Chapitre huit
Hello hello les amis !
Voici le chapitre huit de Waves, je suis plutôt inspirée ces derniers jours et j'ai constaté que mon histoire plaisait beaucoup à certaines personnes, alors ça m'a redonné beaucoup de motivation !
N'hésitez pas à laisser un avis, une critique positive, même négative, car elles deux permettent l'amélioration pour quelqu'un qui aime l'écriture ! Je suis ouverte à tout (hormis les insultes et les critiques non constructives, bien sûr)
Je vous souhaite à tous une bonne lecture !
OoOoOoOoOoO
Emma ouvrit les yeux sur le plafond de sa cabine, un doux ronflement attirant son attention à ses côtés. Ace s'était endormi à côté d'elle, positionné sur le ventre, son bras droit passé par dessus les hanches de la jeune femme, son bras gauche pendouillant dans le vide. Il n'y avait rien d'intime ou de lascif à cette étreinte, juste un geste innocent que le jeune homme avait effectué dans son sommeil, son inconscient certainement attiré par la chaleur du corps d'Emma. Cette dernière retourna son regard vers le plafond, poussant un soupir discret. Sa fièvre avait baissé, elle se sentait encore un peu patraque, mais elle était relativement en forme. La présence d'Ace avait été très reposante, surtout qu'il était une bouillotte sur pattes, et Emma raffolait de la chaleur, bien plus que le froid, la neige et la pluie.
- Terre en vue ! s'écria une voix sourde, qui venait très probablement de la vigie.
La jeune femme se redressa, se débarrassa avec empressement du bras de Ace qui se réveilla en sursaut et chuta du bord du lit, se retrouvant à plat dos.
- Mais ça va pas de me réveiller comme ça ?! râla celui-ci en se redressant, la main sur son crâne.
- Y'a pas le temps, lèves-toi ! Terre en vue moussaillon ! s'exclama-t-elle avec beaucoup de joie.
Elle lui lança son coussin quand il l'insulta et une vague d'agacement passa dans ses prunelles bleu-métallique avant d'être remplacé par le pétillement de l'espièglerie.
- Le dernier arrivé sur le pont sera de corvée de patates, dit-elle en s'habillant sans aucune gêne devant lui, se retrouvant torse nu, bien qu'elle soit de dos.
Ace détourna le regard en rougissant furieusement.
- T'as vraiment aucune pudeur ma parole !
- Ben voyons, t'es bien le seul mec que je connais qui râle alors qu'il a une fille presque nue devant lui, s'étonna-t-elle, le visage rieur.
Elle enfila un short large en jean munit d'une grosse ceinture en cuir, un t-shirt noir et moulant au col large et ses bottes, puis s'enfuit de la chambre après avoir tapoté la tête du jeune homme, qui avait décidément bien du mal à s'éveiller.
Elle avait sentit que le climat s'était réchauffé. Ils arrivaient sur une île estivale, ou du moins printanière en vue du grand Soleil qui éclairait la mer de reflets turquoises et réchauffait sa peau en manque de chaleur. Elle s'arrêta un instant sur le pont une fois au-dehors, savourant le vent tiède sur son visage, des gouttelettes salées voyageuses se déposant sur ses longs cils noirs et sur sa bouche en forme de coeur. Ses cheveux, qui lui arrivaient en un carré très court au niveau des oreilles, volaient dans absolument tous les sens, formant des boucles désordonnées la faisant ressembler à un mouton. Un grand sourire éclaira le visage d'Emma, qui se sentait revivre face à la terre aux couleurs vives qui se présentait à eux, face à la Mer qui était si belle et qui la rendait si joyeuse. Glen aurait adoré voir ça, voyager avec elle. Ça avait été un de leur projet avant qu'il ne meure et désormais, elle réalisait ce projet pour eux deux.
