Bonjour, bonsoir tout le monde ! Je sais, je suis atrocement en retard (semi-partiels, tout ça) mais je n'ai pas abandonné, très loin de là ! J'espère que ce petit chapitre vous plaira ! En plus, c'est le Zutara month, ça tombe tout à fait à pic ! Sans plus de blabla, je vous laisse à votre lecture !

N'oubliez pas les review, ça m'aide vraiment à avancer ! Et merci à ceux qui en laissent systématiquement, vous êtes des perles !

Veuillez excuser les éventuelles fautes qui ont pu se glisser dans le récit :)


Résumé du chapitre précédent : Katara, Zuko, Kiyi, Suki et ses guerrières arrivent au Pôle Sud. Suki prend congé avec sa famille, ravie de revoir enfin sa fille et Sokka, et Zuko, Kiyi ainsi que Katara continuent de cohabiter. Cette dernière prête ses livres à Katara, qui apprend dans l'un d'eux ce qui est vraiment arrivé à Zuko le jour où il a reçu cette cicatrice. Ils échangent plus tard sur leurs craintes respectives, et se promettent de trouver une solution. Invités par le chef Hakoda, ce dernier pense que les disparitions de femmes au Pôle Nord pourraient avoir un lien avec la tentative d'assassinat dont Zuko avait fait l'objet.

*Chapitre 12 - Réunion*

Zuko ferma la porte de la chambre derrière lui. Il pouvait déjà sentir ses envies se réveiller à la vue de Katara qui commençait machinalement à enlever son kimono bleu. Il se glissa derrière elle et attrapa son kimono tandis qu'il descendait le long de son dos. Katara s'arrêta dans son geste, surprise, mais Zuko l'empêcha de se retourner.

« Laisse-moi faire », murmura Zuko à son oreille qui passa ses bras sous les siens pour délacer le devant de sa tenue blanche. Katara était toute rouge, incapable de répondre, ce qui le fit rire. Il embrassa la courbe de sa nuque. « Je n'aurais pas tous les jours l'occasion de te déshabiller, alors j'en profite »

Elle se laissa faire, levant les bras pour lui faciliter la tâche. Elle sentait son souffle lui chatouiller la nuque. Elle en profita pour s'insinuer dans sa chevelure corbeau, qui fut bientôt délivrée de son chignon. Zuko ayant fini de lui enlever sa tenue blanche, il la laissa se tourner vers lui. Elle se contempla, vêtue de ses bandages. Elle avait une moue perplexe. Zuko eut un air inquiet. Avait-il commis une erreur ?

Elle rit doucement. « Je devrais te laisser faire plus souvent », chuchota-t-elle les yeux pétillants de malice. « Tu sauras bientôt me déshabiller aussi bien que moi »

« Ah oui ? Et si tu me montrais tes talents alors ? », lui demanda-t-il sur un ton de défi. Elle voulait se payer sa tête ? Elle n'allait pas le faire longtemps.

Katara leva un sourcil, prête à relever ce défi. Elle avait eu l'occasion de le déshabiller si souvent dernièrement que ce ne serait qu'une formalité. Néanmoins, elle prit son temps. Ses mains détachèrent délicatement la ceinture qui maintenait son kimono noir et rouge fermé. Elle prit tout son temps pour le faire glisser sur ses bras. Ne restait que le pantalon. Ils étaient à égalité. Elle passa innocemment une main entre ses jambes, avant de remonter sur son torse. Zuko n'en revenait pas. Lui qui l'imaginait prude s'était lourdement trompé. En réalité, c'était quelque chose où elle n'avait aucune expérience. Elle n'aurait pas osé le faire avec Aang. Mais elle profitait du désir et de l'amour qu'elle éprouvait pour Zuko pour jouer un peu avec le feu.

Ce dernier, dont le désir était pleinement réveillé à présent, attrapa ses poignets brusquement et la plaqua contre le mur avant de l'embrasser à pleine bouche. Habilement, il maintint ses poignets au-dessus de sa tête d'une seule main, en profitant pour la titiller sournoisement entre ses cuisses et sur sa poitrine de son autre main. Elle gémit de plaisir contre ses lèvres. Il finit par relâcher ses poignets, qu'elle plaça derrière sa tête pour l'attirer davantage contre elle. Elle intensifia le baiser, attrapant ses cheveux pour l'empêcher de se dérober. Ses bandages furent défaits rapidement, Zuko n'ayant plus la patience d'attendre. Il n'avait jamais autant désiré quelqu'un.

Katara était quelque peu intimidée face à lui, non pas qu'elle n'en avait pas envie, mais la fougue de ses sentiments à lui et l'intensité de ses propres sentiments lui faisaient peur. C'était si inhabituel, c'était comme si tout à coup son corps était incendié à la fois de l'intérieur et de l'extérieur. Mais elle ne pouvait nier à quel point c'était bon. Elle le laissa déposer une myriade de baisers chastes et doux tout le long de son corps, jusqu'à l'intérieur de ses cuisses. Katara frissonna de plaisir et abandonna ses mains dans sa chevelure de jais. Il la caressait doucement mais fermement, ses mains chaudes suivant le tracé de ses baisers. Il releva les yeux vers elle, ce qui la fit rougir. Un sourire fendit ses lèvres et il remonta vers elle pour l'embrasser à nouveau. Elle attrapa le haut de son pantalon et le fit descendre le long de ses cuisses. Il était vraiment tout en muscles.

Ses yeux bleus passèrent brièvement sur sa virilité dressée. Son humeur était moins audacieuse que la veille, il le sentit et tâcha de retenir le désir incandescent qui enflammait son corps. Il attrapa gentiment l'une de ses mains, celle qui avait reçu la brûlure de l'éclair de Kiyi, et l'embrassa doucement. Il posa ensuite cette même main sur son visage, sur sa cicatrice. Katara fut surprise de ce geste. Et sentant les sillons de sa peau rugueuse, elle se souvint de ce qu'elle avait lu à son sujet. Un sentiment de tristesse étreignit son coeur. Zuko vit son regard se voiler légèrement. Son excitation retomba.

Il l'invita à s'asseoir sur le lit. Elle s'allongea, un frisson lié au froid des draps sur sa peau nue secoua son échine. Il se plaça au-dessus d'elle pour la réchauffer, fusionnant de nouveau ses lèvres avec les siennes. Le temps de la chaleur et de l'humidité n'était plus désormais. Puis il rompit le baiser. Les doigts de Katara retrouvèrent timidement sa cicatrice. Son oeil à demi-fermé se ferma, une expression de sérénité apparaissant sur l'autre partie de son visage.

