Bonjour/bonsoir tout le monde ! Voici ce chapitre 9 avec un peu de retard ! J'espère qu'il vous plaira, mais si vous aimez le Zutara, je pense qu'il devrait vous satisfaire (je pense notamment à toi Lena, qui m'a laissée une review en "guest", merci encore à toi) ! Je n'en dirais pas plus ! N'oubliez pas de laisser une review à la fin surtout, ça ne prend pas longtemps !

A nouveau je vous prie de m'excuser si quelques fautes se sont glissées dans le récit, mais je n'ai pas de bêta (d'ailleurs, si ça intéresse quelqu'un...) et je n'ai malheureusement pas vraiment le temps de tout relire correctement, j'espère que vous me comprendrez !

Sur ce, bonne lecture !


Résumé du chapitre précédent : Katara est légèrement blessée suite à un éclair de Kiyi. Ursa lui apprend que Zuko l'aime beaucoup, ce à quoi elle ne sait quoi répondre. Vaincue par la fatigue et son combat, Zuko raccompagne Katara pour qu'elle se repose. Après un moment passé à se regarder, il s'approche d'elle pour l'embrasser, mais finalement se ravise au dernier moment. Suki tient compagnie à Katara le soir venu et essaie de lui soutirer des informations à propos d'elle et de Zuko. Mais alors que Katara veut lui donner des informations, elle sent la présence de Zuko et s'arrête. Ce dernier est en colère car il sent que ses sentiments prennent le dessus, Katara réussit à le calmer, sans vraiment connaître la raison de son énervement, et constate qu'il a en fait du désir pour elle...

Chapitre 9 - Départ pour le Pôle Sud.

Les quatre jours suivant passèrent vite. Katara avait finalement renoncé à demander une chambre à part, d'une part car cela signifierait pour Suki une réorganisation des effectifs et une division de plus à affecter à une autre personne, et d'autre part car elle n'avait pas envie d'être seule, et d'être sans Zuko la nuit. Ce dernier la calmait lorsqu'elle faisait des cauchemars, et elle s'occupait de lui lorsque ses crampes le reprenaient. C'était une routine très particulière, qu'ils partageaient de bon gré.

Rien ne se produisit entre eux, Katara veillant désormais à garder des distances acceptables et Zuko préférant ne pas la froisser dans son deuil. Car il entendait parfois Katara se lever pour se poster au bord de la fenêtre et verser une larme ou deux pour sa grand-mère, avant de se recoucher. Et il pensait que ce n'était pas une bonne idée d'aller sur ce terrain glissant. Il ne savait même pas s'il l'aimait. Mais il savait qu'il ne voulait pas la voir repartir. Il savait que malgré leur voyage au Pôle Sud, Katara resterait pour superviser le renforcement de son épaule, mais que cela ne serait que temporaire. Il commençait déjà à la renforcer, soulevant des poids un peu plus importants chaque jour avec son bras. Mais il faisait traîner les choses volontairement. Suki avait essayé de lui soutirer des informations sur ce qui le tracassait, sans succès. En revanche, elle fit parler davantage Katara, qui lui révéla un soir qu'elle ressentait peut-être quelque chose pour Zuko.

Kiyi avait progressé dans sa maîtrise des éclairs et Katara avait commencé à explorer les voies de sa maîtrise avec Zuko pour trouver un moyen efficace de parer les éclairs. Iroh participait parfois à ces recherches et produisait les éclairs nécessaires aux expériences que souhaitaient tenter Katara, Kiyi n'étant pas encore suffisamment aguerrie. Ce que Zuko et elle remarquèrent surtout, c'était que la combinaison de l'eau et des éclairs pouvait être redoutable contre un groupe d'ennemis. Katara découvrit qu'elle pouvait rediriger un éclair en formant un bras d'eau pour absorber l'éclair et le renvoyer ailleurs.

Mais le problème était que cela requérait du temps et de l'anticipation, ce qui lui avait fait défaut lors de son combat avec Kiyi, et qu'il fallait que l'ennemi ne soit pas trop proche. Beaucoup de conditions contraignantes. Mais cela avait rapproché les deux amis, qui apprenaient chacun des techniques de l'autre. Zuko était toujours enchanté de voir Katara maîtriser l'eau. Son corps était fluide comme l'eau, il se mouvait comme si brusquement toute structure osseuse avait disparue. Zuko n'avait pu lui montrer que quelques mouvements simples qui ne sollicitaient guère son épaule, ou d'une façon si lente que son épaule ne souffrait pas. Katara lui avait promis que très bientôt, il pourrait recommencer à faire de l'exercice. Un vrai sourire l'avait récompensée. Soulever des poids l'ennuyait.

Le jour du départ pour le Pôle Sud arriva très vite, trop vite au goût de Zuko. Katara avait pris soin de préserver sa tenue bleue pour le voyage, préférant porter le rouge avant le départ. Elle s'y était faite, à tout ce rouge qui environnait le palais et les vêtements de ses habitants. Mais elle ne pouvait décemment arborer cette couleur pour rentrer chez elle. Aussi remit-elle son kimono bleu le matin du départ, ainsi que le reste de sa tenue habituelle. La seule nouveauté résidait dans le bracelet que lui avait offert Kiyi, qu'elle tenait à porter. Il symbolisait l'amitié qu'elle partageait avec la famille royale de la Nation du feu, et qu'elle partagerait toujours.

