Bonjour tout le monde, avec un peu de retard sur mon planning, je poste enfin le chapitre 4 ! J'espère qu'il vous plaira, ce fut un peu compliqué à structurer mais je n'en suis pas trop mécontente. J'accepte vos critiques et vos retours avec plaisir, comme toujours ! Et maintenant que je sais comment répondre aux reviews... Je vous réponds !
Je vous prie de m'excuser si quelques fautes se sont glissées dans le récit, j'essaie d'utiliser un correcteur orthographique mais il est loin d'être omniscient le coquin... Sur ce, bonne lecture !
Résumé du chapitre précédent : Zuko est toujours en convalescence avec son épaule blessée et s'il peut marcher à nouveau, il ne peut plus maîtriser correctement le feu et doit éviter les efforts trop importants. Kiyi sa petite soeur - impuissante face à l'état de son frère - continue de s'entraîner à la maîtrise du feu. Katara s'est proposée de l'entraîner en l'absence d'Iroh, qui administrait la Nation du feu à la place de Zuko, qui lui ne pouvait l'entraîner que sans sa maîtrise. Les guerrières Kyoshi sous la direction de Suki sont revenues pour défendre le Seigneur du Feu tandis qu'Iroh en a appris davantage en interrogeant celui qui avait foudroyé Zuko. La vérité gagne chaque jour un peu de terrain...
*Chapitre 4 - Apprends-moi*
Zuko refusa de s'asseoir, voulant savoir sans délai ce que son oncle avait appris. Katara fit de son mieux pour ne pas trop contempler l'immense salle rouge, qui l'impressionnait honnêtement. Presque autant que les glaciers du Pôle Sud et l'immensité de la banquise se mêlant à l'océan. Le trône de Zuko était lui aussi impressionnant, mais il ne faisait plus brûler les flammes devant lui comme le faisait son père. De toute manière, il ne tenait pas vraiment en place dessus et finissait irrémédiablement par se lever pour parler à ceux qu'il recevait.
« Qu'avez-vous appris, mon oncle ? », demanda Zuko, qui faisait de son mieux pour cacher son impatience.
Il brûlait d'envie de savoir qui osait menacer sa famille. Katara le sentit se crisper. C'était toujours aussi déroutant de sentir ses crispations sans même le toucher. Cela influençait même son propre corps qui se tendait lui aussi.
« La confrérie de la Nouvelle Ozai a été démantelée, notre dernière opération contre ta soeur Azula ayant été un succès. Je crois que ta mère devrait te toucher deux mots à ce sujet d'ailleurs », commença Iroh qui ne poursuivit qu'après un hochement de tête de Zuko. L'emprisonnement d'Azula était un sujet de dispute continuel entre Zuko et sa mère - qui aimerait la voir libre. Il soupira mais se promit de lui en reparler à nouveau.
« En réalité, plusieurs réseaux se sont coordonnés pour cette attaque. Des réseaux criminels pour l'essentiel, dont certains se composent d'anciens membres de la Nouvelle Ozai - comme notre ami d'ailleurs. Certains se sont d'ailleurs attaqués à ta mère ce soir-là, mais hum ils ont eu l'insigne honneur - ou le grand malheur - de tomber sur moi avant de les atteindre », fit-il avec un petit rire satisfait avant de toussoter pour reprendre un air sérieux. « Ils profitent de l'instabilité des trois nations pour agir, le royaume de la Terre est lui-même encore fragile. Ils ont usé de corruption pour arriver jusqu'à nous. Je pense qu'il va falloir aller offrir quelques tasses de thé à certains de nos amis hauts placés pour savoir de quoi il retourne plus exactement »
Et par offrir quelques tasses de thé, il entendait rendre visite aux puissants de la Nation du Feu pour leur rappeler leur place vis-à-vis de leur Seigneur du Feu. La sanction de l'exil et de l'embargo économique leur pendait au nez à présent. C'était là une punition raisonnable pour Zuko même si Iroh lui avait appris à bien utiliser les clés de son pouvoir. Car le pouvoir se construit sur la fidélité de ses sujets et la capacité de leur dirigeant à leur donner confiance. Mais la population à laquelle faisait face Zuko préférait pour la majorité les temps où la Nation du Feu imposait sa suprématie aux autres. Leur apprendre à vivre à nouveau en équilibre était délicat.
« Des réseaux criminels ? », questionna Katara, à la fois intriguée et effrayée de savoir ce que cela signifiait. Elle savait qu'il y avait des groupes de dissidents, tels ceux qui avaient enlevé le Roi de la Terre lors de négociations au Pôle Sud, mais c'était toujours politique. Du moins le pensait-elle.
« Les armes, les femmes, les esclaves de ce que notre ami a dit. Le tout couronné de corruption et de chantage. Certains ont tout perdu pendant ces cent ans de guerre, et certains en ont profité et en profitent toujours grassement. J'ai fait parvenir un oiseau jusqu'à Aang, peut-être confirmera-t-il cela... Même si je ne l'espère pas. Notre volonté d'équilibre entre les nations menace leurs petites affaires, ils espèrent donc nous faire taire », expliqua Iroh. Son ton était sombre, loin de son ton humoristique habituel. Katara frissonna à ses dires. Des trafics de femmes ?