« J'ai... Je sais ce qui s'est passé... Je suis désolée de penser à ça dans un moment aussi... », hésita Katara. « ...spécial »

Zuko parut frustré, mais commençait à comprendre l'expression de tristesse qu'elle avait eu plus tôt dans la journée. Il n'avait pas réalisé qu'elle n'avait jamais su avant cela ce qui lui était vraiment arrivé. Quel idiot il faisait ! Katara déposa un baiser sur son épaule pâle et prit sa main dans la sienne.

« Ce n'est rien... C'est du passé », soupira Zuko. « J'aurais dû te le dire moi-même... Tu sais, tu es la seule, avec mon oncle, à avoir pu la toucher... »

En réalité, la première fois qu'elle l'avait touchée à cet endroit, il avait été surpris de ne pas réagir. Il avait toujours repoussé quiconque tentait de la toucher, à l'exception de son oncle. Même Mai, et même sa mère et Kiyi n'avaient pas ce privilège. Et pourtant, à Ba Sing Se, lorsque Katara l'avait touchée pour la première fois, il avait senti déjà à cette époque quelque chose de surprenant se produire. Quelque chose de différent.

« Vraiment ? Je ne savais pas si je pouvais te toucher... comme ça », avoua Katara en caressant doucement mais avec plus d'assurance le côté gauche de son visage.

Zuko ferma les yeux à son contact. C'était apaisant. Essayant d'oublier l'aspect défiguré et peu plaisant à voir - du moins selon lui - de son visage, il s'abandonna petit à petit complètement à elle. Elle sourit et se plaça sur ses genoux, lui offrant un regard pour le moins intense. Il sentit son excitation revenir.

« Tu es vraiment déroutante, tu sais ? », chuchota Zuko en l'embrassant au coin des lèvres. Il ne s'attendait pas à cette réaction de sa part. Ses yeux bleus s'assombrirent, son désir ayant définitivement repris le dessus sur le reste.

Elle prit un air malicieux qui le fit craquer davantage, si c'était possible. « Ce n'est que l'un de mes nombreux défauts »

Il sourit. « Un défaut dont je sens que je vais raffoler »

Ils unirent à nouveau leurs deux corps, d'une manière plus douce et sensuelle que la veille. Katara sentit à peine la douleur, et se laissa porter par les sensations délicieuses que Zuko lui procurait. Ce soir, il voulait que ce soit elle qui trouve son plaisir. Il avait regretté de ne pas avoir pu se retenir davantage la veille. Ses mouvements étaient amples, sans jamais la brusquer. Katara, qui avait ses mains posées sur son dos, sentait sa musculature bouger à chacun de ses gestes. Elle gémissait légèrement à chaque allée et venue, faisant tout pour atténuer les sons qu'elle émettait malgré elle, ayant une peur bleue que Kiyi ou Ty Lee ne les entendent. Son corps se réchauffait petit à petit, son ventre sembla se resserrer autour de lui. Katara se sentit étourdie, comme saisie d'une émotion que son esprit ne parvenait pas à saisir et à contrôler.

Alors qu'il accélérait son rythme sous le coup de l'excitation, il sentit ses ongles se planter dans son dos mais ne broncha pas. Une de ses mains étaient appuyée sur son épaule à elle, pour la retenir contre lui. Ses yeux bleus se faisaient suppliants, et une main attrapa vigoureusement ses cheveux noirs comme pour l'inciter à aller plus vite, plus fort. Il eut un sourire en coin, et céda volontiers à ses désirs. Il la regardait résister face à son plaisir, une vision qui lui plut. Mais cela commençait à lui être pénible, elle finit par ressentir une irritation désagréable entre ses jambes et grimaça légèrement, assez pour que Zuko le remarque. Il réduit sa cadence jusqu'à s'arrêter. Elle lui en fut reconnaissante et l'attira doucement à elle pour l'embrasser. Il se retira complètement et la serra dans ses bras, ses lèvres unies aux siennes en un baiser amoureux.

Katara sourit contre ses lèvres, songeant qu'elle promettait d'être infernale à satisfaire pleinement. Zuko le comprit, mais fut dans un sens ravi de se voir opposer une certaine résistance. Gagner facilement n'était pas dans sa nature, encore moins lorsqu'il s'agissait de Katara. Mais il gagnerait. Et loin de gagner contre elle, cette fois, ce serait avec elle qu'il gagnerait. Il passa par-dessus elle pour s'asseoir à ses côtés.

« Je t'ai fait mal ? », chuchota Zuko, soucieux de savoir ce qui s'était passé.

« Je... Non, c'est juste... Je n'ai jamais vraiment eu l'habitude d'être autant sollicitée... de ce côté-là », souffla-t-elle, embarrassée.

Zuko sourit à son tour et répondit sur un ton plus léger. « Oh. Ne t'en fait pas, tu auras l'habitude à force, je suis loin de dédaigner ce genre de plaisir »

'Pas comme Aang', songea-t-elle tandis qu'elle riait. Ce dernier n'avait jamais vraiment été réceptif à ce genre de plaisirs. Pour lui, dans sa philosophie de moine, ce n'étaient pas là des choses qu'il devait ressentir. Mais elle chassa ses idées de la tête. Ils n'étaient pas comparables, et ne le seraient jamais. La passion amoureuse brûlait dans les prunelles ambrées de Zuko.

« Je crois que ça me plait bien à moi aussi », avoua-t-elle. Elle restait néanmoins frustrée de savoir qu'elle était passée à côté de ce plaisir pendant aussi longtemps. Au moins, tout serait différent à présent. Puis elle se souvint des difficultés qui les attendaient et son visage souriant se referma.

Zuko lui jeta un regard interrogateur, presque inquiet. Elle répondit à sa question silencieuse. « J'aimerais que les choses soient plus simples, quand nous étions plus jeunes, c'était plus simple. Il n'y avait pas... Tout ça »

« C'est vrai », dit-il en caressant sa main. « Mais on trouvera un moyen, je te le promets »

Katara lui sourit, puis posa sa tête contre son épaule, le laissant caresser ses longs cheveux bouclés. « Je t'aime Zuko », murmura-t-elle.

Sa main s'arrêta de la caresser, comme sous le choc par ce qu'elle venait de dire. C'étaient des mots qu'il n'avait que trop rarement entendu dans le passé, à l'exception de son oncle, de sa mère et de sa soeur Kiyi. Pendant longtemps, il pensait comme Mai et sa soeur que les manifestations d'affection étaient ridicules et puériles. Mais il avait compris grâce à son oncle que le pardon et l'amour étaient bien plus puissants que le reste.

Longtemps il s'était demandé comment son oncle pouvait lui pardonner aussi facilement tous ses écarts de conduite et toutes ses fautes. Et il s'était rendu compte que c'était l'amour que sa mère lui avait donné quand il était petit, que c'était l'amour qui lui avait été refusé tant de fois par son père et Azula, et que c'était encore l'amour qui l'avait conduit à être indulgent avec Azula au début de son règne.

