Bonjour tout le monde ! Voici la suite, en espérant qu'elle vous plaira ! Merci à mes lecteurs et aux deux reviews qui ont été postées, moi qui craignait que mon histoire ne plaise pas, je suis ravie de voir qu'elle en intéresse certains parmi vous :) Aussi je la continue de bon coeur ! Veuillez excuser les éventuelles fautes, j'écris directement sur le site donc il se peut que certaines fautes passent à la trappe.
Sur ce, je vous souhaite une bonne lecture, n'oubliez pas de poster une review pour me dire ce que vous en pensez !
Je remercie chaleureusement Lena, Unebrunette et la personne anonyme qui ont laissé une review précédemment. Effectivement, je mise sur un réalisme assez prononcé dans cette fiction pour trancher un peu avec l'univers globalement léger d'Avatar (Legend of Aang). Je vous laisse découvrir ce chapitre qui apportera peut-être des réponses à vos questions !
Petit résumé du chapitre précédent : Katara et Aang se rendent à la Capitale de la Nation du Feu, officiellement pour revoir leur ami Zuko, officieusement pour prêter main forte en cas de nouvel attentat contre ce dernier, devenu Seigneur du feu 6 ans plus tôt. Ils arrivèrent au beau milieu d'un assaut perpétré par des membres de la Confrérie de la Nouvelle Ozai - et peut-être d'autres, le mystère est entier - et Katara trouva Zuko, grièvement blessé à l'épaule par un éclair qu'il n'a pas su ou pu rediriger. Après de nombreux soins prodigués par Katara, et au prix d'une grande souffrance, il finit par se réveiller.
*Chapitre 2 - Pleine lune*
« Ka.. ta... ra... », fit Zuko d'une voix faible et rauque, ses yeux d'ambre voilés par la fièvre. Katara put au moins en conclure qu'il ne délirait pas et qu'il avait conscience de qui elle était, ce qui était un bon début.
Katara lui fit un léger sourire. « Bienvenue parmi nous Zuko », lui dit-elle gentiment, en posant une main rassurante sur la sienne qui se serrait autour du drap tandis qu'il essayait de dire quelque chose, en vain. Aucun son ne sortit de sa gorge, ce qui témoignait de la profonde difficulté qu'il avait eue à prononcer le nom de Katara - qui pour son grand malheur comportait à cet instant au moins deux syllabes de trop à son goût.
Il soupira et tourna la tête de l'autre côté du lit, où Ursa allait s'asseoir pour voir son fils de plus près sans gêner la maître de l'Eau. Il fallait que cette dernière puisse toujours intervenir rapidement.
« Mon chéri, j'ai eu si peur pour toi », lui dit-elle en lui prenant son autre main, qui était elle aussi crispée sur le drap rouge. Comme s'il essayait désespérément de ne pas perdre pied. Il ne lâcha le drap uniquement pour se raccrocher à la main pâle de sa mère qu'il peinait à tenir.
Katara remarqua une fois de plus la ressemblance entre la mère et le fils, cette petite once de douceur et d'amour qu'ils avaient en eux. Le fait d'avoir enfin retrouvé sa mère après tant d'années passées en son absence avait renforcé le côté doux de la personnalité de Zuko. Son cœur se pinça en songeant à sa propre mère, qu'elle ne reverrait jamais. Elle passa un doigt nerveux sur la perle bleue de son collier. Aang lui en avait gravé un il y a quelques années, mais Katara l'avait ôté une fois qu'ils eurent rompu pour remettre celui qui jadis ornait le cou de sa mère. Elle lui manquait toujours terriblement.
La voix d'Ursa, qui s'adressait à Zuko, la fit émerger de ses pensées. « Je vais faire chercher ton oncle, il sera ravi de te savoir réveillé »
Elle appela ainsi les gardes et leur demanda d'informer Iroh du réveil de Zuko. Puis elle revint aux côtés de ce dernier. Elle était vêtue comme une véritable princesse, avec sa longue robe noire de brocard ornée de broderies rouges. Katara se pinça les lèvres, dépitée. Son kimono et sa tenue blanche étaient couverts de sang séché. Elle avait rarement vu autant de sang lors des nombreuses guérisons qu'elle avait opérées au sein des quatre nations, et pourtant, elle pouvait se targuer d'avoir soigné plus d'une centaine de personnes ces dernières années. Ses aptitudes en matière de guérison étaient hors normes, et pourtant, il lui faudrait en plus de ses facultés la puissance de la Lune pour que Zuko puisse espérer récupérer l'usage complet de son épaule un jour. Et il fallait qu'il le récupère. « Un Zuko ne pouvant maîtriser le feu correctement faute de disposer de ses deux bras, ça ne veut rien dire ! », songea Katara.