« Comment notre volonté d'équilibre pourrait-elle les menacer ? », demanda Zuko avec étonnement. Pour lui, c'était même le contraire, l'équilibre impliquait qu'un grand nombre de personnes différentes s'impliquent dans la vie du monde, et plus il y avait de monde concerné, plus les risques de corruption sont grands et moins celle-ci peut être réprimée. Mais, prenant ces risques consciemment, il ne comprenait pas comment l'inverse - l'absence d'équilibre - pouvait conduire à l'extinction de ces réseaux.
« Ils profitent de la peur inspirée par ton père pendant toutes ces années à de pauvres gens. Ils leur offrent une protection en échange d'argent, sinon leurs vies sont saccagées. L'équilibre permettrait d'offrir une protection plus large au monde, les quatre nations - enfin les trois - travaillant ensemble, et non chacune de son côté. Auparavant, les nations ne pouvaient profiter du soutien de personne d'autre qu'elles-mêmes, or aujourd'hui cela change, grâce à toi Zuko, et toi aussi Katara, ainsi qu'au travail formidable accompli par Aang ces dernières années. Les gens auront de plus en plus confiance en l'équilibre qu'en ces réseaux, qui se trouveront menacés. Ils essaient de tuer ce phénomène dans l'oeuf », continua Iroh qui fut interrompu par Zuko, qui commençait à comprendre le noeud du problème.
« Ils profitaient de nos différends et du fait que nous soyons divisés pour régner au sein des différentes nations par le biais de l'argent et des trafics si je comprends bien ? », demanda-t-il. Iroh hocha la tête, alors il poursuivit. « Et je suppose que mon père avait d'autres préoccupations que ces trafics »
« Beaucoup de soldats de la Nation du feu y ont même contribué, Zuko. Le pouvoir fait faire de terribles choses pour ceux qui en sont aveuglé, vous le savez tous les deux mieux que quiconque », dit Iroh avec peine.
Zuko le savait oui, il en portait toujours la trace sur son visage. Katara en portait la trace autour de son cou, où était noué le collier de sa mère, tuée par la Nation du feu. Ils savaient pertinemment jusqu'où était capables d'aller ceux qui désiraient le pouvoir absolu. Les deux jeunes adultes étaient atterrés par les révélations d'Iroh. Comment ce monde pouvait-il être à ce point corrompu ? Leurs yeux d'enfants n'avaient vu que peu de choses à l'époque de leurs grands voyages, aujourd'hui tout prenait une dimension atrocement réelle. Zuko était toujours concentré sur les complots pour le renverser, mais en général c'était des groupes isolés qui ne cherchaient qu'à l'atteindre lui. Rien à voir avec ses assaillants, qui d'ailleurs combinaient toutes les maîtrises - à l'exception de celle de l'air bien sûr.
« Il doit forcément y avoir quelqu'un qui était proche d'Azula à la tête de ces réseaux, il n'y a qu'elle pour leur apprendre la maîtrise de la foudre et le blocage de chi qu'elle a pu voir quand elle était amie avec Ty Lee », supposa Zuko, quasiment certain de ce qu'il avançait. Mais il n'y avait rien de certain, Iroh le lui démontra.
« Ils ont des groupes qui développent la maîtrise jusqu'à son paroxysme, certains ont peut-être pu l'apprendre par eux-mêmes. Du moins notre ami disait que c'était dans ces groupes qu'il avait tenté de maîtriser le blocage de chi, et qu'il avait maîtrisé la foudre. Il nie toutefois tout lien avec Azula. Il est possible qu'ils aient appris ces choses tout seul. Après tout, je ne peux pas être le seul a avoir inventé et découvert certains tours de maîtrise tout de même ! », fit-il partagé entre le sarcasme joyeux et la tristesse. Un silence tomba dans la salle.
Ce silence fut brisé après de longs instants par Zuko.
« Que peut-on faire ? Nous devons toujours supporter le Mouvement de Restauration de l'Harmonie et préserver notre Nation des guerres inutiles ! », s'exclama-t-il, la gorge serrée. Il pensait que le défi imposé par son père lorsqu'il avait treize ans - celui de trouver l'Avatar - était un défi de taille, mais ce n'était rien à côté du rôle difficile qu'il devait mener aujourd'hui en tant que Seigneur du Feu. Les paroles de son père, rencontré en prison il y a plusieurs années, lui revinrent en mémoire.
« Crois-tu qu'être Seigneur du feu est facile ?! », lui avait-il lancé, ce qui l'avait arrêté dans son élan alors qu'il sortait de la cellule de son père. « Le trône s'accompagne de beaucoup de pression, et ces pressions te changeront ! Mais si tu résistes au feu, tu deviendras bien plus. Plus que quiconque dans ce monde. J'ai la sagesse dont tu as besoin, la sagesse de l'expérience ! Sois honnête avec toi-même Zuko, crois-tu sincèrement pouvoir tout gérer tout seul ? »
Et bien aujourd'hui, il n'était pas seul, son oncle était à ses côtés, lui ainsi qu'Aang, Katara et - bien qu'il ne l'ait pas vue depuis longtemps - Toph également. Sa mère et Kiyi étaient là elles aussi. Il n'était pas seul, et il pourrait endurer son fardeau. Et il le ferait.
« Pour le moment, ton unique préoccupation est de te rétablir », lui dit Iroh en posant sa main ridée sur l'épaule saine de Zuko. « Tu dois pouvoir te défendre à nouveau avant de reprendre du service en tant que Seigneur du feu »
Zuko se sentit faiblir. Son épaule redevenait douloureuse sous le coup de crispation. Il n'était pas certain de guérir totalement, une étrange émotion s'empara de lui. La peur. Katara planta ses yeux dans les siens. Elle était déterminée, comme toujours.
