Bonjour tout le monde, ou plutôt bonsoir, me revoici avec le chapitre 5 (et un peu de retard, veuillez m'en excuser) ! J'espère qu'il vous plaira, je suis à nouveau désolée si des fautes de grammaire ou d'orthographe se sont glissées dans le récit, je fais de mon mieux pour relire mais elles m'échappent. Une nouvelle étape va être franchie entre Zuko et Katara mais je ne vous en dit pas plus ! Bonne lecture !
N'oubliez pas de laisser une petite review, ça prend peu de temps et c'est une excellente source de motivation ! Je remercie d'ailleurs celles et ceux qui en laissent à chaque chapitre !
Résumé du chapitre précédent : Iroh apprend à Zuko et Katara que des organisations criminelles relativement puissantes étaient à l'oeuvre et cherchait à les réduire au silence, eux ainsi que le Mouvement de Restauration de l'Harmonie entamé par l'Avatar Aang. Iroh prit sur lui de régler cette affaire sans l'appui de Zuko, ce dernier ayant encore beaucoup de chemin à parcourir avant d'être guéri. Pour occuper son temps, il apprend à Katara à jouer au Pai Sho. Mais lorsque vient la nuit, ses maux reprennent le dessus et nécessitent une surveillance accrue de la part de Katara, qui pour l'endormir lui chanta une berceuse que sa mère lui chantait petite, avant de s'endormir à son tour.
*Chapitre 5 - La perte*
Des cris. Des cris sans fin. Zuko mourant, et Katara impuissante, contrainte de le voir se vider de son sang. Sa maîtrise avait disparu, et en dépit de ses appels à l'aide, personne ne venait. Le Seigneur du feu lâcha un dernier soupir, Katara tenant alors son visage.
« Non ! Réveille-toi, ouvre les yeux ! Je t'en prie ! Zuko... Zuko ! », hurla-t-elle tandis qu'elle essayait en vain de le réveiller.
Elle s'éveilla brusquement, haletante. Un rêve ? Elle n'en était pas sûre. Que faisait-elle par terre ? Elle se souvint brusquement que Zuko dormait au-dessus d'elle. Par la lune, allait-il bien ? Depuis combien de temps dormait-elle ? Elle se leva avec rapidité et constata que Zuko n'avait pas bougé. Il grommelait dans son sommeil, les gestes de Katara ayant perturbé ce dernier. Elle poussa un soupir de soulagement. Il allait bien, il n'était pas en train de mourir. Elle ne l'avait pas perdu. Mais alors qu'elle allait se coucher dans son lit cette fois, elle jeta un coup d'oeil sur lui à nouveau.
Allait-il vraiment bien ?! Elle toucha son front, en essayant toutefois de ne pas le réveiller. Sa fièvre n'avait pas bougé d'un pouce. Il était brûlant, et cela allait en empirant. Katara s'inquiéta aussitôt. Il se déshydratait sous l'effet de sa chaleur corporelle et de la chaleur ambiante. La sueur qui dégoulinait du visage de la maîtresse de l'eau ne s'évaporait pas. Il faisait bien trop chaud ici, tant et si bien qu'elle ôta sa tunique rouge, laissant voir ses bandages qui recouvraient la quasi-intégralité de son torse et de ses cuisses.
Elle eut une idée pour rafraichir la pièce, mais cela allait lui coûter de nouveaux efforts. Efforts qu'elle ne pourrait pas mettre dans sa prochaine guérison. Utilisant des récipients traînant dans la pièce, dépotant les plantes sèches qui pouvaient s'y trouver, Katara les remplit d'eau. Puis avec sa maîtrise, elle fit monter l'eau autour de Zuko, et la changea - progressivement pour ne pas lui causer un choc thermique violent - en glace. Le lit était désormais recouvert de glace, glace que Katara allait s'acharner à maintenir au moins jusqu'à ce que la fièvre de Zuko baisse. Il allait avoir une drôle de surprise en se réveillant.
Réveil qui se produisit quelques heures plus tard. Katara dormait vingt minutes, puis se réveillait pour durcir à nouveau la glace, qui menaçait de fondre, puis retournait dormir pour pouvoir tenir toute la nuit avec sa maîtrise. Zuko se réveilla alors qu'elle en était à son cinquième réveil. Encore endormi, il se sentait beaucoup mieux, la chaleur n'était plus là. Puis, il ouvrit les yeux et les écarquilla lorsqu'il vit qu'il était entouré de glace. Il pivota la tête et vit Katara, trouble, en train de reformer la glace qui avait pu fondre. Celle-ci n'avait pas remarqué qu'il avait les yeux grands ouverts, trop fatiguée pour cela.
« Ingénieux », murmura-t-il. Il ne comprenait pas encore tous les efforts que cela demandait à Katara.
Celle-ci l'entendit néanmoins et se tourna vers lui, essoufflée. Sans lui répondre, elle posa une main sur son front, qui était déjà plus frais qu'auparavant. Sa fièvre se dissipait enfin. Il était temps, elle n'en pouvait plus. Zuko, qui se réveillait petit à petit, comprit qu'elle sacrifiait tout son sommeil pour le maintenir en vie. Aussi, lorsqu'elle lui présenta de l'eau tiède pour qu'il se désaltère, il n'émit aucune objection. Il but ainsi quatre verres à la suite, pendant que Katara tâchait de replacer la glace sous forme d'eau liquide dans les récipients qu'elle avait réquisitionnés. Sa tâche effectuée, elle s'assit sur le bord du lit, dos à Zuko. Il fallait maintenant qu'elle rejoigne son lit, mais sa tête tournait et son corps refusait de coopérer.