Zuko, lui, avait prévu une tenue plus sophistiquée qu'à son habitude, avec l'assentiment de Katara, qui avait vérifié l'état de son épaule pour voir s'il serait en capacité de supporter une armure. Il s'agissait une armure très belle, ornée d'or, qu'il portait par-dessus une tunique faite de brocard rouge, noir et or. Une cape rouge décorerait son armure lorsqu'il la mettrait, quand ils seraient proches du Pôle Sud. Le tissu de sa tenue était si épais que Katara ne craignait pas qu'il ait froid une fois au Pôle sud. D'autant plus qu'il pourrait se réchauffer facilement grâce à son chi. Alors qu'elle, et bien, c'était très loin d'être garanti. En effet, n'ayant pas prévu de retourner chez elle aussitôt, elle n'avait pas pris son manteau de fourrure, qui était toujours sur l'île Kyoshi. Ursa lui prêta gracieusement un manteau noir fourré pour le voyage et Katara ne manqua pas de la remercier à nouveau pour le geste.

Kiyi était surexcitée à l'idée de partir au Pôle sud, qu'elle n'avait jamais vu encore. Elle courait dans tous les sens depuis l'aube, Ursa ayant toutes les peines du monde à la canaliser. Cette dernière n'aimait pas l'idée que ses enfants partent si loin après ce qui s'était passé ici même. Zuko et elle en avaient discuté, et Ursa avait fini par se ranger à l'avis de Zuko. Ils n'étaient pas plus en sécurité ici que dehors après tout, et elle ne voulait pas garder sa fille dans une cage de verre. Une fille en prison était déjà amplement suffisant.

Tous se retrouvèrent dans la cour, devant les solides portes conduisant au Palais. Ursa embrassa chacun de ses enfants sur le front, Kiyi la première et Zuko ensuite. Katara s'était volontairement écartée pour leur laisser leur intimité. Et aussi pour réprimer le léger pincement au coeur qu'elle sentait venir. Elle était contente que Zuko ait finalement retrouvé sa mère, mais leurs moments privilégiés la rendaient triste. Pas jalouse, seulement triste. Et elle préférait que nul ne la voie.

« Fait un bon voyage mon fils. Et prend soin de ta soeur, surtout. Je t'aime Zuko », lui dit Ursa, ses mains posées sur les épaules de son fils. Puis elle le serra dans ses bras.

« Promis maman. Je t'aime », murmura-t-il tandis qu'il l'étreignait à son tour.

Ursa se tourna vers Katara, qui attendait. « Quant à toi ma chère Katara, sache que tu seras toujours la bienvenue ici. J'ai une dette immense envers toi, je tâcherai de m'en acquitter un jour », lui dit-elle.

Un certain garçon parlant d'honneur lui revint en tête. C'était une notion très importante ici, presque autant que dans sa tribu. L'honneur. « Vous ne me devez rien du tout, et je reviendrais pour terminer la guérison de Zuko. Merci encore pour votre hospitalité », répondit Katara en saluant à la fois Iroh et Ursa d'une légère révérence, qu'elle n'espérait pas trop brouillonne. Ces trucs royaux n'étaient définitivement pas sa tasse de thé. Zuko retint une moue amusée face à cette piètre révérence.

« Merci à toi Katara », la remercia à son tour Iroh. « Aller, il ne serait pas sage de vous mettre en retard ! »

Zuko, Kiyi et Katara hochèrent la tête d'un seul homme. Ils montèrent dans le ballon dirigeable qui avait été apprêté à l'aube, suivis des gardiennes Kyoshi et de la garde personnelle de Zuko. C'était peut-être la première fois que Katara voyageait à bord d'un dirigeable. Elle se dit qu'il n'y aurait sans doute pas de grande différence avec Appa, excepté peut-être le froid en altitude qu'il n'y aurait pas lors de ce voyage. Kiyi n'avait encore jamais volé. L'équipage sécurisa les issues et le ballon put décoller. Il y avait de petites ouvertures tout le long du dirigeable par lesquelles Zuko, Kiyi et Katara admirèrent le sol tandis qu'il s'éloignait.

« Le voyage devrait durer deux jours », dit Zuko pensivement.

« Deux jours ! Oh par le soleil ! », s'exclama Kiyi, ravie, le sourire jusqu'aux oreilles.

Zuko s'écarta quelque peu de sa soeur, l'entendre pousser des petits cris de joie avait réveillé son mal de tête. Et Ty Lee, qui suivait Kiyi comme son ombre, n'y aidait pas. Katara sentit qu'il avait besoin de calme et proposa de faire du thé. Alors que Zuko s'apprêtait à le demander à l'un des cuisiniers, Katara l'en empêcha.

« J'ai parlé de le faire », lui dit-elle avec un sourire. Devant la non-réponse de Zuko qui avait l'air d'hésiter sur le sens de sa phrase, elle précisa. « Le thé, Zuko »

Il secoua la tête pour sortir de son incompréhension, son for intérieur lui murmurant qu'il était stupide. « Oh. Euh... Bien sûr mais... Je ne le fais pas si bien », lui dit-il, toujours plongé dans l'embarras.

« Ce n'est pas grave, moi je ne sais rien faire du tout. Ce n'est pas une boisson que l'on boit chez nous », lui dit Katara. « Et depuis quand es-tu modeste ? »

« Depuis que je te connais », soupira-t-il. Elle n'avait pas conscience de l'admiration qu'il éprouvait secrètement à son égard.

Zuko fit apporter le nécessaire à thé et les ingrédients basiques du thé au jasmin, le préféré de son oncle. Il l'avait vu faire des centaines de fois, mais devant Katara, qui ne savait pourtant pas en faire, il se sentait intimidé. Mais une fois le thé en main, son appréhension sembla disparaître. Ce n'était pas la première tasse de thé qu'il lui servait. Il se souvenait peu après son couronnement l'avoir préparé pour ses amis avant de véritablement prendre ses fonctions. Katara l'observait faire, comme si elle regardait la chose la plus passionnante du monde.

