Bonjour bonjour !

Je reviens dès maintenant avec le chapitre sept de Waves ! Désolée pour cette longue absence, j'avais perdu l'inspiration et il s'est passé beaucoup de choses dans ma vie personnelle qui m'ont beaucoup bloquée durant cette année 2017/2018... Mais voilà, je reviens avec les aventures de notre Emma et ses pouvoirs mystérieux, avec Ace et ses magnifiques plongeons dans l'eau salée !
N'hésitez pas à laisser votre avis, il m'est vraiment très important afin de progresser et corriger les incohérences :) (ou même si vous voyez des fautes d'orthographes quelque part, je suis forte dans ce domaine mais pas parfaite !)

Bonne lecture à vous !

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Ace se réveilla en grommelant au beau milieu de la nuit. C'était étrange, puisqu'il était plutôt habitué à ses crises de narcolepsie ou à un sommeil de plomb. Et là, il devait être pas loin de trois heures du matin. Sa discussion avec Emma avait dû le chambouler plus qu'il ne le pensait.

Qu'est-ce-qui faisait de lui un monstre ?

Il se redressa sur son lit, écoutant courtement les ronflements de ses frères qui dormaient tous autour de lui. Puis il se leva, enfila ses bottes et sortit du dortoir pour atterrir dans le long couloir du bâtiment où il se trouvait. La chambre d'Emma se trouvait au bout de ce couloir sombre. Il repensa au contact de la main de la jeune fille sur son torse, et il frissonna de nouveau.

Il avait frissonné. Lui, l'homme de feu, Ace aux poings Ardents !

Alors que sa main était levée devant la porte de la chambre de sa camarade, prête à frapper, un fracas se fit entendre à l'intérieur suivit d'un gémissement et d'une inspiration chaotique, comme prise avec difficulté.

- Emma ?

Il frappa, les sourcils froncés par la curiosité, et il n'eut en réponse qu'une respiration rapide et forte et quelques mots balbutiés. Alors Ace ne se gêna pas et entra dans la chambre d'Emma, quelque peu inquiet du manque de réaction de la jeune fille. Cette dernière était à genoux sur le sol, les jambes flageolantes et elle essayait de se relever en s'appuyant sur son lit. Elle suait à grosses gouttes et tremblait.

- Tu vas bien ? s'enquit Ace en refermant la porte derrière lui pour s'approcher d'elle pour la soutenir.

- J'ai l'air de respirer la joie ? répondit-elle avec sarcasme alors que son souffle redevenait plus calme.

Ace faillit l'envoyer bouler mais s'arrêta en voyant l'expression de douleur sur son visage, dont les yeux devenaient troubles. Ses cheveux bouclés collaient à son front moite et elle était très pâle.

- Je crois que je suis malade, je fais de la fièvre, dit Emma en réussissant enfin à s'asseoir sur son lit.

- Et c'est ça qui t'as fait tomber de ton lit ? rétorqua l'homme de feu en croisant les bras avec un air suspicieux.

- Tu es venu pour me faire passer un interrogatoire ? Je suis tombée du lit parce que j'ai fait un cauchemar ! s'énerva la jeune femme en lui lançant un regard noir.

Elle passa une main sur son front et se cala au fond de son lit, assise en tailleur. Elle ne portait qu'un t-shirt large et une culotte noire, chose dont elle ne semblait pas se formaliser alors qu'un homme était présent dans la même pièce qu'elle. Son manque de réaction vis-à-vis de cela troubla Ace un instant, avant qu'il ne se souvienne qu'après tout, elle prenait sa douche dans les douches communes avec eux, du moins en dehors des heures de pointe pour avoir un minimum d'intimité. Sa chambre individuelle était la seule faveur qu'elle pouvait avoir en étant une femme, puisqu'il en restait une. Or, aucune chambre ne possédait de douche hormis celle du capitaine.

- Assieds-toi, proposa doucement Emma avec un petit sourire fatigué, tu es venu pour quelque chose, je me trompe ?

Ace posa ses fesses sur le bord du lit, à quelques centimètres d'Emma qui semblait moins agitée qu'au moment de son arrivée dans la chambre.

- T'es sûre que tu vas mieux ? T'as pas besoin d'un médicament, un truc comme ça ? demande-t-il tout de même afin de s'assurer qu'elle ne tomberait pas dans les pommes incessamment.

