Bonjour tout le monde ! Voici enfin le chapitre 7 ! J'espère qu'il vous plaira, il est un peu lent (mais plus c'est long, plus c'est bon !). N'hésitez pas à laisser une review, ça me fait toujours extrêmement plaisir, et j'essaie d'y répondre au maximum !

J'ai changé le rating de la fiction pour le rating M soit dit en passant, non pas qu'il y ait du M dans ce chapitre, mais il y en aura à l'avenir. J'ai préféré opérer le changement tant que je n'étais pas entrée dedans. Je préviendrais dans le résumé du chapitre précédent lorsque ça arrivera.

Et comme d'habitude, je vous prie de m'excuser des éventuelles fautes qui peuvent parsemer le récit, je suis déjà en cours de correction des premiers chapitres, mais j'avoue que j'ai un peu de mal à me relire immédiatement après avoir terminé un chapitre.

Bonne lecture !


Résumé du chapitre précédent : Après un début de journée plutôt agréable, Katara se retrouve une fois de plus confrontée au sang et aux blessures lorsque l'un des médecins du palais la supplie de faire quelque chose pour l'un de ses patients. Malgré sa volonté de fer et sa puissante maîtrise, ce dernier - un jeune soldat prometteur de la garde de Zuko - décède. En peine pour son échec et pour feu sa grand-mère, Katara craque dans les bras de son ami Zuko et se confie à lui au sujet de ses cauchemars. Plus tard, Suki décide de confronter Katara au sujet de ses sentiments envers Zuko, avec un succès mitigé. Au dîner, Iroh reçoit enfin la lettre tant attendue d'Aang.

*Chapitre 7 - La lettre*

Iroh sut par les regards insistants de son neveu et de Katara qu'il ne pouvait pas remettre la lecture de cette lettre à plus tard. Il décida de la lire en silence, ne souhaitant pas choquer outre mesure sa nièce qui ne comprenait pas vraiment ce qui se passait. Il faisait toujours attention à la préserver des événements terrifiants qui pouvaient s'abattre sur la famille, tout comme il l'avait fait avec Zuko auparavant. Iroh demeura impassible lors de la lecture, ce qui rendit l'attente d'autant plus insupportable pour Zuko. Katara craignait elle aussi ce qui était écrit dans la lettre. Le vieil homme replia finalement la feuille et la donna à Zuko.

« Les nouvelles ne sont pas aussi mauvaises que je le pensais, l'heure est venue de nous unir à nouveau », commenta énigmatiquement Iroh qui attendait que son neveu termine sa lecture. Ce dernier mâchouillait nerveusement sa lèvre inférieure tandis qu'il terminait sa lecture. Ce n'était pas bon.

Mon cher ami,

Je termine aujourd'hui mon périple dans le Royaume de la Terre, où semblent se terrer ceux qui ont voulu attenter à ta vie.

Après une discussion avec différents représentants des Nations, qui ont été vite mis au courant de cette sinistre affaire, j'ai appris d'eux qu'il s'agissait d'un mouvement bien plus organisé et important que la Confrérie de la Nouvelle Ozai. En effet, d'autres événements étranges se sont effectivement produits au Pôle Nord et dans certaines villes du Royaume de la Terre. Ils sont si étendus et si discrets que je peine à savoir qui ils sont vraiment. Il faut dire qu'avec ma flèche sur la tête, on me reconnaît tout de suite !

Je suggère une réunion de crise avec les autres chefs d'État et de tribus au Pôle Sud pour s'organiser afin de découvrir qui ils sont. J'ai déjà envoyé des missives à tout le monde, la réunion se tiendra dans cinq jours au Pôle Sud. Le chef Hakoda a pris toutes les dispositions nécessaires pour nous accueillir.

J'espère que tu te portes mieux, même si je ne doute pas des compétences de Katara dans ce domaine, elle a bien été capable de me ramener d'entre les morts. Transmets-lui mes condoléances pour sa grand-mère et remercie à nouveau ton oncle pour le prêt des oiseaux de feu messagers.

A bientôt mon ami,

Aang

Zuko tendit la lettre à Katara, qui la lut fébrilement, puis frappa sa main droite sur la table. Kiyi sursauta. « Comment pouvez-vous dire que ce ne sont pas là des mauvaises nouvelles ? Nous pensions connaître notre ennemi et il s'avère qu'il s'agit d'un ennemi que nous ne connaissons même pas ! », s'écria Zuko, furieux.

Katara tiqua et lut la lettre, pour finalement faire le même constat. Un ennemi qu'ils ne connaissaient pas ? Un de plus qui voulait tuer son ami ? Quand cela cesserait-il ? Elle se sentait désolée pour Zuko. Il avait tant lutté pour réparer ses erreurs et faire de sa Nation une nation plus grande et bienveillante que celle qu'elle fut pendant un siècle, et ça ne suffisait toujours pas à le sortir des ennuis. Au moins, il n'était pas seul.

« Du calme Zuko. Ce mal touche tout le monde, et je pense qu'avec trois Nations et l'Avatar à nos côtés nous pourrons mettre à mal ce mystérieux ennemi et renforcer l'amitié fragile qui existe entre nous tous. C'est une occasion rêvée, ne crois-tu pas ? », lui demanda Iroh d'une voix calme et étrangement sereine. Il avait depuis longtemps maîtrisé l'art de laisser glisser les tempêtes de son neveu en attendant que celles-ci passent.

« Que je me calme ? J'aurais pu en mourir, auriez-vous continué à dire que tout se passe pour le mieux si j'étais mort ?! », rétorqua Zuko avec véhémence.

Une véhémence qui scandalisa sa mère. Celle-ci éleva la voix à son tour. « Zuko ! »

Katara fut elle aussi choquée du ton que Zuko avait adopté contre son oncle. Kiyi jouait silencieusement avec sa nourriture dans l'assiette, ne sachant pas quoi dire ou quoi faire. Elle avait rarement vu son frère aussi furieux en sa présence. Mais ce n'étaient pas les premiers éclats de voix qu'elle entendait. Il y en avait eu des disputes entre Zuko et son oncle, mais cela faisait quelques mois que cela n'était plus arrivé.

« Laissez, Ursa. Ce n'est rien », fit doucement Iroh en buvant une nouvelle gorgée de son thé du soir.