Il essaya à nouveau de parler. Têtu comme une mule, ou persévérant, Katara ne savait guère comment le qualifier. « Mè... re... », dit-il en regardant sa mère dans les yeux, reconnaissant de sa présence.
Il fronça les sourcils et ferma fort ses yeux, pestant intérieurement contre son inaptitude à parler. La blessure à son épaule lui était lancinante - impossible de bouger son épaule sans lui arracher un affreux grognement de douleur - mais au moins il était conscient. Il avait de vagues images du moment où son corps s'était mis à convulser. Il revoyait Katara s'échinant à l'immobiliser avec l'aide de son oncle tandis qu'elle essayait de calmer ses spasmes et ses douleurs avec sa maîtrise de l'eau. Il se sentait un peu honteux de ne pas être vraiment le patient idéal. Quel idiot il avait été, Azula n'avait pas perdu de temps et avait tâché d'enseigner cette mortelle maîtrise à ses disciples les plus doués. Zuko était étonné qu'elle ait mis de côté son orgueil pour enseigner la maîtrise de la foudre à d'autres, elle qui se targuait d'être la meilleure. Une chaleur agréable sur son épaule blessée le sortit de ses pensées et lui fit rouvrir les yeux.
Katara contrôla à nouveau l'état de Zuko. Son pouls était presque normal et l'état de son épaule semblait stable même si ses plaies menaçaient dangereusement de se rouvrir. La jeune femme savait que la guérison qu'elle prévoyait durant la nuit accélérerait le processus de cicatrisation et de reconstruction des tissus et des muscles. Zuko essaya naturellement de bouger mais une grimace accompagnée d'un gémissement mirent un terme à sa tentative. Il ne pouvait que bouger très légèrement le bras droit, dont la main et les doigts serrèrent ce qu'ils trouvèrent sur leur route : les mains pâles de sa mère.
Katara reprit la parole et Zuko tourna légèrement sa tête vers elle, refrénant un gémissement. « Ton état est stable Zuko, mais je devrais opérer une deuxième phase de guérison cette nuit. Ce ne sera pas du tout agréable, peut-être même pire que ce que tu as enduré jusqu'à présent, mais j'aurais ainsi la force nécessaire pour te remettre d'aplomb et permettre à ton épaule de guérir complètement en quelques semaines », lui expliqua Katara.
Il parut inquiet quant à la douleur qu'il allait ressentir, mais hocha lentement la tête. Si cela lui permettait d'être guéri plus vite, il était preneur. Mieux valait souffrir un bon coup que souffrir un peu pendant une période infinie. Il s'humecta les lèvres, et s'aperçut qu'il avait la gorge terriblement sèche. Le bout de tissu utilisé par Katara pour lui éviter de se mordre la langue lui avait asséché la bouche. Ses yeux croisèrent ceux de Katara à nouveau.
« S... soif... », fut tout ce qu'il put dire. Katara se serait giflée. Évidemment qu'il avait soif ! Elle courut lui chercher de l'eau, se maudissant pour son fâcheux oubli. Il bût si goulûment qu'elle eut craint qu'il ne s'étouffe avec son eau. S'il toussait, il allait souffrir encore plus. Fort heureusement, cela ne se produisit pas. La jeune femme poussa un soupir de soulagement.
« Il faut qu'on trouve de quoi te nourrir... », murmura Katara. Zuko semblait exaspéré, et il y avait de quoi. Pour le moment, il ne pouvait rien faire par lui-même. Et l'impuissance était probablement l'un des sentiments qu'il abhorrait le plus au monde. Katara retint un sourire. Zuko était pour elle le symbole de l'énergie, la force positive de la maîtrise du Feu. Elle se souvenait qu'il avait été un professeur assez sévère avec Aang. Un perfectionniste dans l'âme.
« Je m'en occupe ! », dit Ursa qui déposa un baiser sur le front de son fils avant de se lever. Elle marqua un temps d'arrêt dans son élan puis baissa ses yeux sur Zuko. « Ton oncle est là, mon chéri »
Iroh se tenait effectivement dans l'embrasure de la porte. Il avait l'air essoufflé, comme s'il venait de remuer ciel et terre pour remettre un peu d'ordre dans le Palais. Et c'était le cas. Les cellules qui étaient d'ordinaire assez vides dans le Palais étaient à nouveau remplies, en attendant un interrogatoire et un jugement pour chaque prisonnier s'y trouvant. Iroh avait mobilisé tous les médecins pour soigner les gardes blessés durant l'attaque. Il avait également prêté ses oiseaux de feu messagers à Aang pour que ce dernier puisse avertir le plus rapidement possible les guerrières Kyoshi ainsi que Sokka et Toph de ce qui s'était passé avant de partir sur les traces des assaillants. Il espérait que Toph envoie l'un de ses élèves pour l'aider dans sa tâche. Cette dernière entraînait de plus en plus de maîtres de la Terre à la maîtrise du Métal et était extrêmement fière de son académie. Elle fut d'une grande aide à Aang pour pacifier les tensions qui régnaient dans les anciennes colonies de la Nation du Feu, qui aujourd'hui mêlaient la Nation du Feu et le Royaume de la Terre qui vivent ensemble en harmonie.
