Yo yo yo ! (pâtes à l'eau !)
Comment allez-vous bande de gens ? Je vous pose le chapitre treize là, en espérant qu'il va vous plaire. Emma aura-t-elle un jour des réponses à ses questions ? Pourquoi Thêta s'est-il suicidé ?
Oh, et GROS RAPPROCHEMENT EN VUE LES GUYS KRKRKRKRKR.
Je vous souhaite à tous une bonne lecture.
Leda Az
Ton heure n'est pas venue, lui dit Glen en posant une main sur son épaule, tu avais bien dit que tu n'allais pas me rejoindre maintenant, n'est-ce-pas ?
Emma.
- Non reviens !
Puis son faciès rencontra le plancher. Lucas, le médecin en chef, entra dans l'infirmerie suivit d'une infirmière toute de rose vêtue. Attendez quoi, une infirmière ?
- Mais qu'est-ce-que tu fais ? demanda-t-il à Emma en l'aidant à se redresser sur son lit.
- Heuu j'ai fait un cauchemar, bredouilla-t-elle en se roulant en boule sur le matelas - ça lui permettait de calmer la douleur qui tiraillait son flanc.
- Tu veux en parler ? intervint l'infirmière avec une voix douce.
- Non, non.
Sa réponse était quelque peu froide, mais mis à part sa grand-mère, elle n'avait jamais vraiment parlé à des femmes. La plupart de ses amis avaient été des garçons, si on omettait sa meilleure amie d'enfance qui était morte d'une maladie quand elle était enfant. Puis elle était encore choquée qu'il y ait d'autres femmes ici alors qu'elle ne l'avait jamais remarqué. Bon certes, elle était là depuis peu de temps, mais tout de même !
- Je viens pour regarder la plaie et après on te laisse te reposer.
Il lui indiqua d'enlever son t-shirt, ce qu'elle fit, pas le moins du monde gênée d'être seins nus devant un homme - cette impudeur avait étonné beaucoup d'hommes de l'équipage dans les douches communes, bien qu'elle évite d'y aller aux heures de pointe.
- Les points de suture n'ont pas bougé. Reposes-toi encore un peu et rejoins nous ce soir pour les funérailles, proposa Lucas en la laissant remettre son t-shirt.
- Les funérailles ? s'étonna Emma en haussant un sourcil.
- Pour la tribu.
La jeune fille entendit vaguement l'infirmière lui demander si elle avait mal, afin de lui remettre ou non une perfusion de morphine, chose qu'elle déclina, souhaitant montrer qu'elle n'était pas une chochotte. Ils n'avaient pas pu sauver ces personnes et elle s'en voulait plus que tout. Elle supportait mal les funérailles, chose qu'elle fuyait depuis la mort de Léona, sa meilleure amie, et de Glen. Mais elle voulait être forte et montrer à ses "frères" et à son Père qu'elle n'était pas une poule mouillée.
- D'accord.
Puis on la laissa seule à ruminer sur son lit d'infirmerie. On lui avait ordonné de se reposer encore jusqu'au soir. Elle avait dormi toute la nuit suite à son malaise dans les cavernes. On lui avait dit à son premier réveil, avant qu'elle ne se rendorme, que les habitants de l'île avaient repris leur apparence humaine, mais étaient tous bel et bien morts. Or, personne n'avait pu expliquer le phénomène. Était-ce un fruit du démon et, si s'en était bien un, lequel ? Pourquoi Thêta s'était-il suicidé ? Qu'était-il advenu de l'homme qui l'avait poignardée ?
Elle se tourmenta une ou deux heures avec ces maudites questions pour oublier la douleur. Elle avait refusé la morphine par orgueil et voilà qu'elle en pâtissait. Elle se gifla mentalement et poussa un gémissement suivit d'un fort soufflement de nez. Elle avait les joues rouges et le front humide de sueur.
- Non mais quelle conne, jura-t-elle en se tournant vers le mur, roulée en boule.
- Pour avoir refusé de prendre de la morphine ? C'est sûr que ce n'était pas très malin, lui répondit une voix grave et posée.
La jeune fille sursauta et se retourna brutalement avant de couiner de douleur.
- Vous m'avez fait peur commandant ! Je ne vous ai pas entendu entrer, souffla-t-elle à Marco en se redressant en position assise avec difficulté.
- Restes allongée, lui ordonna-t-il calmement en la repoussant par les épaules afin qu'elle s'allonge, je voulais juste voir comment tu allais. Pourquoi as-tu refusé l'anti-douleur ?
Emma grommela et tourna sa tête vers le hublot, honteuse.
