Bonsoir à toute !

A l'approche de Noel je vous apporte un nouveau petit chapitre !

j'espère que vous allez bien.

Merci beaucoup pour toute les reviews du précédent chapitre,

merci de vos encouragements, ça m'a touchée de voir que je ne vous avez pas toute perdu.

Je vous souhaite un très joyeux Noel.

Bisous et Bonne lecture !


Chapitre 8

Mercredi, à 9h j'entrais en salle de repos, mon sac à dos chargé de boites en plastique contenant le pique-nique que j'avais préparé pour Bella et moi ce midi. Afin que personne ne me vole mes affaires, je notais sur des post-it mon nom que j'apposais ensuite sur les couvercles.

- Tu fais tes devoirs Edward ?

Je relevais la tête et lançais un sourire à Jacob avant qu'il ne vienne taper dans ma main.

- Je prends mes précautions. On ne sait jamais.

- Tu nourris toute la fac ?

- Juste une amie qui n'est pas ici.

- Tu sais cuisiner ?

- Je me débrouille.

Je n'avais jamais parlé ni à Jack ni à aucun de mes collègues de ma vie d'avant. Je ne voulais pas de leur pitié et y repenser, en parler... non, je n'étais pas encore prêt pour ça.

- Je souhaite à ta copine de ne pas avoir d'indigestion.

- Elle sait à quoi s'attendre. Merci.

- Une future conquête ?

- Non, juste une amie.

- Arrête l'amitié homme femme, c'est un mythe !

- Tu crois ?

- C'est certain !

Je me contentais de hocher la tête tout en continuant de marquer mes boites. J'étais en train de ranger le tout dans le frigo quand mon portable vibra. Recevoir un texto ou un appel était devenu une angoisse profonde depuis l'accident. Dans la plupart des fois où mon portable sonnait, c'était pour une mauvaise raison. Je fus soulagé de voir qu'il ne s'agissait que de Bella.

- « Bonjour Chef. Ça tient toujours tout à l'heure ? »

Je m'empressais de répondre.

- « Salut. Bien sûr oui ! J'ai cuisiné toute la soirée, rien que pour te remercier »

- « J'ai vraiment hâte de découvrir ça ! À tout à l'heure alors. »

- « Oui. Fait bien régner le silence dans ta salle d'archive ! »

- « Décolle bien les chewing-gum sous les tables ! »

Elle rajouta un emoji qui riait, je souris et lui renvoyais le même avant d'éteindre mon portable.

- Bon Jack, je sais que toi, tu te tournes les pouces toute la journée, mais moi, j'ai du boulot !

- P'tit con !

- Va chier !

Je lui tapais dans le dos avant de sortir de la pièce et de m'atteler au travail. J'y croisais quelques collègues, dont Irène qui était en grande conversation avec Esmée.

- Que se passe-t-il aux pays des potins ?

- Oh bonjour Edward ! Comment vas-tu ?

- Très bien. Bonjour Esmée.

- Tu as l'air heureux aujourd'hui Edward.

Je souris à Esmée, non je n'étais pas particulièrement heureux, mais le fait de déjeuner avec sa nièce me rendais joyeux.

- Heureux c'est un grand mot. Je vais bien, c'est déjà pas mal.

- Comment vont les enfants ?

- Infatigables.

Elle me sourit et je décidais de les laisser entre dames.

- Je continue ma route, je vous souhaite une bonne journée. Irène, ne papote pas trop, je vais devoir rattraper ton retard encore.

- Oh ! Mais quel menteur !

Elle rit et je les quittais sur un clin d'œil. La matinée ne passait pas. Le temps était long, les heures et les minutes interminables. Quand enfin l'heure de ma pause arriva, je me précipitais dans la salle de repos afin d'y récupérer mon sac et ma nourriture. À 12h pile j'étais dehors, à l'emplacement de mon rendez-vous. Bella était déjà là, assise à une table de pique-nique, au téléphone. Je m'approchais doucement, puis posa ma main sur son épaule, elle se tourna, me sourit et se replongea dans sa conversation. J'attendis à peine cinq minutes qu'elle raccroche.

- Salut, désolée, c'était ma mère. Elle parle trop. Tu vas bien ?

- Bien et toi ?

- Super. On reste ici ? Ou on cherche une autre table ?

- Ici c'est bien non ?

- Oui, ça me va. En plus je suis trop impatiente de goûter ce que tu as préparé !