« Au moins, il y a une chose que tu aimes chez nous », dit Zuko avec un fin sourire sur le visage. Il était en train de chauffer la théière entre ses mains et priait pour ne pas se tromper ni de température, ni de temps d'infusion.

« Comment ça ? », demanda Katara, qui se doutait bien où il voulait en venir mais qui voulait en être sûre.

« Les épices. Je sais que tu n'aimes pas ça », fit-il toujours concentré sur sa théière.

Katara sourit piteusement. « J'ai fait de mon mieux pourtant, je crois même que je commence à m'y faire. Et j'aime d'autres choses, il n'y a pas que le thé ! »

Elle regretta la fin de sa phrase. Zuko parut perplexe et se dit égoïstement qu'elle pensait peut-être à lui. Il décida de creuser la question. « Ah oui ? »

Katara réfléchit un instant puis sourit. « J'aime bien le rouge »

Zuko ne s'attendait pas vraiment à cette réponse mais fut satisfait. Lui aussi aimait la voir en rouge. Et il aimait la voir rougir à son encontre, mais cela il ne le dirait pas. « Le rouge te va bien »

« Je n'oserai pas t'imaginer dans les tenues bleues de chez nous », rit Katara avant de réaliser qu'il lui avait fait un compliment. « Et hum... Merci du compliment »

« Je t'en prie », lui dit-il d'un ton si sérieux que Katara en fut touchée. Puis il fronça les sourcils, s'imaginant un instant avec un manteau bleu. « Le bleu... Ce n'est pas vraiment ma tasse de thé je pense... »

Il finit par déposer la théière et par verser une tasse à Katara, et une tasse pour lui. Il en proposa aux guerrières Kyoshi qui déclinèrent poliment. Kiyi refusa, préférant continuer à apprendre des tours avec Ty Lee. Cette dernière lui expliquait comment fonctionnait sa technique de blocage de chi. Zuko avait tenté de l'apprendre, mais n'avait jamais eu assez de temps pour la maîtriser. Suki, ainsi que ses soeurs, maîtrisaient toute cette technique à présent.

Katara but le thé, jetant un coup d'oeil à Zuko. Ce dernier en fit tout autant, et ils burent une gorgée. Katara, qui s'attendait à un thé tout au plus potable, fut surprise. Il était délicieux.

« Je m'incline, il est délicieux », dit-elle en buvant une autre gorgée. « Et toi qui disait que tu ne savais pas bien le faire... »

« Je te rappelle la plus grande passion dans la vie de mon oncle ? », fit-il avec sarcasme en buvant à son tour une autre gorgée.

« Toi ? », fit innocemment Katara. Elle avait raison.

« Le thé, Katara », fit-il, l'air faussement exaspéré.

Katara répondit par un sourire et but deux gorgées de suite. Zuko trouvait ce geste très... intéressant à regarder. Katara ne quitta pas ses yeux, buvant le reste de son thé. Zuko finit par détourner les yeux, inconfortable. Katara était bien consciente qu'elle jouait un drôle de jeu, mais c'était plus fort qu'elle. Elle finit par poser sa tasse, vide, mais ne détourna pas son regard. Zuko avait l'air fatigué, pourtant elle savait qu'il avait dormi toute la nuit, ou du moins il était resté couché toute la nuit. En réalité, il semblait préoccupé, mais Katara ne savait pas ce qui pouvait faire l'objet de telles préoccupations. Si elle savait que c'était elle le sujet de ses pensées... Zuko n'osait songer à ce qui se passerait. Agacé par ses pensées, il se leva. Ses poings étaient serrés.

« Je vais me reposer », dit-il d'un ton presque sec. En réalité, il ne voulait pas vraiment se reposer, mais il voulait être seul, le temps de reprendre le contrôle de lui-même.

Katara leva un sourcil d'incompréhension. Il était décidément très soupe au lait aujourd'hui. Il resta un petit moment à la regarder, puis partit vers ses quartiers. Katara ne savait même pas si elle était toujours supposée les partager. Il dormait plutôt bien la nuit à présent, ce qui était bon signe même si elle regrettait un peu les moments qu'ils avaient passés, bons comme extrêmement mauvais, au milieu de la nuit. Cela les avait beaucoup rapprochés, du moins c'était ce qu'elle pensait. Elle remarqua néanmoins que Suki avait un petit sourire alors qu'elle accompagnait Zuko jusqu'à ses quartiers. Katara fronça les sourcils. Suki savait quelque chose, une chose qu'elle essaierait de savoir plus tard. Katara, quelque peu prise au dépourvue par l'attitude de Zuko, finit par aller méditer dans une pièce voisine, assise en tailleur, les poings joints l'un contre l'autre, les coudes posés sur ses cuisses.

Zuko, quant à lui, essayait lui aussi de méditer devant une bougie qu'il avait allumée d'un revers de la main. Il savait qu'il pourrait bientôt recommencer à maîtriser le feu, et tant mieux, cela lui manquait. Mais surtout, il essayait de se distraire de Katara, mais c'était vain. Il finit par pousser un grognement et par aviver violemment la flamme de la bougie sous le coup de son agacement. Pourquoi ne pouvait-il pas ne pas penser à elle ? Un peu plus d'une semaine passée avec elle avait donc suffi à tout chambouler entre eux ?