« Katara ? », demanda-t-il, s'asseyant en tailleur sur son lit. Quelque chose n'allait pas, il le sentait.
« J'ai... sommeil... », murmura-t-elle, si bas que Zuko l'entendit à peine.
La voyant s'affaisser brusquement, Zuko la rattrapa en usant de son bras valide et de la partie droite de son torse nu. Elle était épuisée à tel point qu'elle sentit à peine Zuko contre elle. Incapable de la porter jusqu'à son lit, il la fit s'allonger à sa place, dans son lit. Une grande première. Zuko n'avait jamais accueilli personne dans son lit, excepté Kiyi lorsqu'elle faisait des cauchemars. Mais cela remontait déjà à plusieurs années. Mai avait toujours refusé de dormir avec lui, à son plus grand désarroi.
Observant Katara qui s'était endormie en un clin d'oeil, il constata à quel point il lui devait beaucoup. Elle mettait tous ses efforts dans sa santé. Comment pourrait-il la remercier ? Aurait-il été capable d'en faire autant s'il disposait de ses talents de guérisseuse ? Peut-être. Sans se surestimer, il se considérait comme étant courageux. Il se souvenait du moment où il s'était interposé entre Azula et Katara. Était-ce aussi courageux que de sacrifier sa santé et son sommeil pour le bien être d'autrui ? Il l'ignorait, tout comme il ignorait comment honorer sa dette. Il se doutait que Katara s'en fichait royalement, mais il voulait faire quelque chose pour elle. Mais quoi ?
Il finit par s'allonger à côté d'elle, tâchant de réfléchir à cette question. Mais il ne trouva pas de réponse et s'endormit à son tour.
Le matin finit par arriver et la lueur du soleil perça à travers les épais rideaux rouges. Katara s'éveilla, encore fatiguée de sa nuit, et se plaça sur le dos pour s'étirer, lorsqu'elle remarqua qu'elle n'était pas seule. Zuko dormait paisiblement à côté d'elle. Elle se figea sur place. Elle avait dormi dans le même lit que Zuko ! Oh bon sang, qu'est-ce qui lui avait pris ? Elle ne se souvenait pas. Ses joues rougirent. Elle était affreusement gênée, n'ayant jamais dormi avec aucun homme avant ça, sauf peut-être Sokka quand elle était petite. Peut-être pouvait-elle regagner son lit et faire comme si de rien n'était ? Mais à peine eut-elle commencé à bouger pour se lever que Zuko étouffa un bâillement.
« Kiyi, il est trop tôt pour ça... », murmura-t-il avant de se détourner de Katara pour se rendormir.
Kiyi ? Que venait faire Kiyi là-dedans ? Katara comprit que Zuko imaginait que sa soeur était montée sur le lit pour le réveiller, alors qu'elle avait au contraire voulu se lever. Elle eut un sourire malicieux, se demandant comment Zuko allait réagir lorsqu'il se rappellerait de ce qui s'était passé.
« Ce n'est pas Kiyi », dit-elle avec douceur.
Zuko ouvrit immédiatement les yeux, sonné par ce que venait de dire Katara. Si ce n'était pas Kiyi... QUI ? Il se tourna aussitôt vers la voix qui avait parlé et trouva Katara assise en tailleur à côté de lui, rouge comme une pivoine. Manquant de tomber de l'autre côté du lit, sous le choc, il ouvrit la bouche mais aucun son n'en sortit, si ce n'est un misérable bégaiement. Zuko finit par se ressaisir. Ils avaient dormi ensemble, rien de plus.
« Tu t'es endormie après avoir dissipé la glace, et puisque je ne pouvais pas te porter jusqu'à ton lit... », commença-t-il, gêné de la situation lui aussi.
Katara faillit lui rétorquer qu'il aurait pu demander de l'aide à Suki, ou peu importe qui gardait la chambre, mais préféra ne rien dire. Lui-même se demandait pourquoi il n'en avait pas eu l'idée. Il ne l'aurait avoué pour rien au monde, mais il appréciait la compagnie de Katara. Elle était calme, silencieuse, ne parlant jamais dans le vide. Ses paroles avaient tout autant de sens que ses silences. Elle savait parfaitement quand se taire et quand intervenir.
« Tu sembles aller mieux, c'est tout ce qui compte non ? », dit-elle en approchant sa main du front pâle de Zuko, qui suivit sa main du regard. Il était encore un peu chaud mais la fièvre était presque partie.
« Tu as raison », dit-il, résigné à ne plus parler de cette nuit passée côte à côte de façon relativement dévêtue.
Il se força à ne pas trop observer Katara dans ses sous-vêtements, même s'il l'avait déjà vue habillée de la sorte pour s'entraîner à sa maîtrise. Elle avait en effet bien grandi, son corps révélait désormais de belles courbes féminines qui n'existaient pas lorsqu'il l'avait connue. C'était une belle femme, seul un fou oserait dire le contraire. Mais il ne devait pas penser à cela et mettre ses pensées d'homme de côté, ce qui n'était pas chose aisée au réveil.
« Puis-je regarder ton épaule ? J'ai craint le pire pour toi cette nuit », lui dit-elle d'une voix légèrement inquiète. Elle songea qu'elle devait avoir une mine épouvantable mais ce n'était pas comme si elle pouvait y faire grand chose pour le moment.
Zuko ne répondit pas mais s'assit en tailleur face à elle pour qu'elle puisse défaire son bandage et observer sa guérison. Celle-ci progressait plutôt rapidement, une croûte avait commencé à se former autour de sa plaie. Zuko observait Katara scruter sa blessure sous toutes les coutures. Elle était concentrée, ses yeux bleus fatigués semblaient inébranlables. Elle entreprit de le palper, pour voir si Zuko avait encore de gros foyers de douleur. Ce dernier eut un frisson au contact de ses doigts, qui étaient bien plus froids que sa peau. Katara sentit ses joues rosir mais poursuivit sa tâche avec sérieux.
