Yo ! Cet OS est écrit pour la Nuit du Chaos … euh, pour la Nuit du FoF, sur le thème : Adelphie, avec la consigne : ça t'apprend la survie !

Et … Voilà.

OS 5 : Le toucher

Frères de peau

Je peux les toucher. Là, sur ton sourcil, la trace blanche un peu boursoufflée, la peau douce. C'est quand Alphonse t'a tiré la langue depuis l'autre côté du ruisseau, et tu t'es énervé et tu as voulu courir vers lui mais tu es tombé, as glissé sur une mousse. Tu dis qu'Alphonse a beaucoup pleuré, qu'il avait du sang plein les mains, que tout était visqueux.

Tu dis que c'est ça, que c'est ton frère qui t'a appris à survivre. Que c'est lui qui a été le premier objet précieux que tu devais garder, que tu as voulu prendre soin de lui, que tu as dû prendre soin de toi.

Il est le plus jeune de la fratrie. Ces cicatrices à lui, tu les caresses parfois avec un quelque chose d'excuses dans les yeux, et il te sourit. Il te dit que tu lui as appris à survivre, à lui aussi. Tu le serres dans tes bras, et tu ne le lui dis pas, mais je sais que tu penses Je serais mort sans toi, Al, je serais crevé, et c'est drôle parce que vous ne vous touchez pas souvent comme ça.

Votre douceur, parfois, elle est dans les coups. Se battre, se battre pour s'entraîner, voilà.

Mes cicatrices, tu peux pas les toucher. Tu peux pas les voir. C'est pas juste un souci de régénération, nan, bien sûr, même si j'avais glissé dans un ruisseau, même si j'avais essayé d'escalader une barrière, j'aurais pas gardé de trace. Mais y a jamais eu. Y a pas de … pas de blessure. Je me suis jamais battu avec mes adelphes. Même pour jouer, même quand on venait à peine d'être créés. Alors je pourrais dire … Je pourrais dire que j'ai eu de la chance.

Qu'Al et toi, vous étiez plus violents. Pourtant, quand je passe le doigt sur tes cicatrices, tu souris. Pourtant, quand je pense au regard de Lust, ça fait mal. Le mépris de Pride, et puis la froideur de Wrath. La saleté de Gluttony, l'indifférence de Greed, l'opacité de Sloth. J'en ai une grande, d'adelphie, on était sept. Sept gamins qu'ont jamais vraiment été des gamins et qui du coup sont jamais devenus des adultes.

Tu dis que ça apprend la survie, alors pourquoi tout le monde est mort sauf moi ? C'est pas eux qui m'ont appris à survivre, encore moins à vivre. Ce qu'ils m'ont appris, c'est à ne pas faire confiance, jamais. Je comprends pas. T'as plein de cicatrices et c'est tout doux. J'ai la peau lisse, immaculée, alors pourquoi quand tu la touches ça brûle et ça fait mal ? Pourquoi tout mon corps est une plaie à vif ?

Ed. Edward. Tu crois qu'un jour, Alphonse me tirera la langue ?

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Voilà ? Je sais pas. Je sais pas, OK ?

Bref.

Je crois que c'est le dernier OS de ce recueil ? Mais j'y reviendrai peut-être un jour. C'est bizarre, de plus savoir que je peux venir écrire ici si j'ai envie de reprendre sur FMA ? Enfin.

A très vite quand même ?