Iroh s'assit là où se trouvait Ursa auparavant. « Il faut toujours que tu t'abîmes, mon neveu », soupira-t-il. Zuko leva les yeux au ciel. Il était évident qu'en tant que Seigneur du Feu, il devait s'abîmer un peu. Mais jusqu'ici, il avait plutôt réussi à maintenir un équilibre entre son rôle de Seigneur du feu et son rôle de fils, de neveu, de grand frère et d'ami. Quoique ce fut parfois chaotique, notamment avec les événements de Yu Dao où Aang et Katara d'un côté étaient rentrés en conflit avec Zuko. Mais ils avaient fait chacun des compromis et un nouveau gouvernement de coalition composé de membres de la Nation du Feu et du Royaume de la Terre avait été formé.
Ursa revint armée d'une soupe, plus commode pour nourrir Zuko. Katara décida de leur laisser un peu d'intimité et sortit dans le couloir, où elle s'assit contre l'un des imposants piliers le traversant. Ce n'était pas exactement la journée qu'elle s'était imaginée, mais cela aurait pu être bien pire. Elle était frustrée de ne pas pouvoir partir à l'aventure comme elle l'avait espéré. Bien sûr, soigner le maximum de personnes blessées était d'une extrême importance pour elle, mais les combats et l'utilisation de sa maîtrise de l'Eau de façon un peu plus acrobatique lui manquaient terriblement. Katara vit néanmoins le côté positif des choses : elle aurait l'occasion de s'entraîner avec Zuko, celui-ci devant inévitablement passer par la case rééducation concernant son épaule. Impossible de maîtriser le Feu correctement avec une épaule et un bras en moins.
Elle ferma les yeux, fatiguée par ses efforts fournis pour maintenir Zuko en vie. Elle remarqua à peine le ballet des servants qui installaient un coin où elle pourrait se reposer tout en étant à proximité du Seigneur du Feu en cas de problème médical. Heureusement qu'Ursa avait eu cette idée, Katara aurait été très angoissée de devoir retrouver son chemin dans ce dédale de couloirs à temps pour aider son ami. Et il y avait une salle d'eau juste à côté de la chambre de ce dernier, salle qu'elle mettrait à profit la nuit prochaine.
Iroh finit par sortir et par s'approcher d'elle. Une heure devait s'être écoulée. « Il s'est endormi. Nous vous avons aménagé un petit espace. Je suis vraiment navré de devoir freiner vos projets ainsi, vous avez toute ma reconnaissance », lui dit-il, désolé de la savoir coincée ici pour une durée indéterminée. « Puis-je vous proposer une tasse de thé ? J'en avais préparé pour mon neveu, mais il s'est endormi avant d'avoir pu goûter à cette exquise infusion alors... »
Katara sourit. Lui et sa manie du thé. « Avec plaisir, et ne vous en faites pas pour moi, il est naturellement hors de question que je laisse Zuko dans cet état-là. Je suis ravie d'être là pour lui », lui assura-t-elle. C'était vrai, même si son égoïsme n'était pas entièrement d'accord avec ça.
L'après-midi passa relativement lentement, Zuko s'étant endormi après avoir avalé sa soupe, donnée à la cuillère par sa mère. Il avait d'ailleurs apprécié que Katara ne voit pas cela. Il se sentait faible. Et il l'était ! Incapable de rediriger un pauvre éclair dont la puissance n'égalait même pas un dixième ce qu'Azula pouvait lui offrir. Mais à présent, il dormait presque paisiblement, ce qui surprit Katara. Généralement, les blessés graves voyageaient davantage entre l'évanouissement et la conscience. Il était fort, mais il ne s'en rendait pas compte. Et elle le savait.