Il ne gémit pas mais fit la grimace plusieurs fois. C'était bon signe. La veille il avait presque hurlé lorsqu'elle avait touché un point sensible. Les yeux de Katara dérivèrent sur sa cicatrice qu'il portait au milieu du torse, entre ses muscles, souvenir d'Azula. Sortant de sa contemplation, elle jeta un regard à Zuko.
« Je crois que tu vas te remettre », lui dit-elle avec un léger sourire qui illumina son visage fatigué.
Zuko s'esclaffa. « Oh ce n'est que maintenant que tu me le dis ! Tu en doutais ? »
« Tu as un talent pour survivre, mes doutes étaient donc minimes », le rassura-t-elle.
Néanmoins, elle allait continuer à le surveiller de très près, il avait visiblement tendance à avoir des rechutes. Et même s'il s'en tirait admirablement, il n'était pas invincible. Puis elle se leva et s'assit au bord du lit sur le tabouret resté là. Zuko comprit et s'assit au bord du lit, du côté où elle avait dormi.
« Je vais tendre ton bras doucement », lui dit-elle en lui prenant d'une main le poignet et de l'autre son coude. Elle pouvait sentir les puissants muscles de Zuko sous la pulpe de ses doigts. « Dis-moi si tu as mal »
Elle tira doucement sur sa main. Zuko ne sentit presque rien, jusqu'à ce qu'elle tire sur le coude. Son visage se crispa, signe qu'il souffrait mais de façon supportable. Katara entreprit d'aller plus doucement à partir de ce point. Son bras tendu devant lui en direction de ses cuisses, Katara lui jeta un coup d'œil qui lui promettait de la douleur. Il pinça les lèvres et hocha doucement la tête. Alors elle commença à lever son bras. Sa main arrivée à hauteur d'épaule, Zuko se mit à gémir, faisant tout pour se retenir, fermant très fort les yeux pour réfréner les larmes de douleur. Katara reposa son bras.
« Est-ce que ça va ? », lui demanda-t-elle, inquiète.
Son seuil de douleur avait été repoussé mais il avait toujours mal. « Donne-moi une minute », lui dit-il. Il prit de courtes inspirations puis expira plusieurs fois pour soulager la douleur.
« Ton bras guérit, il lui faut simplement du temps », lui expliqua-t-elle tandis qu'elle appela à elle un peu d'eau, celle qu'elle avait laissée dans les récipients pour faire de la glace cette nuit. « Je vais te faire une séance de guérison »
Elle s'étira tel un chat pour préparer ses muscles, puis alors qu'elle allait placer l'eau en cataplasme sur son épaule, elle se mit à bâiller, brisant son mouvement. Zuko sut qu'elle n'avait dormi que quatre ou cinq heures à tout casser, pas assez pour être en pleine forme. Elle méritait de récupérer.
« Tu ne voudrais pas dormir un peu ? », lui demanda-t-il d'un ton soupçonneux. Il se demandait si elle admettrait sa fatigue, ou si elle adopterait le déni comme il le faisait lui-même souvent.
Elle se tourna vers lui, avec de petits yeux. « Qui s'occupera de toi s'il t'arrive à nouveau quelque chose ? Et ta douleur alors ? », lui demanda-t-elle pour justifier son refus.
« Quelqu'un viendra te réveiller, voilà tout. Et je rappelle que tu as dormi presque toute la matinée hier et que je m'en suis très bien sorti, je suis un grand garçon va », se défendit-il avec cynisme.
Katara eut une moue mi-agacée, mi-amusée. Il marquait un point. Aussi se leva-t-elle pour se coucher dans son lit cette fois. Elle eut la présence d'esprit de tirer le rideau, pour s'isoler et surtout laisser suffisamment d'intimité à Zuko, qui fit appeler ses servants pour l'aider à s'habiller.
Il détestait faire appel à qui que ce soit pour faire ce genre de chose banale. Enfin du moins était-ce banal depuis qu'il dirigeait la Nation du feu. Auparavant, son père faisait venir tous les matins une armée de servants pour s'occuper de lui. Même si plus jeune il avait beaucoup profité de ces privilèges, il avait mis fin à cela, n'en gardant que très peu pour lui pour les moments critiques comme celui-ci.
Trois servants arrivèrent, deux femmes et un homme. Zuko n'aimait pas vraiment qu'une femme s'occupe de l'habiller. Enfin, il n'avait pas vraiment eu le choix avec Katara et n'avait pas trouvé cela aussi déplaisant qu'il ne l'aurait cru.
« Ne parlez pas trop fort, Katara se repose », leur murmura-t-il en désignant le rideau fermé. Ils hochèrent la tête.
L'une des servantes avait rapporté les vêtements de Katara, qui avaient retrouvé leur belle couleur bleue. Pas une trace de sang n'avait résisté.
« Voici les vêtements de Lady Katara. Je n'ai pas pu récupérer votre tunique seigneur, elle était trop abîmée... », murmura-t-elle, déçue d'elle-même.
Rares étaient les étoffes qui résistaient à Kao. C'était étrange d'entendre Katara se faire appeler « Lady ». Il se souvenait du temps où il s'amusait à l'appeler « paysanne », et se maudit intérieurement pour sa stupidité. Ce qu'il avait pu être imbécile, même après toutes ces années il n'arrivait pas à croire à quel point il l'avait été. Elle lui avait sauvé la vie un nombre incalculable de fois, elle méritait le plus grand respect.
