Euh...

Bonjour, Bonsoir...

Je suis de retour... Je n'ai aucune excuses, si ce n'est un boulot épuisant, prenant (12h par jours) avec des horaires toujours changeants, un petit ami, des colocs et surtout 2 chats. C'est eux qui prennent le plus de temps :)

non en vrai, je me suis laissée déborder par tout ça. je m'excuse encore une fois.
Je n'ai pas abandonné. mes copines m'encourage, mon copain aussi, à vous retrouver.

J'ai lu chacun de vos messages. Merci, je n'ai pas de mot, mise à part Merci.

J'imagine vos têtes et votre surprise à la vu de ce "petit miracle" dans vos mails demain matin.

j'espère que vous en serez heureuse.

Je ne suis toujours pas bonne en orthographe, alors je remercie ma copine Marine pour ses efforts, son soutient et... elle me menace, j'ai peur, alors je poste !

Ce chapitre est prêt depuis très longtemps. Noel pour être honnête. Mais j'avais peur, et surtout honte. Mais grâce à la persistance indestructible de mes amies... tadaaam !

J'aimerais vous dire que je vais reprendre un super rythme comme vous et moi avons connue, mais je mentirais.

en revanche je pense mettre sur une autre plateforme, "Repartir de zéro" mais que j'ai retravaillé, avec mes personnages à moi. si ça vous intéresse...

Je vous laisse lire, relire, découvrir ou redécouvrir cette histoire.

Vous m'avez manqué !


Chapitre 7

Trois semaines étaient passées depuis le repas chez les Cullen. Nous étions désormais en plein mois de mai, les jours étaient plus beaux, plus chauds et les gens de meilleure humeur. Ma vie était devenue plus stable, mon travail était d'un ennui mortel mais au moins, j'avais de bons collègues. Je passais la plus part de mon temps avec Jacob ou Irène et parfois Esmée nous rejoignait lors des déjeuners. L'ambiance était bonne.

Avec les enfants ça allait aussi. En général ils étaient cools, même si parfois je me voyais obligé d'élever la voix et de les punir pour X raisons. L'école se passait plutôt bien pour eux, il n'y avait plus eu de bagarre ou d'accro avec des camarades. Dans un peu plus d'un mois ils seraient en vacances, moi aussi et ça, ça me motivait.

Aujourd'hui j'avais réussi à obtenir mon après-midi. Ce n'était pas très sérieux au vue de mes finances, et ceux même avec la jolie somme que j'avais touché chez les Cullen,.. mais demain c'était l'anniversaire de Marie et je voulais célébrer ça avec le plus de joie possible. J'allais bien sûr cuisiner, mais lui faire aussi un joli gâteau et bien sûr lui offrir quelques cadeaux.

La robe de la reine des neiges achetée avec une peluche Olaf en plus, je me dirigeais maintenant vers le supermarché afin de prendre ce qu'il me fallait pour le repas mais surtout le gâteau. J'avais prévu de lui faire un gâteau arc-en-ciel et le décor licorne. Ce n'était que lorsque j'arrivais à la caisse et qu'il fallait déposer les articles sur le tapis, que je me rendis compte de mon emballement... j'avais peut être pris un peu trop de chose... tant pis, l'occasion restait exceptionnelle et importante !

- Monsieur, je pense qu'il y a un souci, la carte ne passe pas...

- Pardon ?

Oh merde ! Non pourquoi ? J'avais vérifié mon compte et il me restait encore un peu de marge...

- C'est bizarre. Pouvez-vous réessayer s'il vous plaît ?

- Si vous voulez oui.

Nerveux, honteux et impatient j'attendais avec angoisse le deuxième passage de la carte. Quand un bip répétitif signalant le refus retenti je fermais les yeux en serrant les poings. Autour de moi, les clients suivants me regardaient, me dévisageaient comme si j'étais une bête curieuse, certains s'impatientaient déjà.

- Non, toujours refusé monsieur.

- Est-ce possible de savoir combien il manque exactement.

- Non.

- Très bien alors... je vais essayer de ne prendre que ces articles là...

Rapidement je sélectionnais ce dont j'avais le plus besoin pour le gâteau, tant pis pour le décor. En soupirant la caissière annula le premier ticket, puis elle scanna de nouveau avant de passer encore une fois ma carte. Pendant ce temps j'avais lancé un bref « pardon » à la file derrière moi.

- Elle ne passe toujours pas.