Il n'avait désormais plus peur de manifester ses sentiments à présent, du moins pas en ceux en qui il avait confiance. Et il savait que parce qu'il aimait Katara sincèrement, ils trouveraient une solution pour rester ensemble. C'était une promesse qu'il lui faisait et qu'il se faisait à lui-même.

« Je t'aime Katara », murmura-t-il.

Ils finirent par se coucher ensemble, Katara redoutant le lendemain matin, et craignant surtout que Sokka ne fasse irruption comme il aimait si bien le faire. Finalement, elle songeait que ce n'était pas son père qui serait le plus redoutable à convaincre, mais bel et bien son frère. Et Aang ne facilitait pas les choses par son arrivée, prévue au lendemain. Elle soupira. Ce n'était pas gagné.


La nuit fut pénible pour Zuko, son chi était toujours perturbé à cause de la présence constante du soleil au dehors. Il songea que cela devait ressembler à peu de choses près à ce que Katara vivait lorsque la nuit demeurait 6 mois durant. Katara dormit d'un sommeil relativement léger, sentant Zuko se retourner sans cesse sous les draps. Finalement, il avait fini par se coller à elle comme lors de leur dernière nuit ensemble pour finalement ne plus bouger. Lorsqu'elle se réveilla, son bras pâle la tenait par la taille et elle pouvait sentir son souffle léger contre sa nuque. Il avait dû écarter ses cheveux pour ne pas être gêné.

Katara savait qu'elle devait se lever tôt aujourd'hui pour aller s'occuper de Siku. Mais lors des six mois de jour au Pôle Sud, le temps prenait une dimension très étrange. Le soleil ne faisait que monter et descendre sans jamais disparaître. Il était encore bas dans le ciel, signe qu'il restait encore un peu de temps à Katara. Elle aurait voulu serrer Zuko contre elle, mais ne voulait pas prendre le risque de le réveiller, lui qui avait tant lutté pour s'endormir. Alors elle resta à somnoler un peu jusqu'à ce que l'heure soit venue.

Elle finit par se lever, essayant de ne pas réveiller Zuko, qu'elle embrassa tout de même d'un baiser léger sur le front. Puis elle remit ses bandages, ne les ayant pas remis la veille après leur moment d'amour. Elle n'avait jamais dormi nue auparavant. Puis elle passa son kimono et son manteau polaire avant de quitter la pièce. Descendant les escaliers, elle remit de l'ordre à ses cheveux. Son coeur rata un battement lorsqu'elle tomba nez à nez avec Kiyi qui s'avançait pour monter les marches.

« Oh Kiyi, tu m'as fait peur », lui dit Katara.

« Désolée. Zuko va bien ? Je n'ai presque pas fermé l'oeil cette nuit... », avoua cette dernière. Son visage enfantin était effectivement fatigué, ses traits étaient tirés.

Katara se tendit légèrement. Si elle n'avait pas fermé l'oeil, peut-être les avait-elle entendus ? Elle priait pour que ce ne soit pas le cas. « Il va bien, mais je crois qu'il a eu autant de difficulté que toi à dormir. Je ne pensais pas que le soleil avait autant d'effet sur vous les maîtres du feu »

Kiyi étouffa un bâillement. « Moi non plus, à vrai dire. Enfin je savais que je fatiguais quand le soleil se couchait, mais j'ignorais à quel point il pouvait nous tenir éveillé »

« J'espère que ça ira mieux, tu voudrais m'accompagner ce matin ? Je vais voir mon apprentie, peut-être qu'on croisera Sokka. Enfin si tu ne te sens pas trop fatiguée bien sûr », lui dit Katara qui dressait une table pour le petit déjeuner.

Kiyi parut embêtée. « Je n'ai pas envie de laisser Zuko tout seul... »

Katara sourit. Elle était aussi prévenante que son frère. Et elle savait qu'ils étaient en territoire inconnu, et qu'en dépit de sa garde, nul ne savait ce qui pouvait arriver. Zuko étant toujours dans l'incapacité de se défendre, Kiyi se voulait d'honorer ce devoir elle-même.

« Ty Lee est là ? », demanda Katara. Elle venait de se souvenir que cette dernière était présente la nuit passée.

« Je crois qu'elle est dehors avec Suki », lui dit Kiyi. Katara soupira. Elle sentait déjà le regard narquois et inquisiteur de cette dernière peser sur elle, par rapport à la nuit dernière. La journée allait être longue.

« Tiens, prend un peu de viande, ça te remettra d'aplomb. Il y a aussi des galettes de farine si tu veux. Je vais aller voir Suki », fit Katara en désignant les aliments. Kiyi était curieuse de goûter la viande du Pôle Sud, salée à souhaits. Aussi ne rechigna-t-elle pas à manger. Elle faisait sans le savoir comme Katara, qui roulait la viande dans les galettes de farine pour la manger.

Cette dernière vérifia son reflet dans le miroir puis sortit. Suki était là, démaquillée, en train de discuter avec Ty Lee, Hua sur son dos. Les enfants ne marchaient pas si tôt au Pôle Sud, les accidents liés à la glace étant très fréquents. Hua avait fait sa timide toute la veille, mais semblait à présent bien réveillée.

Cette dernière remarqua immédiatement Katara et s'empressa de le faire savoir. « Tata ! »

Sa mère se retourna et vit effectivement Katara. « Hé Katara ! Bien dormi ? », l'appela Suki en lui faisant signe.

Katara s'approcha d'elles avec un sourire. « Ça va, et vous ? »

Ty Lee fut la première à répondre et étouffa un bâillement. Katara était anxieuse de connaître sa réponse, ayant toujours peur que cette dernière ne les ait entendus. « Calme comme un lac ! D'ailleurs moi je vais dormir ! Qui doit venir me remplacer ? »

« Shina, elle arrive », indiqua Suki qui la désigna. Cette dernière arrivait d'un pas tranquille. Katara se souvenait d'elle, elle était souvent de garde avec Suki, mais n'avait jamais pu savoir son nom. « Ah moi, la petite puce ne m'a offert aucun répit. Elle a voulu dormir avec moi la nuit dernière »

« Maman, je veux descendre ! », fit cette dernière avec insistance.

Suki lâcha un soupir, ce qui fit rire Katara. « Attend je vais la prendre avec moi »

« Je veux marcher ! », rétorqua la petite. Katara l'aida à descendre du dos de sa mère en défaisant le tissu épais qui la maintenait contre cette dernière, et la mit sur ses deux petites jambes dans la neige.

« D'accord pour marcher, mais tu me tiens la main, ça glisse ici », lui dit Katara en prenant sa petite main dans la sienne. Hua fit la moue mais sourit en voyant qu'elle parvenait à marcher sans glisser.

