Bonsoir tout le monde ! Avec un peu - voire beaucoup - de retard, voici le chapitre 6 ! Le travail ayant repris, je manque un peu de temps pour écrire, mais je ne lâche rien. J'espère que ce chapitre vous plaira, c'est Katara que je martyrise pour une fois, vous me pardonnerez peut-être.
Je remercie Ange-magnolia pour sa review "anonyme" ainsi que tous les autres à qui j'ai pu répondre, merci de m'encourager et de me motiver ! Je vous prie de m'excuser par avance des éventuelles fautes, j'ai beau relire, certaines m'échappent toujours !
Sur ce, je vous souhaite une bonne lecture !
Résumé du chapitre précédent : Katara se réveille d'un cauchemar et trouve un Zuko fiévreux qui peine à dormir. Elle utilise alors sa maîtrise toute la nuit pour glacer les environs et le rafraîchir, mais cela lui prend trop d'énergie et il finit par devoir la coucher auprès de lui. La mère de Zuko, Ursa, profite de sa mise au repos forcée pour lui parler d'Azula, qu'elle aimerait voir libérée. Entre temps, Zuko trouve Katara paniquée à la suite d'un cauchemar et lui propose une promenade pour prendre l'air. Iroh annonce à Katara que Sokka lui a écrit. Il s'avère qu'il lui annonce le décès de leur grand-mère paternelle Kana.
*Chapitre 6 - Echec*
Zuko et Katara jouèrent au Pai Sho jusqu'au déjeuner, n'échangeant que très peu de mots. La nouvelle rapportée par Sokka avait quelque peu assombri le climat qui régnait entre les deux amis. Katara avait du mal à se détacher des mots de son frère. Ce dernier souhaitait qu'elle regagne le Pôle Sud pour assister aux funérailles mais elle savait qu'elle devait décliner. Zuko avait encore frôlé la mort la nuit dernière, il n'était pas question qu'elle l'abandonne. Elle décida de lui écrire après le déjeuner. Zuko sentait qu'elle était tracassée et mettait cela sur le compte de la perte de sa grand-mère.
Lui-même se rappelait de la perte de son grand-père paternel, le Seigneur du feu Azulon. Il se souvenait avoir été triste, mais n'avait pas un lien aussi fort avec son grand-père que Katara avec sa grand-mère, qui avait dû l'élever. Ce lien avait presque disparu lorsqu'il avait découvert la vérité au sujet de ses parents. Azulon, outré qu'Ozai souhaite outrepasser le droit d'aînesse d'Iroh, lui avait demandé de le tuer pour qu'il puisse éprouver la même souffrance qu'Iroh, qui avait perdu son fils à la guerre. Son père aurait donc dû le tuer, mais c'était sans compter sur l'intervention de sa mère. Elle tuerait Azulon elle-même en échange de sa vie. Et c'était bien ce qui était arrivé.
Zuko en avait longuement discuté avec sa mère, et avait compris qu'elle aurait fait n'importe quoi pour ses enfants. Il ne l'avait jamais blâmée pour ce meurtre, lui-même avait commis bon nombre de choses répréhensibles pour suivre un but qu'il trouvait noble à l'époque : regagner son honneur. Zuko se disait qu'il aurait fait la même chose pour Kiyi, et sentait qu'il le ferait donc pour ses futurs enfants. Enfin, il lui faudrait d'abord une femme pour cela. Sa mère avait placé de grands espoirs en Mai et avait été très peinée lorsque cela s'était terminé entre eux. Elle avait tenté de lui présenter d'autres femmes mais aucune d'elle n'avait retenu son attention.
Il était perdu dans ses pensées et fit un faux pas stratégique dont Katara profita. Elle avait pour le moment réussi à mettre sa tristesse de côté, sachant pertinemment qu'elle aurait toute la nuit pour y repenser. Néanmoins, Katara espérait que Zuko dorme cette nuit. Le sommeil lui manquait cruellement à elle aussi.
« Je crois que je gagne, non ? », dit-elle en bougeant sa dernière pièce d'un air satisfait.
Zuko fut surpris. Elle l'avait complètement pris au dépourvu. Il sourit. « Tu deviens douée, même si je dois admettre que je ne suis pas des plus concentrés aujourd'hui »
« N'essaie pas de trouver des excuses, j'ai gagné, un point c'est tout ! », fanfaronna Katara. Après plus de vingt parties perdues, enfin une victoire !
« Grand frère ? », demanda une petite voix. Kiyi.
Zuko se tourna vers la porte et la vit, à moitié cachée derrière le battant de la porte. « Entre Kiyi, tu viens tout juste de rater la première victoire de Katara à ce jeu »
La jeune Kiyi ne savait pas vraiment où se mettre. Sa mère lui avait dit ce qui s'était passé, que Katara avait perdu quelqu'un de très cher, et qu'elle devait faire attention à ses paroles. Elle finit par entrer, essayant de trouver une formule acceptable pour présenter ses condoléances.
« Vraiment ? Bien joué ! Il n'est pas facile à battre, hein ? », fit Kiyi avec un sourire presque forcé. Katara voyait qu'elle était mal à l'aise.
« Effectivement, je crois avoir profité d'un moment d'inattention. Tout va bien ? Tu ne m'as pas l'air dans ton assiette Kiyi », remarqua Katara qui posa une main sur son bras. Kiyi eut une moue gênée. Zuko sut immédiatement ce qui la dérangeait et craignit les paroles parfois maladroite de sa jeune sœur.