De lourds soupirs se firent entendre dans la file, certains soufflaient des « mais c'est incroyable ça ! » ou d'autres « Encore un qui vit avec les aides et qui ne gère pas son budget » j'étais mort de honte, je ne savais pas quoi faire, partir en courant, m'excuser, essayer de trouver une solution... j'étais triste et déçu pour Marie, humilié par les remarques de ces personnes qui ne connaissait pas mon histoire et ma situation et qui pourtant se permettaient de me juger.

- Avant d'être aussi con, tous autant que vous êtes, essayer de penser que la vie n'est pas rose pour tout le monde ! Qui êtes-vous pour le juger ! Je paye pour lui mademoiselle, et je prends tout merci.

J'étais sonné, c'était Bella, la nièce d'Esmée Cullen. Le temps que je réagisse, elle avait déjà payé et s'occupait de tout mettre dans un sac.

- Non, Bella... vous n'avez pas à faire ça !

- Trop tard. Allons-y maintenant.

Elle se saisit du sac puis avança vers la sortie du magasin. N'ayant rien d'autre à faire que de la suivre, je lui emboîtais le pas.

- Pourquoi vous avez fait ça ? J'aurais pu me passer de plein d'article, je m'en serais sorti.

- Je voulais clouer le bec à tous ces crétins !

- Mais maintenant je vous dois de l'argent !

- Ce n'est pas bien grave et pas bien urgent.

- Bien sûr que si ! J'ai mon honneur.

- C'est bien une réponse de mec ça ! Tenez, vos affaires.

- Je vous rembourserais au plus vite.

- Je le répète, ce n'est pas urgent.

Elle me tendit le sac de courses que je pris avec gêne. Ma fierté en avait pris un coup. Ce n'est pas aux femmes de venir nous sauver sur un cheval blanc !

- Merci... c'est l'anniversaire de Marie, et je voulais... essayer de faire quelque chose de bien.

- Je suis sûre que ce sera formidable. Vous faites un gâteau ?

- Oui. Un truc très fille incluant une licorne et beaucoup de couleur !

- Oh ! J'adorerais voir ça !

- Alors je prendrais une photo que je vous montrerais dans la semaine, en même temps que vous rendrais l'argent.

- Vous êtes têtu !

- Énormément !

- Je vous assure, ce n'est rien.

- J'ai bien trop de dette ailleurs pour en plus commencer à en avoir auprès de personne que je connais à peine.

- Alors à dans la semaine.

- Promis.

- Cool.

Elle partit, me plantant là comme un con, toute souriante, comme si elle avait réussi quelque chose dont elle était la seule à comprendre quoi. Je secouais la tête et décidais d'appeler ma banque pour savoir pourquoi mes tentatives de paiement avaient échoué. En fait, j'avais juste dépassé le plafond fixé à la journée. Rien d'alarmant et rien d'irrémédiable.

De retour à la maison je rangeais mes courses, cachais le cadeau dans ma chambre et il me rester deux heures pour commencer le gâteau avant d'aller chercher les petits monstres à l'école. En musique je débutais ma préparation, c'était assez simple mais il fallait une nuit de repos au frais pour mes génoises qui l'une sur l'autre donneront au gâteau, sa couleur arc-en-ciel.

Quand ce fût l'heure, j'allais chercher mes petits à la sortie de l'école, ils étaient plutôt contents de ne pas aller à la garderie pour une fois. Sur le trajet du retour j'acceptais un détour vers le parc de jeu et pendant une heure je poussais Marie sur la balançoire tout en gardant un œil sur Max qui escaladait tout ce qui pouvait l'être.

De retour à la maison, nous nous mîmes aux devoirs avec l'aîné pendant que la cadette jouait avec ses poupées dans sa chambre. Les devoirs étaient toujours une corvée pour Max et un peu pour moi aussi, mais il y mettait du sien, même si parfois la mauvaise volonté prenait le dessus. Pour le repas, je fis simple, j'étais bien trop occupé à essayer d'éloigner les enfants du frigo, je ne voulais pas qu'ils puissent voir les disques de couleur du gâteau.

- Tonton.

- Oui Marie ?

- Demain, bah Max il dit que c'est mon anniversaire.

- Ton quoi ? Qu'est-ce que c'est ça ? Un truc de fille encore !

Max pouffa de rire alors que Marie fronçait les sourcils d'un air sévère.

- Mais tonton !

- Oui poulette, demain c'est ton anniversaire. On verra ce qu'on fera.

- Je veux voir maman et papa.

- Marie...

- Là où ils dorment pour toujours... allez tonton...