Katara entreprit de marcher avec elle, Suki la suivant de près. Shina était déjà postée devant le bâtiment. Elle n'avait fait qu'un signe de tête en signe de salutation. C'était quelqu'un d'assez taciturne. L'inverse de Ty Lee en somme.

« Comment va Zuko ? », lui demanda Suki.

« Disons qu'il a peiné à trouver le sommeil, avec ce soleil », fit Katara. « Mais je crois qu'il s'est finalement endormi ce matin, je n'ai pas voulu le réveiller »

Suki remarqua que Katara paraissait nerveuse. « Il s'est passé quelque chose ? »

« Non... C'est juste... Aang devrait arriver aujourd'hui et... Enfin, c'est toujours compliqué, je ne sais pas comment on va faire », lui dit Katara qui tâchait de minimiser les détails. Hua ne comprenait peut-être pas tout, et ne semblait visiblement avoir cure de ce que les deux femmes disaient, mais il ne valait mieux pas prendre de risques. « Et Ty Lee ? Elle est au courant ? »

« Elle a des soupçons. Vos "auras" semblaient rayonnantes ces derniers jours selon elle. Surtout celle de Zuko, qu'elle a eu le temps d'observer quand nous le protégions au début de son règne », expliqua Suki avec un petit sourire. Elle n'était pas contre voir Zuko de bonne humeur, c'était si rare.

Katara hocha doucement la tête. Ce truc des auras était un peu comme les pieds de Toph, capable de tout deviner. D'ailleurs Katara se demandait si Aang serait accompagné de Toph. Si tel était le cas, elle saurait au moment où elle les verrait qu'ils étaient "ensemble". Katara ne pouvait pas tellement parler de couple, ils devaient se cacher de tout le monde pour le moment. Suki reprit.

« Mais ne t'en fait pas, c'est une tombe quand elle veut. Pour le reste, on trouvera un moyen », la rassura Suki. « Aang est plus compréhensif que tu ne le penses »

« Je sais bien, j'ai vécu des années avec lui je te rappelle... Mais je préférerai qu'il ne le sache pas tout de suite. Du moins pour l'instant », fit Katara. Celle-ci leva les yeux vers le soleil, qui montait petit à petit dans le ciel. « Je devrais aller voir Siku, elle doit m'attendre »

Suki vit qu'elle hésitait à l'idée de laisser Kiyi et Zuko seuls. Suki la rassura aussitôt. « Ne t'en fait pas pour eux, Shina est là. Ils nous rejoindront plus tard, j'ai dit à Shina que tu allais voir Siku, au cas où ils auraient besoin de toi pour l'épaule de Zuko »

« Parfait. Son épaule va bien normalement, mais il faudra la rééduquer correctement s'il veut pouvoir s'entraîner à nouveau et maîtriser son feu au même niveau qu'avant », dit Katara avec un soupir. Le chemin promettait d'être long, d'autant qu'elle savait que Zuko était plus qu'infernalement impatient de reprendre l'exercice. Mais elle ne s'en plaignait pas, jugeant que dans la même situation, elle serait peut-être même encore plus impatiente que lui.

« Tu t'en sortiras à merveilles », fit-elle avec un clin d'oeil. Katara rougit, consciente du sous-entendu que son amie venait de faire. « Je t'accompagne »


Zuko émergea péniblement de son sommeil. Il avait passé une sale nuit, à se retourner dans tous les sens, incapable de trouver le sommeil. Au moins, ce n'était pas à cause de sa paranoïa ou de la douleur, mais bien à cause du soleil. Son chi était complètement perturbé, ce qui lui donnait la sensation d'avoir mal au cœur. Il ouvrit les yeux et constata l'absence de Katara. Ses lèvres se pincèrent. Il était déçu qu'elle ne soit pas là avec lui. S'enivrant de l'odeur qu'elle avait laissé sur son oreiller, il se redressa brusquement. Quelle heure était-il ? Il espérait ne pas avoir dormi trop longtemps, quelle image cela donnerait de lui ?

Il attrapa un pantalon propre qu'il avait amené avec lui, ainsi qu'une tunique qui ressemblait en tous points à celle qu'il portait habituellement, si ce n'était qu'elle était doublée pour garder la chaleur. Il détestait le froid, qui réduisait ses flammes à peau de chagrin et réveillait une douleur familière dans son épaule en convalescence. Il voulut enfiler trop vite sa tunique et son épaule le rappela aussitôt à l'ordre.

« Bon sang ! Ah ! », râla-t-il en s'arrêtant net dans son geste.

Il serra des dents et enfila précautionneusement sa manche. Et lorsqu'il voulut faire son chignon habituel, il échoua lamentablement et poussa un nouveau grognement. La journée allait être longue. Et ce n'était pas avec une tenue si peu décente pour son rôle de Seigneur du feu qu'il allait mettre le nez dehors. Il soupira, mit ses bottes et sortit de la chambre.

Il salua la guerrière Kyoshi qui se tenait dans le couloir, et lorsqu'il demanda où se trouvait Kiyi, celle-ci pointa de la tête le bas de l'escalier. Taciturne et discrète à souhaits, c'était des qualités qu'il appréciait, surtout lorsqu'il était de mauvaise humeur. Il songea qu'il n'était pas vraiment de mauvaise humeur, il était agacé que son corps ne soit pas aussi adaptable qu'il l'aurait cru. Le climat du Pôle Sud et lui allaient avoir un peu de mal à s'entendre.

Kiyi était assise et lisait sur la table. Une assiette était posée de l'autre côté, recouverte d'une cloche en métal. Kiyi la lui avait laissée pour qu'il mange. Cette dernière leva les yeux et sourit en voyant son frère. Ce dernier se sentait penaud à l'idée d'avoir dormi plus que sa soeur, mais essaya de ne pas y penser. Il était toujours en voie de guérison après tout, et donc pas au sommet de sa forme.

« Ça va Zuzu ? Tu as l'air... fatigué », dit-elle d'une voix pleine de sollicitude. Elle n'avait pas beaucoup dormi elle non plus visiblement.

« Toi aussi, Kiyi », lui dit Zuko avec un léger sourire. Il jeta un coup d'oeil dehors, tentant d'estimer l'heure qu'il était. Mais impossible de savoir. Il choisit une autre approche. « Tu sais où est Katara ? »

« Elle est partie avec Suki chercher Siku. Je crois qu'elles allaient à la maison de médecine. Katara ne devrait plus tarder, elle m'a dit qu'elle revenait. Je crois qu'elle s'inquiète pour toi », répondit Kiyi en feuilletant distraitement son livre. C'était celui sur les seigneurs du feu. Zuko se dit que Katara devait l'avoir lu la veille, ce qui expliquait l'attitude de celle-ci la veille lorsqu'il lui avait fait toucher sa cicatrice pendant leur moment d'amour.