« Je suis désolée pour ta grand-mère », dit simplement Kiyi. Katara sourit et Zuko parut soulagé.
« Merci Kiyi, elle aurait apprécié », lui répondit la maîtresse de l'eau avant de prendre un ton plus enjoué. L'ambiance était déjà assez pesante comme cela. « Maintenant, que dirais-tu de jouer avec moi ? Tu pourrais faire état de mes progrès »
« En fait, le déjeuner est servi, maman m'envoie vous chercher »
« Oh dans ce cas, allons manger ! », fit Katara en se levant.
Zuko se leva et ils se rendirent dans la salle à manger. Ursa bavardait avec Iroh quand ils virent la petite troupe entrer. Le repas se passa dans le calme, Kiyi se plaisant à raconter ses bourdes au cours de danse. En théorie, c'était des cours dispensés pour la forme, car une jeune fille royale devait savoir danser pour graviter dans différents cercles aisés. Mais en pratique, ces cours lui étaient d'une grande aide pour sa pratique de la maîtrise du feu. Ils lui apprenaient la coordination et la précision dans ses gestes. Mais elle n'était pas aussi douée pour danser que pour respecter le protocole. Elle ramenait une atmosphère apaisante à table, Katara se joignant à elle en relatant ses catastrophes lorsqu'elle avait tout juste commencé à maîtriser l'eau. Combien de fois Sokka en avait fait les frais ! Kiyi riait aux éclats.
« Je suis comme toi alors Katara, et pourtant aujourd'hui tu es un grand maître ! Je suis un peu rassurée, je commençais à faire tâche entre oncle Iroh et Zuko ! », fit-elle soulagée par les histoires de Katara. Cette dernière se pencha vers Kiyi assise à côté d'elle.
« Ton frère n'est pas si doué, je lui ai déjà botté des tas de fois le derrière », fit-elle avec un petit rire moqueur, son regard tourné vers Zuko qui avait tout entendu bien sûr.
« Quand j'aurais récupéré ma maîtrise, tu regretteras ces paroles Katara », lui rétorqua-t-il avec un air de défi. Puis un sourire amusé apparut sur ses lèvres. « Quoique je n'en ai pas eu besoin ce matin, la discrétion a suffi »
Katara leva les yeux au ciel sous les rires d'Iroh, qui trouvait la situation cocasse en dépit des circonstances. L'atmosphère était détendue même si personne n'avait oublié l'état de Zuko ainsi que la nouvelle qui accablait Katara. Mais cette dernière ne voulait pas jeter un voile sur leur bonne humeur et faisait bonne figure, sans trop se forcer. Son palet commençait à se faire aux épices des plats qui lui étaient gracieusement offerts.
Ensuite, l'après-midi fut consacrée à la maîtrise de la jeune demoiselle. Katara n'usa pas de sa maîtrise et Kiyi ne posa aucune question. La maîtresse de l'eau n'avait pas assez d'énergie et préférait s'économiser pour Zuko. De plus, elle savait qu'étant ravagée par la disparition de sa grand-mère, sa maîtrise serait bien plus dévastatrice et incontrôlable qu'habituellement. Autant n'avoir qu'une personne à soigner que deux.
Kiyi se débrouillait bien et visait toujours avec précision les cibles qui lui étaient présentées. Katara ne put s'empêcher de remarquer la moue admirative de Zuko. Il était exigeant mais devait bien reconnaître que sa petite soeur avait hérité de la puissance du feu de sa famille. Puissance qu'elle peinait pourtant à maîtriser lorsqu'il s'agissait de mouvements plus amples, maniant davantage de feu. C'était d'ailleurs en tentant de s'améliorer dans ce domaine qu'elle avait brûlé une partie des rideaux de la chambre de Zuko, qui avait cependant été changés.
Kiyi était de loin l'une des plus douées lorsqu'il s'agissait de précision, mais son manque de confiance en elle altérait sa maîtrise lorsqu'il s'agissait de mouvements requérant une grande puissance au niveau de son chi. Zuko tâchait de se modérer lorsqu'il lui enseignait la maîtrise, car il la savait fragile émotionnellement.
« C'est mieux, mais tu te laisses encore déstabiliser, ton feu est incontrôlable », lui dit Zuko alors qu'elle revenait vers lui après sa petite démonstration.
« Je sais, mais je n'y arrive pas, c'est... trop... », bredouilla-t-elle en triturant nerveusement ses mains.
« Ça te fait peur ? », se radoucit-il en remarquant l'expression nerveuse qu'elle arborait. Il se baissa pour être à sa hauteur, pour la rassurer.
Elle ne répondit pas mais hocha rapidement la tête de façon positive. Elle se mordit la lèvre de honte. Elle avait le privilège de maîtriser le feu mais en avait peur dès lors qu'il devenait puissant et destructeur. Zuko ouvrit la bouche mais la main de Katara sur son bras le fit taire. La jeune femme s'adressa à Kiyi avec douceur.
« Tu sais, même mon ami l'Avatar Aang avait peur du feu. En essayant de le maîtriser, il m'a accidentellement brûlée un jour », lui dit-elle. Kiyi ouvrit de grands yeux. Même l'Avatar Aang avait craint un jour le feu ? « C'est ce même jour que j'ai découvert mon pouvoir de guérison. Mais cela l'avait tellement perturbé qu'il avait refusé de recommencer. C'est ton frère Zuko qui l'a convaincu de faire autrement »
La vérité n'était pas si éloignée, c'était Zuko qui avait proposé d'aller apprendre chez les guerriers du Soleil le secret de la maîtrise du feu lorsque lui-même avait eu des problèmes à ce sujet. Ce dernier ne disait rien mais était plutôt heureux du portrait que Katara en faisait. Il avait même légèrement rougi, mais fort heureusement pour lui, personne ne le remarqua. Sauf peut-être sa mère qui l'observait de loin.