Je réfléchissais deux secondes, nous n'avions pas été sur leur tombe depuis l'enterrement, c'était trop douloureux pour moi, et les enfants n'avaient jamais demandé à y aller. Je regardais Max, qui attendait sagement ma réponse.

- Vous voulez vraiment ? Max ?

- Oui.

- Marie ?

- S'teu plait...

- Bon très bien, demain après-midi nous irons au cimetière. Mais maintenant, les dents et au lit !

- On ne débarrasse pas ?

- Ce soir je vais le faire.

Ni une ni deux, ils disparurent de table, comme s'ils avaient peur que d'un coup j'allais changer d'avis. Pendant qu'ils faisaient leur toilette, je rangeais la table du dîner, tout en pensant à ma destination de demain. J'appréhendais, même si je pense que j'en avais besoin, tout comme les enfants.

Quand ils furent couchés, je me posais un peu devant la télé, j'avais besoin de me vider l'esprit. Ce fût un échec car soudainement je me mis à penser à Isabella. Son intervention m'avait sauvé d'une honte incommensurable, bien sûr ma fierté avait été endommagée, mais grâce à sa gentillesse je pouvais offrir à Marie un semblant d'anniversaire.

Le seul problème que je voyais à présent, était que je devais la revoir pour la rembourser. Ce n'était pas le problème en soi non... le souci c'était que je n'avais aucun moyen de la contacter. Pendant une seconde je pensais à donner l'argent à Esmée, mais j'en aurais honte, même si cette femme était adorable et qu'elle connaissait mon histoire. De plus j'avais envie de revoir Isabella, Bella... elle était gentille et je n'oubliais pas la patience dont elle avait fait preuve avec Max lors de l'anniversaire de son oncle.

Me levant brusquement, j'allais chercher mon ordinateur. Avec un peu de chance, elle serait inscrite sur les réseaux sociaux. Je n'utilisais plus Facebook depuis des mois, mais je pouvais bien faire une exception. Ne faisant pas attention aux notifications multiples, je tapais directement son nom dans la barre de recherche. Je la trouvais rapidement. Sa photo de profil permettait de confirmer que c'était bien elle.

Pendant presque trente minutes je me perdais sur sa page, je regardais ses photos et ses commentaires. Je fini par trouver mon comportement malsain, Facebook était beaucoup trop intrusive pour moi. Je me contentais de l'ajouter en « ami » puis je lui envoyais un message privé pour l'informer que c'était moi, car sur ma photo de profil, seule ma « pepette », ma moto, était affichée. Ringard jusqu'au bout ! Pas moins de cinq minutes après, j'avais une nouvelle « amie » et elle me répondait.

« - Bonsoir Edward... Alors on se voit cinq minutes et ça suffit pour m'ajouter en amie ? »

Je fronçais les sourcils, je ne savais pas trop si elle plaisantait ou si elle était sérieuse, je ne la connaissais pas assez pour pouvoir en juger. Les doigts flottant au-dessus de mon clavier, je cherchais la meilleure réponse possible, jusqu'à ce que je reçoive l'emoji du bonhomme souriant. Je repris une respiration normale, je ne m'étais même pas aperçu que j'avais cessé de respirer. Je répondis en souriant.

- Disons que vous êtes apparue aussi vite que vous avez disparu aujourd'hui. Sans me laisser le moyen de vous joindre pour vous rembourser.

- Oh c'est vrai oui ! Pardon... et bien vous m'avez quand même retrouvé.

- Il n'y a plus aucun moyen d'anonymat dans ce monde.

- Hélas... Ma tante aurait pu faire l'intermédiaire.

- J'y ai pensé, mais je suis direct. J'ai une dette envers vous, c'est donc à vous que j'aurais à faire.

- Bien. Le problème est réglé ?

- Lequel ?

Cette réponse était ironique, j'avais tellement de soucis... j'imagine bien qu'elle parlait de celui qui m'avait empêché de payer tout à l'heure, mais être cynique sur ma situation avait été plus fort que moi.

- Il y en a tant que ça ?

- Oui. Mais oui, le souci dont vous m'avez sauvé est réglé. Je sais d'où il vient, ce n'est pas grave.

- Tant mieux alors.

- Merci encore, vous êtes tombée du ciel.

- Non, je travaille à côté, je vais dans ce supermarché tous les midis pour prendre un sandwich.

- Quand bien même !

- SI vous voulez alors ! Votre ange gardien de la journée !

- Tout à fait !

Pendant cinq minutes ni elle, ni moi ne parlions. Je pense que nous avions fini, mais je n'aimais pas cette idée. Je décidais de réengager la conversation quitte à paraître envahissant.

- Où travaillez-vous ?

