24_ flashlight [bonus]

Le bruit assourdissant d'une explosion s'éleva dans les rues du village caché de la feuille et soudainement, l'air lui manqua ; ses prunelles d'un bel ébène effleurèrent le spectacle et un haut de cœur la prit, douloureusement, dans les tripes. Un massacre. Dans un bond agile mais tremblant, elle déchira la tunique brune qu'elle portait et se glissa dans une de ses tenues de shinobis, qui traînaient dans le fond de son placard ; elle s'échappa par la fenêtre de l'appartement et s'élança dans les murs, le cœur tremblant dans sa cage thoracique.

Une rivière pourpre effaçait toutes les traces de bonheur des rues, quelques corps inertes dans les décombres et elle n'eût aucun mal à comprendre que cette fois-ci, que par rapport à la quatrième grande guerre, se serait différent. L'air siffla dans son dos et elle esquiva tant bien que mal le kunaï, qui effleura superficiellement sa joue ; un grognement s'échappa de ses lèvres et elle se jeta dos à un mur, alors qu'un rire s'élevait dans la rue.

- « sors de là, ma beauté » entendit-elle « j'ai un faible pour les brunes, en plus »

Un frisson la prit, à l'intonation de la voix ; ce n'était certainement pas l'un des villageois. Le bruit de pas se rapprochait d'elle, lentement, et elle manqua de perdre l'équilibre en se rendant compte qu'elle était dans une impasse ; son corps tremblait littéralement et elle ferma les yeux, un instant. Des souvenirs la frappèrent, elle se revoyait dans les rues du village, un grand sourire sur les lèvres ; elle se revoyait rire aux côtés de ses camarades, rire aux côtés de tous ces jeunes qui peuplaient cet endroit. Elle s'était peut-être absentée des années et des années d'ici, mais cet endroit restait sa maison ; une larme roula sur sa joue et à l'instant où le bruit de pas cessa tout près d'elle, elle prit une inspiration, acceptant douloureusement la fin.
Mais rien ne vint.
Rien, à part cette caresse tendre sur sa joue.

- « tout va bien Shizune, je suis là maintenant » souffla doucement une voix féminine

Sans prendre la peine d'ouvrir les yeux, elle se jeta au cou de la femme et fondit en larmes ; elles restèrent ainsi, un court instant, dans les décombres du village qu'elles chérissaient toutes les deux. Shizune se tira finalement de l'étreinte et sécha ses larmes, d'un revers de manche maladroit ; son maître, son amie, sa seule famille, se tenait devant elle, un fin sourire au coin des lèvres. Que serait-elle devenue si Tsunade Senju ne l'avait pas pris sous son aile, un jour?

La dite Tsunade ébouriffa doucement les mèches brunes de la jeune femme et acquiesça, silencieusement ; son sourire s'effaça et un air grave se cala dans les traits de son visage.

- « est-ce que tu as croisé quelqu'un, sur le chemin ? » demanda la blonde, les sourcils froncés, les bras croisés sur sa poitrine « Kakashi ? Ou Naruto ? »
- « non, personne ; il n'y avait personne » souffla la brune, à bout de souffle

Personne, à part ces corps ; ses prunelles brunes se posèrent un instant sur la silhouette du cinquième hokage. Le tissu de sa tunique au ton vert semblait usagé, couvert à certains endroits de tâches brunes ; peut-être du sang, elle n'en savait rien. Et cet éclat d'inquiétude dans les iris de la femme ne fit qu'accroître cette boule dans ses entrailles.

- « quelque chose cloche » souffla finalement le cinquième hokage « je ne comprends pas, pourquoi Naruto n'est pas encore intervenu ? »
- « qu'est-ce qui vous dit que ce n'est pas le cas ? » demanda la brune, les sourcils froncés
- « ça » lâcha-t-elle, en pointant du doigt l'horizon

Sans un mot et d'un même mouvement, elles tournèrent la tête vers l'endroit qu'elle pointait du doigt ; une étrange barrière au teint violet se dressait sur une partie du village et Shizune n'eût aucun mal à comprendre que, oui, ce n'était pas le blond qui l'avait dressé, ce violet, ce n'était pas lui. Elle prit un instant pour effleurer le reste du village, du bout du regard, de la fumée s'échappait de la majorité des coins et les décombres déchiraient l'image si douce qu'elle avait de cet endroit ; elle ne comprenait pas ce qui était en train de se passer, mais elle haïssait ça, cette peur dans ses entrailles, cette inquiétude et cette petite voix qui lui hurlait de prendre la fuite.

