Hellooooooooo everybody ! Voici le chapitre dix-huit de Wind of Freedom !
On commence à entrer tout doucement dans l'intrigue d'ailleurs. Et vous allez voir, ce chapitre est rempli de moment FRUSTRANTS. Enfin j'espère que vous ressentirez cette même frustration, pardi !
On passe en rating M à partir de ce chapitre. Je vais changer le rating de l'histoire directement d'ailleurs, car j'écris un peu au gré de mes inspirations et je sais pas du tout jusqu'où ça va aller. Petite scène un peu chaude mais aussi mignonne sur la fin, rien de bien méchant, mais mieux vaut prévenir que guérir.
Si y'a un lemon un jour, je préviendrai, bien que je ne sache pas encore en écrire, je ne sais faire que du soft, et encore.
Sur ce, je vous souhaite une agréable lecture, n'hésitez pas à laisser votre avis !
La route pour retourner jusqu'au navire central, le grand Moby-Dick, fut éreintante et usa les nerfs des trois voyageurs : après des adieux déchirants, Emma avait de nouveau quitté ses grands-parents, mais cette fois-ci délestée du deuil qui l'avait hantée à son premier départ.
Il n'y avait pas beaucoup de place sur le striker et les conversations étaient brèves et froides. L'adolescente avait encore du mal à réaliser que sa mère était de retour. Elle lui pardonnait, mais avait du mal à lui parler normalement. Après tout, elle n'aurait pas pu l'accueillir avec un bouquet de fleur après seize ans d'absence, n'est-ce-pas ?
- On arrive, annonça Ace en faisant un grand signe du bras au loin, hey !
Il fut rapidement repéré par les gars sur le pont, qui déroulèrent une échelle de corde. Emma aida sa mère à grimper, cette dernière étant encore fatiguée et faible de ses précédentes aventures.
- Vous voilà enfin ! Et dire que vous repartez demain matin, se plaignit Izou en serrant la main d'Eva, enchanté madame, je suis Izou, commandant de la seizième division. C'est un honneur de rencontrer la mère de notre bleue préférée !
- Une bleue, hein, se moqua la femme en jouant des sourcils tout en fixant Emma qui devenait rouge d'agacement, vous voulez dire une mascotte ?
- Une masc- quoi ?! s'écria l'adolescente en devenant encore plus rouge, c'est vraiment pas marrant !
Elle reçut par surprise une rude accolade dans le dos de la part de Vista, la faisant trébucher et se rétamer sur le parquet ciré du pont.
- Voyons gamine, tu ne tiens plus sur tes jambes ?
- Laissez-moi tranquille ! rugit Emma assise en tailleur, les bras croisés et le regard boudeur - et toujours aussi rouge, et tu devrais t'occuper de tes affaires à l'avenir !
Sa mère était à peine revenue qu'elle la ridiculisait. Et ça, c'était la goutte de trop avec sa réapparition soudaine et le fait qu'elle s'incrustait aussi rapidement dans sa vie. Emma n'arrivait pas à concevoir le fait d'avoir une mère. Le fait qu'elle s'emmêlait dans sa vie comme si elle avait toujours été là. Or, pour l'adolescente, sa mère n'était qu'une étrangère pour le moment. Et elle n'était jamais si familière avec les étrangers, quand bien même elle avait pardonné sa génitrice pour son abandon.
Emma se releva brutalement, attrapa son sac et s'enfuit dans sa cabine, toujours en colère. Eva resta immobile sur le pont, entourée des autres membres d'équipage. Ace n'eut pas le temps d'aller rejoindre son amie - petite-amie ?- qu'Izou se dévoua et emboîta le pas à la jeune fille. L'homme de feu le laissa faire. Emma lui avait déjà beaucoup confié de choses, quand ils passaient leurs soirées ensemble dans la cabine de la jeune fille. Peut-être cela lui ferait-il du bien de parler à quelqu'un d'autre ?
Eva sentait les larmes poindre sous ses paupières et menaçaient de s'écouler. Assister au rejet de sa fille était douloureux. Elle qui s'était promis plus jeune de donner le bonheur à sa descendance et de ne pas faire subir à sa fille l'abandon qu'elle avait subit elle-même chez les Dragons Célestes, eh bien c'était raté.
- Ne vous en faites pas, je pense qu'elle a juste besoin de temps pour avaler tout ça, commenta Ace en posant une main sur son épaule, elle viendra s'excuser une fois qu'elle aura réfléchit.