- Je n'suis pas une chochotte, grogna-t-elle.
- Certes mais tu es une idiote. Avoir mal ne signifie pas être faible, et là tu te fais du mal par orgueil. On va avoir besoin que tu sois opérationnelle une fois que nous auront repris la mer.
La brune ferma les yeux et passa une main sur son front.
- D'accord, j'ai compris. Je vais demander de la morphine. Et me reposer au maximum, dit-elle avec l'impression que ça lui arrachait la bouche. Sa fierté venait d'en prendre un coup.
Marco lui sourit tranquillement et s'assit sur un tabouret proche de son lit.
- Tu ne m'as pas reparlé de cette soirée où tu as hurlé d'un coup dans le couloir, tu m'avais dit que tu m'expliquerai de quoi il en retournait, commença-t-il en joignant ses mains devant sa bouche, les coudes sur les cuisses, tu veux bien m'en parler ? Nous avons du temps.
Il évoquait sans doute ce soir-là, quand elle avait fait un cauchemar éveillé en plein milieu d'un couloir et qu'une créature l'avait attaquée dans son imaginaire. Car oui, elle savait que tout cela n'était que le fruit de son imagination, sûrement une maladie, un problème mental. Mais les médecins n'avaient jamais su de quelle pathologie elle pouvait souffrir. Et si c'était lié à ses pouvoirs étranges ?
- Je fais des sortes de... rêves, des cauchemars éveillés depuis que je suis petite. D'aussi loin que je me souvienne, et d'après les dires de ma grand-mère, j'avais environ trois ans quand ça a commencé.
- Cela t'arrive fréquemment ? s'enquit le commandant de la première division, soudain très intrigué par ce que la jeune fille lui racontait.
- Ça m'arrive par période, le dernier cauchemar éveillé que j'ai fait remonte à quelques jours. Et ils sont assez brefs. Parfois ils viennent durant la nuit, et c'est dans ces moments qu'ils durent plus longtemps. Et c'est toujours le même.
- C'est-à-dire ?
Emma pris une grande inspiration. Ce n'était pas dur pour elle d'en parler, elle était habituée à ce phénomène étrange. Cependant, elle était très fatiguée.
- Si je faisais là, maintenant, un cauchemar éveillé, je serais dans l'infirmerie. Or, dans mes cauchemars, il fait plus sombre, et il n'y aucune autre présence humaine que la mienne - de moins, je pense. L'air est lourd et chargé de spores volatiles et le ciel est noir, l'horizon rouge et orange, décrit-elle en posant le bras sur ses yeux pour mieux se remémorer, et je suis totalement seule. J'ai l'impression d'être dans une dimension parallèle. J'ai appelé ces lieux "L'Autre Côté".
Marco fixa la jeune fille, non pas comme si elle était folle, mais comme s'il avait à faire à un cas exceptionnel de mystères. Il n'avait jamais entendu de telles choses. Emma lui raconta alors tout en détail jusqu'à ce qu'elle s'endorme, épuisée par la douleur. Marco posa sa main sur le front de la jeune fille et repoussa une mèche bouclée quand l'infirmière entra de nouveau pour poser une perfusion de morphine.
- J'avais prévu qu'elle refuse. Elle est têtue, expliqua la femme en croisant les bras.
Le Phénix hocha la tête et sortit de la pièce.
Emma ne se réveilla qu'en fin d'après-midi, moins fatiguée et avec plus de force dans les jambes. On l'autorisa à se lever et à sortir, à condition qu'elle revienne pour les bandages - elle grommela un oui en pensant fortement qu'elle pourrait se débrouiller toute seule. Elle se dirigea vers sa chambre et y entra comme un bourrin après avoir trébuché sur une planche du parquet du couloir qui était mal foutue.
- Bord- Mais qu'est-ce-que tu fais ici, Ace ? s'exaspéra-t-elle en passant une main lasse sur son visage.
Ce dernier se leva de son lit sans répondre, se posta devant elle et la prit dans ses bras. Chose très surprenante. Depuis quand il était câlin, celui-là ?
- Est-ce que tu aurais attrapé ma fièvre ? ricana-t-elle en posant une main sur la joue du garçon, qu'est-ce-qu'il te prend ?
- Me refais plus jamais peur comme ça, idiote, grogna-t-il en posant son menton sur le sommet du crâne de son amie - il profitait d'avoir encore au moins cinq centimètres de plus qu'elle.
Elle referma ses bras finement musclés dans le dos de l'homme de feu et ne répondit rien. Au fond, elle aimait les câlins. Beaucoup. Il fut le premier à se détacher d'elle et il frotta ses cheveux bouclés avec énergie. Emma le repoussa avec une tape sur le nez.