- Aux archives municipales.

J'écarquillais les yeux, je ne m'étais pas attendu à ce métier. J'imaginais vendeuse, serveuse au pire mais aux archives... ça devait être tellement ennuyant !

- Ce n'est pas trop... long les journées ?

- Non. J'aime mon boulot. C'est passionnant d'aider les gens dans leur recherche. J'adore me plonger dans les vieux documents, j'en apprends tous les jours.

- Oh et bien je n'avais pas vu les choses sous cet angle.

- Je ne reste pas assise sur une chaise à faire « chut » d'un air sévère au moindre chuchotement. Mais j'imagine que pour vous, cuisinier, toujours dans l'action, le rush et le bruit, le silence doit être effrayant.

- Toute une journée oui. Mais avec les deux poulets, je l'apprécie grandement le soir... le silence !

- Je ne suis pas surprise de cet aveu.

- Quand êtes-vous libre ? Pour que je vous rembourse.

- Nous pourrions déjeuner ensemble dans la semaine.

- Je ne peux me permettre que mes repas maison...

- J'ai une idée, préparez nous un pique-nique, nous irons dans un endroit tranquille de l'université pour manger, dehors On sera quittes.

- Hum... je ne trouve pas cela très équitable.

- Un bon pique-nique, pas un sandwich jambon beurre !

Je ris en secouant la tête. Elle était audacieuse comme fille.

- Ok, va pour un pique-nique. Disons mercredi vers 12H à l'entrée du bâtiment ingénieur.

- Parfait !

- Une dernière chose, des allergies ou des choses que vous n'aimez pas ?

- Allergie au poisson... et le melon me rend malade !

- C'est noté, parfait.

- A mercredi alors ?

- Tout à fait.

- Bon anniversaire à Marie demain et j'attends de voir la photo du gâteau aussi.

- Je vous trouve bien exigeante !

- Si vous saviez !

J'éclatais de rire bêtement puis j'envoyais un emoji avec des larmes de rire au coin des yeux. Elle quitta la conversation après un dernier bonsoir. J'éteignis mon ordinateur puis me laissais tomber dans le fond du canapé. Je réfléchissais déjà à ce que je pourrais cuisiner pour elle mercredi. Indécis sur mon menu final, je décidais de ne pas me montrer trop hâtif, pour l'heure j'allais tout simplement me coucher. Cette conversation m'avait étrangement rendu joyeux et j'en avais oublié toute ma vie pourrie en l'espace d'une petite heure. Ça faisait un bien fou !

- Tonton... tonton... tonton...

- Hum ?

- C'est l'anniversaire de moi !

J'ouvrai les yeux, non sans difficulté, Marie était penchée vers moi, vêtue de se robe de princesse cendrillon et d'une couronne placée à la vas vite sur ses cheveux en bataille. Elle ressemblait plus à cendrillon après une bonne grosse soirée, mais elle était adorable !

- Joyeux anniversaire princesse !

- Merci ! Regarde j'ai mis la robe ! Je suis la princesse aujourd'hui !

- Tu es ma princesse tous les jours ! Viens me faire un câlin !

- Comment on dit ?

- Magnifique princesse Marie, voulez-vous bien venir me faire un câlin ?

- Hum... oui !

Je souris et elle se jeta sur moi. Je la serrais contre moi et l'inondais de bisous. Elle se mit à rire aux éclats et me suppliant d'arrêter.

- Tonton stop... je respire plus !

- C'est un ordre princesse ?

- Oui ! Stop !

J'arrêtais en me contentant de la câliner.

- C'est mieux ma choupinette ?

- Oui... je t'aime tonton.

- Moi aussi ma chérie. Très très fort. Fait moi un bisou.

- Hum... non toi d'abord !

- Ok, ok...

Je lui fis alors bisous sur la joue, qu'elle me rendit immédiatement.

- Tonton, on va voir papa et maman ?

- Cette après-midi oui. Tu veux toujours y aller ?

- Oui.

- Alors on ira. Promis. Mais pour le moment super tonton va aller préparer une surprise pour toi !

- Ah oui c'est quoi ?

- Une surprise. On va peut-être aller prendre un petit déjeuner et te rhabiller et te coiffer !

- Oui ! D'accord.

- Max dort encore ?

- Euh... j'sais pas !

- Viens, allons voir princesse.

Je me levais et m'étirais avant de prendre dans mes bras la petite princesse du jour. Dans sa chambre, Max dormait à poings fermés, dans un lit complètement défait et dépourvu de coussins qui avaient trouvé leur place par terre plutôt que sur le matelas. C'était comme ça tous les matins, je ne sais pas avec qui il se battait dans son sommeil mais la lutte devait être rude.

