec les mêmes élèves et que du coup, elle n'aurait pas le temps d'aller se plaindre de moi.
L'attente jusqu'à midi fust la plus longue de ces derniers mois. J'avais beau avancer dans mon travail, l'heure n'avançait pas. Non loin de la salle de classe qui m'obsédait, je guettais le moindre mouvement et quand enfin la porte s'ouvrit pour libérer les élèves, je me dépêchai d'aller chercher mon repas au frigo. Je fis réchauffer le plat et le plus discrètement possible je retournai dans la classe. Elle était vide mais toutes les affaires de la prof étaient présentes. Je posais sur le bureau ma cuisine puis écrivit rapidement un mot dans lequel je m'excusais sincèrement de mon comportement. Je pris ensuite la fuite.
Seul dans la salle de repos, face à mon sandwich qui ne m'inspirait pas, j'attendais que quelque chose se produise. J'ignorais quoi exactement, une réaction négative ou positive, voir la sécurité débarquer, la voir entrer en hurlant... je ne sais pas... j'attendais. À la fin de mon déjeuner, absolument rien ne s'était produit, je n'avais même pas vu Jacob. Un peu déçu, je rangeai mes affaires et allai reprendre mon boulot avec une mauvaise humeur grandissante.
- Edward ?
Je levai la tête vers Irène qui venait d'entrer dans la salle de classe que je nettoyais. Je sondais son visage, aucun indice me parvint.
- Bonjour, Irène.
- Bonjour, tu vas bien ?
- Oui.
- Tu as bientôt fini ici ?
- Dans cinq minutes je pense.
- Ok. Esmée voudrait te voir.
- Esmée ?
- Le professeur Cullen, pardon. Elle t'attend dans sa salle.
- D'accord... ok j'y vais.
- Tu viendras me raconter, je n'ai aucune idée de ce qu'elle veut.
- Oui.
Je tentai de sourire avec confiance mais je ne réussis qu'à grimacer. Irène me regarda en fronçant les sourcils mais n'ajouta rien, elle se contenta de me laisser seul. En vitesse je terminai ma tâche, je n'en pouvais plus d'attendre. Quelques minutes plus tard, je me trouvais devant la porte fermée du bureau de la professeure. Après une grande inspiration je frappai et la seconde d'après on m'invita à entrer.
- Professeure... vous m'avez demandé ?
- Ah oui. Entrez et asseyez-vous.
Son ton était autoritaire mais loin d'être sec et haineux. Ne disant rien, je me laissai doucement tomber sur la chaise face à son bureau. Elle s'installa face à moi et ouvrit un tiroir pour en sortir les deux boîtes en plastique vides qui avait contenu le repas que j'avais cuisiné pour elle.
- C'est à vous je crois.
- Euh... oui, madame. Je voulais m'excuser pour hier. J'ai vraiment été con et méchant. Vous ne méritiez pas que je vous parle comme ça.
- Pourquoi l'avoir fait alors ?
- J'étais en retard pour aller chercher les enfants à la garderie de l'école. Ça allait fermer, j'ai eu peur qu'ils pensent que je les abandonne.
- Je vois. Ils ont quel âge ?
- Max a 6 ans et Marie en a 3. ils sont jeunes et... mon frère et sa femme viennent de mourir. J'en ai la garde maintenant. C'est compliqué pour eux.
Je n'avais pas prévu de lui parler de cela, mais je me sentais dans le besoin de me justifier. Sur son visage, je vis la pitié s'installer, je détournai les yeux, je ne voulais pas voir ça.
- Je suis désolée...
- Je suis la seule famille des enfants, il n'y a plus que nous trois. Bref, ça ne justifie pas mon comportement d'hier soir, je regrette vraiment.
- Alors vous m'avez apporter un repas.
- J'ai cuisiné ça hier soir oui.
- C'est vous qui l'avez fait ? Même le cheesecake ?
- Oui.
- Alors vous êtes très bon cuisinier ! C'est le meilleur porc au caramel et le meilleur Cheesecake que j'avais jamais encore mangé !
- Merci, je suis content que ça vous ai plu.
- Vous cuisiner comme ça pour tout ?
J'eus un sourire en coin tout en répondant.
- Oui.
- Vous devriez être dans un restaurant et pas à faire le ménage ici.
- J'y étais, madame. J'étais le chef du restaurant « Le Chandleur ».