- J'ai hâte de reprendre les entraînements, dit-elle comme si cet instant de tendresse n'avait pas eu lieu, mais j'ai pas le droit pendant encore plusieurs jours.
- T'inquiètes pas, je te mettrais la raclée de ta vie quand tu seras guérie, répondit-il avec une sourire carnassier.
- Krkrkr, alors ça c'est ce qu'on verra !
Il s'allongea cette fois-ci sur le lit de la jeune fille, les bras derrière la tête et il l'observa attentivement. Cette dernière se posta devant son armoire, l'ouvrit avec entrain et en sortit son jean moulant noir ainsi qu'un simple t-shirt large, blanc. Il faillit encore lui gueuler dessus quand elle se déshabilla de nouveau devant lui sans aucune pudeur mais ne put détacher son regard du dos et des épaules musclés de la jeune fille. Ses yeux descendirent le long de son échine, croisèrent le bandage qui enserrait ses flancs et cachait une cicatrice en formation, rebondirent sur la courbe de ses fesses galbées, puis terminèrent leur course sur ses jambes fermes et énergiques.
Parfois il oubliait qu'elle était une fille et maintenant, la voir à moitié nue éveillait en lui des sentiments contradictoires. De la gêne, mais aussi une forte envie de balader ses doigts sur les muscles de son amie. Il restait un jeune homme, un adolescent, un presque-adulte et voir les courbes de sa camarade n'était pas déplaisant. Mais il sentait comme un profond respect envers elle. Il admirait sa force de caractère. Il admirait qu'elle ne se laisse pas abattre par les épreuves. Il avait envie de la connaître plus, de voir ses failles, ses faiblesses pour mieux la protéger ensuite, parce qu'il savait qu'on ne pouvait pas toujours tout porter seul jusqu'au bout. Il admirait Emma parce qu'elle était simple, franche et ne se compliquait pas la vie avec des futilités. Et pour ça, elle avait la force d'être pirate malgré tout ce qu'il avait pu bien dire quand ils s'étaient rencontrés. Il ne pouvait donc pas se restreindre à penser qu'elle serait potentiellement une fille à mettre dans son lit juste parce qu'il la trouvait attirante. Ce respect qu'il éprouvait envers elle - et qu'il tentait de camoufler tant bien que mal, le petit cachottier - l'en empêchait.
- Le temps est comment sur la Lune ? lui demanda-t-elle en s'asseyant à ses côtés, toute habillée.
Me dites pas qu'elle m'a vue la mater.
Ace se surprit à rougir et il passa une main sur son visage à son tour, mais pour cacher sa profonde gêne. Bordel.
- L'oeil humain est fait pour se poser sur ce qu'il trouve attrayant, ricana-t-elle en crispant sa main sur son flanc.
Merde.
- Ça te fait mal ? demanda-t-il pour changer de sujet au plus vite.
- Ça peut aller, mais j'irai pas piquer un sprint là maintenant. Je crois qu'il est l'heure d'aller aux funérailles, ajouta-t-elle en montrant par le hublot le crépuscule qui pointait le bout de son nez.
Ils se levèrent comme un même homme et sortirent rejoindre les autres, sur la terre ferme.
Ses boucles brunes volant au vent, Emma inspirait les embruns marins qui venaient s'échouer près d'eux. Un silence de plomb régnait, jusqu'à ce qu'Edward Newgate prenne la parole, sa forte voix portée par les vents.
- Nous sommes ici pour rendre hommage à ce peuple qui ne s'est jamais laissé faire par le Gouvernement, et que j'ai juré de protéger il y a plus de dix ans. Malheureusement, la vie ne fait jamais de cadeaux, et nous n'avons pas été en mesure de les sauver de la fatalité. Mais, pour eux, nous devons continuer, vivre pour eux et perpétuer leur mémoire sur les océans comme ils l'auraient tous voulu.
Je vais vivre pour toi Glen. Pour Léona. Je vais voyager pour vous, pour nous, et surtout être libre. Respirer l'air salé de la mer, goûter à la fraîcheur des vagues sur ma peau, la caresse du Soleil. Pour vous tous.
Les yeux d'Emma brillaient autant de larmes que des flammes de la détermination qui brûlait en elle. Comme les flammes qui brûlaient tous ces corps d'hommes, de femmes et d'enfants, de vieillards. Ses joues devinrent rouges de colère et une unique larme coula sur sa joue. Elle l'essuya bien vite. Elle était en colère pour la mort de ces dizaines de personnes. En colère parce qu'elle n'avait pas de réponses à ses questions. Parce qu'elle avait mal. Parce que...