- Sandwich au thon et salade de saumon !

- Appelle les secours d'abord et je mange ensuite !

Je souris et sortis de mon sac une nappe blanche que j'installais sur la table.

- Wha carrément !

- J'étais chef dans un restaurant de luxe, j'ai gardé quelque tocs. Et puis, tu voulais quelque chose de bien alors voilà.

- C'est parfait, j'adore !

Son sourire me fit du bien, j'étais calme et détendu. Je finis de mettre la table et commençais à sortir les plats que j'avais préparé.

- Alors chef, qu'avons-nous au déjeuner ?

- Le chef vous propose une piémontaise maison...

- Même la mayo ?

- Surtout la mayo. Ensuite vous trouverez des wraps au poulet bacon ou jambon crudités. Il y a aussi des minis burgers au bœuf ou poulet frit. En dessert nous vous proposons des crêpes avec sa farandole de fruits et autres accompagnements.

- Mon dieu Edward c'est incroyable ! Il ne fallait pas te donner tout ce mal ! Ça a l'air délicieux !

- Les enfants m'ont aidé, ça a fait une activité après l'école, c'était leur repas d'hier soir. Ça te va ?

- Mais bien sûr !

- Sers-toi. En boisson je n'ai que de l'eau par contre.

Elle leva les yeux au ciel tout en faisant une moue faussement boudeuse.

- Du coup je n'ai plus faim si je n'ai que de l'eau à boire.

Je souris et lui tendis les wraps.

- Allez mange, je ne veux pas que tu fasses une hypoglycémie... qui garderait l'ordre aux archives sinon.

Elle rit et s'empressa de se servir d'un petit peu de tout.

- Bon appétit Bella, et encore merci de m'avoir aidé l'autre jour avec mes courses.

- SI à chaque fois tu me fais à manger comme ça, je paye toutes tes courses tout le temps.

Je secouais la tête amusé, j'allais répondre quand Jacob s'incrusta à notre table.

- Hey salut ! Tu m'avais caché que c'était avec Bella que tu déjeunais !

- Je ne pensais pas que...

Jake ne m'écoutait pas du tout, il fixait Bella avec un sourire charmeur.

- Salut beauté ! Tu vas bien ? Ça fait un moment qu'on ne s'est pas vus.

Bella me jeta un coup d'œil embarrassé avant de répondre.

- Je vais bien merci... et toi ?

- Super. Ça a l'air bon tout ça... je peux goûter ? Je ne voudrais pas que tu t'empoisonnes avec sa bouffe !

Sans attendre de réponse il s'empara d'un mini burger qu'il goba littéralement.

- La vache c'est super bon ! Edward, je ne pensais pas que tu étais sérieux quand tu disais que tu débrouillais en cuisine !

Je lui souris avec irritation, chose qu'il ne vit clairement pas, car cette fois il se servit en wrap.

- C'est beaucoup mieux que mon plat réchauffé ! Alors, comment vous vous connaissez tous les deux ? Je pensais être le seul à avoir le privilège d'être lié à Bella...

Lié ? Dans quel sens ? Bella fuyait du regard Jacob, le mien aussi d'ailleurs. Elle était plus rougissante que jamais. Jacob lui était en confiance, il s'était servi un repas, comme si nous l'avions invité. En temps normal j'aurais réagi, je lui aurais demandé de partir mais là... même si j'avais une certaine colère, un agacement évident, je ne dis rien. Je n'avais pas la force, je n'avais pas à me battre. Bella était mon amie, pas une potentielle conquête. Si Jacob la voulait, qu'il s'en donne les moyens, je ne me mettrais pas sur sa route. J'avais d'autres priorités.

- Esmée nous a présentés un jour où je suis venue la voir et voilà.

- Donc tu as vu notre petit Eddy passer le balai ?

Je secouais la tête. Franchement, j'aimais bien Jacob, mais là tout de suite, je voulais le frapper.

- Tout de suite la moquerie ! Ça me déçoit de toi Jacob.

- Je sais que tu m'adores en vrai !

- Possible oui. D'ailleurs tu pourrais jeter un coup d'œil à ma voiture ?

- Elle a quoi ?

- Et bien... quand j'ai voulu ouvrir ma portière disons que... la poignée est restée dans ma main.

Jacob éclata de rire et moi j'esquissai un sourire. J'aurais bien voulu voir sa tête tiens !