Le Soleil se couchait lentement sur l'horizon et allait bientôt laisser place à son pendant nocturne. Le réfectoire du Moby-Dick était très animé et Ethan ne participait pas à ce mouvement de foule. Il était devenu un homme bien plus solitaire qu'auparavant avec le temps et avait encore du mal à s'habituer à la vie sur le navire. Il effectuait ses corvées sans problème, écoutait les ordres et il lui arrivait de discuter avec certains membres d'équipage. Or, il restait la plupart du temps seul, dans ses pensées. Même quand la bleue, Emma, était rentrée en compagnie de, paraît-il, sa mère, ainsi que le nouveau commandant de la deuxième division, il n'avait pas bronché. Après tout, cela ne le regardait pas, n'est-ce-pas ? Même s'il se demandait ce que la mère de la gamine foutait sur le navire.
Accoudé au bastingage sur le pont principal, entouré de quelques poivrots venus prendre l'air, il écoutait les sons de la Mer. Respirait les embruns salés. Sentait l'air iodé caresser son visage et assécher ses boucles noires. Tout ça le faisait se sentir bien plus vivant que quand il était enfermé dans les cales du bateau des esclavagistes. Et même quand il était sur le pont pendant dix-sept ans, à récurer le bois crade, même s'il sentait aussi à ce moment l'appel de la Mer, il n'en était jamais imprégné car la haine, la fatigue, la douleur prenaient le dessus.
Pendant dix-sept ans il était passé de navires en navires, d'îles en îles avec pour seul ordre celui de servir les pires ordures de l'humanité. Dix-sept années de souffrance sans savoir si sa famille allait bien, si elles étaient toujours en vie après tout ce temps... Leur bébé était-il bien né ? Eva avait-elle supporté sa disparition ?
Il entendit le bois grincer tout près de lui et constata qu'Emma se tenait elle aussi désormais accoudée au bastingage, à environ deux mètres. Il tourna la tête. Elle soupira un coup et passa sa main dans ses cheveux noirs qui lui tombaient au-dessus des épaules.
- Quelle bande de poivrots, chouina-t-elle en mettant sa tête entre ses bras croisés, je comprend pourquoi vous venez vous cacher ici, c'est bien plus calme !
Ethan haussa les épaules. Il parlé qu'une fois, brièvement,à cette gamine. Elle était partie rejoindre sa famille environ deux jours après son arrivée en catastrophe sur le Moby-Dick. Mais il ne pouvait pas être ingrat ni désagréable avec elle : elle était bien trop gentille, puis elle l'avait aussi sauvé de la noyade. Pourtant, il avait toujours du mal à être amical. Sûrement une séquelle de dix-sept ans de coups et de solitude.
- Je préfère le calme ici, oui, répondit-il simplement en détournant le regard de nouveau sur la mer.
Ethan était encore tant plongé dans ses anciennes souffrances qu'il n'avait jamais remarqué à quel point la gamine lui ressemblait. Il ne l'avait pas remarqué car il l'avait trop peu regardée malgré leurs altercations, trop perdu dans les fantômes du passé et avait imaginé, était persuadé depuis bien longtemps déjà que sa petite princesse ressemblait trait pour trait à sa douce mère.
Tard dans la soirée, Emma vint se mettre une bonne fois pour toute au calme dans sa cabine. Son lit douillet lui avait manqué et elle jeta presque ses chaussures contre le mur quand on entra dans sa chambre sans permission. Une seule personne faisait ça d'ailleurs et ce depuis six mois. A moitié éreintée et agacée, elle se retourna, les bras croisés.
- Quand est-ce que tu vas apprendre à frapper à cette porte ? Grommela-t-elle en dépassant Ace pour fermer sa porte à clé, mais allons bon, fais comme chez toi.
- Comment tu pouvais savoir directement que je voudrais dormir avec toi ? S'étonna Ace en se jetant sur le lit.
- Je ne sais pas moi, peut-être que j'ai l'habitude depuis six mois qu'un squatteur vienne...squatter mon lit.
Elle enleva ses vêtements rapidement et se mit en pyjama. Ace admirait encore et toujours ses muscles du dos qui roulaient sous sa peau, ses épaules trapues et ses longues jambes fuselées. Ses hanches étroites, son fessier rebondi, ses cuisses musclées, sa petite poitrine...
Il sentit comme un feu naître dans sa poitrine, comme la fois où il l'avait embrassée sur son striker.
- L'oeil humain est fait pour se poser sur ce qu'il trouve attrayant, se moqua-t-elle une nouvelle fois en constatant qu'il l'avait ouvertement matée.