Zuko sentit sa mère le regarder avec un regard lourd de sous-entendus, lui signifiant qu'il approchait dangereusement des limites du tolérable. Il avait beau être le plus grand des Seigneurs, c'était son fils et devait se conduire comme tel. Zuko sentit alors qu'il était peut-être allé trop loin. Il soupira et baissa d'un ton lorsqu'il reprit la parole.

« Pardonnez-moi mère », s'excusa-t-il en jetant un regard un peu honteux vers sa mère, qui hocha doucement la tête. Puis il se tourna de nouveau vers son oncle. « Je suis désolé mon oncle, mais je ne suis même pas encore guéri de ce qui s'est passé. Comment pouvez-vous être aussi serein lorsque vous connaissez les moyens que possèdent nos ennemis pour tenter de nous détruire ? »

« Je suis serein car nous avons avec nous les meilleurs éléments qui soient pour faire face à cela », lui répondit Iroh qui gratifia d'un sourire charmeur son invitée. Katara se sentit rougir à nouveau, à la fois fière et atrocement gênée. Un compliment d'Iroh était toutefois toujours agréable à recevoir.

« C'est vrai », acquiesça Zuko en se tournant à son tour vers Katara. Il lui jeta un regard chargé d'affection. Un regard qui n'échappa à personne, sauf peut-être au principal intéressé.

Le repas reprit mais les plats étaient froids. Ne souhaitant pas déranger outre mesure les cuisiniers, Zuko réchauffa son propre plat avec sa maîtrise, tout comme Kiyi et Iroh. Zuko s'occupa ensuite des assiettes de sa mère et de Katara. Cette dernière adressa un sourire à Zuko, qui ne le lui rendit que très faiblement. Son tic de mâchoire, qu'il avait lorsqu'il était profondément énervé, était revenu.

« Quant à cette rencontre, je ne sais pas s'il est judicieux que tu t'y rendes mon neveu », dit Iroh qui finissait son thé. Quitte à aborder les sujets qui fâchaient, autant que tous soient abordés en une seule fois.

« J'irai mon oncle. Comme vous l'avez si justement fait remarquer, nous serons entourés des meilleurs éléments qui soient », lui répondit Zuko qui avait toujours un ton agacé mais bien plus calme qu'avant.

Il savait que Katara se joindrait au voyage, ce serait l'occasion pour elle de rendre visite à sa famille pour partager enfin leur deuil de manière officielle. Celle-ci était à la fois réjouie et effrayée à l'idée de rentrer affronter toute la famille sur la raison qui l'avait empêchée d'être là pour l'enterrement de sa grand-mère Kanna. Son père l'aurait rabrouée de ne pas s'être vêtue de blanc comme le voulait la coutume lors du deuil d'une semaine que partageait la famille du défunt. Et elle doutait sérieusement qu'il y ait des vêtements blancs cachés dans ce palais empli de noir, d'or et de rouge. En revanche, ce dont elle ne se doutait pas, c'était que sa tribu était dans une colère noire de la savoir auprès du Seigneur du Feu alors que la doyenne de la tribu, sa grand-mère, était décédée.

Tant pis, mieux valait envoyer au feu les traditions que perdre un ami cher. Et par Tui, combien de fois avait-elle cru le perdre en l'espace de trois jours ! Kanna le lui pardonnerait aisément. La maîtresse de l'eau se trouva par ailleurs touchée des condoléances présentées par Aang. Il y avait pensé. Elle se demandait parfois s'il l'aimait toujours, sans en avoir la réponse. Quelle importance cela avait ? Elle ne l'aimait plus, elle en était sûre. Et songeant à la nature de ses propres sentiments envers Zuko cette fois, les insinuations de Suki - qui l'observait depuis le début du dîner - lui trottaient dans la tête.

Le repas se termina dans le calme. Zuko voulut aller préparer ses lettres de condoléance mais Iroh le pria d'attendre un jour de plus. Il savait que son neveu était agacé pour de multiples raisons et qu'il n'était pas nécessaire d'attiser davantage le feu rageur qui le dévorait de l'intérieur. Zuko soupira et hocha la tête, résigné. Il finit par se lever de table. La nuit était tombée à présent. Kiyi bâilla, mettant sa petite main devant sa bouche comme une demoiselle bien élevée, et Ursa décida qu'il était temps qu'elle aille se coucher. Zuko embrassa sa petite soeur sur le front pour lui souhaiter une bonne nuit.

Il souhaita également la bonne nuit à son oncle, puis à sa mère, car même si celle-ci veillait tard, elle ne ressortait que rarement de ses quartiers - notamment lorsque Ikem revenait de ses tournées ou de ses spectacles de la journée pour s'occuper de sa femme et de sa fille. Ces moments-là, Ursa les passait avec Ikem. Ce dernier avait en effet souhaité ne pas être associé à la famille royale, alors même s'il occupait le palais avec sa femme et sa fille, il voulait que tout se fasse comme s'il n'y avait pas de palais. C'est d'ailleurs pour cette raison que le plus souvent, Ursa choisissait d'aller sur l'Île de Braise avec Kiyi et Ikem pour passer un peu de temps en famille. Zuko ne les y rejoignait que très peu, étant toujours très pris par ses fonctions de Seigneur du Feu. Et il souhaitait que Kiyi profite de ses deux parents à part entière, lui qui n'en avait pas eu le droit.

Zuko et Katara se dirigèrent vers leur chambre. Katara sentait le rouge lui monter aux joues. Leur chambre. Cela sonnait très bizarre. Ils n'échangèrent que peu de mots, l'une étant en proie à la tristesse quand l'autre ruminait encore les mauvaises nouvelles rapportées par son oncle. Il avait cinq jours pour reprendre son rôle de Seigneur du feu, au moins partiellement. D'ici là, il aurait tout le temps de laisser passer sa colère.

« Je vais regarder ton épaule », dit Katara, interrompant le flot de pensée bouillonnant qui assaillait le jeune homme. Son épaule. C'était devenu une sorte de routine entre les deux amis, savoir comment se portait cette satanée épaule.

Zuko s'assit docilement, et tenta de retirer lui-même sa tunique. Katara n'intervint pas, sachant pertinemment que si Zuko avait décidé qu'il le ferait tout seul, il le ferait tout seul. Mais les muscles de son épaule n'étaient pas encore assez forts pour soutenir le poids de sa cuirasse et Katara dut l'aider. Elle replaça elle-même la pièce de métal sur son portant. Zuko tira de sa main droite l'étoffe qui maintenait ses cheveux en place, et ces derniers dégringolèrent sur ses épaules. Il chassa les ondulations dues à son chignon en frottant vigoureusement ses cheveux. Katara - qui n'avait pas manqué une miette du spectacle - croisa son regard et détourna les yeux. Zuko défit sa tunique et révéla le bandage, qui ne portait plus de traces de rouge cette fois. La maîtresse de l'eau revint vers lui, ayant retrouvé son domaine d'expertise.