- Je passerais. Mais vu l'âge de ta voiture, je pense qu'il faudra aller à la casse pour chercher la pièce.

- Mais c'est faisable ?

- Oui. Comment tu fais du coup ? Pour entrer et sortir ?

- J'ouvre la fenêtre et je m'ouvre de l'extérieur.

- Pratique. Quand es-tu libre ?

- Demain ? Après le boulot je peux l'emmener ici.

- Sinon je passe chez toi.

- N'abusons pas Jacob.

- J'aurais essayé !

Bon Jacob avait encore du chemin à faire visiblement. Je regardais l'heure, il me restait encore vingt bonnes minutes et je ne sais pas si j'aurais la patience de les regarder flirter encore longtemps. Ayant rapidement fini de manger, je me levais, Bella me regarda avec de grands yeux étonnés. Elle s'attendait à quoi ? Que je tienne la chandelle encore longtemps.

- Qu'est-ce que tu fais ?

- Je dois retourner passer le balai.

- Tu dois déjà y aller ?

- Oui, j'ai demandé à finir plus tôt.

Bella fronça les sourcils et s'apprêtait à répondre mais Jacob fut plus rapide.

- Tu veux que je te ramène tes affaires ? J'ai encore du temps et c'est vraiment délicieux !

- Oui remet tout dans mon sac et laisse-le en salle de pause.

- Parfait ! À toute !

- Ouais à toute. Bella à bientôt.

Je lui souris rapidement et sans attendre sa réponse je m'enfuyais. J'allais attendre la reprise de mon service dans une des classes vides. Je me sentais énervé, déçu et vexé. Jacob avait joué les gros cons. C'était mon rendez-vous, mon repas et mon moment. Il avait tout gâché et elle... Elle n'avait rien fait pour le repousser. Je m'énervais aussi de ma réaction, pourquoi est-ce que je prenais tout ça autant à cœur ? Je n'avais aucun plan, aucune idée derrière la tête concernant Bella. Je décidais d'arrêter de me prendre la tête, j'attendis simplement que l'heure de retourner travailler arrive. En jetant un dernier coup d'œil à mon portable je vis un nouveau message venant de Bella. Je n'avais pas envie de l'ouvrir maintenant et en plus je devais y retourner.

La journée finie, je récupérais mes affaires, Jacob avait soigneusement tout bien rangé. Sans attendre mon reste, je badgeais mon départ et en route pour ma deuxième journée. J'allais chercher les enfants, l'assistante maternelle, Tanya, me faisais du charme, comme chaque soir. Je l'ignorais, comme tout le temps. Une fois à la maison c'était jeu pour Marie et devoir pour Max.

- Tonton, je peux te poser une question ?

- Ça ne peut pas attendre la fin de tes exercices ?

- Non.

Il m'avait répondu comme s'il s'agissait d'une évidence.

- Vas-y alors.

- C'est quoi une pute ?

J'arrêtais de respirer pendant quelque secondes en le regardant estomaqué. Comment j'allais me sortir de ce pétrin !

- Attend, attend. Déjà d'où tu sors ce mot ?

- Un garçon m'as dit à l'école que j'étais un fils de pute.

- Pourquoi ?

- Pour m'embêter. Mais je ne sais pas ce que ça veut dire alors... j'ai rien dit.

- Ok... et bien déjà ce n'est pas vrai, tu n'es pas un fils de... voilà. Ensuite, c'est un vilain mot pour désigner un travail pas très... recommandable d'une femme.

- C'est comme quand ont dit « merde » ou « connard » ?

- C'est ça. Le mot existe mais je ne veux plus jamais que tu l'utilises ok ?

- Donc, je peux taper celui qui a dit ça ?

- Non surtout pas Max ! Je te l'interdis ! Compris ? On ne tape personne ! Et s'il recommence et bien... dis-le à la maîtresse et dis le moi aussi. J'irai parler à ses parents!

- Ok...

- Est-ce que c'est clair Max ? Plus de bagarre !

- Oui tonton.

- Bien. On continue, plus que trois lignes et on a fini.

Je soufflais un bon coup en toute discrétion, je l'avais échappé belle. En revanche, la prochaine fois que Max me rapporte de tels propos, je vais dégommer ce gamin ! Je terminais de superviser les devoirs et au moment où Max rangeait ses affaires, la sonnette d'entrée se fit entendre. Je regardais mon neveu en fronçant les sourcils.