« Fait confiance à ton frère. Un jour tu auras assez confiance pour placer cette confiance en toi-même. Tu es capable de le faire. Il faut juste que tu t'en convainques. Le feu est destructeur, mais est source de vie aussi. Nous avons tous besoin d'un peu de chaleur tu ne crois pas ? », lui demanda Katara avec un sourire.
Zuko appuya ses dires d'un léger hochement de tête. Il observait Katara avec admiration. Elle avait trouvé les mots justes pour toucher Kiyi, tandis que lui avait toujours été bien plus rude avec elle. La vie ne lui avait pas fait de cadeau, alors il n'avait pas vraiment tendance à en faire aux autres, même à sa propre petite soeur. Kiyi avait appris à le dompter lorsqu'il était agacé ou en colère, alors cela ne la gênait plus. Sauf lorsqu'il s'agissait de maîtrise.
Kiyi recommença et fut surprise de voir que son feu lui obéissait bien mieux à présent. Elle arrivait à maîtriser ses grandes vagues enflammées avec plus de vaillance. Lorsqu'elle éteignit son feu, elle fut surprise. Comment avait-elle fait pour réussir ? C'est alors qu'elle réalisa que cette fois, elle avait vraiment cru en ce qu'elle faisait. Était-ce la clé de la maîtrise ?
« Tu as vu ça Katara ? », s'exclama Kiyi alors qu'elle revenait vers Katara et Zuko, qui n'avaient guère échangé de mots durant sa démonstration. Celle-ci les avait captivé tout le long. Zuko remarqua que Kiyi s'adressait davantage à Katara qu'à lui, ce qui le vexa quelque peu. C'était son grand frère après tout.
« Tu vois ? Ça commence à venir, persévère et tu verras ! », l'encouragea Katara avec un sourire.
Alors que Kiyi s'apprêtait à repartir, Zuko crut bon qu'elle prenne un peu de repos. L'entraînement durait depuis deux heures déjà et Zuko savait que la pratique intensive du feu au début pouvait causer de fortes fièvres dues au manque de contrôle du chi. Et il venait de survivre à l'une d'elles la nuit dernière et n'avait pas vraiment envie que Kiyi expérimente la même chose.
« Tu devrais remettre ton entraînement à demain, il ne faudrait pas que tu aies de la fièvre Kiyi », lui dit-il d'une voix qu'il voulut douce. Katara en fut surprise, lui qui était toujours très directif et autoritaire lorsqu'il s'agissait d'enseigner. Même après toutes ces années, elle se souvenait encore des prises de bec entre Aang et lui lorsqu'il réapprenaient ensemble la maîtrise du feu.
Kiyi perdit son sourire et poussa un soupir. Il avait raison, mais le reconnaître blessait son amour propre. « Oui, Zuko », répondit-elle avec un ton détaché.
Alors que celle-ci tournait les talons pour attraper sa serviette et sécher la sueur qui lui couvrait le visage et les bras, Katara jeta un regard déçu à Zuko. Il ne l'avait pas complimentée une seule fois. Elle lui fit un signe de tête qui pointait Kiyi, et qui l'incitait à lui dire quelque chose. Zuko fronça les sourcils et comprit le message. Il alla vers sa petite soeur. L'entendant arriver derrière elle, elle se tourna vers lui.
« C'était vraiment bon, tu sais », lui dit-il d'un ton gêné. Faire des compliments n'était pas dans ses habitudes. « Je t'emmènerais chez les guerriers du Soleil lorsque tu seras prête. Mais ça ne saurait tarder ! »
« Tu crois ? », demanda-t-elle avec un sourire plein d'espoir. L'histoire des dragons, que son frère avait vus, était l'une de ses préférées plus jeune.
« Mais oui ! », affirma Zuko. « Et maintenant, que dirais-tu d'un thé ? »
« Oh mais oui, c'est l'heure ! Allez-y je vous retrouve après ! », s'écria Kiyi avant de s'élancer vers le palais. Il lui fallait se changer, sa tenue sentait la sueur, comme après chaque entraînement. Et avec cette chaleur, un bain frais lui ferait le plus grand bien.
Zuko se tourna vers Katara, qui l'observait avec un léger sourire. Il avait vite compris ce qu'elle attendait de lui. Ses yeux d'ambre se levèrent au ciel en voyant sa satisfaction. Mais elle avait raison. Il devrait être capable de complimenter ce qui méritait de l'être.
Zuko ne put s'empêcher de remarquer que sa peau était bien plus foncée, le soleil avait fait son oeuvre sur elle. Il observa brièvement sa main, qui était toujours aussi pâle. Le contraste entre sa peau et la sienne l'amusait toujours secrètement. Katara lui tapota gentiment l'épaule.
« Ça devient plus facile avec le temps », lui dit-elle sur un ton léger.
Elle savait parfaitement comment il fonctionnait et ronchonnait tant que tout n'était pas parfait. Et puisque la perfection n'existait pas, il était toujours en train de ruminer. Il était temps que cela change.
« Tu veux devenir mon professeur à moi aussi ? », ironisa-t-il tandis qu'il la guidait vers la salle de thé.
« Ce serait trop d'honneur pour moi, petite paysanne du Pôle Sud », rétorqua-t-elle avec la même ironie.