Emma secoua la tête et le jeune homme compris qu'elle allait bien.

- Tu veux parler de ton cauchemar ?

- T'inquiètes pas pour moi, tête de flammes, répondit-elle avec un rire moqueur, c'est un cauchemar que je fais régulièrement. Toi, pourquoi tu étais devant la porte de ma chambre ?

Ace se sentit d'un coup très bête et gêné. C'est vrai, pourquoi était-il allé devant sa chambre ? Pourquoi avait-il été sur le point de frapper à sa porte ?

- Ce que tu m'as dit hier soir, avant que Matt ne t'appelles pour éplucher les patates - Emma poussa un grognement -, ça m'a empêché de dormir ! s'exclama-t-il en détournant la tête.

- Ce que tu me dis là sonne comme une accusation ! Nom de Zeus, quelle tragédie ! Je suis finie, découverte : mes paroles étaient en fait de la sorcellerie destinée à t'empêcher de trouver le sommeil !

Et voilà qu'elle se moquait ouvertement de lui. Le jeune homme lui colla une baffe à l'arrière du crâne et elle s'empressa de répliquer avec un coup de poing dans les abdominaux dont la douleur ne se fit pas ressentir pour lui.

- Ce n'est pas juste, tu ne ressens pas la douleur, bouda Emma dont les joues commençaient à reprendre des couleurs.

- Ça t'apprendra à dire de la merde, rétorqua Ace en lui lançant un regard noir, tes paroles m'ont empêché de dormir car je ne comprends pas.

- Tu ne comprends pas quoi ?

La jeune femme avait posé son visage dans main ouverte, son coude posé sur sa cuisse.

- Comment as-tu pu voir que je ne suis pas un monstre alors qu'on se connaît pas ?

- On se connaît Ace, je n'aurais pas laissé un inconnu entrer dans ma chambre comme ça, se moqua-t-elle.

- On ne se connaît pas assez, Emma, tu ne sais pas qui je suis, répondit-il avec quelque peu de froideur, agacé par l'air moqueur de sa camarade.

Emma se redressa, le dos bien droit.

- Et ai-je besoin de te connaître en profondeur afin de constater que tu n'es pas un monstre ? Pourquoi en es-tu tant persuadé ? demanda-t-elle, les monstres n'existent que dans les légendes, les histoires, Ace.

Le jeune homme resta muet. Il était difficile pour lui d'en dire plus. Difficile pour lui de se confier. Mais il se dégageait d'Emma une aura de douceur et de confidence qui atteignait son coeur. Comment pouvait-elle autant le toucher.

- Tu peux me dire ce que tu as sur le coeur Ace. Tu es venu pour ça non ?

Alors elle se pencha en avant, ayant l'air soudainement lasse et épuisée. Sa tête reposa sur l'épaule du jeune homme, et ce dernier sentit la chaleur irradier d'Emma, sûrement due à la fièvre. Elle avait beaucoup trop chaud.

- Ce cauchemar que je fais depuis des années ne semble pas vouloir me quitter, raconta-t-elle avec la voix faible, parfois même, je le vis en pleine journée. Ça m'arrive rarement, et ça dure deux, peut-être trois jours avant que ces illusions ne disparaissent. Ce sont des cauchemars éveillés et ils me rendent souvent malades. Et ils me donnent parfois envie de tout exploser par frustration.

Elle souffla un bon coup et Ace tourna son visage vers elle, le nez tombant presque dans sa chevelure courte et pleine de boucles rebelles.

- On m'a toujours dit que j'étais un monstre quand j'étais enfant, dit-il simplement, tant de fois que j'en suis persuadé.

- Les vrais monstres sont ceux qui me poursuivent dans mes cauchemars, répondit Emma en levant son minois vers son camarade, et ceux qui t'ont persuadé que tu en étais un étaient trop aveuglés par leurs propres rêves. Les monstres n'existent pas. Pas plus que ceux dont je rêve la nuit et la journée.

Les monstres sont des illusions.

Quand Emma finit par s'allonger sur le dos, les jambes pliées, Ace se mit à ses côtés dans le lit deux places, à sa droite, après avoir retiré ses bottes. Ils parlèrent de tout et de rien, mais ils n'allèrent pas plus loin, chacun, dans leur passé, leurs peurs et leurs illusions. Ils n'en avaient pas besoin.

Ils s'endormirent paisiblement, côte à côte, vers cinq heures du matin.