Hello hello les amis !
Me revoilà ce soir avec le chapitre neuf de Waves !
Au programme, de l'action, des vilains monstres ténébreux et un brin d'émotion !
N'hésitez pas à laisser votre avis en commentaire, toute critique positive et négative est acceptée (tant que c'est justifié ahah x) venez pas m'agresser) parce que bon, faut se le dire, les critiques c'est vachement cool et ça aide beaucoup quand on a projet d'écriture et qu'on manque d'un point de vu extérieur !
Je vous souhaite à tous une bonne lecture et j'espère que cela vous plaira.
Leda Az
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Emma faisait danser son bâton entre les ombres, telle une danseuse mortellement agile. Les créatures qui les attaquaient ressemblaient à de la fumée mais étaient solides : elle pouvait les toucher, et recevoir leurs coups avec douleur. La plupart avaient été mises hors d'état de nuire, mais Emma et Ace commencèrent à fatiguer. Elle se retrouva de nouveau le visage dans la boue, la pluie s'étant mise à tomber drue lors du début du combat. Crachant la terre qui lui était rentré dans la bouche, Emma se sentit tirée en arrière par les cheveux et un cri de rage et douleur lui échappa. Le sang lui inonda la bouche lorsqu'elle se mordit la langue. La créature qui la retenait de sa forte poigne la fixait, le visage inexpressif. Ses yeux dorés luisaient et Emma lui lança un regard furieux, essayant de se débattre, son bâton lui échappant des mains.
- Emma ! s'écria Ace avant de se faire prendre par les ombres.
Il disparut dans les entrailles de la terre dans un hurlement de surprise, incapable de détruire les dernières créatures des ténèbres grâce à ses flammes. Emma tendit la main dans sa direction en criant son prénom avec peur, et le monstre qui la maintenait tira un coup sec sur ses cheveux pour la remettre à terre. D'autres yeux dorés vinrent l'entourer, et elle se sentit soudain glacée. Un frisson parcourut son échine.
Et la douleur explosa dans tout son corps quand la fumée noire qui émanait des silhouettes se faufila par sa bouche, ses oreilles, son nez et ses yeux. Emma perdit la vue, l'ouïe, et ne s'entendit pas pousser le hurlement qui fit s'envoler les oiseaux dans la forêt. Son corps s'enfonça avec empressement dans la terre, la faisant suffoquer, écrasant sa cage thoracique, ses jambes, ses bras, sa tête, tout.
- Arrêtez ! Ace, parvint-elle à hurler, toujours aveugle et sourde.
Une multitude de visions s'imposèrent soudain devant ses yeux, des visions toutes plus douloureuses les unes que les autres, toutes plus belles les une que les autres. L'abandon de sa mère et la mort de Glen furent les pires. Elle revoyait le visage flou de sa génitrice, ses cheveux de feu en plein soleil. Seuls ses cheveux enflammés revenaient dans ses souvenirs, parce qu'elle avait les mêmes. De quelle couleur étaient ses yeux ? Son visage était-il semblable au sien ?
Était-elle encore en vie ?
- Maman, hurla-t-elle alors que des bras obscures l'empêchaient de se diriger vers sa mère, je t'en prie réponds-moi !
La silhouette s'arrêta, son long manteau claquant dans le vent. Emma ne sentait même pas le vent. Était-elle au moins présente physiquement dans cette vision ?
- Pourquoi m'as-tu laissé, Emma ?
La silhouette vague de sa mère se transforma en un visage net. Un visage d'homme aux traits lourds mais harmonieux, aux cheveux blonds vénitien et aux yeux émeraudes s'imposa à elle. Le visage ne souriait pas. La silhouette trapue et colossale de Glen lui faisait face. Ses yeux s'injectèrent soudain d'obscurité, devenant aussi noirs que de l'obsidienne.
- Je croyais que tu m'aimais.
- Non attends, balbutia Emma en tendant sa seule main libre vers ce visage qui lui avait tant manqué.
Le visage du jeune homme se craquela et le sang se mit à couler de ses yeux. Des larmes de sang. Emma se mit à suffoquer et à cracher l'hémoglobine quand un poignard s'enfonça dans son coeur de la main de l'homme qu'elle avait aimé.
- Non, chuchota-t-elle, puis elle tomba à la renverse.
Et ce fut le noir.