« Ne dit pas ça », fit Zuko d'un ton plus sérieux. Il n'aimait pas qu'elle lui rappelle le mauvais comportement qu'il avait pu avoir envers elle. Elle, à qui il devait la vie.
Katara perdit tout amusement, étonnée de sa demande, mais ses lèvres se fendirent d'un léger sourire. Il progressait. Elle choisit de changer de sujet, sentant une tension étrange s'installer entre eux.
« Comment va ton épaule ? », demanda-t-elle doucement.
« Oh. A vrai dire, je l'avais presque oubliée », lui avoua-t-il. Elle ne lui faisait plus mal pour l'instant. Tant qu'il ne bougeait pas son bras gauche, il ne sentait rien.
« Bien, je vérifierais cela après le thé si tu veux bien », lui dit-elle.
Zuko n'émit pas d'objections. Ursa les rejoignit quelques secondes plus tard pour aller prendre le thé. Elle savait qu'il valait mieux être ponctuel avec Iroh. Il y avait peu de choses qui pouvaient le bouleverser, et manquer le thé était l'une d'elles. D'autant que c'était lui qui s'adonnait à la préparation de ce dernier. Il essayait chaque jour de varier les plaisirs.
Ils prirent le thé tous ensemble, Iroh et Ursa les ayant rejoint. Mais ils furent interrompus par l'un des médecins qui s'occupaient de l'infirmerie du palais, où des dizaines de soldats blessés lors de l'attaque des jours précédents demeuraient encore.
« Mon seigneur, je suis navré de faire irruption à cette heure. Mais j'ai besoin de Lady Katara sur-le-champ, si cela est possible ! », s'exclama-t-il avec urgence.
Katara se leva aussitôt, vidant son thé d'une gorgée. « Je dois y aller ! », dit-elle simplement pour s'excuser. Personne ne lui en tint rigueur, personne n'en aurait eu le temps. Elle avait déjà disparu au pas de course, accompagnée du médecin, qui pour son vénérable âge tenait bien la cadence. Zuko, Suki et deux autres guerrières Kyoshi les suivaient.
Ils arrivèrent à l'infirmerie, et le médecin l'accompagna jusqu'au patient qui avait besoin de soin. Il s'était pris des éclats de verre larges comme des sabres dans la jambe, les médecins l'ont endormi à l'aide d'herbes aromatiques pour enlever les éclats jusqu'au dernier. C'est à son réveil que son état a empiré. Sa peau était bleue par endroits et la respiration se faisait difficile.
Katara détacha le bracelet que lui avait offert Kiyi, qu'elle jeta négligemment sur la table de chevet puis fit sauter le bouchon de sa gourde, rattaché à une ficelle. Elle en fit jaillir l'eau tandis qu'elle écoutait le médecin pour avoir une idée plus précise de ce qui lui arrivait. Elle ne pouvait pas se permettre d'utiliser sa maîtrise sur tout le corps, il lui fallait trouver le point critique.
« Son pouls a brusquement augmenté, il s'est mis à cracher du sang. J'ai essayé tout ce que je pouvais, mais rien n'y a fait », expliqua le médecin. « Quand je l'ai palpé, il avait une masse anormale ici »
Il désigna la région se situant sous les poumons. Katara inspira profondément. Cela n'allait pas être facile. Elle avait à peine remarqué que Zuko se tenait à quelques pas de là. Il connaissait bien le soldat alité, c'était l'un des plus jeunes et des plus prometteurs. Le chef de sa garde l'avait chaudement recommandé.
Katara plaça l'eau sous forme de cataplasme au-dessus de l'endroit indiqué. Mais alors qu'elle commençait sa guérison, son patient se remit à tousser et cracher, faisant gicler du sang sur la tenue bleue que la jeune femme portait. Elle pensa avec amertume que cet habit était destiné à recevoir les effusions de sang. Elle ne lâcha rien et continua sa guérison, tentant tant bien que mal de faire comme si rien d'autre ne se passait. Elle reçut du sang sur la joue et s'arrêta. Ce n'était vraiment pas normal. Elle ouvrit la bouche du patient. Il s'était mordu la langue jusqu'au sang, signe qu'il avait eu des convulsions, et s'étouffait avec sa salive et son sang. Personne n'avait songé à protéger sa bouche de ses dents.
D'un froid désarmant, elle se tourna vers le médecin et lui arracha presque le bout de tissu qu'il avait utilisé pour éponger le sang dégoulinant des lèvres du malade. Après avoir fait cracher le malade, elle roula le tissu en boule et le plaça dans la bouche de ce dernier, comme elle l'avait fait avec Zuko. Ce dernier se tenait à la porte et osait à peine respirer. Comment faisait-elle pour garder son calme ? Il ne le savait pas.
Celle-ci tenta de reprendre sa guérison là où elle l'avait laissée. Mais ces quelques secondes perdues à faire ce qui aurait dû être fait avaient mis en péril le succès de l'opération.
« Aller ! Tiens bon ! », fit-elle en essayant d'activer le processus. Il fallait qu'il tienne.
Alors qu'elle allait achever la guérison, réparant les poumons autant que possible, elle sentit qu'il n'avait plus de pouls. C'était trop tard. Elle tenta néanmoins de pousser sa maîtrise plus loin, mais il n'y avait plus rien à faire. Il était mort. Elle replaça l'eau dans sa gourde, l'air grave.