Il était vrai qu'ils n'avaient jamais eu une relation très banale. Toujours à se battre, ou à lutter, ou à se sauver l'un l'autre. Même après toutes ces années loin d'elle, les souvenirs les plus vifs étaient la plupart du temps liés à sa personne. C'était à elle qu'il devait d'être sur le trône après tout. Azula l'aurait pulvérisé, ou jeté en prison. 'Un peu comme ce que j'ai fait moi aussi', songea-t-il. Ce problème aussi lui torturait l'esprit. C'était sa soeur, et il voulait qu'elle se sente aimée par sa famille... Mais la dernière fois qu'il lui avait permis de sortir, il l'avait payé très cher. De plus, Azula a tué Aang - littéralement - et a failli tuer Katara, et même son oncle et sa mère. C'était de cela dont il se rappelait à chaque fois qu'il doutait. Mais il faisait aussi du mal à sa mère.

« Pourquoi tout est si compliqué ! », s'écria-t-il en se levant brusquement pour faire les cent pas. Il renversa du pied la petite table qui se trouvait dans sa cabine. C'était ça, ou lancer des boules de feu. Tout semblait simple avec le feu, il suffisait de brûler quelque chose pour que ce quelque chose disparaisse. Il aurait aimé faire de même avec ses problèmes de conscience.

« Quelque chose ne va pas, Zuko ? », demanda Suki qui était entrée, entendant le fracas de la table contre le mur. Ce n'était pas la première colère à laquelle elle assistait. Mais il ne s'agissait pas de colère, pas vraiment. Cela ressemblait davantage à de la frustration.

« Laisse-moi, Suki », lui dit-il, essayant de ne pas paraître trop sec.

Cette dernière soupira. « Bien, comme tu voudras. Essaie juste de ne pas mettre le feu au dirigeable, s'il te plait »

Zuko se relâcha aussitôt, réalisant qu'il se conduisait à nouveau comme un jeune adulte stupide. Son temps passé loin de sa table de travail faisait ressortir certains aspects de sa personnalité, qu'il avait réprimé pendant très longtemps. S'en rendre compte le calma aussitôt. Il n'était pas en train de devenir fou, mais il se conduisait comme il devrait le faire à son âge. Iroh lui avait souvent dit qu'il avait besoin de sa propre part d'amusement et de détente. Sinon il passerait son temps à siffler comme une bouilloire à l'avenir, lui avait dit son oncle. Et comme à son habitude, il ne l'avait que très moyennement écouté.

Suki, qui était toujours sur le pas de la porte, le vit sortir de son état d'agacement. Elle réfléchit à un prétexte de réunir Zuko et Katara. « Ton bras va bien ? Veux-tu que j'appelle Kata- »

« Non, Suki », la coupa-t-il. Mais il réalisa qu'il voulait en fait être avec elle. Suki le sentit hésiter et retarda sa sortie de la cabine. « En fait... »

Suki s'arrêta, un sourire sur les lèvres. Zuko lui tournait toujours le dos. « Oui ? »

« Dit-lui... », commença-t-il, peu sûr de lui. Il voulait en réalité se reposer avec elle auprès de lui. Mais il essayait sans cesse de repousser ses désirs égoïstes, alors il ne se rendait pas vraiment compte de ce qu'il voulait vraiment. « Non, rien »

Suki retint in extremis un soupir. Ils étaient autant tête de mule l'un que l'autre. Elle sortit. Zuko s'allongea puis finit par s'endormir. Suki resta campée devant la porte, comme à son habitude, un sourire aux lèvres. Elle connaissait Zuko presque aussi bien que Katara, à un détail près. Ni l'un ni l'autre ne semblaient avoir remarqué à quel point ils se plaisaient. Au moins étaient-ils conscients que l'autre leur plaisait. Katara le lui avait plus ou moins dit et ayant observé le comportement pour le moins agité de Zuko, Suki se doutait que c'était la même chose pour lui.

Katara finit par sortir de sa méditation quelques heures plus tard. C'était l'heure du déjeuner. Zuko ne parut pas au repas, à la grande surprise de Kiyi. S'il lui arrivait de sauter le dîner, il ne ratait jamais le déjeuner. Elle fit la moue, en dépit des efforts que faisait Ty Lee - qui partageait le repas - pour la faire rire. Voyant sa mine déçue, Katara se leva et alla voir Suki, qui était toujours postée devant la porte de la cabine de Zuko.

« Où est Zuko ? Il ne vient pas manger ? », questionna Katara, les bras croisés.

« Il s'est endormi », lui dit Suki en lui faisant signe de ne pas parler trop fort.

Katara décroisa ses bras. « Oh. D'accord. Tu veux que j'envoie Ty Lee ? Tu dois avoir faim »

« Elle prendra mon tour dans une heure, ne t'inquiète pas », la rassura Suki.

Et Katara repartit vers la salle à manger. Kiyi lui jeta un regard inquisiteur. Katara lui expliqua que Zuko dormait, et qu'il avait du sommeil à récupérer. C'était vrai, il n'avait pas eu beaucoup de répit depuis cette fameuse matinée où il avait failli mourir. Kiyi haussa les épaules mais finit néanmoins par sourire. Elle était toutefois déçue de ne pas pouvoir s'entraîner pendant deux jours. Aussi décida-t-elle d'avancer dans ses cours d'histoire. Zuko avait par ailleurs reconstitué la véritable histoire, sans toutes les censures dont elle avait fait l'objet lors des règnes précédents. Avec l'aide d'Aang, de son oncle et de sa mère, il avait rétabli la vérité quant au génocide des Maîtres de l'Air et la véritable mort du Seigneur du feu Azulon. Cela lui avait valu les foudres de certains conservateurs, mais ils s'étaient calmés avec le temps et le soutien des historiens de la Nation du feu les a éclipsés. Beaucoup étaient ravis de pouvoir oeuvrer à nouveau pour la vérité.