Ace eut l'impression qu'il ne s'était écoulé qu'un instant entre le moment où il avait été englouti par les ombres et le moment où il avait ouvert les yeux. Il se redressa et failli se cogner au plafond de pierre, qui était très bas. Le lieu était étroit, humide, boueux et l'air y circulait avec difficulté. C'était un souterrain. Ces saloperies l'avaient vraiment emmené sous terre ! Il tourna la tête et remarqua des barreaux qui le retenaient prisonnier en vérité dans une petite cellule aux murs faits aussi de pierre. Il faillit éclater d'un rire narquois en prenant en main les barreaux dans le but de les faire fondre. Mais il ne remarqua la couleur bleue des barreaux de sa cellule qu'au moment où il posa les mains dessus, et se sentit immédiatement faiblir et dans l'incapacité d'utiliser son fruit du démon.
C'étaient de foutus barreaux en granit marin. Chouette.
Ace entendit soudain un craquement de pierre derrière lui et il fit volte-face rapidement, apercevant une jambe et un bras traverser la roche, puis un visage. C'était celui d'Emma. C'était quoi ce bordel ? Le corps de la jeune fille finit sa chute à travers le plafond et se serait étalé dans le sol boueux si Ace n'avait pas réagit à temps et ne l'avait pas rattrapée. Elle était désormais dans ses bras, inconsciente, et le jeune homme leva le tête pour observer le plafond qui se refermait dans un bruit abominable.
- Bordel, jura-t-il avec un grognement rauque.
- Ça je te le fais pas dire, murmura la voix d'Emma qui venait de se réveiller dans ses bras, en sueur et le visage pâle.
Ace s'agenouilla et posa sa camarade sur le sol, toujours en la maintenant avec son bras dans le dos. Il planta ses yeux obsidienne dans ceux bleus-métallique de la jeune femme qui tremblait de froid. Et Emma fut très étonnée du ton doux que le jeune homme employa avec elle.
- Tu vas bien ? s'enquit-il en frottant son bras dans le but - vain - de lui procurer un peu de chaleur.
- J'ai déjà été mieux, mais ça ira, répondit-elle avec douceur, reprenant son sang froid, tu sais où on est ?
- Absolument pas. Dans une cellule de toute évidence, mais je crois bien que nous sommes sous terre.
- Hm.
La jeune fille semblait songeuse, et elle se redressa de toute sa hauteur dans la cellule, les jambes encore flageolantes. Elle sembla au bord des larmes quand elle posa sa main sur le bas plafond de la pièce, comme si elle souhaitait pouvoir créer une ouverture à la seule force de ses bras.
- Toi aussi, tu as vu des choses ? demande Ace en se postant à côté d'elle.
- J'ai vu des choses que j'aurais aimé ne jamais revoir, répliqua-t-elle avec une certaine froideur, avant que son visage ne redevienne plus doux, j'ai vu le garçon que j'aimais se transformer en monstre et me tuer.
Ace se gratta l'arrière de la tête.
- J'ai vu des choses que j'aurais aimé ne jamais revoir, moi non plus, répéta-t-il avec le regard sombre.
Emma leva légèrement la tête pour plonger son regard dans celui de son camarade. De son ami. Leurs nez se frôlaient et aucun des deux ne prononça un seul autre mot. Ils n'en avaient pas besoin. Une larme perla à son oeil et roula le long de sa joue. Glen était et serait toujours sa plus grande et unique faiblesse. Il n'y avait que pour lui qu'elle versait des larmes. Jamais elle n'en avait versé pour autre chose après l'abandon de sa mère. Pas même quand elle s'écorchait les doigts et les genoux, pendant les randonnées et la forge. Pas même quand elle a eu le coeur brisé par son amoureux, quand elle avait dix ans. Elle n'avait pas pleuré non plus quand sa meilleure amie, au village, était morte d'une leucémie a douze ans, parce qu'elle lui avait promis d'être heureuse et de ne jamais verser de larmes pour elle.
C'est la seule et unique larme qu'Emma fit tomber sur le sol terreux de leur cellule. Elle chercha les bras d'Ace et s'y blottit, non moins pour se réconforter que pour se réchauffer. Elle était gelée ici, et l'air devenait vraiment étouffant. Ace referma ses bras sur le corps ferme de son amie et fixa les barreaux de la cellule.
- Il faut qu'on trouve un moyen de sortir d'ici, gronda-t-il.
- Parce que vous pensez pouvoir échapper ? Vous avez de l'espoir, mon cher ami ! s'exclama une voix nasillarde.
Emma et Ace se tournèrent comme un seul homme, ce dernier les flammes aux poings et Emma en position d'attaque, comme le lui avait appris son grand-père : de trois-quarts, les bras pliés devant elle et les poings serrés puis les jambes fléchies.
Une silhouette vêtue d'une longue cape se dévoila à eux.
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