« Ne vous inquiétez pas Kao, j'en ferais faire une nouvelle », répondit Zuko tandis que Kang tâchait de l'habiller, faisant attention au bras de son Seigneur. Il lui avait apporté sa tenue légère de Seigneur du feu. Une longue tunique rouge et noire au tissu léger, surmontée de son habituel plastron noir aux armoiries de la Nation du feu. Deux pièces en métal noir et or venaient enserrer ses poignets au niveau des manches. Ses cheveux furent relevés en chignon et sertis de la flamme caractéristique du Seigneur du feu.
« Votre mère aimerait vous voir dans les jardins », dit Aka, la troisième servante qui s'affairait à refaire le lit et à ramasser tout ce qui pouvait être nettoyé, ce qui incluait les bandages usagés utilisés par Katara. Elle sembla perplexe lorsqu'elle vit les récipients remplis d'eau disposés aux quatre coins du lit et l'humidité des rideaux du baldaquin qui entourait le lit.
« N'y touchez pas, Katara les utilise », fit simplement Zuko, qui ne souhaita pas aller plus loin dans les explications. Il ajouta « Autre chose, si Katara a besoin de quoi que ce soit, elle a carte blanche »
De toute manière, il se doutait qu'elle refuserait toute aide en dehors de celle des médecins ou de sa famille le cas échéant. Mais au cas où, c'était dit. Ils hochèrent la tête d'un seul homme, puis sortirent.
Zuko hésitait à laisser Katara seule. Il ne savait guère pourquoi. Mais il n'eut pas besoin de le faire puisque Suki - qui avait gardé la chambre toute la nuit avec deux autres de ses guerrières - annonça l'arrivée de sa mère, qui n'avait sans doute pas eu la patience d'attendre que son fils vienne. Elle était accompagnée de deux autres guerrières Kyoshi.
« Bonjour mon chéri ! », s'exclama-t-elle joyeusement avant d'être rabrouée par Zuko.
« Maman ! Katara est encore endormie », chuchota-t-il en pointant du menton le rideau fermé qui dissimulait Katara à la lumière du jour et au reste du monde.
Celle-ci porta une main à sa bouche, désolée. Zuko la fit sortir et ferma la porte derrière lui.
« Que voulais-tu me dire maman ? », demanda-t-il alors. Il se souvint qu'elle souhaitait à nouveau négocier le cas d'Azula. Merveilleux. Un bon mal de crâne en perspective.
« Ne voudrais-tu pas aller dans les jardins ? Je suis sûre que Suki pourra assurer la sécurité de Katara », lui dit-elle. Elle voulait vraiment discuter avec lui.
« J'allais t'y rejoindre », répondit-il en jetant un regard entendu à Suki, qui chargea les guerrières Kyoshi accompagnant Ursa de veiller sur Katara tandis que son équipe veillerait sur Zuko et Ursa.
Ils se mirent en route vers les jardins, qui dégageaient mille et une odeurs de fleurs estivales. « Où est Kiyi ? », demanda Zuko tandis qu'ils marchaient côte à côte.
« Kiyi a ses cours de protocole et de danse ce matin », lui dit Ursa.
« Elle doit faire des merveilles », rit Zuko.
Kiyi était une délicieuse jeune fille, toujours polie et souriante, et brillante lorsqu'il s'agissait d'en mettre plein les yeux. L'image même de la parfaite princesse.
« Oh oui, il en fallait bien une pour maîtriser le protocole ici, n'est-ce pas ? », se moqua gentiment Ursa.
Azula et Zuko étaient de parfaits cancres en protocole lorsqu'ils l'étudiaient, l'une parce qu'elle était égoïste, cruelle et bien trop fière, l'autre parce qu'il avait un don pour la maladresse protocolaire étant plus jeune. Maladresse qui lui avait coûté cette cicatrice qui brunissait le côté gauche de son visage lorsqu'il avait outrepassé ses fonctions de jeune prince.
Les deux s'assirent sur un banc entouré de fleurs multicolores. Zuko songea que Katara aimerait beaucoup cet endroit. Ursa soupira, et en profita pour amener le véritable sujet de cette conversation sur la table. « Elle est tout ce qu'Azula n'est pas »
« C'était d'elle dont tu voulais me parler non ? », questionna Zuko qui savait pertinemment où voulait en venir sa mère.
« Oui. J'aimerais que tu reconsidères sa captivité », lui dit Ursa avec appréhension. Elle savait que c'était un sujet sensible. Zuko et Aang débattait constamment sur ce sujet
« Maman », commença Zuko. « Je t'ai déjà dit que je n'accepterais qu'à une seule condition : qu'Aang lui ôte sa maîtrise. Ne croit pas que je hais Azula, malgré tout elle reste ma petite sœur. Mais elle a fait trop de mal autour d'elle pour qu'on la laisse dehors avec sa maîtrise »
Ursa soupira à nouveau. Elle ne voulait pas ôter sa maîtrise à Azula. Elle trouvait cela cruel. Que son mari Ozai ait subi cela lui paraissait normal. Il les avait fait tant souffrir, elle et ses enfants, qu'il méritait son sort. Mais Azula était différente, et n'était l'image de son père que parce que ce dernier l'avait façonnée ainsi.
« Bien, je me plierais à tes décisions », se résigna Ursa. Zuko fut étonnée qu'elle s'avoue vaincue aussi facilement.
« Maman, la dernière fois que tu l'as laissée sortir, elle a enlevé Kiyi, as-tu oublié ? », demanda Zuko.