Elle défit le bandage, plus lentement que d'habitude. Les doigts de Katara exécutaient leur habituelle ritournelle, frôlant sa peau nue avec légèreté et douceur. Il l'observait, regardant tour à tour ses doigts, ses yeux concentrés, ses cheveux tressés qui s'étaient invités devant son visage et qu'elle repoussait entre deux mouvements. Puis il secoua la tête. A quoi songeait-il donc ?

« Je t'ai fait mal ? », lui demanda-t-elle, cessant tout mouvement, plongeant ses yeux bleus dans les siens.

Il fronça les sourcils, se demandant pourquoi elle disait cela. Il songea qu'elle avait dû prendre son signe de tête comme un signe de douleur. « Non, non, du tout. C'est juste... J'étais dans mes pensées c'est tout »

« Ah », répondit-elle, peu convaincue.

Elle observa à nouveau sa blessure, utilisant son cataplasme d'eau pour vérifier la reconstruction des tissus internes. Zuko sentit que sa peau lui tirait légèrement. Elle répéta les mêmes exercices que précédemment, pour voir jusqu'où il pouvait tendre et lever son bras. Il faisait des progrès et levait un peu plus haut le bras que précédemment. La guérison se passait bien. Katara posa une main sur son front. Zuko ferma les yeux au contact frais de ses doigts.

« Mmh... Tu as un peu de fièvre encore », dit-elle avec inquiétude. Elle prit son poignet et ferma les yeux pour compter les battements. Zuko l'observait, ne comprenant pas exactement ce qu'elle faisait. Puis elle ouvrit les yeux. « Bon, ça devrait aller. Ton pouls est stable »

Elle leva les yeux sur lui, le voyant mi-fasciné, mi-étonné. Ce n'était pas dans ses habitudes d'être celui dont on prenait soin. Il finit par sortir de sa rêverie. « Je devrais aller me reposer »

Katara hocha la tête, et ils se couchèrent, chacun de leur côté. Katara tira le rideau et ôta son kimono rouge et sa tunique blanche, révélant ses sous-vêtements. Scrutant ses bandages recouvrant son bas ventre, elle ne jugea pas nécessaire de les changer tout de suite. Puis elle s'allongea dans le lit aux draps rouges et ferma les yeux.

_.~0~._

Zuko dormait d'un sommeil léger quand il entendit des bruits de pas. Des pas hésitants. Il ouvrit un oeil, puis deux. La nuit était noire comme de l'encre. Qui était là ? Était-ce Katara ? Il se tourna légèrement pour faire face à la fenêtre, d'où il avait entendu les bruit de pas. Une silhouette féminine se tenait là, assise au bord de la fenêtre, observant le ciel, qui s'était chargé de nuages d'orage. L'atmosphère était lourde. Zuko se demanda si elle n'avait pas eu un autre cauchemar, qui l'aurait réveillée pour l'empêcher de se rendormir. Mais il hésitait à lui faire savoir qu'il était éveillé. La connaissant, il savait qu'elle se sentirait coupable de ne pas l'avoir laissé se reposer. Il essaya alors de se rendormir.

Mais c'était peine perdue, d'autant que sa fièvre et sa douleur à l'épaule se faisaient plus intenses. Son bras tétanisa et des crampes douloureuses s'emparèrent de son côté gauche. Il ne se sentait vraiment pas dans son assiette et, encore endormi, ne se rendait pas compte de son incapacité à bouger le bras. Le sommeil l'avait empêché de prendre conscience de cet état de fait. Katara entendit du mouvement et faillit en dégringoler de la fenêtre sous le coup de la surprise. Zuko s'était réveillé. Elle inspira un grand coup, encore sonnée de sa petite frayeur, puis entreprit de voir ce qui se passait.

« Zuko ? », demanda-t-elle, voyant qu'il s'était assis sans bouger.

Il essayait d'arrêter la spirale infernale qui s'était emparée de sa tête. Elle remarqua son épaule et surtout son bras gauche tendu à l'extrême, raide, et sembla comprendre qu'il avait des crampes musculaires. Cela ne l'étonnait pas, elle s'y attendait d'un moment à l'autre. C'était signe que ses muscles se remettaient doucement en état de marche. Il sentit le lit se creuser à sa gauche, et finit par ouvrir les yeux sur une Katara décoiffée, vêtue de ses bandages, qui attendait patiemment qu'il prenne conscience de sa présence. Cette vision à la fois étrange et... intéressante se dissipa brusquement lorsqu'il tenta de bouger son bras gauche. Il ne put retenir un cri de douleur. Sous le coup de la surprise, une flamme jaillit de sa bouche et alla enflammer le tapis au sol. Katara, loin de se démonter, fit jaillir l'eau des jarres remplies - dont elle s'était servi pour rafraîchir la pièce la nuit d'avant - et éteignit aussitôt le feu. Suki fit irruption dans la chambre à ce moment précis.

« Tout va bien ? », demanda-t-elle, armée d'une bougie avec laquelle elle alluma les torches situées sur les côtés de la porte, et de son éventail de combat.

« Crampes musculaires, ça va aller », lui répondit calmement Katara qui reporta son attention sur le bras de Zuko.

Suki, qui rangeait son éventail, refréna un sourire. Un Zuko torse-nu accompagné d'une Katara en sous-vêtements, voilà qui était intéressant ! Elle adressa un regard satisfait à Katara, qui fit mine de ne pas comprendre. Même si en vérité, elle avait très bien compris ce qu'en pensait Suki.

« D'accord. Appelez-moi si vous avez besoin de moi », lui répondit Suki de son ton sérieux habituel qu'elle prenait en présence de Zuko.