Si sa soeur savait à quel point Katara s'inquiétait pour lui... Réprimant un sourire amusé, il s'assit là où se trouvait l'assiette et souleva la cloche. De la viande séchée et des galettes de farine. Plus simple que ce dont il avait l'habitude, mais ce n'était pas le pire qu'il ait eu à manger. Avec son oncle ils avaient parfois mangé des choses infâmes durant leur exil. Ce n'était pas mauvais, mais ça manquait cruellement d'épices. Mais plus encore, c'était Katara qui lui manquait. Était-ce possible que quelqu'un lui manque à ce point aussi vite ? Il se faisait peur. En quelques jours il avait l'impression d'avoir changé... tout en étant resté le même. C'était déroutant. Il termina son encas, qu'il essaya de limiter car s'ils devaient déjeuner bientôt, il serait sage et respectueux de montrer de l'appétit. Son bras ne s'apaisait pas, mais il serrait les dents. Il décida de relire ce que ses conseillers lui avaient conseillé la veille. Ces derniers étaient restés à bord du dirigeable. Si une attaque se produisait, ils seraient capables d'agir ou de prévenir son oncle.

Ce n'est que lorsqu'il atteignit la trentième page du rapport que Katara fit son apparition. Son coeur sembla se réchauffer tout à coup. Elle était toujours aussi belle, même s'il l'avait déjà vue des dizaines de fois dans ses tenues bleues. Tout demeurait simple au Pôle Sud, tous portaient les mêmes types de vêtements, qu'ils soient de la famille du chef ou non. Mais Katara les éclipsait tous aux yeux de Zuko.

« Je me demandais si tu allais te réveiller un jour », la taquina Katara qui enlevait son manteau.

Zuko se renfrogna. Ce n'était pas son genre de dormir autant. « Et bien... Oui »

« Je te taquine », sourit Katara. « Comment va ton épaule ? »

Zuko soupira. Elle lui faisait mal, ce n'était certes pas aussi douloureux qu'avant, mais c'était assez désagréable. Il l'avait senti lorsqu'il s'était habillé. Mais il détestait se reconnaître comme faible devant elle. Et pourtant, elle l'avait vu au plus bas. « Un peu mal, mais ça ira »

« Menteur, je t'ai entendu râler ce matin », fit Kiyi sans lever le nez de son livre. Zuko se tourna vers elle, irrité, mais elle ne lui jeta pas un regard, se contentant de sourire. Katara se mordit la lèvre pour dissimuler son amusement intérieur. Il voulait toujours montrer qu'il était le meilleur.

« C'est à moi d'en décider », trancha Katara, qui lui fit signe de venir dans la pièce d'à côté tandis qu'elle allait chercher un peu d'eau pour soulager son épaule.

C'était un salon de taille spacieuse. Les sièges, en bois, étaient couverts de fourrures diverses, rendant le tout confortable. Ils auraient pu aisément réunir une dizaine de personnes dans la pièce. Les rideaux bleus laissaient passer faiblement la lumière du soleil. Katara en tira un pour faire entrer plus de lumière, puis s'assit. Zuko fit de même. Ses lèvres étaient pincées, signe qu'il était contrarié. Et Katara se doutait de la raison, mais préféra en être sûre.

« Qu'est-ce qui ne va pas ? », demanda-t-elle tandis qu'elle l'aida à défaire un pan de sa tunique pour révéler son épaule.

La cicatrice qu'il portait commençait à avoir un aspect normal. Il n'y avait plus de rougeurs et il ne semblait pas y avoir d'infection. Katara comprit que la douleur venait de l'intérieur de son épaule, et non de la plaie. Sans doute le froid, auquel son corps était loin d'être habitué.

« Rien », grommela-t-il. Il fronça les sourcils quand Katara appliqua son eau sur son épaule.

« Bien sûr... », soupira Katara. Elle pensait qu'il était contrarié de ne pas guérir assez vite et d'être plus faible qu'elle en ce moment. Mais elle ne fit aucune remarque.

Zuko se sentit beaucoup mieux. « Merci... Je te dois tellement », murmura-t-il. Il semblait réellement à bout de nerfs.

« Oh ! », fit tout à coup Katara comme si elle venait d'avoir une révélation. D'une certaine façon, c'était le cas. Elle replaça l'eau dans son contenant. « Tu es contrarié parce que tu penses me devoir quelque chose ? Sérieusement, Zuko ? Tu ne me dois rien du tout ! »

Ce dernier répondit aussitôt, élevant la voix. « Bien sûr que si ! Et même si je ne te devais rien... Je suis faible, et je ne peux même plus me défendre tout seul ! Et tout ça parce que j'ai été assez bête pour penser qu'il n'y avait que ma famille pour maîtriser les éclairs ! Mais quel idiot je suis ! », explosa-t-il en se levant tout à coup. « Quel genre de dirigeant suis-je donc ? Je suis incapable de défendre les personnes que j'aime ! Comment puis-je défendre ma nation... »

Il finit par soupirer comme s'il venait de se souvenir de respirer. Katara se leva doucement. « Tu as tort, Zuko. Et je vais te le prouver »

Elle s'approcha doucement de lui, ce dernier ne comprenant pas de quoi elle parlait. Il voulut remettre sa tunique correctement, mais elle l'en empêcha, l'ouvrant au contraire un peu plus. Puis elle passa sa main sur son ancienne cicatrice, qu'il portait au milieu du torse.

« Tu te souviens de ça ? Si tu n'avais pas été là pour me protéger, je ne serai plus là aujourd'hui. Et tu ne l'as pas fait que pour moi, tu l'as fait comme tu l'aurais fait pour n'importe lequel de tes sujets. Parce qu'un dirigeant doit être prêt à tout sacrifier pour sa nation. Tu as ça en toi », dit-elle avec douceur.

Elle se souviendrait de ce moment toute sa vie. Ce moment où il avait mit sa vie en danger pour sauver sa personne.