- Tu as encore ramené toute ta bande de potes pour faire la fête ?

Il pouffa de rire en secouant la tête. Je l'embrassai sur la joue et me levai pour aller ouvrir la porte. Qu'est-ce que ça pouvait être encore !

- Le voilà ! Et il n'a pas changé !

- Toujours aussi canon !

Passé la surprise, mon cœur se mit à battre d'excitation et d'une joie que je n'avais pas ressentie depuis des semaines. Mes deux meilleurs amis étaient là. Ben mon ancien second en cuisine, devenu chef maintenant et James, le chef pâtissier de mon ancien boulot. Je ne les avais pas revus depuis... wha je ne sais même pas ! Pris d'un élan de joie, je pris mes amis dans mes bras. Ça me faisait tellement du bien de les voir putain !

- Mais merde ! Qu'est-ce que vous foutez là en pleine semaine ?

- On est de repos. Le resto a bien changé niveau organisation. Bref, du coup, comme ta petite gueule de con nous manquait, James a dit « et si on lui faisait la surprise ? » et j'ai dit « Ouais carrément ! » et nous voilà !

- Vos sales tronches me manquent aussi ! Entrez ! Vous avez mangé ? Je viens de finir les devoirs avec Max et j'allais me mettre à cuisiner.

- On s'invite tu crois quoi ? On va cuisiner ensemble, on est une équipe chef !

Je souris à Ben et lui fit une tape amicale sur l'épaule. Je refermais la porte derrière eux et mon regard fût attiré vers le haut des escaliers où Max et sa sœur s'était réfugiés. Je leur fis signe de descendre et c'est Marie qui s'avança la première tout en tendant les bras vers moi. Max suivis et s'agrippa à ma jambe.

- Vous dites bonsoir ? Lui c'est James et lui Ben. Vous les avez déjà rencontré une fois ou deux. Ce sont mes amis.

Marie fis un timide signe de la main et Max marmonna un bonsoir à peine audible. James s'accroupi face à Max en lui souriant.

- Alors c'est toi Iron man ? Si je me souviens bien, tu as eu une armure non ?

Max, passionné de super héros, tomba dans le piège tout de suite. Il hocha la tête avec un grand sourire.

- Oui ! C'est tonton qui me l'a offert ! C'est mon préféré Iron man ! Il est trop cool !

- Je l'aime bien oui. Il est drôle. Mais je préfère Thor !

- C'est pour ça que tu as les mêmes cheveux ?

James ricana gentiment en détachant sa queue de cheval, ses cheveux tombèrent sur ses épaules.

- Oui ! En fait je suis Thor !

- Si je mets mon armure et que je te prête le marteau... on peut se combattre ?

- Mais carrément ouais ! Pendant que tonton et Ben cuisine !

- Tonton ? Je peux ?

- Bien sûr oui. Allez file !

Il monta dans sa chambre à toute vitesse pendant que James se relevait. Il avait un succès fou avec les gosses, il savait comment faire pour les mettre dans sa poche en une seconde.

- T'étais pas obligé !

- Il m'a pris pour Thor ! Un dieu ! Je lui dois bien ça. Allez cuisiner, appelez-moi genre dix minutes avant le service, je préparerais un dessert rapide avec ce que je trouve.

- Parfait. Merci James.

Max revenait déjà avec tous ses accessoires. Nous les laissâmes seuls pour aller dans la cuisine. J'avais toujours Marie dans mes bras.

- Tu veux dessiner avec de la musique ? Les chansons de princesses ?

- Oui...

Je l'asseyais sur sa chaise et lui sortais son cahier de coloriage. Je mis ensuite un cd Disney et voilà, Marie était dans son monde. Je me tournais alors vers Ben qui souriait.

- Un vrai tonton poule !

- Oui ! Oh je l'étais déjà avant.

- C'est vrai ! On mange quoi chef ?

- C'est toi le chef maintenant...

- Tu resteras toujours mon chef. Alors ?

- Hum... J'ai un magret de canard, plutôt beau, et je voulais leur faire de la purée de carotte et de haricots vert. Il n'y a que comme ça qu'ils mangent des légumes.

- C'est parti !

Nous nous mîmes donc au travail. Chacun faisait son truc de son côté, nos gestes étaient précis et adaptés à l'espace que nous avions. Comme une chorégraphie qu'on n'oublie jamais, nos mouvements se faisaient sans gêner l'autre. Comme avant... retrouver cette sensation me faisait un bien fou, même si ce n'était que pour une courte durée.