« Je t'y aiderais Zuko, je te l'ai promis. Ton oncle et Aang peuvent gérer cette histoire en attendant, j'en suis sûre », lui dit-elle d'une voix encourageante qui sembla l'apaiser quelque peu. Elle avait toujours les mots justes.
« Je compte sur toi Katara, et s'il se rebiffe, te gêne pas pour le mettre au tapis ! En attendant, j'essaierais de découvrir à quel réseau nous avons exactement à faire, en espérant qu'il n'y en ait qu'un seul d'impliqué... »
« Dites-moi si vous apprenez quelque chose d'autre », fit Zuko d'un ton autoritaire. Il ne supporterait pas que son oncle lui cache quelque chose, non pas qu'il l'ait déjà fait.
« Je pense que tu sauras me rappeler à l'ordre si j'oublie, n'est-ce pas Zuko ? », le taquina gentiment Iroh.
Il savait pertinemment que Zuko lui demanderait sans arrêt des nouvelles, détestant être hors jeu. Zuko émit un grognement, ayant conscience qu'il avait parfois un sale caractère lorsqu'il voulait quelque chose, des informations dans ce cas précis. Katara sourit avec amusement et Zuko le remarqua.
« Ne te moque pas de moi Katara », prévint-il avec un ton assez sombre qui fit disparaître son petit sourire qu'elle avait sur les lèvres.
« Ce n'était pas mon intention Zuko », soupira-t-elle. Il était toujours aussi grincheux, c'était indéniable. Il avait son tic nerveux à la mâchoire, celui qu'il avait lorsqu'il était agacé. Mais il était bien plus agacé contre lui-même que contre Katara.
Un des généraux militaires en poste à la Capitale pour conseiller le Seigneur du Feu, ou l'oncle de celui-ci le cas échéant, revint armé d'une longue liste. Katara recula de quelques pas. Ce n'était pas vraiment ses affaires même si elle était très curieuse de savoir comment Iroh allait s'y prendre pour démasquer les coupables. Zuko s'approcha du parchemin et eut un choc.
« Vous ne voulez pas dire que... Tous ces citoyens sont potentiellement impliqués ?! », s'exclama-t-il, prenant de sa main droite le parchemin des mains de son oncle, les yeux défilant depuis le haut jusqu'au bas du parchemin. Des noms. Des citoyens de la Nation du Feu. Iroh le lui reprit.
« Tu as dis le mot Zuko. Potentiellement. Et oui, ils sont peut-être impliqués. Ton règne n'est pas encore clairement installé et tous ces attentats ne font rien pour arranger nos affaires, mais ne t'en fait pas. Quand nous en saurons plus, nous pourrons frapper », lui dit Iroh.
Katara entendit Zuko marmonner « Et ça fait pourtant six ans » mais Iroh ne releva pas. Katara n'avait pas vraiment la moindre idée de ce que signifiait gouverner tout un peuple, mais après 100 ans de domination par Sozin puis son fils Ozai, revenir sur terre et dans l'équilibre ne devait effectivement pas être au goût de tous. De ce qu'elle savait, beaucoup étaient désormais emprisonnés après enquête et jugement, mais il restait encore énormément de dissidents dans la nature, sans compter que l'image de la Nation du feu vis-à-vis des autres peuples était loin d'être redorée. Pas étonnant que Zuko soit sans cesse sous pression et en quête de quelque chose à faire. Il y avait bien trop à faire.
Ils parlèrent encore un peu et arrangèrent des convocations pour les premiers de la liste. Zuko commençait à fatiguer, sa fièvre revenait et son bras recommençait à le faire souffrir, Katara le sentait. C'était bien plus fort que de simples crispations. Il était temps qu'elle regagne son autorité vis-à-vis de son patient. Iroh le vit grimacer et arrêta aussitôt son propos.
« Zuko... ? », interrogea Iroh, qui voyait bien que son neveu n'était pas dans son assiette. Ce dernier refrénait une grimace de douleur, qu'il ne put bientôt plus cacher.
« Je vais bien ! », grogna-t-il, à peine conscient de l'absurdité de son propos. Il n'allait visiblement pas bien.
Katara intervint d'un ton ferme, celui qu'elle prenait avec Sokka - et occasionnellement Aang - lorsqu'elle voulait se faire entendre.
« Ça suffit. Assez d'informations pour aujourd'hui, Zuko, je dois te refaire une séance de guérison », lui dit Katara d'un ton qui défiait Zuko d'essayer de contester sa décision.
Il la toisa du regard, ayant une irrépressible envie de faire attendre son épaule. Iroh les regardait se battre avec leurs regards respectifs, amusé. Zuko avait l'habitude de réagir par des répliques très spirituelles, or là il semblait hésiter. Elle leva un sourcil, lui signifiant qu'il pouvait toujours essayer de jouer au plus fin, mais qu'il perdrait.
Il soupira et accepta de la suivre, bon gré mal gré. « Bien, allons-y alors. Je vous verrais au dîner mon oncle »
Katara sourit. Il avait encore un peu d'instinct de conservation alors. Elle l'accompagna jusqu'à sa chambre, qui en réalité n'était pas si éloignée de la salle du trône. Le trajet se passa en silence, aucun des deux ne souhaitant évoquer les hypothèses inquiétantes émises par Iroh. Ils entrèrent dans la chambre, qui avait été nettoyée de tout le sang qui aurait pu s'y déposer. De nouveaux bandages avaient été préparés par les médecins. Ils étaient efficaces, une qualité que Katara appréciait et qu'elle utilisa pour briser le silence pesant qui s'était installé.