Katara but son thé avec Iroh. Peu de paroles furent échangées, de peur de réveiller Zuko. Ursa était revenue elle aussi veiller son fils. Kiyi était venue bien plus tard déposer un bracelet qu'elle avait tressé avec des lanières de cuir qu'elle avait coupées elle-même sous le regard attentif de son père, Ikem, le mari d'Ursa. Ce dernier se faisait discret au palais et ne paraissait que pour voir sa fille. Le reste du temps, il voyageait avec sa troupe d'acteurs au cœur de la Nation du feu et des anciennes colonies. C'était lui qui lui avait appris à fabriquer ces bracelets. Son grand frère en avait déjà un au poignet, mais Katara supposait que la petite n'avait pas trouvé mieux que de lui en refaire un pour se distraire dans le calme. Et visiblement, elle n'avait pas le cœur à s'entraîner à sa maîtrise du Feu.
Mais contre toute attente, ce fut à la maîtresse de l'Eau que Kiyi donna son bracelet. Il comportait une petite pierre gravée au feu du symbole de l'Eau mêlé à celui du Feu. Le dessin était maladroit et peu régulier, mais Katara ne le remarqua même pas et trouva cela au contraire très joli.
« Parce que tu es notre amie, et que tu as sauvé mon grand frère », lui dit Kiyi avec douceur.
Katara la remercia et le rangea dans l'une des poches de son pantalon bleu, ne pouvant pas le mettre pour l'instant. Ses bras devaient rester vierges, un bracelet entraverait ses mouvements et risquerait de blesser Zuko si elle devait le manipuler pour observer sa guérison. Elle ne reprit pas Kiyi sur le fait que Zuko n'était pas encore tiré d'affaire, elle ne voulait pas la rendre triste. Elle était si adorable avec ses cheveux courts et son petit chignon sur la tête, rehaussé d'une flamme comme il était de coutume dans la famille royale. Kiyi resta assise un moment à regarder son frère dormir jusqu'à ce qu'Ursa l'emmène dîner.
Elle songea un instant qu'il manquait quelqu'un à l'appel. Mai. Elle se souvint vaguement qu'Aang avait mentionné leur rupture lorsqu'il était parti élucider le mystères des enlèvements d'enfants au sein de la Nation du Feu. Mais elle n'en avait jamais entendu parler depuis lors. Zuko avait très certainement dû mal vivre la situation, il se murait dans le silence quand il n'allait pas bien. C'était peut-être la raison qui expliquait son éloignement avec la Team Avatar. Katara haussa les épaules et eut un étrange sourire. Zuko allait l'avoir sur le dos pendant un sacré bout de temps à juger de l'état de son épaule, qui n'est pas si mauvais compte tenu du choc qu'il a subi, mais qui était tout de même mauvais.
« Il me faudra de véritables bandages pour que je puisse refaire son pansement », finit-elle par dire en voyant le tissu de sa ceinture, utilisée pour lui bander l'épaule, rougir de plus en plus. Les saignements avaient dû reprendre en dépit des efforts de Katara, qui soupira. Iroh hocha la tête et demanda à ce que ce soit fait. « Si vous avez besoin de quoi que ce soit Katara, n'hésitez pas à demander, ils feront ce qu'il faut », lui dit gentiment Iroh.
Katara le remercia d'un signe de tête et d'un sourire. La nuit commençait enfin à tomber. On lui fit porter à nouveau le dîner, qu'elle prit seule, Iroh devant s'entretenir avec les principaux chefs des gardes du palais pour planifier une nouvelle stratégie de défense car la garde royale s'était considérablement réduite au vu du nombre de blessés. Les guerrières Kyoshi devraient arriver dans la nuit pour renforcer le dispositif imaginé par Iroh.
Zuko sembla émerger de son sommeil. Il était dégoulinant de sueur, sa fièvre ne baissait pas. Katara humidifia d'autres linges qu'on lui avait rapporté pour lui rafraîchir le visage, et le sien par la même occasion. L'été arrivait et avec lui, la chaleur torride qui sévissait comme chaque été au sein de la Nation du feu. La fraîcheur du Pôle Sud manquait à la maîtresse de l'Eau. Les yeux dorés de Zuko se posèrent sur elle. Il la remerciait silencieusement. Ses yeux bleus si bienveillants étaient d'un grand secours pour lui, qui pataugeait au milieu de la douleur. Katara était comme une main tendue à laquelle il s'agrippait pour ne pas se noyer.
Elle décida de le baigner dès maintenant pour faire un peu baisser sa fièvre. Elle appela les médecins, qui arrivèrent avec le brancard. Tandis qu'elle remplissait le bassin qui se trouvait dans la pièce d'à côté avec de l'eau tiède, ils déplacèrent Zuko. Le plus délicat à présent allait être de placer Zuko dans le bassin sans aggraver son état. Ils placèrent le bout du brancard sur le bord du bassin, et ils le firent basculer très doucement. Katara le tenait par le buste pour ne pas qu'il tombe. Elle réussit à placer ses jambes dans le bassin, il ne restait plus qu'à le faire asseoir. Il était toujours maintenu par le brancard au niveau du dos, et il se laissa glisser le long de la paroi du bassin jusqu'à s'asseoir. Il poussa plusieurs gémissements pendant l'opération mais finalement, tout se passa relativement bien. Les médecins repartirent, laissant des bandages propres comme demandé plus tôt.