- On va le laisser dormir. Viens prendre ton petit déjeuner.

- Devant la télé ?

- Si tu veux, mais juste car c'est ton anniversaire, c'est exceptionnel !

- Merci tonton.

En bas je l'installais sur le canapé et allumais la télé. Son petit déjeuner préparé et posé sur la table, je la laissais seul dans le salon dans le but d'aller terminer son gâteau d'anniversaire. J'étais certain qu'elle ne viendrait pas dans la cuisine, une fois la télé mise en route, elle était complètement hypnotisée et déconnectée du reste du monde.

Avec concentration et minutie, je façonnais le gâteau de ma nièce. Il était rond, recouvert de pâte à sucre rose, bien évidemment. Sur l'avant je dessinais les yeux de la « bête » et sur le dessus les oreilles la corne doré bien sûr et le plus compliqué la crinière que je composais de plusieurs fleurs en sucre qui partait de la corne et faisait tous le tour du gâteau pour finir sur l'avant de la pâtisserie.

- Wah c'est trop, trop beau !

Je sursautais, c'était Max. Je mon index sur la bouche en faisant les gros yeux.

- Chut c'est une surprise !

- Oh pardon ! Wah c'est trop, trop beau !

Il avait chuchoté, je souris et aller l'embrasser sur la tête. Je regardais le gâteau, j'étais plutôt fier de moi.

- Oui c'est vrai, c'est pas mal ! Mais pas un mot ok ?

- Oui juré. Je peux manger ?

- Non, aujourd'hui c'est l'anniversaire de Marie, toute la nourriture est pour elle !

- Pfff !

- Allez, prend un bol, un verre et le reste est déjà dans le salon.

- Merci tonton.

Après avoir pris ses affaires, il disparut dans le salon ou je l'entendis souhaiter à sa sœur un bon anniversaire. Quant à moi je terminais ma création et la remis au frigo en attendant le déjeuner. Je m'attelais d'ailleurs à cette tâche jusqu'à ce que les enfants requièrent mon attention. Tout en surveillant le repas dans le four je profitais de ma matinée avec mes petits monstres à m'abrutir devant « mon petit poney » ou « princesse Sofia ».

- Les poulets, on va monter pour s'habiller, ensuite on déjeune et après on va voir vos parents.

- Je suis déjà habillé.

- Mais pas coiffé. On dirait cendrillon qui a fait la fête toute la nuit et tu as ton pyjama sous ta robe.

- Euh... ah oui !

Je frottais sa tête et nous montâmes tous à l'étage. J'étais prêt et je sortais de ma chambre quand mon téléphone émis un petit « pig ». Je me sentis rougir quand je vis qu'il s'agissait d'un message de Bella. Je l'ouvrai, ne sachant pas à quoi m'attendre.

- Valar Morghulis !

Je fronçais d'abord les sourcils. C'est son chat qui a écrit pour elle ? Puis je compris la référence et répondit tout souriant.

- Valar Dohaeris ! … Bien que ça ne veuille pas dire « Bonjour ».

- C'est plus cool que « Salut » !

- Et si je n'y connaissais rien à « Game of Thrones » ?

- J'aurais dit que mon chat avait appuyé sur le clavier.

J'étouffais mon rire.

- As-tu vraiment un chat ?

- Oui ! Charles-Henry !

Mais... pourquoi ? Qui appelle son chat comme ça ? Ce n'était pas possible.

- Tu te moques de moi.

Je n'eus pas de réponse dans l'immédiat. Un peu froissé je m'apprêtais à sortir de ma chambre quand je reçu une photo. Un chat, blanc tâché roux et gris foncé à quelques endroits. Son visage était séparé en deux par ces deux couleurs.

- Côté roux, Charles. Côté gris, Henry ! Donc Charles-Henry.

- Ton chat est schizophrène ?

- Je préfère dire que c'est lui plutôt que moi. Tout ça pour dire que je voulais juste souhaiter un bon anniversaire à Marie.

- Merci pour elle. Merci encore pour le dépannage de course.

- Le gâteau avance ?

- Le gâteau est fini. Je t'enverrais une photo. Je n'ai pas oublié.

- Merci, j'ai hâte de voir ça.

- Je dois y aller, je crois que Marie veux que je la coiffe. À tout à l'heure ?

- Oui. Bon appétit !