Katara hocha la tête, et Suki alla se poster devant la porte de la chambre, qu'elle referma avec un léger sourire sur les lèvres. Sa belle-soeur finira bien par s'apercevoir de ses sentiments un jour. Et elle savait pertinemment que cela n'allait pas plaire à Sokka, sans compter leur famille au Pôle Sud. Elle songea à sa fille Hua, qu'il lui tardait de revoir. D'autant qu'avec ce voyage impromptu au Pôle Sud, cela allait arriver sous peu. Suki avait envoyé un message plus tôt dans la journée à Sokka pour le soutenir et pour lui dire de ne pas en vouloir à Katara de ne pas être rentrée, Zuko était effectivement toujours dans un sale état même si celui-ci s'arrangeait. Pour avoir vécu au palais en la présence de ce dernier pendant un certain temps au début de son règne, elle savait reconnaître lorsqu'il était vraiment au plus mal. Et même s'il affichait meilleure mine qu'il y a trois jours, il avait toujours les traits tirés, fatigué de tous les efforts que faisait son corps pour le guérir.

Katara se positionna face à lui pour pouvoir lui masser le bras et l'épaule. Elle était un peu gênée de faire ça, mais la crampe semblait durer un temps déjà bien trop important au goût de Zuko. Il serra les dents au début de son massage tandis qu'elle s'attelait à arrêter ses crampes. Katara sentit qu'il n'arrivait pas à se détendre, ce qui rendait le procédé bien plus douloureux. Elle s'arrêta et lui donna de l'eau à boire.

« Bois », lui dit Katara. Zuko se sentait à nouveau comme un enfant et grommela avant d'avaler le contenu de son verre. L'eau était fraîche, cela faisait du bien. Puis Katara le poussa gentiment avec les mains. « Allonge-toi et essaie de te détendre, ce sera beaucoup plus supportable »

Il fit ce qu'elle dit, une sensation de chaleur l'étreignant en son ventre. Une femme à demi-vêtue qui lui demandait de s'allonger en pleine nuit sur son propre lit pour qu'elle puisse le masser était assez plaisant. Mais le fait est qu'il s'agissait de Katara, et cela rendait la chose plus embarrassante qu'autre chose. Katara fit le tour du lit pour se mettre à sa gauche. Elle chauffa ses mains entre elles et reprit son massage là où elle l'avait laissé. Zuko sentait toujours la douleur, mais réussissait à se détendre petit à petit. Et en même temps qu'il se détendait, ses muscles se relâchaient sous les gestes précis de Katara. Elle insista particulièrement sur son épaule, prenant soin de ne pas trop passer sur son bandage.

Zuko la regardait sagement faire, détaillant son visage légèrement crispé. Katara attrapa plusieurs fois sa main pour tourner son bras afin de ne pas oublier un seul muscle sur son chemin. La sensation de ses doigts sur les siens était agréable. La maîtresse de l'eau faisait son possible pour ne pas se laisser distraire par la musculature et le regard insistant du jeune homme. « Masser, masser, masser », pensait-elle.

« Tu as fait un autre cauchemar ? », lui demanda-t-il sans la quitter des yeux, pour rompre ce silence gênant qui s'était installé.

Katara ralentit un peu ses gestes. « Non, je n'arrivais pas à dormir », dit-elle en descendant ses mains sur ses pectoraux gauches, qui eux aussi avaient lourdement souffert lors de la reconstruction de son épaule. « J'en ai profité pour prier la Lune pour ma grand-mère »

« Ta famille doit m'en vouloir de te retenir ici », fit-il avec une pointe de tristesse.

« Je suis presque sûre qu'ils m'en veulent bien plus qu'à toi. Mais je préfère sauver un ami plutôt que d'honorer un mort, même s'il s'agit de ma grand-mère. Elle aurait dit la même chose à ce sujet, et m'en aurait voulu de te laisser à tes souffrances pour aller honorer sa mémoire », expliqua Katara tout en poursuivant son oeuvre.

Zuko avait peu de souvenirs de la grand-mère de Katara, qu'il avait connue lors de circonstances peu glorieuses, mettant à sac leur tribu pour trouver l'Avatar. Il s'en était voulu énormément par la suite, c'était un des regrets composant sa longue liste de méfaits.

« Je m'en veux toujours pour ce que j'ai pu faire à ton peuple il y a sept ans de cela. J'ai été... », commenca Zuko avec regret.

Katara lui posa un doigt sur la bouche. « Chut... Tais-toi. Le passé est mieux là où il est, il n'a rien de nouveau à nous apprendre », lui chuchota-t-elle. « Et juste au cas où, cela fait bien longtemps que tu es pardonné »

Zuko jeta un regard au doigt que Katara avait posé sur ses lèvres, puis releva les yeux vers elle. Celle-ci se redressa et s'assit au bord du lit, gênée, des papillons s'agitant péniblement dans son ventre. Ce n'était pas bien, songeait-elle. Puis avec le recul se demandait ce qui n'était pas bien. Leurs éléments opposés ? Le fait qu'ils appartiennent à deux mondes bien séparés, qui ne se rejoignaient que lorsqu'il y avait du sang et de la douleur ? Elle ne savait pas, mais sentait que ce n'était pas une bonne chose. Se disant qu'elle aurait tout le loisir de méditer à ce sujet au fond de son lit, elle prit congé de Zuko. Ce dernier était presque déçu de la voir repartir. Ne pouvait-elle rester ? Même si cette question lui brûlait les lèvres, il eut le bon sens de ne pas la poser.

« Tu devrais pouvoir dormir mieux à présent Zuko », lui dit-elle.

« Merci Katara », lui répondit-il. Il la regarda s'éloigner, éteindre les torches, et disparaître derrière son rideau. C'est à ce moment précis qu'un éclair illumina la pièce et que le tonnerre se mit à gronder.

Katara souffla bruyamment, exaspérée. Ne pourrait-elle donc jamais dormir ? Elle fourra sa tête sous l'oreiller et tâcha de s'endormir comme tel. Zuko lui aussi était exaspéré. Mais pas seulement à cause de l'orage, dont les éclairs lui rappelaient son état, mais aussi à cause de ses propres désirs qui se mettaient à lui diffuser l'image de Katara sans arrêt dans sa tête. Katara si proche, si habile de ses mains, Katara si belle même décoiffée, Katara...

« Argh ! », grogna-t-il avant de se retourner, irrité de se laisser dominer si facilement par ses désirs masculins.

Heureusement le son de sa voix fut couvert par un nouveau coup de tonnerre. Il ne voulait pas déranger Katara de nouveau, d'autant que le massage de celle-ci avait fait merveilles. Il ne sentait plus rien du tout. Il finit par se chanter intérieurement la berceuse de Katara, essayant de retrouver les paroles. Et dans sa quête, il finit par trouver le sommeil.