« Tu as des médecins rudement efficaces Zuko », commenta-t-elle tandis qu'elle le faisait asseoir sur son lit. S'il venait à s'évanouir pour une quelconque raison, au moins il ne se ferait pas mal.
Zuko était encore un peu grincheux, il avait envie de savoir qui voulait le tuer. Mais, détendant soudain son visage demeuré crispé, il se rendit compte que son comportement n'était pas acceptable et voulut s'excuser, à sa manière.
« Et toi, un patient fort peu sympathique », grommela-t-il, agacé de son propre comportement. Katara en fut surprise. Il était au contraire l'un des patients les plus courageux qu'elle ait eu. Et elle l'avait connu bien plus grincheux et hors de contrôle. Elle lui enleva le tissu qui servait à tenir son bras gauche contre son torse, pour éviter tout mouvement à son épaule.
« Tu exagères, comme d'habitude », lui dit-elle gentiment tandis qu'elle essayait vainement de dégrafer sa tunique, qui était bien plus complexe et imposante que celle qu'il portait lors de l'attaque. Elle devina que des servants préposés à cet effet ont dû l'aider à se vêtir. Eux devaient connaître par coeur la moindre pièce d'étoffe que portait le Seigneur du Feu. Elle soupira, ne trouvant pas les crochets qui retenaient sa tunique.
Zuko dut l'aider de sa main libre. Il pointa du doigt le revers de sa tunique, difficilement accessible, puis guida la main de Katara dessus. « Ici »
Katara mit enfin le doigt sur les attaches qu'il désignait et lui jeta un regard penaud, elle aurait pu le trouver toute seule. Puis soudain, elle se mit à rougir et reporta son regard sur sa tâche. Déshabiller le Seigneur du Feu était assez gênant à présent que celui-ci était en pleine possession de ses moyens. Et ce n'était pas que pour elle que c'était gênant. Zuko eut un sourire presque imperceptible en la voyant tout à coup gênée. Elle choisit d'ignorer ce fait, ainsi que le fait que leurs visages étaient rudement proches, et d'agir comme avec tout autre patient : avec la tête froide. Il émit un léger gémissement quand elle passa la tunique sur son épaule blessée pour l'enlever. Il était à présent torse-nu, révélant son ancienne cicatrice en plein milieu de son torse, souvenir d'Azula, et celle qu'il aurait bientôt sur son épaule gauche.
Elle défit le bandage doucement, mais ne réussit pas à épargner totalement Zuko. Ce dernier avait le visage crispé, et se rendait compte que la douleur était toujours là. Il l'avait un peu oubliée mais elle le rappela vivement à l'ordre alors qu'il essayait d'étendre son bras pour faciliter le travail de Katara. Il observait comme envoûté ses fines mains hâlées défaire avec souplesse et rapidité la bande de tissu. La blessure trouva finalement l'air libre. Katara poussa un soupir de soulagement. Elle était toujours rouge, et n'était donc pas infectée. Elle toucha délicatement sa blessure pour connaître le degré de douleur que ressentait Zuko.
« Aie ! », s'exclama-t-il, sans toutefois bouger, lorsque Katara passa légèrement sa main sur un point particulièrement douloureux.
Elle leva les yeux vers lui. « Désolée »
Il fit un signe de sa main droite pour lui dire que ce n'était rien, sa mâchoire serrée sous le coup de la douleur. Katara ouvrit enfin sa gourde d'eau et entreprit de le guérir à nouveau. Elle insista particulièrement sur le point qui lui avait fait lâcher un cri. Ses yeux étaient fermement concentrés sur la blessure, analysant chaque action causée par son eau pour vérifier que tout se passait normalement. Son visage s'était approché si près du torse de Zuko qu'il pouvait presque sentir son souffle sur lui, ainsi que son odeur d'ambre mêlée à celle de la mer. Une senteur apaisante et différente de ce à quoi il avait été habitué.
Katara baignait elle entre les effluves d'ambre, la sueur et le sang de Zuko mais elle ne trouvait plus cela aussi désagréable à présent. Elle termina quelques minutes plus tard et replaça son eau dans sa gourde, qu'elle referma. Puis elle prit les bandages propres pour en refaire un sur son épaule.
Zuko bougea légèrement son bras. Il avait toujours mal, mais c'était moins intense. Il pouvait bouger un peu plus son bras à chaque guérison que Katara faisait. « Mmh... C'est mieux. Merci Katara »
La maître de l'eau lui rendit un sourire faible. Cette guérison lui avait coûté plus d'énergie que nécessaire, et n'ayant pas récupéré de ses prouesses de la nuit dernière, elle n'aurait pas dû forcer autant. Elle pressa la paume de sa main sur son front, pour soulager le mal de tête qui la guettait, puis secoua la tête pour se ressaisir. Ce n'était pas la malade ici. Zuko choisit de ne pas faire de commentaire mais se promit de mieux cacher sa douleur à l'avenir, pour qu'elle puisse récupérer.
« Tâchons de te rhabiller maintenant », lui dit-elle en attrapant la tunique laissée sur le côté. Elle avait compris comment la défaire, la rattacher allait être un jeu d'enfant. Un jeu d'enfant qui lui prit toutefois cinq tentatives pour le résoudre. Zuko l'observait avec amusement.