Comme nous l'avait demandé James, dix minutes avant la fin de nos cuissons, nous l'appelâmes pour qu'il puisse faire son dessert, il opta pour un simple mais efficace gâteau au yaourt au chocolat qui allait cuire pendant que nous mangerions.

A table nous ne parlions que de banalité, je savais que la grosse discussion serait pour une fois que les enfants seraient couchés. Le dîner était excellent et les petits dévorèrent leurs assiettes, Marie réclama même de la purée de haricots ! Chose inimaginable si les légumes avaient été dans leur forme naturelle.

Le temps du coucher, j'abandonnais mes amis et bordais les enfants comme chaque soir. Une fois bien endormis, je rejoignais la cuisine, ils avaient fait la vaisselle et Ben décapsulait les bières qu'il avait ramenées.

- Merci pour la vaisselle.

Les gars haussèrent les épaules, comme si c'était normal.

- On va dehors ? Les petits dorment. Ils sont partis pour la nuit je pense.

- On te suit. Enfin je te suis, peut-être que Thor va passer par le Bifröst !

James secoua la tête tout en tapant l'épaule de Ben.

- Ah les humains et leur jalousie !

Je ris et nous allâmes nous installer sur les chaises de jardin avant de trinquer.

- À la vôtre les gars !

- À la tienne surtout.

Je souris à James et bus une gorgée de ma bière.

- Alors ? Quoi de neuf dans le monde extérieur ? Vous disiez que le restaurant avait changé.

- Oui, la direction est naze, les clients désertent peu à peu le restau.

Je fronçais les sourcils en regardant Ben.

- Je ne comprends pas, tu es un super cuisinier ! Un très bon chef ! Les gens ne peuvent pas partir à cause de ta cuisine !

- En réalité Ed... James et moi on ne bosse plus là-bas. Je n'arrivais pas à digérer ce qu'ils t'avaient fait et je leur ai posé un ultimatum. Soit ils te rappelaient, soit je partais. Ils m'ont dit de partir. James m'a suivi.

- Du jour au lendemain, ils n'avaient ni chef cuisinier, ni chef pâtissier. Le second de Ben était plutôt médiocre, il n'assure pas autant que Ben ou toi. Et à ce qu'on sache, ils n'ont pas de nouveau chef pâtissier.

- Ils vont perdre leurs étoiles une par une. Leur renommée aussi. Le directeur a voulu nous rappeler, nous avons dit non.

Je secouais la tête. J'étais un peu en colère. Ils n'avaient pas à perdre leur boulot pour moi. C'était du gâchis !

- Mais vous allez faire quoi maintenant ? Vous êtes cons ?! Vous avez un talent, des capacités, un boulot, une place en or ! Vous avez tout gâché pour quoi ? Être solidaire avec moi ? C'est de la connerie !

- Hey du calme Hulk ! Ce qu'ils ont fait étaient injuste ! J'aime mon boulot, James aussi mais ce n'est pas du plaisir quand on bosse dans une ambiance pourrie avec des connards pareils. Tout ce qu'ils veulent c'est du chiffre.

- Avec Ben on a un projet. Il est en train de se mettre en place. Sur le papier en tout cas.

J'étais curieux maintenant. Ben le vit et repris la parole.

- Nous voulons ouvrir notre propre restaurant, avec nos goûts, notre cuisine, notre façon de travailler.

- Et on voudrait que tu prennes part à ce projet.

Je secouais la tête, c'était impossible.

- Non. Je ne peux rien investir, je n'ai pas d'argent. Et je ne peux plus travailler le soir. Je suis désolé.

- A quel moment on t'a demandé de l'argent ? Mec, on te connaît, on sait tout ce que tu vis je te signale. On a pensé à tout. On s'occupe de l'argent, tout ce qu'on te demande c'est ton avis et ton talent !

- Ben, je ne peux pas être chef dans ma situation.

- Qui te dit d'être chef ? Dans notre idée, nous le seront tous les trois. On bossera ensemble, on prendra les décisions entre nous. Ce qu'on te propose c'est de t'occuper des services du midi. Je ferais le soir. On pourrait même avoir une carte du midi et une du soir. Je ne sais pas, il faut encore penser à ça.

- Ben dit vrai. On a tous les trois nos compétences et je pense que nous sommes complémentaires. On ferait un truc du tonnerre !