Katara resta éveillée pendant un petit temps dans son lit, la tête dissimulée sous l'oreiller. Elle se demandait vaguement si Zuko pourrait dormir avec tout ce vacarme. Zuko... A bien y penser, il lui était difficile d'admettre qu'il ne l'attirait pas. Il était grand, fort, avec une volonté de fer, et il la comprenait de tant de façons différentes. Il était toujours prévenant avec elle, réchauffant son plat lorsque celui-ci refroidissait, lui apportant d'autres vêtements, la soutenant lors des moments compliqués. Toutes ces petites choses qui, mises les unes à côté des autres, témoignaient d'une affection particulière. Une affection à la fois si semblable à celle qu'Aang a pu éprouver à son égard, et en même temps si différente. Les choses étaient plus sombres et intenses avec Zuko, loin de la légèreté et de l'amusement qui avaient toujours une grande place dans la vie de l'Avatar. Katara sentait toujours comme une étrange tension entre elle et Zuko depuis le réveil de celui-ci, une tension dont elle ignorait l'existence jusqu'à présent. C'est en méditant sur cette mystérieuse tension et ces papillons qui voletaient dans son ventre qu'elle finit par s'endormir pour de bon.

_.~0~._

Katara se réveilla en sursaut, entendant des gémissements affreusement familiers. « Encore ? », pensa-t-elle en massant doucement l'arête du nez. Puis elle fronça les sourcils. Cela ne ressemblait pas à des gémissements de douleur. Elle se redressa, ses yeux aveuglés par la lumière qui perçait à travers le rideau qui la séparait de Zuko. L'orage avait cessé, pour le moment du moins. Frottant ses yeux, elle attrapa sa tenue blanche et l'enfila prestement. Quelle heure était-il ? Tard, sans doute. Katara ouvrit le rideau et ses yeux s'arrondirent tout à coup voyant la scène qui se présentait à elle. Zuko, torse nu, qui se redressait puis s'allongeait de façon répétée, à la force de ses abdominaux sur le sol de la chambre. Il grognait doucement à chaque montée, comme si cela pouvait aider son impulsion. Il s'arrêta en entendant le rideau se tirer.

« Mais... Qu'est-ce que tu fais ?! », s'exclama Katara, scandalisée. Il allait endommager son épaule s'il continuait, ruinant tous ses efforts ! « Qui t'as dit que tu pouvais recommencer les exercices physiques ? »

« Je ne tire pas sur mes bras, regarde », fit-il en s'exécutant à nouveau. Il était toujours dans la même tenue dans laquelle elle l'avait laissé la veille : torse-nu. En apparence il ne bougeait pas vraiment les bras, les maintenant croisés sur son torse. Mais Katara était loin d'être dupe. Ce n'était pas le premier patient à désobéir à ses consignes. Et il allait en payer le prix.

Katara leva les yeux au ciel et se plaça derrière lui au moment où il se redressait. Il s'assit, faute de pouvoir redescendre et poursuivre son exercice. Katara pressa du bout des doigts son omoplate gauche. Il eut un mouvement d'évitement sous le coup de la douleur.

« Tu sollicites trop ton dos quand tu te redresses, ton épaule et ton dos sont liés. Tu viens tout juste de rallonger ta guérison, tu vas avoir des courbatures terribles demain », lui dit-elle d'un ton las. « Montre-moi ton épaule »

Il grommela mais obéit, défaisant pour la première fois son bandage lui-même sous le coup de l'impatience. Il n'en pouvait plus de ne rien pouvoir faire avec son propre corps. Lui qui s'entraînait habituellement une à deux heures minimum par jour voyait sa routine journalière totalement chamboulée. Il marmonna quelque chose que Katara ne comprit pas.

« Arrête de grommeler, c'est de ta faute si tu as mal », dit-elle en observant la guérison de son épaule. Elle soupira. « Je veux bien utiliser à nouveau mon eau pour te guérir, mais la prochaine fois que tu ne m'écoutes pas, tu feras face à ta douleur tout seul »

« Je peux très bien y faire face maintenant ! », lui rétorqua-t-il, plus durement qu'il ne l'aurait voulu.

Katara s'arrêta subitement dans son mouvement et jeta un oeil à Zuko. Il avait de nouveau cet air colérique qu'elle lui connaissait si bien. Elle choisit de ne pas livrer cette bataille contre lui et lui offrit au contraire une occasion de se calmer. Après quoi, elle le questionnerait sur la raison de sa mauvaise humeur.

« Bien », répondit sèchement Katara en se redressant.

Zuko voulut se rattraper. « Katara, attend... »

Ignorant son appel, elle se dirigea vers la salle d'eau, et s'y enferma. Zuko resta bras ballants, assis à même le sol. Il se sentit atrocement stupide. Elle n'avait même pas pris la peine de refaire son pansement. Il attendrait. En attendant, il avait bel et bien mal et commençait presque à regretter d'avoir refusé son aide. Mais il regrettait encore plus de l'avoir refusée avec tant de violence dans ses propos.

Lorsqu'elle sortit, vêtue de blanc, les cheveux encore mouillés, elle le vit s'approcher d'elle. Il paraissait calme, apaisé, mais à bien y regarder, il semblait nerveux. Il se mordillait très légèrement la lèvre, si légèrement que seul un oeil averti aurait pu s'en apercevoir. Lasse d'attendre dans ce silence pesant, Katara leva un sourcil et croisa les bras sur sa poitrine.

« Et bien ? », finit-elle par dire, agacée. Elle attendait des excuses.

« Je suis désolé, tu as raison. J'ai eu tort », lui dit-il, d'un ton déterminé, comme s'il voulait se convaincre qu'il était stupide. Il l'était.

Katara eut un sourire teinté d'ironie. « Est-ce que je rêve ou est-ce que le grand Seigneur du Feu vient de reconnaître qu'il a eu tort ? »

« Ça va, ça va, pas la peine d'en rajouter », grommela-t-il, croisant à son tour les bras. « Tu me pardonnes ? »

Katara s'approcha doucement de lui, si doucement et avec un regard soudainement si doux que cela cachait quelque chose. Ses yeux bleus détaillaient son visage, comme si elle allait l'embrasser. Zuko se figea sur place. Qu'était-elle en train de faire ? Pourquoi s'approchait-elle si près ? Pourquoi... D'étranges pensées lui vinrent en tête, tourbillonnant comme si un ouragan avait pris place dans son esprit. Puis il sentit brusquement de l'eau glacée sur son visage. Katara se mit à rire, fière de sa petite blague. Elle avait utilisé l'eau laissée dans les pots de fleurs pour l'asperger allègrement. Zuko était trempé de tout son long. Il jeta un regard outré à Katara. Il ne s'attendait visiblement pas à cela. Ses cheveux noirs gouttaient dans son dos et sur son torse.