« Bien sûr que non, Zuko », répondit-elle immédiatement, outrée qu'il puisse penser cela. Bien qu'il ne pensait sincèrement pas qu'elle ait pu oublier cet incident. « Quand cette histoire sera terminée, peut-être que tu pourrais en parler avec Aang, et parler à Azula de cette idée ? »
Zuko eut un mouvement de recul à cette idée. Une entrevue avec sa sœur ? Avec Azula ? Cela faisait des années qu'il ne lui avait pas parlé. Et à chaque fois qu'ils s'étaient parlés, tout s'était mal fini. Et il n'aimait pas que les choses se passent mal avec sa famille, car cela lui rappelait que la moitié de son enfance s'était passée ainsi. Mal. Comme si la vie lui avait asséné pendant toutes ces années le fait que l'on ne choisisse pas sa famille. Cela, il l'avait bien compris.
« Je peux essayer. Mais connaissant Azula, elle préférerait mourir que me devoir sa liberté », grommela Zuko. Il comprenait parfaitement sa sœur car en dépit de leurs différences fondamentales, ils avaient tout de même plusieurs points communs. La détermination en faisait partie.
« Merci Zuko, j'espère un jour pouvoir enfin avoir tous mes enfants autour de moi », dit-elle avant de changer de sujet. « Ton amie Katara se porte bien ? »
« Elle va bien, mais elle n'a pas dormi de la nuit par ma faute », murmura Zuko avant de rougir furieusement en voyant sa mère interloquée. Elle ne pouvait pas penser cela quand même ! « Oh mais non, maman ! Ne va pas t'imaginer n'importe quoi ! J'avais de la fièvre, Katara a utilisé de la glace toute la nuit pour rafraîchir la pièce, c'est tout »
« Mais je ne m'imaginais rien Zuko, c'est simplement que quoi qu'il se passe, tu n'es pas du genre à offrir beaucoup de répit », plaisanta-t-elle, soulevant à nouveau un sous-entendu qui fit rougir Zuko. Aussi décida-t-elle de changer de sujet. « C'est une bénédiction qu'elle soit ton amie, prends soin d'elle. Les amis sont importants. D'ailleurs je crois que ton oncle a reçu une missive de Sokka, n'est-ce pas le frère de Katara ? »
« Si. Je suppose que mon oncle me l'aurait dit au petit déjeuner », supposa Zuko.
Ursa fut effarée. « Par Agni, tu n'as rien mangé ce matin ! Il faut que tu manges Zuko ! », s'exclama-t-elle en se levant d'un bond. Elle voulut l'attraper par le bras mais hésita, ne voulant pas lui causer plus de douleur.
Il s'apprêtait à protester mais abdiqua et se leva de lui-même. « Je devrais peut-être réveiller Katara, cela fait plus d'une heure qu'elle est endormie »
« Laisse-la dormir, tu lui feras porter à manger. Pauvre enfant, elle mérite bien un peu de repos », dit-elle en songeant à tous les efforts déployés par la maîtresse de l'eau, qui faisaient qu'aujourd'hui son fils était toujours là à ses côtés. Elle ne manquerait pas de la remercier chaleureusement.
« Aaah ! », cria Katara qui se redressa d'un coup dans son lit.
Était-ce un cauchemar ? Ou était-ce la réalité ? Comme elle l'ignorait encore, elle se leva et tira le rideau, priant pour trouver Zuko derrière. Mais il n'y avait personne. Oh par Tui ! Elle se précipita vers la porte et manqua de percuter Zuko de plein fouet.
« Hey ! », fit Zuko qui eut un mouvement de recul pour éviter la collision. Katara avait l'air atrocement inquiète. Que se passait-il donc encore ? « Est-ce que ça va ? »
« Euh... Oui, je craignais que... Laisse tomber », balbutia-t-elle en le laissant entrer. Elle remarqua que ses vêtements bleus habituels avaient été lavés et n'attendaient plus qu'elle. Mais elle devait se laver tout d'abord. Elle allait se diriger vers la salle d'eau quand elle se tourna vers Zuko.
« Tout va bien ? », lui demanda-t-elle. Dans son élan de panique, elle en avait complètement oublié son état.
« Un peu douloureux, mais ça s'arrange », lui dit-il d'un ton soupçonneux. Il n'était pas dupe. « Tu es sûr que tu veux pas me dire ce qui s'est passé ? »
« Un cauchemar, voilà tu es content ? », lança-t-elle avec un agacement non-dissimulé.
Il leva les yeux au ciel puis reprit un ton sérieux. « Je t'ai fait porter à manger, j'ai pensé que tu aurais faim »
Il pointa la cloche qui abritait le petit déjeuner - chaud bien sûr - de Katara. Celle-ci se sentit toute penaude. Il s'inquiétait vraiment pour elle et c'était avec agressivité qu'elle le remerciait. Son cauchemar l'avait réellement mise de mauvaise humeur.
« Merci, vraiment... », se radoucit-elle. « Je suis désolée »
« T'en fais pas », lui répondit-il.
De quoi s'excusait-elle ? Si lui devait s'excuser à chaque fois qu'il jouait au grincheux comme le disait Kiyi, il passerait tout son temps à ça. Mais il était curieux de connaître la nature de ce cauchemar. Il en avait lui-même eu énormément, alors il avait une idée de la terreur qu'elle avait dû ressentir surtout si ce cauchemar semblait réel.