- « les blessés ont besoin de nous, je n'ai trouvé personne, moi non plus ; je pense que tous les shinobis et villageois sont concentrés de l'autre côté du village » continua-t-elle, les sourcils froncés, les bras croisés sur sa poitrine « tu restes avec moi, d'accord ? ne me quitte pas d'une semelle, des ennemis rôdent dans tous les coins et la priorité sont les blessés »
- « bien, maître Tsunade » lâcha la brune, en acquiesçant aux mots de son aîné

Les ténèbres semblaient sur le point de prendre possession du village ; étrangement, elles n'eurent aucun mal à se rendre de l'autre côté du village, un sorte de calme avant la tempête. Lorsqu'elles foulèrent, de leurs semelles, la terre à la teinte anormalement pourpre près du bâtiment officiel de l'hokage, quelque chose dans l'air arracha un frisson à la cinquième hokage ; d'un geste de la main, elle intima silencieusement à la brune de ne faire aucun bruit et ouvrit la marche. Elles s'engouffrèrent dans le bâtiment, ce bâtiment qu'elles connaissaient par cœur, ce bâtiment hanté par tant de bons souvenirs ; Tsunade ne disait rien, elle marchait à un rythme rapide, les traits marqués par l'épuisement et l'inquiétude.

Et son cœur tremblant, dans sa cage thoracique, rata un battement à l'instant où ses prunelles d'un beau noisette effleurèrent les bouts de verres sur le sol du bureau du hokage ; les sourcils froncés, à bout de souffle, elle tenta de dire quelque chose, mais un gémissement la coupa. D'une démarche agile, elle se tira jusqu'à la pièce d'à côté, là où des gémissements empreint de souffrance se répercutaient aux murs ; un hoquet de surprise s'échappa des lèvres de Shizune lorsqu'elle fit face à la scène. Bercée dans une mare de sang, Shiho, l'une des kunoichis de l'équipe d'analyse cryptographique du village, tentait tant bien que mal de prendre quelques inspirations, au pas de la mort.

- « mon dieu, Shiho » s'exclama la brune, dans un souffle saccadé « qu'est-ce qu'il s'est passé ? »

Dans un bond agile, Tsunade se hissa près d'elle, un genou au sol et plaqua ses mains délicatement contre l'abdomen de la femme ; un halo à la teinte émeraude se forma. La pièce était en bordel, presque en morceau, les meubles avaient été renversés sur le sol et des tâches pourpres souillaient les murs ; la blonde mit un peu plus de force dans son jutsu médical.

- « i-ils.. » bégaya douloureusement Shiho « ils ont a-attaqués le bâtiment.. »
- « ils ? qui ? de quel village sont-ils ? » demanda la brune, les sourcils froncés
- « j-je ne sais pas » lâcha-t-elle, dans un souffle agonisant

Elle semblait dans un sale état et les traits tirés du cinquième hokage ne disaient rien de bon ; dans un geste doux, Shizune attrapa l'une des mains de la blessée.

- « comment ça, tu ne sais pas ? quel était le signe sur leurs bandeaux ? » s'exclama la cinquantenaire
- « ils.. i-ils n'avaient pas de bandeaux.. » dit-elle, difficilement
- « q-quoi ? » lâcha Shizune, une pointe de surprise dans la gorge

Sûrement que d'une certaine façon, ça ne l'étonnait pas tant que ça ; quelques années en arrière, lors de la quatrième grande guerre, les villages avaient formés une alliance, installant une paix entre les shinobis. Elle resserra doucement sa prise, autour de la main de la femme et lutta tant bien que mal contre les larmes qui perlaient au coin de ses yeux ; parce qu'elle n'était pas idiote, elle avait été l'élève de l'un des ninjas légendaires, il ne restait que quelques minutes à Shiho.