- Je ne peux pas vous donner de réponse ce soir.

- Prends ton temps. Pour le moment nous sommes encore loin d'être dans le concret. On a mille choses à faire avant. Mais ça serait génial que tu sois avec nous dans ce coup-là. Ta place est en cuisine.

- Je vais y penser. Je vous le promets. Mais je dois penser avant tout aux enfants.

- On comprend. Mais il n'y a pas de problème, que des solutions.

Je levais un sourcil tout en regardant James avec amusement.

- Philosophe à deux balles !

- Merde !

Je souris et pris une gorgée de ma bière, j'étais un peu sonné de leur proposition. Avant j'aurais dit oui sans problème, je me serais lancé tête baissée dans ce projet. Tout était différent maintenant, il y avait tellement de paramètres à prendre en compte. James repris la parole.

- On va te laisser y penser. Il est tard, tu dois être épuisé vu ta sale tronche.

- Un peu ouais...

- On n'attend pas des semaines avant de se revoir.

- Passez quand vous voulez. Et je promets de réfléchir sérieusement à votre idée.

Je les raccompagnais jusqu'à la porte et ne pus m'empêcher de les prendre dans mes bras.

- Merci d'être venu, ça m'a fait du bien et vous m'aviez manqué.

- Toi aussi vieux ! Repose-toi bien.

Je souris à Ben puis je les regardais repartir. Je ne m'étais pas aperçus qu'ils m'avaient autant manqué. Je me promis même d'essayer de combler cette distance que j'avais mis entre nous, involontaire certes, mais elle était bien là. Je soupirais, me rendant compte que ma vie était vraiment merdique, puis je fermais la maison.

Après un rangement rapide et une bonne douche, je me mis au lit. J'étais mort de fatigue mais pourtant je n'arrivais pas à trouver le sommeil. La proposition de mes amis me faisait cogiter. Ça semblait idéal. Pas d'argent à avancer, juste à cuisiner, que le midi en plus. J'aurais le temps pour les enfants. C'était parfait mais... si le restaurant ne fonctionnait pas ? Si je quittais une place ou j''étais assuré de rester pour aller vers quelque chose d'incertain ? Se lancer de ses propres ailes est toujours du cinquante cinquante. Soit ça passe, soit ça casse. Comment je ferais si j'étais de nouveau au chômage ? Et puis les vacances ? Qu'est-ce que je ferais des enfants pendant ce temps ? Ou les weekends ? Je ne peux pas payer de nounou, cette option est totalement exclue.

Je me tournais et retournais dans le lit. Je n'arrivais pas à débrancher mon cerveau de toutes ses questions et ses tracas. Les soucis n'étaient même pas là, que je n'en dormais déjà pas ! C'était ridicule. Je pris mon portable, ça faisait des heures que j'essayais de dormir, je voulais voir combien de temps il me restait avant de me lever. Oh... en fait j'étais couché depuis à peine une demi-heure, j'aurais juré plus. Je vis aussi le message de Bella toujours en attente. Un autre s'était même rajouté. J'étais toujours un peu vexé de la tournure de notre déjeuner.

« Je suis désolée pour Jacob... vraiment désolée. Je ne voulais pas que notre déjeuner finisse comme ça. »

Ouais... bah t'a rien fait pour le faire partir non plus. J'ouvris le deuxième message.

« Je pense que tu es avec les enfants. J'aimerais juste te dire que je voudrais me rattraper. Je suis même prête à faire moi-même la cuisine ! Bonne soirée Edward. A très vite. »

Hum... pourquoi j'accepterais ? J'avais fait ça pour rembourser ma dette envers elle. Ce n'était pas un rencard ou je ne sais quoi. Je n'ai pas le temps pour ça. Je lui répondis.

« Oui j'étais avec les enfants et des amis. Ne t'inquiète pas pour ce midi. Je t'ai fait un repas, tu l'as dégusté c'était le deal. Il n'y a rien à rattraper. A bientôt. »

J'espérais ça que s'arrêterait là. Et je ne voudrais pas casser le coup à Jacob. Il met tellement d'efforts ! Bref. Je fermais les yeux. Et bizarrement je m'endormis en toute innocence sur ce qu'allait me réserver l'avenir.


Et voilà !

Sachez que le chapitre 9 est prêt, je pense vous le donner pour début janvier.

Je vous souhaite de très très bonne fêtes de fin d'année !

Bisous bisous !

Lexi