« Il est mort », dit-elle, les lèvres pincées. « Je suis désolée »
Il avait tout juste l'âge de Zuko en apparence. C'était un échec. Pas le premier. Elle se redressa et soupira. Le médecin lui tendit un tissu propre pour se nettoyer le visage, elle le prit machinalement, sans lui adresser un regard. Elle était énervée, elle aurait pu le sauver si elle avait été prévenue plus tôt. Il avait à peu près l'âge de Zuko. Trop jeune. Après avoir fait quelques pas agacés dans le couloir, elle finit par s'adosser au mur et s'asseoir. Sa tête frappa contre le mur, une colère sourde montant en elle.
Zuko jeta un regard au jeune homme décédé, puis à Katara assise plus loin dans le couloir, puis au médecin qui recouvrait déjà le corps d'un drap blanc. Il savait qu'il n'avait pas fait de son mieux. Le jeune Seigneur du feu demeura là, hagard, ne sachant que faire. Le médecin finit par le sortir de son état de stupeur en lui remettant le bracelet que Katara avait enlevé pour soigner le jeune soldat.
« Mon Seigneur... La famille devrait être informée le plus tôt possible », dit maladroitement ce dernier.
« Je m'en charge. Nous attendions le bilan définitif avec mon oncle pour organiser des funérailles dignes de ce nom », répondit Zuko d'un ton lugubre. Il décida d'aller voir son oncle pour régler cette affaire au plus vite. S'occuper des morts était loin d'être son passe-temps favori en tant que Seigneur du feu. Annoncer aux familles qu'un de leurs fils ne reviendra jamais était toujours une tâche pénible pour Zuko.
Iroh arriva quelques instants plus tard et apprit de la bouche de son neveu ce qui s'était passé. Zuko se tourna vers Katara, qui avait les yeux résolument fermés et était toujours assise sur le sol contre les murs rouges du couloir. Elle semblait faire barrage à ses émotions. Le jeune homme fit quelques pas vers elle, mais fut retenu par son oncle.
« Laisse-la mon neveu. Je crois qu'il vaut mieux la laisser seule pour le moment », lui dit-il doucement.
Zuko eut un air triste, qui fit plisser sa cicatrice. Elle venait lui sauver la vie, et il la remerciait en étant un fardeau l'empêchant de retrouver sa famille et en la laissant intervenir sur des patients qui n'étaient pas de son ressort. Il ne savait pas quoi faire pour lui remonter le moral, et n'avait pas envie de la laisser seule.
Iroh sentit son dilemme, mais n'insista pas. « Fait comme bon te semble Zuko. Si tu as besoin de quoi que ce soit, tu sais où me trouver. J'ai encore quelques nobles à contacter, j'ai organisé des audiences auxquelles j'aimerais que tu assistes prochainement. Mais cela attendra pour le moment », conclut Iroh avant de s'en retourner à son bureau, ou plutôt celui que Zuko avait délaissé sur ses ordres pour se consacrer à sa guérison.
Zuko s'avança timidement vers Katara, qui l'entendit arriver. Elle n'avait même pas à ouvrir les yeux, elle savait que c'était lui. Elle sentit une étoffe frotter contre sa jambe, signe qu'il s'était assit à ses côtés. Elle était recroquevillée contre le mur, ses genoux ramenés contre elle. Ses cheveux la masquaient à Zuko. Ce dernier se mordillait la lèvre. Cela dura un petit moment, où ils restèrent assis l'un contre l'autre, en silence. Suki et ses guerrières étaient postées à chaque bout du couloir, attendant de savoir s'ils comptaient rester ici jusqu'à ce que vienne la nuit, ou s'ils feraient autre chose.
Face au déni de Katara, qui néanmoins appréciait sa présence, il finit par vouloir s'excuser. Mais s'excuser de quoi au juste ?
« Je suis navré pour tout ça », lui dit-il.
Elle eut un sourire étrange, qu'il ne vit que lorsqu'elle se tourna vers lui. Il avait toujours tendance à croire qu'il était si important que tous se devaient de rejeter la faute sur lui. Comme il se trompait. « Tais-toi Zuko. Rien de ce qui arrive est de ta faute. Et tu sais que je ne pouvais pas refuser »
Sa voix était agacée. Ce dernier parut choqué qu'elle lui demande de se taire. Mais elle avait raison. Son oncle lui avait déjà dit que bien qu'il soit Seigneur du feu, tout ne pouvait pas être de sa faute. Il ne pouvait pas être responsable de tout. Et il n'aurait pas pu l'empêcher d'intervenir.
« Je me tairais... si tu viens prendre un peu l'air avec moi », lui dit-il.
Il avait le cœur lourd, et avait envie de faire passer un bon moment à son amie. Elle méritait une pause elle aussi. Katara regarda dans le fond de ses yeux d'ambre. Elle s'attendait à ce qu'il soit vexé, mais se rendit compte qu'il essayait de lui remonter le moral. Il se releva et tendit son bras droit à la jeune femme. Elle ne voulut pas refuser et attrapa son bras pour prendre appui. Mais il n'avait définitivement pas assez de force pour la redresser. Katara tira d'un coup sur son bras pour se relever mais Zuko finit par relâcher sa force, trop faible, et faillit heurter Katara. Ils étaient étonnamment proches, Katara maladroitement adossée contre le mur et Zuko planté droit devant elle, usant de son bras sain pour se retenir de la heurter dans son élan.
Katara sentait presque son souffle sur elle. Il la dépassait d'une bonne tête, si ce n'était deux. Son bras droit appuyé contre le mur passait à côté de ses joues, l'encadrant fermement. Le voir si près d'elle la fit rougir. Zuko le remarqua et se recula vivement, puis se frotta la nuque, l'air embarrassé. Un silence inconfortable s'installa entre eux. Katara finit par éclater de rire.