Zuko poussa un soupir de soulagement. L'eau tiède était très agréable, plus qu'il ne l'aurait cru. Katara savait réellement ce qu'elle faisait. Mais il ne se doutait pas que le pire était à venir. Katara demanda expressément à ce que personne ne les dérange sauf instruction contraire de sa part, et ce quoi qu'il puisse se passer ou quoi qu'ils puissent entendre. Se souvenant des ordres d'Iroh, ils quittèrent la pièce et la chambre sans émettre un seul commentaire. La lune était levée, Katara sentait sa maîtrise devenir plus puissante de minute en minute. La respiration de Zuko s'accéléra, il se demandait quel enfer l'attendait cette nuit. Katara fut surprise de voir des larmes perler à ses yeux. Elle ne savait pas réellement ce qui allait se passer, elle s'était jurée de ne plus jamais utiliser cette partie de sa maîtrise. Mais elle n'avait pas le choix, il ne survivrait pas sinon.
« Je suis navrée Zuko, mais je vais devoir... prendre le contrôle », lui dit-elle en se penchant au-dessus de lui pour défaire son bandage désormais trempé, révélant sa blessure qui était assez moche à voir. Il avait l'air soudainement terrifié mais hocha la tête fermement. Ses sourcils se froncèrent. Il était déterminé à survivre et il lui faisait entièrement confiance. Si elle pensait qu'il pouvait endurer cela, alors c'est qu'il le pouvait.
Elle prit une profonde inspiration et plaça ses mains au-dessus de lui, près de son épaule. Elle plaça ses mains à la verticale au-dessus de sa blessure, comme pour fendre l'air. Elle les abaissa avec force pour entrer en contact avec le sang de Zuko, qui circulait de façon assez régulière pour l'instant. Au fur et à mesure qu'elle abaissait ses mains, Zuko commençait à sentir une vive douleur dans son corps. Il gémit d'abord, puis poussa un cri lorsqu'elle termina son geste. C'était comme si Katara avait directement plongé ses mains au cœur de sa blessure. Il ne pouvait plus contenir ses cris, bien qu'il fit de son mieux. Ses yeux bleus à elle étaient fermés à présent tandis qu'elle se concentrait. Elle pouvait visualiser la blessure de l'intérieur, et elle eut un choc quand elle vit le travail qu'il lui faudrait accomplir cette nuit.
Lorsqu'elle commença son travail de reconstruction et de consolidation des tissus et des muscles, les cris de Zuko emplirent à nouveau la pièce. De petites flammèches même sortirent de sa bouche. Mais Katara ne céda pas et poursuivit son travail en essayant tant bien que mal de faire abstraction de ses hurlements de douleur. C'était bien pire que la fois où elle avait dû re-casser les os d'un blessé car ses fractures avaient mal guéri et ses os formaient une masse anarchique à l'intérieur de lui. Ce jour-la elle s'était demandé s'il était possible de faire pire en termes de douleurs infligées pour une guérison.
Elle avait le pire sous les yeux et elle était presque certaine qu'elle en ferait des cauchemars quand elle en aurait fini. Elle mit toute sa force et sa volonté dans sa maîtrise pour que ce moment soit le plus bref possible. Mais cela dura néanmoins des heures car tout avait brûlé à l'intérieur de son épaule et tout autour. Il fallait tout reconstruire au mieux. Katara avait eu des années pour perfectionner ses techniques de guérison et sa connaissance de l'anatomie humaine, mais d'habitude elle ne faisait que réparer, pas recréer. Et il était rare qu'il s'agît d'une zone aussi proche du cœur. Zuko était épuisé et sa voix allait bientôt être mise hors d'usage. Il n'avait jamais eu aussi mal de sa vie. Mais il n'était pas seul, car Katara endurait ce supplice avec lui et se faisait violence pour maintenir sa maîtrise du sang à la même puissance. Si elle chancelait, c'était terminé pour lui.
Petit à petit Zuko, sentait que son bras lui était de moins en moins douloureux. Son supplice arrivait enfin à son terme après tant d'heures à souffrir. Katara était trempée de sueur et ses bras, qui poursuivaient la guérison, tremblaient et tétanisaient. Elle était épuisée mais sa ténacité était bien plus grande encore que sa fatigue. Elle ne céda pas.