« Maintenant oui, je consens à te pardonner », lui dit-elle d'un air satisfait avant de se tourner vers son kimono bleu qu'elle avait laissé sur le siège. Zuko ne l'entendit pas de cette oreille et, plus rapide qu'elle, il lui subtilisa son kimono. Son épaule avait beau lui faire mal, il saisissait déjà son opportunité de vengeance.

« Maintenant, à mon tour de rire », lui dit-il en l'empêchant de l'attraper. Elle usa de ses jets d'eau pour le déstabiliser, mais malgré son épaule, il était toujours solide comme un roc. « Tu peux m'arroser tant que tu veux, je suis déjà trempé de toute façon ! »

« Rends-le moi ! », lança-t-elle en essayant vainement de l'attraper.

Il était bien plus grand qu'elle, et bénéficiait d'un entraînement à la pointe concernant la lutte et le combat. De fait, il arrivait à esquiver aisément les quelques coups qu'elle essayait de lui porter au torse, évitant soigneusement son épaule. Zuko n'aurait pas su dire si elle était réellement agacée ou amusée, même s'il penchait davantage pour la première option. Katara finit par utiliser la botte secrète qu'elle utilisait contre son frère lorsqu'il faisait ses idioties habituelles. Elle glaça le sol juste derrière lui, et tenta à nouveau d'attraper son kimono. Zuko recula d'un pas pour l'en empêcher, ce qui fut amplement suffisant. Il glissa ainsi que l'avait prévu Katara mais, voulant se rattraper pour ne pas tomber, il attrapa le bras de Katara et l'entraîna dans sa chute.

Katara s'étala de tout son long sur lui. Zuko grimaça de douleur, mais son visage se figea aussitôt en voyant celui de Katara à quelques centimètres du sien. Elle haletait très légèrement, surprise par sa chute. Ses cheveux mouillés chatouillaient la mâchoire de Zuko, alors ce dernier les écarta légèrement. Katara ne se souvenait pas de la dernière fois qu'un homme - autre que son père ou son frère - lui avait touché les cheveux de cette façon. Elle se doutait que le dernier devait être probablement Aang, mais l'absence de souvenir lui démontrait que ce ne devait pas être si intense. Ce dernier s'aperçut qu'il avait les mains posées sur ses hanches, sans doute avait-il essayé de la retenir pour ne pas qu'elle l'écrase. Il ne savait plus. Katara finit bien vite par se redresser, à nouveau à califourchon sur son ami. Décidément, c'était une habitude. Une habitude qui plaisait à Zuko, bien plus qu'il ne l'aurait voulu.

« Hum », toussota-t-elle pour se redonner un peu de contenance. « Trêve ? »

Il fit rouler ses yeux légèrement, de droite à gauche, imitant un semblant d'hésitation. Puis il finit par parler. « Bonne idée »

Puis il essaya de se redresser, et Katara bougea immédiatement pour se relever. Elle en profita pour ramasser son kimono bleu, que Zuko avait lâché. Ce dernier avait presque oublié le kimono et se préoccupait de se relever. Il tressaillit de douleur lorsqu'il s'appuya un peu trop fort sur son bras gauche, ce qui alerta Katara. Elle l'aida à s'asseoir à même le sol trempé. Elle sécha à la fois Zuko et le sol d'un tour de main, replaçant l'eau en jaillissant dans une des quatre jarres situées au quatre coins du lit, puis s'enquit de sa blessure.

« Ne bouge pas », dit-elle avant d'avancer ses mains vers son épaule. Il obéit sans discuter et la laissa faire. « Ça te fait mal si j'appuie ici ? »

Elle appuyait sur son muscle pectoral gauche. « Un peu, mais ça va », dit-il. Puis elle passa au muscle suivant, et au suivant, avec à chaque fois la même réponse. Puis elle titilla la plaie en elle-même et là il ne put retenir un grognement.

« C'est ta plaie que tu as fragilisée, tu as de la chance. Ça aurait pu être ton épaule elle-même », lui dit-elle. Que sa plaie lui fasse mal n'était pas très gênant, car les plaies étaient facilement réparables. En revanche s'il avait altéré ses muscles ainsi que la reconstruction de ses tissus, ça aurait été une toute autre histoire. « Ne recommence plus »

Il hocha simplement la tête, vexé d'avoir agi aussi bêtement. D'autant que ses agissements fatiguaient Katara plus que de raison. Mais il s'ennuyait tellement. C'était peut-être pour cela qu'il retrouvait des attitudes enfantines. Et aussi à cause de l'arrivée de Kiyi dans sa vie, qui lui avait fait découvrir le monde fascinant et bouleversant des blagues - les bonnes comme les mauvaises. Katara lui proposa de s'asseoir sur le lit pour qu'elle refasse son bandage, qui comportait de moins en moins de bandes. Il put ensuite se vêtir correctement. C'était la première fois depuis quatre jours que Katara le voyait s'habiller seul. Sa guérison était spectaculaire aux yeux de Katara, même si elle savait que des semaines lui seraient nécessaire pour retrouver son niveau à la fois en tant qu'épéiste mais aussi en tant que maître du feu. Jugeant l'état de son épaule acceptable, elle lui proposa de s'entraîner un peu avec Kiyi.

« En fait... C'est l'heure du déjeuner », lui dit-il en passant sa main dans sa nuque, comme gêné.

En réalité lui s'était levé aux aurores comme toujours, fatigué par la nuit épouvantable qu'il avait passée. L'orage avait semblé durer des heures. Lorsqu'il s'était levé, tout était trempé dehors, ses rideaux également. Il s'était habillé, tout seul pour une fois, et avait entreprit de prendre le petit déjeuner avec son oncle, comme chaque matin. Ils s'étaient ensuite retiré dans le bureau de Zuko - celui d'Iroh pour l'heure - pour discuter des nobles qu'Iroh avait pu entendre. Certains semblaient suspects et Iroh avait décidé de les faire suivre, au cas où. Mais aucun ne semblait directement rattaché à ce mystérieux réseau.