« Ne te moque pas de moi, Zuko ! », lui dit-elle alors qu'elle parvenait enfin à attacher sa tunique. Zuko songea que c'était lui qui lui demandait de ne pas se moquer de lui un peu plus tôt. La situation s'était désormais inversée.
Il lui fit l'affront de répéter ce qu'elle lui avait répondu alors plus tôt, en imitant grossièrement sa petite voix. « Ce n'était pas mon intention, Katara »
Elle le fusilla du regard puis eut un sourire cynique. « Tu sais Zuko, j'ai su réparer ton épaule, je saurais aussi la remettre en pièce s'il le fallait »
« Et tu devrais t'occuper de moi plus longtemps encore - Ouch ! », lui répondit-il avant de grimacer lorsqu'elle le prit relativement doucement, mais suffisamment fort pour qu'il le sente un peu, par son épaule gauche pour le faire taire. « Hey ! », s'écria-t-il pour la réprimander tandis qu'elle se levait.
« Nous devrions aller dîner, ton oncle va nous attendre », lui dit-elle sans prêter attention à sa réaction.
« Je me vengerais », grommela-t-il avec néanmoins une pointe de taquinerie dans la voix.
Sa réponse - donnée sur le ton de l'évidence - le fit lever les yeux au ciel. « Le contraire me surprendrait beaucoup »
Ils se rendirent au dîner, accompagnés de Suki et de deux autres guerrières Kyoshi qui suivraient Zuko en permanence jusqu'à ce que la situation soit éclaircie. Elles étaient discrètes, silencieuses et élégantes avec leur maquillage et leur kimono en brocard vert qui faisait ressortir leur armure de métal. Katara était toujours vêtue de rouge, et se fondait plutôt bien dans le décor. Les seuls éléments qui la faisaient encore maître de l'eau étaient les perles bleues qui retenaient ses cheveux en arrière ainsi que le collier de sa mère. Elle avait également décidé de porter le bracelet de Kiyi, resté dans sa besace en tissu qu'elle portait en guise de ceinture par dessus sa tunique rouge. Zuko le remarqua.
« J'ignorais que Kiyi t'en avais offert un à toi aussi », lui dit-il tandis qu'ils marchaient en pointant le bracelet qu'elle portait. Il lui montra le sien, orné du symbole de la Nation du Feu. Elle l'avait remarqué lorsqu'il était inconscient.
« Elle me l'a offert quand tu étais endormi », expliqua Katara tandis qu'elle le remuait pour faire apparaître la pierre sculptée sur son poignet. Le symbole du Feu entremêlé à celui de l'Eau. « Il est magnifique »
Zuko ne put s'empêcher de remarquer l'irrégularité du motif mais décida de ne pas faire de commentaire. Katara sentit toutefois son regard détailler nerveusement ledit motif. Mais il se rangea à son avis. « C'est vrai »
Iroh, Ursa et Kiyi les attendaient lorsqu'ils arrivèrent dans la salle de banquet, où tous prenaient les repas ensemble. Seul le petit déjeuner faisait exception, Zuko et Iroh étant toujours debout à l'aurore bien avant Ursa et Kiyi. Il y avait même certaines nuits où Zuko ne pouvait guère dormir, soit à cause des cauchemars, soit à cause de l'administration de la Nation du Feu qui requérait énormément de temps.
Zuko se mit en bout de table pour présider le repas, comme c'était la coutume, Katara assise à sa droite à côté de Kiyi.
« Ta hanche ne te fait plus mal ? », lui demanda Katara.
Kiyi secoua vigoureusement la tête. « Non, c'est comme si rien n'était arrivé. Merci encore ! Et puis de toute façon, ce n'est ni la première fois, ni la dernière fois alors... », soupira-t-elle. Mais elle eut un sourire. Au moins pour un temps, Katara minimiserait les conséquences de son entraînement. Elle pourrait s'entraîner deux fois plus.
« Je ne suis pas sûre qu'il y ait une dernière fois avec toi Kiyi », plaisanta Zuko, qui récolta un regard noir de sa petite soeur.
« Hé ! Je ne suis pas si mauvaise ! », s'écria-t-elle, vexée. Elle croisa les bras et arbora une mine boudeuse qui fit sourire Iroh. Elle lui rappelait beaucoup un certain jeune homme portant une cicatrice sur son visage. Ce jeune homme à présent devenu Seigneur du Feu.
« Non, ma chérie, tu es même très douée tu sais », la rassura sa mère, qui était assise en face d'elle. C'était à peu de chose près ce qu'elle disait à Zuko lorsqu'il était petit et qu'il n'arrivait pas à parvenir au niveau de sa soeur, qui était naturellement douée contrairement à lui. Tout deux s'en rappelaient.
Elle avait toujours le coeur à encourager ses enfants, même s'ils n'étaient pas parfaits, l'important était qu'ils s'améliorent sans cesse. Mais Kiyi voulait l'entendre de son grand frère. Katara lui jeta un regard appuyé.
« C'était une plaisanterie Kiyi, tu seras une grande maîtresse du feu », lui dit Zuko avec un sourire qui égaya son visage d'ordinaire toujours sous contrôle.
Kiyi sourit à nouveau. Les premiers plats furent servis. Katara inspira une bonne fois pour avaler son plat de nouilles qui promettait d'être au moins aussi relevé que la soupe qu'elle avait bu la veille. Même après plusieurs années incognito avec Aang, Toph et Sokka au sein de la Nation du Feu, elle n'avait jamais pu s'habituer à leur manière d'épicer les plats. Son visage vira rapidement au rouge, sous le regard moqueur de Zuko. Lorsqu'elle lui jeta un regard, il détourna les yeux, faisant mine de rien.