Je lui envoyais un emoji puis sorti, cette fois, de ma chambre. Comme je pus, je coiffais Marie, elle voulait des tresses mais je n'étais vraiment pas doué. Du coup ce fus une simple queue de cheval, mais toujours avec la couronne. La table mise, nous commençâmes le déjeuner. J'avais préparé un poulet farci, Marie adorais ça et Max mangeait de bonne grâce. Avant le dessert je décidais de donner mes cadeaux. Bien sûr elle fut folle de joie avec sa peluche Olaf et encore plus avec le costume d'Elsa. Elle me demanda de l'ouvrir tout de suite et pendant que je m'exécutais, elle enleva la robe de cendrillon. Max se cacha les yeux en râlant sur sa sœur de s'être mise en culotte devant lui, mais elle s'en fichait comme de sa première couche !

- Oh regarde tonton comme j'suis belle ! Oh lala ! Libérééééé Délivrééééééé !

Max secouait la tête d'un air dépité pendant que sa sœur chantait à tue-tête.

- Aller Princesse calme toi... on va manger le gâteau.

- Un gâteau ?

- Oui. Assieds-toi et prépare-toi !

Elle se remit à sa place, tout en serrant Olaf dans ses bras et en me suivant du regard. Lorsque je sortis la licorne du frigo, elle poussa un cri de joie en mettant ses mains devant sa bouche, les yeux tout écarquillés.

- Une licorne ! Elle est trop belle !

- C'est tonton qui l'a fait !

- Ah bon ?

- Oui ! Je voulais te faire plaisir et te faire passer un bon anniversaire !

Ses petits yeux se remplir de larme et elle tendit ses bras vers moi. Je la portais, elle embrassa ma joue avant de se serrer fort contre moi. Je chuchotais à son oreille.

- Joyeux anniversaire ma poupée. Je t'aime fort, fort, fort ma petite Marie.

- Moi aussi tonton... merci.

- Max vient là mon grand.

Je m'assis sur une chaise et il vint s'installer sur mon genou de libre. Pendant un long moment nous restâmes ainsi, les uns contre les autres. Puis je me dégageais légèrement.

- On prend une photo ? On la mettra avec les autres pour vos parents.

La veille j'avais cherché et pris l'appareil polaroid de mon frère, les enfants muni de leur plus beau sourire et placé devant le gâteau, je les pris en photo. Cette dernière sorti instantanément, et en attendant qu'elle se développe j'en pris une autre avec eux, puis une dernière sur mon portable.

- Alors les photos ? Elles sont bien ?

- Oui ! Trop ! Regarde comme on est beau ! C'est pour papa et maman ?

- Oui. Garde les pour le moment Max, je prends juste deux trois photo du gâteau tout seul et on peut le découper.

Je les envoyais immédiatement à Bella. Quand je le découpais, Marie poussa un soupir d'étonnement et me demanda si j'étais un magicien. Je souris, pris une dernière photo pour Bella et m'installait avec eux pour le déguster. Le repas terminé, les enfants se préparèrent pour sortir et moi je lus les réponses de Bella. Elle était épatée et me félicitait. Je lui répondrais plus tard.

Dans la voiture pour aller au cimetière, pas un mot ne fut échangé. Chacun de nous appréhendait cette démarche à notre façon. Pour ma part, je ne savais pas trop comment faire. Je n'avais jamais cru à une vie après la mort, je me voyais mal discuter avec une pierre tombale. Je n'étais pas retourné là-bas depuis l'enterrement. Sur le chemin je m'arrêtais chercher des fleurs, ils méritaient bien ça...

Arrivé devant l'entrée du cimetière, je retrouvais leurs tombes parmi les autres comme si j'avais l'habitude de venir tous les jours. L'endroit était entretenu, la large pierre tombale où était gravé leurs deux noms, les dates mais aussi une petite épitaphe, brillait comme si elle était neuve. Le plus curieux était que la tombe était fleurie. Pourtant je ne payais pas de service pour cela...

- Qui a mis des fleurs ?

- Je ne sais pas mon grand. Je me le demande aussi. Sûrement un de leur amis.

- Peut être la voisine, elle dit que son mari il est là aussi.

- Oui peut être. Tiens, met les nôtres dans le vase vide.

- Ok. Tiens maman... je sais que tu aimes les fleurs.

Je regardais Max qui s'appliquait à sa tâche. Marie elle me tenait la main, les sourcils froncés. Je me baissais à sa hauteur.

- Qu'est-ce qu'il y a princesse ?

- Ils sont où ? Là ou au ciel ?

- Ils te regardent du ciel, mais tu peux parler à leur photo ici ? Regarde, nous sommes tous ensemble sur celle-là.