Elle agrippa le pendentif mais ne ressentit, cette fois-ci, aucune douleur et aucune peine, juste une immense gaieté, comme si le Soleil la nourrissait de toute la joie existante de ce monde pourtant si dur, si dangereux. La Mer était son refuge mais aussi certainement sa future perte par sa dangerosité. Peut-être n'arriverait-elle pas à survivre, à voyager assez loin pour découvrir les horizons et les quatre coins du monde.
- Un peu de chaleur nous fera du bien, dit Marco en se plaçant à ses côtés, au bastingage, c'est l'île de Pandore ici, Père a reçut un message du peuple qui habite en ces lieux : ils voudraient se placer sous notre protection. Ils parlaient d'un danger nouveau.
- Un danger ? s'enquit Emma, ne comprenant pas tout l'enjeu de la démarche, quel type de danger ?
- Nous en saurons plus une fois que nous serons face au chef du clan.
La brune n'en rajouta pas plus et attendit patiemment que la bateau soit assez prêt du large pour qu'ils puissent prendre des canots.
- Bien Emmanuelle, tu vas venir avec Izou, Vista et moi sur ce canot - Marco pointa du doigt ledit canot -, et surtout, tu obéis à chacun de nous. On n'est jamais allés sur cette île, on ne sait pas ce qui s'y trouve, donc elle peut être dangereuse (elle s'apprêta à ouvrir la bouche pour protester). Tu es peut-être dans ma division, mais nous sommes presque tous tes supérieurs ici, alors il va falloir que tu nous écoutes, même si ça ne te plaît pas forcément. J'ai été clair ?
La brune hocha la tête avec empressement suite à la tirade du capitaine à la tête d'ananas. Elle qui comptait aller faire une trempette, c'était fichu. Elle irait plus tard, avec un peu de chance.
- Où est l'autre gamin ? demanda un des hommes de l'équipage dont la voix dressa les cheveux sur la tête d'Emma.
Il s'agissait du type contre lequel elle s'était battue ses premiers jours ici. Ils avaient refaits plusieurs combats depuis, et la jeune femme s'était faite écraser lamentablement, bien qu'elle progressait tranquillement.
- Il est ici, s'exclama la voix rieuse de Satch.
Ce dernier sortit des bâtiments, tenant Ace par le col de sa chemise. Ce dernier se débattait comme un beau diable.
- Lâches-moi espèce de crétin, j'ai dit que je voulais pas venir ! cria celui-ci avant de perdre son chapeau sur le pont, chapeau qu'Emma ramassa avec un sourire moqueur.
- Tu es tombé du lit peut-être, pour être de si mauvaise humeur ? ricana-t-elle en posant le chapeau du garçon sur sa propre tignasse.
- Je t'ai pas parlé espèce d'enfoirée ! Je vais te mettre la raclée de ta vie !
- Ah ouais ? C'est ce qu'on va voir !
Et les deux jeunes gens se retrouvèrent à se mettre des baffes et des coups de poing sous le regard exaspéré de Marco qui les attrapa tous deux par le col avant de les jeter par-dessus bord. Ace atterrit lourdement dans un canot, le faisant chavirer, et Emma se retrouva la tête la première sous l'eau.
- Et la prochaine fois j'en prends un pour taper sur l'autre ! les engueula l'homme-phénix en leur lançant un regard noir, en avant mes frères !
OoOooOoOoO
La sable fin accueillit les pieds encore trempé d'Emmanuelle, dont les vêtements n'avaient pas fini de sécher après sa chute dans la mer. Le sel faisait friser ses cheveux d'une façon surnaturelle, si bien qu'elle se prit les regards moqueurs de ses camarades. Il étaient dix en tout : Marco, Satch, Izou, Vista, Ace, quatre autres hommes qu'elle ne connaissait pas et elle-même.
- Je savais pas qu'on recrutait des animaux maintenant dans l'équipage, ricana l'un d'eux en frottant la tête de la jeune femme de sa large main, on dirait un mouton !