« Bon sang, même leur nourriture brûle ! », pensa Katara qui peinait à finir son plat. Elle ne dut son salut qu'au pain qui se trouvait sur la table, le meilleur moyen d'absorber les épices un peu trop piquantes.
Zuko et Iroh discutaient de leurs stratégies respectives au Pai Sho, ayant décidé de ne pas trop inquiéter Ursa et surtout Kiyi sur ce qu'ils avaient découvert. Katara les écoutait, sans toutefois tout comprendre. Elle ne savait guère jouer à ce jeu.
« Et toi ma chère Katara, tu dois bien avoir une stratégie bien à toi au Pai Sho, non ? », lui demanda tout à coup Iroh, qui la sentait très intéressée par cette conversation.
Elle rougit et entortilla une mèche de cheveux autour de son doigt. « A vrai dire, on ne m'a jamais appris à jouer », bredouilla-t-elle. Et par « on », elle visait plus particulièrement Aang, qui savait très bien jouer à ce jeu mais qui n'avait jamais pris le temps de lui apprendre durant leur courte vie commune.
Iroh la regarda, atterré. « Il va falloir remédier à cela ! », dit-il en se jetant un regard d'abord à Zuko, puis à Kiyi qui, même si elle n'arrivait pas encore à la cheville de ses aînés à ce jeu, se défendait toutefois admirablement.
« Ça tombe bien, j'ai du temps à perdre... », fit sombrement Zuko, qui détestait être « puni » de son pouvoir de Seigneur du Feu. Mais cela lui changerait les idées, à lui ainsi qu'à sa soeur. Il s'essaya à sourire et se tourna vers Katara. « Est-ce que ça te plairait ? »
« Je serai honorée que le Seigneur du Feu m'apprenne à jouer, lui ainsi que son illustre jeune soeur ! », fit-elle avec une voix faussement humble qui montrait néanmoins son enchantement à apprendre quelque chose de nouveau.
Cela l'occuperait un petit temps. Elle ne savait pas combien de temps elle devrait rester ici, tout dépendait de l'évolution de l'état de Zuko. Les fruits du dessert arrivèrent et Katara les dévora à belles dents. Au moins ils n'étaient pas bourrés d'épices. La nuit n'était pas encore tombée et Zuko proposa de lui apprendre les bases le soir même. Kiyi fut autorisée à assister à l'apprentissage de Katara jusqu'à ce que la nuit soit là.
Zuko entraîna Katara et Kiyi dans la salle où il jouait communément avec son oncle lorsque le travail le permettait. Et puisque Iroh avait tout pris en charge, le temps qu'il se rétablisse, il allait mettre cette salle à profit. Un plateau marbré de Pai Sho les attendaient sur une table basse, les tuiles soigneusement rangées sur le côté de la table. Zuko décida qu'une partie contre Kiyi dans un premier temps serait la meilleure manière de montrer à Katara comment fonctionne le jeu. Kiyi s'installa face à Katara et Zuko s'assit à côté de cette dernière. Leurs genoux se touchaient presque.
« Le but du jeu est de créer une Harmonie autour du point central. Une Harmonie se réalise quand deux pièces compatibles sont alignées sur une ligne, comme ceci », dit-il tout en lui montrant en plaçant les pièces sur le plateau. « Pour gagner, il faut donc que tu aies quatre pièces qui forment un rectangle autour du point central »
« D'accord », dit-elle avec un signe de tête indiquant qu'elle avait bien compris.
« Les pièces sont ornées de fleurs comme tu peux le voir. Tu as trois fleurs rouges : la Rose, la Chrysanthème et le Rhododendron, qui peuvent se déplacer respectivement de 3, 4 ou 5 cases. C'est le même principe avec les fleurs blanches : le Jasmin, le Lys et le Jade Blanc, qui, pareil, peuvent se déplacer respectivement de 3, 4 ou 5 cases », expliqua Zuko qui lui montrait à chaque fois le symbole correspondant sur les tuiles.
« Hum... C'est bien compliqué... », commenta-t-elle, un peu dépassée par toutes les informations.
Zuko posa machinalement sa main droite sur son bras, comme il pouvait le faire avec Kiyi. « Ne t'en fait pas, je te rappellerais les règles si tu ne t'en souviens plus »
Il lui expliqua les compatibilités entre les pièces, lesquelles pouvant former une harmonie entre elles - c'est-à-dire pouvant être alignées - et celles qui au contraire permettent de briser l'harmonie. « Les pièces qui peuvent se déplacer avec le même nombre de déplacements sont incompatibles entre elles, tu ne pourras pas les aligner. Mais tu pourras t'en servir pour briser l'harmonie de ton adversaire »
« Donc... Le Jasmin et la Rose sont incompatibles, c'est ça ? », questionna Katara.
Zuko fut étonné de la voir comprendre si vite. Elle promettait d'être une adversaire de choix. Il lui avait fallu des jours pour tout comprendre quand son oncle lui avait appris à jouer, quand il était bien plus jeune. « Exact ! Maintenant, je vais t'expliquer les tuiles spéciales que tu peux choisir en début de partie, et que tu pourras jouer quand tu aligneras deux de tes pièces »
Il lui expliqua puis en vint aux mouvements possibles sur le plateau. « Les fleurs rouges ne peuvent se déplacer que dans les zones rouges ou beiges - qui sont neutres - et inversement pour les fleurs blanches, celles-ci ne peuvent se déplacer que dans les zones blanches ou beiges. En revanche, toutes les pièces peuvent être disposées autour du carré central », lui montra Zuko en pointant les différentes zones du plateau.