- « où est le septième hokage, Shiho ? » demanda la blonde, une pointe d'inquiétude dans la gorge « où est Naruto ? »

Avec une certaine maladresse, étouffant un gémissement douloureux entre ses lèvres, Shiho déposa son autre main, couverte de sang, sur les mains du cinquième hokage, qui tentait tant bien que mal de lui offrir quelques instants de plus ; leurs regards se connectèrent une seconde, une demi-seconde, mais ça suffit amplement à Tsunade. Les sourcils froncés, elle secoua doucement la tête de droite à gauche, se persuadant doucement du contraire ; parce qu'après tout, ce n'était pas possible, ça ne pouvait tout simplement pas être vrai, n'est-ce pas?

- « i-il.. » commença la blonde, gravement blessée « le s-septième hokage.. il est m-mort »

Le sourire idiot du blondinet se heurta brutalement à son esprit et elle tenta tant bien que mal de ne pas fondre en larmes, elle se souvenait si bien de la première fois qu'elle avait rencontré ce garçon à l'allure bien trop idiote pour qu'elle le prenne au sérieux, elle se souvenait de toutes ces fois où il avait hurlé à l'univers entier qu'il deviendrait le prochain hokage et elle se souvenait parfaitement du jour où son rêve s'était réalisé. Il avait revêtu la tunique que son père avait revêtu avant lui et fièrement, il s'était dressé face aux villageois, armé de son plus beau sourire ; l'orphelin avait gagné la reconnaissance de tant de gens, il avait gagné l'amour et l'admiration de tous.

Elle secoua doucement la tête de droite à gauche, douloureusement, chassant les larmes qui menaçaient de prendre la fuite sur ses joues et déposa ses prunelles d'un beau bleu sur le visage de la femme, au sol ; et ça lui fit terriblement mal lorsqu'elle se rendit compte qu'elle ne respirait plus. Shiho n'avait jamais réellement été une amie proche, mais elle avait été présente, pour elle, pour le village, pour les hokage's suivants ; douloureusement, elle déposa sa main sur le visage de la kunoichi et referma délicatement ses paupières.

Elles restèrent là, à genoux sur le sol presque pourpre, silencieusement, quelques minutes ; Shizune ne parvenait pas à rompre le contact de ses prunelles sur le corps couvert de sang de la blonde. Comment était-ce possible ? Ils avaient gagné la paix, des années en arrière, au prix de lourds sacrifies ; ça ne pouvait tout simplement pas recommencé, encore une fois. Douloureusement, elle lâcha la main soudainement si froide de Shiho et prit une inspiration ; la guerre était constamment accompagnée de pertes et elle détestait ça, elle détestait ça, si fort. Sans un mot, elle tendit une main maladroite au cinquième hokage.

- « maître Tsunade, ils nous attendent » souffla-t-elle, d'une voix douce, mais empreint d'une terrible souffrance, elle tentait tant bien que mal d'être forte « les blessés ont besoin de nous, trouvons Sakura et battons-nous »

Les prunelles d'un beau bleu de la cinquantenaire se confrontèrent aux siennes, silencieusement ; le bruit de leurs respirations se répercutait aux murs, enveloppés par le son assourdissant des explosions. Un soupir s'échappa des lèvres de la blonde et doucement, elle attrapa la main que lui tendait la brune, se hissant sur ses deux pieds ; sûrement qu'elle avait raison, que les autres les attendaient, quelque part, dans les ruines du village caché de la feuille.

- « je suis sûr que Naruto va bien » ajouta la brune, maladroitement « c'est Naruto, c'est un battant, vous le savez »
- « je l'espère, Shizune » lâcha le cinquième hokage dans un murmure douloureux « parce que je ne peux pas le perdre, pas lui »

Elle connaissait ce lien qui unissait les deux blonds ; Tsunade, avec un peu de temps, avait trouvé en lui un fils, un shinobi puissant et le souvenir de Jiraiya, cet homme au ton idiot dont elle était tombée amoureuse même si elle n'avait jamais eu le courage de lui dire. Peut-être que si elle l'avait fait, elle aurait pu être heureuse, vraiment heureuse.