La jeune fille se planta debout face au lit, en short et en t-shirt large. Affalé sur le lit, Ace leva un regard plein de douceur sur elle, puis il se redressa rapidement, enroula son bras autour de la taille d'Emma et l'emmena avec lui sur le lit. Étonnée par le geste, la brune se laissa emporter avec un petit couinement de surprise et se retrouva allongée sur le côté, nez-à-nez avec Ace. Elle leva une main et vint frôler sa joue du bout des doigts. Ace planta ses prunelles onyx dans l'océan glacé des yeux d'Emma.
- Tu n'as plus ton collier, dit-il simplement en laissant les doigts de la brune parcourir sa joue - il frissonna.
- Je l'ai rendu à la Mer. Je ne peux pas arrêter de vivre, ni d'aimer pour un fantôme.
Emma fondit sur les lèvres d'Ace, qui poussa un grognement de plaisir avant d'attraper sa hanche pour la pétrir de sa grande main. La chaleur qu'il dégageait fit frissonner Emma à cause de l'écart de température que son corps subissait. Le jeune homme sentit la chair de poule sous sa main et se mit à rire dans leur baiser. La jeune fille se détacha de lui avec le rouge aux joues.
- Cesse donc de rire et embrasse-moi, grand fou ! Ordonna-t-elle en l'attrapant par la ceinture pour le tirer vers elle.
Puis ils fondirent de nouveau l'un sur l'autre. Ace se retrouva rapidement au-dessus de son amante et lui retira son t-shirt qu'elle avait à peine eu le temps de porter. Emma attrapa le chapeau orange du jeune homme et le jeta à terre puis elle passa une main pressée dans ses cheveux noirs corbeau. Il rompit leur baiser et lui mordit la lèvre.
- Hey ! S'indigna-t-elle en faisant la moue.
- C'est pour avoir jeté mon chapeau, rétorqua-t-il avant de grogner quand Emma plaqua sa bouche contre la sienne dans un baiser ardent.
Il enroula ses bras musculeux autour de sa fine taille et la brune en profita pour enrouler ses jambes autour de son bassin. Ils éloignèrent leur visage l'un de l'autre et se fixèrent pendant de longues secondes, essoufflés et les joues rouges. Emma passa sa main gauche, autrefois dans les cheveux de son amant, sur la joue de ce dernier, la caressant tendrement. Elle avait beaucoup fait cela avec Glen, auparavant. Mais Ace n'était pas pareil : il n'avait pas de barbe qui piquait, rugueuse. Sa peau était souple sous la pulpe de ses doigts, ses pommettes plus hautes et, ses tâches de rousseur, qui le rendaient absolument craquant.
La jeune fille fut prise d'une bouffée d'affection. Elle n'irait pas dire qu'elle l'aimait passionnément, loin de là. Avait-elle au moins déjà ressentit le véritable amour, même avec Glen ?
Mais Ace et Emma s'aimaient comme deux jeunes gens qui voulaient juste se partager leur affection l'un pour l'autre. Juste un soir. Juste une étreinte et de la chaleur. Juste de l'admiration, du respect et une appréciation commune.
La main de Ace passait sur son ventre et ses côtes, sous ses seins, sur ses cuisses. Emma eut encore la chair de poule à cause de la soudaine chaleur. Le rouge s'installa sur les joues du jeune homme qui semblait hésiter à faire plus. Où alors comme s'il ne savait pas quoi faire de plus. La brune pouffa un peu et passa sa main dans son dos pour le caresser.
- C'est ta première fois ?
Ace se contenta de hocher la tête et détourna le regard en grognant un peu. Il avait déjà embrassé des filles, mais ce n'était jamais allé très loin.
- C'est à ton rythme alors, conclut-elle en se redressant pour l'embrasser doucement.
Alors que sa main allait remonter dans ses cheveux, Ace s'agita pour qu'elle la laisse sur son dos. Elle était fraîche. C'était agréable.
- Continue, souffla-t-il en se dirigeant vers son cou.
Emma continua les caresses le long de son dos, sur ses omoplates, sa colonne vertébrale, puis remonta sur sa nuque et enfin descendit sur son fessier.
Ferme et musclé.
Ethan était retourné à l'infirmerie à cause d'une grosse migraine, discrètement, car leur invitée dormait déjà profondément dans un lit, totalement enroulée dans les couvertures. Seule le haut de son crâne recouvert de cheveux roux dépassait des oreillers et des draps. L'homme n'avait pas porté son attention plus longtemps sur elle et s'était contenté de prendre l'anti-douleur que Luca lui tendait.
- Si la douleur revient régulièrement, venez me voir, ordonna-t-il en rangeant la boîte de pilules dans le tiroir adéquat, il vous faudra passer des examens pour voir si tout va bien là-dedans (il tapota sa propre tête du bout du doigt).
- Hum, merci.
Ethan sortit de la pièce sans un regard de plus pour la rouquine endormie.