- Ah oui. Je peux ?

- Oui vas-y. Tiens la photo, ils seront contents.

- Oui... Maman... papa... vous avez vu ma robe ? C'est la reine des neiges ! Tonton il me l'a offert ! C'est mon anniversaire ! Mais vous savez... hein ? Tonton ?

Je hochais la tête.

- Bien sûr qu'ils le savent chérie.

- Ouf... regardez là... tonton il a fait un gâteau licorne ! C'était trop chouette et trop bon ! Pas vrai Max ?

- Si c'était super. Il est fort tonton ! On mange toujours bien !

Je souris et continuais de les écouter. Ils parlèrent un peu de l'école, de choses que nous avions fait ensemble, ce qu'ils voudraient faire... ils ne s'arrêtaient pas de parler, c'était comme s'ils se débarrassaient de quelque chose, leur innocence d'enfant avait enlevé toute barrière entre le réel et l'imaginaire. C'était comme si leurs parents étaient vraiment devant eux. J'aimerais avoir cette aisance, cette facilité d'oublier qu'en réalité, ils ne pouvaient pas nous entendre. Ils n'étaient plus qu'un souvenir et même s'il y avait des dizaines de photos dans la maison, leur visages s'effaçaient déjà de nos mémoires, leurs voix n'étaient plus qu'un murmure lointain... j'étais en colère et accablé contre moi même d'oublier tout ça. Mais que pouvais-je vraiment y faire ? Rien. C'était ça le plus dur à accepter. Ne rien pouvoir faire.

- Hein tonton ?

- Pardon ?

- Je disais qu'on rigolait bien tous les trois.

- Oui c'est vrai.

- Et puis tonton il s'occupe vraiment bien de nous. Il ne faut pas vous inquiétez, il est super !

Je regardaiMax avec émotion. Il avait dit ça en me regardant dans les yeux. Pour ne pas me laisser submerger, je dus détourner le regard. Tout ça c'était beaucoup trop fort pour moi et je refuser de pleurer devant eux. Ils en avaient assez vu.

- Est-ce que vous avez tout dit ? Marie ?

- Moi oui !

- Max ?

- Aussi.

- Alors allons-y.

- Tu ne dis rien toi ?

J'observais Marie sans trop savoir quoi penser, j'avais un tas de choses à dire, mais certainement pas à une pierre en marbre.

- Non pas aujourd'hui. Ils savent qu'ils me manquent horriblement. Et puis, tu es tellement bavarde que tu as déjà tout raconté. Donne-moi la photo, je vais la mettre avec les autres.

- Ok.

J'avais échappé à son jugement et à ses questions de justesse. Tranquillement je mettais sous verre la photo de ce midi, à la place d'une plus ancienne. Je fini par me relever, en évitant avec soin de croiser le regard de mon frère en photo sur la pierre. Anthony avait lui, toujours cru en une forme de vie après la mort, nous en avions longtemps débattu.

Quand nous étions petits, il avait passé son temps à me faire croire que notre mère était morte dans un accident et que du ciel elle veillait sur nous. Plusieurs fois je m'étais adressé à cette mère que j'avais crue bonne, en lui demandant de faire en sorte que la surveillante du foyer arrête de me frapper et de hurler sur moi et mon frère. Voyant que mes demandes n'aboutissaient pas, j'avais demandé des explications à Anthony. Il m'avait sorti des conneries comme quoi, avant d'agir, notre mère devait demander de l'aide à Dieu et que ce dernier avait un peu de travail, mais que notre tour viendrait. Lors d'une punition, j'avais dit à la surveillante que Dieu et ma mère allait la punir. Elle avait ri et balancé toute la vérité sur ma mère. Je n'avais pas adressé la parole à mon frère pendant des semaines.

- Marie qu'est-ce que tu fais ?

Ma nièce s'était couchée de tout son long sur la stèle tombale.

- Bah je fais un câlin à papa et maman !

Ah. Bien. Je la laissais faire, quand elle se remit sur ses pieds elle me tendit sa main et lâcha un « Je suis prête » qui me fis sourire. De retour dans la voiture et en route pour la maison, l'ambiance était moins pesante qu'à l'aller. Max chantonnait les aires à la radio et Marie lui disait de se taire. Avec tout ça, il était déjà l'heure du goûter, nous le prîmes dehors, sur la terrasse, puis pendant que Marie jouait à la reine des neiges, je jouais au foot avec mon neveu.

- Tonton ?

- Ouais ?

- Merci de nous avoir emmenés... c'était cool.