Il reprit, considérant que leur échange de regards avait assez duré. « Tu comptes rester là à me regarder toute la journée ? »
Elle poussa un léger grognement agacé et ferma la porte de la salle d'eau derrière elle. Il était capable de passer du gentil au grognon en un battement de cil, c'était déroutant. Elle remplit le bassin d'eau en un tour de poignet et s'y plongea. Ses mains frottèrent vigoureusement son corps avec le savon qui sentait fort le musc. Usant de ses mains à nouveau, elle se rinça et se sécha en un rien de temps. Un sourire satisfait se peignit sur son visage. Qu'il était pratique de maîtriser l'eau ! Même si, en réalité, elle tâchait de s'économiser sur Zuko, au cas où.
Elle s'habilla avec ses vêtements du Pôle Sud, retrouvant le bleu qu'elle chérissait tant, même si le rouge ne lui déplaisait plus tant que cela avec le recul. Sa ceinture blanche avait été remplacée, la sienne n'ayant probablement pas pu être récupérée après avoir servi de garrot provisoire à Zuko. Le reste ne portait plus aucune trace de sang. Kao - de ce qu'elle avait entendu lorsque Zuko avait été habillé, c'était elle qui s'occupait des vêtements - faisait vraiment des merveilles.
Ses cheveux mouillés furent séchés en un tour de bras et elle attacha une partie de ses cheveux en chignon pour ne pas être gênée puis attacha les deux mèches rebelles qui paraient les côtés de sa tête avec ses perles bleues habituelles. C'était ainsi qu'Aang la préférait lorsqu'ils vivaient ensemble. Enfin ensemble, c'était un bien grand mot étant donné qu'ils ne partageaient pas la même chambre, pour respecter la tradition moniale. C'était quelque chose qui l'avait toujours peinée. Ne pas pouvoir dormir avec l'homme qu'elle aimait. Mais ce temps était révolu.
« Déjà ? », s'étonna Zuko lorsqu'elle sortit de la salle d'eau.
Elle eut un petit rire nerveux. Il avait décidément trop l'habitude des femmes de cour mettant une éternité à s'apprêter. Et surtout n'avait pas l'habitude des maîtresses de l'eau.
« Je maîtrise l'eau Zuko, tu te souviens ? », le taquina-t-elle avant d'attraper son ventre à deux mains.
Il gargouillait furieusement. La faim n'était pas encore un élément qu'elle pouvait maîtriser. Aussi se dirigea-t-elle vers sa nourriture, qui était toujours chaude. Elle jeta un coup d'œil à Zuko qui s'amusa à allumer une bougie, se sachant épié. Katara comprit que Zuko avait pris soin de conserver sa nourriture au chaud grâce à son feu. Il n'était pas si ingrat finalement.
Ayant fini de manger, elle avait l'air un peu plus réveillée et solide à présent, même si de profonds cernes s'étaient dessinés sous ses yeux bleus. Zuko n'était pas beaucoup mieux ainsi qu'il avait pu le constater en s'observant dans son miroir ce matin. Mais il avait l'habitude, ayant une longue série de nuits mouvementées à son actif entre ses blessures, les cauchemars, Kiyi, Mai et maintenant une autre blessure, il ne les comptait même plus.
Zuko se leva. « J'aimerais marcher, je pourrais te montrer les jardins si tu veux »
Il avait besoin de bouger et de faire quelque chose. Et puisque Kiyi étudiait encore, il ne pouvait pas l'entraîner. Pour couronner le tout, son oncle lui avait interdit d'approcher la salle du trône, car il savait que Zuko ne pourrait pas résister à la tentation de revenir à la tête des affaires et il n'avait pas encore la force mentale et physique pour y arriver.
« Bonne idée », dit Katara qui se leva à son tour.
Par réflexe, elle eut envie de débarrasser son assiette, mais se retint au dernier moment. De toute manière, ce palais était trop grand pour qu'elle sache où aller la déposer. Zuko eut un petit sourire, amusé de la situation. Elle lui jeta un regard noir mais s'adoucit lorsqu'il la fit passer devant. Suki était toujours là.
« Nous allons marcher dans les jardins », lui dit-il pour qu'elle puisse s'organiser en conséquence.
Ces derniers étaient magnifiques, bardés de fleurs multicolores. Katara scruta chaque bosquet fleuri de près, fascinée par toute cette verdure qui n'existait pas au Pôle Sud. L'eau qui jaillissait des fontaines adjacentes était très réconfortante pour elle. C'était un jardin parfait pour elle.
Car malgré tout, le Pôle Sud et toute sa glace lui manquaient. Elle n'y avait été que peu de temps après sa séparation avec Aang, puis était partie avec lui rendre visite à leurs amis au Royaume de la Terre. Et elle avait dû revenir après l'invitation envoyée par Iroh, qui avait pressenti l'arrivée d'une tragédie qui heureusement ne fit que peu de victimes. Mais Zuko aurait pu ne pas y survivre si son oncle n'avait pas été si diligent et prévoyant.
Zuko se revit à neuf ans alors qu'il avait renversé Mai dans la fontaine après qu'Azula ait mis le feu à une pomme qu'elle avait disposée sur sa tête pour « jouer ». Sa soeur et Ty Lee s'étaient moquées de lui pendant des semaines, et Mai n'avait eu de cesse de rougir à chaque fois qu'il apparaissait dans le périmètre. C'était assez mignon avec le recul.
« Pourquoi ce sourire ? », questionna Katara qui se redressa, se sentant épiée.
En effet, dans sa rêverie, Zuko l'avait regardée fixement. Il secoua la tête. « Euh... Pour rien... »
Elle leva les yeux au ciel et se détourna de lui, se replongeant dans la contemplation des sculptures qui ornaient la fontaine. Elle ajouta néanmoins d'une voix forte « Tu mens aussi bien que Sokka »
Suki se mit à rire. Sokka était effectivement un piètre menteur, c'était connu. Mais c'était en partie pour cela que la guerrière l'aimait tellement : son honnêteté et son humour.