« Je plaisantais sur le fait de te taire tu sais », lui dit-elle entre deux éclats de rire. Son rire était étrange, inhabituel, et témoignait de sa fatigue. Néanmoins, c'était l'une des plus belles choses à entendre pour Zuko.
« Moque-toi, ça te manquerait malgré tout de m'entendre », lui rétorqua-t-il. Il faisait allusion au fait que Katara le trouvait toujours grognon et jamais content.
Elle songea immédiatement à ses hurlements, alors qu'elle le soignait. Son sourire disparut et Zuko se demanda ce qui avait pu provoquer un tel changement d'attitude. Katara détacha ses yeux des siens, regardant la lumière du jour qui déclinait à travers les fenêtres.
« Qu'est-ce qui ne va pas ? J'ai dit quelque chose qu'il ne fallait pas ? », demanda-t-il, frustré de ne pas comprendre. Par Agni, ce que les femmes pouvaient être lunatiques ! Il avait momentanément oublié cet état de fait depuis sa rupture avec Mai, n'ayant plus jamais côtoyé d'autres femmes que celles de sa famille depuis lors.
« Non, c'est que... Comment dire... », hésita-t-elle. Allait-elle vraiment se confier à lui ? Elle décida que oui. Cela faisait longtemps qu'on ne s'était pas inquiété à ce point pour elle. Sa voix s'était serrée. « Je t'entends toujours hurler dans mes cauchemars »
Zuko marqua un temps d'arrêt. Hurler, lui ? Il réalisa qu'elle faisait référence à son état lorsqu'elle et Aang l'avaient retrouvé, étalé de son long sur le sol de sa chambre. Il se sentait stupide de ne pas avoir songé au fait qu'il n'était pas le seul à avoir été remué cette nuit-là. Pourtant il le savait, il l'avait veillée une nuit entière et avait même dormi avec elle. Mais elle semblait aller mieux aujourd'hui. C'était sans compter sur la disparition de sa grand-mère et de son patient. Que pouvait-il dire ? Qu'est-ce qui était acceptable ?
Il l'attira dans une étreinte amicale, entourant ses épaules de son seul bras droit. Katara se laissa faire, évitant néanmoins de poser sa tête contre son épaule blessée, contente de trouver une épaule sur laquelle s'appuyer. Elle finit par fondre en larmes. Pour sa grand-mère, pour ce jeune homme qu'elle n'avait pas pu sauver, pour sa famille qu'elle ne pouvait pas encore rejoindre, pour son ami Zuko qui ne pouvait plus maîtriser le feu et s'entraîner à ses sabres - elle l'avait entendu grommeler un matin. Elle n'émettait aucun son, mais Zuko savait qu'elle était secouée. Toutes les émotions qu'elle avait gardées bien à l'abri en son fort intérieur jaillissaient avec force et violence.
Ils restèrent figés ainsi, comme si le temps s'était arrêté. Son visage presque enfoui dans ses cheveux longs, il pouvait la sentir. Un étrange parfum marin mêlé à celui du musc, dont elle s'était servi dans la salle d'eau. C'était un mélange spécial, mais quoi de mieux pour une personne si spéciale. Elle lui avait manqué malgré tout. Ne sentant plus le frêle tremblement secouant les épaules de Katara, il rompit l'étreinte. Elle se sentait pathétique, mais sortit de son déni lorsque Zuko essuya une trace de larme qui avait marqué la peau foncée de son visage. Un sourire apparut sur ses lèvres et elle secoua la tête. Le moment de tristesse était passé, il n'était pas question qu'il reprenne. Elle lui prit vigoureusement le bras droit et l'entraîna avec elle.
« Tu voulais prendre l'air non ? », lui dit-elle en le tirant vers le bout du couloir. Elle semblait avoir tout à coup retrouvé sa vivacité.
« Oui, mais c'est de l'autre côté », lui répondit-il en pointant du menton - son bras gauche étant hors d'usage - l'autre côté.
Elle leva les yeux au ciel et fit volte-face, manquant à nouveau d'entrer en collision avec lui, et ils sortirent contempler le coucher du soleil. La pluie n'avait guère de place l'été dans la Nation du Feu. Katara sentait qu'en dépit des efforts des jardiniers, les plantes étaient assoiffées. Tout comme elle d'ailleurs. Heureusement Zuko ne manqua pas de demander du thé lorsqu'ils s'assirent au même endroit que la veille.
« Je me demande s'il pleut vraiment en été ici », fit Katara qui cherchait à lancer un sujet de discussion neutre pour échapper à sa peine.
« Il n'a pas plu depuis quelques semaines maintenant, mais c'est déjà arrivé. Et comment est-ce au Pôle Sud ? », demanda Zuko en buvant une gorgée de son thé. Du jasmin. Excellent choix.
« C'est vrai que tu n'es venu que peu de fois, et souvent en hiver », commença-t-elle en songeant aux quelques fois où il était venu. De la première où il s'en était pris à l'Avatar, jusqu'à celle où il s'était réuni avec les autres chefs d'Etat pour discuter du Mouvement de l'Harmonie.
« C'est toujours l'hiver chez vous pour moi », commenta-t-il en mimant un frissonnement de froid.