Zuko en avait profité pour écrire les lettres de condoléance qu'il s'était juré d'écrire de sa main pour les expédier aux familles concernées. Il y avait eu vingt blessés, dont cinq morts, parmi lesquels le malheureux soldat que Katara n'avait pas pu sauver. Ecrire ces lettres lui fut pénible, il s'imaginait sans cesse les familles recevant ces courriers maudits que personne ne souhaitait jamais voir. Mais c'était ce qu'il fallait faire.

Iroh lui avait fait part de lettres d'une toute autre teneur par la suite, celles qui concernaient les potentielles prétendantes au trône. Ursa et Iroh essayaient désespérément de lui faire rencontrer une jeune fille de bonne famille susceptible de lui plaire. Mais toutes ces jeunes filles avaient un problème : elles étaient toutes nobles, lui rappelant son ex-fiancée Mai et, de fait, sa rupture avec elle. Pourtant, il savait que tôt ou tard il devrait offrir un héritier à la couronne.

Les lettres de condoléances ainsi que le douloureux rappel de son échec avec Mai l'avait mis de sale humeur, raison pour laquelle il avait désobéi à Katara en essayant de focaliser son énergie sur autre chose. Les abdominaux lui avaient paru être les parties les moins éprouvantes à travailler pour les épaules. Comme il avait tort, mais il ne s'en rendait guère compte sur l'instant. Et il avait décidé de rester dans sa chambre pour les faire, n'aimant pas l'idée de laisser Katara seule. En réalité, Suki n'était jamais très loin, mais c'était l'excuse qu'il se trouvait pour rester en sa présence.

Katara parut sous le choc. Le déjeuner ? Elle avait dormi si longtemps ? Et... Zuko était resté là tout ce temps ?

« J'ai... Je ne pensais pas avoir dormi autant... », murmura-t-elle.

Suki frappa deux fois à la porte, signe qu'il était l'heure de manger. Un vieux signal qu'elle utilisait du temps où elle habitait là avec ses sœurs d'arme pour la protection du Seigneur du feu et de sa famille. Zuko s'étonna de ne pas voir Kiyi, c'était habituellement elle qui venait la chercher pour les repas. Mais il haussa les épaules, sans doute était-elle retenue par leur mère. Puis il se leva, offrant une main à Katara pour l'aider à se lever, puis ils sortirent de la chambre. Il se rendit compte qu'il n'avait pas remis son chignon en place. Et il était toujours incapable de le faire seul. Sa mère n'allait pas manquer de s'en apercevoir. Il leva les yeux au ciel. Fichu protocole. Katara n'avait même pas eu le temps de faire sa natte, si bien qu'elle la fit en vitesse sur le chemin qui menait à la salle à manger.

« Te voilà, ma chère Katara. Tu nous as manqué au petit déjeuner », lui dit gentiment Iroh qui s'était installé et sirotait une tasse de thé. Katara aurait juré qu'il ne buvait que cela, peu importait l'heure de la journée.

« Je crois que j'avais du sommeil à rattraper à cause d'un certain Zuko », lui répondit-elle sur le ton de l'humour, fichant un léger coup de coude dans les côtes de Zuko.

« Zuko, comment es-tu coiffé aujourd'hui ?! Regarde-toi donc ! Laisse-moi rectifier ça ! », s'exclama Ursa qui, scandalisée, se leva et s'approcha de Zuko. Il eut à peine le temps de reculer que son chignon était défait par sa mère.

« Maman ! Je ne suis plus un enfant ! », s'écria-t-il en essayant de l'éviter. Mais on n'évitait pas l'inévitable. Il finit par s'asseoir à table et la laisser faire, non sans arborer une mine empreinte d'une exaspération assez prodigieuse à voir. Katara retint un rire.

« Voilà, c'est mieux. Par le soleil, qu'est-ce que ce sera plus tard pour la pauvre jeune fille avec laquelle tu te marieras », soupira-t-elle en retournant s'asseoir à sa place. *

Zuko retrouvait son chignon sérieux habituel. Il souffla bruyamment, n'ayant pas spécialement envie d'entendre quoi que ce soit à propos de mariage. Son oncle l'avait déjà suffisamment fait ce matin. Il observa Katara, qui en apparence semblait neutre, mais qui intérieurement avait une furieuse envie d'éclater de rire. Elle lui jeta un regard inquisiteur, cherchant à savoir à quoi il pensait en la regardant ainsi, mais il détourna les yeux et reporta son attention sur son assiette.

« Où est Kiyi ? », demanda Zuko, essayant de déporter la conversation sur un autre sujet que lui.

« Ta soeur se repose », dit Ursa qui s'installait à son tour à table. « Elle était un peu fiévreuse encore ce matin. Mais elle devrait paraître dans l'après-midi »

« Oh », répondit simplement Zuko en s'asseyant en bout de table pour présider le repas comme à son habitude.

Katara se plaça en face d'Ursa et d'Iroh puis, le premier plat servi, tous se mirent à manger avec appétit. Katara trouva les plats moins épicés qu'auparavant. Elle se disait qu'elle commençait à prendre l'habitude de ces plats si relevés. Elle craignait que tout ne lui semble bien fade lorsqu'elle rentrerait chez elle au Pôle Sud.

« Je pensais envoyer Kiyi avec toi au Pôle Sud », poursuivit Ursa entre deux bouchées.

Zuko faillit s'étouffer avec son eau. « Ce ne serait pas très prudent mère, de plus que les sujets qui seront abordés ne sont guère réjouissants », la contredit-il, pensif. Il sentait que ce qu'il disait ne faisait pas grand sens avec son expérience terrible de la vie.

« Je n'ai pas dit qu'elle devrait assister à votre réunion. Mais elle pourrait connaître enfin autre chose que la Nation du feu, elle n'a jamais quitté notre pays depuis que nous y sommes revenus », lui dit Ursa.

Zuko hocha la tête. Kiyi s'était souvent plainte de ne pas voyager autant qu'elle le voulait. Mais il s'agissait depuis quatre ans d'une princesse officielle de la Nation du Feu, elle devait par conséquent apprendre le protocole et les responsabilités qu'elle pourrait avoir à supporter un jour. Zuko l'avait déploré au début, mais Kiyi avait été ravie de devoir apprendre tout cela. Et elle n'avait pas le choix. Ursa avait repris son rang, et par conséquent Kiyi faisait partie de la famille royale. Une famille acclamée, mais aussi menacée, qui devait rester unie en toutes circonstances. Mais l'envie de voyager qui animait Kiyi n'avait jamais disparue. Elle enviait son père de pouvoir parcourir le monde à sa guise.