Katara décida de lire parmi les livres que Kiyi avait emmenés avec elle, avec sa permission. Il y avait de tout : de la poésie, de l'histoire, de la politique en passant par la géographie et l'économie. Katara ignorait qu'il y eut tant d'auteurs, mais ça n'avait rien de très étonnant. Pendant près de cent ans, la Nation du feu avait dominé le monde en matière technologique et économique. Faire la guerre sur une période aussi longue avait dû demander un plan de bataille colossal en termes de finances et d'ingénierie, même si les colonies et les nombreuses prisons à l'époque y aidaient malheureusement beaucoup.

Leur lecture dura facilement quelques heures. Katara apprenait énormément de choses sur la Nation du feu, qu'elle trouvait finalement pas si mauvaise que cela. Sur l'échelle de leur Nation, les cent ans de guerre étaient presque une goutte d'eau dans la mer en termes de durée, même s'il s'agissait en réalité de la période la plus terrible et terrifiante. Katara aimait beaucoup les livres sur leur culture, avec leurs arts, parmi lesquels celui de préparer le thé, leur musique, leurs coutumes. Kiyi, quant à elle, lisait à présent à propos des Seigneurs du feu, dont les histoires la fascinaient. Ce n'était pas la première fois qu'elle lisait ce livre, et ce ne serait sans doute pas la dernière. Il était si grand qu'il lui couvrait les jambes, qui étaient repliées sous elle. Katara fut tirée de sa lecture par les portraits qui jalonnaient le livre que lisait Kiyi juste à côté d'elle.

« Zuko est dedans ? », se demanda Katara, qui réalisa qu'elle avait posé la question à voix haute.

« Il y est, à la fin », lui dit Kiyi qui tourna aussitôt toutes les pages du livre pour lui montrer. « Là, regarde ! »

Katara prit le livre que lui tendait Kiyi et observa le portrait qui était fait de Zuko. Elle passa une main sur l'image et lut les inscriptions de la page suivante. Les premières années de son règne y étaient relatées, notamment le compromis qui avait été trouvé au sujet des colonies, à savoir qu'elles devaient demeurer avec à la fois le peuple de la Terre et à la fois la Nation du feu. Son attention se reporta sur l'image, qui avait été colorée, et qui lui rendait véritablement justice. Son regard, marqué par sa cicatrice, était si perçant qu'elle eut l'impression un instant qu'il la regardait.

« Ça lui ressemble », commenta Katara en lui rendant le livre.

« Je trouve aussi. Il est beau, non ? », sourit Kiyi.

« Euh... », commença Katara, prise au dépourvu. L'idée même de le trouver beau la rendait toute chose. Ses joues rougirent à nouveau. Encore. « Oui, il est beau »

« Lui, il déteste », rit-elle avant de reprendre sa lecture là où elle l'avait laissée.

« Étonnant », ironisa Katara, qui n'ignorait pas que Zuko n'aimait pas spécialement se regarder dans un miroir.

Sa cicatrice lui était toujours pénible à porter, et pourtant Katara ne l'imaginait pas sans. Elle se souvenait pourtant lui avoir proposé de la guérir, mais il s'était perdu et l'avait trahie ce jour-là. Et même si elle l'avait pardonné, et plutôt deux fois qu'une, se souvenir de cet instant lui faisait mal au coeur. 'Mais ce n'est plus comme ça maintenant, on est amis... et peut-être autre chose', pensa-t-elle.

« Je vais aller voir où en est ton frère », lui dit Katara qui referma son livre et se leva.

Elle se dirigea vers le corridor où Ty Lee se tenait, ayant remplacé Suki une heure plus tôt. Cette dernière lui fit un grand sourire lorsqu'elle arriva devant la porte qui lui semblait être un rempart infranchissable. Katara se demanda si Suki avait vendu la mèche ou si Ty Lee avait été assez intelligente pour deviner que quelque chose se tramait entre eux. Elle entra dans la chambre, veillant à ne pas faire trop de bruit. Elle nota d'ores et déjà qu'il y avait bel et bien deux couchettes, avant de s'approcher de Zuko.

Il était toujours endormi, dans une position qu'elle supposait inhabituelle. Il dormait sur le côté droit, les jambes repliées contre lui, à la manière d'un enfant. Ses cheveux étaient défaits, sa flamme du Seigneur du feu qui ornait habituellement son chignon était restée sur la taie d'oreiller, signe évident qu'il n'avait pas prévu de s'endormir. Il n'avait même pas pris la peine d'enlever ses bottes noires et dorées au bout pointu si caractéristique. Observant autour d'elle, Katara vit une table renversée contre le mur. Un accès de colère ? Peut-être, elle s'en doutait, mais n'avait pas de preuve formelle. Elle resta quelques minutes debout là, à le regarder, puis finit irrémédiablement par se sentir coupable. Qui apprécierait d'être observé ainsi dans son sommeil ? Certainement pas elle en tout cas. Elle décida de partir.

« Reste », entendit-elle alors qu'elle avait la main sur la poignée de la porte.

Katara eut un instant d'arrêt, puis se tourna vers Zuko. Elle s'excusa. « Je suis désolée de t'avoir réveillé »

« Ce n'est rien, je n'aurais pas dû m'endormir », dit-il en essayant de se redresser.