« C'est vrai que ce n'est pas le meilleur endroit pour toi. Mais il y a pourtant énormément de soleil tu sais. Enfin, la moitié de l'année », dit-elle avec un léger rire. En effet, au Pôle Sud, il faisait jour six mois par ans et l'autre moitié du temps, la nuit régnait. Il n'avait jamais expérimenté la longueur de cette nuit.
« Dire que vous passez l'autre moitié dans le noir », fit Zuko à la fois impressionné et en même temps apeuré à l'idée de vivre une nuit si longue.
« Au moins ta maîtrise servirait à ce que tu n'aies pas peur dans le noir », se moqua Katara en mimant un geste de la main pour symboliser la maîtrise du feu.
« Oh je vois, tu parles de ça ! », fit-il avec un sourire en faisant jaillir une puissante flamme de sa paume droite.
Katara se recula vivement. « Je ne mettais pas en doute tes talents tu sais, j'ai vu ! »
Mais alors qu'elle riait, elle le vit grimacer et se tut aussitôt. Dans son élan, il avait bougé son bras blessé, toujours bandé en écharpe contre lui. Katara songea que cela faisait un petit moment qu'il ne l'avait pas examiner. Elle devait lui faire bouger son épaule pour voir comment celle-ci guérissait. D'un geste de la main, elle le fit se tourner vers elle. Alors qu'elle allait défaire son bras, elle se retint.
« Je devrais peut-être t'examiner dans un endroit plus approprié », fit-elle d'un ton gêné.
Zuko fronça les sourcils, interloqué. Ce n'était pas comme s'il ne s'entraînait pas chaque jour torse nu à sa maîtrise à la vue de tous. Enfin, lorsqu'il disposait de ses deux bras et de sa liberté de mouvement. Il sembla amusé de son embarras.
« Tout le monde m'a déjà vu ainsi tu sais, même toi », lui dit-il gentiment en l'incitant à continuer, ce qu'elle fit jusqu'à ce qu'il soit torse nu. Ce qu'il disait la faisait rougir à nouveau. Bon sang, pourquoi rougissait-elle à chaque fois qu'il faisait allusion à son corps ? Elle ne comprenait pas.
« Je n'ai pas de bandes pour te refaire ton pansement ici », esquiva-t-elle, se cherchant une excuse pour ne pas passer pour une idiote. Mais c'était trop tard à voir le demi-sourire moqueur qu'arborait Zuko lorsqu'il demanda à un des gardes de lui ramener des bandages. Pour faire disparaître ce sourire empreint de moquerie, elle tira un peu plus fort que ce qu'elle aurait dû sur son poignet. Il laissa échapper un « Aie ! » de douleur.
« Oups », fit-elle d'un ton mielleux.
« Tu sais qui tu es en train de martyriser là ? », lui demanda-t-il avec un ton faussement râleur. Il l'observait effectuer ses gestes avec ses mains brunes. Ils étaient précis, délicats et efficaces. Un ballet plaisant à regarder. Elle lui jeta un léger coup d'oeil avant de dérouler le bandage qui le fit rougir à son tour. Ce n'était pas tous les jours qu'une femme étrangère à sa famille ou à Mai l'approchait de si près. Enfin, cela arrivait tous les jours à présent, par une femme plutôt agréable à regarder s'il était vraiment honnête avec lui-même.
« Et toi, sais-tu qui est en train de te martyriser ? », rétorqua-t-elle tandis qu'elle extrayait son bras de l'ultime bandage. Il n'eut pas le temps de répondre. « Bon, ce n'est pas mal, tu as un corps solide »
« Merci du compliment », grommela-t-il. Evidemment qu'il était solide, en doutait-elle sérieusement ?
« Tends ton bras autant que possible, tu veux ? », lui demanda-t-elle en le tenant par le bout des doigts. Il s'exécuta, se mordant la lèvre de douleur. C'était moins pénible qu'auparavant mais ça restait pénible.
Elle tint son bras tendu et entreprit de faire se mouvoir son épaule blessée, pour qu'il puisse lever le bras devant, sur le côté et derrière lui. Elle le fit une fois bras tendu, une fois bras plié. Il grimaça tout le long, mais pour une fois n'émit aucun son de douleur, ce qui était plutôt bon signe. Il parvenait presque à lever les bras normalement mais ce n'était pas sans difficulté, son épaule devant encore se consolider.
« Tu n'auras plus besoin de porter ton bras en écharpe, mais pas d'entraînement pour l'instant. Demain je te ferai refaire ces exercices », dit-elle avec sérieux et douceur. Il acquiesça et la laissa poursuivre son travail.
Elle prit les bandages qui venaient d'être rapportés et refit le bandage sur son épaule. Il se déplaça à chaque geste pour faciliter ses mouvements qui le fascinaient toujours autant de par leur précision et leur efficacité. Il ne sentit pas une seule douleur pendant toute l'opération, excepté peut-être lorsqu'elle serra le noeud d'un coup sec et encore c'était un picotement plus qu'une douleur. Cela lui faisait très bizarre de pouvoir à nouveau bouger son bras gauche. Certes il ne pourrait pas s'entraîner mais il pourrait enfin s'habiller seul. Faire son chignon resterait la seule épreuve difficile, étant donné qu'il devrait lever les bras pour tenir ses cheveux. Mais il ne pensait pas se remettre aussi vite, il se voyait le bras en écharpe pendant des mois.