« Tu n'es pas faible Zuko. Regarde-toi, tu as pris un éclair il y a quoi... à peine une semaine et quelques ? Et pourtant tu es là, debout », dit-elle, presque ébahie par ce qu'elle disait. Zuko lui avait causé des sueurs froides avec son état. Il lui était arrivé de penser qu'il ne s'en relèverait pas cette fois. Et pourtant, il était toujours là. « Tu n'as pas idée de l'état dans lequel je t'ai vu, j'ai... j'ai cru... J'avais beau penser que tu t'en sortirais, je n'en étais jamais sûre. Tu m'as prouvé que j'avais raison d'y croire. Ton épaule sera bientôt guérie, ce n'est qu'une question de temps. Et on retrouvera ceux qui ont fait ça, je les ferai payer moi-même s'il le faut ! »

Elle avait l'air si féroce à cet instant. Comme lorsqu'elle avait menacé de le tuer lorsqu'il était devenu un membre de leur groupe. Sauf que cette fois, c'était différent. Ce n'était pas lui qu'elle tuerait cette fois, mais ceux qui oseraient le toucher à nouveau. Katara ne les laisserait pas faire, jamais. Elle s'en fit le serment. Elle n'avait pas pu le protéger contre ses ennemis au Palais, ça n'était pas son rôle, mais elle le protègerai contre tous ceux à venir. Elle avait choisi de se lier à lui, elle ne faillirait pas. Et ce n'était pas uniquement pour ce que Zuko représentait aux yeux du monde, mais pour la personne qu'il était à ses yeux à elle.

Zuko s'approcha timidement d'elle et lui prit une main. Il semblait soucieux. « Tu as toujours les mots justes », finit-il par dire avec un léger sourire. Toute trace de colère avait disparu pour le moment. Il n'était pas seul, et il ne le serait plus. Peu importe la manière, il trouverait un moyen de rester avec elle.

Katara soutint son regard un petit moment. Elle aimerait tellement le serrer dans ses bras, lui dire qu'elle l'aimait et qu'il était sa force. Ce ne serait pas peu dire, elle réalisait combien elle avait donné en énergie pour le maintenir en vie. Même pour Aang elle ne s'était pas privée de sommeil, et pourtant elle s'en occupait chaque jour. Elle aurait voulu lui dire tout cela. Mais pour l'heure, ce n'était pas possible.

La porte s'ouvrit brusquement dans la pièce d'à côté et ils se lâchèrent les mains. Zuko réajusta sa tunique en deux temps trois mouvements. Kiyi sursauta, manquant d'en faire tomber son livre. Elle avait tout entendu de la conversation entre son frère et Katara, et était tout à fait d'accord avec cette dernière. Tous scrutèrent l'entrée et virent Sokka faire irruption dans un vacarme qui froissa les oreilles de Zuko, qui songea que Sokka avait autant de subtilité et de délicatesse qu'un Rhino Komodo.

« Salut tout le monde ! Aang est arrivé avec le roi de la Terre ! Et devinez quoi ? Toph est de la partie ! », s'écria-t-il avec un grand sourire.

C'était exactement ce que Katara craignait, mais elle ne laissa rien paraître. Zuko quant à lui était en train de comprendre ce que ça signifiait. Il se disait que ne pouvant être pieds nus au Pôle Sud avec toute cette neige, elle ne s'apercevrait de rien. Mais c'était mal connaître Toph. Sans compter Ty Lee et sa capacité à lire les auras. Zuko n'y avait pas encore songé, mais Katara elle y pensait beaucoup. Suki et Ty Lee étaient déjà au courant, et bientôt Toph le serait aussi.

« Vraiment ? Nous devrions aller les accueillir dans ce cas », fit Katara avec un sourire forcé. Elle reprit son manteau et Zuko put mettre le sien, son bras ne le faisant plus souffrir. Kiyi fit de même avec son manteau fourré noir, salua Sokka, et tous sortirent de la maison.

« Dit Sokka, on fera des chaussures de glace aujourd'hui ? J'ai vraiment envie d'apprendre ! », fit Kiyi avec un sourire.

« Je ne pense pas pouvoir rester avec toi aujourd'hui pour ça Kiyi, nous devons commencer à discuter. Il ne manque plus que la délégation du Pôle Nord pour cette réunion », fit-il en se tournant vers Zuko pour être sûr qu'il entende. « Mais je crois que Sura sera ravie de t'apprendre ! Elle maîtrise vraiment son sujet, Toph a eu une bonne idée avec les lames de métal »

« Oh ce serait vraiment formidable ! Tu es d'accord, Zuko ? », demanda-t-elle. En l'absence de sa mère, c'était à lui de décider.

« Oui, mais soit prudente », fit Zuko avec prévenance. Même s'il ne s'inquiétait pas trop, après tout ils avaient une guérisseuse de renom et une autre en devenir, il préférait rester prudent. Comme toujours.

Elle sourit de manière entendue puis se tut, toute heureuse de pouvoir découvrir une nouvelle activité qu'elle n'aurait jamais l'occasion de pratiquer à la Nation du feu. Sokka raconta plus ou moins les potins du jour à Katara et Zuko. Ce dernier soupira devant le moulin à paroles qu'était le frère de celle-ci. Il ne s'arrêtait jamais, mais Zuko ne dit rien et se contenta d'hocher la tête de temps en temps pour ne pas contrarier Sokka.

Ils arrivèrent au même endroit où le dirigeable de Zuko s'était posé. Appa était là, et Aang, et Toph, ainsi que le dirigeable du roi de la Terre. Ce dernier descendait justement accompagné de son ours Bosco. Zuko trouvait toujours cela extrêmement ridicule, mais se gardait toujours de faire le moindre commentaire. Au moins il ne pouvait pas être pire que Kuei en tant que dirigeant. Katara trouvait son ours assez amusant, mais déplorait le manque de sérieux de son maître. Mais elle souriait, il fallait de tout pour faire un monde. Elle se tenait à côté de Zuko, se surprenant encore à remarquer le fait qu'il était beaucoup plus grand qu'elle. Le sommet de sa tête arrivait à peine au-dessus de l'épaule de ce dernier.

Toph et Aang furent les premiers à arriver jusqu'à eux. Zuko était ravi de voir son ami, qu'il n'avait pas vu sur ses deux pieds depuis un certain temps à présent. Ils s'étreignirent comme les vieux amis qu'ils étaient.

« Je suis content de te voir debout, mais je savais que tu serais entre de bonnes mains », lui dit Aang en se tournant vers Katara, qu'il étreignit de façon plus modeste, plus distante. Le malaise était toujours perceptible entre eux lorsqu'ils n'étaient pas dans le feu de l'action.

Il étreignit enfin Sokka qui avait un sourire jusqu'aux oreilles, et salua respectueusement les guerrières Kyoshi, Suki, qui n'avait toujours pas repris son service de manière officielle, et Kiyi qu'il serra dans ses bras. Lui arborait toujours les couleurs des nomades de l'air, avec une tenue néanmoins prévue pour les grands froids du Pôle Sud. C'était Katara qui le lui avait cousu, ce qui lui rappela nombre de souvenirs qui n'étaient désormais plus que cela : des souvenirs.