Zuko jeta un regard noir à Katara. Il appréciait Sokka, même s'il avait parfois du mal avec son humour, mais détestait être comparé à lui. Il détestait tout court être comparé à quelqu'un. Toute son enfance on l'a comparé à sa sœur prodige, et il en avait grandement souffert. Il vit les épaules de Katara se mouvoir alors que celle-ci riait sous cape, imaginant la tête que devait faire Zuko.
Elle ne l'entendit pas arriver derrière elle. Elle eut à peine le temps de voir son ombre se dessiner sur l'eau.
« Qu'est-ce que tu... », commença-t-elle avant de pousser un cri de surprise. De sa main valide, il l'avait poussée dans l'eau.
« Au moins, je suis plus discret que lui », rétorqua-t-il avec arrogance. Il arborait un sourire de satisfaction, qui dissimulait à peine l'amusement qui perçait ses yeux. « Ma vengeance est consommée »
Il faisait référence à la veille, lorsqu'il s'était moqué d'elle et qu'elle avait titillé son épaule blessée pour le faire taire. Il avait promis qu'il se vengerait, mais ne pensait pas que l'occasion se présenterait si tôt.
Katara, après l'avoir fusillé au moins dix fois du regard, se redressa. Trempée des pieds à la racine des cheveux, elle voulut se sécher en utilisant sa maîtrise, comme elle le faisait habituellement. Mais au dernier moment, elle se retint. Sa maîtrise n'était pas revenue à son point culminant et elle ne pouvait donc décemment dépenser inutilement son énergie. Néanmoins, en dépit de la chaleur ambiante, elle avait la chair de poule.
Il lui tendit sa main, qu'elle prit avec bonne grâce, et il l'aida à sortir de la fontaine. Il demanda à Suki de décrocher sa cape pour lui donner, ayant remarqué qu'elle ne souhaitait pas utiliser sa maîtrise. Il comprit qu'elle était encore fatiguée même si visuellement, rien ne le laissait croire. Excepté peut-être ses yeux cerclés de noir.
Elle n'était pas vraiment fâchée, son frère lui avait fait bien pire après tout, elle avait de longues années de pratique. Mais cela ne ressemblait pas vraiment à Zuko. Il était toujours si calme, sous contrôle, avec son éternel sérieux. Le voir se détendre et même sourire était suffisamment rare pour être facilement remarqué. Même Kiyi, qui venait d'arriver, trouvait cela étonnant de sa part.
« Qui êtes-vous et qu'avez-vous fait de mon frère ? », dit-elle tandis qu'elle faisait semblant de chercher Zuko sous la cape de ce dernier, que portait Katara. Zuko ne comprit pas. Kiyi dut éclaircir son propos. « Tu n'es jamais très drôle, les blagues ça n'a jamais été ton fort »
« Quel mauvais grand frère je fais. Tout compte fait, je me demande si je ne devrais pas demander conseil à ton frère, Katara », lui lança-t-il d'un ton jovial.
« Justement mon neveu, il se trouve que j'ai une lettre à remettre à Katara de sa part », fit une voix bienveillante derrière eux.
Iroh. Ce dernier remit un parchemin enroulé de ficelle à Katara. Il remarqua que celle-ci était trempée et à juger de l'air penaud de son neveu ainsi que de de la présence de sa cape sur les épaules de la jeune femme, il était loin d'être innocent.
« Bonjour ma chère Katara, comment te sens-tu aujourd'hui ? Ursa m'a dit qu'il avait été pénible cette nuit... Et pas que cette nuit d'ailleurs, de ce que je comprends », rit-il en observant ses longs cheveux bruns mouillés.
Il avait toujours un sourire presque insupportable aux lèvres, emmitouflé dans ses vêtements royaux. Vêtements qu'il détestait la plupart du temps mais qu'il arborait tout de même lorsque Zuko avait besoin qu'il assure certaines affaires à sa place. Pour l'heure, aucune nouvelle d'Aang. Il avait décidé de ne s'inquiéter qu'après huit jours sans nouvelles, cela ne faisait que deux jours depuis qu'il avait envoyé la lettre. En attendant il s'entretenait avec différents nobles pour prendre la température sur l'image qu'avait la couronne au sein des grandes familles de la Nation du Feu. Elle était plutôt réjouissante pour la plupart, mais désastreuse pour d'autres, certains ne s'étant même pas présentés au palais malgré l'invitation.
« Bonjour Iroh. Disons que la chaleur n'arrange pas son état, que ce soit celui de son bras ou de son humour », lui répondit-elle en adressant un regard entendu à Zuko, qui soupira.
Elle prit délicatement le morceau de papier de sa main libre. L'autre maintenait la cape de Zuko, bien trop grande pour elle, sur ses épaules. Ses vêtements traditionnels séchaient vite, ils étaient conçus pour cela, mais elle ne pouvait pas en dire autant de ses cheveux. Ces derniers commençaient à friser méchamment.
« Voyons ce que mon frère écrit... », fit Katara en déroulant le parchemin avec un sourire. Elle aimait toujours les lettres de son frère, aussi difficiles soient-elles à déchiffrer.
Mais son sourire disparut instantanément à la lecture des premières lignes. Une expression affligée apparut sur son visage et elle se rassit au bord de la fontaine, plaquant fermement le parchemin contre elle, les yeux perdus dans le vide.
Zuko jeta un regard à Iroh. Quelque chose de grave s'était produit. Katara voyait bien qu'ils attendaient de connaître la réponse, mais elle ne pouvait pas parler. Alors elle donna le parchemin à Zuko pour qu'il le lise.