Ses yeux s'écarquillèrent et sa bouche forma un « O » de surprise. Moi je me contentai de hausser les épaules.
- J'adore ce restaurant, mon mari et moi y allons souvent ! Vous étiez donc le chef ?
- Oui.
- Pourquoi... ?
- Ils m'ont viré car je n'étais plus assez fiable pour eux. Avec la mort de mon frère, et les enfants que je dois élever, mon métier de cuisinier n'était plus compatible avec ma nouvelle vie.
- C'est scandaleux ! Je n'y retournerai plus ! J'adorais votre cuisine !
- Merci, madame, c'est mon sous-chef qui a pris ma place maintenant. Il est aussi bon que moi.
- C'est par principe !
Je ne dis rien, je ne voyais pas ce que je pouvais rajouter à ça. Elle secoua doucement la tête avant de reprendre la parole.
- En tout cas, non pas parce que vous m'avez cuisiner un délicieux repas, mais parce que je suis de nature indulgente, je ne tiens pas rigueur de l'incident d'hier soir.
- Merci, madame.
- Je vous en prie. Mais je suis tentée de vous demander un cheesecake par jour !
- Je verrai ce que je peux faire.
Je souris et elle gloussa doucement.
- Suite à ce que vous venez de me dire, j'aurais une proposition.
- Euh... ok.
- Ce week end j'organise l'anniversaire de mon mari. Nous serons une petite vingtaine. Mais j'ai un souci avec mon traiteur, pour le moment je n'ai pas de repas. Seriez-vous d'accord pour prendre sa place ?
J'étais stupéfait, je ne m'attendais pas à cela. Je mis quelques secondes à réfléchir à sa proposition. Cela pourrait être tentant, mais je n'avais pas le temps d'établir un menu, de faire les courses, et personne pour me garder les enfants.
- C'est très gentil à vous mais... je ne pourrai pas. Je n'ai personne pour s'occuper des enfants. Je ne peux pas les laisser seuls.
- Ils pourront venir ! Ils y aura d'autres enfants et plein d'adultes. Nous avons un grand jardin et même une piscine. Je vous payerai bien sûr. La cuisine est toute équipée... certainement pas aussi professionnelle que celle que vous avez connu, mais bon.
- Je ne sais pas. C'est tentant, la cuisine me manque mais...
- Réfléchissez, donnez-moi votre réponse demain. Sachez juste que je payerai absolument tout, nous nous occuperons de vos petits et vous serez rémunéré.
- Je vais y réfléchir. Vingt personnes ?
- Environ oui. Je peux vous envoyez le nombre exact et nous pourrons discuter de ce que je souhaiterais comme repas. Je serais très honorée qu'un grand chef comme vous, cuisine chez moi ! Je suis vraiment fan de votre cuisine, vous pourrez le demander à mon mari. Je suis profondément déçue qu'ils se soient séparés de vous.
- Croyez-moi que moi aussi. Je vais réfléchir à votre offre.
- Le traiteur me demandait 800 dollars. Vous êtes un grand chef, je vous propose 1500.
1500 dollars ! J'en avait presque le souffle coupé. En faisait la cuisine pour lui demander pardon, je n'avais pas imaginé que cela déboucherait sur une offre. C'était plutôt intéressant comme proposition. Cuisiner pour vingt personnes ce n'était pas infaisable. Et puis une telle somme serait la bienvenue dans mon petit monde merdique de dette !
- C'est une très grosse somme...
- Méritée. Nous serons nombreux et vous êtes très bon.
- Merci... je... je vais y réfléchir. Je vous donne une réponse demain. Ça vous va ?
- Parfaitement ! Et ne vous en faite pas pour les enfants, nous nous occuperons d'eux !
- Merci.
Je me levai, elle imita mon geste.
- Je dois retourner travailler.
- Oui oui bien sûr.
- Merci et encore pardon pour hier.
- C'est oublié !
Je souris et nous nous dirigeâmes vers la porte.
- Est-ce que... enfin je n'ai parlé à personne de ma situation, avec les enfants et tout le reste.
- Je serai une tombe ! Ne vous en faite pas, personne ne saura rien.
- Merci beaucoup.
- Passez une bonne fin de journée et à demain.
- Avec ma réponse promis.