Toph salua tout le monde d'un simple signe de la main. « Je ne fais pas trop dans les câlins, mais le cœur y est. Ça fait longtemps ! »

Katara sourit. Toujours égale à elle-même. Tous saluèrent respectueusement le roi de la Terre Kuei, puis Toph se dirigea vers la cité d'un pas décidé. Sentant que les autres n'avaient pas l'air de suivre, elle se tourna vers eux. « Bon vous venez ou vous prenez racine ? »

Ils suivirent tous la cadence. Aang resta à l'arrière avec Zuko, pour discuter de ses découvertes. Il préférait pour le moment que seul un nombre restreint de personnes soit au courant. Et puisque Zuko était le principal concerné, ce serait le premier à le savoir. Katara décida de les laisser entre eux et de détourner l'attention de son frère avec l'aide de Kiyi et de Toph.


« Qu'as-tu découvert, Aang ? », lui demanda Zuko. Il était fatigué de ne pas savoir et d'être dans l'attente. Il avait besoin de passer à l'action. Et il avait besoin d'en finir avec tout ça pour pouvoir enfin prétendre construire une relation avec celle qu'il aimait.

« En fait... Peu de choses. Toph a envoyé ses élèves sillonner le Royaume de la Terre, ils nous tiendront informés. Ils sont extrêmement discrets, Je n'ai pas pu en tracer un seul. Mais je ne crois pas qu'ils soient dissimulés, au contraire, je pense qu'ils œuvrent au grand jour. Mais aucune des personnes disparues au Pôle Nord n'est reparue depuis. Non plus que ceux ayant disparu au Royaume de la Terre. Je continuerai de chercher, je pense que si nous découvrons où sont ces personnes, nous pourrons les vaincre »

« Tout ça ne me dit rien qui vaille. S'ils œuvrent au grand jour, cela veut dire qu'ils ont des espions partout. Peut-être même ici », fit Zuko d'une voix inquiète.

Il était inquiet pour sa famille, même s'il savait pertinemment que son oncle ne se laisserait pas prendre aussi facilement. Et pour Kiyi, car même s'ils étaient entourés de puissants maîtres, et même si elle-même en était une en devenir, il n'aimait pas la savoir exposée au danger.

« J'ai demandé à mon oncle d'examiner avec soin les comptes de nos compagnies exportatrices. L'argent est le nerf de la guerre, peut-être que si nous trouvons une anomalie, nous pourrons remonter jusqu'à eux. J'avais songé à demander une coopération de la part du royaume de la Terre sur ce sujet, étant notre plus grand allié du point de vue commercial. Toph travaille beaucoup avec les ingénieurs du métal, peut-être qu'elle pourrait intervenir », dit Zuko, qui exposait déjà ce qu'il allait dire lors de la réunion.

« C'est une bonne idée Zuko. Mais je pense que nous devrions attendre la réunion pour en discuter. Si des espions se cachent parmi nous et recherchent des informations, il ne vaudrait mieux pas leur donner de quoi se sustenter. Peut-être que distiller de fausses informations pourrait les révéler au grand jour. Mais je suggère que nous parlions de cela quand nous y serons », déclara Aang avec sagesse.

« D'accord », dit Zuko.


« Comment vont tes élèves, Toph ? », demanda Katara avec un sourire.

Toph sourit à son tour d'un air narquois. « Ils sont moins benêts qu'avant, je leur dois au moins bien ça. Et nous avons de plus en plus de recrues en maîtrise du métal. Je les ai laissé en compagnie des plus aguerris dans leur quête d'informations. J'espère que Tête de Flèche ne fait pas fausse route »

Katara se rembrunit. Elle ignorait encore comment élucider ce mystère. Et comment trouver une solution à l'histoire compliquée qu'elle venait à peine d'entamer avec Zuko. Mais elle tâchait de ne pas trop y penser, de peur que Toph ne se doute de quelque chose. Mais celle-ci, Katara l'ignorait, se doutait déjà de quelque chose.

« Vous maîtrisez vraiment le métal ? », demanda timidement Kiyi. Puis elle se reprit, réalisant qu'elle n'avait encore jamais vu Toph. Sa mère la rabrouerait pour son manque de manière. « Oh hum... Je crois que nous n'avons pas été présentées, je suis Kiyi, la... »

« ...Deuxième petite soeur de l'Étincelle je présume ? Ça se sent, tu es toute raide comme ton frère. De vrais piquets ma parole ! », s'esclaffa Toph avant de reprendre un peu de sérieux. « Je suis Toph, le plus grand Maître de la Terre de tous les temps, et tu peux me tutoyer, je n'ai que faire des politesses »

Katara rit. « Tu as l'art de t'introduire, dis-moi... »

« Tu ne crois pas que tu exagères un peu ? », renchérit Sokka.

« J'ai inventé la maîtrise du métal, je crois même que mon titre n'est pas à la hauteur de cet exploit », répondit Toph sur un ton sarcastique.

Kiyi demeura ébahie. Elle rencontrait enfin la créatrice de la maîtrise du métal. Zuko lui en avait beaucoup parlé, à sa demande. Iroh trouvait bon qu'elle puise comme lui et son neveu dans la sagesse des quatre éléments. C'est ainsi qu'elle a apprit que la maîtrise de la terre pouvait se muer en maîtrise du métal, tout comme la maîtrise du feu se muait en maîtrise des éclairs. Et elle voulut bien évidemment en savoir plus, et après avoir tanné Zuko pendant plusieurs soirs d'affilée, il avait fini par lui raconter certaines de ses histoires impliquant Toph la Fripouille Aveugle.

« C'est incroyable ! Et c'est v... toi qui a créé les chaussures de glace ? Zuko a dit que je pourrais essayer d'en faire ! », s'exclama Kiyi, toute guillerette.

« Oui, c'est moi ! », commença Toph.

Sokka l'interrompit brutalement, lui faisant signifier son désaccord. « Hey ! »

« D'accord, c'est Sokka qui a eu l'idée, mais c'est moi et mes élèves qui les avons fabriquées. A dire vrai, je n'avais pas vraiment d'avis sur le sujet, je ne vois pas grand chose sur la neige et sur la glace, même si j'entends parfaitement ce qui se passe autour de moi. Mais apparemment ça a pas mal facilité les choses pour le Pôle Sud, alors... Et puis ça fait un exercice supplémentaire pour mes élèves, ils n'en font jamais assez à mon goût ! »

« Si nous allions déjeuner ? Papa est impatient de vous revoir, surtout toi Aang ! », lança Sokka à l'adresse de ce dernier qui était encore loin derrière avec Zuko. Katara s'inquiétait de ce qu'Aang avait pu découvrir, mais tâcha de ne rien laisser paraître.