Ce dernier se constituait d'un carré partagé en quatre triangles, deux rouges et deux blancs, ainsi que de quatre petits triangles disposés à chaque sommet du carré par lesquels entraient les pièces sur le plateau. Le reste était coloré de beige, pour symboliser une zone neutre. Il lui expliqua enfin quelques petits points de stratégie et leur première partie commença. Zuko dut lui rappeler plusieurs fois les harmonies possibles entre chaque tuiles. Kiyi menait bien la partie, mais commettait de petites erreurs qui permettaient à Katara d'en profiter sur le bon conseil de Zuko. Elle gagna une partie sur deux, mais perdit la dernière qu'elle joua sans l'aide de Zuko. Ursa vint chercher Kiyi pour qu'elle aille se coucher. Zuko lui fit son câlin habituel et la laissa partir, s'asseyant cette fois face à Katara.
« Je ne comprends pas qu'Aang ne t'ait pas appris à jouer, c'est un excellent joueur », fit Zuko qui replaçait les pièces de chaque côté de la table pour une nouvelle partie.
Il avait eu l'occasion de jouer avec Aang presque à chaque fois que ce dernier s'était rendu à la Capitale. Katara ne l'accompagnait que rarement, et profitait davantage de la compagnie de Kiyi lorsqu'elle venait. Mais cela faisait bien longtemps qu'Aang n'était pas venu à présent. Katara fut gênée de sa question.
« Il était bien trop occupé à ses responsabilités d'Avatar... », soupira-t-elle, évitant son regard. Elle n'en voulait pas à Aang, il remplissait son devoir.
« Je suis désolé, je ne voulais pas... », commença Zuko. Il avait quelque peu oublié qu'ils n'étaient plus ensemble Aang et elle. Il se souvenait très bien de sa propre rupture avec Mai et détestait en parler - bien que sa mère l'y ait forcé pour ne pas laisser ses émotions bouillir à l'intérieur de lui - alors il pouvait comprendre.
« Ce n'est rien. Une dernière partie ? Je sais bien que je vais perdre mais un jour je te battrais », fit Katara pour le distraire de sa maladresse tandis qu'elle attrapait sa première tuile qu'elle plaça.
« J'y joue depuis mes onze ans, cela va te prendre pas mal de temps ! », la railla-t-il en posant à son tour sa tuile sur le plateau.
« Et toi, pas mal de patience », lui rétorqua-t-elle en poursuivant son jeu.
« Pas la plus grande de mes qualités hélas », poursuivit-il tandis qu'il commençait déjà à malmener Katara sur le plateau de jeu. Elle était bien trop concentrée sur ses propres tuiles pour remarquer ses manœuvres.
« Je l'avais remarqué », dit-elle sans remarquer le jeu subtil de Zuko.
Il gagna aux trois coups suivants.
« Je crois que je gagne, ma chère Katara », lui dit-il d'une voix douce, presque sensuelle, en se penchant au-dessus du plateau pour lui signifier sa victoire complète. Katara se surprit à le trouver... envoûtant. Puis chassa cette idée de sa tête. Il fanfaronnait comme un gamin, voilà tout.
« Ne croit pas que je vais me laisser abattre aussi facilement, mon cher Zuko », dit-elle en insistant bien sur son prénom.
Zuko étouffa un bâillement mais se trompa de main pour s'en cacher, gémissant de douleur. Katara retrouva un air sérieux.
« Tu veux que je te refasse une autre séance avant de dormir ? », lui demanda-t-elle doucement en se levant pour s'approcher de lui. Elle ne savait même pas si elle avait suffisamment d'énergie pour lui refaire une séance de guérison.
Il se leva à son tour, soufflant pour évacuer la douleur. Ses yeux bleutés croisèrent les siens. « Non, je... Ça ira », lui répondit-il avant de lui tourner le dos.
Katara en profita pour lever les yeux au ciel, exaspéré de son comportement d'homme qui n'a peur de rien et qui n'a jamais mal. Elle l'avait entendu hurler toute une nuit, de quoi se cachait-il donc ? Elle ne chercha pas à savoir, et le suivit. Elle était toujours placée dans sa chambre pour le veiller en cas de problème, l'état de Zuko n'étant pas complètement stabilisé, même si elle devait admettre que son corps se remettait plus vite qu'elle ne le pensait. Aang était resté inconscient des semaines après avoir subi les foudres d'Azula. Il n'avait cependant pas pu bénéficier de la maîtrise du sang de Katara, ce qui pouvait expliquer la lenteur de sa guérison et la rapidité de celle de Zuko.
Ils arrivèrent dans la chambre, qui était toujours séparée en deux. Des servants vinrent aider Zuko à se changer et Katara en profita pour aller dans la salle d'eau se passer de l'eau sur le visage et coiffer ses cheveux avant de dormir. Il faisait une chaleur étouffante, elle sentait que ses cheveux étaient humides de sueur et se demanda brièvement comment faisait la dame Ursa pour se vêtir d'une robe de brocard aussi imposante à chaque jour. Ses mains tressèrent machinalement ses cheveux, pour qu'elle ait moins chaud, puis Zuko vint prendre sa place, vêtu plus légèrement et souplement pour dormir, les cheveux décoiffés, dans la salle d'eau. Il n'avait pas l'air dans son assiette.