Quand ce fut enfin terminé, Zuko avait retrouvé un peu de force et de vigueur dans son épaule, bien qu'il ne puisse pas encore la bouger complètement car elle lui faisait toujours mal. Katara quant à elle peinait à reprendre son souffle, comme si elle manquait d'air. Elle sentit ses bras retomber mollement au-dessus de Zuko. Ses yeux croisèrent ceux de Zuko, puis se voilèrent et elle s'effondra en arrière, à côté du bassin. Sa tête heurta le sol. Zuko, qui ne semblait pas encore réaliser ce qui s'était passé - il se remettait encore de ses douleurs atroces - se redressa autant que possible, paniqué.
« Katara ?! », appela-t-il. Sa voix était cassée mais au moins il pouvait parler plus clairement à présent. Le son de sa propre voix l'étonna, lui qui pestait encore il y a quelques heures de ne presque pas pouvoir émettre le moindre son. « Gardes ! »
Il entendit des voix derrière la porte. Ils étaient restés à côté toute la nuit mais avaient respecté les ordres de Katara en ne s'interposant pas. L'un d'eux finit par entrer.
« Mon Seigneur ! Que... », commença le garde avant de tomber sur le corps de Katara, inerte.
« App... Appelez les médecins ! », ordonna péniblement Zuko tandis qu'il essayait de s'extirper du bassin, trempé jusqu'aux os, littéralement. Son pantalon devenu lourd à cause de l'eau l'empêchait de sortir complètement, il était encore trop faible. Le garde courut hors de la salle d'eau et les médecins arrivèrent peu de temps après en courant. L'un d'eux aida Zuko à sortir du bassin. Il attrapa l'une des serviettes que Katara avait déposé non loin du bassin et se sécha tant bien que mal avec son seul bras valide. « Occupez-vous d'elle, je peux attendre ! »
Ils placèrent Katara délicatement sur le brancard et la déposèrent sur le petit lit qui avait été installé pour qu'elle puisse veiller sur Zuko. Ils aidèrent Zuko à sortir de la salle d'eau en le soutenant par le dos, ses muscles refusant de coopérer. Mais il refusa d'aller se coucher et décida de s'asseoir à côté du lit de Katara, où les médecins placèrent à contrecœur l'une des chaises qui se trouvait dans la pièce. Il ne pouvait pas l'abandonner alors qu'elle avait donné toute son énergie pour le soigner. Il songeait même que sa vie était peut-être en danger. Les médecins l'examinèrent et ne virent cependant rien de très alarmant si ce n'est un pouls rapide et une respiration rapide, comme quelqu'un d'essoufflé après une course. Et quelle course contre la mort ce fut ! Ils tinrent refaire le bandage de l'épaule de Zuko. Il porterait son bras gauche en écharpe pour le moment. Iroh arriva, encore ensommeillé.
« Tu as l'air transformé Zuko ! Mais ne devrais-tu pas te reposer ? », commença Iroh qui marqua un instant d'arrêt à la vue de Katara inconsciente sur son lit. Celle-ci avait l'air également transformée, et pas de façon positive. Son visage s'était creusé sous l'effet de la fatigue, qui était liée à la maîtrise qu'elle avait déployée sur Zuko. Il comprit que la guérison de ce dernier avait dû la vider de ses forces. Elle portait toujours son kimono bleu et sa tenue blanche en-dessous, tout deux tachés du sang de Zuko, qui formait désormais une large tâche brunâtre sur les vêtements de la jeune femme endormie.
« Je ne vais certainement pas aller me reposer alors qu'elle est dans cet état-là par ma faute ! », lui rétorqua-t-il d'un ton à la fois irrité et attristé sans lever ses yeux de Katara. Cela se voyait dans ses yeux qu'il était très inquiet. Iroh l'avait rarement vu ainsi.
« Je vois que tu n'as rien perdu de ton mordant, Zuko. Mais il n'y a rien que tu puisses faire, elle doit se reposer », lui dit-il en posant une main sur son épaule. Son neveu était déterminé comme une flamme brûlant tout sur son passage, et pourtant avait à cet instant précis la sensibilité et la fragilité caractéristiques du peuple des Tribus de l'Eau. Zuko daigna enfin lever ses yeux sur lui.
« Comment te sens-tu ? », lui demanda doucement Iroh. Visiblement, Katara avait fait des merveilles la nuit passée, mais il souhaitait l'entendre de sa bouche à lui.
« Fatigué. Faible. Mais mon bras ne me fait plus souffrir, du moins tant que je ne le bouge pas », lui dit Zuko en observant son bandage. Il pouvait au moins bouger les doigts et son poignet sans trop se faire mal, alors qu'il pouvait à peine serrer la main de sa mère quelques heures plus tôt. En revanche, même s'il pouvait bouger les jambes, son corps tremblait tellement qu'il savait pertinemment qu'il ne pouvait pas faire un pas debout. Il consacrait déjà tous ses efforts à rester éveillé, affalé sur sa chaise.