Il lit alors la première ligne puis la deuxième, puis ferma les yeux, désolé. « Je suis navré Katara pour ta grand-mère »
Kiyi, Suki et Iroh en tombèrent des nues. Ce n'était pas exactement ce à quoi ils s'attendaient. Katara se leva et reprit le parchemin que lui tendait Zuko. Ce dernier savait que c'était sa grand-mère qui s'était occupée d'elle et de Sokka, qu'elle était comme une deuxième mère pour eux. Et il avait déjà vu sa mère disparaître dans la nuit une fois, il pouvait donc comprendre ce qu'elle pouvait ressentir. Elle avait besoin d'être seule pour laisser aller sa peine. Iroh le devina lui aussi.
« Kiyi, tu devrais aller voir ta mère, elle te cherchait tout à l'heure », dit Iroh à sa nièce.
En réalité, et Kiyi l'avait compris, il souhaitait laisser un peu d'espace à Katara, qui devait toujours veiller sur Zuko. La jeune fille obéit sans discuter. Suki posa une main sur l'épaule de Katara. Elle était triste de ne pas pouvoir accompagner Sokka pour cette épreuve. Puis elle proposa à Zuko de s'éloigner un peu. Katara l'en remercia et resta seule, avec pour seule compagnie l'eau qui s'écoulait de la fontaine et ce morceau de papier.
Sa grand-mère Kanna n'était plus. Pakku son mari, et également celui qui apprit à Katara et Aang à maîtriser l'eau, devait être effondré. Sokka aussi. Katara songea à la dernière fois où elle l'avait vue. C'était avant de partir avec Aang pour le Royaume de la Terre. Elle lui fut d'un grand soutien dans sa séparation avec Aang. Comment pouvait-elle ne plus être là ? Katara laissa échapper une larme, puis deux et bientôt un torrent de larmes vint inonder son visage. Elle savait qu'au fond c'était normal, et que sa grand-mère était partie dans son sommeil, avec pour elle l'amour de son fils, de son mari et de ses petits enfants, mais elle ne pouvait pas s'empêcher de pleurer.
Ses doigts passaient et repassaient nerveusement sur la pierre qui ornait son cou, et qui orna avant elle celui de sa mère et de sa grand-mère. Katara sourit à travers ses larmes, se disant que sa grand-mère avait enfin retrouvé sa fille, sa mère, et qu'elles devaient toute deux l'observer depuis le monde des esprits.
Aang lui parlait souvent de ce monde peuplé d'esprits tantôt enchanteurs, tantôt monstrueux, et était persuadé que l'énergie vitale des morts rejoignait un jour ce monde. Elle songea que Sokka ne s'était jamais remis de la transformation de Yue en esprit de la lune, même s'il aimait profondément Suki aujourd'hui.
Katara réalisa que leur fille Hua ne connaîtrait jamais leur arrière grand-mère. C'était pourtant plutôt courant au Pôle Sud où les enfants naissaient tôt après l'union de leurs parents, qui elle-même se faisait alors qu'ils n'avaient même pas dix-huit ans parfois. Du moins ça l'était jusqu'à la guerre. Leur grand-mère les avait toujours protégés après le départ de leur père à la guerre, ils n'avaient jamais manqué de rien.
« Je t'aime Gran Gran », murmura-t-elle, espérant que sa grand-mère l'entendrait où qu'elle se trouve.
Elle finit par sécher ses larmes et par se relever. Elle inspira un grand coup puis s'observa dans la fontaine. Son reflet n'était pas des plus flamboyants mais cela suffirait pour l'instant. Elle finit par rejoindre Zuko et Suki, qui ne savaient pas vraiment quoi faire.
« Si tu veux rentrer au Pôle Sud... », commença Zuko avant d'être coupé par Katara, qui avait retrouvé au moins une voix plus vivace et autoritaire.
« Tu plaisantes, tu aurais pu mourir la nuit dernière, et la nuit d'avant, sans parler de l'état dans lequel tu étais lorsque je suis arrivée. Je ne peux pas me permettre de partir », rétorqua-t-elle en plantant ses yeux d'aciers dans les siens. Puis elle détourna le regard. « J'aurais du temps pour ça plus tard »
Et par ça, elle désignait son deuil bien sûr. Ce n'était pas le premier, le premier étant celui de sa mère, et ce ne serait pas le dernier. Pour l'heure, elle avait une tâche à accomplir : faire que Zuko se rétablisse et maîtrise à nouveau le feu. Et rien ne pourrait l'en détourner.
« Tu es sûre ? », lui demanda à nouveau Zuko. Il la sentait tiraillée entre sa famille et son devoir.
« Oui », répondit-elle sans chercher à aller au conflit. Elle n'avait plus la tête à cela et voulait se changer les idées pour ne pas broyer du noir. Elle répondrait plus tard à Sokka. « Pai Sho ? »
« Va pour un Pai Sho, j'ai hâte que tu sois de taille à m'affronter », dit Zuko avec impatience. Il sentait que Katara pourrait se révéler être une adversaire de taille à ce jeu. Et cela les distrairait de cette nouvelle peu réjouissante.
Et voilà pour ce chapitre 5 :) Oui, la Fanfiction commence à peine et on a déjà des morts à déplorer, c'est la vie ! N'hésitez pas à laisser une review, c'est gratuit, ça prend trente secondes et ça me motive à écrire ! Je tiens d'ailleurs compte de chacune de vos remarques autant que possible et je réponds à tout le monde donc n'hésitez pas :)
En espérant vous retrouver au prochain chapitre !