« Je vais regarder ton épaule à nouveau », décida Katara en le voyant.
« Ça va, je t'assure, ce n'est que la chaleur... », lui dit-il en se passant à son tour de l'eau sur le visage. Il s'appuyait de façon anormale sur la vasque, comme s'il était tout à coup exténué. Comme si... il avait de la fièvre. Il avait également des frissons, qu'il tentait de réprimer vainement.
Katara, sans lui demander son avis, posa une main sur son front qui était brûlant de fièvre. « Tu as beaucoup de fièvre, Zuko », lui dit-elle.
Elle présumait que cette fièvre était due à la reconstruction de son épaule et aux douleurs articulaires que causait la consolidation de celle-ci. Et puisque les effets de sa précédente guérison s'estompaient déjà, la fièvre était revenue plus fortement. Elle aurait dû le prévoir.
« Tu peux marcher ? Je vais t'aider à te coucher », lui dit-elle en passant son bras droit sur son épaule pour le soutenir.
Il ne disait plus rien, c'était inquiétant. Mais voyant que Katara attendait une réponse, il fit un effort. « Je peux marcher »
Elle l'aida à s'allonger dans son lit et défit sa tunique, qu'elle connaissait bien à force, et ses bandages. La blessure était toujours rouge, signe qu'il n'y avait pas d'infection et que sa fièvre venait de ses douleurs articulaires, qui étaient normales. Elle utilisa son eau pour calmer la fièvre, mais ne put le faire longtemps, son propre corps étant épuisé après tous ces efforts pour le guérir.
Katara refit son bandage mais ne lui remit pas sa tunique. « Cela risquerait d'aggraver ta fièvre, tu dois être le moins couvert possible », expliqua-t-elle tandis qu'il hochait la tête docilement. Il se rendait à nouveau compte d'à quel point il était faible.
Elle sauta du lit et partit tremper un linge pour le rafraîchir. Elle le posa sur son front et il poussa un soupir. Un léger sourire se forma sur son visage tandis qu'il fermait les yeux. Cela lui faisait du bien. Katara écarta quelques mèches tombées sur son visage, et sentit à nouveau la chaleur qui émanait de lui. Un véritable feu ambulant. Elle resta assise au pied du lit, n'osant guère aller se coucher tant qu'il n'était pas endormi. Une fois endormi, le sommeil s'occuperait de sa fièvre. Katara se surprit à fredonner tout doucement. Une berceuse de sa mère lui revenait en mémoire. Mais se rappelant que Zuko devait dormir, elle se tut.
« Continue... S'il te plait... », entendit-elle au-dessus de sa tête.
Ses joues rougirent. Être entendue en train de fredonner était assez gênant à ses yeux. Mais elle supposa qu'une berceuse pourrait peut-être le faire s'endormir plus vite. Aussi se racla-t-elle la gorge, pour cette fois prononcer les mots qui accompagnaient cette douce mélodie que sa mère lui chantait petite. Katara la chantait elle-même aux enfants qu'elle soignait lorsqu'il y en avait et qu'ils n'arrivaient pas à dormir à cause de la douleur ou de la fièvre.
Cette lune si belle qui te voit depuis le ciel,
Est celle qui te protégera toujours
Cet océan si grand qui jamais ne s'arrête,
Te guidera vers de très beaux rêves
Ferme tes jolis yeux, laisse-toi emporter
Par le vent qui pousse les nuages
Pour que demain lorsque tu te réveilleras
Tu trouves le soleil levé au matin.
Puisses-tu t'endormir sereinement
Ton esprit bercé par ma voix
Je ne te laisserais que seulement
Si tu t'endors jusqu'à l'aurore.
Si jamais tu es surpris par des milliers de cauchemars
Souviens que je ne suis pas très loin
Je viendrais jusqu'à toi pour effacer tes peurs
Pour que tu n'aies plus aucune douleur
Puisses-tu t'endormir sereinement
Ton esprit bercé par ma voix
Je ne te laisserais que seulement
Si tu t'endors jusqu'à l'aurore.*
Elle répéta la ritournelle plusieurs fois, sans jamais chanter très fort, comme un murmure. Zuko trouvait sa voix agréable à écouter, et se laissa porter par ses paroles, jusqu'à s'endormir profondément. Katara ne s'en rendit même pas compte, et continua jusqu'à s'endormir à son tour, au pied du lit avec le coussin sur lequel elle était assise en guise d'oreiller. Toutes ces guérisons l'avaient épuisée, et ayant eu l'habitude pendant de longs mois passés avec Aang et son frère de dormir sur des sols improbables, elle pouvait s'endormir n'importe où. Même au pied du lit du Seigneur du feu, qui ne dormit pas aussi bien qu'il l'aurait voulu...
Alors, qu'en avez-vous pensé ? Les choses vont lentement, et iront lentement pour l'instant entre nos deux protagonistes car comme vous allez vite le comprendre, j'aime faire durer le suspense ;) J'espère que ce chapitre, ainsi que la brève explication du Pai Sho (que j'apprends moi-même, voyez l'engagement !) vous a plu, j'ai hâte de voir vos retours sur ce chapitre !
*Pour la "musique" de la berceuse, je me suis inspirée de la très belle musique Continued Story de Kuroishi Hitomi (qui a été écrite pour Code Geass).