Il reporta son attention sur Katara. Cette dernière avait les cheveux humides de sueur. Elle les portait toujours coiffés de la même façon depuis qu'il l'avait rencontrée, avec ses deux mèches frontales attachées à l'aide de perles bleues. Son visage n'avait pas tant changé que cela et respirait toujours la douceur et la gentillesse dont il la savait capable. Elle portait toujours le collier de sa mère, même s'il se jurait l'avoir vue porter un autre collier il y a quelques temps.
Il se souvint s'être fait la réflexion qu'elle avait changé son collier, mais n'avait rien demandé de plus à l'époque. Il réalisa que ce devait être un collier qu'Aang lui avait gravé quand ils étaient ensemble. Et qu'elle avait remis celui de sa mère lorsqu'ils avaient rompu. C'était Toph qui lui avait parlé de leur rupture, ces derniers refusant d'en parler. Il n'avait pas cherché à en savoir davantage. Lui aussi avait refusé de parler de sa séparation avec Mai, car tout était de sa faute à lui. Il avait eu trop de secrets pour elle et elle était partie. Il chassa ces souvenirs de sa tête.
« Que s'est-il passé mon oncle ? Sait-on qui a fomenté cette attaque ? », demanda Zuko d'une voix plus calme.
Iroh lui expliqua ce qui s'était passé et qui il soupçonnait d'être derrière tout cela. Il lui dit également qu'Aang était parti à leur poursuite. Zuko se souvint tout à coup de ce qui s'était passé avant qu'il ne s'effondre. Le soldat qui avait lancé l'éclair avait d'abord essayé de bloquer son chi pour l'empêcher de maîtriser le feu, et voyant que cela ne faisait pas effet, il avait sorti son atout de sa manche. Zuko ne s'était jamais douté que d'autres en dehors d'Iroh, Ozai et Azula avaient réussi à maîtriser les éclairs. Il ne referait plus jamais cette erreur.
« Je vois... », dit Zuko lentement tandis qu'il se remémorait l'attaque. « Je crois qu'ils avaient pour ordre de me capturer, ou de me tuer le cas échéant. Celui qui m'a lancé cet éclair a d'abord tenté de bloquer mon chi je crois », expliqua-t-il.
« Ils essaient donc de maîtriser cette technique... Azula leur aura parlé des talents de Ty Lee en cette matière », supposa Iroh, qui se passait la main dans sa barbe. Puis il changea de sujet. « Ton ami l'Avatar est sur leurs traces, il saura y faire avec eux. Je crois savoir qu'il a demandé de l'aide à Toph, cette charmante petite, une vraie battante, elle saura l'aider. Et toi aussi quand tu seras guéri », lui dit-il d'un ton encourageant.
Zuko était reconnaissant d'une part qu'Aang se soit porté volontaire pour commencer les investigations et d'autre part que son oncle ait offert en anticipation toute l'aide dont l'Avatar aurait besoin. Aang était un grand ami de la Nation du Feu, et sans aucun doute le meilleur ami de Zuko. Ils s'étaient beaucoup disputés au début de son règne, mais avaient trouvé des terrains d'entente et à présent s'entendaient presque sur tout. Iroh était si fier de son neveu, qui ne pensait non plus comme un simple maître du feu, mais comme un individu tirant sa force des quatre philosophies élémentaires, et donc celle de l'Air.
Le jeune Seigneur du Feu se remit à grimacer. Parler aussi longuement lui causa un mal de crâne qui allait en s'amplifiant, à tel point qu'il passa le reste de la conversation à se masser ponctuellement ses tempes pour soulager la douleur. « Kiyi va bien ? »
Iroh réalisa que Zuko ne l'avait en effet pas revue depuis un petit moment. Il avait été inconscient ou endormi à chaque fois que la jeune maîtresse du Feu était passée le voir. « Elle va bien, ne t'en fait pas. Elle est passée te voir plusieurs fois mais tu étais endormi ou inconscient », lui expliqua-t-il.