Cette dernière se tourna vers lui, les yeux enflammés et un grognement sourd s'échappant de sa gorge.
-... Sacrément farouche le mouton.
L'homme finit sur les genoux après avoir reçu un coup de poing dans l'estomac de la part d'Emma.
OoOoOOoOoO
- Je crois que nous arrivons à un village, dit Emma avec calme en écartant une branche de devant son visage.
- C'est exact. Une fois que nous aurons examiné les lieux, nous pourront rencontrer le chef de la tribu et il pourra ainsi s'entretenir avec Père, expliqua Marco qui s'avança hors des fourrées.
Emma le suivit, lâchant la branche brutalement et cette dernière alla se loger dans quelque chose de non-identifié qui poussa un cri de surprise et de douleur.
- Bordel, je me suis pris les feuilles dans la gueule ! s'écria la voix de Ace.
- Tu peux pas la boucler un peu ? s'agaça la jeune femme en lui lançant un regard foudroyant, t'es vraiment un pleurnicheur ma parole.
- Tu viens de m'envoyer cette maudite branche dans la gueule et je dois me taire c'est ça ? Non mais pour qui tu te prends ? T'es pas la reine ici, t'es qu'une nouvelle arrogante.
- Et toi, t'es pas arrogant peut-être, à vouloir tuer Père à tout bout de champs ? Réveilles-toi un peu et respecte tes aînés, ricana-t-elle en lui faisant une pichenette sur le nez.
- Toi respectes tes aînés, espèce de gamine, t'as quoi, quinze ou seize ans ? grogna-t-il en se mettant face à elle, de toute sa hauteur.
- J'ai eu dix-sept ans le premier janvier, petit.
Ils se toisèrent l'un l'autre, leurs visages à quelques centimètres l'un de l'autre.
- Ok, j'avoue, on a exactement le même âge, reprit Ace en croisant les bras comme un gosse qui boude.
- Ah ouais, à quelle heure t'es né, qu'on sache qui est arrivé en premier ?
- Parce que toi tu le sais peut-être ?
Un lourd silence s'imposa entre les deux, Emma se sentant d'un coup très très bête.
La chamaillerie se termina sur un pierre-feuille-ciseaux dans les bois, tandis que leurs camarades avançaient sans se soucier de ce qu'ils faisaient, où alors en faisant comme s'ils ne savaient pas ce qu'ils faisaient : c'étaient deux gosses qui s'amusaient à savoir lequel des deux était né en premier.
- Ahah, j'ai gagné, c'est moi la plus âg-
Une grosse explosion retentit et le souffle déséquilibra Emma, qui fut attaquée par des visions d'horreur du passé, des visions qu'elle aurait préféré oublier et qui lui firent pousser un cri de surprise et de peur. Ace rattrapa tant bien que mal sa camarade tremblante, qui se reprit bien vite et dégaina son bâton de combat, son pistolet-arbalète accroché à la hanche. D'un seul mouvement, ils bondirent vers le village où leurs camarades s'étaient dirigés quelques minutes plus tôt.
- Marco ! Izou ! Les gars ! s'écria-t-elle en faisant un dérapage à l'entrée du village, dans la boue.
Les maisons, faites de chaume et de bois, étaient en mauvais état. Plus important encore, leurs camarades avaient disparu sans laisser de traces. Emma sentit brutalement une présence derrière elle et elle se retourna, se prenant un revers d'une silhouette qu'elle eut à peine le temps d'apercevoir avant de s'étaler dans la boue. Une boule de feu lui sauva la mise quand la chose voulut l'achever à coup de faucille, son corps disparaissant dans des fumées ténébreuses. Les deux jeunes gens n'eurent pas le temps de s'étonner plus que cela, qu'ils se retrouvèrent encerclés par des ombres noires mêlées d'améthyste.
Emma et Ace se mirent dos à dos, prêts à tout. Et les créatures fondirent sur eux.