Elle me sourit et je sortis de la classe pour rejoindre mon chariot abandonné un peu plus loin. Durant tout le reste de la journée, je ne cessais de penser à la proposition de la professeure. En fait, je voulais vraiment le faire, j'avais besoin de cuisiner, de me replonger dans un menu autre que le repas du soir des enfants. La motivation de la rémunération était un facteur important il faut le reconnaître, mais l'idée de faire un grand repas était la plus attrayante pour moi.
De retour à la maison avec les enfants, je tentai de me concentrer sur eux, si je n'avais pas dit oui tout de suite c'était pour eux. Je ne voulais pas passer mon samedi dans une cuisine, les laisser seuls avec la peur qu'ils pensent que je les mets de côté. De plus si j'acceptais, ils seraient gardés par des inconnus et je ne sais pas comment ils allaient réagir. Quand Anthony et Jenna avaient besoin d'une nounou c'était toujours moi ou une voisine du quartier.
- Tonton ?
- Hum ?
- T'es dans la lune.
- Non, pourquoi.
- Bah si... tu m'écoutes pas.
Je fronçai les sourcils et baissai les yeux vers Max. Nous étions dans la cuisine et il m'aidait à mettre la table. À ses pieds il y avait plein d'éclats de verre.
- Est-ce que par hasard tu me disais que tu avais cassé un verre ?
- Euh oui.
- Ok. Ne bouge pas parce qu'en plus tu n'as pas de chausson.
- Pardon.
Je souris et le pris dans mes bras pour aller le poser sur le plan de travail avant de prendre un balai et ramasser les morceaux de verre.
- Tu pensais à quoi ?
- A comment je vais te punir.
- C'est vrai ?
- Mais non. Non, tu sais la dame pour qui j'ai cuisiner hier soir ?
- Oui, parce que tu n'as pas été gentil...
- Oui. Et bien elle veut que samedi je cuisine pour elle et ses invités. Pour un anniversaire.
- Ah.
- Et je sais pas si je dois y aller.
- Pourquoi ?
- Parce que je veux pas vous laisser toi et Marie. La dame propose que vous veniez, apparemment il y aura d'autres enfants, ils ont un grand jardin et une piscine.
- Oh trop cool !
Je me tournai vers lui en haussant les sourcils.
- Tu voudrais bien passer la journée chez des gens que tu ne connais pas ?
- Tu seras là aussi.
- Oui mais je travaillerais.
- Mais tu ne seras pas loin.
- Non c'est sûr.
- Et y a la piscine !
- Ouais...
Ok, c'était plus simple que je pensais. Je terminai de ramasser le verre brisé par les mains maladroites de mon neveu avant de retourner vers lui.
- Alors je dis oui ?
- Bah oui.
- Ok alors. Sûr ?
- Tu veux toi ?
- Oui.
- Alors oui !
Je souris et le pris dans mes bras. Max n'avait que 6 ans, mais il avait toujours été plus mature et plus réfléchit que son âge.
- Merci mon grand de ton aide.
- Mais de rien. Mais j'ai faim maintenant !
- Oh bah ça va oui !
Il rit et me fit un bisou.
- Allez, va chercher ta sœur, on va passer à table.
- Ok.
- Et Max ?
- Quoi ?
- Mets des chaussons, ta sœur aussi. Sinon je vous les colle aux pieds avec de la glue !
- Oui, chef !
Il sourit et disparut dans le salon en criant le nom de sa sœur. Je secouai la tête en souriant, puis je fis réchauffer notre dîner. Finalement la journée n'avait pas été si désastreuse que ça, je gardais mon boulot, j'allais cuisiner pour une jolie petite somme, les enfants avaient passé une bonne journée... non, ça allait !
La soirée avec les enfants fut joyeuse, Max avait parlé à Marie de la piscine, elle était toute impatiente d'aller « faire plouf ». Elle était trop mignonne. Après le repas et l'histoire, ils se couchèrent sans faire de caprice et j'avais pour une fois ma soirée. Tout en faisant quelques papiers je regardais la télé.. j'étais bien loin de mes soirées avec mes potes !
Le lendemain, j'arrivai plutôt content au travail. Contrairement à la veille, je saluai tout le monde. Changé et armé de mon chariot de ménage j'allai récupérer mon emploi du temps et commençai ma journée. Le professeur Cullen n'arrivait qu'à 10h aujourd'hui.
- Hey Masen!
- Hey... Jake... je ne connais même pas ton nom de famille tien !
- Je suis un mystère ! Ça va ?
- Ouais super.