Le bruit d'une explosion s'éleva, un peu plus près que la précédente et d'un commun accord, elles se tirèrent dans les couloirs. Les rues semblaient encore plus ravagées et Shizune esquiva tant bien que mal le morceau d'un bâtiment qui fonçait droit sur elle ; ses iris d'un beau brun s'accrochèrent un instant au ciel et son cœur rata un battement lorsqu'elle remarqua l'absence de la barrière. Tsunade écrasa son poing contre un mur, étouffant un grognement entre ses lèvres ; la situation lui échappait totalement, Konoha n'avait jamais semblé si sur le point de disparaître.

Deux hommes masqués apparurent soudainement, sous leurs yeux et dans un hoquet effrayé, Shizune fit un pas en arrière ; ces hommes portaient peut-être les masques des anbus, mais rien ne disait qu'ils en faisaient réellement partis. Les sourcils froncés, Tsunade jaugea un instant les deux nouveaux venus ; l'un d'eux ne possédait pas ce fameux tatouage sur l'épaule et elle entreprit de tirer la brune derrière elle, méfiante.

- « cinquième hokage » souffla l'un des hommes, dans un soupir presque soulagé
- « qui êtes-vous ? » s'exclama-t-elle, les sourcils froncés

Celui a la tignasse brune, sans tatouage sur l'épaule, arracha le masque qui camouflait son visage et mit un genou à terre, face au cinquième hokage ; il ne faisait pas parti des anbus, mais lorsque la guerre avait explosée, lorsque ces hommes s'en étaient prit à la population du village, il avait revêtu l'uniforme et s'était jeté dans la bataille, une pointe de courage dans les entrailles.

- « toi » lâcha la blonde, dans un souffle « Konohamaru, qu'est-ce que tu fiches dans cette tenue ? »
- « j'ai pris la décision de rejoindre temporairement les Anbus, excusez-m-.. » commença le concerné
- « cinquième hokage, la situation est critique ; nous avons besoin de vous, le village a besoin de vous » le coupa le deuxième homme, à la tignasse rousse

Les sourcils froncés, Tsunade intima silencieusement au shinobi de lui en dire un peu plus ; une pointe de souffrance se refléta dans les prunelles bleutés du jeune Sarutobi et elle n'eût aucun mal à comprendre, à cet instant, à quel point la situation était critique.

- « vous êtes à présent le hokage du village caché de la feuille, le poste est à vous, de nouveau » ajouta-t-il, sévèrement, droit comme un pic
- « qu'est-ce que tu veux dire par là ? où est Naruto ? et ça devrait être Kakashi Hatake, le hokage, dans ce cas » lâcha-t-elle, les sourcils froncés, une pointe de souffrance dans les entrailles
- « le sixième et le septième du nom, Kakashi Hatake et Naruto Uzumaki, sont tous les deux décédés, dans la bataille ; le poste est à vous » annonça-t-il, d'une voix neutre

Un hoquet de surprise s'échappa des lèvres de Shizune, elle tenta tant bien que mal de faire taire les larmes qui dévalaient si soudainement ses joues pâles, mais n'y parvint pas ; comment était-ce possible ? A cet instant, elle espérait que tout soit ne soit qu'un mauvais rêve.

- « la majorité des villageois ont été évacués, aux portes du village ; ils se rendent au village caché du Sable, avec en tête Temari Nara, la sœur du kazekage » continua l'anbu « les hommes se battent enco-.. »
- « Sakura Uchiha » le coupa-t-elle, les poings serrés « où est Sakura Uchiha et sa fille ? et Hinata Uzumaki ? les enfants du septième du nom ? où sont-ils ? ils sont votre priorité, retrouvez-les »

Une telle colère émanait du cinquième hokage ; Konohamaru baissa les yeux, il comprenait ses sentiments. Lorsqu'il s'était retrouvé, près des autres shinobis, et que son regard s'était accroché malgré lui au corps inerte du septième hokage, au sol, noyé dans une rivière pourpre ; il avait senti les brisures dans sa cage thoracique, les larmes avaient roulé sur ses joues, silencieusement, avant qu'une colère sans nom ne prenne possession de ses entrailles.