Katara avait eu les yeux rivés sur la musculature de Zuko tandis qu'elle refaisait son pansement et peinait à s'en remettre, même si pour une fois elle avait pu s'empêcher de rougir. Elle le trouvait beau, alors qu'avant cela ne l'avait jamais marquée plus que cela, même lorsqu'il s'entraînait avec Aang torse nu à l'époque. Il était grand, bien bâti et sculpté au muscle près. Katara se doutait qu'il soumettait son corps à de rudes exercices chaque jour pour être toujours parfait dans sa maîtrise du feu et de ses sabres. Eternel perfectionniste jamais content, comme elle l'appelait souvent dans sa tête.
« Katara ? », demanda Zuko. Elle le regarda avec incompréhension. Elle se rendit compte qu'il lui avait parlé et que, perdue dans sa rêverie, elle ne l'avait pas entendu. « Le dîner sera bientôt prêt »
Le soleil disparaissait effectivement derrière les solides murs du palais, signe que la nuit arriverait bientôt. Katara se rendit compte qu'elle avait faim. Elle ne mangeait jamais si tard au Pôle Sud. A la Nation du Feu, tout tournait selon le soleil, l'on se levait dès que le soleil pointait et l'on allait dîner et se coucher lorsque ce dernier disparaissait. Compte tenu de la nuit de six mois qui existait au Pôle Sud, il était invraisemblable de vivre de la même façon.
« Je devrais aller me changer », pensa-t-elle à voix haute.
En effet, son habit de tribu bleu portait toujours les éclaboussures de sang émises par son patient deux heures plus tôt. Zuko ne dit rien, mais il était ravi car cela signifiait qu'elle reporterait du rouge. Il l'aimait bien dans cette couleur, bien plus qu'il ne voulait l'admettre. La sentant toujours un peu perdue dans cette immensité qu'était le palais, il la raccompagna jusqu'à sa chambre, où elle dormirait encore la prochaine nuit. Il vit avec satisfaction que des habits féminins rouges attendaient Katara. Suki vint chercher Zuko, en lui disant que son oncle le cherchait. Il s'assura que Katara saurait retrouver le chemin pour le dîner et s'éclipsa à regrets. La guerrière Kyoshi, qui avait échangé avec une de ses soeurs, resta pour la protection de Katara. Elle l'observait d'un drôle d'air que Katara n'appréciait pas particulièrement.
« Tu as quelque chose à me dire Suki ? », demanda Katara qui s'enquit de ce que ce drôle d'air pouvait signifier.
« Mais pas du tout, voyons, que pourrais-je bien te dire ? », fit-elle innocemment en triturant le bout de son éventail. Katara crut un instant voir Sokka en face d'elle. Il avait déteint sur elle c'était évident. Cette dernière reprit sur un ton un peu plus séreux. « Il ne te plairait pas un peu ? »
« Qui donc ? », feignit Katara qui faisait celle qui ne voyait pas de quoi elle parlait. Alors qu'elle le savait pertinemment.
« Iroh, bien sûr qui d'autre ! », ironisa-t-elle avant de reprendre avec un ton plus sérieux. « Zuko, évidemment »
Katara rougit furieusement. « Mais... mais bien sûr que non, c'est mon ami ! »
« Si tu le dis », répondit Suki, visiblement pas convaincue, qui sortit en laissant Katara seule pour se changer.
Katara finit par arriver au dîner accompagnée de Suki. Tous étaient attablés et elle s'excusa du temps qu'elle avait pris. Évidemment, Iroh ne lui en tint pas rigueur.
« Le bleu est votre couleur, mais le rouge vous va très bien Katara », la complimenta-t-il. Zuko acquiesça à ses dires, ce qui acheva de la faire rougir à nouveau. Elle réfréna un roulement d'yeux, exaspérée par les réactions de son corps. Elle mit cela sur le compte de la fatigue. « Je suis navré pour ce qui est arrivé, j'ai demandé à ce que l'on vous laisse tranquille désormais »
Il faisait allusion au décès du soldat intervenu en fin d'après-midi. Elle hocha légèrement la tête, ne sachant guère quoi répondre. Heureusement, il n'attendait pas de réponse. Kiyi ne paraissait pas dans son assiette. Sa mère, assise à sa droite, posa une main sur son front. Le verdict ne se fit pas attendre.
« Tu es fiévreuse ma chérie », fit-elle. Elle songea à annuler son cours de protocole du matin pour la laisser dormir. Mais Kiyi avait hérité de l'obstination de sa mère.
Kiyi haussa les épaules. « Ne t'en fait pas, ça ira, j'irai me coucher tôt »
Zuko observa Katara qui commençait à déguster son plat, qui à sa grande surprise n'était que peu épicé. Elle leva un regard sur Zuko, qui détourna les yeux et prit une bouchée de sa propre assiette. Il avait demandé à ce que le plat destiné à Katara soit le moins épicé possible. Katara était habituée aux mets salés, mais préférait encore le fade au pimenté, son palet y résistait mieux. Iroh profita du silence pour commencer sa série des anecdotes du jour, passant d'un noble s'étant pris littéralement les pieds dans le tapis à un des jeunes chefs de l'armée qui s'était ridiculisé avec une stratégie assez ridicule. Mais le repas fut interrompu par un messager qui s'excusa platement pour son irruption et remit une lettre à Iroh. Ce dernier se tut en voyant le dessus de la lettre. Le silence revint alors. Katara comprit immédiatement. C'était une lettre d'Aang.
Et voilà pour ce chapitre 6 ! J'espère qu'il vous a plu, j'ai mis un peu de temps à l'écrire mais enfin ! N'hésitez pas à commenter, à me dire ce que vous en pensez surtout, c'est très encourageant et motivant pour la suite. Les choses vont avancer un peu... ;) En espérant vous revoir au prochain chapitre !