« Me voilà ! », lança une petite voix. Kiyi.

« Que fais-tu en dehors de ton lit ?! », s'exclama Ursa, qui se plaignit intérieurement de n'avoir aucune espèce d'autorité sur ses enfants.

« Maman, je vais bien, je te le promets ! Et je meurs de faim ! », dit Kiyi en s'asseyant à côté de Katara. L'une des servantes apporta un plat supplémentaire pour rassasier la jeune princesse.

« C'est une bonne chose, ma petite », lui dit gentiment Iroh. « T'entraîneras-tu avec moi cet après-midi ? »

« Oh, mon oncle vous êtes libre ? Bien sûr que je vais le faire ! », s'exclama-t-elle, ravie de pouvoir s'entraîner avec son oncle. Elle le préférait à Zuko, qui était beaucoup plus dur et impatient. Ursa soupira, espérant qu'elle ne refasse pas une fièvre cette nuit.

L'entraînement commença relativement tôt, Kiyi étant impatiente de réessayer sa maîtrise des éclairs, qu'Iroh était le seul à pouvoir lui enseigner dans l'état actuel des choses. Il convia Zuko néanmoins pour qu'il puisse apprendre lui aussi, sans toutefois la pratiquer. Ce dernier échouait toujours à produire des éclairs. Il ne parvenait toujours pas à trouver une paix intérieure suffisante pour parvenir à séparer l'énergie positive de l'énergie négative. Katara les accompagnaient, au cas où une catastrophe se produirait à nouveau, et admirait le fait qu'en dépit de tout ce qui s'était produit, Kiyi comme Zuko n'étaient pas le moins du monde effrayés par les éclairs. Katara vérifia néanmoins la fièvre de Kiyi sur la demande d'Iroh et jugea que celle-ci avait totalement disparue.

« Je vais te remontrer les gestes à faire pour y parvenir, mais n'oublie pas que tout émane de la stabilité de ton esprit. Essaie de ne pas te laisser emporter par tes émotions, sinon ta maîtrise va t'exploser à la figure », lui expliqua Iroh, non sans jeter un regard amusé à son neveu, qui était adepte de ces explosions fortuites.

Il lui remontra les gestes circulaires à effectuer pour réussir à séparer l'énergie positive et l'énergie négative, le Yin et le Yang. Des étincelles sortirent de ses doigts, et lorsqu'il rassembla ses mains de nouveau, un éclair jaillit et il put le guider vers le ciel pour le laisser s'exprimer. Kiyi et Zuko étaient toujours impressionnés par sa maîtrise. Katara l'était aussi, même si les éclairs la remuaient beaucoup plus, ayant failli en recevoir un d'Azula. Mais cela restait moins terrifiant que la maîtrise du sang.

Kiyi essaya mais échoua et, comme Iroh l'avait prédit, une explosion se produisit. Elle fut projetée au sol, mais ne tarda pas à s'en relever, déçue. Elle pensait qu'elle pourrait y arriver cette fois-ci. Zuko sentit sa déception et fut triste pour elle. Il s'attendait pourtant à ce qu'elle réussisse bien avant lui, qui avait trop de tourments à gérer pour parvenir à calmer son esprit. Mais ça n'était toujours pas le cas. Katara voulut lui remonter le moral en lui proposant un combat comme la fois précédente.

Kiyi accepta avec un petit sourire. Katara utilisa l'eau se trouvant tout autour de la cour pour se déplacer à l'autre bout. Iroh resta du côté de Kiyi pour lui offrir ses conseils. Et puisque la fois précédente, c'était elle qui avait ouvert les hostilités, Katara jugea que c'était son tour à présent. Elle envoya une gerbe d'eau assez puissante sur elle, parée à la glacer si Kiyi se trouvait prise dedans. Mais Kiyi était petite et rapide, et esquiva l'eau. Elle lui envoya en retour une rafale de flammes, puis une autre, et encore une autre, Katara les parant toutes avec néanmoins plus de difficulté. Profitant d'un petit moment de répit avant la prochaine rafale, Katara glaça le sol près de Kiyi. Celle-ci trébucha sur la plaque glacée, et la rafale s'éteignit dans son élan.

« Concentre-toi sur tes pieds, ce sont tes appuis les plus précieux ! », lança Iroh au milieu du vacarme provoqué par l'eau et les flammes.

Zuko approuva. C'était ce qui l'avait fait perdre contre sa soeur lors de son dernier Agni Kai. Il avait voulu rediriger un éclair pour protéger Katara, mais son manque d'appui au sol l'avait empêché d'accomplir son mouvement jusqu'au bout. Il admirait la maîtrise de Katara, à la fois belle et dangereuse. Il avait rarement eu l'occasion de la regarder se battre, puisqu'il prenait souvent part aux combats qu'ils livraient autrefois - que ce soit en tant qu'ennemi ou en tant qu'allié. Son souvenir le plus vivace était celui où elle avait arrêté la pluie et l'avait transformée en une pluie de cristaux acérés destinée à l'assassin de sa mère.

Le combat se poursuivait, aucune des deux n'ayant été touchées par les attaques de l'autre. Katara enchaîna des attaques plus fortes et rapides mais Kiyi ne se laissa pas déstabiliser. Ce n'est que lorsque Kiyi se défendit avec son feu qu'une chose étrange se produisit. Elle avait effectué un cercle avec ses bras, et des étincelles jaillissaient à présent de ses mains. Zuko se leva aussitôt.

« Kiyi ! Non ! », lança-t-il.

Trop tard. Ses petites mains s'étaient déjà rejointes et l'éclair jaillit des mains de Kiyi. N'ayant pas du tout prévu ça, la jeune fille ne put viser correctement. Projetée à terre, elle regarda l'éclair partir de ses doigts et s'aperçut avec horreur qu'il filait droit sur Katara.


Et voilà qui clôt ce chapitre ! Oui, j'aime les fins en cliffhanger, ne me frappez pas ! J'espère que ce chapitre vous a plu, pour rattraper mon retard, je l'ai fait un peu plus long que d'habitude. N'hésitez pas à laisser une review pour me dire ce que vous en pensez (pour ce qui est des quelques fautes qui doivent parsemer mon récit, elle seront corrigées un peu plus tard !). J'espère vous revoir au prochain chapitre, merci encore une fois de votre enthousiasme et de vos encouragements !