- « Sakura et Sakura Uchiha, ainsi que Hinata, Boruto et Himawari Uzumaki sont avec les villageois ; Sasuke Uchiha a pris les commandements de la situation et a donné l'ordre aux hommes de mettre les femmes et les enfants aux portes du village, même les kunoichis » déclara le rouquin, sous son masque

Une légère once de soulagement se glissa dans les tripes de la blonde, un soupir passa le cap de ses lèvres et elle retint tant bien que mal un sourire, au coin de ses lèvres, malgré les larmes qui perlaient au coin de ses paupières ; le blondinet avait bien fait de se battre corps et âme pour le survivant du clan Uchiha, peut-être celui-ci ferait-il un bon hokage, lorsque tout ça serait terminé.

Ses prunelles d'un beau bleu s'accrochèrent un court instant aux visages des hokage's, gravés dans la pierre ; de grands hommes étaient nés dans ce village et de grands hommes avaient péris sur ce sol.

Pendant un instant, elle observa les larmes qui roulaient sur les joues de son élève, devenue une femme ; elle se souvenait bien de l'instant où elle avait décidée de suivre la voie de son coéquipier Jiraiya et de transmettre son savoir, elle était tombée nez à nez avec cette petite brune, timide mais incroyablement forte, intérieurement. Dans un geste tendre, elle déposa sa main sur le sommet du crâne de la femme et lui adressa un petit sourire.

- « écoute-moi, Shizune » lâcha-t-elle, d'une voix douce, au bout de quelques minutes « ceci est le dernier ordre de ton hokage, d'accord ? »
- « Tsunade ? » murmura la brune, dans un sanglot, le cœur tremblant dans la cage thoracique
- « vis ta vie, comme bon te semble ; tu es qui tu es, n'ai pas peur du jugement des autres, n'ai pas peur de l'amour, n'ai pas peur de la mort » continua la blonde « tu es exceptionnel, ne l'oublie jamais ; et tu diras à ma petite Sakura que je suis terriblement fière d'elle, dis-lui de transmettre ses connaissances à quelqu'un en qui elle aura foi, peu importe ses faiblesses, peu importe ses forces, dis-lui de faire un choix avec son cœur »

Et elle fit volte-face, sans un mot de plus.

- « maître Tsunade ? » appela la brune, une pointe de désespoir dans la gorge
- « Konohamaru Sarutobi » s'exclama le cinquième hokage, d'une voix forte « je t'offre une place dans les rangs des anbus et ton nouveau poste prend effet maintenant ; voici ta mission : protège Shizune quoi qu'il en coûte et emmène-là auprès du kazekage, il prendra soin de vous, je n'en doute pas »

Les lèvres du brun tremblèrent, un instant, alors qu'il luttait intérieurement pour ne pas être faible ; il prit une inspiration, douloureusement et acquiesça, malgré les plaintes de la brune, en arrière, qui refusait.

- « hors de question, je ne pars pas, Tsunade » s'écria la brune, les poings serrés, les joues ravagés par les larmes « je reste à vos côtés et je me bats, je suis votre élève ; vous ne pouvez pas faire ça, je vous l'interdis »
- « anbu Sarutobi, emmenez-la, maintenant » ordonna-t-elle, le visage neutre
- « n-non » bégaya la concerné, derrière elle « ne fais pas ça, je t'en supplie »
- « prends soin de toi, Konohamaru ; ton grand-père serait fier, j'en suis sûr » ajouta la blonde, doucement

Konohamaru acquiesça, douloureusement et se hissa sur ses deux pieds, camouflant son visage sous le masque d'anbu ; d'une démarche droite, il se rapprocha de la brune et la souleva, tel un sac de pommes de terre, il la jeta sur son épaule et dans un bond agile, s'éloigna des atrocités. Les cris de la brune résonnèrent de longues minutes dans les ruines du village ; Tsunade, le cinquième hokage, essuya d'un revers de manche maladroit les larmes sur ses joues et intima silencieusement à l'anbu de l'emmener aux blessés, aux hommes qui attendaient ses ordres. La volonté du feu était encore là, quelque part.