- Est-ce que ça t'as fait du bien ?

- Oui.

- On y retournera alors. Pas tous les jours, mais une fois de temps en temps.

- Toi tu n'aimes pas y aller ?

- Pas trop non. Mais c'est pour vous avant tout, moi on s'en fiche un peu. Je veux que vous alliez bien, c'est la priorité.

- Tu crois qu'ils nous entendent ?

- Toi tu en penses quoi ?

- Je ne sais pas. Je veux y croire oui.

- Alors crois-y ! L'espoir est à la base de tout. Crois en la force et la force sera avec toi, jeune padawan !

- C'est dans Star Trek ? Non ?

Je relevais la tête pour voir s'il était sérieux ou pas. Visiblement il l'était.

- Star Wars ! Court avant que je te botte les fesses pour avoir dit une bêtise plus grosse que toi !

Il sourit et courut jusqu'à son coffre à jouet d'où il sortit deux sabres laser. C'est moi qui les lui avais achetés et j'y avais plus joué avec Anthony que Max ! J'entrais dans son jeu et bien qu'il ne s'y connaissait pas trop dans la discipline Jedi, il se défendait plutôt bien. Après un combat acharné et bien sûr perdu pour moi, nous rentrâmes tous dans la maison, ça allait être l'heure du dîner et du coucher. J'avais l'impression de ne faire que ça, manger et dormir. Au moment du coucher, Marie me demanda une histoire puis un câlin.

- Merci tonton. C'était une super journée !

- Tu es contente de ton anniversaire ?

- Oui ! Très !

- Alors je suis heureux aussi. Dors bien ma puce. N'oublie pas, les princesses de quatre ans dorment jusqu'à 12H !

- Je vais essayer !

Je souris et l'embrasser sur le front.

- Bonne nuit poulette !

Je sortis de sa chambre et allais voir Max, il était déjà endormi, couché sur le ventre et en prenant absolument toute la place dans son lit. Les coussins étaient déjà par terre et la couette allait bientôt les rejoindre. Par acquis de conscience je le recouvrais, bien que je savais que dans cinq minutes elle ne serait plus sur lui.

J'allais ensuite prendre une longue douche chaude. J'en avais besoin, mon corps avait été tendu tout le long de la partie cimetière de la journée. De plus j'essayais de noyer mes pensées, encore trop douloureuses. La douche ayant rempli que la moitié de ses objectifs, j'allais dans ma chambre avec l'envie de ne rien faire... j'étais juste épuisé mentalement, complètement vidé. J'eus le courage de regarder mon téléphone et je me souvins qu'il fallait que je réponde à Bella.

- Bonsoir... désolé j'étais occupé avec les enfants. Nous sommes allés au cimetière. Merci des compliments pour le gâteau. A mercredi.

Je n'attendais pas de réponse, et je me demandais pourquoi j'avais parlé du cimetière. Elle n'avait pas à connaître ce détails, je veux dire, elle n'était qu'une connaissance...bref. Elle me répondit cependant.

- J'espère que ça n'a pas été trop dur.

Je ne répondis pas. Si je disais « non ça va » je mentais. Si je disais « Oui c'était très dur » il faudrait s'étendre sur le sujet et je ne voulais pas. Elle dût le deviner car elle s'empressa d'ajouter une phrase à sa réponse.

- Pardon, bien sûr que ça doit être difficile et je comprends que tu ne veuilles pas en parler. Je m'excuse.

- Non, ce n'est rien. Réaction humaine.

- Probablement.

- Je suis épuisé. Je te souhaite une bonne nuit.

- Bien sûr oui. Toi aussi.

Curieusement je ne voulais pas que cette conversation s'arrête comme ça, je la trouvais incomplète et confuse. J'avais comme un besoin de me rassurer, savoir que ça allait entre nous...

- A mercredi alors ?

- Sans faute oui. J'ai l'espoir d'avoir enfin un bon déjeuner pendant la semaine. Ma paye d'archiviste ne me permet pas le luxe d'un restaurant.

- On peut très bien manger pour pas cher, même si c'est un repas maison.

- Tu es cuisinier, tu connais les bons plans.

- Et bien à l'occasion, je t'apprendrai !

- Avec plaisir.

- Parfait. Bonne nuit Bella.

- Bonne nuit Edward.

C'est avec cette heureuse perspective que j'éteignis mon téléphone et que je m'endormis. Je pensais sincèrement que Bella serait l'amie dont j'avais besoin en ce moment. C'était certain.


En espérant que l'attente valait le coup.

A bientôt.

Lexi

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