Katara eut un sourire léger en voyant l'étendue du bazar qui régnait dans ses cheveux. Cela lui donnait un air bien plus détendu qu'habituellement, et surtout beaucoup plus séduisant. 'Oh mais par Tui qu'est-ce que je dis', s'exclama-t-elle intérieurement. Le fait qu'il passa sa main dans ses cheveux pour les remettre un peu en ordre n'atténua pas l'étrange sentiment de Katara. Bien au contraire.

« Tu es fatigué, c'est normal », dit-elle. Elle entreprit de remettre la table renversée sur pieds. « Quelque chose ne va pas ? »

« Qu'est-ce que vous avez toutes à me poser cette question ? », soupira-t-il, las.

« Toutes ? », demanda Katara.

« Ma mère, Kiyi, Suki et maintenant toi aussi », lui dit-il en s'asseyant au bord du lit. « Je vais bien »

« Je crois t'avoir déjà dit que tu mentais aussi mal que mon frère, Zuko », lui dit-elle d'un ton si sérieux qu'il eut soudain une étrange pression dans la poitrine. Il avait l'impression qu'elle lisait en lui comme dans un livre, et cela lui faisait peur.

« Je... Je suis désolé », fit Zuko, incapable de fournir une réponse plus acceptable.

« Au lieu de t'excuser, pourquoi ne pas me dire ce que tu me caches ? », demanda Katara avant de s'asseoir à côté de lui, sur le bord du lit.

Erreur. Grave erreur. Les sonnettes d'alarmes se mirent à hurler dans sa tête. 'Tu dois t'éloigner ! Tu avais dit que c'était la meilleure solution', s'exclama son moi intérieur, son moi de raison. Mais elle ne savait pas si elle voulait encore être raisonnable. Quatre jours à être raisonnable avaient été bien suffisants. Zuko fut totalement déstabilisé de la savoir aussi proche de lui. Son esprit essayait de se convaincre qu'il fallait s'éloigner, faire diversion.

« Je... Je n'ai pas envie d'en parler », bredouilla-t-il finalement. Il n'arrivait même plus à la regarder dans les yeux. C'était l'une des rares personnes étant capable de l'intimider de la sorte. S'il pouvait révéler toute l'ardeur des sentiments qu'il éprouvait pour elle, ce serait à qui d'eux deux serait le plus intimidé. Il gagnerait alors ce jeu-ci.

Katara cherchait son regard mais vit qu'il faisait tout pour l'éviter. Ses doutes étaient donc fondés. C'était elle qui le tourmentait, ou du moins il était question d'elle. Elle mourrait d'envie de lui demander si ça avait effectivement un rapport avec elle. Mais il lui facilita les choses en plongeant enfin ses yeux d'ambre dans les siens.

Ils étaient tout deux terriblement proches, assis côte à côte. Son regard glissa de ses yeux bleus jusqu'à ses lèvres, rondes et pleines. 'Qu'est-ce que tu es en train de faire Zuko...', se dit-il tandis que son visage s'approchait dangereusement de celui de Katara. Cette dernière ne bougeait que très peu, mais chaque fois un peu plus vers lui. Son propre regard bleuté glissa à son tour vers les lèvres de Zuko, une impression de déjà-vu à l'esprit.

« Zuko... », murmura-t-elle alors qu'il était à deux doigts de l'embrasser.

« Laisse-moi répondre à ta question », dit-il avant de réclamer sa bouche comme sienne.

Ce n'était pas un baiser chaste comme ceux que Katara avait pu connaître avec Aang. C'était beaucoup plus intense, leurs bouches ouvertes l'une contre l'autre se disaient tout ce que les mots ne pouvaient exprimer. Katara se sentit tout à coup libérée, elle avait ses réponses et ce baiser était une délivrance délicieuse à savourer. Elle sentit une main passer dans ses cheveux, l'agrippant presque pour approfondir encore plus ce baiser. Zuko lui aussi était soulagé, et voulait dominer ce baiser pour lui montrer la lutte acharnée qu'il avait menée contre lui-même. Mais il s'abandonna finalement à elle. Elle avait gagné.

Il sentit ses mains passer sur son visage, sur sa cicatrice, sur sa nuque. Elles étaient plus rugueuses qu'il ne l'aurait cru mais cela lui plaisait. 'Quelle différence avec Mai', songea-t-il. Cette dernière était toujours sur la réserve, même lors de moments aussi intimes. Là, il avait l'impression d'avoir un accès privilégié aux pensées de Katara. Par le soleil, qu'elle lui plaisait. C'était donc ça l'amour ? Des papillons dans le ventre, une violente et pressante envie, un plaisir incommensurable, l'impression de ne faire qu'un avec la personne qui faisait battre son coeur ? Si c'était ça, alors il était amoureux.

Ils s'arrêtèrent pour reprendre leur souffle. Ils étaient front contre front, les yeux ouverts, haletant. Ils se regardèrent à nouveau, puis Katara fondit sur ses lèvres à nouveau et prit sa revanche. Zuko l'attira sur ses cuisses, ses mains posées sur ses hanches qu'il pressait à chaque baiser. Katara sentit son érection contre le haut de ses cuisses, et fut gênée mais il ne lui laissa aucune chance de le montrer. Elle gémit lorsqu'il lui mordilla sa lèvre inférieure, sans qu'elle ne sache si c'était de douleur ou de plaisir. Il s'arrêta un petit instant, un sourire affiché sur ses lèvres. S'il pouvait la dévorer littéralement... Il le ferait. Cela faisait des jours qu'il se contenait pour ne pas faire quelque chose de stupide. Et il se contiendrait encore. À présent, il avait de quoi faire pour patienter. Si elle ne l'aimait pas, au moins le désirait-elle.