Que suis-je ?
Elle fut la première à se détourner du triste spectacle du bûcher funéraire qui prenait au centre du village. Personne à part Marco remarqua qu'elle fuyait et ce dernier, après avoir eu un élan pour la rattraper, décida de la laisser seule. Il sentait qu'elle avait besoin de libérer la colère qui brûlait en elle.
Arrivée sur la plage, elle s'arrêta face à la Mer qui lui apportait tant de réconfort d'habitude, le réconfort qu'elle aurait aimé avoir auprès d'une mère. Et si elle, avait des réponses ? Et si elle était encore en vie, quelque part ? Ne lui aurait-elle pas envoyé un message, une preuve qu'elle l'aimait toujours ? Qu'elle se rappelait qu'elle avait donné naissance à une fille qu'elle avait abandonné alors qu'elle n'avait tout juste qu'un an ?
Elle ne lui en avait jamais voulu, car elle ne se rappelait même pas d'elle. Sauf ses cheveux d'une couleur flamboyante. Mais une terrible colère commençait à habiter Emma, et elle commençait cette fois à lui en vouloir. Elle était sûre que sa mère avait des réponses, il ne pouvait pas en être autrement ! Et si elle l'avait abandonné à cause de ces étranges phénomènes qui la hantaient ?
- Pourquoi tu m'as abandonnée ?! hurla-t-elle à la Mer avec une voix cassée, pourquoi tout ça ?!
Elle attrapa un galet qui traînait parmi les grains de sable et le lança dans l'eau salée avec un cri de rage.
- Je suis seule, totalement seule, et je ne sais rien. Personne n'est en mesure de répondre à mes questions ! Pas même ce connard qui s'est tué sans rien me dévoiler !
Et elle hurla, hurla encore et encore, shootant dans le sable avec son pied, hurlant sa peine et sa colère face à la Mer. Les funérailles avaient ravivé sa peine et les faiblesses qui empoisonnaient son esprit, malgré sa fierté qui l'avait forcée à rester digne et droite sans rien montrer. Mais il y avait trop de questions aux réponses avortées, inachevées.
Emma fondit en larmes pour la première fois depuis longtemps en tombant à genoux. Un nouveau galet se retrouva dans sa main et elle leva le bras pour le jeter avec force quand une main attrapa la sienne avec force.
- Arrêtes, ordonna la voix d'Ace avec dureté.
- Laisses-moi ! Tu ne peux pas comprendre ! Tu peux pas comprendre ce que ça fait de vivre avec des questions qui ne trouvent pas de réponses ! De vivre avec ces deuils ! J'ai l'impression d'être maudite, cracha-t-elle en essayant de défaire son bras de l'emprise de son camarade.
Ma mère serait peut-être encore avec moi. Elle m'aurait pas abandonnée.
- Je suis le plus à même pour te comprendre. Crois-moi, souffla-t-il en prenant doucement le galet avec son autre main.
La jeune fille relâcha toute sa tension en reniflant. Elle avait l'impression que son corps devenait tout mou au contact de la chaleur du garçon. Elle baissa la tête pour voir son t-shirt blanc tâché de sang.
- Je dois aller à l'infirmerie, lança-t-elle avec calme - et avec la morve au nez, tu peux m'aider ?
- Seulement si tu mets pas de morve sur ma chemise.
- Marché conclu, Portgas.
Il l'aide à se soulever du sol et passa le bras de son amie par-dessus son épaule. Non loin, Marco et Vista, qui avaient assisté à toute la scène, se détournèrent pour retourner au village avec les autres, soulagés que la petite dernière soit en sécurité.
A plat dos sur son lit et en culotte-t-shirt, Emma grommelait des insultes envers l'infirmier qui lui avait collé une grosse baffe derrière la tête en voyant son t-shirt imbibé. Ace lui racontait des anecdotes, allongé comme à son habitude les mains derrière la tête, sans ses bottes et sa ceinture qui gisaient au sol.
- Et là, mon frère a-
Il fut coupé par Emma qui ronflait gracieusement, le t-shirt remonté jusqu'au bandage, une main sur la poitrine et l'autre bras pendant dans le vide.
- Dis-le si je t'intéresse pas, grogna Ace en éteignant la lampe de chevet.
Il ferma les yeux pour attendre Morphée.
- T'es pas toute seule, murmura-t-il.
Puis la main d'Emma migra entre temps et se retrouva sur son visage.
- Bordel.