- Hier tu avais l'air nerveux.
- Une mauvaise journée, mais ça va mieux. Quoi de neuf pour toi ? C'est quoi ce suçon là ? Il est énorme !
- Ouais je me suis fait attaquer par une sauvageonne cette nuit !
- Toi Snow et elle Ygritt ?
- Ouais et je vis dans une grotte !
Je ris face à cette référence à la série « Games of Throne ».
- Sans rire, tu fais quoi vendredi soir ?
- Rien pourquoi ?
- Je sors avec quelques potes après le boulot. Tu veux venir ?
- Non, c'est gentil mais je ne pourrais pas.
- Une fille ?
- Non. Mais une prochaine fois peut-être.
- D'accord, pas de problème. Bon, je vais bosser !
- Fais donc, ça changera un peu !
- Va te faire voir, Ed !
Je ris et lui tapai l'épaule avant qu'il ne sorte en me faisant un doigt d'honneur. Amusé par le comportement de mon collègue, je débutai mes tâches quotidienne. Il était midi passé quand j'entrai en salle de pause pour mon repas, je fus assez surpris d'y trouver le professeur Cullen. En me voyant elle se leva tout en m'indiquant la place qui était face à elle. J'allai m'y installer, munis de mon sandwich et ma bouteille d'eau.
- Bonjour, Edward, je peux vous appeler par votre prénom ?
- Oui. Bonjour à vous aussi.
- Alors vous avez réfléchit ?
- Oui, j'en ai même parlé à mon neveu.
- Oh et alors ?
- Max et Marie sont assez excités à l'idée de pouvoir aller dans une piscine.
- Est-ce que ça veut dire oui ?
- Oui, ça veut dire oui. Je serai votre chef samedi.
Elle frappa dans ses mains en rejetant sa tête en arrière avec une immense sourire.
- Oh merci ! Je suis tellement contente ! Je sais que je ne serai pas déçue ! Vous êtes vraiment l'un des meilleurs cuisiniers de cette ville !
- Non, n'abusons pas quand même. Mais c'est gentil.
- Non, je suis sincère !
- Merci.
Elle sourit et sortit son téléphone.
- Je dois juste envoyer un message pour dire que vous acceptez ! Ensuite nous discuterons de mes attentes !
- Ok.
Je la laissai envoyer son message, tout en croquant dans mon sandwich, je mourrais de faim. Quand elle eut fini j'étais déjà à la moitié de mon repas.
- Bien, pardon, Edward.
- Je vous en prie. Que voulez-vous que je fasse du coup ?
- Vous avez carte blanche ! Je vous fait entièrement confiance !
- Bien mais vous préférez un buffet ? Un service à table ? Entrée, plat, dessert ? Viande, poisson ?
- Je pense qu'un buffet sera plus pratique. Nous serons assez nombreux. Pas de poisson, ma nièce est allergique.
- Allergique ? Au poisson ?
- Oui. Ça lui fait des douleurs à l'estomac et des plaques rouge sur tout le corps.
- J'avais jamais entendu ça. Mais ok, buffet et pas de poisson.
- Merci.
- Je vais réfléchir à ça. Demain je vous donne un menu.
- C'est absolument parfait ! Je n'ai aucune restriction à vous imposer !
- Super, merci beaucoup.
- Amusez-vous et épatez-nous !
- Je vais essayer.
Elle sourit et attrapa son sac avant d'en sortir une petite carte.
- Tenez, voici mon numéro personnel, vous pouvez m'appeler en cas de besoin.
- Oui. Vous êtes sûre que ça ne pose pas de problème si je viens avec les enfants ?
- Aucun soucis je vous le garantis !
- Parfait. Merci beaucoup.
Elle me sourit et se leva.
- Je dois y aller, n'hésitez surtout pas !
- Je vous tiens informée. Bonne fin de journée.
- Merci, à vous aussi, Edward.
Je hochai la tête et elle disparut de la salle de pause. Soigneusement je rangeai sa carte, j'étais vraiment heureux à la perspective de pouvoir cuisiner, d'autant plus que j'avais carte blanche. Durant tout le reste de la journée, je ne pensais qu'à ça. Le menu m'obsédait, mais j'adorais cette sensation de défi et de bonheur que je ressentais. Dieu que ça me manquait ! J'allais tout donner pour les épater samedi !
Voilà...
A la semaine prochaine !
Bonne semaine
Lexi