Zuko soupira de soulagement. Il avait toujours la hantise qu'elle soit enlevée à nouveau, comme cela était déjà arrivé quelques années plus tôt à cause d'Azula. Il fut soudainement inquiet. S'était-elle évadée ? Il savait que l'un des objectifs poursuivis par la Confrérie de la nouvelle Ozai était la libération de sa soeur et de son père. « Ma soeur et mon père sont-ils toujours à leur place ? »
Iroh acquiesça. « Je m'en suis personnellement assuré. Il n'y a eu aucune tentative d'évasion, ce qui m'étonne encore. Je crois qu'ils se sont résignés à simplement décimer notre famille »
« Simplement... », grommela Zuko qui trouvait cet euphémisme absolument pas drôle. « Quand je serais remis sur pied, je m'occuperais de cette affaire avec l'Avatar »
Mais il se doutait que ce n'était pas pour tout de suite. Il était incapable de maîtriser le feu en l'état actuel des choses, il l'avait bien vu lorsqu'il avait essayé en vain d'allumer la bougie qui éclairait Katara. Il ne pouvait même pas bouger son épaule ou la solliciter de quelque manière que ce soit sans que cela ne lui arrache une grimace de douleur. Il se mit à bâiller, tombant de fatigue. Mais il refusait de s'éloigner de Katara, dont il tenait la main, fasciné par le contraste existant entre leur deux peaux. Lui était si pâle en comparaison.
Iroh le remarqua, mais avant même d'émettre un commentaire, il étouffa un bâillement à son tour. « Si tu n'as besoin de rien de plus, je vais aller dormir. Il faut bien que quelqu'un maintienne ce palais en état de marche demain ! », dit-il en se levant de sa chaise. Zuko ouvrit la bouche pour le contredire mais il le devança. « N'y pense même pas Zuko, tant que tu ne seras pas complètement guéri, je m'occupe de tout »
Ce dernier fit la moue mais savait au fond que son oncle avait raison. Il était incapable de penser à autre chose qu'à son bras et à l'état de Katara. C'était de sa faute si elle avait dû utiliser cette maîtrise qu'elle abhorrait plus que tout au monde. Il savait qu'un de ses buts était de rendre cette maîtrise illégale. Elle avait dû trahir ses principes pour le sauver. La douleur de sa culpabilité lui étreignit la poitrine. Sa gorge se serra. « Merci mon oncle, je ne sais pas ce que je ferais sans vous », lui dit-il.
« A dire vrai, je n'ai pas envie d'imaginer ce que tu aurais fait sans moi », lui répondit-il sur le ton de l'humour avant de quitter la pièce, le silence regagnant la chambre du Seigneur du feu.
C'était d'ailleurs la première fois depuis que Zuko occupait cette chambre que deux personnes dormaient dans cette même pièce, Kiyi mise à part. Mai avait toujours refusé de partager sa chambre avec lui, pour une raison obscure qu'il n'avait pas eu le coeur de découvrir. Kiyi était la seule qui avait dormi avec lui lorsqu'elle faisait des cauchemars étant plus jeune. Il se souvenait bien de ses cauchemars, ils étaient tous liés au changement physique de sa mère. Celle-ci qui avait abandonné son visage pour un autre et qui avait donné naissance à Kiyi avec ce visage, avait finalement retrouvé sa véritable apparence lorsque Zuko l'eût retrouvée. Kiyi avait mal supporté cette transformation et avait longtemps pensé qu'un monstre s'en était pris à sa maman. Cette dernière, aidée de Zuko, avait finalement pu se réconcilier avec Kiyi plusieurs mois après, mettant progressivement fin à ces mauvais rêves.
Il observa Katara un instant. Il l'avait souvent vue dormir, lorsque lui-même n'y parvenait pas, quand ils étaient encore en mission contre son père, Ozai. Elle était alors très paisible dans son sommeil, ne bougeant presque pas. Rien ne semblait avoir changé. Puis, sous le coup de la fatigue, il s'endormit sur sa chaise, basculant petit à petit vers l'avant, pour finalement poser dans son sommeil sa tête et le haut de son buste sur le bord du lit. Il était si éreinté que sa position très inconfortable ne le réveilla pas.
Katara quant à elle eut en réalité un sommeil moins paisible qu'il n'y paraissait, les cris poussés par Zuko lors de cette périlleuse guérison emplissant ses rêves, comme une horrible musique qui ne cessait jamais. Mais aussi éreintée que Zuko, si ce n'était plus, rien n'aurait pu la réveiller à cet instant, pas même le pire des cauchemars. Quelle ne fut pas la surprise de Katara le lendemain lorsqu'elle s'éveilla péniblement, des points noirs dansant devant ses yeux, avec la chevelure emmêlée de Zuko et le souffle de ce dernier lui chatouillant le bras...
Voici que sonne la fin du deuxième chapitre, en espérant qu'il vous aura plu et que vous souhaiterez avoir une suite ! N'hésitez pas à laisser une review, c'est très motivant et ça me permet d'avancer en m'améliorant ! En espérant vous revoir au prochain chapitre ;)