Ils furent à nouveau tous invité à manger en compagnie d'Hakoda, mais n'évoquèrent que peu le sujet de leur présence. Ils préférèrent au contraire parler des récentes améliorations ainsi que celles prévues pour le mois prochain. Zuko avait promis d'envoyer ses meilleurs ingénieurs pour aider à l'agrandissement du port modeste dont jouissait le village. Le Roi de la Terre Kuei promit la même chose, et parla du partenariat entre les entreprises du royaume de la Terre et celles de la Nation du Feu. Sokka de son côté avait comme toujours foule d'idées sur l'aménagement du port et les nouveaux navires dont pourrait bénéficier sa tribu. Il fallait également renforcer leurs défenses car contrairement au Pôle Nord qui jouissait d'une population de maîtres assez nombreuse pour renforcer les bâtisses avec de la glace, ce n'était pas le cas de leur tribu soeur du Pôle Sud.

Les quatre restèrent à discuter et Katara décida finalement d'accompagner Kiyi pour voir Sura. Zuko était entre de bonnes mains, et Aang saurait rappliquer dans la seconde s'ils avaient besoin d'elle. De plus, cela lui éviterait une gaffe quant à sa relation avec Zuko. Mais c'était sans compter sur Toph qui choisit de les accompagner.

Sura était plus que ravie à l'idée d'apprendre à Kiyi comment patiner correctement. Siku était également de la partie, espérant égaler sa soeur en maîtrise de l'eau sur la glace. Toph façonna un siège confortable pour elle, ne trouvant aucune utilité à patiner. Et elle devait soutirer certaines informations à Katara. Sura aida Kiyi à s'équiper et en profita pour faire connaissance.

« Une princesse de la Nation du feu ? Oh... Euh... », fit Sura avec appréhension. Elle et sa soeur avaient caché leur maîtrise pendant longtemps par crainte de la Nation du feu. Et voilà que la princesse en personne souhaitait glisser sur la glace avec elles.

« Ça pose un problème ? », demanda gentiment Kiyi, qui ne soupçonnait rien quant aux deux soeurs.

Siku intervint. « Pas du tout ne t'en fait pas, allez viens on va te montrer ! »

Et finalement l'appréhension de la plus jeune s'évapora en s'apercevant de la gentillesse de Kiyi. Cette dernière tomba plusieurs fois sous l'expression grimaçante de Katara à chaque fois que cela se produisait. Mais Kiyi disait que tout allait bien et persévérait. Sura leur montra plusieurs tours, maîtrisant la glace sous forme liquide tandis qu'elle enchaînait sauts et pirouettes.

Toph de son côté commença à titiller sa maître de l'eau favorite. « Zuko a l'air d'aller bien, tu aurais vu Aang quand il est venu me trouver sans même savoir s'il avait survécu, j'ai cru qu'il allait entrer en état d'Avatar. Et vu que tu n'es plus là pour le calmer, j'ai dû l'assommer un moment pour qu'il reprenne ses esprits »

Katara se renfrogna à l'évocation de sa rupture avec Aang, et préféra occulter cette partie, au grand plaisir de Toph qui n'attendait que ça. « Je n'ai jamais vu Zuko dans un état aussi critique. Mais à présent ça va, il va s'en sortir. Mais il ne peut toujours pas maîtriser son feu comme il voudrait », soupira Katara.

Toph sentit que sa détresse avait dû être grande, elle avait même rabroué Aang de l'avoir laissée seule. Mais elle éclata de rire. « L'Étincelle ne fait plus de flammes ? C'est tellement ironique ! J'aurais cru qu'il serait beaucoup plus grincheux, or je l'ai trouvé plutôt calme, tu ne trouves pas ? »

Katara savait pertinemment pourquoi Zuko était relativement calme. Parce qu'elle était là. Mais cela, elle ne le dirait pas. « Ah oui ? Je le trouve... égal à lui-même »

« Menteuse », rétorqua Toph avec un sourire sarcastique.

Katara fut agacée. Voilà que Toph allait la cuisiner à présent. « Ne commence pas avec ton interrogatoire »

« Donc tu me caches bien quelque chose ! C'est trop facile de t'avoir, je finirais par savoir ce que c'est », s'exclama Toph. Elle adorait jouer à ce petit jeu, découvrir les plus noirs secrets de ses amis. C'était une activité qu'elle adorait par-dessus tout. Elle s'en servait d'ailleurs contre ses élèves lorsqu'ils faisaient n'importe quoi. Aang désapprouvait, mais Toph trouvait cette technique redoutablement efficace.

Katara soupira, se demandant ce qu'Aang avait dans la tête pour amener Toph ici et maintenant. A croire qu'il l'avait fait exprès. Toph et elles discutèrent de choses et d'autres, mais la maître de la Terre ne revint pas sur son interrogatoire. Elle allait cuisiner Zuko. Kiyi finit par quitter la glace, épuisée. Elle était tombée souvent, occasionnant des bleus qui ne tarderaient pas à se montrer d'ici la fin de la journée, et ses mains étaient gelées. Elle se réchauffa avec son chi tant bien que mal, faisant fondre la neige autour d'elle.

« Tu peux la raccompagner Toph ? Il y a quelque chose que je dois faire », fit soudainement Katara en se levant. Elle venait de réaliser qu'elle avait manqué de faire une chose de la plus haute importance. Quelle idiote elle faisait ! « Je vous retrouverai plus tard »

Toph ne posa pas plus de questions, constatant tout à coup l'air triste qu'arborait son amie. Kiyi trouvait ce changement de comportement soudain et curieux, mais avec un frère aussi changeant, elle avait appris à mesurer sa curiosité lorsqu'il s'agissait des émotions des autres. Katara se dirigea vers la banquise, à l'opposé du village. Elle avait besoin de parler à quelqu'un, et seule. Après de longues minutes de marches, elle arriva enfin.

La sculpture en pierre, gravée du symbole des tribus de l'eau, lui faisait face. A son pied, de nombreux petits cairn étaient érigés. Certains s'étaient écroulés sous la force du vent. La pierre surplombait une falaise qui descendait à pic jusque dans la mer. L'endroit était désert. Peu de gens se recueillaient l'été, la mort étant plus friande lors des hivers rudes du Pôle Sud. Et le soleil commençait à diminuer légèrement dans le ciel, signe que la fin d'après-midi approchait. Katara posa le genou à terre, et sentit déjà la neige tremper son pantalon. Sa main passa machinalement sur son collier. Elle était venue souvent ici plus jeune, mais aujourd'hui, ce n'était pas sa mère qu'elle était venue voir.

« Bonjour grand-mère », murmura Katara avec des larmes dans les yeux.


Et voilà ! La Team Avatar enfin au complet ! J'ai finalement décidé d'amener Toph avec Aang, j'adore son sarcasme et son franc parler ;) Mais je reste toujours centrée sur mes deux petits tourtereaux ;) Tout va basculer au prochain chapitre, alors j'espère vous revoir d'ici là ! Merci encore à vous qui laissez des reviews, c'est motivant et ça réchauffe le coeur !