Katara continua de l'embrasser, plus tendrement cette fois. Elle n'arrivait pas à croire ce qu'elle était en train de faire. Elle embrassait Zuko, comme elle avait eu envie de le faire quelques jours plus tôt. Des dizaines de voix sarcastiques s'élevaient dans sa tête, lui rappelant qu'il était Seigneur du feu, qu'elle n'était pas de chez lui, qu'elle le mettrait en danger, qu'ils étaient trop différents... et en même temps si semblables. Mais elle les ignora. Pour le moment, il n'y avait que lui et elle.

« Ce n'est pas une bonne idée », murmura-t-elle entre deux baisers, un sourire dans la voix.

« Ça me paraît bien plus réel qu'une idée », lui dit-il en reprenant ses lèvres entre les siennes.

Katara eut un sourire tandis qu'elle l'embrassait. Il avait raison, ce n'était plus une simple idée à présent. L'idée avait rejoint le monde du réel. Zuko se refit à nouveau pressant dans ses baisers, puis il se détacha de ses lèvres pour s'aventurer dans la courbe de sa nuque, en-dessous de son collier, ses mains écartant légèrement le kimono bleu qu'elle portait. Il effleura sa poitrine à travers le tissu, la faisant frissonner de plaisir. Les mains de Katara l'attirèrent davantage contre elle, pressant ses doigts dans ses cheveux noirs tandis qu'il la couvrait de baisers. De temps à autre, de maigres sons sortaient de sa gorge tandis qu'il l'effleurait avec ses dents. Une torture infernalement délicieuse.

Quelqu'un toqua à la porte, les faisant sursauter. Zuko s'arrêta aussitôt et se redressa, son regard dirigé vers la porte.

« Zuzu ? », fit une toute petite voix. Kiyi.

Zuko et Katara se regardèrent, effarés. Il ne valait mieux pas qu'elle les trouve dans cette position. Katara se rassit à côté de lui et rajusta son kimono. Zuko remit de l'ordre à ses cheveux. Il chercha des yeux son ornement, toujours sur la taie d'oreiller, et le replaça dans son chignon. Katara avait les joues rouges, et était essoufflée, mais hocha la tête lorsque Zuko lui demanda silencieusement s'il pouvait faire entrer Kiyi.

« Tu peux entrer Kiyi », lui dit-il d'une voix assez forte pour qu'elle l'entende.

Cette dernière entra timidement. La vision de Katara assise à côté de Zuko ne sembla pas l'interpeler plus que ça. Katara soupira intérieurement de soulagement.

« Je m'inquiétais pour toi », dit-elle en se mordillant nerveusement la lèvre.

Zuko se leva et s'approcha d'elle. « Je vais bien, ne t'inquiète pas. Katara y a veillé », déclara-t-il, tout à fait conscient du sous-entendu qu'il faisait. Ça pour y avoir veillé, elle l'avait fait. Les joues de Katara devinrent encore plus rouges, si cela était possible. Elle cacha subtilement son visage avec ses cheveux pour que Kiyi ne se pose pas de questions. Elle avait beau être jeune, on ne la menait pas si facilement par le bout du nez.

« Kiyi, que dirais-tu d'une partie de Pai Sho avec Katara ? », proposa Zuko avec un sourire. Kiyi se demanda pourquoi il souriait autant depuis qu'elle était entrée dans la pièce. Katara toussota pour se redonner contenance et se leva, ses rougeurs ayant presque disparu.

« Je voulais jouer contre toi, Zuzu », dit-elle avec un ton de défi. « Mais je jouerais volontiers avec Katara après ta défaite »

Zuko rit, un son si inhabituel pour sa soeur. « Tu es bien présomptueuse, jeune fille. Nous allons voir ça »

« Je vais préparer le plateau ! », s'exclama Kiyi qui se rua littéralement vers la salle principale, laissant Katara et Zuko à nouveau seuls. Enfin presque, Suki les suivait de près. Ils n'échangèrent aucun mot, rien que des regards qui signifiaient qu'ils en parleraient plus tard, la nuit venue. Mais Suki n'était pas dupe, et adressa un sourire narquois à Katara lorsque leurs regards se croisèrent.

Ils jouèrent jusqu'au dîner. Zuko gagna toutes ses parties contre Kiyi, sauf la dernière, qu'il lui concéda finalement, ayant sciemment commis plusieurs erreurs dont elle avait pu profiter. Il se sentait si bien, ses zygomatiques lui faisaient presque mal à force de sourire. Katara le trouvait rayonnant, qualificatif qui ne lui venait pas vraiment à l'esprit quand on lui parlait de lui. Elle était plus réservée, son cerveau tournant à cent à l'heure depuis le moment même où il avait posé ses lèvres sur les siennes. Kiyi joua une partie contre elle, qu'elle gagna aisément. Le sourire de Zuko s'écorna quelque peu lorsqu'il constata que Katara était vraiment préoccupée... et il savait pertinemment pourquoi. Lui-même commença finalement à s'inquiéter.

Le dîner arriva. Zuko vit à nouveau le malaise de Katara, qui devait à nouveau manger épicé. Celle-ci songeait qu'elle devrait s'y faire, les baisers de Zuko étant aux baisers ce que l'épicé était à la nourriture. Un sourire apparut sur ses lèvres en songeant à cette comparaison pour le moins vraie.

« Dis-moi Katara, à quoi ressemble le Pôle sud ? », demanda Kiyi. Cette dernière n'avait vu que de maigres représentations du Pôle sud dans les livres.

