Le lendemain matin Severus observait le jeune gryffondor encore endormi sa position totalement détendue à quelques centimètres d'un ancien mangemort ne trahissant absolument pas le fait que dans peu de temps il donnerait son premier cours officiel de DCFM à tout juste de 18 ans. Tandis que les yeux du dit ex mangemort continuaient leur observation ses mains passaient doucement sur le dos, les épaules ou en encore les bras d'Harry.
Depuis son retour à la « réalité » Snape était perdu dans une souffrance incommensurable où se mêler rage, douleur physique et morale, désespoir et humiliation ou encore peur et ce cocktail détonnant ne se calmer qu'avec le jeune et cette situation de dépendance l'agaçait autant que l'idée de perdre Potter fils le terrifiait. À cet instant il avait envie de le réveiller juste pour que le « survivant » le rassure et lui dise qu'il n'allait pas partir loin de lui et il se sentit profondément ridicule.
L'homme repensa finalement à ce que son ancien élève lui avait révélé la veille et au fait que comble de l'ironie il avait aussi commencé à voir Harry avec un nouveau regard pendant la 6eme année du brun. Ce dernier revenait à chaque fois de ses entrevues avec le directeur les yeux plus éteints et plus durs que la fois précédente, le garçon émerveillé qui avait débarqué à Poudlard cinq ans plus tôt était bien loin. Quand l'espion s'était finalement entretenu avec Dumbledore de l'état de Potter le directeur lui avait confié l'impensable, cet idiot de Gryffondor qu'il s'acharnait à maintenir en vie depuis des années devait mourir et malgré tout le self control qu'il avait développé Severus n'avait pas pu s'empêcher de montrer sa colère. Bien sur quand Dumbledore l'avait interrogé sur son attachement pour Potter il avait tout nié et invoqué Lily mais au fond il savait que c'était bien plus que ça. Le potionniste malgré toutes les œillères qu'il s'était mis année après année avait compris que Potter père et fils étaient deux personnes différentes et que le second malgré les apparences ressemblait bien plus au mangemort repenti que jamais : deux sorciers jetés trop jeunes dans une guerre qu'ils ne comprenaient pas.
Alors Severus malgré les paroles du directeur se jura de tout faire pour que le gryffondor survive à la bataille finale bougeant ses pions pour les mener tous les deux à cette confrontation dans la grande salle pendant laquelle il avait cru halluciner en voyant autre chose que de la haine dans les yeux verts. Ce n'est que dans la cabane hurlante alors que se croyant perdu il se décidait enfin à « dire » la vérité à Harry que Snape avait compris que malgré ses propres dires, le jeune homme représentait bien plus pour lui que juste « les yeux de sa mère ».
Alors que son esprit qu'il jugeait tordu allait le ramener aux six mois d'horreur qu'il avait vécu après ça Harry commença à remuer près de lui et Snape éloigna immédiatement ses mains comme pris en faute mais le jeune homme ne semblait pas du même avis et rapidement il se pelotonna tout contre son aîné lui marmonnant de continuer et après quelques secondes d'hésitation le serpentard s'exécuta sous le soupir de contentement d'Harry.
Une petite heure plus tard les deux hommes émergèrent cette fois totalement et après quelques secondes à se perdre une énième fois dans les yeux l'un de l'autre Harry se jeta sur la bouche de l'autre homme comme désespéré, Severus se promit de s'interroger là-dessus plus tard mais pour l'instant et comme à chaque fois son corps réagissait instinctivement à celui du survivant. C'était tellement évident et viscéral entre eux que l'ex espion comprit qu'aucun sort ne pouvait faire ça et d'un coup il eut envie de dire tellement de choses mais presque quarante ans de traumatismes étaient toujours là alors il tira sur le bras du brun pour le mettre à sa hauteur et d'un air décidé dit « Harry » comme si il était la réponse à tout et ce dernier lui offrit cet air plein d'espoir qu'il affichait à chaque fois que Severus s'ouvrait un peu.
Harry sentit alors toute l'excitation de son amant contre sa cuisse en même temps que le concerné en prenait conscience et comme toujours le professeur de potions afficha un air honteux chagrinant le plus jeune qui tacha malgré tout de désamorcer la situation.
-Tu veux que j'arrange ça ? demanda-t-il simplement à Severus tout en posant sa main sur le sexe dur de ce dernier dont le gémissement à ce simple contact fit office de réponse tandis qu'Harry entamait un lent mouvement de va et vient les yeux fiévreux face aux sons qui sortait de la bouche de l'autre homme.
Le brun alterna alors diverses caresses et pressions pendant plusieurs minutes, changeant de rythme et notant chaque réaction du sorcier qui le rendait fou et qui était maintenant complètement alangui contre lui. Soudain il entendit un faible « attend » de la part de Snape lui faisant cesser tout mouvement pour l'interroger du regard mais en lieu et place d'une quelconque nouvelle parole le potionniste entreprit de débarrasser son cadet de son boxeur avant de nouer ses propres doigts autour du membre en érection.
-Bordel ! lâcha son propriétaire ne récoltant pour une fois aucune remarque sur son langage alors que les deux hommes n'étaient plus qu'un entremêlement de jambes et de bras qui s'agrippaient comme seuls ceux qui ont connu le pire peuvent le faire.
Les souffles se firent encore un peu plus erratiques quand Harry incita Snape à s'installer au dessus de lui pour permettre enfin au jeune homme de sentir tout son poids alors que sa main libre agrippa la nuque du potionniste qui grogna tout en commençant à frotter son bassin contre celui de son ancien élève cherchant toujours plus de contact.
En à peine quelques secondes les deux sorciers se libérèrent mutuellement, Severus mordant violemment l'épaule du gryffondor qui ne s'en rendit même pas compte.
Une quinzaine de minutes plus tard les anciens ennemis prenaient leur douche ensemble, une initiative de l'aîné uniquement motivée selon lui par le fait que sinon ils seraient en retard bien sur.
Contrairement à ce qu'on pourrait croire Harry se fichait pas mal de la mauvaise foi de l'ex espion, ses gestes étaient tellement parlants qu'il était prêt à laisser à Snape tout le temps dont il avait besoin pour mettre des mots sur leur relation et sur ses sentiments.
-Si seulement je pouvais savoir tout ce qui se passe dans cette tête marmonna Severus ramenant son cadet à la réalité.
-On serait VRAIMENT en retard en cours se contenta de répondre le gryffondor amusé.
Une heure plus tard tout amusement avait disparu face à sa première classe.