Katara faillit en lâcher sa fourchette, s'arrachant brutalement à ses pensées. « Oh hum... Elle ressemble beaucoup au Pôle nord à présent. Nous avons reconstruit le mur fortifié en glace qu'il y avait auparavant. Nos bâtiments sont beaucoup plus modernes et accueillent beaucoup plus d'habitants. Nous conquérons chaque jour un peu plus de banquise pour notre cité, et grâce aux inventions de Sokka, on se déplace bien plus vite », dit Katara.

« Quelles inventions ? », demanda Kiyi, tout à coup intéressée.

« Comment a-t-il appelé ça déjà... Des chaussures de glace ? », se demanda Katara, toujours exaspéré des noms que Sokka donnait à ses inventions. « Oui, je crois que c'était ça. Avec Toph ils ont eu l'idée d'accrocher des lames de métal sous les bottes de chasse pour glisser plus facilement sur la glace. Toph détestait cette idée »

« Toph ? », questionna Kiyi avant de se tourner vers Zuko. « C'est ton amie aveugle non ? Celle qui maîtrise le métal ? »

« Oui c'est ça », acquiesça Zuko.

« Et tu as déjà utilisé ces... euh... chaussures de glace ? », demanda Kiyi. « Est-ce que je pourrais essayer moi aussi ? »

« Sokka m'en a fabriqué une paire, que j'ai laissée au Pôle sud. C'est plutôt pratique, à question d'avoir un peu d'équilibre. Combien de genoux cassés j'ai dû réparer quand il a introduit son idée auprès de la population... », soupira-t-elle. « Quant à savoir si tu peux essayer, il faudra que je voie avec Sokka »

Zuko n'était pas vraiment en ferveur devant cette idée, mais ne dit rien. Kiyi aimait toujours essayer à peu près tout ce qu'il lui était possible d'essayer. Et il avait confiance en Sokka, il ne la mettra pas en danger. S'il y avait une chose sur laquelle il pouvait lui faire confiance, c'était lorsqu'il s'agissait d'enfants. Katara fut surprise que Zuko n'exprime pas son désaccord, pour une fois. Elle s'attendait déjà à un discours sur la mauvaise influence des distractions sur le travail, mais il n'en fût rien. Il fallait dire que Kiyi était studieuse, elle passait le plus clair de son temps à lire et à apprendre tout ce qu'elle pouvait apprendre. La pile de livres qu'elle avait délaissée pour le repas en attestait. C'était Iroh qui lui avait donné le goût d'apprendre.

Kiyi se mit à bâiller. Zuko en fut ravi, il allait enfin pouvoir discuter avec Katara - et plus si affinités. « Tu devrais aller te reposer Kiyi, la journée de demain promet d'être longue », lui conseilla-t-il. Il s'attendait à ce qu'elle proteste mais elle bâilla à nouveau.

« Mmh... Tu as raison », dit-elle en se frottant les yeux. Elle se leva de table.

« Aller, viens », lui dit Zuko. Kiyi souhaita la bonne nuit à Katara et suivit Zuko jusqu'à sa cabine, qui était de l'autre côté, à côté de la pièce où Katara avait médité. Ty Lee les suivit, étant toujours chargée de la protection de Kiyi.

Elle se changea derrière son paravent puis Zuko la borda dans ses draps. C'était une vieille habitude entre eux, que ni l'un ni l'autre ne voulaient abandonner. Il était évident qu'ils s'adoraient l'un comme l'autre. Zuko l'embrassa sur le front et lui souhaita la bonne nuit, puis éteignit la bougie avant de sortir. Il salua Ty Lee qui se mit au garde à vous de manière exagérée. Elle avait toujours ce côté pitre qui lui seyait si bien et qui faisait rire sa soeur aux éclats.

Puis il revint dans la salle à manger où Katara s'était levée et observait l'horizon à travers les minces fenêtres. Zuko sourit et s'accouda auprès d'elle, savourant à nouveau le fait que son bras était presque guéri malgré sa faiblesse musculaire. Les orages étaient passés, et avaient laissé la place aux couleurs orangées et bleutées, qui se mêlaient dans le ciel ce soir-là. Le soleil disparaissait pour laisser place à la lune. Il songea qu'il n'avait pas fait d'exercices aujourd'hui avec son bras, mais décida de remettre cela à plus tard. Il observait discrètement Katara, qui n'avait d'yeux que pour l'horizon et l'océan qui s'étendait sous eux à perte de vue. Elle était si belle. Il eut un demi-sourire, songeant qu'il était bon de pouvoir enfin admettre la réalité des choses. Il n'avait plus à mesurer ses pensées, il avait de tout manière cédé à la tentation.

Katara soupira. L'immensité de l'océan lui rappelait l'immensité de soucis auxquels Zuko et elle allaient s'exposer avec leur relation pour le moins ambiguë. Elle préféra ne pas y penser. A la vérité, ce qu'il lui fallait, c'était un bon bain chaud.

« Je vais prendre un bain », dit-elle, en se dirigeant vers l'endroit où sa maîtrise lui indiquait qu'il y avait de l'eau en quantité. Zuko ne chercha pas à la suivre, et hocha simplement la tête. Il resta là, à observer la nuit arriver.


C'est tout pour ce chapitre ! J'espère qu'il vous a plu, ça y est les choses sérieuses vont pouvoir commencer, mais vont-elles durer... c'est une bonne question ! J'espère vous revoir au prochain chapitre !

N'oubliez pas de laisser une review si ce chapitre vous a plu (et même s'il ne vous a pas plu d'ailleurs !), s'il y a des critiques à faire ou si certaines choses en particulier vous plaisent, ça me motive et je prends en compte tout ce que vous m'écrivez donc n'hésitez pas !

A la prochaine !